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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 23:24

Alors que la Corée du Sud pourrait être l'une des économies asiatiques les plus touchées par la crise financière, le Parlement sud-coréen est appelé à se prononcer, dans les derniers jours d'octobre 2008, sur un plan gouvernemental comportant notamment une garantie de 100 milliards de dollars à 18 établissements financiers. Une réponse qui suit celle des autres principaux pays industrialisés, alors que Séoul cherche également à se positionner sur la scène internationale.

Face à la pire crise économique et financière de l'histoire coréenne depuis 1998, les autorités de Séoul ont annoncé, le dimanche 19 octobre 2008, un plan de soutien au secteur bancaire et financier, qui devrait passer sans difficultés l'étape parlementaire, au cours de la semaine du 27 octobre 2008. Suiviste des autres grands pays industrialisés dans leurs réponses nationales à la crise financière, la Corée du Sud cherche toutefois à se positionner dans les instances internationales.

D'une crise financière à une crise économique

La crise a déjà eu une dimension financière : le principal indice de la Bourse de Séoul,
le Kospi, a reculé de 40 % entre juin et octobre 2008

L'affaiblissement du won, dont le taux de change est passé de 937 won pour un dollar en janvier à 1.334 won pour un dollar le 17 octobre 2008, pèse fortement sur les prix des produits importés.

Pour le seul secteur bancaire, les 18 établissements bénéficiaires du plan gouvernemental, détaillé ci-après, entendent diminuer les salaires de leurs cadres et geler les augmentations de leurs employés.

Le manque de liquidités devrait affecter le financement des différents secteurs économiques : face à ce risque, la commission des services financiers (FSC) entend accorder des primes aux banques qui engageront des mesures internes de restructuration, tout en respectant leurs engagements de prêts aux particuliers et aux petites et moyennes entreprises.

La tendance au recul de la croissance économique devrait se poursuivre jusqu'en juin 2009, selon le gouverneur de la Banque centrale, auditionné par le Parlement sud-coréen.

Le plan sud-coréen de lutte contre la crise

Initialement réticentes à intervenir dans la sphère économique, les autorités sud-coréennes ont finalement opté pour un plan de soutien au secteur bancaire et financier qui s'inspire largement des dispositions mises en place en Europe et en Amérique du Nord.

Le 19 octobre 2008, dans un communiqué commun avec la banque centrale (la Banque de Corée), le gouvernement sud-coréen a annoncé une garantie des prêts interbancaires en devises étrangères à hauteur de 100 milliards de dollars américains : le dispositif bénéciera à 18 banques sud-coréennes, pour une durée de trois ans (jusqu'en juin 2009) à compter de la date des emprunts. Par ailleurs, la Banque de Corée apportera des liquidités au secteur bancaire, pour l'équivalent de 30 milliards de dollars, en utilisant les réserves en devises étrangères. Ces sommes seront réparties entre 10 milliards de dollars pour soutenir le won sur le marché des changes et 20 milliards de dollars de soutien aux exportateur de taille moyenne. Des aménagements fiscaux constituent le troisième et dernier volet de ce plan.

Adopté en conseil des ministres, le plan de garantie aux prêts interbancaires devrait franchir sans encombres la phase de l'adoption parlementaire, où il est attendu que l'opposition (de centre-droit) approuve globalement ce programme de mesures. A cet égard, la faiblesse de la gauche sud-coréenne (9 % des voix aux dernières élections législatives, 5 sièges de députés sur 299) n'encourage pas, en Corée du Sud, l'émergence d'un débat politique de fond sur le modèle économique sud-coréen.

Séoul dans le jeu des puissances internationales

Forte d'une économie se classant, suivant les données, au dixième ou au onzième rang mondial, la Corée du Sud entend prendre toute sa place dans les prochains sommets internationaux . A cet égard, la Corée du Sud est membre du G20 qui réunit, outre les Etats membres du G7, les 13 principales puissances industrielles du monde développé ou en voie de développement (sur la carte ci-contre, les pays en bleu foncé sont directement membres du G20, les pays en bleu clair sont indirectement membres du G20 par leur appartenance à l'Union européenne, membre à part entière du G20). La prochaine réunion du G20 est attendue pour le 15 novembre 2008, afin d'examiner "les progrès réalisés pour faire face à la crise financière actuelle" et trouver un accord "sur un ensemble de principes communs en vue de réformer les régimes institutionnels et de réguler les secteurs financiers mondiaux", selon Dana Perino, porte-parole de la présidence américaine.

