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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 13:06

Le 11 octobre 2011, les deux équipes coréennes de football étaient engagées dans des matchs déterminants au troisième tour de qualification de la zone Asie, en vue de décrocher leurs tickets à la coupe du monde 2014. Si les Guerriers Taeguk sud-coréens l'ont emporté (2-1) face aux Emirats Arabes Unis, le Cheollima nord-coréen s'est incliné, à domicile, face à l'Ouzbékistan (0-1).

 

park_chu_young_EAU_11_octobre_2011.3.jpgAu stade Suwon, les Sud-Coréens ont dû attendre la deuxième mi-temps pour ouvrir le score face aux joueurs des Emirats Arabes Unis, sur un but de Park Chu-young à la 55ème minute (photo FIFA), avant de doubler la mise grâce à un but contre son camp de Al Kamali (64ème minute). Tout en réduisant l'écart sur un but de Matar à la 92ème minute, les Emiratis ont finalement dû s'incliner sur le score de 2-1. Le même jour, au sein du groupe B, le Koweït a fait match nul face au Liban (1-1).

 

Grâce à leur victoire, les Sud-Coréens confortent leur place en tête du groupe B, avec 7 points contre 5 points pour le Koweït, 4 points pour le Liban et 0 point pour les Emirats Arabes Unis. Les Guerriers Taeguk rencontreront à nouveau chacun de leurs trois adversaires, le premier match les opposant à nouveau aux Emirats Arabes Unis le 11 novembre prochain.

 

coree_du_nord_ouzbekistan_football_11_octobre_2011.jpgAu stade Yanggakdo de Pyongyang, le Cheollima a été moins chanceux face à une redoutable équipe ouzbèke (photo KCNA) - qui, un mois plus tôt, avait tenu en échec la sélection japonaise, la mieux classée d'Asie, pendant plus de la moitié du match. Grâce à un but de Geynrich à la 15ème minute, l'Ouzbékistan a remporte (0-1) le match considéré comme le plus déterminant de la journée pour le troisième tour de qualification de la zone Asie. Le soir même, au stade Nagai à Osaka, les Japonais l'ont très facilement emporté face à la modeste équipe tadjike (8-0).

 

Au sein du groupe C, le Japon et l'Ouzbékistan occupent les deux premières places avec chacun 7 points, le Japon étant premier grâce à un meilleur différentiel de buts, devant la RPD de Corée (3 points) et le Tadjikistan (0 point). Le match retour entre les Ouzbeks et les Nord-Coréens aura lieu le 11 novembre, avant que les joueurs de la sélection nord-coréenne ne retrouvent leurs adversaires japonais le 15 novembre puis tadjiks le 29 février 2012. Si le Cheollima veut rester dans la compétition au sein du groupe le plus relevé des matchs de qualification de la zone Asie, il n'a plus droit à la défaite : un pari difficile mais pas impossible, les Nord-Coréens ayant été capables, par le passé, de relever des défis apparemment insurmontables.

 

Source principale : FIFA.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 21:28

Le tirage au sort des groupes pour le troisième tour de qualification dans la zone Asie à la Coupe du monde de football 2014, qui se tiendra au Brésil, a réservé des sorts bien différents aux deux équipes coréennes. Si les guerriers Taeguk sud-coréens ont logiquement dominé le Liban (6-0) avant de réaliser un nul face au Koweït (1-1), le Cheollima nord-coréen a concédé une courte défaite dans les dernières minutes de sa première rencontre avec le Japon (0-1) avant de l'emporter à domicile sur le Tadjikistan (1-0). Retour sur cette première phase, avant les prochains matchs programmés le 11 octobre 2011.

 

Une certaine malédiction semble poursuivre les équipes de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), tant masculine que féminine, qui à chaque compétition se retrouvent régulièrement dans le "groupe de la mort". Pour les hommes, il est vrai que la répartition entre les groupes suivant le classement de la FIFA, où le Cheollima se situe après des équipes sur lesquelles il l'emporte régulièrement, pénalise les Nord-Coréens, moins présents dans les rencontres internationales.

 

En Asie et Océanie, cinq équipes se qualifieront pour la phase finale de la Coupe du monde 2014 au Brésil. Vingt équipes restent en lice pour le troisième tour de qualification en Asie, réparties en cinq groupes dont seuls les deux premiers de chaque groupe accèderont au quatrième tour.

 

pak_nam_chol_ouzbekistan.jpgDans le groupe C, la Corée du Nord se retrouve face à la meilleure équipe d'Asie selon le classement mondial de la FIFA, le Japon, une équipe ouzbèke en pleine ascension, et face au Tadjikistan qui a pris la place de l'équipe syrienne, disqualifiée. Le 2 septembre, les Nord-Coréens ont longtemps tenu bon face au Japon, qui jouait à domicile et dont les hommes n'ont ouvert le score qu'à la 94ème minute, mais faisant perdre un point précieux au Cheollima. Le même jour, l'Ouzbékistan ne prenait l'ascendant sur le Tadjikistan, dans la ville tadjike de Tursunzoda, qu'à la 72ème minute, sur le score final de 1-0. Le 6 septembre, au stade Yanggakdo de Pyongyang, face au Tadjikistan la Corée du Nord a ouvert le score à la 14ème minute sur un but de Pak Nam-chol, avant de contrôler le match jusqu'à la fin (1-0, photo KCNA). Evoluant eux aussi à domicile, les Ouzbeks ont créé la surprise en dominant les Japonais au score pendant la majeure partie du match, grâce à un but dès la 8ème minute de Djeparov, avant que les Japonais ne reviennent au score avec Okazaki à la 65ème minute (1-1) : sans leur victoire in extremis sur les Nord-Coréens, les Japonais seraient aujourd'hui virtuellement éliminés de la compétition ! Avec 4 points chacun, le Japon et l'Ouzbékistan sont respectivement 1ers et 2èmes, suivis de près par la Corée du Nord (3 points), tandis que le Tadjikistan ferme la marche (0 point).

 

2011-park_chu-young-liban.jpgDans le groupe B, la Corée du Sud est aux prises avec le Koweït et les Emirats Arabes Unis (respectivement, 95ème et 109ème places mondiales), qui ne doivent pas être sous-estimés. Le Liban (159ème mondial) est l'outsider de ce groupe. Le 2 septembre, les guerriers Taeguk ont remporté une victoire fleuve (6-0) sur le Liban, le capitaine Park Chu-young marquant à lui seul 3 buts (photo à droite), Ji Dong-won réalisant 2 buts et Kim Jung-woo 1 but. Le même jour, le Koweït a mené jusqu'à 3-0 face aux Emirats Arabes Unis (EAU), avant que ces derniers ne reviennent partiellement au score, en concédant une défaite sur le résultat final de 3-2. Le 6 septembre, le Liban l'a emporté 3-1 sur les EAU, tandis que la Corée du Sud - après avoir ouvert le score dès la 9ème minute avec Park Chu-young - a été rejointe au score par le Koweït à la 53ème minute, sur un but de Fadel. La Corée du Sud est première de son groupe avec 4 points, tout comme le Koweït, grâce à un meilleur différentiel de buts, le Liban étant 3ème avec 3 points et les EAU 4èmes avec aucun point. Avec 4 buts, Park Chu-young est pour le moment le meilleur buteur de la compétition.

 

Pour le groupe C, la prochaine rencontre le 11 octobre entre la Corée du Nord et l'Ouzbékistan pourrait être déterminante, tandis que le Japon affrontera le Tadjikistan. Le même jour, dans le groupe B, la Corée du Sud rencontrera les Emirats Arabes Unis, tandis que le Liban sera aux prises avec le Koweït.

 

Sources principales : AAFC, wikipédia (d'après la FIFA).

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 07:00

Dans la Coupe du monde féminine de football qui se déroule en Allemagne du 26 juin au 17 juillet 2011, l’heure du bilan a déjà sonné pour les joueuses de la sélection nord-coréenne, contrainte de quitter la compétition dès le premier tour au terme de leur match contre la Colombie (0-0).

Le 6 juillet 2011, les joueuses de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont disputé à Bochum leur dernière rencontre de ce Mondial allemand. Déjà éliminées après deux défaites en deux matches, les Nord-Coréennes ont quitté la compétition sur un match nul (0-0) face à la Colombie. Elles terminent à la troisième place du groupe C avec un point, autant que les Colombiennes.

