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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 21:35

Le 15 juin 2014, à l'occasion du 14ème anniversaire de la signature de la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000, les comités du Nord, du Sud et de la diaspora pour la mise en oeuvre de la déclaration du 15 juin ont publié un appel commun, que nous reproduisons traduit de l'anglais ci-dessous tel qu'il a été publié par l'agence KCNA, en vue d'une application pleine et entière de cet accord historique pour les relations intercoréennes. L'AAFC soutient pleinement cet appel à tous les Coréens qui, en déplorant les six années perdues pour la réconciliation et la réunification,  plaide pour l'avènement d'une seconde ère du 15 juin. 

Kim Dae-jung et Kim Jong-il, lors du sommet intercoréen à Pyongyang de juin 2000

Kim Dae-jung et Kim Jong-il, lors du sommet intercoréen à Pyongyang de juin 2000

La déclaration conjointe est un document fondamental qui consacre l'objectif, les grands principes et les moyens d'une réunification nationale tels qu'ils ont été approuvés par tous les Coréens, et qui constitue le programme suprême de la nation pour sa réunification.

Dès qu'a été inaugurée l'ère du 15 juin, les Coréens qui avaient souffert de la division se sont unis comme un seul homme, en mettant en commun leurs efforts et parce qu'ils sont unis par les liens du sang. Ce sont alors de multiples visites qui ont eu lieu, des contacts, des rassemblements conjoints et des actions de coopération de personnes appartenant à toutes les classes de la société.

Pourtant, ces six dernières années, une situation anormale s'est instaurée, dans laquelle la déclaration conjointe a été ouvertement rejetée à cause des forces hostiles à la réunification.

Les tensions militaires se sont accrues et toutes les actions entreprises pour la réunification, l'unité et la coprospérité ont été stoppées par les forces qui s'opposent à la déclaration conjointe.

Préserver et mettre en oeuvre la déclaration conjointe est la seule façon d'éliminer le danger de guerre et d'ouvrir la voie à la réconciliation, la coopération, la paix et a réunification.

Tous les Coréens du Nord, du Sud et à l'étranger doivent unir leurs efforts et ouvrir sans faute une nouvelle ère de la réunification basée sur la déclaration du 15 juin.

Les comités du Nord, du Sud et de l'étranger pour la mise en oeuvre de la déclaration du 15 juin s'acquitteront de leurs responsabilités et exerceront leur rôle comme organisations nationales pour la réunification afin de faire de cette année, qui marque le 69ème anniversaire de la libération de la Corée, un tournant historique pour ouvrir une seconde ère du 15 juin.

Cet appel invite tous les Coréens à se dévouer corps et âme pour l'avènement d'une seconde ère du 15 juin, en étant animés d'un patriotisme ardent pour la réunification, avec la conviction de la victoire.


Source :

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 12:59

Le jury de la 14ème exposition internationale de la Biennale d'architecture de Venise (du 7 juin au 23 novembre 2014) a décidé d'accorder le Lion d'or de la meilleure participation nationale à la République de Corée (Corée du Sud) - le commissaire du pavillon coréen étant l'architecte Cho Min-suk. C'est la deuxième fois qu'un Coréen reçoit la plus haute distinction à la Biennale de Venise - en 1993, le pavillon allemand - auquel avait participé le Coréen Américain Paik Nam-june - avait déjà été distingué. Le pavillon coréen est revenu sur 100 années d'architecture coréenne, en s'intéressant également de près à l'architecture de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et ce choix a pesé fortement dans la décision du jury. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), qui a mis l'accent sur les coopérations avec la France dans le domaine de l'architecture lors de ses récents déplacements au Nord de la péninsule, félicite les récipiendaires du prix.

Cho Min-suk

Cho Min-suk

L'exposition du pavillon coréen, intitulée "Le point de vue du corbeau : la péninsule coréenne", a mis en évidence les spécificités de l'architecture coréenne - propres tant au Nord qu'au Sud de la Corée - pendant un siècle.

