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20 octobre 2018 6 20 /10 /octobre /2018 17:49

Les diplomaties de la République de Corée (Corée du Sud) et du Japon ont toujours été marquées par une approche différente du contentieux historique qui oppose les deux pays, du fait de la brutale colonisation japonaise de la péninsule (1910-1945) - et qu'exprime le drame des "femmes de réconfort", anciennes esclaves sexuelles de l'armée japonaise sur le sort desquelles le très conservateur Shinzo Abe refuse de présenter des excuses au nom du gouvernement japonais, le révisionnisme servant plus que jamais de boussole diplomatique à Tokyo. Mais la question nord-coréenne constitue aussi un important point de divergence entre les deux pays qui multiplient les efforts pour rallier d'autres pays à leur cause. Quand le Président Moon Jae-in, en visite en Europe, a reçu des soutiens plus ou moins affirmés à sa politique de dialogue avec le Nord qui suppose de considérer la levée d'une partie des sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (en contrepartie des efforts déjà accomplis par la Corée du Nord sur la voie de sa dénucléarisation, avec de nouveaux engagements au point 5.1 de la déclaration conjointe Nord-Sud du 19 septembre 2018, tandis que Moscou et Pékin plaident quant à eux ouvertement pour une levée partielle des sanctions), le Premier ministre Shinzo Abe se pose en leader du front de refus - à savoir le refus de lever la moindre sanction envers Pyongyang avant la fin définitive du processus de dénucléarisation, ce qui aurait pour effet de ruiner le dialogue qui se met en place entre Washington et Pyongyang. En effet, la renonciation unilatérale et sans contreparties de la Corée du Nord à sa force de dissuasion nucléaire est perçue par cette dernière comme un diktat inacceptable et un marché de dupes (d'autres pays ont, par le passé, désarmé unilatéralement, avant de connaître un changement de régime à l'initiative des Etats-Unis et de leurs alliés : l'Irak en 2003 et la Libye en 2011). 

Le Président Moon Jae-in et le pape François, le 18 octobre 2018

Le Président Moon Jae-in et le pape François, le 18 octobre 2018

Le Vatican, l'Italie et la Thaïlande soutiennent ouvertement et sans réserves les efforts de Séoul pour la paix dans une péninsule coréenne sans armes nucléaires

Après la déconvenue de sa rencontre avec le très fermé Emmanuel Macron, insensible à son appel à la paix et au dialogue, le Président Moon Jae-in a trouvé dans le Premier ministre italien Giuseppe Conte un homme plus ouvert que le président français, car plus en phase avec la conception progressiste de la société internationale défendue par le Président Moon. Selon la présidence sud-coréenne citée par l'agence Yonhap, 

Le Premier ministre Conte a grandement apprécié le pouvoir d'influence de notre gouvernement, qui a apporté des changements positifs sur la péninsule coréenne, et a exprimé son soutien indéfectible à la politique nord-coréenne de notre gouvernement.

Yonhap

Les deux dirigeants ont signé un communiqué conjoint défendant l'approche du Président Moon Jae-in pour la paix et la dénucléarisation de la Corée, et saluant ouvertement les trois rencontres au sommet Nord-Sud de l'année 2018 : 

Le Premier ministre Conte a salué et exprimé son soutien total aux initiatives diplomatiques entreprises par le président Moon dans le cadre des trois sommets intercoréens afin de faire progresser les relations intercoréennes et de parvenir à la dénucléarisation complète et à une paix permanente dans la péninsule coréenne.

Le président Moon a grandement apprécié la contribution et le soutien constants de l'Italie au processus de résolution pacifique du problème nucléaire nord-coréen et d'établissement de la paix dans la péninsule coréenne. Les deux dirigeants ont estimé que la dénucléarisation doit être réalisée de manière complète, vérifiable et irréversible.

Communiqué conjoint Moon-Conte (cité par l'agence Yonhap)

Les deux dirigeants ont signé des accords de coopération dans les domaines de la défense, des services aériens et du commerce.

L'entretien qu'a ensuite eu le Président Moon Jae-in avec le Pape François a été exceptionnel à plus d'un titre - par sa durée et son horaire, et par le fait que certains éléments des échanges ont été rendus publics, contrairement à l'usage. Selon l'agence Yonhap, le Pape François a déclaré au Président Moon Jae-in, qui s'est par ailleurs présenté à lui comme catholique : 

Je soutiens fermement les efforts du gouvernement sud-coréen qui cherchent un processus de paix sur la péninsule coréenne.

Yonhap

De fait, le Vatican a toujours soutenu une solution à la question coréenne dans le cadre de la paix et du dialogue - y compris au plus fort des tensions à l'été et à l'automne 2017.

Concernant la possibilité d'une visite du Pape François en Corée du Nord, le souverain pontife a déclaré attendre une invitation formelle, écrite, des autorités nord-coréenne, après avoir reçu l'invitation orale du Président Moon Jae-in, que le Président Kim Jong-un lui avait donnée lors du sommet entre les deux hommes en RPDC (du 18 au 20 septembre 2018). Le pape a fait état de sa disponibilité à honorer cette invitation - selon son agenda - ce qui serait une première en Corée du Nord (il était prévu que le pape Jean-Paul II se rende à Pyongyang, mais cette visite n'avait finalement pas eu lieu).

Enfin, le Président Moon Jae-in a poursuivi sa recherche de soutiens à sa politique de dialogue avec le Nord lors de rencontres bilatérales en marge du sommet du dialogue Europe-Asie (ASEM), qui se tenait pendant son séjour à Bruxelles.


Dans ce cadre, lors d'un entretien avec le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-o-cha, le Président Moon Jae-in a obtenu une promesse de soutien à sa politique de dialogue et de la paix en Corée dans le cadre de l'ASEAN, lorsque la Thaïlande en assurera la présidence en 2019 :  

Le Premier ministre thaïlandais a affiché son soutien à l'initiative de paix de Séoul et a promis que son pays qui assumera la présidence de l'Asean l'année prochaine prendra les mesures nécessaires pour soutenir cette initiative.

Yonhap

Egalement en marge du sommet de l'ASEM, le Président Moon Jae-in a obtenu un soutien de la chancelière allemande Angela Merkel. Selon l'agence Yonhap, elle aurait alors déclaré : 

J'apprécie le courage et la détermination dont le président Moon a fait preuve et salue les progrès accomplis dans le processus de dénucléarisation rendu possible grâce à la détermination du président et du président (Donald) Trump.

Yonhap

Front du refus : Emmanuel Macron en zélé défenseur de l'ultra-nationaliste Shinzo Abe

Le front du refus rassemble des éléments disparates : des chrétiens évangélistes, notamment américains, des partisans de la guerre (hier en Irak, demain en Iran... ou en Corée du Nord ?) et et de sa version soft (les sanctions qui tuent femmes et enfants en mettant à genoux des populations entières), très en cour dans certains milieux américains qui ont obtenu de Donald Trump qu'il s'engage - même s'il rencontre et parle avec les Nord-Coréens - à ne pas lever les sanctions avant la dénucléarisation complète de Pyongyang (que, dans leur jargon, ces va-t-en-guerre qualifient de "dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible" ou CVID, suivant son acronyme anglais, la pertinence du distinguo étant pour le moins douteuse). Le front du refus rallie aussi des gouvernements, au premier rang desquels les ultra-nationalistes au pouvoir au Japon, engagés dans une politique de discrimination raciale tous azimuts. Shinzo Abe et ses acolytes ont applaudi aux bruits de bottes dans la péninsule coréenne en 2017, y voyant aussi une bonne occasion de provoquer des législatives anticipées, largement remportées en dépit des scandales de corruption. Tous ont besoin que le dialogue échoue,nécessairement, pour continuer à engranger les dividendes politiques des tensions et des crises. 