Dans leur groupe figuraient aussi l’équipe des Etats-Unis, double championne du monde, et celle de la redoutable Suède. Le 28 juin, à l’occasion d’une partie dont on peut concevoir la portée symbolique, les Nord-Coréennes se sont inclinées 2 à 0 devant les Américaines après avoir tenu bon près d’une heure. Quatre jours plus tard, craquant là encore vers la dernière demi-heure, elles concédaient une défaite sur la plus petite des marges (1-0) contre la Suède.

Football_equipe_feminine_RPDC_2011.jpgLes joueuses de la RPDC avant leur match contre l'équipe des Etats-Unis,  le 28 juin 2011 à Dresde (source : Reuters)

En Allemagne pour préparer l’avenir

Et si, en fin de compte, l’essentiel était ailleurs ? Evoquant ce sixième Mondial de football féminin, le sélectionneur nord-coréen Kim Kwang-min a ainsi déclaré sur le site de la FIFA : « Notre équipe est composée de jeunes joueuses qui vont grandement bénéficier de cette expérience et pourront s'en servir à l'avenir. » En Allemagne, avec une moyenne d’âge de 20 ans, la RPDC avait la formation la moins expérimentée du tournoi.

Actuellement huitième au classement général de la FIFA, les footballeuses de la RPDC auront sûrement l’occasion de mettre en pratique ce qu’elles ont retenu de ces derniers jours. Avec en ligne de mire, à plus long terme, la Coupe du monde organisée en 2015 au Canada. En quatre participations au Mondial (1999, 2003, 2007 et 2011), la RPDC n’a atteint qu’une seule fois les quarts de finale, en 2007.  

Aller plus loin dans la compétition, voilà donc une belle source de motivation supplémentaire pour cette équipe de Corée du Nord qui brille déjà sur son propre continent. Depuis 1995, la RPDC a en effet remporté trois finales de Coupe d’Asie sur les cinq qu’elle a jouées. A la nouvelle génération entrevue en Allemagne d’étoffer ce bilan… et de faire mieux à la prochaine Coupe du monde.

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 23:03

Dans une interview donnée au journal suisse 24 heures et publiée dans son édition du 10 janvier 2009, l'ancien footballeur suisse Karl Messerli racontait comment il avait négocié le transfert, trois mois plus tôt, des deux premiers footballeurs nord-coréens dans un club de l'ouest de l'Europe, un an avant le grand retour du Cheollima sur la scène mondiale du football à l'occasion de sa sélection en phase finale de la coupe du monde de football en Afrique du Sud - une première en quarante-quatre ans. Un article du Monde, publié le 4 mars 2011, donne la parole à Karl Messerli : deux ans après, le transfert de joueurs nord-coréens vers la Suisse s'est poursuivi.

 

karl_messerli.jpgC'était en 1992. L'ancien footballeur professionnel suisse Karl Messerli (à gauche avec l'ancien entraîneur Kim Jong-hun, source Deustche Welle), reconverti dans la sous-traitance de peluches, T-shirts et autres objets promotionnels après sa retraite sportive, arrive en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à la recherche de coûts de production plus compétitifs que ceux de la Corée du Sud : l'homme devait non seulement choisir de produire en Corée du Nord, mais aussi découvrir le football nord-coréen et s'engager dans ce qui allait aboutir, seize ans plus tard, au premier transfert de joueurs nord-coréens dans un club occidental.

 

Karl Messerli a rapidement été convaincu du potentiel des joueurs nord-coréens, mais aussi de la nécessité d'échanges plus nombreux avec les clubs occidentaux pour renforcer leur expérience : "Je me suis tout de suite dit que les Nord-Coréens étaient des joueurs de football parfaits car ils peuvent faire ce qu'ils veulent avec un ballon. Mais ce n'est pas suffisant : il faut aussi avoir le sens du jeu. Et les Nord-Coréens n'ont aucune expérience. Ils ne jouent qu'entre eux, dans un système tactique unique. Mon idée, c'était de faire venir de jeunes footballeurs de là-bas en Suisse. Ce fut un travail terrible de convaincre la Fédé, il a fallu les persuader que c'était la meilleure façon de renforcer l'équipe nationale."

 

Karl Messerli détaille ensuite les modalités de transfert : "La circulation des footballeurs ne peut se faire que si ceux-ci n'ont plus de contrat en Corée et peuvent venir en Europe gratuitement. Mais, si le joueur est transféré dans un autre club à l'issue de sa première expérience, la Corée du Nord touchera une part des indemnités de transfert au titre de la formation."

 

Kim_Kuk_Jin.jpgKim Kuk-jin et Pak Chol-ryong sont devenus en 2008 les premiers licenciés d'un club occidental, en l'occurrence le FC Concordia Bâle, qui a ensuite fait faillite. Le relais a été pris par le club suisse de Wil, avec Kim Kuk-jin et un nouveau joueur, Cha Jong-hyok, défenseur droit titulaire lors de la dernière coupe du Monde. Pour la plus grande satisfaction d'Axel Thoma, entraîneur de Wil : "Ce pays est un vivier dans lequel un club modeste comme le nôtre peut puiser. Ces joueurs ne vont pas aller au Bayern Munich ou au PSG ! Et ils ne nous coûtent presque rien." (respectivement 2.700 et 3.500 euros pour Kim Kuk-jin et Cha Jong-hyok). Depuis le Mondial sud-africain, un autre club occidental a depuis puisé dans le "vivier" nord-coréen, particulièrement prometteur pour les clubs ouest-européens de deuxième division aux budgets plus limités : Bochum, qui a recruté en 2010 l'attaquant vedette Jong Tae-se, Nord-Coréen du Japon.

 

Devenu agent de joueurs nord-coréens, Karl Messerli n'apparaît pas motivé par l'argent : il ne percevra de rémunération qu'en cas de transfert à un autre club de Kim Kuk-jin et Cha Jong-hyok, dont il facilite par ailleurs la vie quotidienne en Suisse. Touché par la beauté des paysages de la RPDC qui lui ont rappelé la Suisse, et impressionné par la force de travail des Nord-Coréens, il s'interroge sur la présence américaine dans le Sud de la péninsule, vingt ans encore après la fin de la guerre froide : "J'essaie de comprendre (...) Pourquoi sont-ils là ? Ce sont toujours les Etats-Unis qui débutent les guerres."

 

Source : Imanol Corcostegui, "Football : Messerli, l'agent suisse de Pyongyang", in Le Monde, 4 mars 2011.

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 23:16

Logo Foot RPDCTombée dans le "groupe de la mort" à la Coupe d'Asie de football, la sélection nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a finalement dû s'incliner dès le premier tour, après un match nul (0-0) avec les Emirats Arabes Unis et deux courtes défaites (1-0) contre l'Iran et l'Irak, tenant du titre - quand la Corée du Sud a, pour sa part, terminé troisième. Un résultat certes décevant pour le Cheollima, mais qui doit être relativisé au regard du très fort investissement des Nord-Coréens dans leurs jeunes joueurs : une formule éprouvée qui est le gage de succès futurs, dans un pays qui n'a pas la force de frappe financière du big business malheureusement devenu la norme du football en Europe, en Amérique latine ou dans des Etats pétroliers comme le Qatar ou les Emirats Arabes Unis.

 
Le prochain Messi pourrait-il être en Corée du Nord ? C'est la question que se posent de nombreux représentants des clubs européens après avoir observé à la loupe les matches du Cheollima lors de la dernière Coupe du monde en Afrique du Sud (2010), puis de la Coupe d'Asie à Doha (2011). Hedna Mustapha, du club de Monaco, a fait le déplacement au Qatar pour la Coupe d'Asie et est formel : la Corée du Nord est une mine d'or et "a beaucoup de joueurs talentueux", dont il a pu apprécier l'évolution dans les compétitions internationales : "J'ai le sentiment qu'ils seront le prochain gros coup du football mondial".
 
De fait, les sélections jeunes de la RPDC ont signé des résultats impressionnants en 2010, marqués par la victoire  (3-2) sur l'Australie des hommes de Jong Il-gwan en finale de la Coupe d'Asie des moins de 19 ans en octobre, puis par le net succès (2-0), sur l'Ouzbékistan, en Coupe d'Asie des moins de 16 ans en novembre.
 
Le nouvel entraîneur de la sélection nationale nord-coréenne, Jo Tong-sop, tirant le bilan des résultats décevants de son équipe à la Coupe d'Asie, ne s'y est pas trompé, en promettant non seulement un jeu plus offensif, mais aussi en envisageant à l'avenir de combiner les jeunes joueurs et leurs aînés de la sélection nationale.
 