L'exposition a été organisée en quatre parties : "Reconstruire la vie", "Un Etat monumental", "Frontières", "Tours utopiques". L'urbanisation accélérée de la Corée lors de la reconstruction après 1953, sur les ruines de la guerre, a mis l'accent sur un certain gigantisme et une volonté de modernisme exprimée par les congrès internationaux d'architecture moderne (CIAM). De ce point de vue, les bâtiments qui abritent le Parlement - au Sud comme au Nord - sont représentatifs d'un style et d'une époque, tout en témoignant d'un développement économique accéléré. Les développements urbains les plus récents, à Séoul comme à Pyongyang, recherchent une synthèse entre la tradition coréenne et une nouvelle conquête des sommets.

Le pavillon coréen à l'édition 2014 de la Biennale de Venise

Le pavillon coréen à l'édition 2014 de la Biennale de Venise

Le thème de l'édition 2014 de la biennale choisi par son directeur, Rem Koolhaas, "Fondamentaux", a visé à mettre en avant les récits historiques à travers l'architecture, en insistant sur la permanence d'éléments fondamentaux - comme le sol, les plafonds, les ouvertures...

Selon Cho Min-suk, "ce qui est intéressant dans l'architecture coréenne est que l'on peut voir à la fois la modernité et une identité nationale propre au Nord et au Sud, et c'est à mon avis ce qu'a voulu étudier Koolhaas dans la coordination des pavillons nationaux".

Le jury a indiqué qu'il avait souhaité distinguer le pavillon coréen "pour avoir réussi de manière extraordinaire à présenter un nouveau et riche corpus de connaissances sur l'architecture et l'urbanisme dans une situation politique extrêmement chargée. En utilisant différents modes de représentation qui encouragent l'interaction, c'est une recherche-en-action qui conduit le récit spatial et architectural vers une réalité géopolitique".

Cho Min-suk, qui a travaillé dans l'atelier de Rem Koolhaas à Rotterdam entre 1996 et 1998, a créé sa propre agence, Mass Studies. Parmi ses réalisations figurent le parc à thème Dalki, à Paju, Le poème de la nature et le pavillon coréen de l'exposition internationale de Shanghaï, en 2010, qui avait obtenu une médaille d'argent.

Le parc à thème Dalki, à Paju

Le parc à thème Dalki, à Paju

Faute d'avoir pu, à son regret, mener son projet en collaboration avec ses collègues du Nord, Cho Min-suk s'est adjoint de fins connaisseurs de l'architecture du Nord et de la RPD de Corée en général, qui lui ont fourni des matériaux pour le pavillon coréen.

Parmi eux, peuvent être cités Nick Bonner, fondateur de la société Koryo Tours spécialisée dans les voyages vers le Nord de la péninsule, qui a mis en valeur des artistes des studios Mansudae et d'autres artistes ou architectes anonymes ; le photographe britannique Charlie Crane, auteur d'un très bel album sur la RPD de Corée ; enfin, Peter Noever, ancien conservateur en chef du Musée d'art contemporain de Vienne, à l'origine d'une rétrospective sur l'art coréen de RPDC à Vienne en 2010, intitulée Flowers for Kim Il-sung, et qui comportait une section d'architecture.

Sources :

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:55

Le 20 mai 2014, un message de condoléances a été adressé par les autorités de la République de Corée (du Sud) à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) après le dramatique effondrement d'un immeuble en construction dans le quartier de Pyongchon, à Pyongyang. Il est d'usage que les autorités coréennes compatissent sur les catastrophes survenues dans l'autre partie de la péninsule - comme ce fut dernièrement le cas après le catastrophique naufrage du ferry sud-coréen Sewol - voire apportent des secours - comme en 1984 après les inondations en Corée du Sud qui avaient conduit la Corée du Nord à envoyer une aide d'urgence aux populations sud-coréennes, ou plus récemment par la Corée du Sud, à plusieurs reprises, après les inondations et sécheresses à répétition qui ont touché la RPD de Corée depuis les années 1990.