Dans un entretien au quotidien français Le Figaro, le président sud-coréen Lee Myung-bak (conservateur) a plaidé pour une participation des pays émergents à une réforme du système financier international, en envisageant également de nouveaux modes de régulation.

Compte tenu de leur forte intégration économique régionale, la Chine, le Japon et la Corée du Sud ont décidé de mettre en place, d'ici novembre 2008, un système trilatéral de surveillance qui porterait sur les actifs financiers, les investissements et les risques des principales banques asiatiques. Inspiré du mécanisme adopté par les ministres des finances des pays membres du G7, ce dispositif témoigne d'une volonté nouvelle de coordination entre les trois principaux acteurs économiques d'Extrême-Orient.

Conclusion : le contre-coup d'une crise de croissance de l'économie sud-coréenne ?

Alors que la Corée du Sud a enregistré, entre 1970 et 1990, la plus forte croissance jamais enregistrée par un pays industrialisé, la sévérité attendue des difficultés financières sur l'économie sud-coréenne pose la question d'une crise de croissance trop rapide, marquée par :

- une dérégulation du secteur bancaire et financier,
- l'absence - sans équivalent dans les autres pays de l'OCDE - d'un système viable de protection sociale, 
- un modèle de développement extraverti, fondé sur l'ouverture économique et commerciale au reste du monde.

La crise financière de 1998 avait conduit à une restructuration du secteur bancaire, par le démantèlement des conglomérats économiques et financiers sud-coréens, les chaebols. Immédiatement après son élection le 19 décembre 2007, le président Lee Myung-bak avait annoncé son intention d'assouplir les règles de concentration. Mais la survenance de la crise financière a évité une telle reconstitution des chaebols, dont la fragilité financière avait été un des moteurs de la crise de 1998.

Si la comparaison avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC) voisine est délicate, après les graves difficultés nées dans les années 1990 - pour la Corée du Nord - de la disparition de l'URSS, de catastrophes climatiques exceptionnelles et d'un sous-investissement, force est de constater que la RPDC est à l'abri des turbulences du système financier international, dans lequel elle n'est pas intégrée. (Sources : AAFC, KBS World Radio, La presse canadienne, Le Nouvel Observateur. Photo : Reuters)

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 14:48

La crise financière n'a pas épargné la Corée du Sud : alors que le président Lee Myung-bak, fervent partisan de l'économie de marché, n'a d'abord pas suivi les gouvernements européens et nord-américains dans leur plan de soutien au secteur bancaire, les lourdes conséquences attendues sur l'économie réelle l'amènent aujourd'hui à plus de... flexibilité.

Vendredi 17 octobre 2008, l'indice de référence de la Bourse de Séoul, le Kospi, a clôturé à 1180,67 points, soit son plus bas niveau depuis trois ans. Parallèlement, la crise financière internationale s'est traduite par une forte dépréciation du won face au dollar - de plus d'un tiers de sa valeur en un mois - et donc par un renchérissement des produits importés. Alors que le gouvernement sud-coréen avait d'abord refusé de suivre la majorité des autres gouvernements de l'OCDE dans leurs de soutien au secteur financier, les conséquences sur l'économie réelle conduisent à présent l'ultra-libéral Lee Myung-bak à envisager des mesures publiques d'aide aux banques. Après les concertations de ces derniers jours, une plan pourrait être annoncé officiellement le lundi 20 octobre dans l'après-midi.