Les motivations de cet attelage de nationalistes, de fondamentalistes religieux, d'atlantistes en mal de nouvelle guerre sainte pour répandre les valeurs occidentales dites universelles, en font aussi les porteurs de valises du lobby militaro-industriel (pour lesquels les crises d'aujourd'hui sont les guerres de demain et les profits d'après-demain).  

Une des figures moins médiatisée du front de refus, malgré ses positions sans ambiguïté, est le Président Emmanuel Macron, qui s'était déjà distingué en répondant sèchement "non", de manière très peu diplomatique, au Président Moon Jae-in venu plaider un soutien français à sa politique de paix et de dialogue. Quelques jours plus tard, le jeune président a enfoncé le clou, en applaudissant des deux mains le plaidoyer du très droitier Shinzo Abe, rencontré en marge du dialogue Europe Asie à Bruxelles : dans un article de Brice Pedroletti, le quotidien Le Monde titre sans ambiguïté que "Shinzo Abe trouve en Macron un allié sur les sanctions contre la Corée du Nord". En soutenant sans réserves Shinzo Abe dans sa douteuse politique inspirée par le racisme anti-coréen, Emmanuel Macron, qui prétend lutter contre les nationalismes en Europe, approuve ouvertement un chef d'Etat sur lequel planent de forts relents de révisionnisme et de racisme, partisan bon teint du réarmement et du militarisme japonais. 

En haut : Emmanuel Macron étreignant l'ultra-nationaliste japonais Shinzo Abe. En bas : simple poignée de mains et sourire forcé d'Emmanuel Macron avec le progressiste sud-coréen Moon Jae-in (le 9 juillet 2017).
En haut : Emmanuel Macron étreignant l'ultra-nationaliste japonais Shinzo Abe. En bas : simple poignée de mains et sourire forcé d'Emmanuel Macron avec le progressiste sud-coréen Moon Jae-in (le 9 juillet 2017).

En haut : Emmanuel Macron étreignant l'ultra-nationaliste japonais Shinzo Abe. En bas : simple poignée de mains et sourire forcé d'Emmanuel Macron avec le progressiste sud-coréen Moon Jae-in (le 9 juillet 2017).

Si Emmanuel Macron soutient la politique "en même temps" de droite et d'extrême-droite de Shinzo Abe, cette complicité vient de loin : elle est le fruit d'une pénétration lente et ancienne de l'appareil d'Etat français par les réseaux japonais sur la question coréenne, ayant déjà permis au drapeau japonais, symbole des crimes de guerre de l'empire nippon, de flotter sur les Champs Elysées le 14 juillet 2018. 

Vu le 14 juillet 2018 à Paris : le drapeau de guerre japonais (un disque solaire rouge rayonnant sur fond blanc), un symbole des atrocités de guerre japonaises

Vu le 14 juillet 2018 à Paris : le drapeau de guerre japonais (un disque solaire rouge rayonnant sur fond blanc), un symbole des atrocités de guerre japonaises

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11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 12:46

La venue en Europe (et notamment en France) de Moon Jae-in, Président de la République de Corée (Corée du Sud), était largement connue depuis plusieurs semaines dans les milieux coréens en France (les Coréens en France étant appelés à s'inscrire pour rencontrer le chef de l'Etat), mais elle n'a été annoncée officiellement qu'en ce début de semaine. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) détaille les objectifs diplomatiques de cet important déplacement, qui conduira le Président Moon Jae-in en France, en Italie, au Vatican, en Belgique et au Danemark, du 13 au 21 octobre 2018 - alors que la délégation économique sud-coréenne comprendra notamment Lee Hae-jin, fondateur du moteur de recherche coréen Naver. Naver est très actif sur le marché français : l'entreprise a créé en 2017 la filiale française Naver France SA, racheté en juin 2017 le centre de recherche de Xerox à Grenoble et financé, à hauteur de 200 millions d'euros, le fonds d'investissement Korelya capital, fondé par l'ancienne ministre Fleur Pellerin, d'origine coréenne.

Le Président Moon Jae-in, catholique, rencontrera le pape François.

Le Président Moon Jae-in, catholique, rencontrera le pape François.

Des événements culturels sont prévus pour la partie française de la tournée européenne du Président Moon Jae-in, du 13 au 16 octobre 2018 : en particulier, le groupe Bangtan Boys (BTS) (lauréat en 2018 d'un Favorite Social Artist aux American Music Awards, et intervenu également à la tribune des Nations unies) donnera un concert à Paris, qui réunira également d'autres groupes de K-Pop.

Le Président Moon Jae-in et le groupe BTS

Le Président Moon Jae-in et le groupe BTS

Lors de sa visite en France, le Président Moon Jae-in tentera très certainement de gagner un soutien français plus explicite à sa politique d'ouverture et de paix avec la Corée du Nord, alors que des parlementaires français soulignaient récemment le nécessaire "réinvestissement" de la diplomatie française sur la question coréenne - les évolutions récentes étant enregistrées presque à regret dans certains cercles du pouvoir, plus à l'aise avec une politique de pression maximale (c'est-à-dire de sanctions) sur la Corée du Nord, bien que cette approche soit de nature à faire échouer le début du rapprochement en cours entre Pyongyang et Washington.

Sobrement, la présidence sud-coréenne indique que "les questions diplomatiques et sécuritaires" seront à l'ordre du jour des rencontres en France, dont il est rappelé qu'elle est un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

Avec l'Italie, ce sont les domaines des "sciences et des technologies de pointe" qui sont mis en avant comme de possibles champs de coopération.

Catholique revendiqué (ce qui joue un rôle indéniable dans sa vision politique, notamment sa politique inter-coréenne de paix et de dialogue), le Président Moon Jae-in est attendu au Vatican les 17 et 18 octobre. Le 17 octobre, une messe pour la paix sur la péninsule coréenne devrait être célébrée par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Saint-Siège, à la basilique Saint-Pierre. Lors d'une entrevue le lendemain avec la pape François, le Président Moon devrait recevoir une bénédiction et le soutien du pape sur sa politique de dialogue avec le Nord. A cette occasion, il remettra la lettre d'invitation du pape François en République populaire démocratique de Corée, que lui a remis le Président Kim Jong-un lors du sommet inter-coréen de Pyongyang des 18-20 septembre 2018 (visiblement sur la suggestion de Séoul).

En Belgique, le Président Moon Jae-in assistera au Dialogue Asie-Europe (Asem). il aura une rencontre avec le président du Conseil européen, dans le cadre d'un sommet entre l'Union européenne et la République de Corée (18-19 octobre 2018). Les deux parties ont établi en 2010 un partenariat stratégique.

Se rendant enfin au Danemark, le dirigeant sud-coréen assistera au sommet "Partenariat pour la croissance verte et les objectifs de développement durable (P4G)", alors que la République de Corée poursuit un programme d'essor de l'économie verte et qu'a été acté un plan de sortie progressive du nucléaire civil (à horizon 2060).

