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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 12:26

Un ensemble de manifestations - démonstration de Taekwon-Do, conférence, projection de longs métrages nord-coréens... - ont été organisées par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) autour d'un buffet coréen le samedi 6 octobre 2012, pour le dernier jour de la semaine de la culture coréenne. L'événement avait commencé le 2 octobre à l'Espace des arts sans frontières (EASF), dans le 19ème arrondissement de Paris, à l'occasion du 5ème anniversaire de la Déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007, qui a marqué la deuxième rencontre au plus haut niveau entre les dirigeants du Nord et du Sud de la péninsule en vue de la réunification de leur pays. Tous les participants ont pu découvrir l'originalité et l'unité de la culture coréenne. L'AAFC souhaite remercier toutes celles et tous ceux qui ont permis le déroulement avec succès de cet événement, au premier rang desquels les responsables de l'Espace des arts sans frontières, les artistes dont les photographie ont été exposées et les Taekwon-doïstes, sans oublier les épouses des diplomates nord-coréens en France pour le somptueux buffet qu'elles ont préparées, offrant ainsi une belle illustration de la cuisine coréenne.

Du 2 au 6 octobre 2012, un ensemble de manifestations permanentes se sont tenues à l'Espace des arts sans frontières, à Paris, à l'occasion de la semaine de la culture coréenne organisée par l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). Cet événement célébrait le 5ème anniversaire de la Déclaration conjointe Nord-Sud du 4 octobre 2007, dont le texte intégral était affiché en français et en coréen. Les visiteurs ont pu découvrir une exposition de photos, prises d'une part par Alain Noguès, cofondateur de l'agence Sygma, lors de ses quatre séjours en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et d'autre part par Choe Yong-chol, Coréen de Chine, présentant les caractéristiques culturelles de la vie quotidienne de la province autonome de Yeonbyeon, qui abrite une forte minorité coréenne. Une affiche expliquait d'ailleurs les origines de la présence coréenne en Chine, reproduisant un article du comité régional Bourgogne de l'AAFC, qui s'est spécialisé sur les Coréens d'outre-mer. Il était ainsi rappelé que les déclarations conjointes Nord-Sud s'adressent à l'ensemble des Coréens, qu'ils soient du Nord ou du Sud de la péninsule ou d'outre-mer, pour réaliser l'unité nationale à partir d'une même culture plurimillénaire. La présentation d'une collection d'affiches nord-coréenne donnait également à découvrir une forme artistique très développée au Nord de la péninsule, dans un style réaliste socialiste spécifique à la RPD de Corée. Enfin, des longs métrages nord-coréens étaient projetés en permanence : ils provenaient d'un coffret intitulé "Regards sur le cinéma nord-coréen", paru fin 2010, et comprenant quatre classiques du cinéma de la République populaire démocratique de Corée au format DVD.

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Le samedi 6 octobre, journée de clôture de la manifestation, Laurent Nucera de la librairie Apo(k)lyps a présenté une importante série de manhwas (bandes dessinées) sud-coréens, dont plusieurs dédiés à la réunification de la Corée, comme Le visiteur du Sud. Très fréquenté, un stand de l'AAFC proposait également à la vente l'ouvrage de Robert Charvin et Guillaume Dujardin La Corée vers la réunification, qui a été dédicacé par Guillaume Dujardin, le livre de Robert Charvin Comment peut-on être Coréen (du Nord) ?, des timbres, des insignes, des affiches et des brochures. Parmi les personnes présentes l'après-midi et le soir, ont comptait S.E. Yun Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée en France, ambassadeur de la RPDC auprès de l'UNESCO, accompagné de diplomates de la délégation générale nord-coréenne en France et de leurs familles, les adhérents et sympathisants de l'AAFC, dont son président André Aubry et son premier vice-président délégué Guy Dupré, des personnalités parmi lesquelles le sénateur de la Loire Jean-Claude Frécon, président du groupe d'études et de contact France-RPDC du Sénat, et l'universitaire Edmond Jouve, professeur émérite de sciences politiques de la faculté de droit de l'Université René Descartes et directeur général de la Société européenne pour l'étude des idées du Juche, ainsi que des Coréens de Chine vivant en France et des amateurs d'art, dont de nombreux habitués de l'Espace des arts sans frontières.

A 16 h, trois Taekwon-doïstes conduits par Pierre Sabbah, instructeur 5ème dan, ont fait une démonstration de Taekwon-Do, le sport de combat coréen, tel qu'il a été créé par son fondateur, le général Choi Hong-hi, né au Sud. Il s'agit du Taekwon-Do pratiqué au sein de la Fédération internationale de Taekwon-Do (ITF). Les débats intercoréens pour l'unification du Taekwon-Do, dont les formes sont aujourd'hui différentes au Nord et au Sud de la péninsule, constituent d'ailleurs une des composantes du rapprochement Nord-Sud. La démonstration comportait notamment des exercices de casse, toujours impressionnants, qui ont reçu de vifs applaudissements.

