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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 22:07

220px-RareEarthOreUSGOVLa République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) détiendrait plus de 10 % des réserves mondiales de terres rares, qui sont utilisées notamment pour la fabrication des smartphones, des ordinateurs portables et des voitures hybrides. Des contacts ont été pris avec plusieurs pays, dont la Chine et la Corée du Sud, pour l'exploitation des gisements.

 

Le 23 juillet 2012, la Korea Resources Corporation (KORES) sud-coréenne a indiqué que des contacts ont été pris l'an dernier pour l'exploitation conjointe avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) des importants gisements de terres rares situés au Nord de la péninsule.

 

Toujours selon la KORES, une rencontre a eu lieu en septembre 2011 dans la zone industrielle de Kaesong, et le groupe sud-coréen a reçu quatre échantillons de terres rares de la Corée du Nord en novembre pour analyser la rentabilité de l'exploitation des gisements. Les échanges ont cependant été suspendus après la disparition du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il le 17 décembre 2011, alors que la prise de position du gouvernement sud-coréen - interdisant aux citoyens du Sud de se rendre au Nord pour présenter leurs condoléances, à l'exception de deux délégations privées - avait suscité de très vives réactions de la RPD de Corée.

 

L'intérêt de la KORES confirme la rentabilité de l'exploitation des terres rares nord-coréennes. Mais d'autres pays sont également intéressés, au premier rang desquels la Chine.

 

Une autre information intéressante du communiqué de la KORES concerne l'évaluation des réserves de terres rares en Corée du Nord : celles-ci sont estimées à 20 millions de tonnes, soit plus de 10 % des réserves mondiales. Avec des réserves estimées à 55 millions de tonnes (soit plus du tiers du total mondial), la Chine occupe le premier rang mondial, mais elle cherche à diversifier ses approvisionnements.


Principale source : Yonhap (dépêche du 23 juillet 2012).

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 12:49

banqueRPDCEn la quasi-absence de statistiques  économiques officielles  de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les données de la Banque de Corée (du Sud) sont devenues la source la plus utilisée par les spécialistes étrangers pour connaître l'évolution de l'économie de la RPDC. Pourtant, comme nous l'avions montré pour les données relatives à l'année 2010, dans un contexte de montée des tensions intercoréennes ces statistiques, totalement liées aux services de renseignement sud-coréens, n'apparaissent aujourd'hui ni fiables, ni crédibles, et de surcroît en totale contradiction avec les observations des spécialistes ayant visité le pays, ces derniers faisant état de progrès économiques réels. Parmi les autres sources disponibles, l'Institut de recherche du groupe Hyundai, bien implanté dans le Nord de la péninsule où une de ses filiales (Hyundai Asan) gère notamment la zone industrielle de Kaesong, vient de publier une estimation de croissance de 4,7 % du produit intérieur brut (PIB) nominal par habitant de la Corée du Nord en 2011, correspondant à une croissance annuelle globale du PIB de la RPD de Corée de 5,2 %.

 

Aujourd'hui l'un des meilleurs journalistes français spécialistes de la Corée du Nord, dans l'édition 2012 du Bilan du Monde (publié par le quotidien du soir, dont il est le correspondant pour la Corée depuis plus de trente ans), Philippe Pons n'y va pas pas quatre chemins pour expliquer que les statistiques de la Banque de Corée (du Sud) sur l'évolution de l'économie nord-coréenne ne sont ni fiables, ni crédibles : "pour la seconde année consécutive, la République populaire démocratique de Corée (RPDC a été en récession) en 2010 avec un produit intérieur brut qui s'est contracté de 0,5 % (- 0,9 % en 2009). (...) Ce sont là les conclusions du rapport annuel de la Banque de Corée (Séoul), élaboré à partir des données des services de renseignement sur l'année précédente, en l'absence de toute statistique officielle fiable (...) ce sont les seules disponibles" (op. cit., p. 197).

 

Philippe Pons a raison de souligner que les données sur l'économie nord-coréenne pour les années 2009 et 2010 ne proviennent pas d'observations de spécialistes indépendants, mais qu'elles sont le fruit du travail des services de renseignement sud-coréens : ces derniers, pour conforter la politique hostile aux échanges intercoréens du Président conservateur Lee Myung-bak, cherchent à accréditer l'idée d'un déclin économique de la RPD de Corée, que ne corroborent pourtant pas les observations des spécialistes étrangers ayant récemment visité la Corée du Nord. Le boom de la construction, l'essor de la téléphonie mobile, l'augmentation de la production d'électricité par la mise en place de nouvelles centrales, le niveau record des échanges extérieurs (après un tassement en 2009) et le développement de nouvelles productions agricoles et piscicoles, tout montre que l'économie nord-coréenne est en expansion, n'en déplaise au gouvernement Lee Myung-bak. Publiées tardivement, de plus en plus lacunaires, les données de la Banque de Corée du Sud sur l'économie nord-coréenne en 2010 portent la marque de ce qu'elles sont devenues au fur et à mesure de la dégradation des relations intercoréennes : un simple instrument au service de la politique nord-coréenne aujourd'hui conduite à Séoul.

