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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 22:59

Du 5 au 7 mai 2015 ont eu lieu à Shenyang en Chine des rencontres à un niveau non-gouvernemental entre Coréens du Nord, du Sud et de la diaspora pour organiser des commémorations conjointes du 15e anniversaire de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000, conclue à l'occasion d'un sommet historique à Pyongyang entre le Président de la République de Corée (Corée du Sud) Kim Dae-jung et le Dirigeant Kim Jong-il, Président de la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Si les gouvernements des deux Etats coréens avalisent les projets, ce sera la première fois depuis 2008 qu'auront lieu des célébrations intercoréennes communes de la déclaration du 15 juin 2000.

La partie Sud du Comité préparatoire annonce les résultats des négociations en vue de la commémoration conjointe Nord-Sud de la déclaration du 15 juin 2000.

La partie Sud du Comité préparatoire annonce les résultats des négociations en vue de la commémoration conjointe Nord-Sud de la déclaration du 15 juin 2000.

Si le contenu des manifestations n'a pas été précisé à ce stade, il est attendu qu'il consiste notamment en des événements sportifs et culturels conjoints. Des cérémonies seraient organisées à Séoul entre le 14 et le 16 juin 2015.

Il s'agirait des premières manifestations communes depuis les cérémonies qui avaient eu lieu dans les monts Kumgang, au Nord, en 2008.

Par ailleurs, les différentes parties ont discuté de l'organisation d'événements communs à l'occasion du 70e anniversaire de la libération de l'occupation japonaise, le 15 août 1945. La période du 15 juin au 15 août prochains sera ainsi considérée comme marquant la réconciliation intercoréenne. Selon le communiqué conjoint, "au cours de cette période, les deux pays comptent organiser des évènements conjoints et des projets de coopération pour promouvoir l’unité nationale, la réconciliation et avancer vers la réunification".

Par ailleurs, des supporters nord-coréens pourraient participer aux Universiades d'été de Gwangju, du 3 au 14 juillet 2015, la RPD de Corée y étant favorable selon un responsable sud-coréen ayant participé à la réunion préparatoire à Shenyang, du 3 au 7 mai derniers.

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 17:42

Le 2 mai 2015, les médias de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont rendu compte de l'arrestation d'un étudiant sud-coréen de 21 ans, ayant le statut de résident permanent aux Etats-Unis (où sa famille s'est installée en 2001), Joo Won-moon (ou Won-moon Joo, si l'on suit l'usage américain de placer le nom de famille coréen, monosyllabique, après le prénom). Joo Won-moon est entré illégalement en RPD de Corée le 22 avril. Le 5 mai, Will Ripley, un journaliste américain de CNN, a interviewé Joo dans une vidéo filmée : l'étudiant a déclaré, par son geste, avoir voulu contribuer à l'amélioration des relations intercoréennes. Mais comment et pourquoi ?

Pourquoi l'étudiant sud-coréen Joo Won-moon est-il entré illégalement en Corée du Nord ?

Si des Sud-Coréens ou des Coréens américains ont déjà été arrêtés en RPD de Corée, c'est en général pour des motifs considérés comme portant atteinte à la sécurité publique - espionnage ou prosélytisme religieux. Une équipe de CNN actuellement en Corée du Nord a d'ailleurs rencontré deux autres Coréens arrêtés par les autorités nord-coréennes et accusés d'espionnage, Kim Kuk-gi et Choe Chun-gil. Les journalistes de CNN ont aussi demandé un entretien avec Jon Won-moon, que Will Ripley a pu interviewer à l'hôtel Koryo, à Pyongyang, en décrivant un jeune homme détendu et souriant. Ses conditions d'entrée et d'arrestation en RPDC apparaissent plus singulières.

Etudiant en commerce à l'Université de New York, Joo Won-moon est entré illégalement en RPDC le 22 avril en traversant à la nage le fleuve Yalu qui sépare la Chine et la Corée, après avoir franchi deux rangées de fil barbelé. Il a poursuivi son chemin à travers champs avant d'être arrêté par des soldats nord-coréens. Contrairement à d'autres Coréens ayant pénétré sans autorisation sur le territoire nord-coréen, il ne semble pas avoir cherché à se cacher ni à rencontrer d'autres Nord-Coréens. Il a d'ailleurs déclaré à CNN qu'il était prêt à se faire arrêter, conscient d'avoir gravement enfreint non seulement la loi nord-coréenne, mais plus généralement les règles de droit international.

Quand le journaliste Will Ripley lui a demandé les raisons pour lesquelles il était entré en Corée du Nord, Joo Won-moon a déclaré qu'il était conscient d'avoir commis un délit, mais qu'il espérait que cet incident créerait les conditions d'une amélioration des relations intercoréennes :

J'espérais que mon entrée, illégalement je le reconnais, pourrait entraîner quelque grand événement, avec l'espoir que cela aurait un effet positif sur les relations entre le Nord et le Sud [de la Corée] [...] Evidemment, je n'en suis pas encore totalement sûr, mais j'espère que je pourrai dire au monde comment un simple étudiant d'université a pu entrer illégalement en RPDC [...] et rentrer chez lui en sécurité grâce au traitement généreux de la RPDC.

Plusieurs éléments doivent être pris en considération pour apprécier cette réponse en évitant un jugement européo-centré : tout d'abord, l'impossibilité pour un Sud-Coréen d'avoir le moindre contact avec les Nord-Coréens en application de la loi de sécurité nationale. Dès lors, la curiosité qui a animé Joo Won-moon est celle de bien des Sud-Coréens, et sa volonté de voir puis de témoigner (alors qu'il n'est qu'un "simple étudiant") est compréhensible... dès lors qu'il sera libéré, ce dont il exprime ouvertement le souhait, ce qui ne fait d'ailleurs guère de doutes au regard des précédents et du caractère relativement limité de l'infraction commise par rapport à d'autres actes qualifiés de crimes dans le droit nord-coréen.