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La manifestation s'est poursuivie par une conférence consacrée à la question de la Corée dans les médias. Elle a été donnée par Guillaume Dujardin (voir texte ci-après), co-auteur avec le professeur Robert Charvin de La Corée vers la réunification, qui était le conférencier initialement prévu mais excusé pour des raisons personnelles.

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Guillaume Dujardin a expliqué que les superlatifs utilisés pour désigner la Corée du Nord dans les médias proviennent du sentiment erronné, conscient ou inconscient, du visiteur occidental qu'il serait le premier à entrer en RPDC. Cette focalisation sur une supposée exception nord-coréenne traduit un phénomène récent, apparu dans les années 1990 avec la disparition des démocraties populaires en URSS et dans l'Est de l'Europe, et accentué par une quête effrénée du scoop pour exister dans un paysage médiatique plus morcelé et davantage concurrentiel. Les services secrets américains et sud-coréens jouent également un rôle dans l'image médiatique négative de la Corée du Nord, alors qu'il est possible de traiter la question coréenne en accédant au pays et en diversifiant ses sources d'information. Cette présentation à l'emporte-pièce de la Corée du Nord a comme corollaire une quasi-ignorance de la Corée du Sud, vue à tort comme un pays entièrement distinct de la Corée du Nord, alors que les traits propres à la culture coréenne dans son ensemble offrent une grille de lecture particulièrement opérationnelle. Un débat s'est ensuivi, abordant des questions aussi diverses que l'élection présidentielle sud-coréenne du 19 décembre 2012, la place des religions en Corée du Nord ou encore les conséquences de la situation au Proche-Orient sur le traitement médiatique de la RPD de Corée.

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La journée s'est poursuivie par un buffet coréen, offrant aux nombreux Français présents la possibilité de découvrir pour la première fois la cuisine du Pays du Matin calme, et permettant de continuer les échanges franco-coréens dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

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En soirée, deux longs métrages nord-coréens ont été projetés, apportant un aperçu sur le cinéma de la RPD de Corée, encore trop largement méconnu en France.  Sorti en salles en 1980, La légende de Chunhyang de Yun Ryong-gu et Yu Won-jun raconte l'amour impossible dans la Corée du 18ème siècle entre un prince et la fille d'une courtisane, la jeune femme étant emprisonnée et condamnée à mort par le gouverneur aux avances duquel elle a refusé de céder. Ce récit, propre à l'ensemble de la Corée et adapté sous des formes contemporaines tant au Nord qu'au Sud de la péninsule (une version du Sud-Coréen Im Kwon-taek est sortie en 2000), comporte dans son adaptation cinématographique nord-coréenne de nombreux éléments chantés, rappelant que sa première version moderne était d'abord celle d'un opéra traditionnel coréen, le pansori. Les sentiments sont exprimés avec force, et le message est didactique, ce qui constitue des caractéristiques de l'oeuvre narrative propres à toute la Corée, où l'artiste a un rôle d'éducateur.

Il a ensuite été projeté Le journal d'une jeune nord-coréenne de Jang In-hak, sorti en 2006 et premier long métrage nord-coréen diffusé en salles en France, à Paris et à La Rochelle, en décembre 2007 et janvier 2008. Le journal d'une jeune nord-coréenne est représentatif de la production cinématographique nord-coréenne actuelle, très ancrée sur les problèmes du quotidien et les relations inter-individuelles. Le film raconte les doutes et les hésitations d'une jeune fille, délaissée par son père absorbé dans ses recherches scientifiques, quant à la voie professionnelle qu'elle va suivre.

 

Photos : Alain Noguès

 

 

 

La Corée dans les médias - conférence de Guillaume Dujardin

 

La question de la seule République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dans les médias pourrait être un sujet en soi, tant le traitement médiatique de la RPDC en France appelle les superlatifs

Des superlatifs, d'abord, dans la présentation du pays par les médias : "pays le plus fermé au monde", "dernier pays stalinien de la planète"... autant de formules à l'emporte-pièce et qui donnent un faux sentiment d'évidence (certaines tribus de Papouasie-Nouvelle-Guinée ne sont-elles pas, par exemple, beaucoup plus fermées du reste du monde ? Peut-on considérer que la RPDC, qui se réclame des idées du Juche, est correctement qualifiée de "pays stalinien" ?). Mais ces formules, répétées à l'envi, doivent induire l'idée d'une exceptionnalité - car si le pays est exceptionnel, alors son traitement médiatique pourra être exceptionnel. Les superlatifs concernent aussi le traitement médiatique : on peut dire de la Corée du Nord que c'est le pays le plus vilipendé au monde. Et c'est aussi un "bon client", dont l'évocation assure de bonnes audiences et de bonnes recettes publicitaires pour les médias privés : il n'est pas anodin que la chaîne M6, qui n'accorde pas la priorité à la culture dans sa grille de programme, ait pu choisir, en guise de programme culturel, un documentaire sur la Corée du Nord qui lui donnera un record d'audience pour sa série.