 

Mais Philippe Pons se trompe en affirmant qu'il n'existe pas d'autres sources disponibles sur l'économie nord-coréenne, indépendantes du pouvoir politique à Séoul. En particulier, les grands groupes sud-coréens ont mis en place des instituts de recherche, qui visent notamment à donner une information plus fiable sur l'évolution de l'économie nord-coréenne, qui constitue un facteur externe non négligeable pour l'économie sud-coréenne. En particulier, les données de l'Institut de recherche du groupe Hyundai sont particulièrement intéressantes, dans la mesure où la filiale Hyundai Asan de Hyundai a fortement investi au Nord de la péninsule et dispose d'un accès à l'information largement comparable à celui des services de renseignement sud-coréens.

 

Pour l'année 2011, selon Hyundai, le PIB nominal par habitant de la Corée du Nord aurait progressé de 4,65 %, de 688 dollars à 720 dollars (attention : il s'agit de données nominales, non corrigées en parité de pouvoir d'achat, ou PPA ; en termes de PPA, le PIB par habitant de la Corée du Nord doit être multiplié entre 2,5, selon la CIA et 6, selon l'institut de recherche Global Insight). Pour obtenir une évolution du PIB global, suivant les usages retenus dans les comparaisons en économie internationale, il faut toutefois aussi tenir compte de l'évolution démographique de la Corée du Nord, qui suivrait une croissance annuelle de 0,535 % en 2012. Au total, l'économie nord-coréenne aurait ainsi progressé de 5,2 % en 2011. Par comparaison, toujours selon l'édition 2012 du Bilan du Monde, la croissance prévue de l'économie sud-coréenne en 2011 n'était que de 4 %. L'an passé, l'économie nord-coréenne a ainsi crû plus rapidement que l'économie sud-coréenne.

 

Toujours selon Hyundai, cette progression de l'économie de la RPD de Corée s'est traduite par une forte hausse des récoltes de céréales (4,74 millions de tonnes, en hausse de 7,2 % sur un an selon l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation), et un boom (+ 62,4 %) des échanges commerciaux avec la Chine, pour s'établir à 5,63 milliards de dollars. La Corée du Nord apparaît aujourd'hui bel et bien engagée sur le chemin d'une croissance rapide.

 

Sources : AAFC, L'économie de la Corée du Nord (à paraître aux Indes Savantes, en prévente notamment à la FNAC), Yonhap (article publié par The Korea Times).

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 22:10

220px-RareEarthOreUSGOVLa République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a récemment mis l'accent sur l'exploitation des gisements de terres rares dont elle dispose, ce groupe de dix-sept minéraux utilisés, entre autres, dans la fabrication des semi-conducteurs, des voitures, des ordinateurs et des colorants, et qui comprennent notamment le cérium, le néodyme et le dysprosium. Alors que la RPDC a longtemps utilisé les terres rares essentiellement dans les domaines agricole et médical, ses réserves, estimées à plusieurs millions de tonnes, tendent aujourd'hui à être exploitées pour d'autres usages industriels. Tandis que se développent les efforts de recherche à l'intérieur même du pays, la mise en valeur accrue des riches gisements de terres rares nord-coréennes pourrait ainsi être l'occasion de partenariats économiques avec des entreprises étrangères.

 

Selon l'agence KCNA de la RPDC, les recherches dans le domaine des terres rares se sont intensifiées en République populaire démocratique de Corée à partir des années 1960. Les gisements se situent principalement dans l'Ouest et l'Est du pays. Ils se composent, notamment, de cérium fluorocarbonique, de monazite,de johnstrupite et de pyrochlore.  

 

Le cérium a été utilisé de longue date pour la production d'engrais, de compléments alimentaires pour le bétail, ainsi que pour la pisciculture, la culture de la soie, la production d'aimants, d'alliages, de médicaments et d'instruments médicaux.

 

L'Université Kim Il-sung et d'autres centres de recherche conduisent actuellement des recherches en chimie quantique pour l'élaboration de composants et de matériaux à base de terres rares, ainsi que dans le domaine des nanotechnologies, en vue du développement économique du pays.

 

Tout en produisant aujourd'hui 95 % des terres rares, la Chine est confrontée à une diminution de ses réserves et cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement, alors que les prix de ces minerais augmentent sur les marchés internationaux. En février 2011, elle a ainsi conclu un accord avec la Corée du Nord sur le développement des terres rares dans un contexte, plus généralement, d'augmentation des exportations minières de la RPDC vers la République populaire de Chine.

 

La coopération internationale conduite par la RPDC pour l'exploitation des terres rares s'attache également à prévenir les pollutions.

 

Source : KCNA (dépêches des 20 juin et 21 septembre 2011).

