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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 14:59

Après la remise, la veille, d'une déclaration sur ses activités nucléaires, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a détruit, le vendredi 27 juin 2008, la tour de refroidissement du complexe de Yongbyon, comme l'AAFC l'avait annoncé. Unanimement saluée par la communauté internationale, la destruction de la tour de refroidissement a été filmée par les chaînes de télévision des six Etats parties aux négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"Action contre action" dans les relations américano - nord-coréennes


"Un premier pas" vers la dénucléarisation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : c'est en ces termes positifs que le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda a salué la destruction de la tour de refroidissement du complexe nucléaire de Yongbyon, devant des représentants de la presse internationale et du département d'Etat américain, le vendredi 27 juin 2008. La veille, Pyongyang avait remis une déclaration de ses activités nucléaires militaires. Ce document, transmis à la Chine, devait ensuite être remis aux quatre autres parties aux déclarations à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne : les Etats-Unis, la Corée du Sud, la Russie et le Japon.

 

Dynamitage de la tour de refroidissement du complexe nucléaire de Yongbyon (photo : Reuters)


L'accord à six parties, signé à Pékin, le 13 février 2007, prévoyait un renoncement de Pyongyang à ses activités nucléaires militaires, en contrepartie de garanties économiques et de sécurité. Si la RPDC avait désactivé son réacteur nucléaire de Yongbyon en juillet 2007, les autres parties à l'accord n'avaient pas honoré intégralement leurs engagements de livraison d'énergie à la RPDC. Les nouveaux gestes accomplis par Pyongyang ouvrent cependant la voie à de telles livraisons d'énergie à la RPDC par Washington.

Par ailleurs, conformément au principe "action contre action", le président américain George W. Bush a ordonné la levée des restrictions limitant le commerce avec les pays ennemis des Etats-Unis, et notifié au Congrès son intention de retirer la RPDC de la liste des Etats soutenant le terrorisme, ouvrant ainsi le délai de 45 jours pour que cette décision entre en vigueur.

Fureur des néo-conservateurs américains, partisans de l'affrontement avec la Corée du Nord

Le changement d'attitude de l'administration américaine, dont l'extrême fermeté à l'égard de la RPDC avait conduit Pyongyang à se doter de l'arme nucléaire en octobre 2006, a suscité la fureur des milieux néo-conservateurs américains. Interrogé par la presse sur ce récent accord américano-nord-coréen, le vice-président Dick Cheney a quitté la salle en signe de protestation, laissant au département d'Etat américain le soin de répondre. Dans l'attente du retrait de Pyongyang de la liste des Etats soutenant le terrorisme, il est ainsi probable que les "faucons" de l'administration américaine, fermement soutenus par le candidat républicain à l'élection présidentielle John McCain, relancent leur campagne médiatique sur la "Corée du Nord Etat voyou". Dans l'immédiat, ils relèvent que la déclaration remise par la RPDC ne comporte pas la liste des armes nucléaires que détient Pyongyang et ne mentionne pas un éventuel programme d'enrichissement à base d'uranium, ni des coopérations nucléaires avec d'autres Etats, notamment la Syrie, pourtant loin d'être confirmées.

Il est généralement estimé que la RPDC dispose de quarante à soixante tonnes de plutonium, permettant de fabriquer cinq à douze bombes.

Accusé de complaisance vis-à-vis d'Etats comme l'Iran et la Corée du Nord, dont il s'était déclaré prêt à rencontrer les dirigeants pour rechercher un accord diplomatique, le candidat démocrate Barack Obama a poursuivi son exercice de contorsions en s'affichant partisan d'une diplomatie... "directe et agressive" (sic).  

Pour faire face à l'hostilité affichée de certains de ses partisans, le président américain et la secrétaire d'Etat Condoleeza Rice ont déclaré qu'il fallait atteindre que des expertises sur place confirment l'exactitude de la déclaration nord-coréenne, et que les questions non traitées dans le document remis le 26 juin seraient abordées à des étapes ultérieures à des négociations.

Le Japon et la France doivent tenir compte du changement dans les relations US-RPDC

Pour sa part, le Japon n'est pas favorable à un retrait de Pyongyang de la liste des Etats soutenant le terrorisme sans, préalablement, un règlement complet de la question de ses ressortissants enlevés par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980. Washington a donné des garanties - verbales - sur l'importance qu'elle attachait à cette question, sans qu'elle n'ait constitué un préalable pour engager la procédure de retrait de Pyongyang de la liste des Etats qui soutiennent le terrorisme.

En déplacement à Tokyo, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, a dû sortir de la position habituelle de non-réponse de Paris. Tout en
déclarant attendre les conclusions des experts de l'AIEA, il a précisé que, si la déclaration remise par Pyongyang allait dans le sens d'un démantèlement complet de ses activités nucléaires, "il n'y a pas de raison que nos relations ne s'améliorent pas, jusqu'à l'établissement de relations diplomatiques", alors que la France est le dernier grand pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques avec Pyongyang. Le ministre des affaires étrangères a ajouté : "si la négociation entamée avec la Corée du Nord se déroule bien, nous devrons évoluer nous-mêmes. On ne pourrait pas comprendre que si un pays se plie aux exigences de la communauté internationale, les rapports ne soient pas transformés avec ce pays".

Selon l'AAFC, l'établissement de relations diplomatiques entre la France et la RPDC devant se concrétiser tôt ou tard, la principale question est de savoir si la France précèdera ou suivra les Etats-Unis et le Japon dans ce processus, alors qu'elle s'est déjà fait damer le pion par les autres Etats européens dans la défense de ses intérêts en RPDC. (sources : AFP, Le Monde, The Washington Post, AAFC) 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)