A côté de la Corée du Nord, la Corée du Sud fait figure de parent pauvre en termes de visibilité dans les médias. Cette situation est regrettable car ce pays membre du G20, dont l'économie est en pleine croissance, devrait donner lieu à davantage de reportages, bien qu'une chaîne du service public ait choisi, pour la première fois depuis longtemps, de lui consacrer une case de sa grille en deuxième partie de soirée, dans l'émission Un oeil sur la planète, en janvier 2011.

Le but de cette conférence n'est évidemment pas de faire le procès des médias, ni de distribuer les bons et les mauvais points, mais de rechercher les origines de ce traitement médiatique si particulier, puis de montrer qu'il est possible d'effectuer un vrai travail d'information, approfondi, et de recherche documentaire.

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Tout d'abord, force est de constater que parler de la Corée (du Nord) dans les médias conduit à atteindre un point Godwin.

La loi de Godwin, rappelons-le, a été énoncée en ces termes en 1990 par l'avocat américain Mike Godwin : "plus une discussion [en l'occurrence, une discussion en ligne] dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler approche de 1".

De même, dans le cas de la RPD de Corée, plus un lecteur, un auditeur ou un spectateur suivra les informations internationales, plus la probabilité qu'il entende parler de la Corée du Nord - décrit comme un pays à nul autre pareil, suivant les superlatifs, toujours les mêmes, rappelés plus haut - approchera de 1.

Cet état de fait semble aujourd'hui tellement évident qu'il est bon de rappeler qu'il s'agit d'un phénomène récent. Jusque dans les années 1980, les émissions sur la Corée du Nord étaient assez rares dans les médias français, pour lesquels ce n'était en général qu'une démocratie populaire parmi d'autres. Ce n'est que dans les années 1990 que la notion d'exceptionnalité nord-coréenne apparaît, car pouvant se doter de nouveaux éléments à sensation : un contexte international ayant conduit à la disparition de l'URSS et à la fin des démocraties populaires d'Europe, même si - ce qui n'est pas assez souligné - les régimes de démocratie populaire d'Asie (la Chine, le Vietnam et le Laos et la RPDC) se sont tous maintenus ; enfin, un contexte propre marqué par la question nucléaire coréenne et le problème alimentaire.

Pourtant, l'examen approfondi de la RPD de Corée fait plutôt ressortir des éléments de continuité, depuis la fondation du pays en 1948. Alors, comment expliquer un changement brutal dans l'approche des médias ? Il faut y voir un intérêt nouveau, qui est à mon sens étroitement lié aux règles mêmes de la société du spectacle.

On peut ainsi parler d'une fascination nouvelle, sur fond de renouvellement de ce que j'appellerai faute de mieux - j'y reviendrai - la lutte internationale pour l'information.

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Le contexte médiatique a été profondément bouleversé : l'émergence de nouveaux médias, qui se sont développés sur Internet, et la diversification des acteurs avec la multiplication des chaînes de télévision à la faveur des changements technologiques ont aiguisé la lutte entre médias à la recherche du sujet nouveau, le scoop.

De ce point de vue, la RPDC est un cas d'espèce idéal : l'accès médiatique au pays a été longtemps relativement facile, et le coût d'un reportage, lié à l'éloignement, encourageait les médias anciens traditionnels à s'y rendre, dans leur quête d'une diversification de l'information pour garder une position dominante en termes de parts d'audience. Au demeurant, le public ne connaissant généralement rien au pays était peu exigeant, et prêt à accepter ce qu'on lui donnerait comme information, tout en évitant aux journalistes les fastidieux efforts de vérification des sources, toujours consommateurs de temps et donc d'argent.

Il ne faut pas non plus négliger un phénomène de miroir. Comme le patinage artistique, l'information a ses figures imposées : on montrera au public ce qu'il veut voir. Du sang et des larmes : le témoignage du réfugié sera bouleversant. Du pain et des jeux : alors que Guy Debord a montré que, dans les pays socialistes, la société du spectacle ne cherchait pas à se dissimuler comme telle, y a-t-il plus époustouflant que les spectacles de gymnastiques de masse d'Arirang, répertoriés au livre Guinness des records comme le plus grand spectacle humain au monde ? Certes, le travail d'information pâtira de ces biais mais, du point de vue des rédactions en chef, le risque est limité en termes de crédibilité : les contradicteurs sont peu ou pas nombreux.