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 18:08

Le 3 novembre 2011, la Banque de Corée (du Sud) a publié son estimation de croissance de l'économie nord-coréenne pour l'année 2010 : - 0,5 %. Cette évaluation doit être prise avec la plus grande précaution, au regard des nombreuses hypothèses à la base des estimations sud-coréennes sur l'économie de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

Selon la Banque de Corée (du Sud), le produit intérieur brut (PIB) de la RPD de Corée aurait enregistré un recul de 0,5 % en 2010, après une précédente baisse de 0,9 % en 2009 et une croissance en 2008 réévaluée à 3,1 % (après une première estimation de 3,7 %). Toujours selon les économistes sud-coréens, l'agriculture et la pêche auraient diminué de 2,1 % en 2010, et l'industrie de 0,3 %.

 

Si l'on évalue à environ 20 % la part de l'agriculture dans l'économie nord-coréenne, une diminution de 2 % de la production agricole a donc un impact négatif de 0,4 % sur le PIB. Une croissance globalement négative de - 0,5 % signifierait ainsi que, en dehors de l'agriculture soumise à de forts aléas climatiques, le reste de l'économie (mines, industrie, services) aurait enregistré une croissance quasiment nulle. De fait, s'agissant des services, les échanges économiques ont atteint leur plus haut niveau en 2010. Alors que la Corée du Sud est le deuxième partenaire commercial de la Corée du Nord, les exportations nord-coréennes au Sud auraient progressé de 11,7 %, et les importations nord-coréennes du Sud de 16,6 % l'an dernier. Les exportations nord-coréennes vers la Chine ont également atteint un pic l'an dernier, témoignant d'une croissance du secteur des mines. L'essor des mines et des services (lesquels intègrent également le secteur des transports, marqué par une circulation automobile en pleine croissance) plaident, selon nos analyses, pour considérer que l'économie nord-coréenne (hors agriculture et pêche) a progressé en 2010, alors que la croissance de ce secteur est estimé quasi-nulle par la Banque de Corée.

 

kim jong il station huichonSi la République populaire démocratique de Corée ne publie plus régulièrement de statistiques économiques, les informations des médias nord-coréens donnent en effet une image très différente du tableau, assez sombre, dressé par la Banque centrale de Corée du Sud : développement de la production d'électricité (à gauche, le dirigeant Kim Jong-il visitant le barrage Ryongrim, en août 2011), accent mis sur la diversification de la production agricole, relance d'industries traditionnelles comme celle du vinalon, boom du secteur de la construction... Même si nombre des résultats obtenus concernent l'année 2011 (et ne sont donc pas intégrés dans l'évaluation du PIB nord-coréen que vient de publier la Corée du Sud pour 2010), la plupart de ces projets ont été engagés dès 2010.

 

De même, les visiteurs étrangers en RPD de Corée témoignent de signes d'amélioration tangibles, comme la quasi-disparition des coupures d'électricité, au moins dans la capitale, le développement des nouvelles technologies (et notamment de l'usage du téléphone portable, qui a sous-tendu la mise en place d'une industrie domestique) ou le nouvel essor des marchés généraux de biens et de services, après un coup d'arrêt temporaire lié à la réforme monétaire de la fin de l'année 2009, qui a toutefois effectivement eu des effets sur les échanges au début de l'année 2010.

 

Compte tenu de ces éléments, les estimations de la Banque de Corée du Sud doivent être considérées comme ce qu'elles sont : des évaluations, parmi d'autres, basée sur ses propres hypothèses, contestables comme toutes les hypothèses et non dénuées de possibles considérations politiques. 

 

Sur un plan purement technique, les économistes sud-coréens évaluent la situation économique au Nord à partir des multiples témoignages qu'ils recueillent, notamment de visiteurs se rendant dans le pays. Ces observations sur place ne peuvent pas s'appuyer sur des statistiques de production que donneraient les Nord-Coréens. Il s'agit donc essentiellement d'impressions : par exemple, tel spécialiste de l'extraction charbonnière va estimer que la production de charbon au Nord a dû être interrompue suite à des inondations ; tel visiteur relève la modernisation d'une usine textile dans la région de Pyongyang et, compte tenu de ses connaissances accumulées par comparaison avec d'autres pays, donne une évaluation de la production globale à l'échelle du pays, par extrapolation... Comme on le comprend aisément, ces données sont éminemment sujettes à interprétation.