Les mesures à l'étude concernent à la fois l'économie coréenne et l'Asie de l'Est. Pékin, Tokyo et Séoul ont ainsi envisagé la création d'un Fonds asiatique commun doté de 80 milliards de dollars, dont la mise en place se heurte toutefois à la clé de répartition de la charge financière entre les trois pays et, éventuellement, d'autres pays membres de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (acronyme anglais : ASEAN). Au plan domestique, Séoul envisagerait de fournir par l’intermédiaire de la Banque d’import-export 20 milliards de dollars aux PME ainsi qu’aux institutions financières, et d'intervenir à hauteur de 10 milliards de dollars sur le marché des changes. Une diminution des taxes sur les transactions boursières et des déductions fiscales sur les mouvements de capitaux à long terme seraient également à l'étude. (sources : AAFC, Hankyoreh, KBS World Radio)

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 22:53

L'Association d'amitié franco-coréenne a déjà consacré plusieurs articles à ce qu'il est convenu d'appeler le "pont terrestre eurasiatique", la liaison ferroviaire qui rapprochera bientôt un peu plus l'Europe occidentale et l'Asie du Nord-Est, et dont la Corée constitue un maillon essentiel. En mars 2008, à l'avant-garde de ce vaste projet, la Fédération de Russie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), avaient convenu d'en entamer au plus vite les travaux. C'est chose faite depuis le 4 octobre.


Le 4 octobre 2008, dans la gare nord-coréenne de Tumangang, s'est tenu un événement dont on n'a pas fini de mesurer l'impact : le lancement des travaux de rénovation de la liaison ferroviaire (54 kilomètres) entre la cité portuaire de Rajin, en Corée du Nord, et la ville de Khasan, en Russie. Signe de l'importance de ce moment pour les deux pays, assistaient notamment à la cérémonie du lancement des travaux le ministre nord-coréen des Chemins de fer, Jon Kil-su, le président de la Compagnie des chemins de fer russes RZD, Vladimir Yakounine, le gouverneur du kraï de Primorsk (Russie extrême-orientale), Sergei Darkine, et le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexei Borodavkine.


Avec 1,2 million d'employés et 85.5000 kilomètres de voies, RZD est une des plus grandes sociétés ferroviaires du monde. Chaque année, elle transporte 1,3 milliard de passagers et 1,3 milliard de tonnes de fret, assurant plus de 3,6% du produit intérieur brut de la Russie et près de 80% des transports dans le plus vaste pays du monde.


Le projet pilote russo-coréen de réhabilitation de la liaison ferroviaire entre Khasan et Rajin figure dans un accord de coopération signé le 24 avril par RZD et le ministère des Chemins de fer de la RPDC. Outre 54 kilomètres de voies, ce sont 10 gares, 3 tunnels et plus de 40 ponts qui seront reconstruits. Un terminal pour conteneurs sera aussi édifié dans le port de Rajin, pouvant accueillir 400.000 conteneurs standard* par an, une capacité qui sera portée à 700.000 conteneurs par la suite.


Ce projet, d'une valeur estimée de 150 millions d'euros, permettra de relier le port en eaux profondes de Rajin, idéalement situé au nord-est de la RPDC, au chemin de fer transsibérien. Douze trains pourront emprunter quotidiennement, dans chaque sens, la liaison ferroviaire Khasan-Rajin, ce qui représente une capacité annuelle de 4 millions de tonnes. En passant par le port de Rajin puis par le Transsibérien, les marchandises mettront alors 14 jours pour arriver d'Asie en Europe, contre 45 jours par la mer aujourd'hui.


Au cours de la cérémonie du 4 octobre, le président de RZD a rappelé que ces travaux sont le fruit du sommet d'août 2001 entre le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, et le président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC, Kim Jong-il. Soulignant la bonne coopération dans le domaine ferroviaire entre les deux pays, il a ajouté que ce n'était que la première étape d'un grand projet visant à connecter les chemins de fer transsibérien et transcoréen afin de créer le plus long corridor de transport entre l'Europe et l'Asie, d'une longueur de plus de 10.000 kilomètres. Vladimir Yakounine a aussi précisé que dès 2011, il sera possible de prendre en charge plus de 35.000 conteneurs à partir de Khasan, puis 70.000 en 2012 et jusqu'à 100.000 en 2013.


Le ministre nord-coréen des Chemins de fer a pour sa part souligné la siginification d'un tel événement peu après le soixantième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la RPDC et la Russie. Il a également noté que la liaison ferroviaire entre Rajin et Khasan, en plus de contribuer au développement de l'économie, des transports et du bien-être des peuples en Corée et en Russie, offre la perspective d'une route internationale assurant un transport sûr entre l'Asie et l'Europe.