Rassemblement à Pyongyang : excuses publiques des officiels nord-coréens après l'effondrement d'un immeuble dans le quartier de Pyongchon

Rassemblement à Pyongyang : excuses publiques des officiels nord-coréens après l'effondrement d'un immeuble dans le quartier de Pyongchon

Le message de condoléances des autorités sud-coréennes est passé, suivant l'usage entre les deux Corée pour les questions humanitaires, par le canal des Croix-Rouges. Le ministère de la Réunification, à Séoul, a exprimé ses "profondes condoléances", dans un contexte qui a été marqué par l'escalade des tensions verbales entre les deux Corée - à l'issue d'un drame qui a laissé des centaines de Coréens privés de leurs familles et de leurs proches dans un profond désarroi que l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) partage pleinement, suite à un drame qui n'aurait jamais dû se produire : des défauts dans la construction et la sécurité du site ont été lourdement mis en cause.

Des responsables nord-coréens ont présenté publiquement leurs excuses pour cette faute "impardonnable", suivant une dépêche de l'agence nord-coréenne KCNA qui faisait la une des médias nationaux le 18 mai 2014.

Le ministre de la sécurité populaire, Choe Pu-il, a déclaré endosser la responsabilité de la catastrophe, lors d'une rencontre avec les familles des victimes. Sonu Hyong-chol, officier général des Forces de sécurité intérieure de la Corée populaire, Cha Hui-rim, président du Comité populaire de la ville de Pyongyang, et Ri Yong-sik, secrétaire en chef du Comité de Pyongchon du Parti du travail de Corée (PTC), ont également apporté des excuses publiques, dont le contenu a aussi été détaillé par l'agence KCNA. 

Sources :

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 08:27

Services_secrets.JPGLa République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est le pays des plus folles rumeurs, souvent alimentées par les services secrets de la République de Corée (Corée du Sud), le NIS (National intelligence service). Ces "intox", servilement relayées par des médias occidentaux en quête de sensationnel et peu scrupuleux de vérifier leurs sources, ont pris une ampleur particulière depuis un an, compte tenu du tournant autoritaire que connaît aujourd'hui la Corée du Sud et de la place éminente qu'y prend le NIS, soucieux de fabriquer des scandales impliquant la Corée du Nord pour faire oublier ses propres turpitudes. Les soi-disant exécutions de membres de l'orchestre nord-coréen Unhasu, dont nous avions démontré l'absence de fiabilité dans un article paru sur ce blog le 31 août 2013, viennent de recevoir un démenti final : une des chanteuses du groupe, prétendument exécutée, vient de réapparaître en public. Un nouveau coup dur pour le NIS qui, comme à son habitude, va certainement tenter de préparer une nouvelle opération d'intoxication ciblant les médias occidentaux.

La prétendue nouvelle était croustillante : un orchestre dissous parce que ses membres auraient tourné des vidéos osées (mais qui aurait été les acheter en Corée du Nord ? et pourquoi les membres de l'orchestre auraient-ils encouru un tel risque s'ils étaient pris, alors qu'ils sont à l'abri du besoin ?), naturellement des joueurs exécutés et, pour pimenter le tout, parmi les victimes, une ancienne relation supposée (et sans le moindre début d'une preuve) avec le dirigeant nord-coréen...

La ficelle des services secrets sud-coréens (NIS) était tellement grosse que des médias occidentaux pris au piège avaient ensuite dénoncé la main maladroite du NIS, après la publication d'une analyse sur le site Internet de l'AAFC, reprise dans une mise à jour de l'édition en ligne du quotidien Le Monde. Mais le coup était lancé, et des millions d'Occidentaux crédules avaient déjà gobé la mise en scène du NIS, quand des dizaines d'autres journalistes ne jugeaient même pas utile de se rectifier... car ils avaient commis une erreur professionnelle en ne vérifiant pas leurs sources, et qu'ils n'avaient aucun intérêt à le mettre en lumière.