 

La marge d'erreur est considérable, non seulement sur les volumes de production estimés, mais aussi sur les taux de croissance mesurés. Dans ce contexte, évaluer à - 0,3 % la croissance de l'industrie en Corée du Nord en 2010 est un exercice périlleux. Quel spécialiste pourra dire que, dans telle usine nord-coréenne qu'il a visitée, il estime la croissance de la production à - 0,3 % ?  Un tel chiffre n'est que la pondération moyenne des estimations de multiples experts (ou se prétendant tels), elles-mêmes aléatoires et pouvant relever de marges d'erreur qui peuvent être de plus ou moins 3 % (si nous retenons une fourchette étroite). Or, de telles marges d'erreur appliquées à une moyenne de - 0,3 % signifient que, en réalité, la croissance économique constatée serait située entre - 3,3 % et + 2,7 %. Dans le premier cas, la production industrielle recule gravement. Dans le second cas, la production augmente à un bon rythme. Les différences sont considérables et les analyses radicalement différentes. Le scénario à + 2,7 % est compatible avec les informations provenant des médias nord-coréens, quand celui à - 3,3 % pourra être retenu par les néoconservateurs partisans de la thèse de l'effondrement de la RPDC - un effrondrement que, du reste, ils prédisent depuis vingt ans sans que leur prophétie ne se soit réalisée.

 

Privilégier une hypothèse ou une autre est donc un choix purement politique, comme l'illustre notamment le débat sur la production agricole nord-coréenne. L'évaluation de la production agricole devrait être l'une des questions économiques les moins sujettes à discussion compte tenu non seulement du flux d'informations disponibles, notamment des ONG présentes sur place et des équipes d'experts internationaux invités à visiter la RPDC, mais aussi d'éléments objectifs comme les aléas climatiques. Or tel n'est pas le cas : alors que pour les ONG et les agences des Nations Unies (comme du reste selon nous) les récoltes ont été mauvaises en 2010, légitimant l'appel de la RPD de Corée à une aide internationale, le gouvernement sud-coréen estime que la situation ne serait pas plus grave que d'habitude, si bien que l'aide gouvernementale promise par Séoul en août 2011 n'a finalement pas été versée.

 

Face à ce dilemme, la Banque de Corée du Sud a tranché : en 2010, la production agricole nord-coréenne aurait sensiblement baissé, mais dans des proportions moins fortes qu'en 2006 et 2007, à savoir de 2,1 % l'an passé. Il est singulier que l'hypothèse retenue soit celle du gouvernement conservateur à Séoul, jetant une ombre sur l'indépendance des évaluations de la Banque centrale sud-coréenne.

 

De même, comment expliquer que l'estimation de la croissance nord-coréenne ait été publiée cette année en novembre et non comme d'habitude en août, au moment où  faisait rage le débat sur les effets causés par les catastrophes climatiques sur l'agriculture nord-coréenne ? Si l'on ajoute que beaucoup de sources sud-coréennes sont issues des services de renseignement, il doit être rappelé que l'année 2010 a été marquée par de graves incidents dans les relations intercoréennes. Ces éléments de contexte plaident pour accueillir avec la plus grande prudence les récentes analyses des économistes de la banque centrale sud-coréenne sur l'économie nord-coréenne. Invoquer les sanctions internationales pour justifier un taux de croissance légèrement négatif (de seulement 0,5 %, malgré une marge d'erreur importante), comme l'a fait la Banque de Corée, conforte opportunément les orientations politiques du gouvernement de Lee Myung-bak vis-à-vis de Pyongyang.

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 20:19

Rajin-Khasan 13102011Le 13 octobre 2011, après trois ans de travaux, un train a parcouru les 54 kilomètres de la nouvelle ligne de chemin de fer reliant la ville de Rajin, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la ville de Khasan, en Fédération de Russie. Ce voyage de démonstration est une nouvelle avancée vers le raccordement des réseaux ferroviaires d'Asie et d'Europe pour le transport des marchandises. Dans le contexte actuel, ce « pont terrestre eurasiatique » (ou « Route ferroviaire de la soie » pour reprendre l'expression de l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung) pourrait constituer une opportunité et un levier de croissance pour les pays européens vivant dans la crainte d'une récession économique.

 

A l'occasion du voyage d'essai d'un train entre la ville nord-coréenne de Rajin et la ville russe de Khasan, une cérémonie s'est tenue le 13 octobre 2011 à la « Maison de l'amitié RPDC-Fédération de Russie » près de la gare frontalière de Tumangang, en Corée du Nord. Y ont pris part Valery Reshetnikov, vice-président de la compagnie des chemins de fer russes RZD, Mikhail Zaichenko, directeur des Chemins de fer russes d'Extrême-Orient, Ju Jae-dok, vice-ministre des Chemins de fer de la RPDC et d'autres responsables russes et coréens.

 

Valery Reshetnikov a rappelé que la liaison Rajin-Khasan fait partie d'un projet de restauration de l'ensemble de la principale ligne du chemin de fer transcoréen en vue de son intégration au chemin de fer transsibérien, ce projet incluant le développement d'un centre de transit majeur dans le port de Rajin.

 

Ju Jae-dok a souligné que le transport de marchandises entre Rajin et Khasan contribuera non seulement aux échanges économiques entre la RPDC et la Russie mais aussi aux échanges entre l'Asie du Nord-Est et l'Europe.