La Compagnie des chemins de fer russe et le port de Rajin ont établi ensemble, pour une durée de 49 ans, une société qui signera les contrats des travaux de conception et de réalisation du projet. Cette société conjointe, détenue à 70% par la Fédération de Russie et à 30% par la RPD de Corée, exploitera ensuite le terminal du port de Rajin et la liaison Rajin-Khasan en fixant ses propres tarifs. Des discussions sont également en cours pour simplifier les procédures douanières aux gares frontalières de Tumangang et de Khasan, et il est envisagé de proposer des conditions tarifaires préférentielles aux transports passant par le territoire russe.


Il s'agit d'un projet stratégique pour la Russie qui entend saisir toutes les opportunités que lui offre sa géographie et trouver de nouveaux débouchés en Extrême-Orient. Le président de RZD déclarait ainsi dès le 9 septembre 2008 : "La Sibérie et l'Extrême-Orient sont inextricablement liées. Si des produits commencent à arriver de l'est, les revenus et la base d'imposition augmenteront en Sibérie. Dans cette perspective, les Chemins de fer russes commenceront, en Corée du Nord, à reconstruire la liaison ferroviaire entre Rajin et Khasan et à construire un terminal pour conteneurs dans le port de Rajin. C'est un élément important du développement des partenariats entre pays de la zone Asie-Pacifique, recherché par le gouvernement russe et d'autres régions de la Russie."


Outre la Russie et la RPDC, un tel projet intéresse aussi directement la Corée du Sud. Lors d'une réunion en 2006, les administrations ferroviaires russe, nord-coréenne et sud-coréenne ont convenu de coordonner leurs efforts pour moderniser le chemin de fer transcoréen, de renforcer leur coopération et de mettre en oeuvre des projets communs destinés à accroître la quantité de marchandises transportée par le chemin de fer transsibérien. La nouvelle société russo-coréenne envisage d'ores et déjà la création d'une compagnie spécialisée dans la logistique en partenariat avec les transporteurs sud-coréens afin d'organiser le trafic maritime entre le port de Pusan, en Corée du Sud, et le terminal de Rajin.


La reconstruction de l'ensemble du corridor de transport entre l'Asie du Nord-Est et l'Europe occidentale devrait coûter de 7 à 8 milliards de dollars (de 5 à 6 milliards d'euros, estimation provisoire). RZD suggère que cette reconstruction soit financée par un consortium international. Outre la Russie, la Corée du Nord et la Corée du Sud, des investisseurs d'Allemagne, Italie, Finlande, Japon et Chine seraient intéressés par le projet. La reconstruction de la liaison ferroviaire entre Rajin et la frontière chinoise permettrait aux marchandises chinoises d'emprunter aussi ce corridor de transport.

 
 

 

Par son ampleur, le projet ferroviaire initié en 2001 par les Russes et par les Coréens paraît de nature à changer radicalement la perception de l'espace eurasiatique et les rapports entre les nations au sein de cet espace. Il peut créer une dynamique et une nouvelle donne (en anglais "New Deal") à l'échelle de plusieurs pays et continents, d'autant plus urgentes et nécessaires que la crise financière née aux Etats-Unis menace de se propager à l'économie "réelle" dans le monde entier. (sources : ITAR-TASS, KCNA, Railway Gazette International, RIA-Novosti, RZD)


* Un conteneur standard TEU ("twenty-foot equivalent unit", ou "équivalent vingt pieds") représente une capacité d'environ 30 mètres cube.

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 15:42

 

Le 24 septembre, les dirigeants du groupe français Lafarge, leader mondial des matériaux de construction, étaient en visite à Pyongyang, capitale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Déjà installé dans le pays grâce au rachat de l'égyptien Orascom Cement en décembre 2007, le groupe Lafarge a annoncé vouloir encore accroître ses investissement en RPDC.

 

Un responsable du groupe Lafarge cité le 25 septembre par la radio sud-coréenne KBS, a affirmé que le groupe français entendait accroître ses investissements dans la cimenterie de Sangwon, près de Pyongyang, afin de porter la production annuelle de ciment à 3 millions de tonnes d'ici 2010.


La veille, le président-directeur général de Lafarge, Bruno Lafont, et Nassef Sawiris, membre du conseil d'administration de Lafarge, étaient reçus par Kim Yong-nam, président du Presidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée. Nassef Sawiris est également le directeur général du groupe Orascom présent en RPDC dans les secteurs de la construction et des télécommunications.