Un investissement dans la jeunesse qui se prolonge dans la capacité à repérer et à former les jeunes talents dès l'âge scolaire. Fin novembre, le Choson Sinbo, quotidien des Coréens du Japon, a publié un reportage sur la mise en oeuvre des nouvelles instructions du ministère de l'Education de la RPD de Corée : à partir de l'école primaire puis au collège et au lycée, des classes de football (pour les garçons et pour les filles) sont formées par classe d'âge dans les différentes régions, les meilleurs élèves pouvant ensuite poursuivre leurs études dans la capitale. Un investissement important est également consenti en équipement et en matériel. Les rythmes scolaires (cours le matin, entraînement l'après-midi) rappellent ceux des cursus français "sport-études", selon une formule qui a fait ses preuves dans d'autres pays et devrait commencer à porter ses fruits dans des délais de trois à cinq ans.
 
Hedna Mustapha exprime toutefois un regret : la difficulté à accéder aux officiels nord-coréens et aux joueurs, notamment à Doha. Si des considérations géopolitiques n'ayant aucun lien avec les échanges sportifs et culturels doivent être déplorées dans le cas français (la France est l'un des deux derniers pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée), l'AAFC  - forte de ses contacts privilégiés avec les Nord-Coréens - est à la disposition de tous les clubs français qui le souhaitent pour organiser des échanges et des rencontres avec leurs futurs interlocuteurs de RPDC.
 
Sources :
- AAFC ;
- AFP, "Could the next Messi be in North Korea ?", 24 janvier 2011 (publié notamment à cette adresse) ;
- Choson Sinbo, 27 novembre 2010.
 
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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 22:26

Logo Foot RPDCSept mois seulement après son difficile mondial sud-africain, l'opiniâtre sélection nationale de la RPDC revient sur le devant de la scène et s'apprête à disputer la 15ème Coupe d'Asie des nations hébergée ce mois de janvier 2011 par l'émirat du Qatar. Sous la houlette du nouvel entraîneur Jo Tong-sop, les Nord-Coréens feront figure d'outsiders tandis que leurs homologues sudistes viseront le titre.

 
Le mardi 11 janvier 2011, la sélection nationale de football de la République populaire démocratique (RPD) de Corée entrera en lice dans la compétition reine d'Asie pour la troisième fois de son histoire (1980, 1992, 2011). Le "Cheollima", dont le retour au premier plan du football international a été salué lors de la Coupe  du monde en Afrique du Sud, fera office d'outsider embusqué derrière les puissances régionales traditionnelles (Iran, Arabie Saoudite, Iraq, Japon, Corée du Sud, Australie).
 
Victimes d'un sort cruel lors de la Coupe du monde sud-africaine l'été dernier, ils avaient échoué dans le groupe le plus difficile avec le Brésil, le Portugal et la Côte d'Ivoire, les Nord-Coréens ont malheureusement à nouveau subi  l'inclémence du hasard pour cette Coupe d'Asie : versés dans le groupe D, ils devront affronter d'emblée le tenant du titre iraqien (2007), l'Iran et les Emirats Arabes Unis. 

Un programme difficile mais passionnant pour une sélection nationale en plein renouveau.

Les adversaires
 
Le premier adversaire de la RPD de Corée sera la sélection des Emirats Arabes Unis, qui au Qatar aura l'avantage d'évoluer quasiment "à domicile". Chaperonnée par le célèbre entraîneur slovène Srečko Katanec, l'équipe du golfe persique peut se targuer d'un réel passé footbalistique (une coupe du monde en 1990, 8 participations à la coupe d'Asie dont une finale en 1996) et d'un avenir brillant avec ses sélections de jeunes qui ont atteint les quarts de finale du dernier mondial des moins de vingts ans en 2009 et la finale des 16èmes Jeux d'Asie en septembre dernier. D'ailleurs, parmi les 23 Emiratis retenus par le sélectionneur Katanec, pas moins de 5 joueurs figuraient dans l'équipe championne d'asie des moins de 20 ans en 2008 ! Bien qu'ils aient su prendre la mesure de cet adversaire lors des éliminatoires du Mondial 2010 en les vainquant à deux reprises, les Coréens seraient bien inspirés de ne pas se reposer sur leurs lauriers et de se méfier des attaquants Ismail Matar et Akhmed Khalil, les deux redoutables atouts offensifs de cette formation à la saveur entièrement "locale".
 
L'Iran qui court après un succès continental depuis 1976 (dernier volet d'un triplé 1968-1972-1976 jamais égalé) a quant à lui croisé le fer avec les Coréens de RPDC pas moins de 16 fois en 37 ans, sans jamais s'incliner et en sortant 11 fois vainqueur ! La Team Melli comme on l'appelle à Téhéran partira donc avec un avantage psychologique qui sera d'autant plus fort que les Iraniens voudront certainement prendre leur revanche sur une équipe qui les a privés de Coupe du monde à deux points près l'année dernière ! Pour cette Coupe d'Asie, la sélection persane présentera un visage rajeuni, et sera conduite par le capitaine aux cent sélections Jawad Nekounam, meneur de jeu du club de Pampelune dans le championnat espagnol ; il s'agira sans doute du match le plus difficile à négocier pour Jong Tae-se et ses pairs, mais en cas de résultat positif les Nordistes auront de bonnes chances de sortir de ce groupe de la "mort". La dernière confrontation s'était soldée par un nul vierge à Pyongyang (0-0).

A noter également qu'à l'orée du tirage au sort des groupes l'année dernière, le capitaine Nekounam avait affirmé devant les journalistes de l'AFC que l'équipe qu'il souhaitait le plus éviter était... celle de la RPDC !

Troisième et dernier adversaire de la poule, le champion irakien n'a certes pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde 2010 mais les "Lions de Mésopotamie" restent sur une coupe des confédérations 2009 plus qu'honorable  (nul contre l'Afrique du sud, courte défaite 1-0 contre le futur champion du monde espagnol) et compteront encore dans leur rangs leurs éléments les plus talentueux, à savoir Younis Mahmoud, Nashat Akram, Mohammed Emad, ou Bassim Abbas.

La RPD de Corée n'a croisé l'Iraq sur sa route qu'à quatre reprises en match officiel, avec une égalité parfaite des résultats, deux victoires deux défaites, quatre buts inscrits de part et d'autre ; la dernière confrontation en date remonte à un match de qualification pour la Coupe du monde en 1993 qui avait vu les Coréens s'imposer 3-2 à Doha... au Qatar ! Un signe encourageant pour la petite troupe de Jo Tong-sop !
 
Des raisons d'y croire
 
Même si la mission s'annonce presqu'aussi périlleuse que celle du Mondial pour les valeureux Nord-Coréens, beaucoup d'éléments permettent d'envisager la compétition qatarie avec optimisme.
 
jo_tong_sop.jpgD'abord, il convient de rappeler que le sélectionneur des "Rouges" ne sera autre que le bien nommé Jo Tong-sop (photo FIFA.com), dont le palmarès reste sans égal dans le pays :  en 2004, il qualifie l'équipe nationale pour le mondial FIFA des moins de 17 ans qui atteindra les quarts de finale de la compétition en éliminant l'Italie ; en 2006, il conduit la troupe des moins de 20 ans au succès continental puis la chapeaute au Mondial des moins de 20 ans accueilli par le Canada en 2007 ; bien qu'éliminés au premier tour, les jeunes Coréens font preuve d'une combativité exemplaire en obtenant deux nuls et en ne pliant que 1-0 contre le futur champion argentin. Pour couronner le tout, Jo Tong-sop est enfin l'homme clé de la qualification pour la Coupe d'Asie des nations puisque c'est lui qui a conduit la sélection nationale au succès en février dernier lors de l'AFC Challenge Cup 2010, avec une équipe de jeunes. Sa connaissance approfondie du football local, sa relation de longue date avec nombre de joueurs ayant commencé à travailler sous son aile depuis 2004, ainsi qu'une approche psychologique plus fine que celle de son pourtant méritoire prédécesseur Kim Jong-hun sont tout à fait propres à rassurer les supporters du Cheollima.
 
D'ailleurs les 23 joueurs retenus par Jo Tog-sop constituent a priori "la meilleure équipe possible" pour le Cheollima : on retrouve 17 des joueurs nominés pour le Mondial en juillet dernier, qui pourront ainsi capitaliser sur leur expérience face aux géants brésilien et portugais. La présence de l'avant-centre vedette Jong Tae-se à la Coupe d'Asie était incertaine en raison d'un différend technique avec le club allemand du FC Bochum, mais le plus célèbre des zainichis a finalement pu rejoindre son équipe nationale au Moyen-Orient. Combien eût été dommage pour le Cheollima de se priver d'un joueur si talentueux, auteur de 7 buts en quelque 13 matchs de Bundesliga pour une simple erreur de date d'envoi de convocation !
 