 

Reconnections.jpgAu cours des trois années qui ont précédé le voyage de démonstration du 13 octobre, les ouvriers et les experts des chemins de fer russes et coréens ont travaillé ensemble pour que la nouvelle voie ferrée de 32 km reliant le port de Rajin et la ville frontalière de Tumangang puisse à la fois accueillir les trains russes et coréens, grâce à un double écartement des rails (1 520 mm et 1 435 mm). Du côté russe, la ligne de chemin de fer a aussi été réparée. Des travaux ont notamment été effectués sur les infrastructures telles que les tunnels, aiguillages, gares, lignes électriques et de communication, équipements de drainage.

 

La prochaine étape sera la construction d'un terminal de fret dans le port de Rajin. Situé au nord-est de la péninsule coréenne, sur la mer de l'Est (mer du Japon), le port de Rajin présente l'avantage d'être un port en eau profonde qui ne gèle pas en hiver. Le charbon russe destiné à l'exportation devrait être la première marchandise à emprunter la nouvelle ligne de chemin de fer. Une étude est en cours pour évaluer si les nouvelles infrastructures pourront servir au transport combiné des conteneurs arrivant de Corée du Sud et d'autres pays de la région Asie-Pacifique. L'idée est que les marchandises arrivant au port de Rajin soient ensuite chargées sur des trains pour être acheminées grâce au réseau ferroviaire russe.

 

Mikhail Zaichenko a souligné que, pour acheminer les volumes de marchandises prévus, il sera nécessaire d'améliorer les infrastructures entre les gares de Baranovskiy et de Khasan, distantes de 240 km, reliant le chemin de fer transcoréen au transsibérien.

 

Pour la compagnie des chemins de fer russes RZD, il faudra construire des voies de garage, réouvrir des lignes qui avaient été fermées, reconstruire des gares, étendre les voies d'accueil et de départ et installer de nouveaux équipements électriques. Tous ces travaux permettront de porter la capacité de transport du tronçon Rajin-Khasan à 17 millions de tonnes par an.

 

Le coût total du projet de reconstruction des 54 kilomètres de la ligne de chemin de fer entre Rajin et Khasan et de construction d'un terminal pour conteneurs dans le port de Rajin est estimé à 8,3 milliards de roubles (environ 200 millions d'euros).

 

Ce projet remonte à avril 2008, quand la compagnie des chemins de fer russes RZD et le ministère nord-coréen des Chemins de fer ont signé un accord de coopération prévoyant la création d'une entreprise conjointe, RasonKonTrans, au capital détenu à 70% par RZD et à 30% par le port de Rajin. En août 2008, RasonKonTrans a signé un bail de location de 49 ans avec la société Tonkha, propriété du ministère des Chemins de fer de la RPDC, pour l'exploitation de la ligne Tumangang-Rajin.

 

Le 4 octobre 2008, le projet a officiellement été présenté lors d'une cérémonie qui s'est tenue à Tumangang, avant d'entrer dans sa phase de réalisation concrète en 2009. Aujourd'hui RasonKonTrans est aussi bien en charge du projet que de la coordination des travaux de construction. Le financement de ces travaux est assuré par le capital constitutif de la société RasonKonTrans et par les emprunts qu'elle contracte sur la base de son projet.

 

Au même titre que le projet de gazoduc entre les gisements gaziers russes et la Corée du Sud, en passant par la Corée du Nord, la connexion des réseaux ferroviaires transcoréen et transsibérien est un projet stratégique pour la Fédération de Russie qui entend saisir toutes les opportunités que lui offre sa géographie pour trouver de nouveaux débouchés en Extrême-Orient.

Transsiberien.JPG

A terme, le transsibérien étant connecté au réseau ferroviaire européen, les marchandises circuleront aussi entre l'Europe et l'Asie plus rapidement, à un coût moindre et dans de meilleures conditions de sécurité (en évitant notamment le danger posé par la piraterie) grâce à des installations comme celles du port nord-coréen de Rajin, appelé à devenir un centre logistique majeur pour toute la région Pacifique. On estime que le transport de marchandises par train devrait entraîner une économie de 20 à 30% sur les délais et les coûts logistiques par rapport au transport maritime. Déjà, en janvier 2008, un train de 49 wagons porte-conteneurs était parti de Pékin avant de traverser la Chine, la Mongolie, la Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne. Après avoir parcouru près de 10 000 km en seulement 15 jours ce train était arrivé au port de Hambourg, en Allemagne. 


Ainsi prend un peu plus corps la vision de l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung, exposée le 8 novembre 2006 devant la conférence ministérielle sur les transports organisée par la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique de l'Organisation des Nations Unies (UNESCAP) : « La glorieuse Route de la soie du passé renaîtra sous la forme d'une 'Route ferroviaire de la soie', faisant entrer l'Eurasie dans une ère de prospérité. L'histoire se répétera. »

 

Sources principales : KCNA, RZD, UNESCAP

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 22:24

Quand Lénine affirmait que "le communisme, c'est les soviets plus l'électricité", il mettait en avant le lien qui doit selon lui exister entre le programme du Parti et les tâches liées à l'édification économique. De même, le Parti du travail de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui prend pour base idéologique les idées du Juche élaborées par le Président Kim Il-sung, a tout particulièrement mis l'accent sur l'élévation de la production d'électricité, dans l'effort aujourd'hui conduit pour les travailleurs de la RPD de Corée pour "bâtir un pays puissant et prospère". 