Piqué au vif par la tournure inattendue des événements (il n'est pas banal que les désinformations sur la Corée du Nord soient démenties par les médias, même par une partie seulement d'entre eux), le NIS, s'est alors évertué à diffuser auprès de journalistes qui lui sont acquis une vidéo montrant des chanteuses de l'orchestre avec une jupe fendue (!). Difficile pourtant de parler de sextape, dans cette vidéo dont la provenance est invérifiable... Inventer des scandales sexuels est décidément une marque de fabrique des espions, comme l'avait montré chez nous, en France, l'affaire Markovic concoctée avec l'aide d'anciens des services secrets français tenter de briser (en vain) la carrière de Georges Pompidou.

Comme les doutes persistaient, le directeur du NIS, Nam Jae-joon, a martelé dans les médias qu'il y aurait eu des exécutions parmi les anciens musiciens du groupe Unhasu. Il a même témoigné en ce sens devant les députés sud-coréens, en avançant le chiffre de dix exécutions, selon la fuite - évidemment organisée - de son audition parlementaire à huis-clos... Précisons que des parlementaires sud-coréens demandent la démission de Nam Jae-joon, après une lourde ingérence du NIS dans l'élection présidentielle de décembre 2012 et la tentative de suicide d'un de leurs informateurs, ayant mis en cause le NIS et impliqué dans une affaire de falsification de documents officiels chinois pour créer de toutes pièces un faux espion nord-coréen. Par sa position hiérarchique, Nam Jae-joon, dont le prédécesseur a été démis de ses fonctions face à l'ampleur des scandales touchant le NIS, est lui aussi impliqué et mis en cause dans la production des fausses pièces à conviction du pseudo espion nord-coréen.

Le dernier acte de la pièce qu'a voulu écrire le NIS vient d'être joué : la chanteuse de l'orchestre Unhasu
Hyon Song-wol, que le NIS avait tenté de présenter comme intimement liée au dirigeant nord-coréen et que les services sud-coréens avaient donnée pour morte, est réapparue vendredi dernier à la télévision nord-coréenne, en tant qu'oratrice dans un rassemblement. Le mensonge du NIS est maintenant prouvé.

 

Mais les rumeurs continueront aussi longtemps que les journalistes occidentaux accepteront d'être manipulés par le NIS. Plus récemment, il avait été affirmé dans nombre de médias occidentaux que la coupe de cheveux du dirigeant nord-coréen était obligatoire pour tous les jeunes Nord-Coréens (ou les seuls étudiants, on ne sait plus trop...). Naturellement, il aurait suffi de regarder les images qui nous proviennent des médias nord-coréens pour se rendre compte que la rumeur était fausse et qu'il s'agissait d'une nouvelle "intox" fabriquée par le NIS. Car, en 2012, une jeune fille qui s'est ensuite révélée être une informatrice du NIS en France avait déjà essayé de nous convaincre, à l'AAFC, que cette coupe de cheveux faisait fureur dans la communauté nord-coréenne en France - ne suscitant de notre part que des haussements d'épaules et de l'indifférence. Comme nous l'avons compris ensuite à la lecture des articles de presse occidentaux quand l'opération de désinformation a été officiellement lancée, le NIS testait alors sa nouvelle rumeur auprès d'un public intéressé par les questions nord-coréennes, en France et certainement également dans d'autres pays. Ensuite ciblés par le NIS, des journalistes occidentaux n'ont, eux, pas haussé les épaules mais ont mordu à l'hameçon. Dommage.

