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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 20:20

Après le départ des Espagnols du Sahara Occidental en 1975, le Maroc et le Mauritanie ont partagé entre eux ce territoire - en méconnaissance d'un avis consultatif de la Cour internationale de justice qui tendait à l'organisation d'un référendum d'autodétermination de ses habitants, qui ne s'est jamais tenu, ce qui a conduit l'Assemblée générale des Nations Unies à considérer que le Sahara occidental reste un territoire à décoloniser. Après l'occupation militaire marocaine et (jusqu'en 1979) mauritanienne, le Front Polisario - de loin l'organisation politique qui disposait déjà de la plus large assise parmi les Sahraouis - a proclamé, le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique (RASD). La RASD a immédiatement recherché des appuis internationaux. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a ainsi été le premier Etat non-africain à reconnaître la RASD.

Proclamation du 30e anniversaire de l'indépendance à Tifariti, dans la partie du Sahara occidental administrée par le Front Polisario

Proclamation du 30e anniversaire de l'indépendance à Tifariti, dans la partie du Sahara occidental administrée par le Front Polisario

Dès le 16 mars 1976, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a reconnu la République arabe sahraouie démocratique, qui avait été proclamée moins de trois semaines plus tôt. La RPD de Corée était le 8ème Etat au monde à opérer cette reconnaissance, après (dans cet ordre) Madagascar, le Burundi, l'Algérie, le Bénin, l'Angola, le Mozambique et la Guinée-Bissau. En dehors du continent africain, elle était le premier Etat à reconnaître la RASD.

La décision prise par les autorités nord-coréennes étaient cohérente avec leur soutien constant aux mouvements de décolonisation - du FLN algérien à l'OLP palestinienne, en passant par le rejet des régimes d'apartheid en Afrique du Sud et au Zimbabwe, aux plans tant politique que militaire. Signe de l'indépendance politique de la RPD de Corée, elle tranchait en outre avec l'attentisme de la plupart des autres démocraties populaires qui, à l'instar de l'URSS, tendaient à reconnaître la justesse du combat mené par le Front Polisario, mais n'avaient pas franchi le cap de la reconnaissance du RASD - au regard notamment de l'importance des enjeux économiques avec le Maroc (qui exploite les abondantes ressources halieutiques et en phosphates du Sahara occidental).

D'autres critères ont également motivé la position nord-coréenne sur le conflit du Sahara Occidental - notamment la participation de la RPD de Corée au Mouvement des non-alignés (MNA), qui a fait du combat pour la décolonisation un des fers de lance de son action, et les liens étroits tissés avec l'Algérie, premier soutien du Front Polisario.

Si la reconnaissance de la RASD n'a pas entraîné l'établissement de relations diplomatiques, les messages de solidarité échangés ont témoigné du combat mené en commun contre l'impérialisme. Par exemple, le 26 février 2000, selon l'agence nord-coréenne KCNA, Kim Yong-nam, président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la RPD de Corée, a adressé un message de félicitations à Mohamed Abdelaziz, président de la RASD et secrétaire général du Front Polisario à l'occasion du 24ème anniversaire de la fondation de la RASD, où il exprimait son souhait du développement des relations d'amitié et de coopération entre les deux pays.

Sources :

- Maurice Barbier, Le conflit du Sahara occidental, L'Harmattan, 1982.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Afrique-Corée
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)