Ici intervient un sentiment très répandu chez ceux qui vont en Corée du Nord ou recherchent des informations sur le pays : la Corée du Nord ferait partie des dernières terra incognita, celles que découvraient les explorateurs européens des siècles passés - dans une attitude d'ailleurs méprisante de la culture des populations autochtones. Le visiteur occidental, qu'il soit journaliste ou non, croit bien trop souvent être le premier à découvrir la Corée du Nord. Ce sentiment est erroné, bien évidemment, mais l'illusion - volontaire ou non - du scoop constitue une puissante incitation à vouloir témoigner. Dès lors, la frontière entre la fiction et la réalité n'en devient que plus incertaine, et ce n'est pas un hasard que la RPDC ait été le cadre d'un docu-fiction des plus navrants, Voir le pays du matin calme, d'un Gilles de Maistre qu'on a connu mieux inspiré.

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La lutte autour de l'enjeu que constitue l'information renvoie aux comportements des Etats pour gagner la bataille de l'opinion publique. Ce n'est pas un phénomène nouveau : on se souvient, au temps de la guerre froide, du Congrès pour la liberté de la culture ou du lancement de la revue Est-Ouest, avec les encouragements et les appuis financiers de la CIA. La guerre de Corée faisait de même l'objet de points de vue diamétralement antagonistes et irréconciliables selon le camp dans lequel se situait le média rendant compte de l'information. Avec la fin de la guerre froide, les réseaux de la CIA ont dû se reconvertir : ce qui était perçu comme l'ennemi communiste avait en grande partie disparu. Heureusement, il restait la Corée du Nord et quelques Etats sur lesquels allaient se focaliser des spécialistes, ou prétendus tels, en mal de repères.

L'Institut d'histoire sociale, dont le journaliste d'investigation Frédéric Charpier a montré dans La CIA en France qu'il était l'une des officines anticommunistes ayant le plus fortement bénéficié de fonds américains dans notre pays, a joué ici un rôle fondamental. La CIA a apporté capitaux, relais et notoriété à des organisations qui auraient sinon végété, et dont les publications n'auraient jamais eu le moindre impact. Car la Corée du Nord est un ennemi à abattre pour les croisés néo-conservateurs américains (George W. Bush ne l'a-t-il pas classée dans l'axe du mal après les attentats du 11 septembre, pourtant condamnés sans ambiguïté par Pyongyang ?), pas tant en raison de sa puissance militaire intrinsèque que parce que la politique nord-coréenne constitue une contestation de la volonté hégémonique américaine, notamment au regard de la non-prolifération nucléaire.

Un des auteurs de l'Institut d'histoire sociale s'est spécialisé dans la Corée du Nord : Pierre Rigoulot, un ancien militant d'extrême-gauche, dont le profil est très recherché dans les milieux anticommunistes, car ayant une connaissance plus intime de l'ennemi à abattre et de ses références. Il publie en 2000 un ouvrage de témoignage d'un défecteur nord-coréen qui, en quelques années, devient le livre sur la Corée du Nord le plus vendu en France : Les aquariums de Pyongyang. Que la personne interrogée, Kang Chol-hwan, soit devenue un journaliste qui se situe ouvertement à la pointe du combat néoconservateur pour abattre la RPDC en dit long : ce qui est présenté comme un témoignage est en réalité un ouvrage de combat, et pas une source documentaire à la neutralité incontestable. Le fait que les propos aient été recueillis en coréen, puis traduits en anglais et enfin en français, ajoute une distance supplémentaire entre la version accessible au lecteur français et ce que son auteur a dit ou pu dire. Mais malgré ces biais méthodologiques, Pierre Rigoulot a eu un accès privilégié aux médias français pour parler de "sa" Corée du Nord : plus d'une fois, le sentiment qu'il n'existerait aucune information sur la Corée du Nord a conduit le journaliste paresseux à se contenter d'une unique source.