Sources principales :

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 19:05

La réunion du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) du 27 septembre 2018, présidée par le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo (qui doit retourner prochainement à Pyongyang pour préparer une nouvelle rencontre au sommet), a fait apparaître de nettes divergences au sein du CSNU sur la question coréenne : d'un côté, les Américains - soutenus par leurs alliés européens - ont plaidé pour le maintien d'une pression maximale sur la République populaire démocratique de Corée au moyens des sanctions, les plus lourdes jamais mises en place dans le cadre des Nations unies ; de l'autre, la Chine et la Russie ont plaidé au contraire pour un assouplissement des sanctions, compte tenu des développements positifs enregistrés depuis plusieurs mois, notamment grâce aux efforts de la RPD de Corée, les dernières annonces de Pyongyang ayant été formulées dans le cadre du sommet à Pyongyang, du 18 au 20 septembre 2018, entre les présidents Kim Jong-un et Moon Jae-in. Au-delà de l'application effective des sanctions (qui a donné lieu à des mises en cause très médiatisées de sociétés chinoises et russes par les Occidentaux), le débat est ouvert sur un assouplissement des sanctions - de plus en plus ouvertement demandé par les autorités nord-coréennes comme contrepartie à leurs propres engagements, et suivant le principe "action contre action" qui a été le seul à fonctionner par le passé pour diminuer les tensions autour de la péninsule coréenne. Mais la Chine et la Russie ont-elles les moyens et la volonté de leur ambition de faire desserrer l'étau mortifère des sanctions, alors que prévaut au Conseil de sécurité la règle de l'unanimité ?

Dans quelle mesure Pékin et Moscou peuvent-ils assouplir les sanctions contre Pyongyang ?

En apparence, il y a quelque ironie à voir la Chine et la Russie demander l'assouplissement de sanctions qu'elles ont elles-mêmes contribué à faire adopter par le CSNU un an plus tôt, alors que ces mesures ne répondaient pas à leurs intérêts économiques et stratégiques. La remarque est particulièrement valable dans le cas de Pékin : toutes les résolutions sur la Corée du Nord élaborées par Washington passent préalablement par l'imprimatur chinois avant d'être soumises aux autres membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Ces prises de position chinoises et russes avaient contribué à dégrader les relations de ces deux puissances avec Pyongyang, qui a ainsi engagé un dialogue direct avec Séoul et avec Washington, sans passer par la Chine ni la Russie. Si les autorités nord-coréennes ont ensuite rétabli un dialogue stratégique avec Pékin, incluant un important volet économique, les perspectives récentes d'investissements sud-coréens en Corée du Nord (à la faveur du troisième sommet Nord-Sud à Pyongyang, du 18 au 20 septembre 2018) ont montré que la Chine avait perdu de son rôle de force d'impulsion dans les développements autour de la péninsule coréenne. De manière ironique, le "double gel" (de ses essais balistiques et nucléaires par la Corée du Nord, de leurs manœuvres militaires par les Etats-Unis), qui était le principe cardinal de la feuille de route sino-russe pour sortir de l'impasse diplomatique en 2017, a été mis en place, mais à l'initiative des autres protagonistes que la Chine et la Russie.

Dans ce contexte, Pékin et Moscou disposent certes encore d'une influence réelle de par leur statut de membres permanents du Conseil de sécurité, en ayant par exemple bloqué, en août 2018, une proposition américaine d'élargissement (limité) des sanctions des Nations unies à une banque russe, ainsi qu'à un fonctionnaire et deux entités de la RPD de Corée. Mais ces deux puissances sont-elles en mesure d'infléchir réellement la position américaine concernant les sanctions contre la RPD de Corée ? Ou s'agit-il essentiellement d'une posture, visant à revenir pleinement dans le jeu diplomatique en proposant une troisième voie entre Washington et Séoul d'un côté, Pyongyang de l'autre ?

En diplomatie, il faut tenir compte non seulement des prises de position, mais aussi de l'importance qu'on leur accorde effectivement et des moyens dont l'on dispose. A cette aune, la Chine a un avantage immédiat : elle est considérée par Washington (contrairement à la Russie), et à juste titre, comme disposant d'un levier d'influence économique majeur sur Pyongyang. Par ailleurs, dans les priorités diplomatiques de Pékin, la question coréenne a été explicitement mentionnée par S.E. M. Wang Yi, conseiller d'Etat et ministre des Affaires étrangères, lors du débat général à la session 2018 de l'Assemblée générale des Nations unies. Selon le compte rendu publié sur le site des Nations unies :

Le Ministre a indiqué soutenir sans réserve les efforts en vue de l’amélioration de la situation dans la péninsule coréenne, ainsi que le dialogue entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et les États-Unis. « La Chine encourage la RPDC à continuer de s’engager dans la voie de la dénucléarisation. Dans le même temps, nous pensons qu’il est adéquat que les États-Unis apportent des réponses positives dans les délais voulus afin de rencontrer la RPDC au milieu du gué. » M. Wang a indiqué que la Chine continuera d’appliquer strictement les sanctions contre la RPDC, tout en appelant le Conseil de sécurité à prendre des mesures à la lumière des derniers développements afin de créer des conditions favorables à un règlement pacifique de la situation par des moyens diplomatiques et politiques.

Nations unies

Le conseiller d'Etat Wang Yi à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies

Le conseiller d'Etat Wang Yi à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies

Les termes sont mesurés : la Chine n'appelle pas explicitement à la levée (partielle) des sanctions, mais parle plus prudemment de la nécessité pour les Etats-Unis d'apporter des "réponses positives dans les délais voulus afin de rencontrer la RPDC au milieu du gué". Chaque partie y lira ce qu'elle souhaite y trouver. Il est par ailleurs évident que malgré le contentieux commercial croissant américano-chinois, Pékin n'entend pas - à ce stade du moins - utiliser une éventuelle position plus dure de Pyongyang (qui pourrait être déçue et frustrée par l'absence possible de réponse de l'administration Trump) comme levier de négociation avec Washington.

Si la question coréenne figure donc en bonne place dans les priorités diplomatiques de Pékin, elle ne constitue pas réellement une pomme de discorde majeure avec les Etats-Unis (en juin 2018, les Etats-Unis pouvaient ainsi encore affirmer que Pékin partageait leurs préoccupations des sanctions contre la RPD de Corée sans que les autorités chinoises ne jugent utile de pondérer cette assertion). La Chine entend vouloir la diminution des sanctions, elle ne se donne pas aujourd'hui tous les moyens d'une telle politique.

Le discours du ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, lors du débat général de la même session de l'Assemblée générale des Nations unies, est explicite sur le fait que la Corée ne constitue pas une priorité diplomatique pour Moscou : elle n'est même pas mentionnée dans le résumé de son intervention sur le site des Nations unies.

L'ambassadeur russe aux Nations unies, Vassili Nebenzia, a certes évoqué une levée progressive des sanctions, mais en modérant immédiatement son propos... en affirmant qu'il s'agit seulement d' "envisager" une telle mesure !

"Je pense qu'il est simplement naturel que l'on réfléchisse à des pas dans cette direction", a déclaré l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassili Nebenzia, interrogé sur une éventuelle levée des sanctions. "Il y a des progrès qui devraient être réciproques. Il devraient y avoir des contreparties" car "l'autre partie devrait voir des encouragements à aller de l'avant", a-t-il affirmé.

La Figaro

Cette prudence de fonctionnaire n'est pas celle du (toujours) brillant Sergueï Lavrov, qui a pour sa part plaidé à nouveau ouvertement pour un assouplissement des sanctions devant aller de pair avec sa dénucléarisation :

«Je voudrais entendre des explications quant aux raisons pour lesquelles certains collègues au sein du Conseil de sécurité s'entêtent à rejeter la possibilité même d'un signal positif de la part du Conseil au sujet des démarches faites par Pyongyang dans la voie de la dénucléarisation de la péninsule coréenne», a-t-il noté lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la Corée du Nord.