Mais plus fondamentale est l'idée, avancée par Joo Won-hoon, de créer un incident et d'amener ainsi à des discussions intercoréennes (à noter qu'à aucun moment ne sont évoquées les relations entre la RPDC et les Etats-Unis, bien que Joo ait le statut de résident permanent aux Etats-Unis). Le raisonnement est loin d'être absurde : à plusieurs reprises, les Etats-Unis ont dépêché à Pyongyang des émissaires de haut niveau - comme l'ancien Président Bill Clinton - pour obtenir la libération de leurs ressortissants, souvent coréens, arrêtés en RPDC (dans le cas de Bill Clinton, les journalistes Laura Ling et Euna Lee, elles aussi entrées illégalement en Corée du Nord). Et de fait, un canal de dialogue s'était ainsi instauré. Que cet exemple ait pu marquer Joo Won-hoon, qui vit aux Etats-Unis depuis quatorze ans, est probable, le jeune homme exprimant par ailleurs des marques de respect pour la République populaire démocratique de Corée (qu'il désigne toujours de son nom officiel).

Mais ce qui a valu pour les relations américano-nord-coréennes peut-il être transposé aux relations intercoréennes ? Il est permis d'en douter, tant les suspicions sont fortes de part et d'autre. Le gouvernement sud-coréen, en appelant à la libération immédiate de Joo Won-hoon, a dénoncé selon lui une pratique de Pyongyang contraire aux droits de l'homme, en n'ayant pas informé immédiatement de l'arrestation de Joo Won-hoon. Cette critique apparaît pourtant déplacée si l'on considère que les soldats sud-coréens, eux, n'ont pas hésité encore récemment à tuer certains de leurs compatriotes qui tentaient de gagner le Nord en fuyant le Sud.

Le New York Post a vu dans le geste de Joo un plaidoyer pour la paix ; certainement, mais plus basiquement l'étudiant a manifestement souhaité voir les deux gouvernements coréens discuter directement, le désir de réunification de leur pays animant les Coréens.

Interrogé enfin par Will Ripley sur ce le message qu'il souhaitait faire passer, Joo Won-hoon a eu un mot pour ses parents et ses proches, en soulignant qu'il était bien nourri, qu'il avait bien dormi et qu'il voulait s'excuser pour l'inquiétude qu'il leur donnait. Les autres étrangers arrêtés en Corée du Nord sont, de fait, bien traités. Ce qui nous semble toutefois le plus intéressant dans cette réponse est son caractère profondément coréen, dans  le respect des aînés et des parents. Si l'on veut comprendre Joo Won-hoon, il faut le considérer d'un point de vue coréen, et formuler avec lui le voeu que son geste, qui apparaît teinté d'idéalisme, puisse effectivement avoir un effet bénéfique sur les relations Nord-Sud.



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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 23:03

Le 26 mars 2010, le Cheonan, corvette de la marine sud-coréenne, sombrait au large de l'île de Baegnyeong, à l'ouest de la péninsule coréenne, entraînant la mort de 46 marins. Suite à ce naufrage, sur la base d'une enquête controversée attribuant à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) la responsabilité du drame du 26 mars, le gouvernement sud-coréen a pris des sanctions à l'encontre de la RPDC, malgré les dénégations de cette dernière. Ces sanctions ont porté le coup le plus sévère au dialogue intercoréen après l'arrivée au pouvoir des conservateurs en 2008 en Corée du Sud. Cinq ans après le naufrage du Cheonan, il apparaît plus urgent que jamais de rouvrir l'enquête pour établir de manière incontestable les causes réelles du naufrage du Cheonan. La thèse dite de la torpille nord-coréenne est en effet de plus en plus contestée, et pas seulement par la Corée du Nord.

Emplacement du naufrage du "Cheonan" le 26 mars 2010

Emplacement du naufrage du "Cheonan" le 26 mars 2010

Pour élucider les causes du naufrage de la corvette Cheonan, le 26 mars 2010, le gouvernement sud-coréen a mis en place un groupe d'enquête principalement composé d'experts civils et militaires de Corée du Sud et des Etats-Unis auxquels se sont joints ceux de deux pays alliés (l'Australie et le Royaume-Uni) et d'un pays neutre (la Suède). Dès le 20 mai 2010, le rapport intermédiaire du groupe d'enquête (confirmé le 13 septembre suivant) a imputé le naufrage du 26 mars à une torpille nord-coréenne, des accusations aussitôt rejetées par la RPD de Corée.

Sur la base des conclusions du rapport d'enquête intermédiaire, le gouvernement sud-coréen a pris le 24 mai 2010 des mesures de rétorsion contre la RPDC : reprise de la diffusion de messages de propagande par tracts et par haut-parleurs à la frontière avec le Nord, manœuvres sous-marines conjointes avec les Etats-Unis en mer de l'Ouest, fermeture du détroit de Jeju (extrême sud de la péninsule coréenne) aux navires nord-coréens, suspension des relations commerciales avec la RPDC, arrêt de tout investissement en RPDC, et restriction des contacts entre Coréens du Sud et du Nord. Ce sont ces mesures qui ont porté le coup le plus grave aux déclarations Nord-Sud pourtant signées au plus haut niveau des deux Etats coréens le 15 juin 2000 et le 4 octobre 2007.

A la veille du cinquième anniversaire du naufrage du Cheonan, le département politique de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée a tenu à exposer, le 24 mars 2015, ce qui reste la position de principe de la RPDC à l'égard des "mesures du 24 mai" consécutives à un naufrage "qui ne la concerne en rien":

 

"[...] Premièrement, nous ne modifierons pas notre position selon laquelle le Sud doit immédiatement lever les sinistres 'mesures' qu'il a concoctées sous le prétexte absurde de l'affaire du naufrage du navire de guerre Cheonan, sans perdre de temps. Ces 'mesures' s'appuient sur la fiction d'une 'implication du Nord dans le naufrage'.

L'absence de fondements justes rend ces mesures déraisonnables.

Deuxièmement, le Sud devrait clairement comprendre qu'exiger des 'excuses' et une 'expression de regrets' comme préalable à la levée des 'mesures' est un sophisme qui ne pourra jamais fonctionner.