Aujourd'hui, ce sont d'autres défecteurs nord-coréens apportant d'autres témoignages qui ont temporairement occupé le devant de la scène médiatique française s'agissant de la Corée du Nord. Qu'il y ait en Corée du Nord ce qu'on appelle communément des "camps" ou, selon un terme moins connoté, des "zones de relégation", est une évidence que nul ne conteste, pas même les Nord-Coréens. Mais on oublie trop souvent une observation faite par Foucaut dans Surveiller et punir : dans tout pays, le système de relégation exige, pour être efficace, qu'y règnent des conditions d'existence plus difficiles que pour le reste de la population, non punie. C'est vrai en Corée du Nord comme en France et aux Etats-Unis, et pourtant les camps de prisonniers de Guantanamo ne sont pas considérés comme la quintessence du système politique et social américain. Pourquoi un traitement aussi différencié pour la Corée du Nord ? Pour ma part, je serais tenté d'y voir une contre-offensive des milieux néo-conservateurs - tant américains que sud-coréens - pour riposter à l'indéniable succès d'image qu'avait été, pour la RPDC, la venue à Paris de l'Orchestre Unhasu, la première manifestation culturelle nord-coréenne de cette ampleur en France depuis quarante ans. C'est en effet dans les semaines qui ont suivi qu'ont fleuri les témoignages des anciens des "camps" nord-coréens, avec une attention toute particulière à la France dans la promotion à l'étranger de leurs ouvrages, laquelle n'a pas manqué de moyens pour l'organisation de séjours, de conférences de presse et d'accès aux plus hautes personnalités, en mettant à disposition interprètes et véhicules. L'énergie consacrée à la promotion des ouvrages a été sans commune mesure avec un objectif financier de vente. 

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Une telle approche médiatique, fondée sur la recherche du scoop avec le soutien inespéré de groupes poursuivant des objectifs ouvertement politiques, a des aspects particulièrement néfastes pour qui cherche à connaître la RPD de Corée de manière objective. Elle se focalise en outre sur les aspects politiques, négligeant l'économie, la culture, l'art, l'histoire et la société, alors même que les évolutions sociales ont un impact considérable sur les politiques intérieures de la Corée du Nord comme de tout pays. A cet égard, le mot d'ordre gouvernemental de promouvoir l'édification d'un pays puissant et prospère, en offrant à tous les citoyens la possibilité d'améliorer leurs conditions de vie au quotidien, répond à une aspiration légitime : celle des 24 millions de Nord-Coréens de bénéficier des fruits d'années de sacrifices et d'efforts.

Le parti pris médiatique à l'égard de la Corée du Nord ignore aussi les caractéristiques propres à l'ensemble de la Corée, pays homogène ethniquement et linguistiquement, partageant 5 000 d'une histoire commune qui n'est celle ni de la Chine, ni du Japon, et dont l'unité nationale a été réalisée dès le septième siècle de notre ère.

Enfin, il faut être conscient d'un biais médiatique inclinant au catastrophisme. Les événements qu'on pourra qualifier d'heureux - comme les deux rencontres au sommet Nord-Sud, de juin 2000 entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président sud-coréen Kim Dae-jung, puis d'octobre 2007 entre Kim Jong-il et Roh Moo-hyun - ne sont pas mises à la une des journaux télévisés et ne font pas davantage les gros titres de la presse. En revanche, les essais nucléaires nord-coréens d'octobre 2006 et avril 2009 - qui ont été à la fois l'aboutissement et l'expression des tensions dans la péninsule coréenne - sont, eux, placés au premier rang de l'actualité. Cette asymétrie crée, dans l'esprit du lecteur et du spectateur occidental, peu familier de la Corée, une tendance à associer la Corée du Nord à des situations de crise. 

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Cependant, il n'est pas de fatalité à une approche superficielle de la Corée du Nord. La posibilité existe d'un traitement médiatique plus approfondi.

Parmi les médias, les médias d'opinion - certes en déclin en France - n'ont jamais caché qu'ils s'inscrivaient dans le cadre d'une ligne politique clairement revendiquée et affichée. Toutefois, les médias dominants prétendent simplement donner de l'information, envisageant leur rôle comme celui d'éclairer les consciences, en permettant à chaque citoyen de se forger sa propre opinion. La neutralité n'existe pas - pour s'en convaincre, il suffit de lire les enquêtes post-électorales indiquant pour quels partis votent les lecteurs de tel journal, ou les auditeurs de telle chaîne de télévision - mais elle n'en constitue pas moins un idéal-type dans la conception occidentale des médias.

En particulier, un genre, le documentaire, mérite de retenir l'attention. Se fondant sur un critère scientifique d'objectivité, le documentaire offre non seulement la possibilité, mais répond aussi à l'exigence de donner les différents points de vue. A la différence du journaliste, l'auteur de documentaire a davantage de temps - il n'est pas contraint par l'actualité, ni par l'exiguïté de l'espace qui est laissé au journaliste (qui se mesure en nombre de caractères dans un texte ou en secondes de reportage) pour développer une information où il n'y a guère de place à une analyse approfondie.