Il a rappelé dans ce contexte que les négociations étaient toujours «une rue à double sens».

«Les démarches de la Corée du Nord sur le chemin d'un désarmement progressif doivent aller de pair avec l'assouplissement des sanctions. Une action doit être suivie d'une réaction», a-t-il souligné.

Sputnik News

Sergueï Lavrov

Sergueï Lavrov

Mais au regard du faible poids économique aujourd'hui de la Russie en Corée du Nord, des liens stratégiques distendus entre les deux anciens alliés et plus encore de la place éloignée qu'occupe la péninsule coréenne dans l'échelle des priorités diplomatiques de Moscou, dans quelle mesure ces propos peuvent-ils faire mouche ? Certes, Sergueï Lavrov était à Pyongyang en mai 2018 pour replacer les pions russes sur l'échiquier diplomatique extrême-oriental, notamment dans l'hypothèse d'un traité de paix assorti de garanties de sécurité pour la RPDC (et que pourraient garantir la Chine et la Russie, alors que la Russie n'a pas été, quant à elle, officiellement partie prenante aux combats de la guerre de Corée). Mais il s'agit surtout d'utiliser d'abord le pouvoir d'influence de Moscou au sein du Conseil de sécurité pour infléchir les positions très rigides de certains de ses membres. La diplomatie étant l'art de parvenir à des compromis mutuellement avantageux, le discours de Sergueï Lavrov sur la péninsule coréenne, qui n'est pas nouveau, a indéniablement des vertus pédagogiques à l'égard de tous ceux qui veulent continuer de dresser un mur avec les Nord-Coréens.

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 20:46

Le 9 septembre 2018 a été célébré le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée. A cette occasion, une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) était présente en RPD de Corée - et un compte rendu de son déplacement sera publié prochainement. Les cérémonies - une fois encore grandioses - ont mis l'accent sur la volonté de dialogue de Pyongyang, à la veille par ailleurs du sommet inter-coréen qui se tiendra à Pyongyang du 18 au 20 septembre 2018. L'offensive diplomatique en cours se caractérise aussi par le nombre et le niveau des délégations qui étaient présentes aux cérémonies de commémoration à Pyongyang.

Le Président Kim Jong-un, lors de la cérémonie d'ouverture des nouveaux jeux gymnastiques de masse, le 9 septembre 2018

Le Président Kim Jong-un, lors de la cérémonie d'ouverture des nouveaux jeux gymnastiques de masse, le 9 septembre 2018

Une parade militaire et civile le matin du 9 septembre, puis le soir la première représentation du nouveau spectacle de gymnastique de masse intitulé "La patrie brillante" et le lendemain soir un défilé aux flambeaux : le programme des célébrations a été conforme à un scénario bien huilé, les prouesses techniques atteignant de nouveaux sommets - notamment lors du défilé aux flambeaux sur la place Kim Il-sung, qui a été combiné avec le recours à des éléments colorés formant des motifs géants, dans la tradition des mouvements d'ensemble, ainsi qu'à des feux d'artifice et des jets d'eau.

Fondation de la RPD de Corée : Pyongyang à l'offensive diplomatique
Fondation de la RPD de Corée : Pyongyang à l'offensive diplomatique
Fondation de la RPD de Corée : Pyongyang à l'offensive diplomatique
Fondation de la RPD de Corée : Pyongyang à l'offensive diplomatique

Cependant, le contenu même des cérémonies a envoyé un message sans ambiguïté sur la volonté de Pyongyang d'approfondir le dialogue - tant vis-à-vis des Etats-Unis (en l'absence remarquée, cette année, de présentation des missiles balistiques intercontinentaux lors du défilé, l'accent étant mis sur les armes défensives, et il n'y pas eu davantage de mention des armes nucléaires lors du spectacle de gymnastique de masse) que de la République de Corée - l'apparition sur écran géant de l'image du Président Kim Jong-un étant combinée à celle du Président Moon Jae-in, à Panmunjom le 27 avril 2018, si bien que ce sont bien les deux chefs d'Etat qui ont alors été applaudis.

Au-delà de la forte portée symbolique des messages des cérémonies de célébration, les autorités nord-coréennes sont à l'initiative pour relancer le processus avec les Etats-Unis engagé lors du sommet historique entre les Présidents Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour, le 12 juin 2018 : le Président Kim Jong-un a écrit au chef d'Etat américain pour lui proposer une deuxième rencontre. S'agissant des relations inter-coréennes, le progrès le plus marquant a été l'inauguration à Kaesong, le 14 septembre 2018, du bureau de liaison qui constituera un canal d'échanges permanent Nord-Sud, concrétisant l'un des engagements pris lors de la déclaration du Panmunjom du 27 avril 2018. A la veille des cérémonies du 9 septembre, le Président Kim Jong-un avait reçu
une délégation spéciale du Président Moon Jae-in conduite par Chung Eui-yong, chef du Bureau de la sécurité nationale à la présidence de la République de Corée.

Pour autant, la RPD de Corée ne néglige pas ses relations avec ses autres partenaires, dont beaucoup étaient représentés au niveau gouvernemental lors des cérémonies de commémoration de la fondation de la République :
- aux côtés du dirigeant nord-coréen se trouvait
Li Zhanshu, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central (CC) du Parti communiste chinois (PCC) et président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de la République populaire de Chine (RPC), en visite en qualité de délégué spécial de Xi Jinping, Secrétaire général du CC du PCC et Président de la RPC ; le Président Kim Jong-un a organisé une
représentation artistique et un banquet en l'honneur de la délégation chinoise ;
- la Russie était représentée par Valentina Matvienko, Présidente du Conseil de la Fédération de Russie, en visite officielle en RPD de Corée ;
- une délégation du Parti et de l'Etat cubains était conduite par Salvador Antonio Valdes Mesa, premier vice-président de Cuba, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste de Cuba ;
-
Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la Mauritanie, était également présent à Pyongyang pour les cérémonies de commémoration.

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18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 13:28

Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies (de 1997 à 2006) et récipiendaire du prix Nobel de la Paix en 2001, est décédé à Berne le 18 août 2018, à l'âge de 80 ans. Ancien fonctionnaire des Nations unies, l'homme d'Etat et économiste ghanéen était un homme de principes : engagé pour la paix et l'aide au développement, il avait prôné à l'égard de la Corée l'adoption de politiques allant à contre-courant des préconisations des néo-conservateurs, fondées sur la prise en otage des populations par le biais des sanctions. L'Association d'amitié franco-coréenne salue un homme de paix et de dialogue, partisan déterminé des droits de l'homme, en rappelant quelques-unes de ses prises de position sur la question coréenne, au moment où s'expriment de nouveau les velléités impériales de l'administration américaine qui refuse à ce stade d'apporter des contreparties à la hauteur des gestes déjà effectués par Pyongyang. 

Disparition de Kofi Annan : l'AAFC salue un partisan de la paix et du dialogue, en Corée et dans le monde

Entre 1992 et 1999, les populations de la République populaire démocratique de Corée ont subi une crise humanitaire majeure, ayant causé des centaines de milliers de morts. Pour pallier les déficiences de l'agriculture nord-coréenne, soumise à l'aléa des inondations et des sécheresses, dans un pays où les terres arables (la surface agricole utile) ne représentent qu'un sixième du territoire, l'aide alimentaire internationale est apparue vitale mais soumise aux aléas politiques. Pour sa part, Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations unies, avait vigoureusement plaidé en 2003 pour que les donateurs internationaux maintiennent leur effort : 

Dans un communiqué daté d'aujourd'hui, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a fait appel à la solidarité de la communauté internationale pour faire face à la grave situation humanitaire en République populaire démocratique de Corée (RPDC).