Si quelqu'un demande au Nord de 's'excuser' pour lever les 'mesures', cela sera considéré comme une intolérable moquerie à l'égard de la RPDC et une déclaration de confrontation avec elle.

Si les autorités sud-coréennes souhaitent réellement une amélioration des relations Nord-Sud, elles doivent garder à l'esprit que la première chose à faire est de lever les 'mesures'.

Troisièmement, la RPDC maintient sa position selon laquelle l'enquête doit, si nécessaire, être immédiatement rouverte pour établir de manière scientifique la vérité sur ce naufrage qui a abouti à ces sinistres 'mesures', même si cela arrive tardivement.

Si les autorités sud-coréennes souhaitent réellement le règlement de cette question, elles doivent avoir le courage de prendre la décision d'accepter toutes les propositions faites par la RPDC pour régler l'affaire concernant le naufrage.

Si elles considèrent qu'il est difficile de répondre aux propositions de la RPDC, elles peuvent juste apporter à Panmunjom [dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée], ou à tout autre endroit convenu, les matériaux et preuves liés au naufrage pour seulement laisser la RPDC livrer ouvertement au monde la vérité au sujet de cette affaire. […]"

 

Les "mesures du 24 mai" n'ont jamais été remises en question par les autorités de Séoul après 2010, malgré les doutes croissants sur la version américano-sud-coréenne d'une implication de la Corée du Nord dans le naufrage du Cheonan, doutes exprimés, dès la publication des résultats de l'enquête officielle, par, entre autres, les experts de la marine russe qui ont eu accès aux "preuves" avancées pour accuser la RPDC, par des scientifiques indépendants et même par un ancien membre du groupe officiel d'enquête.

A la suite de l'exposé du 24 mars 2015 de la "position de principe" de la Commission de la défense nationale, la mission de l'Armée populaire de Corée (du Nord) à Panmunjom a accusé les Etats-Unis d'avoir "monté l'affaire du naufrage du navire de guerre Cheonan et d'en avoir abusé pour intensifier leur politique hostile à l'égard de la RPDC":

"[… Le naufrage du Cheonan] a été orchestré par les Etats-Unis avec la sinistre intention de garder le contrôle de la Corée du Sud et du Japon, de les utiliser comme une brigade de choc dans la réalisation de leur ambition de domination mondiale et d'intensifier les actions visant à isoler et étouffer la RPDC après avoir trouvé des justifications pour un renforcement militaire dans la région. [...]"

 

La mission de l'Armée populaire de Corée cite notamment des experts de la marine russe selon lesquels le Cheonan pourrait avoir été coulé par un "tir ami", à savoir une torpille lancée depuis un sous-marin à propulsion nucléaire américain. La possibilité de la présence d'un sous-marin de grande taille à proximité du Cheonan le 26 mars 2010 a été évoquée à plusieurs autres reprises, notamment en novembre 2014 dans une étude scientifique publiée dans la revue Advances in Acoustics and Vibration.

De fait, le naufrage du Cheonan a constitué pour les Etats-Unis un événement tombant de manière très opportune pour justifier un renforcement de leur présence militaire dans la zone Asie-Pacifique, conformément à la stratégie dite du pivot asiatique, dans le cadre d'une politique d'encerclement de la Chine identifiée depuis le début des années 2000 comme le principal adversaire stratégique.

 

Sources :

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 23:41

Le 2 mars 2015, les armées américaine et sud-coréenne ont entamé leurs exercices conjoints annuels "Key Resolve" et "Foal Eagle", prévus pour durer jusqu'à fin avril. Cinq autres pays participent à ces exercices militaires, dont la France. Malgré les espoirs soulevés par les appels au dialogue lancés par les dirigeants du Nord et du Sud en début d'année, ces manœuvres font replonger la Corée dans un nouveau cycle de tensions où le moindre incident peut avoir des conséquences incalculables.

L'exercice "Key Resolve", basé sur des simulations informatiques, se tient jusqu’au vendredi 13 mars 2015, avec la participation d’environ 10 000 soldats sud-coréens et 8 600 américains. Officiellement, "Key Resolve" vise à renforcer les capacités de combat des forces américano-sud-coréennes. L'exercice "Foal Eagle" se déroule, lui, jusqu’au 24 avril 2015 et mobilise 200 000 soldats sud-coréens et 3 700 américains pour des manœuvres sur terre, en mer et dans les airs.

 

L’USS Fort Worth, navire de combat littoral de 3 450 tonnes, capable d’approcher au plus près des côtes grâce à sa grande maniabilité, prendra part à ces exercices. On note aussi la participation de cinq autres pays : l'Australie, le Canada, le Danemark, la France et la Grande-Bretagne. En 2014, la France n'avait pas participé aux exercices "Key Resolve" et "Foal Eagle", selon le ministère français des Affaires étrangères interrogé à ce sujet.

le navire de combat littoral américain USS Fort Worth

le navire de combat littoral américain USS Fort Worth

A la veille du début de l'édition 2015 de "Key Resolve" et "Foal Eagle", l'état-major de l'Armée populaire de Corée (APC) a exposé dans un communiqué sa "position de principe" à l'égard de ces exercices récurrents vus comme le prélude à une attaque contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) :

