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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 00:08

Le 1er novembre 2014, le Comité pour la réunification pacifique de la Corée (CRPC), basé en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a déclaré que le dialogue Nord-Sud ne pourrait pas se tenir tant que se poursuivraient les opérations de lancers de ballons emportant des tracts hostiles à la RPDC depuis le Sud de la péninsule. Le CRPC a dénoncé des opérations portant atteinte à "la dignité du commandement suprême de la RPDC". Les autorités sud-coréennes ont déclaré vivement regretter cette décision, tandis que le ministère de la Réunification de la République de Corée (Corée du Sud) a déclaré que, contrairement aux affirmations de la RPDC, ils ne protégeaient ni ne soutenaient les groupes civiques procédant aux lâchers de tracts. Mais qu'en est-il exactement? L'AAFC a retracé le fil des événements, notamment à partir des médias chinois, soucieuse de donner une version exacte des faits.

Le 4 octobre 2014, la visite impromptue de dirigeants nord-coréens au Sud, à l'occasion de la cérémonie de clôture des Jeux asiatiques d'Incheon, a relancé de manière spectaculaire le dialogue intercoréen, à l'initiative du Nord. Le principe d'une seconde rencontre de haut niveau Nord-Sud avait alors été acté, à une date restant à déterminer, fin octobre ou début novembre.

Le 15 octobre, la Corée du Sud a proposé la date du 30 octobre. Mais la RPDC, très opposée à la distribution de tracts hostiles par des groupes d'activistes depuis le Sud, n'avait pas donné suite, tout en annonçant qu'elle pourrait répliquer militairement en tirant sur les ballons transportant ces tracts.

Le 25 octobre, des groupes anti-RPDC ont été empêchés de procéder à l'envoi de ballons par les habitants, qui leur reprochaient de mettre leur sécurité en danger, ainsi que par des militants progressistes favorables à la résolution du conflit Nord-Sud par la voie du dialogue. Les activistes anti-Corée du Nord ont finalement procédé au lancement la nuit, dans une zone proche de celle initialement retenue. Le lendemain, la Commission de la défense nationale (CDN) de la RPDC a adressé un message à la présidence sud-coréenne, dans lequel elle déclarait qu'elle reconsidérait la décision d'une rencontre de haut niveau Nord-Sud dans la mesure où les autorités du Sud n'avaient pas empêché le lancement de tracts.

Le 28 octobre, la CDN de la RPDC a indiqué aux autorités de la Corée du Sud qu'il leur appartenait de choisir entre poursuivre le lancement de tracts anti-RPDC ou organiser des pourparlers de haut niveau, en les accusant de remettre en cause les conditions du dialogue intercoréen.

Le ministère sud-coréen de la Réunification a alors répondu qu'il n'existait pas de moyens juridiques de s'opposer à la décision des groupes d'activistes de lancer des tracts. Mais cet argument est en réalité spécieux, sinon faux : les autorités sud-coréennes ont les moyens de refuser le survol aérien de la DMZ en tant que zone militaire, et ont d'ailleurs adressé un tel refus... mais à un groupe civique qui entendait condamner la gestion par le Gouvernement du naufrage du Sewol.

Si l'on ajoute que les activistes sud-coréens anti-RPDC sont une des composantes de l'électorat conservateur, on comprend dès lors mieux la relative bienveillance des autorités du Sud à leur égard. Mais ont-elles aussi soutenu les opposants anti-Corée du Nord, directement ou indirectement, par l'inaction des militaires et des forces de police, comme les en a ensuite accusés le Comité (nord-coréen) pour la réunification pacifique de la Corée ? Compte tenu de l'opacité sur l'armée sud-coréenne, il est difficile de trancher sur ce point. Mais une certitude est que la République de Corée n'a pas mis en oeuvre (tous) les moyens juridiques dont elle dispose pour permettre la poursuite effective du dialogue Nord-Sud, après avoir pourtant accepté la main tendue par Pyongyang le 4 octobre dernier.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations intercoréennes
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)