Le Secrétaire général précise que de nouvelles contributions des donateurs internationaux garantiraient, "au moins au cours des prochains mois", le maintien d'une aide humanitaire à la RPDC, permettant ainsi d'éviter une crise humanitaire majeure et d'établir les conditions propices au règlement pacifique de l'impasse politique actuelle.

Le Secrétaire général précise en outre qu'il a demandé à son Envoyé personnel en RPDC, Maurice Strong, de solliciter personnellement les principaux donateurs. Il a aussi invité tous les autres pays à participer à cet effort.

L'appel du Secrétaire général fait suite à l'entretien qu'il a eu ce matin avec M. Strong, de retour d'une récente mission en Corée du Nord. M. Strong, qui a eu de longues discussions avec les principaux dirigeants de Pyongyang et visité plusieurs installations du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Fonds de l'ONU pour l'enfance (UNICEF) dans ce pays, a recommandé que des mesures humanitaires soient prises d'urgence, compte tenu de la grave pénurie de vivres et de médicaments en RPDC.

ONU Info

Partisan d'une issue multilatérale à la question coréenne par la voie du dialogue, le secrétaire général des Nations unies avait également salué la reprise des pourparlers à six (entre les deux Corée, la Chine, les Etats-Unis, la Russie et le Japon) sur la question coréenne en juillet 2005, en soulignant à cette occasion la contribution positive de la République populaire de Chine et de la République de Corée (Corée du Sud) - en plaidant pour une dénucléarisation de (toute) la péninsule coréenne, treize ans avant l'adoption de la déclaration de Panmunjom lors du sommet inter-coréen 27 avril 2018 : 

La déclaration suivante a été communiquée aujourd’hui par le Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan :


Le Secrétaire général se félicite de l’accord auquel les négociateurs de la République populaire démocratique de Corée et des États-Unis sont parvenus à Beijing concernant la reprise des pourparlers à six durant la dernière semaine de juillet. Le Secrétaire général salue également les efforts intenses de la communauté internationale, et en particulier de la Chine et de la République de Corée, pour les travaux constructifs et inlassables qu’elles ont accomplis à cette fin.


Le Secrétaire général est fermement encouragé par la détermination des participants aux pourparlers à six de réaliser de véritables progrès lors de la reprise des pourparlers, qui devraient conduire à la négociation d’une zone dénucléarisée stable, sûre et prospère dans la péninsule coréenne. Il continue de penser que le dialogue, basé sur la bonne volonté et le respect mutuel, est la meilleure manière de parvenir à ces objectifs, quelles que soient les difficultés rencontrées, et il continuera de faire tout son possible pour soutenir ces travaux.

Nations unies - Couverture des réunions et communiqués de presse

Après son départ du secrétariat général des Nations unies, Kofi Annan avait été l'une des figures prééminentes des "Global Elders" (en français, anciens ou sages) pour résoudre des questions de portée universelle. A cet égard, il avait plaidé en décembre 2017 contre les risques d'escalade autour de la péninsule coréenne - ne citant nommément, en bon diplomate, aucune des parties, en sachant qu'il est des principes qui dépassent les clivages politiques et nationaux :  

« Aujourd’hui, les dirigeants vont dans la mauvaise direction (…) Les dirigeants abandonnent », ajoute M. Annan, se disant particulièrement préoccupé par l’escalade des tensions en Corée du Nord.

« Un seule méprise, une seule erreur et nous sommes tous victimes (…) Le déclenchement d’une guerre nucléaire peut ne pas découler d’une décision délibérée » mais d’un accident, avertit-il (...)

The Times of Israël

Puisse le message de paix et d'humanisme de Kofi Annan continuer à être entendu, et inspirer de nouvelles générations d'hommes et de femmes de bonne volonté, sincèrement attachés à la paix du monde et aux droits humains. 

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10 août 2018 5 10 /08 /août /2018 21:54

Le 9 août 2018, Martyn Williams a publié un article sur le site North Korea Tech (affilié au site de référence 38 North) sur l'ouverture d'un site Internet par l'Université de technologie Kim Chaek (acronyme anglais : KUT), l'une des principales universités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), spécialisée dans les disciplines scientifiques et techniques, à l'adresse suivante  : www.kut.edu.kp. Le lancement de ce site Internet coïncide avec le 70e anniversaire de la fondation de l'Université, qui doit aussi donner lieu à l'organisation d'un colloque, en septembre 2018.

L'Université Kim Chaek lance son site Internet

Comme le précise Martyn Williams, il s'agit du deuxième site Internet d'une université nord-coréenne - après celui de l'Université Kim Il-sung, dont le design est d'ailleurs proche de celui de l'Université Kim Chaek. Le site, bilingue (coréen et anglais), traduit une volonté d'échanges extérieurs accrus, notamment dans le domaine universitaire : si l'Intranet nord-coréen compte en effet de nombreux sites, les sites nord-coréens reliés au réseau Internet restent encore peu nombreux (North Korea Tech en dresse d'ailleurs un inventaire). De fait, l'Université Kim Chaek a déjà établi quelques coopérations internationales notables, comme avec l'Université Syracuse, aux Etats-Unis, pour le développement (entre autres) d'une bibliothèque digitale.

Alors que les informaticiens nord-coréens bénéficient d'un niveau international réel mais encore trop souvent méconnu (à cet égard, Martyn Williams mentionne notamment les résultats atteints par les Nord-Coréens dans la compétition internationale de programmation CodeChef, Kim Song-il ayant obtenu le maximum de points lors de l'édition qui s'est tenue en mai 2018), il y avait aussi quelque paradoxe à ce qu'une des plus prestigieuses (sinon la plus prestigieuse) universités de la RPD de Corée formant des informaticiens ne dispose pas encore de son site Internet.

Parmi les autres universités prestigieuses nord-coréennes dans le domaine de l'informatique figurent l'Université Kim Il-sung, généraliste, et l'Académie militaire Mirim. 

Source : 

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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 17:10

Du 18 août au 2 septembre 2018, les villes indonésiennes de Jakarta et Palembang accueilleront les 18e Jeux asiatiques. Les athlètes nord et sud-coréens défileront ensemble lors des cérémonies d'ouverture et de clôture et formeront des équipes unifiées dans plusieurs épreuves (basket, canoë, aviron). A cette occasion, les chefs d'Etat ou de gouvernement des nations participantes ont été invités en Indonésie - dont le Président Moon Jae-in et le Président Kim Jong-un. En ce qui concerne le dirigeant nord-coréen, l'invitation a été transmise par une délégation indonésienne qui s'est rendue en République populaire démocratique de Corée. Nous traduisons ci-après de l'anglais une dépêche de l'agence Reuters publiée par le Korea Herald, principal quotidien sud-coréen de langue anglaise, rendant compte de cette visite - de manière assez factuelle, même si plusieurs commentaires (notamment sur la volonté des Nord-Coréens d'honorer - ou non - leurs engagements en matière de dénucléarisation) traduisent un point de vue qui ne reflète pas celui de l'AAFC. Traduction AAFC-BA.

L’Indonésie invite le Nord-Coréen Kim Jong-un aux Jeux asiatiques

Une délégation d’officiels indonésiens a visité la Corée du Nord cette semaine afin de remettre une invitation de la part du Président Joko Widodo au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pour assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux asiatiques à Jakarta en août, a déclaré la Police nationale indonésienne.