"1. Nos forces armées révolutionnaires ne resteront pas témoins passifs de l’actuelle tension créée par suite des présents exercices de guerre d’agression aventuriers des Etats-Unis et des pays satellites contre notre République.
Les Etats-Unis durcissent sans cesse leur politique hostile à notre République. Obama et consorts redoublent leurs calomnies et diffamations, et intensifient sanctions et pression et élargissent l’envergure et la sphère de leurs exercices de guerre d’agression contre notre pays. Aussi, nous avons déclaré à la face du monde notre volonté de prendre des mesures de riposte beaucoup plus énergiques et redoutables que les leurs.
[...]
2. Nos forces armées révolutionnaires ne permettront pas la moindre violation de notre territoire, de notre espace aérien et de nos eaux territoriales par les Etats-Unis et les pays satellites.
Si ceux-ci provoquent une guerre conventionnelle contre nous, nous leur répondrons par une guerre conventionnelle à la coréenne. Si c’est une guerre nucléaire, nous lui opposerons une guerre nucléaire de notre invention. S’ils tentent de nous 'renverser' par la cyberguerre, nous leur infligerons une défaite totale en hâtant leur fin par une cyberguerre prompte et redoutable, proprement coréenne.
[...]
3. Les Etats-Unis et les pays à la remorque de ceux-là doivent se rendre clairement compte que leurs manœuvres d’agression forcenées et cyniques, affublées de paix, sont condamnées à l’échec car le monde entier chérit l’équité et la justice. En effectuant les exercices de guerre visant à 's’emparer' d'un seul coup de la capitale d’un pays souverain et à en 'éliminer' la direction suprême, les Etats-Unis osent les décrire cyniquement comme les exercices militaires de caractère 'défensif' et 'annuel'. 'Key Resolve', 'Foal Eagle' et d’autres mouvements militaires intenses des Etats-Unis dans la péninsule coréenne et à ses environs ne visent pas seulement notre République.
[...]
Les agresseurs US, les fantoches sud-coréens et les forces à la remorque des Américains auront à se repentir amèrement et à se lamenter douloureusement d’avoir effectué 'Key Resolve' et 'Foal Eagle' car ces exercices aventuriers ne leur apporteront que des conséquences désastreuses et irrémédiables."

 

De son côté, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a publié le 2 mars un communiqué soulignant que la RPDC avait proposé en début d'année de suspendre ses essais nucléaires si les Etats-Unis et leurs alliés renonçaient à leurs exercices militaires de grande ampleur. En réponse, rappelle le communiqué du ministère, le président américain Barack Obama avait décrété des sanctions supplémentaires contre la RPDC.

 

Pour la paix en Corée et dans le monde, il est plus que jamais urgent que toutes les parties en présence retrouvent la voie d'un dialogue sincère. Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne n'aura de cesse d'appeler les autorités françaises à jouer un rôle positif dans cette partie du monde.

 

 

Sources :

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 11:53

Au pouvoir entre 2008 et 2013, l'ancien Président sud-coréen Lee Myung-bak (parti Saenuri, conservateur), dans ses mémoires intitulés Le Temps du Président, accuse la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) d'avoir tenté de monnayer la tenue d'un sommet intercoréen pendant son mandat. La RPD de Corée, par la voix de la Commission pour la réunification pacifique de la patrie, a vivement dénoncé un ouvrage "mensonger". Pour sa part, la Maison bleue - siège de la présidence sud-coréenne - s'est officieusement démarquée de M. Lee Myung-bak, qui avait été vivement critiqué par l'opinion publique sud-coréenne pour sa responsabilité dans la détérioration des relations Nord-Sud, en estimant que ses déclarations ne servaient pas l'intérêt national. Ces affirmations, à prendre avec la plus extrême précaution, interviennent dans le contexte de contacts Nord-Sud discrets, voire secrets, et d'un besoin alors de rebondir pour un chef de l'Etat sud-coréen dont la popularité était en berne.

Les mémoires de l'ancien Président sud-coréen Lee Myung-bak, en vente dans une librairie de Séoul.

Les mémoires de l'ancien Président sud-coréen Lee Myung-bak, en vente dans une librairie de Séoul.

Les accusations portées par l'ancien Président sud-coréen sont sans ambiguïté : pour lui, la RPD de Corée aurait cherché à monnayer la tenue d'un sommet Nord-Sud en demandant une aide en nature et un apport en capital de 10 milliards de dollars :

"La Corée du Nord a demandé à la Corée du Sud de fournir 100.000 tonnes de maïs, 400.000 tonnes de riz, 300.000 tonnes de fertilisants, du bitume d'une valeur de 100 millions de dollars et 10 milliards de dollars pour établir une banque nationale de développement."

 

A supposer que de telles discussions aient eu lieu, la somme de 10 milliards de dollars aurait ainsi correspondu à un fonds de développement, vraisemblablement commun aux deux Corée, traduisant un apport en capital de la partie sud-coréenne, sans précision sur le montant et la nature de l'apport nord-coréen à ce même fonds.


L'ancien chef de l'Etat affirme également que la proposition d'un sommet intercoréen serait venue à plusieurs reprises de la partie Nord, notamment de la part de la délégation présente aux funérailles de l'ancien Président Kim Dae-jung à Séoul en août 2009, et d'une autre délégation - civile et militaire - qui aurait visité le Sud en décembre 2010.

Réagissant à un ouvrage qu'elle a qualifié de "mensonger" qui cherche à "changer le noir en blanc", la Commission (nord-coréenne) pour la réunification pacifique de la patrie a vivement réfuté les propos de M. Lee Myung-bak, en déclarant qu'au contraire c'était ce dernier qui aurait demandé la tenue d'un sommet intercoréen alors qu'il était affaibli politiquement, tout en précisant qu'elle détenait des preuves en ce sens :

"Nous n'avons pas besoin de rentrer dans les détails (...) Mais pour résumer, le traître Lee nous a interpellé et nous a supplié d'accepter un envoyé spécial ou un sommet lorsqu'il était acculé politiquement (...) Nous avons toutes les preuves en main de ce que nous avançons."


Elue en décembre 2012 et entrée en fonctions en février 2013, l'actuelle Présidente sud-coréenne, Mme Park Geun-hye, bien qu'étant issue du même parti politique que son prédécesseur, a cherché à se démarquer de la politique intransigeante de ce dernier vis-à-vis de la RPD de Corée, et qui avait conduit à la remise en cause des acquis du dialogue intercoréen fondé, notamment, sur les rencontres au sommet Nord-Sud de juin 2000 et octobre 2007. Alors que les deux Etats coréens appellent aujourd'hui au dialogue, les déclarations figurant dans les mémoires de l'ancien Président Lee Myung-bak ne sont évidemment pas de nature à favoriser la reprise des échanges - mais peut-être est-ce l'objectif poursuivi, outre la volonté de l'ancien Président sud-coréen de se justifier, en rejetant l'échec des discussions sur l'autre partie ? Un "officiel de haut niveau du bureau présidentiel sud-coréen" a ainsi déclaré à l'agence officielle sud-coréenne Yonhap, sous couvert d'anonymat, ne pas être "sûr que la révélation des détails sur les relations intercoréennes aidera l'intérêt national".