A ces 17 joueurs qui n'ont cessé d'évoluer ensemble depuis deux ans dans le cadre de leur préparation au mondial, s'ajoutent des éléments particulièrement brillants qui avaient sans doute fait défaut en juin dernier : le zainichi Ryang Yong-gi, le jeune prodige Choe Myong-ho (dit le Cristiano Ronaldo nord-coréen) et le rapide Kim Kuk-jin, que nous présentons ici brièvement.
 
ryang_yong_gi.jpgRyang Yong-gi, milieu de terrain âgé de 29 ans, évolue en J-League depuis 2005 (il est capitaine du club Velgata Sendai) et sort d'une saison remarquable au cours de laquelle il a inscrit 11 buts et sauvé son équipe de la relégation.Il s'était déjà illustré en février dernier en marquant 4 buts cruciaux pour la RPD de Corée, lui permettant de remporter l'AFC Challenge Cup et ainsi de se qualifier pour ce tournoi. Doté d'une vision du jeu claire et d'un don certain pour les coups de pieds arrêtés, il ajoutera une touche technique à un Cheollima parfois trop enclin à pratiquer un jeu rudimentaire.
 
Choe Myong-ho, surnommé un peu péremptoirement le "Cristiano Ronaldo nord-coréen" en sa prime jeunesse, s'est fait remarquer pour la première fois lors du Mondial U17 2005 au Pérou : triple buteur (contre la Côte d'Ivoire et le Brésil) il avait ouvert le chemin des quarts de finale à ses coéquipiers.  A la suite de cet exploit, il eut l'opportunité de se former en championnat russe au sein du club de Samara où il côtoya l'international sud-coréen Oh Beom-seok. L'expérience ne fut malheureusement pas très concluante, et en 2010 il connut l'amère déception d'être écarté pour le Mondial. Relancé par le sélectionneur Jo Tong-sop lors des Jeux d'Asie de Canton en octobre 2010, il reprend confiance et retrouve le chemin des filets (2 buts). Suffisant pour qu'on lui donne sa chance au Qatar.
 
Kim Kuk-jin était pour sa part le capitaine courage de l'équipe des jeunes nord-coréens lors du mondial U17 2005 et le buteur décisif contre l'Italie. Joueur extrêmement vif et endurant, relanceur infatigable, il fait ses gammes depuis deux ans en championnat suisse et a porté les couleurs du Concordia Basel puis du FC Wil où l'a rejoint cet été son compatriote Cha Jong-hyok ; ses accélérations fulgurantes et sa hardiesse pourraient permettre au Cheollima d'afficher un style de jeu un peu moins cauteleux qu'à l'habitude.
 
Enfin, soulignons que les derniers résultats de la sélection nationale de RPDC sont plutôt satisfaisants avec une courte défaite contre le Koweït (1-2), un nul (2-2) contre cette même équipe et plus récemment de probantes victoires contre Bahreïn et le Qatar (1-0, 1-0), deux équipes également qualifiées pour la Coupe d'Asie.
 
De quoi se prendre à rêver que le Cheollima parvienne à galoper au moins jusqu'en demi-finales, comme en 1980, où la Corée du Sud lui avait barré la route de la finale...

LES 23

1 GK Ri Myong-guk (né le 9 septembre 1986), Pyongyang City
18 GK Kim Myong-gil (né le 16 octobre 1984), Amrokgang
22 GK Ri Kwang-il (né le 20 avril 1988), Rimyongsu
 
2 DF Cha Jong-hyok (né le 25 septembre 1985), Wil
3 DF Ri Jun-il (né le 24 août 1987), Sobaeksu
4 DF Pak Nam-chol (né le 3 octobre 1988), Amrokgang
5 DF Ri Kwang-chon (né le 4 septembre 1985), April 25
8 DF Ji Yun-nam (né le 20 novembre 1976), April 25
12 DF Jon Kwang-ik (né le 5 avril 1988), Amrokgang
13 DF Pak Chol-jin (né le 5 septembre 1985), Amrokgang
20 DF Ri Kwang-hyok (né le 17 août 1987), Kyonggongop
 
6 MF Choe Myong-ho (né le 3 juillet 1988), Pyongyang City
7 MF Ryang Yong-gi (né le 7 janvier 1982), Vegalta Sendai
11 MF Mun In-guk (né le 29 septembre 1978), April 25
14 MF Pak Nam-chol (né le 2 juillet 1985), April 25
15 MF Kim Yong-jun (né le 19 juillet 1983), Pyongyang City
17 MF An Yong-hak (né le 25 octobre 1978), Omiya Ardija
23 MF Kim Kuk-jin (né le 5 janvier 1989), Wil
 
9 FW Jong Tae-se (né le 2 mars 1984), VfL Bochum
10 FW Hong Yong-jo (né le 22 mai 1982), Rostov - capitaine
16 FW Choe Kum-chol (né le 9 février 1987), Rimyongsu
19 FW An Chol-hyok (né le 27 juin 1985), Rimyongsu
21 FW Pak Chol-min (né le 10 décembre 1988), Rimyongsu

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 20:47

Edouard Dupas, bonjour. Après avoir été un des principaux animateurs du site footcoreen.com, tu es l'un des cofondateurs du site footkorean.net, qui a su s'affirmer en seulement quelques mois comme l'un des meilleurs sites de référence en anglais sur le football coréen. D'où vient ton intérêt pour le football coréen, et comment est né le site footkorean.net ?

 
Mon intérêt pour le football coréen a connu ses prémices lors de la coupe du monde 1994 aux Etats-Unis. Cette édition de l'épreuve reine du ballon rond avait été le théâtre de nombreuses surprises, et le petit adolescent que j'étais alors s'enthousiasmait pour toutes ces équipes "exotiques" qui défrayaient la chronique, l'Arabie saoudite, le Nigéria, et... la Corée du Sud. A l'époque, les vaillants guerriers Taeguk, placés dans un groupe difficile, avaient réussi l'exploit de faire match nul contre l'Espagne (2-2) et de ne perdre que par un but d'écart face au champion du monde allemand (2-3). Moi qui raffolais de voir les "petits" tenir la dragée haute aux ténors du football, j'étais servi ! C'est donc principalement parce que j'avais toujours soutenu les outsiders que je me suis attaché au football coréen, qui en était un, et non pas à cause d'un quelconque lien affectif ou familial ; en effet, je ne connaissais que peu de choses sur ce pays, les noms des joueurs m'étaient difficiles à mémoriser, d'autant plus qu'un nombre infime d'entre eux évoluaient en Europe. Il faut aussi se souvenir qu'en 1994, l'Internet n'était pas de mise et l'accès à l'information était limité à la presse sportive nationale, ce qui réduisait fortement la possibilité au non-coréanophone d'en savoir plus sur ce qui se passait du côté de la péninsule.
 
L'épopée du Mondial asiatique 2002 m'a permis de redécouvrir le football coréen sous un jour nouveau. Outre le formidable résultat obtenu par la sélection sudiste (demi finaliste après avoir triomphé de la Pologne, du Portugal, de l'Italie et de l'Espagne !), appuyée par la ferveur de tout un peuple,  j'ai enfin pu affiner ma connaissance des joueurs et un certain nombre d'entre eux ont percé en Europe : l'emblématique capitaine Park Ji Sung (Manchester United)  le défenseur Lee Young Pyo (Psv Eindhoven, Tottenham), ou encore le latéral gaucher Kim Dong Jin (vainqueur de la coupe UEFA 2007 avec le Zenith St Petersbourg).
 