Source :

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 09:03

Le 1er mai 2014 les principales confédérations syndicales de l'ensemble de la Corée ont signé une déclaration commune : la Fédération générale des syndicats de Corée (du Nord), la Fédération des syndicats coréens (du Sud, plus connue sous son acronyme anglais : Federation of Korean Trade Unions, KFTU), de sensibilité modérée, opposée à la lutte des classes, et la Confédération coréenne des syndicats (du Sud, acronyme anglais : Korean Confederation of Trade Unions, KCTU), qui a une tradition de luttes. Par ses signataires mêmes, l'initiative est exceptionnelle : elle marque une volonté commune de l'ensemble des organisations syndicales coréennes - du Nord comme du Sud - de parler d'une seule voix sur la réunification, montrant ainsi la vitalité des contacts et des échanges en dehors des canaux intergouvernementaux - à un moment où, précisément, le dialogue entre les gouvernements du Nord et du Sud est à un point bas. Par ailleurs, la KFTU et la KCTU ne prennent des initiatives communes que des sujets jugés de première importance - ce qui incite à examiner de plus près le contenu même de la déclaration commune avec la confédération syndicale du Nord de la péninsule.

Manifestation du 1er mai, à Séoul, en 2009

Manifestation du 1er mai, à Séoul, en 2009

Se situant dans le cadre du dialogue et de la réconciliation fondés sur la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000, les signataires expriment tout d'abord leurs condoléances pour les victimes du naufrage du ferry Sewol.

Le premier point de la déclaration reprend les principes d'une réunification indépendante de la Corée - réalisée par les seuls Coréens eux-mêmes - en vue de la paix dans la péninsule, en soulignant que les échanges entre les travailleurs du Nord et du Sud s'inscrivent dans cette logique de coopération.

 

Le second point souligne la nécessité de mettre fin aux campagnes mettant en cause l'autre partie. Il se termine par un message pacifiste appelant à cesser les exercices militaires menés conjointement avec des forces étrangères (ce qui vise, sans les nommer toutefois explicitement, les exercices américano - sud-coréens), et à refuser la course aux armements.

 

Le troisième point souligne l'engagement plus général à mettre en oeuvre les déclarations conjointes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, en ouvrant ainsi la voie à la paix et à la réunification de la Corée.

 

La tonalité globale de la déclaration conjointe renoue avec la politique "du rayon des soleil", mise en oeuvre par les administrations démocrates au pouvoir en Corée du Sud entre 1998 et 2008. Elle doit ainsi être considérée comme un appel à l'administration de la présidente conservatrice Mme Park Geun-hye à tourner le dos aux politiques intercoréennes conduites par son prédécesseur, et a minima pour accepter les échanges intercoréens entre travailleurs et organisations syndicales du Nord et du Sud (dont il faut rappeler qu'ils sont soumis à une autorisation préalable du Gouvernement sud-coréen).

 

Enfin, la référence à la paix et à la démocratie s'inscrit dans le combat de solidarité internationale du mouvement ouvrier - en première ligne des manifestations contre la guerre et, en Corée du Sud, très impliqué dans le mouvement de démocratisation des années 1980 et 1990 - alors que la KCTU n'était pas encore légalisée.

 

Sources :

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 07:31

Les opérations de recherche des victimes du naufrage du ferry Sewol se poursuivent. Au neuvième jour des opérations, on comptait 171 morts et 131 personnes toujours disparues, sur fond de polémique concernant les responsabilités de la compagnie maritime et l'efficacité des secours : comme l'a observé Philippe Mesmer, correspondant du Monde à Tokyo, le naufrage est aussi "celui d'une administration négligente et d'un gouvernement qui avait fait de la protection des citoyens une priorité de son action", alors que "l'armée n'a [pas] pu utiliser le Tongyeong, premier navire sud-coréen de sauvetage en mer, terminé en 2012 et ayant coûté 159 milliards de wons (110 millions d'euros)" et que "les différents services impliqués n'ont jamais su se coordonner ni répondre efficacement à l'urgence de la situation" - plaçant ainsi la Corée du Sud à la première place des pays industralisés de l'OCDE pour le nombre de décès par habitant. Dans ce contexte dramatique, de nombreux messages de condoléances sont parvenus du monde entier - y compris de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