A cet égard, il est symptomatique que l'AAFC ait été contactée ou soit en contact avec tout le spectre des grands médias français - pour citer les principaux, TF1, France Télévisions et ARTE, Le Figaro, Le Monde et Libération, ou encore Paris Match. Elle a donné suite à tous ceux qui viennent d'être cités, ses responsables intervenant même au journal d'ARTE ou sur le plateau de BFM Business à plusieurs reprises depuis moins d'un an. En effet, son sentiment est que l'approche superficielle, unilatérale, de la Corée du Nord ne convainc plus l'opinion publique, et encore moins des journalistes qui prennent conscience que la crédibilité de leurs analyses peut être mise en doute. A cet égard, Pierre Rigoulot est peut-être un "bon client", assurant de bonnes audiences et de bonnes recettes publicitaires, mais n'est-il pas gênant qu'il ne se soit jamais rendu en Corée du Nord, et que les seuls Nord-Coréens qu'ils connaissent soient des personnes ayant fait défection et militant désormais à droite ou à l'extrême-droite ?

Il peut donc être utile d'indiquer quelques ingrédients nécessaires pour réaliser un reportage, un article de presse ou une étude sur la Corée du Nord.

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Tout d'abord, les autorités nord-coréennes ont parfaitement compris qu'elles peuvent avoir un dialogue fructueux avec des médias connus, sur des sujets choisis d'un commun accord. Si l'obtention d'un visa par un journaliste est une procédure nettement plus longue que pour le visiteur lambda, elle lui offre l'avantage de pouvoir bénéficier, une fois le visa obtenu, de conditions de séjour plus souples que pour les groupes de touristes. Au sein d'une association d'amitié avec l'AAFC, nous avons ainsi pu observer que les guides nord-coréens des journalistes étaient souvent plus ouverts à leurs demandes multiples, en étant conscients de l'impact qu'aurait le bon déroulement du séjour sur les comptes rendus de presse qui en seraient ensuite faits. Evidemment, cela nécessite une acceptation par les journalistes de conditions de travail qui ne sont pas celles qu'ils connaissent en Europe, et seule les autorités nord-coréennes décideront in fine de la décision d'octroi du visa. Quoi qu'il en soit, l'accès à l'information est plus large que pour les journalistes qui choisissent de voyager incognito dans un groupe de touristes, et qui ne voient que ce à quoi ont déjà eu accès les millions de Sud-Coréens, Chinois et Occidentaux s'étant rendus en RPD de Corée ces quinze dernières années.

Un exemple peut être donné du choix du gouvernement nord-coréen de s'ouvrir aux médias étrangers. Lors de la conférence du Parti du travail de Corée (PTC), en septembre 2010, puis de la commémoration, le 10 octobre 2010, du 65ème anniversaire de la fondation du PTC, les journalistes étrangers ont eu un large accès à la Corée du Nord. Alors qu'ils se préparaient à leur visite en attendant en Chine les réponses à leurs demandes de visas, une fois en RPD de Corée pour la fête du 10 octobre, ils ont pu non seulement photographier le dirigeant Kim Jong-il - dont jusqu'alors l'image était quasi exclusivement assurée par l'agence nord-coréenne KCNA - mais aussi le général Kim Jong-un, actuel Premier secrétaire du Parti du travail de Corée. Précisons que les autres délégations étrangères alors présentes n'avaient droit ni aux appareils photo, ni aux caméras... le régime particulier de visa des journalistes n'offre pas toujours que des inconvéniens. La couverture médiatique du rôle nouveau joué sur la scène politique par le camarade Kim Jong-un a alors été plutôt neutre, en tout cas très éloignée des vives critiques qui touchent souvent tout ce qui a trait à la RPDC.

Tel en revanche n'était pas le cas lors de la disparition du président Kim Jong-il, le 17 décembre 2011 - alors que, cette fois, il n'y avait pas de média étranger, ni même de délégation étrangère, au cours de la période de deuil national. Le quotidien Le Monde faisait son titre sur la disparition du n° 1 nord-coréen en des termes très critiques, tandis qu'en pages intérieures la tonalité des articles était plus mesurée. Philippe Pons, du Monde, est probablement un des meilleurs experts de la RPDC dans les médias français : les articles étaient pour la plupart signés de son nom, mais le titre en une et les intertitres relèvent d'une ligne éditoriale, décidée par la rédaction du journal, qui en était restée à la position habituelle de faire de la Corée du Nord le pays le plus vilipendé au monde.

Une conclusion peut être tirée de l'exemple d'octobre 2010 : les sources nord-coréennes sont accessibles, y compris en se rendant dans le pays. Se rendre sur place donne bien sûr une crédibilité supplémentaire, ce dont rend d'ailleurs compte le proverbe coréen selon lequel mieux vaut avoir vu une fois qu'entendu parler cent fois.