 

kim_jong_il_station_huichon.jpg

 

Quand les médias nord-coréens évoquent la priorité donnée à l'augmentation de la production d'électricité, un nom revient de manière récurrente : celui de la centrale n° 1 de Huichon, sur les fleuves Jangja et Chongchon. Le site du chantier, qui comprend un ensemble de barrages et de tunnels, a été visité à plusieurs reprises par le dirigeant Kim Jong-il (ci-dessus, fin août 2011, au barrage Ryongrim). Une voie d'eau, longue de plusieurs dizaines de kilomètres, a été construite en deux ans. Elle a été inaugurée le 30 septembre 2011, en présence de Kim Ki-nam, secrétaire du Comité central du Parti du travail de Corée, du vice-premier Ministre Jo Pyong-ju, des soldats et de la brigade de choc qui ont achevé l'édifice en un temps record.

 

station_thermique_pukchang.jpg

 

D'autres centrales sont en cours de modernisation ou d'agrandissement. Début juillet 2011, le Premier ministre Choe Yong-rim a visité le complexe thermique de Pukchang (photo ci-dessus) dans le Sud Pyongyan, où l'accent porte notamment sur l'amélioration de l'approvisionnement en matières premières.

 

Les cérémonies d'inauguration de la nouvelle zone économique spéciale (ZES) des îles Hwanggumphyong et Wihwa, conjointement à la relance de la ZES de Rason, les 7 et 8 juin 2011, ont souligné la nécessité de résoudre rapidement la question de l'approvisionnement en électricité.

 

Compte tenu de la rareté des ressources en énergie, des innovations sont introduites pour économiser la consommation. Ainsi, de nouveaux équipements utilisant les ressources géothermiques, moins consommateurs en électricité, ont été inaugurés dans le complexe de machines de Ryongsong.

 

Selon les visiteurs étrangers s'étant récemment rendus en RPD de Corée, l'augmentation de la production d'électricité, conjuguée à des mesures d'économies d'énergie, a permis de nettement réduire les coupures de courant dans la capitale Pyongyang, aujourd'hui éclairée toute la nuit.

 

Sources : AAFC, KCNA (dont photos).

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:14

Confrontée au manque de terres arables et soumise aux aléas climatiques, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a mis l'accent sur la diversification de ses productions agricoles - alors que la base traditionnelle de l'alimentation est constituée par les céréales, et plus particulièrement le riz. A partir des années 1990, la production de pommes de terre a été encouragée, tandis qu'a été développée la consommation  de fromage ou encore de viande d'autruche. Les inondations à répétition des derniers étés ont incité à diversifier encore l'agriculture et la pêche, tout en mettant l'accent sur la recherche agronomique.

 

Dans une dépêche en date du 21 juillet 2011, l'agence nord-coréenne KCNA a fait état d'un doublement de la production sur un an dans la ferme de poissons-chats de Pyongyang, suite à l'introduction de nouvelles méthodes de ponte développées par l'unité de pisciculture Samsok. Alors que le manque de carburant handicape la pêche en haute mer, qui offre un complément essentiel en protéines en Corée où l'élevage est traditionnellement peu important, l'essor de la pisciculture en RPD de Corée - avec la poursuite par ailleurs de la rénovation de l'unité Tudan, à Pyongyang - s'inscrit plus largement dans une politique de diversification des productions agricoles. Le but est atteindre l'objectif d'autosuffisance alimentaire, les récoltes de céréales restant dépendantes des aléas climatiques.

 

La polyculture est ainsi encouragée : dans une dépêche en date du 17 juin 2011, KCNA a rendu compte de l'élevage de poissons (carpes, poissons rouges) sur les champs de riz des fermes coopératives situées dans le comté de Hwangju, dans la province du Nord Hwanghae, dans les districts de Samsok et Sadong à Pyongyang, et dans les comtés de Taedong et Pyongwon de la province du Sud Pyongan.

 

Concernant la production de fruits, suite aux recherches de l'Institut botanique de l'Académie nationale des sciences, des poires ont pu être récoltées sur des terres gagnées sur la mer, malgré la concentration en sel des sols, dans une ferme du comté d'Onchon : dans une dépêche en date du 13 juillet 2011, l'agence KCNA a précisé que les poires pesaient de 350 à 500 g et que la concentration en sucre atteignait 14 %, deux ans après la plantation des poiriers. 