Lorsqu'ils avaient d'abord rendu compte du dramatique naufrage du ferry Sewol en Corée du Sud, le 18 avril 2014, les médias nord-coréens avaient insisté sur la colère des familles tout en s'interrogeant sur l'efficacité des secours, à l'instar d'autres médias sud-coréens. Alors que les recherches des disparus toujours en cours laissaient alors de plus grands espoirs de retrouver des survivants, la RPD de Corée estimait que l'heure n'était pas encore à l'expression officielle de condoléances. Ce choix avait suscité des réactions d'indignation des médias conservateurs, historiquement hostiles vis-à-vis de la RPDC et à l'égard des politiques de coopération Nord-Sud conduites par les administrations démocrates au pouvoir à Séoul (1998-2008).

reunion_north_korea_koreas_family_reunions_sel804_11635063.jpgUn message de sympathies et de condoléances aux victimes a été adressé le 23 avril 2014 par la Croix-Rouge de la RPD de Corée - habituel canal de dialogue humanitaire, notamment entre les deux Corée (y compris pour les réunions de familles séparées par la division du pays, photo à gauche) - par exemple lors des inondations de 1984 au Sud de la péninsule à l'issue desquelles une aide humanitaire d'urgence avait été apportée par la Corée du Nord.

Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, le message destiné à la Croix-Rouge sud-coréenne a exprimé de "profondes condoléances concernant le naufrage du ferry Sewol dans les eaux au large de l'île de Jin, dans la province du Cheolla du Sud, le 16 avril, ayant entraîné de nombreuses victimes, notamment parmi des jeunes écoliers, et ayant causé la disparition de nombreuses personnes".

Source principale : KCNA (dépêche du 23 avril 2014)

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 17:47

Suite à l'accord conclu entre les deux gouvernements coréens, d'émouvantes rencontres entre des familles divisées de part et d'autre du 38ème parallèle se déroulent dans les légendaires monts Kumgang, situés au Nord de la péninsule, pour la première fois depuis 2010 - alors qu'aucun contact n'est ordinairement possible entre Sud et Nord-Coréens, que ce soit pas courrier, par téléphone ou par mél. Du jeudi 20 au samedi 22 février 2014, ce sont 140 Sud-Coréens qui ont rencontré 174 Nord-Coréens, avant que 88 Nord-Coréens retrouvent 357 membres de leurs familles vivant au Sud du 23 au 25 février. Quelque 22 000 Coréens appartenant à des familles séparées ont pu revoir leurs proches lors de rencontres organisées par les deux gouvernements. Dans un contexte d'apaisement des relations intercoréennes, les autorités du Sud a autorisé l'envoi au Nord de médicament et de lait en poudre pour une valeur de 1 million de dollars. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) rend compte, en images et en citations, des retrouvailles chargées d'émotion entre des membres de familles divisées par la partition du pays et la guerre, et qui risquent de ne jamais plus se revoir.

rencontre_familles-coreennes-divisees_21-fevrier_2014.jpg
"Grand-père m'a dit de courir, de courir et d'aller au Sud, loin de la guerre, car j'ai été l'aîné de ses petis-fils (...) Je suis désolé" (Lee, Sud, 67 ans, en pleurs, à son frère et à sa soeur qu'il a dû laisser derrière lui. Pendant la guerre de Corée, de nombreuses familles du Nord ont décidé de se séparer pour fuir le risque d'une attaque nucléaire par les Etats-Unis au Nord de la péninsule).

"La dernière volonté de notre père sur son lit de mort était que je te retrouve et veille sur toi" (Kim Myeong-bok, Sud, 66 ans, à sa soeur, Kim Myeong-ja, Nord, 68 ans, seule membre de sa famille restée au Nord).

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"Mon rêve s’est exaucé. Je n’ai plus de regret, même si je dois mourir demain" (Hwang Deok-young, enrôle dans l'armée du Nord pendant la guerre, 82 ans, ayant retrouvé ses deux soeurs cadettes. Leur père a été exécuté comme prisonnier politique au Sud).

"Même si je dois mourir, je mourrai dans les Monts de Diamant" (Kim Sum-kyong, Sud, 91 ans, hospitalisé la veille de sa rencontre au Nord avec son fils et sa fille).