 

Nassef Sawiris, directeur général d'Orascom et administrateur du groupe Lafarge, s'entretient avec Kim Yong-nam, président du Presidium de l'Assemblée populaire supême de la RPD de Corée, le 24 septembre 2008 à Pyongyang

(Korean Central News Agency)

 

Le 10 décembre 2007, le groupe Lafarge avait annoncé l'acquisition, pour 8,8 milliards d'euros, d'Orascom Cement, branche ciment d'Orascom Construction Industries détenu à 60% par la famille Sawiris. Orascom Cement est numéro un du ciment en Egypte, en Algérie, aux Emirats Arabes Unis, en Irak et est bien implanté sur d'autres marchés émergents comme l'Arabie Saoudite, la Syrie, la Turquie, le Pakistan, le Nigeria et la Corée du Nord.



Implantantion d'Orascom Cement en décembre 2007


Grâce à l'acquisition d'Orascom Cement, le groupe Lafarge est devenu le leader mondial du ciment avec une capacité annuelle de 206 millions de tonnes, devant le suisse Holcim et le mexicain Cemex, tout en renforçant sa position dans les pays émergents. La consommation de ciment sur ces marchés est en croissance constante, portée par la construction d'infrastructures. La contribution de l'activité ciment au résultat, de 43% actuellement, devrait passer à 65% dès 2010.


De son côté, M. Sawiris, est devenu le deuxième actionnaire du groupe Lafarge, avec 11,4% du capital, et a fait son entrée au conseil d'administration du groupe avec deux sièges.


Avant ce rachat d'Orascom Cement par Lafarge, Orascom Construction Industries avait, en juillet 2007, conclu un accord avec la compagnie d'Etat nord-coréenne Pyongyang Myongdang Trading Corporation pour l'acquisition de 50% des parts de la cimenterie de Sangwon. Orascom Construction Industrie a investi 115 millions de dollars dans la modernisation de l'usine de Sangwon, dans les activités de distribution et minières liées, et dans la centrale hydro-électrique spécialement installée à proximité.


En juillet 2007, Nassef Sawiris avait souligné le potentiel de croissance de la RPD de Corée. “La Corée du Nord est très désireuse de développer les infrastructures du pays, ce qui va tirer la demande de ciment de manière significative”, avait notamment déclaré M. Sawiris. Cet avis est donc partagé par la direction du groupe Lafarge, nouveau propriétaire de la cimenterie de Sangwon, et il est heureux de constater qu'un grand groupe industriel français, leader dans son secteur, ne suit pas la politique d'ostracisme menée par les autorités françaises à l'encontre de la RPDC. (sources : AFP, Financial Times, KBS, KCNA)

 

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 21:41

Le président sud-coréen Lee Myung-bak continue de revenir sur ses promesses électorales dans le domaine économique. Face à l'envolée des prix du pétrole et à la hausse de l'inflation, Lee a déclaré le 18 août être prêt à abandonner son "Plan 747" qui lui avait pourtant permis de remporter largement l'élection présidentielle de décembre 2007. Le Plan 747 promettait d'atteindre une croissance économique annuelle de 7%, de doubler en 10 ans le revenu par tête pour le porter à 40.000 dollars et d'élever l'économie sud-coréenne au septième rang mondial.    

 

L'idée d'une croissance de 7% a été une source de controverse depuis que le président Lee Myung-bak en a fait une des promesses de sa campagne électorale. Peu d'analystes pensent que la Corée du Sud, la onzième plus grande économie du monde en termes de produit intérieur brut, puisse atteindre un tel taux de croissance. Un taux de croissance de 7% est en général réservé aux pays en voie de développement. Aujourd'hui, le potentiel de croissance de la Corée du Sud est plutôt estimé autour de 5%. Les analystes s'inquiètent aussi de la hausse de l'inflation et du fossé qui se creuse de plus en plus entre nantis et démunis.