AAFC-LaRoche_091009.jpgUne "coréanophilie" a  commencé à voir le jour en France, et j'en fus. Ce phénomène s'est traduit par la création du site footcoreen à l'hiver 2005.  J'ai rejoint le site en juillet 2007 à l'occasion de la Coupe d'Asie; j'y ai tenu le rôle de rédacteur jusqu'au Mondial sud-africain 2010 (environ 250 articles). Travailler pour le site m'a permis de développer une sorte d'érudition en matière de football coréen (partagée avec Simon Besse, qui a rédigé quelques articles pour le site de l'association, ou Jérémy Salgues) ; plus j'en apprenais sur ce pays et ses talents, plus je voulais en savoir.  Ce penchant était du reste loin d'être exclusivement sudiste : les performances de la Corée du Nord lors des mondiaux U-17 2005, 2007 et U-20 2007 (sans compter le succès du football féminin) ne m'ont pas échappé et je soutenais avec le même intérêt les deux équipes (photo AAFC à gauche, lors du match du Cheollima contre le FC Nantes à La Roche-sur-Yon le 9 octobre 2009 : Edouard Dupas est deuxième à droite).
 
community footkoreanLe site footkorean a vu le jour après la coupe du monde sud-africaine, en août 2010.  L'idée de créer un site d'information sur le football coréen en anglais avait germé depuis longtemps, car le site footcoreen, malgré toute sa qualité et nos efforts incessants, était "condamné" à n'avoir qu'une petite audience de par sa restriction francophone. Or nous voyions plus grand, et l'absence d'un vrai grand site entièrement dédié au sujet sur la toile nous paraissait absurde et injuste au regard des succès obtenus par la Corée. Le Mondial sud-africain, où figuraient les deux sélections nationales pour la première fois de l'histoire nous parut le moment opportun : il fallait profiter de cet élan, ce que nous fîmes. Pour la réalisation du site, je me suis associé avec un autre spécialiste français du football coréen, Chongsoo; ce dernier a crée l'interface technique, et  je me suis chargé de recruter des rédacteurs anglophones d'origine coréenne (dont certains ont des liens de parenté avec des joueurs sud-coréens célèbres !)  pour qu'ils rédigent des articles et épanchent leur passion. Ils ont répondu avec joie  à l'appel.  Aujourd'hui, Le résultat est là : un site quasi-professionnel grand public au contenu riche et varié,  quotidiennement mis à jour et dont la  notoriété grandit au fil des mois !  Nous avons réalisé une sorte de rêve fou avec footkorean !
 
Le football en République de Corée (du Sud) a longtemps été un sport moins populaire que les sports traditionnels, ou que d'autres sports découverts notamment avec la venue des soldats américains. Quand le football a-t-il véritablement pris son essor en Corée du Sud ? 
 
Si le football coréen a réussi son premier coup d'éclat lors de la coupe du monde 1966, où la sélection de la République populaire et démocratique de Corée atteignit les quarts de finale  après avoir battu l'Italie, il aura fallu attendre la fin des années 1970 pour voir la Corée du Sud  émerger sur la scène internationale et faire assaut d'ambition, après 30 ans d'amateurisme.  En 1979, le pays du Matin calme est en lice pour sa première compétition majeure : le mondial FIFA des moins de 20 ans. Eliminés au premier tour, les jeunes Taeguk paient pour apprendre, mais en 1983 ils récidivent et atteignent les demi-finales de cette même épreuve  en vainquant le Mexique et L'Uruguay au passage ! C'est un coup de semonce et la preuve que le potentiel existe, en dépit d'un faible nombre de licenciés. la Korea Football Association (KFA, fondée en 1933) passe alors à l'offensive.
 
Les années 80 sont la décennie de la confirmation : un championnat de football professionnel local est créé en 1983 (la K-League),  la sélection nationale sud-coréenne s'impose en Asie et se qualifie pour le mondial 1986, où elle résiste bien au champion du monde italien (3-2) et à l'Argentine de Maradona (1-3). Autre fait important, le meilleur joueur asiatique du 20ème siècle,  l'attaquant Cha Bum Kun, s'épanouit 11 années durant en Allemagne et fait la preuve qu'un talent coréen peut rivaliser au plus haut niveau. Sous les couleurs de l'Eintracht Francfort puis du Bayer Leverkusen, Cha Bum Kun inscrit une centaine de buts, et remporte deux coupes d'Europe (1980,1988), une première et un véritable tour de force !
 
suk hyun junDepuis lors, la KFA a déployé des efforts considérables pour développer la K-League, dont les clubs phares (Seongnam Ilhwa, Pohang, Suwon, FC Séoul) ont son heung minobtenu nombre de succès continentaux. Plus récemment, des programmes de formation ambitieux ont été mis en place, dont les fruits commencent déjà à "tomber" au bout de quelques années: les sélections nationales U-20 et U-17 ont ainsi été quart de finalistes des Mondiaux FIFA en 2009, et plusieurs jeunes talents ont obtenu des contrats professionnels dans des grands clubs d'Europe, tel Suk Hyun Jun (19 ans) à l'Ajax d'Amsterdam (photo à gauche footkorean) ou Son Heung Min (18 ans) au Hambourg SV (photo à droite footkorean). Le succès a été au rendez-vous pour la sélection nationale de Corée du Sud, qui  est devenue la première d'Asie a atteindre les demi-finales d'une coupe du Monde en 2002. Elle a de nouveau franchi le premier tour l'été dernier en Afrique du Sud, prouvant que 2002 était tout sauf un feu de paille. Avec un nombre grandissant de joueurs coréens en Europe, une K-League attirant de plus en plus de spectateurs, un nombre de licenciés en constante augmentation (40 000 environ), et une sélection nationale devenue la plus populaire toutes catégories sportives confondues, on peut dire que la KFA a réussi au-delà des plus folles espérances, et voit se profiler à l'horizon un avenir grandiose.
 
Footkorean.net a aussi réussi à décrocher de nombreux entretiens avec des joueurs coréens...
  
nam_tae_hee.jpgEn effet, c'est d'ailleurs l'une de nos plus grandes satisfactions ! Cette année nous avons pu, avec de la patience, de l'audace et le précieux concours d'une étudiante coréenne venue en France étudier le français, interviewer la plupart des jeunes joueurs sud-coréens évoluant en France : Nam Tae Hee (FC Valenciennes, photo à gauche footkorean), Kim Won Sik (FC Pau), Song Jin Hyung (FC Tours) et Lee Yong Jae (FC Nantes), qui avait eu l'honneur de disputer le match amical contre la Corée du Nord à La Roche-sur-Yon le 9 octobre 2009. Les deux derniers cités ont connu des débuts brillants avec leurs clubs et pourraient fort bien se bâtir de belles carrières sous nos latitudes. Tous se sont montrés d'une cordialité impeccable, d'excellents ambassadeurs pour la Corée en France  ! 
 
Footkorean a en outre pu poser quelques questions à l'un des joueurs vedettes de la K-League, le monténégrin Dzenan Radoncic, qui a récemment remporté la Ligue des champions asiatique avec Seongnam.  Un entretien avec le populaire international du Celtic Glasgow Ki Sung Yong, est également prévu !
 
 Footkorean ne compte pas s'arrêter en si bon chemin et d'autres interviews viendront assurément.
 
180px-Grafite beim TrainingOn parle beaucoup des joueurs coréens à l'étranger, mais les clubs coréens recrutent-ils également en dehors de la péninsule ?
 
Bien sûr ! Certes il n'y a pas de comparaison possible avec le phénomène brésilien que connaît le foot professionnel  japonais, mais un nombre non négligeable de joueurs sud-américains et européens posent leurs valises en Corée et s'y trouvent bien. Parmi les grands noms passés par la K-League on peut citer l'international roumain Gabriel Popescu (présent lors de France 98), l'attaquant allemand Paulo Rink, le Brésilien des 23 sud-africains Edinaldo Batista Libânio dit Grafite (photo à droite wikipédia) ou encore  le Néerlandais Kiki Musampa. Plus récemment,  des joueurs de l'ancienne Yougoslavie (Dzenan Radoncic, Dejan Damjanovic),  quelques Sud-Américains (le Colombien Mauricio Molina, le Paraguayen Ortigoza) et des stars du football asiatique (Takahara, Djeparov) se sont invités. Il y a d'ailleurs eu le cas du Brésilien Mota, qui souhaitait obtenir la nationalité coréenne pour porter les couleurs des Diables rouges, mais l'affaire est restée sans suite. L'immense majorité des joueurs pro sont du cru, ce qui n'empêche pas la K-League d'être sans conteste le championnat professionnel asiatique du plus haut niveau.   
 
Lors des matches de qualification pour la coupe du monde, puis des matches de la phase finale de la compétition, tu as contribué - avec un autre animateur de footcoreen, Simon Besse - aux articles publiés sur le blog de l'AAFC, ce dont l'équipe rédactionnelle tient à vous remercier. De fait, tu es devenu un des spécialistes du football nord-coréen en France, en étant notamment interrogé à plusieurs reprises par RFI sur les matches du Cheollima de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et interviewé par le journal l'Equipe. Quelle appréciation portes-tu sur le jeu et les joueurs nord-coréens ?
  