 

ferme_fruitiere_kosan.jpg

 

Unité pilote située dans la province de Kangwon, la ferme fruitière de Kosan, spécialisée dans la production de pommes, compte plus de 1.000 hectares de vergers. Visitée à plusieurs reprises par le dirigeant Kim Jong-il, elle a fait l'objet de travaux d'agrandissement dont les première et deuxième phases des travaux ont été menées par des hommes de la Brigade de construction de choc 618 et achevées au printemps dernier. Le 8 juillet dernier, l'agence KCNA a rendu compte de la mise en place dans la ferme de Kosan d'un système d'irrigation au goutte à goutte qui permet d'hydrater les sols et d'alimenter les arbres fruitiers en micro-éléments tels que le nitrogène, le phosphore et le potassium, tout en économisant les ressources en eau. Cette méthode a été appliquée dans la serre hydroponique de l'Institut scientifique des légumes de Pyongyang et dans les serres de nombreuses fermes coopératives du pays.

 

Des plantations ont été effectuées dans d'autres fermes fruitières nord-coréennes, comme celles de Ryongjon et de Sariwon où été plantés, respectivement, plus de 160 hectares de pommiers et plus de 100 hectares de vignes.

 

ryang_min_ho_cucumber_DPRK.jpg

 

L'augmentation de la production est corrélée à l'effort de recherche scientifique. Ainsi, une dépêche de KCNA du 11 mai 2011 a rendu compte que Ryang Min-ho, de l'Institut scientifique des légumes de Pyongyang, avait élevé une nouvelle variété de concombre pouvant être cultivée toute l'année, et résistante aux faibles températures ainsi qu'à une moindre exposition au soleil.

 

fraise_coree_nord.jpg

 

Dans une dépêche datée du 14 juin, KCNA a fait état de la production d'une nouvelle variété de fraise à haut rendement par des chercheurs du collège d'agriculture de l'Université Kim Il Sung. Cette variété, qui fleurit après un délai de 4 ans, a résisté à des températures de - 16° C. D'une couleur rouge vif, elle contient 11,01 % de sucre et chaque fruit pèse en moyenne 23 g.

 

Sources : AAFC, KCNA.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 23:05

En avril 2010, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait gelé les avoirs sud-coréens dans les Monts Kumgang, où Hyundai Asan avait organisé des circuits touristiques intercoréens jusqu'en juillet 2008. Le 31 mai 2011, le praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée a promulgué le décret n° 1673 sur la loi relative à la zone spéciale pour le tourisme international des Monts Kumgang, modifiant ainsi le statut de cette zone économique spéciale où pourront opérer des entreprises non seulement sud-coréennes, mais aussi d'autres pays. L'AAFC présente ci-après les principales dispositions de cette loi, qui s'inscrit dans une dynamique plus large d'incitation aux investissements étrangers en RPD de Corée.

 

Korea_kumgang-san_seorak_san_locmap.png

Conformément à l'article 6 de la loi, la gestion sera assurée par un conseil d'administration qui élaborera un plan de développement, sous la direction de l'Agence centrale d'orientation de la ZSTI des Monts Kumgang. Le conseil d'administration est également en charge de l'information touristique ainsi que de la protection des biens et des personnes. L'article 13 prévoit la création d'une organisation consultative conjointe, formée de représentants du conseil d'administration, des investisseurs et des entreprises qui devront avoir reçu une licence pour s'installer dans la ZSTI (article 26). L'article 14 prévoit une exemption de visa pour l'entrée dans la ZSTI. L'article 15 prévoit des contrôles et des inspections de douane.

 

L'article 21 prévoit différents services : logements, restaurants, boutiques, casinos, terrains de golf, boîtes de nuit, centres médicaux, centres de loisirs... Des expositions, des séminaires et des manifestations sportives et artistiques pourront également être organisés (article 22).

 

 L'article 23 envisage la création d'un aéroport international, d'un port et de facilités d'accès par route et par chemin de fer.

 

La main-d'oeuvre sera coréenne (du Nord, du Sud ou d'outre-mer), conformément à l'article 33 de la loi.

 

Les devises étrangères convertibles seront utilisées (articles 34 et 35). Les entreprises bénéficieront d'une fiscalité préférentielle, notamment pour la construction d'infrastructures, selon des principes définis aux articles 36 et suivants, mais dont les modalités ne sont pas détaillées dans la loi.

 

La zone spéciale pour le tourisme international (ZSTI, acronyme anglais : SZIT), dont le large périmètre est défini à l'article 2 de la loi (y compris la ville de Kosong et la zone maritime), recevra des investissements étrangers et coréens (tant du Nord que du Sud de la péninsule et des Coréens d'outre-mer, article 4).

Source : KCNA.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 07:27

Selon l'agence officielle KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le gouvernement nord-coréen vise à atteindre un niveau de produit intérieur brut (PIB) compris entre 360 et 400 milliards de dollars (soit 14.000 à 16.000 dollars par habitant et par an) à l'issue du plan décennal annoncé en janvier 2011. Un objectif certes ambitieux, mais qui peut se réaliser pour peu que la RPD de Corée renoue avec les taux de croissance très élevés qu'elle a connus pendant trois décennies après la fin de la guerre de Corée.