 

Dans les premiers jours qui ont suivi l'entrée en fonction de Lee Myung-bak, le 25 février 2008, lui et son administration s'en tenaient toujours à une croissance de 7%, malgré des conditions défavorables telles que la hausse des prix pétroliers. Mais, à mesure que les prix du pétrole s'envolaient et que la pression inflationniste s'accroissait, les espoirs d'une croissance à 7% se sont évanouis. Même si l'administration du président Lee est prête à beaucoup de choses pour revigorer l'économie, comme amnistier des grands patrons condamnés pour corruption, elle préfère maintenant se concentrer sur la stabilité. 

 

Le 22 juillet, le ministre de Finances, Kang Man-soo, un des architectes du Plan 747, a déclaré devant l'Assemblée nationale que les promesses du Plan 747 étaient "à la fois une vision et un objectif". Dès le 2 juillet, le ministère de la Stratégie et des Finances, lequel avait prévu en mars une croissance de 6% pour cette année, ramenait cette prévision à 4,7%.

 

"Personne à Cheong Wa Dae [la présidence sud-coréenne] ne parle de croissance à 7%. Ce n'est pas une question", affirme un responsable de la présidence. "Cheong Wa Dae s'inquiète surtout de la stabilité des prix à la consommation et de la préservation des moyens de subsistance," dit ce responsable.

 

Résultat, il semble que le Plan 747 soit une autre promesse électorale abandonnée par le président Lee, après celle de creuser le Grand canal de Corée. Même si l'abandon de ses promesses est rationnel, compte tenu de l'opinion publique et du paysage politique, cela pourrait entamer le crédit et la stature présidentielle de Lee Myung-bak.

 

Certains observateurs sud-coréens pensent que les candidats à la présidence ne devraient pas s'aventurer à faire des promesses de croissance économique. L'économie est en effet particulièrement vulnérable aux facteurs externes et les décideurs politiques de Corée du Sud ne dictent plus la croissance économique comme c'était le cas dans les années 1970 ou 80.

 

Yoo Jong-il, professeur à l'Ecole de politique publique et de gestion de l'Institut coréen du développement (KDI), remarque que les attentes des électeurs sud-coréens amènent les candidats de tous les partis à promettre d'atteindre un haut taux de croissance, alors que le niveau du taux de croissance ne fait presque jamais partie des promesses des campagnes présidentielles dans les autres pays. (source : Hankyoreh)

 

Pendant que les Sud-Coréens sont occupés à regarder les Jeux olympiques, le président Lee Myung-bak, surnommé "le Bullbozer", s'acharne à prendre des mesures pour stimuler le marché de l'immobilier et à mener une politique favorisant les grand conglomérats. "Hé, tant que j'y suis, je pourrais commencer à creuser mon canal !", se dit-il a lui-même.

(dessin paru dans le Hankyoreh, le 19 août 2008)   

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 15:06

Une fois sa construction achevée, l'hôtel Ryugyong deviendrait le plus haut hôtel de tourisme au monde. Interrompus en 1992, les travaux ont repris au printemps 2008, conduits par la société égyptienne Orascom.

Le groupe égyptien Orascom est devenu l'un des principaux investisseurs étrangers en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : après avoir annoncé le test réussi, en mai 2008, d'un réseau de téléphonie mobile de troisième génération qui doit être déployé dans la capitale et d'autres villes de province dès le second semestre de cette année, l'entreprise a repris la construction de l'hôtel Ryugyong, interrompue depuis 1992.

Le bâtiment, massif et imposant, est formé de trois ailes inclinées à 75 degrés.

Les difficultés économiques de la RPDC à partir de 1992, suite à l'effondrement du bloc socialiste, avaient entraîné l'interruption des travaux. Par ailleurs, des architectes étrangers et sud-coréens avaient avancé l'hypothèse d'un défaut de construction qui aurait accru les risques d'effondrement, sauf à conduire des opérations de consolidation évaluées jusqu'à 2 milliards de dollars (par comparaison, l'investissement initial s'élevait à 230 millions de dollars).

Commencés en 1987 sous l'impulsion du cabinet coréen Paektusan Architects and Engineers, les travaux de l'hôtel Ryugyong créeraient, au coeur de la capitale nord-coréenne, Pyongyang, le plus grand hôtel de tourisme au monde avec 105 étages, 330 mètres de haut et une superficie au sol de 360.000 m2.