Puan Maharani, ministre des Affaires culturelles et à la Coordination du Développement Humain, était accompagnée par plusieurs autres représentants du gouvernement et de la police lors de sa visite à Pyongyang, selon une information provenant de la Police nationale ce lundi.

« La principale raison de notre venue (à Pyongyang) est de transmettre une invitation officielle au Président de la Corée du Nord pour assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux asiatiques le 18 août », a déclaré Mme Maharani selon cette même source.

Le Président Kim Jong-un le 10 juin 2018

Le Président Kim Jong-un le 10 juin 2018

Mme Maharani et les délégués indonésiens ont rencontré Kim Yong-nam, le chef d’Etat en titre et président du Présidium de l’Assemblée Populaire Suprême lundi, a ajouté la Police nationale.

Elle a également discuté des relations inter-coréennes lors de sa visite ainsi que des questions régionales et des résultats de la police indonésienne dans sa lutte contre l'extrémisme.

Le vice-Premier ministre Ri Ryong-nam, le vice-ministre des Affaires étrangères Choe Hui-chol, le directeur général adjoint du département Asie Park Hyun-chol et le directeur du département Asie Ri Ho-joon ont également participé à la réunion, toujours selon le communiqué.

Les gouvernements des deux Etats coréens se sont mis d’accord pour proposer un défilé commun [des athlètes] lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux asiatiques qui auront lieu d’août à septembre, ce qui est un signe parmi d'autres pour réduire les tensions liées aux ambitions nucléaires de Pyongyang.

La Corée du Nord et la Corée du Sud ont marché sous le drapeau de la Corée unifiée pendant la cérémonie d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang. Les Jeux Asiatiques, accueillis par les villes de Jakarta et de Palembang, seront sans doute l’occasion de cimenter cette relation.

La Corée sera probablement un sujet important durant les Jeux alors que des doutes apparaissent concernant la promesse de Kim Jong-un de travailler à la dénucléarisation de son pays, faites pendant le sommet avec le président américain Donald Trump à Singapour en juin.

Un autre délégué indonésien, le chef adjoint de la Police nationale Syafruddin, assure que l’Indonésie garantit la sécurité des délégations de tous les pays présents aux jeux d’Asie, y compris la Corée du Nord.

« Du point de vue de la sécurité l'Indonésie est très stable. Ne vous inquiétez pas et n'ayez pas de doutes », a ajouté Syafruddin, qui comme beaucoup d’Indonésiens ne possède qu’un unique nom.

Source :

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 21:56

Alors que le président nord-coréen Kim Jong-un a achevé sa troisième visite en Chine en l'espace de trois mois, et que le président sud-coréen Moon Jae-in s'apprête à partir pour la Russie pour rencontrer le président Vladimir Poutine (et accessoirement assister au match de la coupe du monde du football entre la Corée du Sud et le Mexique), la recomposition diplomatique en cours s'accélère, après le sommet de Singapour entre les présidents Donald Trump et Kim Jong-un. Pour sa part, le président américain s'est concerté avec son allié sud-coréen pour ne pas mener en août prochain les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes - conformément à l'engagement qu'il avait pris de cesser les "exercices de guerre" "provocateurs" vis-à-vis de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Analyse - avec en annexe un compte rendu de l'entretien donné par le président de l'AAFC à RT France le 19 juin 2018.

Kim Jong-un et Xi Jinping le 19 juin 2018

Kim Jong-un et Xi Jinping le 19 juin 2018

Le chemin sera long sur la voie de la normalisation des relations entre les Etats-Unis et la RPD de Corée, d'autant que la dénucléarisation de la péninsule coréenne devra avoir pour contrepartie des garanties de sécurité à l'égard de la Corée du Nord non seulement de la part des Etats-Unis, mais aussi dans un cadre collectif amené à impliquer la Chine et la Russie. Dans ce contexte, il est logique que Pékin et Moscou souhaitent être étroitement associés au processus de recomposition diplomatique en cours. Si le troisième sommet entre Xi Jinping et Kim Jong-un a porté sur la dénucléarisation de la Corée, les relations bilatérales et l'amélioration des échanges économiques (en mettant notamment l'accent sur le renforcement des liaisons de transport, la présence du Premier ministre Pak Pong-ju aux côtés du dirigeant nord-coréen étant symptomatique de la priorité donnée au développement économique), une nouvelle fois le dirigeant nord-coréen a très certainement informé son allié chinois (en vertu du traité d'alliance de 1961, toujours valide) des résultats de sa rencontre avec le Président Trump - le numéro un chinois avait déjà rappelé, lors de sa première rencontre de 2018 avec le Président du Parti du travail de Corée, qu'il entendait réaffirmer l'alliance stratégique Pékin-Pyongyang, ce qui implique des échanges d'informations en ce domaine.

La Russie, d'une certaine manière en concurrence avec la Chine pour être un partenaire sinon privilégié du moins majeur de Pyongyang,  alors qu'elle n'est plus le principal partenaire politique et économique de la RPD de Corée depuis la disparition de l'URSS, a une diplomatie plus audacieuse : elle mentionne plus directement que la Chine a la nécessité de lever les sanctions économiques qui frappent la RPDC sans attendre la fin du processus de dénucléarisation qui, selon les experts, prendra des années. C'est en ce sens qu'il faut interpréter la visite d'Etat, au cours des prochains jours, de Moon Jae-in en Russie : alors que le dialogue direct qui s'est établi entre Washington et Pyongyang, avec Pékin en juge de paix, pourrait tendre à marginaliser Moscou et Séoul sur les questions de sécurité, ces deux capitales réaffirment leurs convergences de vue en ce domaine, dessinant une possible convergence qui permettrait à la Corée du Sud de s'affranchir (un peu) de la tutelle militaire américaine sans nécessairement devoir se coordonner avec la Chine (d'autant que le contentieux bilatéral sur le déploiement de THAAD n'est pas entièrement soldé). La Russie n'est peut-être plus un acteur économique majeur en Asie du Nord-Est, mais elle reste un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et a une courte frontière commune avec la Corée du Nord : alors que la relance du contentieux commercial entre Pékin et Washington ne fait pas nécessairement de la Chine le meilleur arbitre d'un différend potentiel entre la Corée du Nord et les Etats-Unis sur le rythme, les modalités et le contreparties du processus de dénucléarisation, la Russie pourra utilement apporter ses bons offices. Dans l'immédiat, il s'agit pour elle de ne pas être marginalisée dans le processus multilatéral en cours - si elle a été partie aux pourparlers à six sur la dénucléarisation de la Corée, elle ne figurait pas (de même que le Japon) dans les pourparlers à quatre qui s'étaient mis en place lors de la première crise nucléaire, dans les années 1990.

Reste l'inconnue japonaise. Le très conservateur Premier ministre japonais Shinzo Abe a dû être réconforté que Donald Trump ne signe pas un accord global détaillé le 12 juin 2018 : Tokyo a le temps d'infléchir sa stratégie d'intransigeance à l'égard de Pyongyang, le temps de voir la rapidité - ou non - de la résolution des questions en suspens entre la RPD de Corée et les Etats-Unis d'Amérique. Dans tous les cas, fautes d'alliés de premier plan pour maintenir une pression maximale sur Pyongyang, le Japon doit déjà se préparer à une inflexion diplomatique, qui pourrait passer par une normalisation des relations diplomatiques, voire une visite de Shinzo Abe à Pyongyang - tout en continuant certainement à défendre des positions sceptiques tendant à parier sur l'échec des discussions américano - nord-coréennes.