Pour autant, il ne faut pas perdre de vue que la notion de médias n'est pas la même en Corée et en Occident. En Europe, il est fréquent qu'un ton narquois, maniant le double sens et les sous-entendus, soit utilisé dans la couverture médiatique de la Corée du Nord. En Corée, il n'existe aucun équivalent, et ce dans l'ensemble de la péninsule :le journaliste s'inscrit dans une tradition, celle de l'écrivain, de l'artiste et de l'intellectuel, qui a un rôle social. Suivant cette conception imprégnée d'un lointain héritage confucéen, le journaliste a la mission d'éveiller les consciences et exerce un rôle d'éducateur - et le maître est clair et direct, il ne manie pas le sous-entendu ni l'ironie. Qu'on lise une dépêche nord-coréenne de KCNA ou sud-coréenne de Yonhap, l'information est brute, et s'il y a un commentaire, la prise de position est sans ambiguïté pour que le lecteur sache ce qu'il doit penser de l'information qui lui est délivrée.

Au Nord, ce sont par ailleurs des médias officiels qui écrivent les articles ou réalisent les reportages pour former l'opinion nord-coréenne. Récemment, un journaliste me demandait ce qu'il fallait penser de l'apparition, aux côtés du Premier secrétaire du PTC Kim Jong-un, de son épouse Ri Sol-ju, en cherchant à savoir si on pouvait y lire un message en direction de l'Occident. Je lui ai répondu qu'il fallait partir du point de vue que KCNA s'adressait d'abord à un public nord-coréen, montrant un dirigeant en symbiose avec le peuple et qui, en président normal, en quelque sorte, avait lui aussi une épouse l'accompagnant lors de ses inspections de terrain. Ainsi diffusée, son image était également mieux connue, alors qu'il n'avait pas été associé pendant des décennies à l'exercice du pouvoir, à la différence de l'ancien dirigeant Kim Jong-il. La démarche adoptée par KCNA relevait bien de la communication interne, rien ne permettant de supposer la poursuite d'objectif de communication externe, vis-à-vis des pays étrangers.

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Si les sources nord-coréennes sont un matériau premier pour la recherche d'information et l'analyse, la diversification des sources est une exigence pour tout travail d'investigation, qu'il s'inscrive dans la démarche du chercheur ou celle de l'auteur de documentaire.

Avec 950 articles publiés en octobre 2012, le blog de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'inscrit clairement dans une démarche d'information, en mettant notamment l'accent sur des sujets peu ou pas traités par les médias traditionnels. Le blog de l'AAFC est ouvertement un média d'opinion, au sens où il a été défini plus haut : l'Association ayant pour but la réunification de la Corée et étant convaincue que, pour atteindre cet objectif, il faut développer les échanges bilatéraux et favoriser la connaissance réciproque entre Français et Coréens, elle ne présente pas son site comme ayant une vocation universitaire, qui prétendrait à l'objectivité ou à l'exhaustivité. Mais la prise de position n'exclut pas la rigueur intellectuelle dans le traitement de l'information : si des dizaines d'articles ont été écrits sur le dramatique naufrage du Cheonan, ayant conduit à la mort de quarante-six marins sud-coréens, c'est avec la conviction, étayée par un travail de recherche mené le plus largement possible, que la thèse officielle sud-coréenne de la responsabilité nord-coréenne cache la vérité. Tout indique - examen des preuves par des scientifiques indépendants, enquête de la Marine russe - que c'est bien un accident interne aux forces sud-coréennes - et éventuellement américaines - qui est à l'origine de la catastrophe.

Ces preuves de la non-implication nord-coréenne ont notamment été publiées par le Hankyoreh, un quotidien sud-coréen de centre-gauche qui n'est pas le journal le plus lu au Sud de la péninsule mais est néanmoins considéré comme le plus fiable par l'opinion publique. Car, dans ce qui a trait à la Corée du Nord, les publications sud-coréennes et américaines sont abondantes. Elles méritent d'être prises en considération, mais sans jamais oublier de se demander d'où elles viennent ni quels objectifs elles poursuivent : dans leur écrasante majorité, les médias sud-coréens sont de droite et hostiles à la RPDC. Si, par exemple, la bibliothèque du Congrès américain est à l'origine de la seule étude approfondie en langue occidentale sur l'économie nord-coréenne, c'est avec un point de vue qui est conforme à celui de la politique américaine vis-à-vis de la RPDC.