Qu'il y ait eu des contacts intercoréens discrets, voire secrets, chacun en convient - l'agence officielle nord-coréenne KCNA appelant d'ailleurs à ne pas commettre d'erreur d'interprétation sur "les contacts informels Nord-Sud" qui ont donc bien eu lieu, mais sans en préciser les dates, les lieux les participants et le contenu, ni a fortiori les résultats. Dès lors, il est impossible d'apprécier l'exactitude matérielle et la part que prend l'interprétation dans les révélations sensationnelles de M. Lee Myung-bak, seul à fournir des détails qui ne sont corroborés par aucune source indépendante. En particulier, ce dernier n'a reçu à ce jour aucun appui de la Maison Bleue, qui a évité de confirmer ou d'infirmer ses propos.  

Par des "fuites", sans doute en partie organisées par la présidence sud-coréenne, au tournant des années 2000 et 2010 les médias sud-coréens et occidentaux s'étaient fait l'écho, à plusieurs reprises, de discussions sur un possible troisième sommet intercoréen qui, s'il s'était tenu, aurait permis au chef de l'Etat sud-coréen de démentir les critiques selon lesquelles sa politique vis-à-vis de Pyongyang conduisait les relations Nord-Sud dans le mur. Mais le fait est que les contacts informels Nord-Sud n'ont abouti, à notre connaissance, à aucun résultat important, et que la nomination in fine, comme ministre de la Réunification à Séoul, d'un des hommes-clés de ces échanges avec le Nord n'avait pas davantage permis d'enclencher - ou réenclencher - un processus de dialogue basé sur une relation de confiance réciproque. Pendant la dernière année du mandat du Président Lee Myung-bak, les médias avaient cessé de parler d'un sommet intercoréen : il fallait désormais attendre l'élection présidentielle sud-coréenne de décembre 2012 pour apprécier si, oui ou non, le nouveau locataire de la Maison Bleue souhaiterait et pourrait relancer les échanges intercoréens, sérieusement mis à mal pendant la présidence Lee Myung-bak.


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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 00:57

La Conférence coréenne des religions pour la paix, qui regroupe sept des principaux groupes religieux en République de Corée (Corée du Sud), a annoncé son intention d'organiser un sommet religieux intercoréen pour la paix, à l'occasion du 70e anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise, en août 1945. Cette initiative témoigne, une nouvelle fois, du rôle d'avant-garde que jouent les églises coréennes pour promouvoir le dialogue et la paix dans la péninsule.

Réunion à Pusan, les 16 et 17 décembre 2014, des représentants de la Conférence coréenne des religions pour la paix

Réunion à Pusan, les 16 et 17 décembre 2014, des représentants de la Conférence coréenne des religions pour la paix

L'annonce a été faite, lors d'une conférence de presse le 26 janvier 2015, par le pasteur anglican Kim Kwang-jun, secrétaire général de la Conférence (sud-)coréenne des religions pour la paix : à l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la fin de l'occupation japonaise, une rencontre religieuse intercoréenne est en préparation avec la Conférence (nord-)coréenne des religions, qui regroupe les cinq principaux groupes religieux en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

La manifestation commune pourrait avoir lieu en août ou en septembre 2015, à Pyongyang ou dans le complexe touristique intercoréen des Monts Keumgang qui, par le passé, a accueilli des réunions de familles séparées par la division et la guerre.  

Un récital pour la paix est également envisagé, autour de la date anniversaire de la libération, le 15 août, au siège du Parti du travail de Corée du comté de Cheorwon, dans la province de Gangwon (au Nord), ou au Mont Dora, à Paju, dans la province de Gyeonggi (au Sud).

La Conférence coréenne des religions pour la paix est très engagée pour la dialogue et contre la guerre, non seulement dans la péninsule, mais aussi dans le monde : elle recevra le 29 janvier des étudiants iraniens en religion, et elle prépare la candidature de la République de Corée pour accueillir, en 2018, de la Conférence mondiale pour la paix - dont le pays hôte doit être choisi en octobre 2015.

Source :

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 00:01

Dans tous les pays du monde, les déclarations du plus haut dirigeant à l'occasion de la nouvelle année constituent un moment solennel. La Corée ne fait pas exception à la règle : après la cérémonie de voeux de la Présidente Park Geun-hye de la République de Corée (Corée du Sud), le Dirigeant Kim Jong-un de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) s'est à son tour adressé à ses concitoyens et au monde, le 1er janvier 2015, dans un discours de trente minutes. De part et d'autre, la volonté a été clairement exprimée de reprendre le dialogue intercoréen à un haut niveau, alors que cette année marque le soixante-dixième anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise. Fidèle à ses engagements constants depuis 1969, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) accompagne pleinement la RPD de Corée sur la voie des échanges économiques et culturels, et soutient fermement toute initiative de nature à favoriser le dialogue, la paix et la réunification dans la péninsule - après que le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul, en 2008, a malheureusement ruiné les efforts accomplis en ce sens pendant la décennie de la "politique du rayon de soleil" (1998-2008) d'ouverture du Sud au Nord, et réciproquement.

Le Maréchal Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée

Le Maréchal Kim Jong-un, Premier secrétaire du Parti du travail de Corée

Suivant un exercice rodé, dans ses voeux de nouvel an diffusés le 1er janvier 2015, le Maréchal Kim Jong-un s'est inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, le Président Kim Il-sung et le Dirigeant Kim Jong-il, pour l'édification d'un pays socialiste puissant et prospère, sous la conduite du Parti du travail de Corée (PTC), alors que le 10 octobre 2015 marquera le soixante-dixième anniversaire de la fondation du PTC, dont le message de nouvel an a souligné qu'il donnerait lieu à d'importantes célébrations. 