La distinction est assez nette entre le jeu pratiqué par la sélection de Corée du Sud et sa devancière nordiste : les premiers ont une véritable culture de la possession du ballon, de la domination de l'entrejeu portée par une belle puissance athlétique, mais hélas desservie par une rageante inefficacité offensive. Le jeu des Nord-Coréens, du propre aveu de l'entraîneur du Mondial Kim Jong Hun, est à l'inverse résolument tourné vers la défensive, un peu à l'image de la culture du pays ! La tactique employée est celle de l'attentisme, permise par une remarquable organisation et discipline collective. Le 11 nord-coréen préfère rester calmement dans ses 40 mètres et attendre les assauts de l'équipe adverse sans prendre d'initiative. La plupart des équipes adverses ont alors beau jeu d'attaquer, elles n'arrivent pas à trouver la brèche dans cette muraille dressée, laissant ainsi soin au "Cheollima", ce cheval ailé coréen légendaire, de procéder par des contres très rapides, en quelques passes en profondeur, pour marquer et se replier. La méthode est exigeante et requiert une grande concentration.
 
bresil coree du nordCette tactique, qui déplaît aux esthètes mais ravit ceux qui aiment le goût de la sueur et du courage, a fonctionné à merveille lors des matches de qualifications de la zone asiatique, mais n'a hélas pas suffi en Afrique du Sud, lorsque les joueurs ont eu affaire à quelques-uns des meilleurs attaquants du monde, contre le Brésil, le Portugal et la Côte d'Ivoire. Les joueurs nord-coréens manquaient d'expérience au plus haut niveau, ont sans doute été émus par le contexte et n'ont pas eu les reins assez solides pour encaisser ces trois rencontres. Toutefois, les deux cuisantes défaites contre la Côte d'Ivoire et le Portugal, qui serviront d'apprentissage, n'occultent en rien le fait que la Corée du Nord a su longtemps bloquer le favori brésilien en ouverture et réussi à marquer sur une belle action de jeu en fin de match.
 
Concernant les individualités, je dirai que le jeu nord-coréen laisse peu de place à la créativité et l'initiative personnelles, ce qui empêche le spectateur d'isoler le talent d'un joueur en particulier. Il convient toutefois de souligner la qualité des quelques très bons éléments  tels que le numéro 10 Hong Yong Jo,  à la technique très propre et bon botteur de coups francs, le défenseur latéral Pak Nam Chol, qui empêcha la star brésilienne Kaka de s'exprimer lors du match d'ouverture, les zainichis Jong Tae Se et Ryang Yong Gi ou le jeune milieu Kim Kum Il. Il faut également saluer Ji Yun Nam, buteur historique en Afrique du Sud.
 
jong il gwanLes futurs fers de lance de cette équipe devraient être Kim Kuk Jin, Choe Myong Ho, ou encore le jeune Jong Il Gwan, vainqueur et meilleur joueur du championnat d'Asie 2010 des moins de 20 ans (photo à droite footkorean).
 
La progression du football nord coréen passera à mon avis par la poursuite de l'excellent travail de formation tel qu'il est assuré depuis une décennie, et l'envoi régulier des meilleurs joueurs à l'étranger (la Russie, la Suisse ou la Chine semblent de propices terres d'accueil) pour qu'ils ne stagnent pas et apportent leur expérience aux plus jeunes. L'atout que constitue les joueurs zainichis du championnat japonais ne doit pas être négligé non plus. 
  

Que sont devenus, depuis la coupe du monde, le joueur vedette Jong Tae Se, ainsi que l'entraîneur Kim Jong Hun, sur le sort duquel a coulé a beaucoup d'encre ?
 
jong_tae_se_bochum.jpgLe joueur zainichi Jong Tae Se, qui avait tant ému les spectateurs du monde entier par ses larmes versées quand résonna l'hymne nord-coréen lors du fameux match Corée du Nord-Brésil, a quitté son club japonais du Kawasaki Frontale pour rejoindre le Bochum FC, en D2 Allemande. Il y a réussi un très bon début de saison, inscrivant 6 buts en 9 rencontres et gagnant l'adhésion des supporters (photo footkorean). L'entraîneur Kim Jong Hun aurait quant à lui dû essuyer comme son équipe une dure autocritique après l'échec de la coupe du Monde sud-africaine, mais aurait été reconduit dans ses fonctions par la suite. Il a été remplacé aux dernières nouvelles par l'ancien sélectionneur des équipes de jeunes, l'excellent Jo Tong Sop. Je ne confirme pas les rumeurs selon lesquelles il aurait été condamné à des travaux forcés, celles-ci n'ayant nullement été vérifiées. En revanche, il est confirmé qu'il est l'entraîneur du club du 25 Avril, l'une des principales équipes nord-coréennes.
 
Les sélections nord-coréennes U-16 et U-19 viennent de remporter de belles victoires en coupe d'Asie...
 
L'année 2010 a été un véritable triomphe pour le football nord-coréen ! Pendant que l'équipe senior voyageait sur tous les continents pour préparer le Mondial sud-africain, obtenant des résultats encourageants (2-2 contre la Grèce, 1-1 contre le Vénézuéla, 0-0 contre l'Afrique du Sud), une équipe de jeunes conduite par Jo Tong Sop s'est d'abord adjugée en février au Sri Lanka la Challenge Cup, premier titre continental du Cheollima qui qualifiait l'équipe pour la Coupe d'Asie des Nations 2011 !
 
U_16_2010_North_Korea.jpgDans la foulée, les équipes de jeunes nord-coréennes ont réussi ce fantastique doublé U-16 - U-19  (aucune nation n'était parvenue à emporter les deux la même année si ce n'est ... la Corée du Sud, en 2002 ! photo footkorean) avec des équipes entièrement nouvelles et en bataillant contre des équipes données largement favorites (Corée du Sud, Australie, Iran).
 
Ce qui est formidable avec le football nord-coréen, c'est qu'il obtient des résultats extraordinaires avec des infrastructures beaucoup moins "avancées" que celles dont peuvent bénéficier les équipes de la péninsule arabe, le Japon ou la Chine, et surtout sans qu'il existe de championnat professionnel à Pyongyang !  Pour l'instant le football nord-coréen a réussi un sans faute dans cette année 2010, raflant tous les titres continentaux, il ne manque plus que la médaille d'or des Jeux d'Asie qui se déroulent en ce moment même à Canton pour que le tableau soit absolument parfait !!
 
Comme tu vis actuellement en Chine, comment perçois-tu l'intérêt des fans chinois de football pour l'équipe nord-coréenne ?
 
Si les amateurs de football en Chine (qui sont très nombreux !) ont déchanté avec les résultats médiocres de leur sélection nationale depuis 2004 et les problèmes de corruption grevant la ligue professionnelle, ils ont un très grand respect pour l'équipe de Corée du Nord, qu'ils considèrent unanimement comme supérieure ! Le match du Cheollima contre le Brésil au Mondial a été très suivi ici ; les larmes de Jong Tae Se, le courage de ces joueurs inconnus face aux superstars brésiliennes et le but de Ji Yun Nam, tout cela n'a fait qu'amplifier l'admiration pour la sélection de Corée du Nord. Les Chinois ont aussi été les premiers à se moquer des rumeurs lancées par les médias occidentaux selon lesquels les joueurs avaient été condamnés aux travaux forcés à la mine, multipliant les parodies et les détournements d'image sur leurs blogs. Car les Chinois savaient très bien qu'après le Mondial, les joueurs nord-coréens s'étaient rendus en Chine pour se reposer du tournoi sud-africain  !
 
Enfin, je tenais à signaler qu'il n'est pas rare de croiser un jeune Chinois arborant le maillot du Cheollima sur un terrain de football à Pékin !
  
Une dernière question : lors des jeux asiatiques de Guangzhou, les deux sélections nationales coréennes se sont affrontées une fois encore - le Cheollima nord-coréen ayant pris cette fois l'ascendant sur les guerriers Taeguk sud-coréens lors du premier match de poule. Sans te demander de te livrer au jeu hasardeux des pronostics, quelles sont les équipes qui peuvent prétendre à une place sur le podium au regard des résultats des matches de poule ?
 
asian games north korea south koreaCes jeux d'Asie 2010 n'ont pas recelé de surprises particulières si l'on se tient à l'actuelle hiérarchie du football asiatique : Iran, Japon, Emirats Arabes Unis, Corée du Sud et du Nord ont dominé de la tête et des épaules le premier tour et les 8èmes de finale. Ces 5 équipes peuvent prétendre au podium, et il serait très étonnant que l'Ouzbekistan, Oman ou la Thaïlande puissent les en empêcher. Je parierais volontiers sur les deux équipes coréennes et le Japon, qui possèdent des joueurs de classe internationale dans leurs rangs, ou qui ont participé au Mondial sud-africain par exemple !!
 