 

Bâtir un pays puissant et prospère : tel est l'objectif qui mobilise toutes les énergies en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à l'horizon 2012, année du centenaire de la naissance du Président Kim Il-sung, fondateur de la RPD de Corée en 1948. Mais au-delà il s'agit de construire "un pays prospère à part entière" en 2020, à l'issue du plan de développement de dix ans annoncé en janvier 2011, et dont les contours ont été précisés depuis par l'agence KCNA.

 

Le plan décennal renoue tout d'abord avec des objectifs chiffrés : en 2020, le PIB nord-coréen serait porté à un niveau compris entre 360 et 400 milliards de dollars, soit 14.000 à 16.000 dollars par habitant - correspondant à un niveau proche de celui, en 2010, des pays industrialisés ayant rejoint l'OCDE.

 

pak_chol_su_taepung.jpgLe plan stratégique d'Etat pour le développement économique se fonde sur la création d'une Banque de développement national et d'une compagnie d'assurance pour garantir les investissements étrangers, dont les autorités nord-coréennes cherchent à favoriser l'essor depuis la promulgation de la première loi sur les joint ventures en 1984, alors que les mesures économiques de juillet 2002 ont accru l'autonomie de gestion des entreprises. Le groupe d'investissement international Taepung, présidé par le Coréen chinois Pak Chol-su et également vice-président de la Banque de développement national (à gauche, lors de la réunion du conseil d'administration du groupe Taepung, le 20 janvier 2011), doit jouer un rôle majeur pour l'implantation d'investissements directs étrangers.

 

Les secteurs de développement prioritaire sont la construction, l'agriculture et les industries de base (électricité, charbon, pétrole et minerais). La Corée du Nord dispose d'un riche potentiel énergétique et minier. Parmi les projets du plan décennal figurent le développement du port de Wonsan, notamment d'une industrie de constructions navales, l'essor des industries légères dans la ville de Sinuiju, frontalière avec la Chine, où a été établie une zone économique spéciale, ainsi que le développement à Nampo d'un centre industriel agroalimentaire et pharmaceutique. Deux îles offshore sur le fleuve Yalou doivent aussi devenir des zones économiques spéciales. 

 

Si les objectifs du plan décennal sont ambitieux, ils renoueraient en fait avec les taux de croissance très élevés (supérieurs à 10 %) qu'a connus la Corée du Nord pendant la majeure partie de son histoire économique, alors que les actuelles sanctions internationales constituent aujourd'hui un obstacle à l'essor des investissements étrangers.

 

Source : Asia Times Online (d'après KCNA).

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 22:04

Le 4 mai 2011, le Parlement sud-coréen a ratifié l'accord de libre-échange avec l'Union européenne, ce qui permettra son entrée en vigueur le 1er juillet prochain. Si les médias publics et les médias conservateurs sud-coréens ont applaudi la ratification de cet accord adopté avec les seules voix du parti majoritaire (Grand parti national, conservateur), celui-ci fait peser des menaces sur l'emploi, en Corée du Sud dans le secteur de l'agriculture et en Europe dans l'industrie.

 

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Le 4 mai 2011, le Gukhoe - Parlement sud-coréen - a ratifié l'accord de libre-échange avec l'Union européenne. L'opposition du Parti démocrate (centriste) avait quitté l'hémicycle au moment du vote : le texte a donc été adopté avec les seules voix des députés de la majorité (163 pour, 1 contre et 5 absentions, sur 299 députés). Le texte entrera en vigueur le 1er juillet 2011.

 

La Corée du Sud a signé d'autres accords de libre-échange, avec le Chili, Singapour, l'Inde et l'Association européenne de libre-échange (AELE). L'accord de libre-échange signé avec les Etats-Unis en 2007 reste à ratifier par les Parlements des deux pays.

 

Les économistes néolibéraux de la majorité conservatrice, au pouvoir à Séoul, avancent des promesses chiffrées d'essor des échanges commerciaux, de croissance et d'emploi, par nature impossibles à vérifier. Il n'est en revanche guère douteux que la dérèglementation et l'exposition à la concurrence internationale entraîneront des destructions d'emplois, tant en Corée du Sud (dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche) qu'en Europe (dans l'industrie, comme le secteur automobile). Pour sa part, la centrale syndicale sud-coréenne KCTU s'était tout particulièrement inquiétée des conséquences de la dérégulation des services publics, comme dans le secteur de l'eau, s'opposant à l'accord de libre-échange dont les négociations avaient commencé sous la précédente présidence démocrate de Roh Moo-hyun.

 

Sources :

- AAFC ;

- "ALE Corée-UE : l'Assemblée nationale a ratifié le texte de l'accord ce mercredi", Yonhap, 4 mai 2011 (dont photo). 

 

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