Le dirigeant Kim Jong-un a fait le bilan de l'année écoulée et fixé les priorités pour 2015, en mettant l'accent, comme les années précédentes, sur la poursuite et l'accélération du développement économique ainsi que l'élévation du niveau de vie de la population. A cet égard, la récolte céréalière a atteint, en 2014, son plus haut niveau depuis les graves catastrophes climatiques des années 1990, lesquelles avaient engendré une sévère pénurie alimentaire. La mise en place continue d'une nouvelle infrastructure de loisirs marque la volonté de garantir l'accès le plus large à la consommation de biens et de services. Enfin, la modernisation technologique et la mise en exergue de l'importance accordée au progrès scientifique rendent compte de l'engagement de la RPD de Corée dans un nouveau cycle de croissance économique, se fondant sur l'effort réalisé en matière d'investissements en recherche-développement - y compris par un recours accru aux investissements étrangers. L'intervention mentionne également la nécessaire accélération de l'ouverture au tourisme international.

Le développement économique et social a été décrit comme indissociable du renforcement des capacités militaires, fondé notamment - comme en France - sur une force de dissuasion nucléaire, la RPD de Corée restant soumise au plus vieil embargo au monde.

Un des moments les plus attendus des voeux état de savoir si le Nord répondrait à la proposition formulée par le Sud quelques jours plus tôt, de relancer le dialogue et les échanges intercoréens, mis à mal par l'alternance politique qui a vu le retour au pouvoir à Séoul, en 2008, des conservateurs, parmi lesquels beaucoup privilégient au contraire le renforcement des sanctions en vue d'un effondrement de la RPD de Corée. En 2014, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye a mis en place un comité de préparation de l'unification, qui avait proposé au Nord, dans les derniers jours de décembre, de reprendre le dialogue interministériel dès janvier 2015 pour discuter de sujets d'intérêt mutuel, dont de nouvelles réunions de familles coréennes séparées par la division.

Le compte rendu de l'allocution de nouvel an publié par l'agence de presse nord-coréenne KCNA a souligné que la nation coréenne tout entière - du Nord, du Sud et de la diaspora - devait se retrouver derrière le mot d'ordre "Que l'ensemble de la nation fasse des efforts conjoints pour ouvrir un boulevard vers la réunification indépendante, en cette année du soixante-dixième anniversaire de la libération nationale !". En effet, si le 15 août a vu la libération de la Corée de l'occupation japonaise, l'indépendance s'est accompagnée de la division de la nation coréenne avec la mise en place d'institutions séparées de part et d'autre du 38e parallèle.

Plus précisément, le Maréchal Kim Jong-un a déclaré qu'il n'avait "pas de raison" de refuser la main tendue par le Sud, en apportant les précisions suivantes :

"Si les autorités sud-coréennes veulent sincèrement améliorer les relations entre la Corée du Nord et du Sud par le dialogue, nous pouvons reprendre les rencontres à haut niveau qui ont été suspendues. [...] Si l'atmosphère et l'environnement sont favorables, il n'y a pas de raison de ne pas tenir un sommet à haut niveau [avec la Corée du Sud]."

Si les autorités sud-coréennes ont raison de souligner qu'il s'agit d'une réponse positive, la RPD de Corée a rappelé qu'il faut que soient réunies les conditions d'un dialogue de haut niveau - un peu hâtivement interprété comme la possibilité d'un sommet Nord-Sud, dans la continuité de ceux de juin 2000 et octobre 2007. En effet, les canaux du dialogue existent déjà : le Nord avait pris l'initiative de l'envoi d'une délégation de très haut niveau lors de la cérémonie de clôture des Jeux asiatiques d'Incheon, au Sud, le 4 octobre 2014, qui coïncidait jour pour jour avec le septième anniversaire de la seconde déclaration conjointe Nord-Sud. Il s'agit donc déjà de reprendre les discussions, à l'occasion de l'anniversaire de la libération qui sera commémoré avec faste tant au nord qu'au sud de la péninsule, alors que la fin d'année 2014 avait été marquée par des initiatives du Sud qui avaient éloigné la perspective de renouer les fils du dialogue : les envois depuis le Sud de tracts de propagande contre la RPD de Corée, le rôle actif joué par Séoul dans la condamnation de la situation des droits de l'homme au Nord, enfin (et peut-être surtout) la répression exercée par les autorités sud-coréennes vis-à-vis des militants pro-réunification, dans la foulée de l'interdiction du Parti progressiste unifié (PPU), décrié comme "pro-Nord", qui s'inscrit dans une évolution autoritaire du régime du Sud. Tant que cette répression continuera, il est très improbable que le Nord accepte de servir de caution à la présidente sud-coréenne, dont la popularité vient de tomber en-dessous de la barre des 40 %.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 17:26

A l’occasion du troisième anniversaire de la mort de Kim Jong-il (anniversaire qui a donné lieu à une table ronde organisée par l’AAFC), un parlementaire sud-coréen s’est rendu en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour transmettre une couronne de fleurs et les meilleurs sentiments du peuple sud-coréen à l’occasion d’une cérémonie douloureuse pour la population de la RPD de Corée.

Rassemblement en hommage à Kim Jong-il, le 17 décembre 2014 à Pyongyang

Rassemblement en hommage à Kim Jong-il, le 17 décembre 2014 à Pyongyang

Il y a trois ans, le 17 Décembre 2011, disparaissait le dirigeant de la RPDC Kim Jong-il. Sa disparition avait donné lieu à une importante vague d’hommages venus des quatre coins du monde, rituel diplomatique auquel la France avait jugé bon de déroger, au mépris des bonnes pratiques de courtoisie en Asie et tout simplement de bonne tenue des relations diplomatiques. Pour célébrer les trois ans de sa disparition, date symbolique en Corée et dans le monde confucéen car elle marque la fin du deuil officiel, de nombreuses manifestations ont eu lieu à l’étranger (expositions, tables rondes comme à Paris, conférences). Les Nord-Coréens de Pékin, qui forment vraisemblablement la plus grosse communauté de Nord-Coréens expatriés, ont notamment tenu une cérémonie le 17 décembre dans l’imposante ambassade de RPDC, et ont pu venir y déposer des couronnes de fleurs blanches, à l’instar du N°5 chinois, Liu Yunshan.