Annexe : compte rendu de l'interview sur RT France le 19 juin 2018, au journal de 21h

Magali Forestier (MF), présentatrice du journal télévisé reçoit le président de l’AAFC, Benoit Quennedey (BQ).

-MF : Donald Trump suspend les prochains exercices de guerre, il respecte ses engagements, c’était une volonté de la Corée du nord qui les considérait comme une agression.

-BQ : Ces exercices de guerre sont les plus grandes manœuvres militaires en temps de paix, et elles n’ont cessé de gagner en ampleur depuis leur début dans les années 1970. C’est d’ailleurs Donald Trump lui-même qui utilise le terme "exercices de guerre" en remarquant qu’ils ont un caractère "provocateur". Ceux-ci s'inscrivent dans le cadre des dispositifs OPLAN qui ont pour but un changement de régime à Pyongyang. Cette suspension tant qu’il y a des négociations en cours et que la Corée du Nord arrête ses essais nucléaires et de tirs balistiques intercontinentaux revêt une importance considérable. En d"autres termes, on crée les conditions de la confiance pour engager le dialogue sur une bonne voie.

-MF : Aujourd’hui le leader nord-coréen est en Chine, quel est l’objet de cette visite ?

-BQ : C’est la troisième visite en trois mois. La Chine est le poumon économique de la Corée du Nord. Celle-ci est étranglée par des sanctions économiques. Donald Trump a dit que la levée des sanctions n’était pas à l’ordre du jour. Mais au-delà du vote par le Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine a une certaine marge de manœuvre dans leur application. Le premier objectif des Nord-Coréens est d’obtenir un soutien chinois en cas d’échec des négociations avec les Américains et déjà de subir une application moins stricte des sanctions. Deuxième objectif important : la Chine et la Corée du Nord restent liées par une alliance militaire datant de 1961, aux termes de laquelle les deux parties doivent se consulter sur les questions d’intérêt mutuel. On peut donc penser que les Nord-Coréens ont rendu compte de la rencontre avec le président Donald Trump, ce qui répond aussi à la volonté des Chinois d’être pleinement partie prenante du jeu diplomatique qui se met en place.

-MF : Cette cessation des manœuvres militaires fait extrêmement peur au Japon qui a toujours compté sur son allié américain pour protéger cette région. Donald Trump prend des décisions sans même consulter ses alliés historiques...

-BQ : Lors de son annonce du 12 juin, ni le commandement américain, ni la Corée du Sud n’avaient manifestement été informés et ils ont réagi avec surprise. Le Japon est dans un situation de confrontation ancienne avec la Corée du Nord au point d’avoir participé aux récentes manœuvres militaires américano-Sud-Coréennes. Le Japon a poussé à la montée des tensions et est aujourd’hui dans une position jusqu'au-boutiste dans laquelle il s’est un peu marginalisé. Comme lors de l’établissement des relations entre les Etats-Unis et la Chine populaire en 1972 le Japon ne veut pas être marginalisé… On peut penser que le Japon vise un sommet avec la Corée du Nord. Dans le jeu diplomatique en cours c’est la dernière pièce du puzzle qui manque.

- MF : Donald Trump a tendance à annoncer les choses de façon rapide sans même consulter parfois ses conseillers à la défense. Il semble que certains membres du Pentagone aient été surpris.

BQ : Les membres du Pentagone sont extrêmement réticents vis-à-vis de la Corée du Nord qu’ils considèrent comme un pays retors et susceptible de ne pas tenir ses engagements, mais les Etats-Unis ont montré qu’ils ne tenaient pas non plus leurs engagements. On est dans un jeu de poker menteur. Il faut aussi voir que dans l’administration américaine il n’y pas un bloc homogène. Entre Mike Pompeo qui est devenu l’interlocuteur des Nord-Coréens et qui a rencontré plusieurs fois Kim Jong-un à Pyongyang, et John Bolton le faucon interventionniste qui justifie la guerre en Irak, hier, aujourd’hui et s'il le faut demain, les positions ne sont pas du tout les mêmes. Il est probable que, pour ne pas avoir de bâtons dans les roues, Donald Trump a choisi les interlocuteurs qu'il a mis dans la confidence.

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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 22:29

Dans une dépêche relatant que le Président Bachar el-Assad avait reçu les lettres de créances du nouvel ambassadeur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à Damas, S.E. Mun Jong-nam, l'agence nord-coréenne KCNA a annoncé que le président syrien allait se rendre à Pyongyang et rencontrer le Président Kim Jong-un. Si la nouvelle est confirmée par les Syriens, elle pourrait faire du Président Bachar el-Assad, qui se déplace rarement à l'étranger, le premier chef d'Etat étranger à visiter la RPD de Corée depuis l'accession du Maréchal Kim Jong-un aux plus hautes fonctions de l'Etat et du Parti. 

KCNA annonce la visite de Bachar el-Assad en Corée du Nord : un demi-siècle de solidarité coréano-syrienne

Ce n'aurait pu être que l'une des classiques dépêches d'agence nord-coréennes signalant que l'un des ambassadeurs de la RPD de Corée a reçu ses lettres de créance, et rappelant l'importance des liens bilatéraux avec Pyongyang, qui ne suscitent que très rarement l'intérêt des médias occidentaux. Mais le retentissement médiatique a été cette fois exceptionnel, et pour cause, avec l'annonce de la visite en RPD de Corée du Président Bachar el-Assad - ce qui est par ailleurs le signe que, dans l'offensive diplomatique en cours, Pyongyang n'oublie pas ses alliés les plus anciens et les plus fidèles. 

Selon l'agence KCNA, le Président Assad aurait loué les qualités du dirigeant nord-coréen pour les progrès réalisés sur la scène internationale :

Le monde salue les événements remarquables survenus récemment dans la péninsule de Corée grâce à l’envergure exceptionnelle et la sagesse du leadership de Kim Jong Un .

C'est à la fin des années 1960 que l'établissement de relations diplomatiques bilatérales s'est traduit par l'ouverture d'une ambassade nord-coréenne à Damas et d'une ambassade syrienne à Pyongyang. La RPD de Corée a ensuite apporté un soutien constant à la Syrie dans les conflits israélo-arabes. Ainsi, en 1973, des pilotes nord-coréens sont intervenus dans la guerre israélo-arabe - à la demande des autorités égyptiennes, comme le précise Pyongyang - et leur participation au conflit est ainsi saluée dans le chapitre 99 du volume Affaires militaires de la collection "Connaissances de la Corée", publié aux éditions en langues étrangères de Pyongyang en 2016 : 

En mars 1973, la RPDC, acquiesçant à la demande du gouvernement égyptien, a pris une mesure d'envoyer un grand nombre d'aviateurs et spécialistes militaires sur le front égyptien.

Les pilotes coréens en Egypte ont accompli avec brio leurs tâches antiaériennes dans les parages de la mer Rouge, le plus faible point du front de ce pays et, dès le début de la guerre, ont anéanti des avions ennemis orgueilleux par un courage incomparable et des techniques ingénieuses de combat aérien.

Tout le long de la guerre, les avions américains et israéliens n'ont pas osé apparaître aux environs de la mer Rouge.

D'autre part, le groupe de conseillers militaires coréens a élaboré un nouveau plan tactique consistant à attaquer à la fois de flanc, par derrière et de front et, sur cette base, a fait sortir une puissante aviation sur la Médterrannée pour qu'elle frappe par surprise l'armée israélienne par derrière, apportant ainsi une contribution remarquable à acculer celle-ci à l'impasse.