Des étrangers ont pu apprécier, dans leurs programmes de visite en RPDC, la reprise de la construction aux étages supérieurs. Le groupe Orascom n'a pas encore communiqué sur ses travaux, leur calendrier et leur finalité en liaison avec ses autres investissements en RPDC. (Sources : Reuters, AAFC)

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 11:00

Le groupe Hyundai commercialiserait la première voiture coréenne hybride (mi-essence, mi-électrique) sur son marché domestique dès 2009, avant le lancement d'une voiture tout-électrique en 2011.

Dans un contexte d'augmentation structurelle du prix de l'essence, les constructeurs automobiles accélèrent la mise sur le marché de véhicules hybrides, avant l'avènement de la voiture tout-électrique.

Ainsi, le groupe sud-coréen Hyundai proposerait dès l'an prochain une version hybride (mi-essence, mi-électrique) de l'Elantra dès 2009 : pour la première fois, Hyundai lancerait un véhicule hybride en grande série, l'Avante, sur le marché sud-coréen à partir de mars 2009.

La première voiture tout-électrique pourrait ensuite être présentée à partir de 2011.

La technologie utilisant des sources énergétiques mixtes pourrait être adaptée par Hyundai à d'autres de ses produits, sans que le constructeur ait encore précisé lesquels. (Source : monvolant.cyberpresse.ca)

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 13:50

D'après les données publiées le 18 juin 2008 par la Banque de Corée (du Sud), l'économie nord-coréenne a reculé de 2,3 % en 2007, en raison des inondations catastrophiques de l'été 2007 qui ont entraîné de graves risques de pénurie alimentaire.

En l'absence de données statistiques officielles nord-coréennes, les sources provenant de la Corée du Sud sont considérées comme les plus fiables par les observateurs extérieurs.

Selon les chiffres publiés le 18 juin 2008 par la Banque de Corée (du Sud), l'économie de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a enregistré un recul de 2,3 % en 2007, après une précédente diminution de 1,1 % en 2006.


La disparition du bloc soviétique, conjuguée à une série de catastrophes naturelles exceptionnelles (sécheresses, inondations), avait entraîné une forte contraction de l'économie nord-coréenne entre 1992 et 1998, avant une reprise entre 1999 et 2005 (suivant des taux de croissance annuels oscillant entre 1,2 % et 6,2 %).


Evolution annuelle (en %) du produit intérieur brut de la RPDC

source : Banque de Corée


Le recul observé en 2007 s'explique, comme en 2006, par l'impact des inondations sur la production agricole, en baisse de 9,4 % en 2007 selon la Banque de Corée. Hors secteur agricole (lequel réprésente 30% du produit intérieur brut de la RPDC), la production industrielle, minière et de services de la RPDC a progressé d'environ 1 % l'an 2007.

Selon la Banque de Corée, le produit intérieur brut (PIB) de la Corée du Nord s'élève à 24,8 milliards de dollars, soit 1.100 dollars par habitant.  

Après la sécheresse exceptionnelle de l'hiver 2007-2008, les risques de pénurie alimentaire sont réels en Corée, faisant craindre une résurgence de la disette des années 1990 qui avait causé des centaines de milliers de victimes. L'AAFC appelle ainsi à poursuivre l'effort de solidarité avec les populations coréennes. (Sources : AFP, AAFC)

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 13:40

L'annonce, en mai 2008, que la société égyptienne Orascom a testé avec succès la mise en place de téléphones mobiles de troisième génération en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a surpris certains observateurs. En fait, la RPDC a fortement investi dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) qui passionnent les Coréens, tant du Nord que du Sud de la péninsule. Dans ce domaine, la Corée du Nord semble vouloir marcher sur les traces de la Corée du Sud, aujourd'hui le pays le plus connecté au monde.

C'est un lieu commun d'affirmer que la Corée du Sud est l'Etat le plus connecté au monde : 70 % des Sud-Coréens disposent d'un accès Internet (parmi lesquels la moitié à Internet haut débit) dans un pays qui compte 25.000 cybercafés. Alors que la télévision mobile personnelle fait ses débuts en France, les Coréens sont déjà habitués à regarder la télévision sur le portable, comme le visiteur étranger peut le constater dans le métro de Séoul... En termes d'accès par habitant à la télévision mobile personnelle, la Corée du Sud occupe le premier rang mondial, devant le Japon.