En Corée du Sud, c’est un parlementaire de l'Alliance de la nouvelle politique pour la démocratie, Park Jie-won, qui a traversé la zone démilitarisée (DMZ) pour transmettre à ses interlocuteurs nord-coréens une couronne de fleurs, dans la ville symbole de Kaesong. Cette ville, ancienne capitale de la Corée, est surtout connue pour accueillir le complexe industriel intercoréen de Kaesong, lieu où la main d’œuvre d’excellente qualité nord-coréenne travaille dans des usines financées par le Sud. Le Complexe de Kaesong, qui représente le plus bel effort vers la réunification de la péninsule coréenne à ce jour (malgré les efforts de Washington pour freiner son développement), a vu le jour sous la présidence du Sud-Coréen démocrate Kim Dae-jung, notamment connu et respecté pour son approche pragmatique envers le Nord. Il avait notamment rencontré le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il lors de l'historique sommet intercoréen de  juin 2000. A la suite de son séjour en RPDC, M. Park a exprimé à la presse son sentiment selon lequel la RPDC a très envie de renouer le dialogue avec son partenaire du Sud, et a indiqué que l’année prochaine, qui marque les quinze ans du premier sommet intercoréen, serait vraisemblablement un bon moment.

A l’occasion du cinquième anniversaire de la mort de Kim Dae-jung, la RPDC avait notamment envoyé une couronne de fleurs au Centre pour la paix Kim Dae-jung, à Séoul. L’Association d'amitié franco-coréenne, dont un des principaux combats vise à la réunification indépendante et pacifique de la Corée, soutient tous les efforts des deux Etats coréens pour échanger sur une base équitable et réciproque.

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 00:08

Le 1er novembre 2014, le Comité pour la réunification pacifique de la Corée (CRPC), basé en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a déclaré que le dialogue Nord-Sud ne pourrait pas se tenir tant que se poursuivraient les opérations de lancers de ballons emportant des tracts hostiles à la RPDC depuis le Sud de la péninsule. Le CRPC a dénoncé des opérations portant atteinte à "la dignité du commandement suprême de la RPDC". Les autorités sud-coréennes ont déclaré vivement regretter cette décision, tandis que le ministère de la Réunification de la République de Corée (Corée du Sud) a déclaré que, contrairement aux affirmations de la RPDC, ils ne protégeaient ni ne soutenaient les groupes civiques procédant aux lâchers de tracts. Mais qu'en est-il exactement? L'AAFC a retracé le fil des événements, notamment à partir des médias chinois, soucieuse de donner une version exacte des faits.

Le 4 octobre 2014, la visite impromptue de dirigeants nord-coréens au Sud, à l'occasion de la cérémonie de clôture des Jeux asiatiques d'Incheon, a relancé de manière spectaculaire le dialogue intercoréen, à l'initiative du Nord. Le principe d'une seconde rencontre de haut niveau Nord-Sud avait alors été acté, à une date restant à déterminer, fin octobre ou début novembre.

Le 15 octobre, la Corée du Sud a proposé la date du 30 octobre. Mais la RPDC, très opposée à la distribution de tracts hostiles par des groupes d'activistes depuis le Sud, n'avait pas donné suite, tout en annonçant qu'elle pourrait répliquer militairement en tirant sur les ballons transportant ces tracts.

Le 25 octobre, des groupes anti-RPDC ont été empêchés de procéder à l'envoi de ballons par les habitants, qui leur reprochaient de mettre leur sécurité en danger, ainsi que par des militants progressistes favorables à la résolution du conflit Nord-Sud par la voie du dialogue. Les activistes anti-Corée du Nord ont finalement procédé au lancement la nuit, dans une zone proche de celle initialement retenue. Le lendemain, la Commission de la défense nationale (CDN) de la RPDC a adressé un message à la présidence sud-coréenne, dans lequel elle déclarait qu'elle reconsidérait la décision d'une rencontre de haut niveau Nord-Sud dans la mesure où les autorités du Sud n'avaient pas empêché le lancement de tracts.

Le 28 octobre, la CDN de la RPDC a indiqué aux autorités de la Corée du Sud qu'il leur appartenait de choisir entre poursuivre le lancement de tracts anti-RPDC ou organiser des pourparlers de haut niveau, en les accusant de remettre en cause les conditions du dialogue intercoréen.

Le ministère sud-coréen de la Réunification a alors répondu qu'il n'existait pas de moyens juridiques de s'opposer à la décision des groupes d'activistes de lancer des tracts. Mais cet argument est en réalité spécieux, sinon faux : les autorités sud-coréennes ont les moyens de refuser le survol aérien de la DMZ en tant que zone militaire, et ont d'ailleurs adressé un tel refus... mais à un groupe civique qui entendait condamner la gestion par le Gouvernement du naufrage du Sewol.

Si l'on ajoute que les activistes sud-coréens anti-RPDC sont une des composantes de l'électorat conservateur, on comprend dès lors mieux la relative bienveillance des autorités du Sud à leur égard. Mais ont-elles aussi soutenu les opposants anti-Corée du Nord, directement ou indirectement, par l'inaction des militaires et des forces de police, comme les en a ensuite accusés le Comité (nord-coréen) pour la réunification pacifique de la Corée ? Compte tenu de l'opacité sur l'armée sud-coréenne, il est difficile de trancher sur ce point. Mais une certitude est que la République de Corée n'a pas mis en oeuvre (tous) les moyens juridiques dont elle dispose pour permettre la poursuite effective du dialogue Nord-Sud, après avoir pourtant accepté la main tendue par Pyongyang le 4 octobre dernier.