Il s'agit de l'une des rares mentions par la RPD de Corée de l'envoi de conseillers militaires et de sa participation à un conflit à l'extérieur de la Corée (également mis en valeur dans le Musée de la Victoire de la guerre de Corée, inauguré en 2013) - avec la mention de l'envoi d'une unité du génie (pour construire des galeries) et de pilotes au Vietnam pendant la guerre de libération du pays (Affaires militaires, op. cit., paragraphe 98). 

La RPD de Corée a apporté un soutien constant (politique, diplomatique, militaire) au gouvernement syrien pour faire "face à l'impérialisme" dès le début de la guerre civile, exprimé notamment lors de la réception par le Président Kim Jong-un d'une délégation du parti arabe socialiste Baath en juillet 2013, à Pyongyang, dans le cadre des cérémonies marquant le soixantième anniversaire de la fin de la fin de la guerre de Corée. 

Pour sa part, la Syrie a toujours soutenu la RPD de Corée - y compris au paroxysme des tensions diplomatico-militaires en 2017. Un jardin de 9 000 m2 a été inauguré à Damas en août 2015 et baptisé du nom du Président Kim Il-sung, fondateur de la RPD de Corée. Interrogé par l'AFP, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad avait souligné, lors de la cérémonie d'inauguration, qu'il convenait de rendre hommage à "un leader historique célèbre pour la lutte de libération" de son pays.  

Lire aussi, sur le blog de l'AAFC : 

Sources : 

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 21:25

Moins d'un mois et demi après sa visite en République populaire de Chine, du 25 au 28 mars 2018, dans le cadre de son premier déplacement à l'étranger depuis 2011, le Président Kim Jong-un a rencontré une nouvelle fois le Président Xi Jinping, à Dalian cette fois, dans le nord-est de la Chine, les 7 et 8 mai 2018. Ces nouveaux échanges au sommet témoignent de la mise en place de mécanismes de consultation entre les deux parties au plus haut niveau, dans le cadre du dialogue stratégique manifestement instauré lors de la visite de mars 2018 - avant le sommet à venir entre Donald Trump et Kim Jong-un, et au lendemain du déplacement en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de Wang Yi, conseiller d'Etat et ministre des Affaires étrangères chinois. 

Nouvelle rencontre entre Kim Jong-un et Xi Jinping en Chine

C'est dans le cadre bucolique de Dalian qu'ont eu lieu les échanges entre les deux hommes d'Etat, dont l'agence chinoise Xinhua a rappelé non seulement les fonctions dans l'appareil d'Etat, mais aussi (et d'abord, car mentionnées en premier) celles au sein du Parti : 

Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et président chinois, a rencontré Kim Jong Un, président du Parti du travail de Corée (PTC) et président de la Commission des Affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), à Dalian, dans la province chinoise du Liaoning (nord-est), les 7 et 8 mai.

La rencontre a ainsi été replacée dans le cadre de la traditionnelle solidarité entre pays socialistes, en soulignant les liens d'amitié noués entre la RPD de Corée et la Chine et le développement des relations bilatérales, alors que Pékin a apporté son soutien à la priorité donnée par la RPD de Corée au développement de son économie. Selon l'agence Xinhua, 

M. Kim a observé qu'il était venu en Chine à nouveau pour rencontrer le secrétaire général et l'informer de la situation, espérant renforcer la communication stratégique et la coopération avec la Chine, approfondir l'amitié entre la RPDC et la Chine, et promouvoir la paix et la stabilité régionales.

Le communiqué chinois souligne à plusieurs reprises la convergence de vues des deux pays pour contribuer "à la paix et à la stabilité de la région". A cet égard, le Président Kim Jong-un a souligné que son engagement pour la dénucléarisation était conditionné à l'abandon par les Etats-Unis de leur politique hostile à l'égard de la RPD de Corée et à la levée des "menaces sécuritaires" à son encontre : 

La RPDC a adopté une position constante et claire pour réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne, a fait savoir M. Kim. Tant que les parties concernées renoncent à leurs politiques hostiles et lèvent les menaces sécuritaires contre la RPDC, la RPDC n'a pas besoin d'être un état nucléaire et la dénucléarisation peut être réalisée, a-t-il indiqué.

Ce point crucial - qui souligne le rôle que devrait être amenée à jouer la Chine comme garant d'un accord apportant à Pyongyang les garanties de sécurité qu'elle attend - a d'ailleurs été souligné par Xi Jinping, dans l'entretien qu'il a ensuite eu avec Donald Trump. Selon une dépêche AFP citant les médias chinois : 

Quelques heures plus tard, le président chinois a, lors d'une conversation téléphonique avec Donald Trump, demandé à ce dernier de prendre en compte les "préoccupations de sécurité raisonnables" de Pyongyang.

Pour sa part, la Maison Blanche a préféré insister sur le fait que les Etats-Unis et la Chine ont convenu de "poursuivre l'application des sanctions" jusqu'au démantèlement du programme nucléaire nord-coréen : 

Selon un communiqué de la Maison Blanche, les deux dirigeants "sont tombés d'accord sur l'importance de la poursuite de l'application des sanctions contre la Corée du Nord jusqu'au démantèlement permanent de ses programmes nucléaire et balistique".

L'agence Xinhua a cependant cité le dirigeant nord-coréen en précisant que selon lui il serait nécessaire de bâtir des relations de confiance mutuelle, et que donc des mesures devraient être prises simultanément par les Etats-Unis - sans attendre par conséquent le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen : 

M. Kim a espéré que la RPDC et les Etats-Unis bâtiraient la confiance mutuelle à travers le dialogue et que les parties concernées prendraient des mesures progressives et synchronisées de manière responsable, afin de faire avancer globalement le règlement politique de la question de la péninsule coréenne et d'atteindre finalement la dénucléarisation et une paix durable sur la péninsule.

Si le président américain a lui aussi parlé de l'instauration de relations de confiance, il n'a toutefois pas encore formulé de premières contreparties pour instaurer le processus qui permettra d'atteindre l'objectif ultime de dénucléarisation de la RPD de Corée. Comme l'avait tweeté Donald Trump avant son entretien téléphonique avec le Président Xi Jinping : 

Je parlerai avec mon ami le président chinois Xi à 8 h 30 ce matin. Les sujets principaux seront le commerce, sur lequel de bonnes choses vont se produire, et la Corée du Nord, où des liens et la confiance sont en train d’être bâtis.

Il reste donc manifestement des ajustements à opérer pour accorder les positions de Pyongyang et Washington. Et c'est en ce domaine que, sans attendre l'accord final de dénucléarisation, la Chine peut d'ores et déjà jouer un rôle important, par une mission de bons offices consistant à rapprocher les points de vue. A cet égard, il n'est pas anodin que le Président Kim Jong-un ait salué - lui aussi - le rôle de facilitateur joué par la Chine, souligné par le Président Xi Jinping qui a déclaré, selon Xinhua : 

La Chine est prête à continuer à travailler avec toutes les parties concernées et à jouer un rôle actif pour faire avancer de manière complète le processus de résolution pacifique du dossier péninsulaire par le dialogue, et réaliser la paix et la stabilité à long terme dans cette région.

Le processus en cours est donc bien multipartite, équilibré entre chacune des parties impliquées (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine), ce qui accroît les chances de parvenir à un accord satisfaisant les intérêts de tous les acteurs.

Nouvelle rencontre entre Kim Jong-un et Xi Jinping en Chine

Sources : 

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