Il est moins connu que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a également fortement investi dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) : la Corée du Nord marche-t-elle sur les pas de sa voisine du Sud ?

Des entreprises américaines et européennes ont depuis longtemps choisi la Corée du Nord pour la fabrication de leurs jeux sur téléphone portable. La Corée du Nord forme un nombre croissant d'informaticiens ; elle vient récemment de signer un accord avec Singapour pour que ses étudiants en informatique puissent être accueillis dans la cité-Etat du Sud-Est de l'Asie.

Si les téléphones portables n'ont été utilisées en Corée du Nord que pendant deux ans, de 2002 à 2004, la RPDC s'apprête a faire un bond technologique spectaculaire en décidant la couverture de son territoire par les réseaux les plus modernes : en mai 2008, la société égyptienne Orascom  a annoncé avoir réussi à tester avec succès la mise en place d'un réseau de téléphonie mobile de troisième génération (3G), en coopération (joint venture) avec une entreprise nord-coréenne. Selon l'opérateur téléphonique égyptien, les réseaux de téléphonie mobile 3G pourraient ainsi se mettre en place à Pyongyang et dans d'autres villes dès la seconde moitié de l'année 2008. (sources : The Chosun Ilbo, techradar.com et AAFC)
 

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 18:35

Dès cette année, les produits sud-coréens pourront parvenir en Europe par train en passant par la Corée du Nord et la Russie. Un tel trajet, par voie terrestre, prendra moitié moins de temps que par la mer tel qu'il s'effectue aujourd'hui. Ce progrès est possible grâce au dernier accord ferroviaire en date signé par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la Fédération de Russie.

 

Après la visite effectuée en RPDC par une délégation russe en mars 2008, la Société des chemins de fer russes (RJD) et le gouvernement nord-coréen ont finalement signé le 24 avril un accord pour la modernisation des 54 kilomètres de voies ferrées reliant la ville portuaire de Rajin, en Corée du Nord, à Khasan, en Russie. Un terminal pour conteneurs sera aussi construit dans le port de Rajin.

 

Pour les autorités russes, ce projet est de nature à attirer les investisseurs et à favoriser les affaires. De son côté, le ministre nord-coréen des Chemins de fer, Kim Yong Sam, a déclaré que "les documents signés démontrent le haut niveau atteint par les relations russo-coréennes basées sur les principes de l'équité, de l'amitié et des bénéfices mutuels."

 

Aux termes de cet accord bilatéral, une société sera créée en commun par RJD et le gouvernement nord-coréen, pour une durée de 49 ans, afin d'attirer des investissements sur le projet et d'engager des sous-traitants pour la reconstruction du chemin de fer. Les Russes et les Coréens détiendront, respectivement, 70% et 30% des parts de cette société. Les parties ont aussi convenu de faciliter les procédures douanières et les contrôles à la frontière lors du transbordement des cargaisons. Les signataires de l'accord ont aussi décidé de créer un comité consultatif chargé de coordonner la mise en oeuvre du projet.


La Russie entend aussi associer la Corée du Sud. Les sociétés sud-coréennes KORAIL, Glovis (filiale de Hyundai) et Pantos Logistics vont donc s'établir en consortium afin de participer à ce projet dont le coût est estimé à 150 millions de dollars. La réhabilitation de la liaison Rajin-Khasan permettrait en effet d'acheminer les marchandises sud-coréennes en Europe via la Russie en empruntant le chemin de fer transsibérien. En revanche, les marchandises sud-coréennes devront être transportées jusqu'en Corée du Nord par la mer car la liaison ferroviaire entre Pusan, en Corée du Sud, et Rajin (la ligne "Kyongwon") n'est pas encore opérationnelle, faute d'accord entre les deux Corée à ce sujet. Selon des sources gouvernementales sud-coréennes, le trajet Pusan-Rajin-Khasan pourrait être testé dès août 2008.



Actuellement, le transport de marchandises par voie maritime entre les ports de Corée du Sud et l'Europe prend environ 40 jours. Mais la nouvelle liaison ferroviaire devrait réduire ce temps à 17 jours. Déjà, en janvier 2008, un train de marchandises avait parcouru en 15 jours les 10.000 kilomètres séparant Pékin et Hambourg. (sources : ITAR-TASS, The Korea Times)

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