Quand la Banque centrale de Corée du Sud a publié avec des mois en retard, en octobre 2011, son estimation de la croissance de l'économie nord-coréenne pour l'année 2010, en faisant disparaître de ses tableaux statistiques nombre de données qui paraissaient encore un an plus tôt, un fort soupçon de manipulation règne sur la fiabilité d'un organisme dépendant du gouvernement sud-coréen, et dont les données sont pourtant reprises sans discussion par les chercheurs et les journalistes du monde entier, faute de données complètes nord-coréennes. Il n'est tout simplement pas crédible de penser que la Banque centrale de Corée du Sud ait publié avec le même état d'esprit des séries statistiques montrant un rebond de l'économie nord-coréenne presque chaque année quand le centre-gauche, favorable à la discussion avec le Nord, était au pouvoir à Séoul, et un recul quasiment ininterrompu de l'économie nord-coréenne depuis que la droite est revenue à la présidence sud-coréenne.

Dans cette diversification des sources d'information, les médias chinois et russes sont particulièrement précieux. Ainsi, si l'on a besoin de ne connaître que les faits sur une question touchant à la Corée, l'agence chinoise Chine nouvelle (Xinhua) s'en tiendra effectivement aux seuls éléments factuels ; s'il faut comprendre que le point de vue donné est celui de la Corée du Nord ou de la Corée du Sud, Xinhua l'indiquera clairement - alors que les médias occidentaux, allant à la facilité, se contenteront souvent de répéter la position de l'agence officielle sud-coréenne, ce qui pose un vrai problème de neutralité sur des questions donnant lieu à des divergences ou des oppositions entre les deux Corée. Quant à la Russie, ses Instituts de recherche sur l'Extrême-Orient comptent quelques-uns des meilleurs spécialistes de la Corée au monde. L'un d'entre eux, Leonid Petrov, qui parle couramment coréen après avoir étudié à Pyongyang, a d'ailleurs été un temps professeur à la chaire de coréen de l'Institut d'études politiques de Paris. 

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Pour finir, il est utile de dire aussi quelques mots du traitement médiatique de la Corée du Sud. Des pans entiers de l'histoire du pays sont méconnus et passés sous silence : non seulement l'occupation militaire japonaise mais aussi le fait que, de 1945 à 1987, à l'exception d'une courte période (1960-1961), le pays a connu une succession de régimes très autoritaires, à l'origine notamment du massacre de centaines de civils lors du soulèvement populaire de Kwangju en 1980. Ce passé a laissé des séquelles dans la société actuelle : la loi de sécurité nationale interdit toujours les contacts entre Nord et Sud-Coréens. Pendant le service militaire des Sud-Coréens, il leur est indiqué qu'ils seront libérés de leurs obligations dans l'hypothèse où des Nord-Coréens seraient tués suite à un accrochage : on comprend comment de tels ordres peuvent conduite à des escalades dangereuses, comme celles de novembre 2010 près de l'île Yeonpyeong.

Aujourd'hui, l'élection présidentielle du 19 décembre 2012 en Corée du Sud aura un impact majeur sur l'avenir des relations intercoréennes, si l'on se rappelle que l'arrivée au pouvoir du conservateur Lee Myung-bak, élu en décembre 2007, a entraîné la disparition des principaux acquis du dialogue intercoréen. Si cette échéance électorale ne suscite guère d'intérêt en Occident, tel n'est pas le cas en Corée du Nord. Ainsi, si la RPDC a toujours soutenu les revendications sud-coréennes sur les îles Dokdo, contestées par le Japon mais contrôlées par les garde-côte sud-coréens, elle n'en a pas moins suivi l'opposition sud-coréenne dans sa critique de la visite du président sud-coréen dans l'archipel, comme une manoeuvre destinée à faire oublier le rapprochement militaire esquissé avec le Japon quelques mois plus tôt.

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En conclusion, les sources aujourd'hui plus nombreuses offrent un large champ d'accès pour tous ceux qui voudraient connaître la Corée du Nord, qu'ils soient journalistes, experts ou simples curieux.

Si pour sa part l'Association d'amitié franco-coréenne a consacré beaucoup d'énergie à mieux connaître l'actualité coréenne, c'est parce qu'elle estime que c'est une tâche prioritaire pour saisir pleinement la réalité de la péninsule, ce qui est un préalable à la conduite d'actions de coopération ou de solidarité avec le peuple coréen. A cet égard, les catastrophes naturelles ayant frappé la Corée - toute la Corée - l'été dernier, avec notamment le passage des pires typhons de la décennie, ont soulevé la question d'une aide à apporter aux populations : compte tenu des témoignages recueillis et des informations collectées, la décision a ainsi été prise d'organiser un concert de solidarité, qui visera à répondre non pas aux besoins immédiats, mais à tenir compte des conséquences sur la production de riz, de blé et de maïs et à répondre à la nécessité de faire face à la période de soudure, qui constitue le moment critique entre deux récoltes céréalières.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Activités AAFC
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)