Pour les équipes qui nous intéressent, soulignons la performance des attaquants nord-coréens Choe Myong Ho (2 buts) et Choe Kum Chol (3 buts), et du sud coréen de l'AS Monaco Park Chu Young (2 buts). Une fratricide demi-finale Nord-Sud est plus que probable, qui ferait office de revanche après le succès du Cheollima en poule contre les voisins sudistes (article et photo : footkorean).

 
Merci Edouard Dupas.
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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 15:32

Lors du premier match de poule des Jeux asiatiques de Guangzhou, les footballeurs sud-coréens, qui ambitionnent de décrocher la médaille d'or au vu de leurs résultats à la coupe du monde en Afrique du Sud, ont eu la surprise d'être battus (1-0) par les Nord-Coréens du Cheollima, qui confortent ainsi leur statut d'une des meilleures équipes de football d'Asie. Après leur victoire sur les Palestiniens (3-0), les Nord-Coréens ont assuré leur qualification en huitièmes de finale, prenant la première place de leur poule devant les Sud-Coréens qui l'ont emporté facilement sur les Jordaniens (4-0).

 

coree nord coree sud jeux guangzhouLes deux équipes coréennes s'étaient toutes les deux qualifiées en phase finale de la coupe du monde en Afrique du Sud, après avoir été confrontées l'une à l'autre lors des deux derniers matches de qualification du groupe Asie : après une série de matches nuls, les guerriers Taeguk sud-coréens avaient remporté une victoire in extremis (1-0) lors de leur dernier face-à-face avec les Cheollima nord-coréens. Ces derniers ont pris leur revanche le lundi 8 novembre 2010 au stade du mont Yuexiu, à Guangzhou, en l'emportant 1-0 lors du premier match de poule de chacune des deux équipes, que le sort a réunies une fois de plus dans le même groupe.

 

A la 36ème minute, le capitaine nord-coréen Ri Kwang-chon a marqué de la tête le but de la victoire, à l'issue d'une rencontre où les Sud-Coréens ont eu davantage d'occasions que leurs compatriotes du Nord (21 tirs sud-coréens, contre 6 tirs nord-coréens). Les Nord-Coréens ont terminé la rencontre à 10, Pak Nam-chol ayant été expulsé à la 66ème minute sur un deuxième carton jaune. Pour leur part, les Sud-Coréens étaient privés de leur attaquant vedette, Park Chu-young, qui n'a pas été libéré à temps par son club de l'AS Monaco. Comme à leur habitude, les Cheollima ont su combiner un solide jeu défensif avec une bonne exploitation des occasions qui se sont présentées à eux - une stratégie qui leur avait déjà permis d'accrocher le Brésil, le 15 juin 2010, lors du mondial en Afrique du Sud.

 

Outre les deux Corée, le groupe C réunit également la Jordanie et la Palestine. Les deux premiers du groupe seront qualifiés en huitièmes de finale, de même que les quatre équipes les mieux classées à la troisième place de leur poule, parmi les six groupes de quatre équipes retenues aux Jeux d'Asie. Comme pour les Jeux olympiques, les footballeurs masculins doivent avoir moins de 23 ans, seuls trois joueurs pouvant dépasser cette limite d'âge dans chaque équipe.

 

choe kum cholAu sein du groupe C, la Palestine et la Jordanie ont fait match nul le 8 novembre. Le 10 novembre, la République de Corée (du Sud) a largement battu la Jordanie (4-0), grâce à des buts de Koo Ja-cheol (21ème et 44ème minutes), Kim Bo-kyung (46ème minute) et Cho Young-cheol (78ème minute), avant que la République populaire démocratique de Corée (du Nord) ne l'emporte facilement (3-0) sur la Palestine, le même jour, sur des buts de Kim Kuk-jin (8ème minute) - l'un des joueurs nord-coréens expatriés, qui évolue dans le club suisse du FC Wil après avoir joué pour le FC Concordia Bâle - Choe Kum-chol (28ème minute, photo à droite - source freebase) et Pak Kwang-ryong (67ème minute). Deux matches de poule restent à jouer le 13 novembre, entre la Corée du Sud et la Palestine, et la Corée du Nord et la Jordanie.

 

Les Nord-Coréens ont pris la tête du groupe C, s'assurant d'ores et déjà une qualification en huitièmes de finale. Si les deux équipes coréennes terminent aux deux premières places de leur groupe, elles pourraient à nouveau se rencontrer en demi-finale.

 

Pour les femmes, les matches de poule, qui opposeront sept équipes, auront lieu du 14 au 18 novembre. Les Coréennes appartiennent à chacune des deux poules, les Sud-Coréennes étant dans le même groupe que les Chinoises, les Vietnamiennes et les Jordaniennes, et les Nord-Coréennnes étant confrontées aux Japonaises et aux Thaïlandaises.

 

Sources :

- AAFC ;

- KBS, "Les footballeurs nord-coréens l’emportent sur leurs voisins du Sud en match d’ouverture des Jeux asiatiques de Guangzhou", 9 novembre 2010 ;

- KBS, "Jeux asiatiques : les footballeurs sud-coréens s'inclinent face à leurs compatriotes nord-coréens à 1 à 0", 8 novembre 2010", 8 novembre 2010 (dont photo) ;

- "Football at the 2010 Asian Games", article de l'encyclopédie wikipédia (en anglais) ;

- résultats du match sur le site officiel des Jeux de Guangzhou.

 

 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 23:01

En 2010, la sélection nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) s'est qualifiée pour la première fois depuis 1966 en phase finale d'une coupe du monde de football. Sans avoir réussi à accéder aux huitièmes de finale, le Cheollima a impressionné, notamment par sa résistance farouche face au Brésil, en n'ayant concédé une défaite que par un but de différence (2-1). Malgré ce parcours, les rumeurs ont pris corps tout au long de la phase finale de la compétition, suite notamment à la sévère défaite face au Portugal (7-0). L'AAFC analyse comment chacune de ces rumeurs a pris corps, qui ne sont pas nouvelles dans le cas de la République populaire démocratique de Corée : déjà, en 1966, la sélection nationale nord-coréenne avait été réputée punie sur la base d'une désinformation alors entretenue par le régime militaire sud-coréen, avant qu'un documentaire du Britannique Daniel Gordon ne mette en lumière le culte entretenu autour des héros de l'épopée de 1966. Décidément, la Corée du Nord est un bon client pour les journalistes en mal de rumeurs propices à doper les chiffres de vente et de diffusion.

 

Les prétendues défections de joueurs : une rumeur vite éventée

 

kim_myong_won.jpgKim Myong-won, An Chol-hyok, Kim Kyong-il et Pak Sung-hyok : un journaliste italien couvrant la coupe du monde en Afrique du Sud relève que ces quatre joueurs nord-coréens sont inscrits "absents". Même si une source "proche de l'équipe" expliquait qu'il s'agissait d'une erreur matérielle, suite à une confusion des Nord-Coréens avec les règles applicables au dernier tournoi auquel avait participé le Cheollima, l'AFC Challenge Cup, qui n'autorise qu'à aligner 18 joueurs, il n'en fallut pas plus pour que la rumeur naisse et enfle : quatre joueurs nord-coréens auraient fait défection.

 

Mais les joueurs réputés manquants réapparaissaient peu après à l''entraînement avec les autres membres de l'équipe (cf. Kim Myong-won sur la photo ci-dessus), éventant la rumeur. Celle-ci avait toutefois pris entretemps des proportions telles que Nicolas Maingot, directeur de la communication de la FIFA, avait dû faire une mise au point.

 

Sources :

- Will Brinson, "Four North Korean  Players Currently 'missing' ", sur le site SoccerFanHouse, 18 juin 2010;

- "Missing quartet a 'clerical error' ", sur le site Soccernet, 18 juin 2010.