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 21:49

Le 10 octobre 1980, à l'occasion du sixième congrès du Parti du travail de Corée le Président Kim Il-sung de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) formulait la proposition d'une République fédérale démocratique de Koryo, consistant en la formation d'un seul gouvernement, compétent pour les questions politiques, militaires et diplomatiques, chaque partie - Nord et Sud - reconnaissant et admettant l'idéologie et le régime de l'autre. Cette solution pragmatique - consistant en une confédération - a inspiré le rapprochement et les échanges intercoréens, en favorisant les coopérations dans le cadre des déclarations conjointes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 auxquelles se réfèrent pleinement les autorités nord-coréennes. En revanche, du côté sud-coréen, les positions ont fluctué suivant les gouvernements et les chefs d'Etat, et la période récente a encore fait apparaître les ambiguïtés et les atermoiements des positions exprimées par la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, alors que le Nord a multiplié les gestes d'ouverture ces derniers mois.

Le Président Kim Il-sung devant le sixième congrès du Parti du travail de Corée, à Pyongyang en octobre 1980

Le Président Kim Il-sung devant le sixième congrès du Parti du travail de Corée, à Pyongyang en octobre 1980

Officiellement, pour la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, il s'agit de conduire les relations intercoréennes sur la voie d'une trustpolitik, c'est-à-dire d'une confiance mutuelle. Mais où est la confiance avec le Nord, quand Mme Park Geun-hye, dans son discours prononcé le 24 septembre 2014 devant l'Assemblée générale des Nations Unies, a mis l'accent sur l'abandon préalable par le Nord de ses armes nucléaires, brandi la question des droits de l'homme et "appelé la communauté internationale à se tenir à (ses) côtés", alors que les déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 mettaient l'accent sur la réunification par les efforts des Coréens eux-mêmes, sans ingérence extérieure ? De telles propositions ont repris la vieille lune de la "réunification par absorption", mise en oeuvre avec les limites que l'on connaît en Allemagne.

Pour sa part, la RPD de Corée est restée fidèle à ses propositions de principe, basées sur le fédéralisme comme une réponse pragmatique et adaptée à la situation de la Corée en vue d'avancer sur la voie de la réunification. Lors de la même session de l'Assemblée générale des Nations Unies, Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée, a répondu le 27 septembre 2014 en s'opposant à la posture arrogante de la chef d'Etat sud-coréenne : il a appelé à une résolution pacifique de la question nucléaire, en cessant les manoeuvres militaires conjointes américano - sud-coréennes et en refusant l'instrumentalisation de la question des droits de l'homme à des fins politiques.

Joignant les gestes à la parole, la RPD de Corée a ensuite confirmé sa volonté d'ouverture en envoyant une délégation de haut niveau, conduite par Hwang Pyong-so, vice-président de la Commission de la défense nationale, à l'occasion de la cérémonie de clôture des Jeux asiatiques d'Incheon, le 4 octobre 2014 - une date qui coïncidait (ce n'est sans doute pas un hasard) avec le septième anniversaire de la seconde déclaration conjointe intercoréenne conclue au plus haut niveau, en 2007, entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun.

Aujourd'hui, l'un des enjeux est la levée des sanctions dites du 24 mai, mises en place unilatéralement par la Corée du Sud en 2010 après le naufrage de la corvette Cheonan, attribué contre l'évidence à la Corée du Nord qui a vivement protesté contre cette mise en cause. Ces derniers jours, des propos de la Présidente Park Geun-hye ont été interprétés comme un geste en ce sens, mais une telle lecture a été considérée comme excessive par d'autres observateurs. En tout état de cause, une nouvelle rencontre de haut niveau entre les dirigeants du Nord et du Sud prévue en cette fin de mois devrait apporter les clarifications attendues sur les intentions des autorités sud-coréennes.

En attendant, des obstacles doivent encore être levés au retour au dialogue et à une atmosphère de confiance réciproque. Si le gouvernement de Séoul prétend ne pas pouvoir s'opposer à l'envoi de tracts anti-RPDC depuis le Sud de la péninsule (tout en jugeant néanmoins inopportune une telle démarche), il s'agit plus d'une pétition de principe que d'un argument en droit : les autorités sud-coréennes ont les moyens de refuser le survol aérien de la DMZ, qui est une zone militaire. Elles ont d'ailleurs opposé un tel refus à un groupe civique qui entendait ainsi lancer des ballons munis de tracts pour critiquer la gestion du naufrage du Sewol, ayant gravement mis en cause le gouvernement de Mme Park. Mais dans le cas des opposants à la Corée du Nord, le Gouvernement et les militaires sud-coréens font preuve d'une tout autre mansuétude, alors même qu'un lancer de tracts d'opposants à la RPDC est annoncé le 25 octobre prochain à Pujo, dans la zone P-513 interdite de survol aérien. Une fois encore, les conservateurs sud-coréens appliquent une politique du "deux poids deux mesures" pour refuser l'exercice de la liberté d'expression de leurs seuls opposants, ce qui ne les qualifie pas pour s'ériger en parangons de démocratie.

Dans ce contexte encore lourd d'incertitudes, deux incidents frontaliers sont intervenus récemment : le 10 octobre, des tirs de mitrailleuse ont été échangés de part et d'autre du 38e parallèle, le Nord ayant mis à exécution sa menace de tirer sur les ballons transportant des tracts hostiles à la RPDC ; le 19 octobre, des échanges de tirs ont eu lieu dans la zone démilitarisée.

Même lors des précédentes phases de dialogue, notamment pendant la décennie du "rayon de soleil" (1998-2008), des incidents meurtriers pouvaient se produire, et il n'y a donc pas lieu de surinterpréter ceux intervenus ces dernières semaines, qui n'ont apparemment - et heureusement - pas fait de victimes. Mais ils témoignent, si besoin était, de l'urgence de résoudre de manière pacifique le conflit toujours latent dans la péninsule coréenne. 

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