 

L'incroyable histoire des "faux supporters"

 

supporter_north_korea.jpgComme l'ensemble des équipes sélectionnées en phase finale de la coupe du monde, la République populaire démocratique de Corée a reçu un certain nombre de billets. Si dans les rangs des supporters nord-coréens (photo à droite), on comptait des ouvriers du bâtiment venus de Corée du Nord travailler sur les stades sud-africains, l'attention des médias occidentaux s'est portée davantage sur les supporters chinois ayant reçu un millier de billets. Ce choix a priori surprenant trouve en fait son explication dans la relation particulière qu'entretiennent la Chine et la République populaire démocratique de Corée : la Chine compte une minorité coréenne de 2 millions de personnes, qui se sentent proches des Nord-Coréens. Beaucoup parmi les plus anciens ont combattu aux côtés des Nord-Coréens pendant la guerre de Corée, avant que leurs enfants et petits-enfants n'étudient dans les universités nord-coréennes puis ne deviennent aujourd'hui les hommes d'affaires étrangers les plus nombreux à investir en RPD de Corée. Enfin, alors que la Chine n'a pas réussi à se sélectionner en phase finale de la coupe du monde 2010, beaucoup de Chinois - qu'ils soient ou non d'ethnie coréenne - ont reporté leurs espoirs sur les autres équipes asiatiques, notamment le Cheollima.

 

Mais la plupart des médias occidentaux, méconnaissant l'histoire de la Corée, ont commencé à diffuser l'idée de "faux supporters", dont le rôle serait tenu par des "acteurs" chinois, sous-entendu : payés par le gouvernement nord-coréen. Sans relever une contradiction interne à ce raisonnement : si ces mêmes médias disent les Nord-Coréens trop pauvres pour payer un déplacement à l'étranger, comment le gouvernement de la RPDC aurait-il pu réunir des sommes au moins aussi importantes pour payer des acteurs ? Visiblement, le précédent du Qatar qui aurait, pour la Coupe d'Asie des Nations 2007, enrôlé des supporter vietnamiens, a échauffé les esprits. Quitte à oublier qu'il n'y a pas de minorité qatarie en nombre significatif au Vietnam à la différence des Coréens de Chine, et que la Corée du Nord n'est pas un exportateur d'hydrocarbures...

 

Source : "Mondial 2010 : de faux supporters pour la Corée du Nord", d'après le site FIFA.com, 22 mai 2010

 

Les joueurs n'ont jamais été envoyés dans des mines de charbon

 

jong_tae_se_photo_montage.pngUne rumeur diffusée notamment sur les blogs chinois a ensuite répandu l'idée que les joueurs nord-coréens, après leurs trois défaites, seraient envoyés aux mines de charbon. A l'appui de cette fausse information, il avait été diffusé une photo montage du joueur vedette du Cheollima Jong Tae-se, ému aux larmes lorsqu'avait retenti l'hymne de son pays à l'ouverture du match contre le Brésil, mais portant un casque de mineur.

 

Là encore, la réapparition des joueurs lors des autres matches internationaux a suffi à éventer la rumeur. Mais sa genèse est typique des rumeurs qui circulent autour de la Corée du Nord : il s'agissait de la simple reprise d'une rumeur qui avait déjà circulé à propos des joueurs nord-coréens de l'équipe du mondial de 1966, remise au goût du jour par un ancien entraîneur nord-coréen ayant fait défection au Sud - sans même que les médias occidentaux ne s'interrogent sur le peu d'objectivité d'une telle source, laquelle n'exprimait de surcroît qu'une crainte, sinon une hypothèse...

 

Source : "North Korean players sent to coal mine after World Cup loss ?", sur le site China Hush, 22 juin 2010

 

La rumeur américaine d'une punition des joueurs et de leur entraîneur : la FIFA siffle la fin de partie

 

Enfin, la dernière rumeur - la plus persistante - provient d'une radio américaine fondée par la CIA pendant la guerre froide : Radio Free Asia (RFA). Selon RFA, les joueurs nord-coréens et leur entraîneur Kim Jong-hun auraient été punis, les premiers ayant dû faire  publiquement leur autocritique, ainsi que celle de leur entraîneur, puis ce dernier aurait été prétendument envoyé non plus dans une mine de charbon, mais sur un chantier de construction.

 

Sepp-Blatter-006.jpgLa rumeur a pris à nouveau des proportions telles que la FIFA, une fois encore, est intervenue, en interrogeant la fédération de football de la RPD de Corée. La FIFA, présidée par Joseph "Sepp" Blatter, a répondu dans un communiqué :

 

"La fédération [nord-coréenne] assure la FIFA que M. Kim Jong-hun, principal entraîneur de l'équipe nationale, et que tous les autres membres de l'équipe nationale s'entraînent comme d'habitude (...). L'association indique également qu'il n'y a pas eu de sanctions contre l'entraîneur et que les comptes rendus à ce sujet étaient sans fondements. Avec l'ensemble des informations dont elle dispose, et ayant vérifié toutes ses sources, la FIFA a décidé de clore l'affaire".

 

Au demeurant, il aurait été pour le moins inhabituel que Kim Jong-hun, après avoir reçu le titre d'athlète du peuple, ait été sévèrement puni, comme l'a pourtant prétendu Radio Free Asia. Si la rumeur de Radio Free Asia a été abondamment reprise dans les médias occidentaux, les conclusions de la FIFA ont été généralement passées sous silence : le droit à l'information a cédé la place, une fois de plus, au sensationnel censé garantir une plus large audience des médias, et donc de plus hauts revenus aux propriétaires de presse.

 

Source : "Fifa clear North Korea over alleged abuse of World Cup squad", sur le site du Guardian, 25 août 2010

 

 

 

 

 

 

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 20:57

Défaits par l'Uruguay (2-1) en huitième de finale le samedi 26 juin 2010 à Nelson Mandela Bay Stadium / Port Elizabeth, les hommes de Huh Jung-moo ont pourtant fait une belle prestation, qui n'a pas suffi face à un Luis Suárez impérial, auteur de deux buts pour l'Uruguay. Les guerriers Taeguk quittent cependant la compétition la tête haute, après avoir éliminé des équipes telles que la Grèce et le Nigeria, ce qui augure de futurs succès pour le football sud-coréen.

 

uruguay_coree_du_sud.jpg

 

Sur un terrain détrempé, le match qui a opposé l'Uruguay et la République de Corée (du Sud), en huitièmes de finale de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, a été à la hauteur des attentes des plus de 30.000 spectateurs devant lesquels ont joué les deux géants asiatique et sud-américain.

 

Park Chu-young, de l’A.S Monaco, manquait d'ouvrir le score dès la cinquième minute sur un coup franc qui venait trouver le poteau, avant que Luis Suárez, à la huitième minute, ne marque le premier but, sur une insuffisance de la défense coréenne. Combatifs, les guerriers Taeguk prenaient l'initiative en tentant tout pour atteindre l'égalisation, mais sans que leurs initiatives, trop souvent tentées de trop loin, n'aboutissent. Le score à la mi-temps restait bloqué à 1-0 pour la Celeste.

 

La deuxième mi-temps voyait les Sud-Coréens continuer à dominer le terrain. Park Ji-sung manquait de peu l'égalisation de la tête (55'), avant que les initiatives des guerriers Taeguk ne soient finalement couronnées de succès : Lee Chung-yong obtenait enfin le but d'égalisation (69') sur une tête, en se montrant plus rapide que le gardien Fernando Muslera. Il ratait de peu le doublé deux minutes plus tard, sur un tir stoppé par le portier uruguayen.

 

Mais les Sud-Américains n'avaient pas dit leur dernier mot : Luis Suárez était une fois encore le sauveur de l'Uruguay, en réussissant un coup de maître. Après un dégagement raté de Park Chu-young, Maximiliano Pereira passait à Luis Suárez qui ajustait une frappe nette, atterrissant dans les buts après après avoir touché le poteau (80'). Lee Dong-guk, seul face à Fernando Muslera, ne parvenait pas à faire revenir les guerriers Taeguk au score (87'). Le score final (2-1) signait l'élimination des Sud-Coréens de la compétition, face à une équipe d'Uruguay au plus haut depuis des décennies.

 

Ayant constamment monté en puissance et en précision technique depuis les premiers matches de la qualification de la zone Asie il y a deux ans, les Sud-Coréens n'en ont pas moins réalisé un très beau parcours : battant l'autre géant asiatique, le Japon, dans un des matches de préparation à la veille du mondial (2-0), les guerriers Taeguk sont parvenus, dans un groupe difficile, à éliminer le Nigéria et la Grèce, bien que surclassés par l'Argentine. Des résultats somme toute prometteurs pour la coupe d'Asie 2011, de la part d'une équipe et de joueurs qui n'ont pas fini de prétendre aux plus hautes places du football mondial. Merci et bravo aux guerriers Taeguk pour ces très beaux moments de compétition et de bravoure, partagés ensemble.

 

Sources : AAFC, footcoreen.com, FIFA (dont photo)

 

Les équipes coréennes et les matches de la phase finale de la Coupe du monde 

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