"Père, ne mourez pas s’il vous plaît, et faites que l’on puisse se rencontrer à nouveau quand les deux Corées se réunifieront" (Kim Chun-soon, Nord, à son père, Kim Sum-kyong).

park_yang-gon_park_yang_soo_kumgang_2014.jpg
Sources :
- AAFC ;
- Le Monde avec AFP, "Ephémère rencontre de familles coréennes séparées par la guerre", article en date du 21 février 2014 ;
- Hankyoreh, article en date du 21 février 2014 : photo ci-dessus de la rencontre entre Park Yang-soo, 55 ans, pêcheur ayant rejoint le Nord en 1972 (enlevé selon les autorités sud-coréennes, ayant choisi de s'établir au Nord selon les autorités nord-coréennes) et son frère cadet Park Yang-gon (Sud, 52 ans) ;
- The New York Times et The Star, "North and South Koreans meet in emotional family reunions", article en date du 22 février 2014 ;
- Yonhap, "Réunions de familles séparées : deuxième journée pleine d'émotions", dépêche en date du 21 février 2014.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 23:59

Les 12 et 14 février 2014, la République de Corée (du Sud) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont organisé leur rencontre au plus haut niveau depuis 2007. Les deux parties sont parvenues à un accord en trois points, confirmant la tenue de réunions de familles séparées du 20 au 25 février prochains, prévoyant que le Nord et le Sud cessent les critiques et les diffamations contre l'autre partie et envisageant la tenue d'une autre rencontre de haut niveau à un moment approprié. Le Nord a fait des concessions, en ne demandant plus le report des exercices conjoints américano - sud-coréens à une date qui ne coïnciderait pas avec les réunions de familles séparées, alors que le Sud a reconnu que le Nord était à l'initiative de cette rencontre - dans la continuité des déclarations du Président Kim Jong-un le 1er janvier 2014, lorsqu'il avait affirmé que la RPD de Corée ferait des propositions pour relancer le dialogue intercoréen.

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Est-ce le signal d'un tournant dans les relations intercoréennes, mises à mal depuis l'alternance à Séoul et le retour au pouvoir des conservateurs en février 2008 ? Si de nombreux points restent à régler pour l'avenir, la volonté de dialogue et de relance des relations intercoréennes, exprimées par les dirigeants de chacun des deux Etats coréens en ce début d'année 2014, s'est concrétisée par la conclusion d'un accord Nord-Sud, le 14 février 2014, à l'issue de deux jours de discussion à Panmunjeom. Outre la confirmation d'un nouveau cycle de réunions de familles séparées du 20 au 25 février prochains - et qui seront les premières depuis 2010 - les deux parties ont convenu d'éviter les critiques réciproques et d'organiser une autre rencontre à haut niveau.

Car, outre le contenu de l'accord, le niveau des délégations - le plus élevé depuis 2007 - mérite d'être salué : la délégation du Sud était conduite par Kim Kyou-hyun, qui dirige le Conseil de sécurité national, et la délégation du Nord par Won Tong-yon, directeur adjoint du département du Front uni du Parti du travail de Corée.

rencontre-intercoreenne_14-02-2014.jpg
L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) se félicite de l'heureux dénouement des négociations, en exprimant le souhait qu'un climat de confiance puisse se créer entre les deux Corée afin d'approfondir les échanges Nord-Sud. D'ores et déjà, elle se réjouit que des familles divisées depuis trop longtemps puissent se retrouver, dès la fin de ce mois, lors de rencontres symboliques de la volonté de tous les Coréens de surmonter la partition de leur pays.

Sources : AAFC, Le Monde, Xinhua (dont photos).

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 22:42

A l'issue d'une rencontre au village frontalier de Panmunjom ce 5 février 2014, les deux parties coréennes ont convenu d'une réunion de familles séparées de part et d'autre du 38e parallèle, du 20 au 25 février prochains, dans les monts Kumgang situés au Nord de la péninsule. Alors que la précédente réunion de familles prévue cet automne avait finalement été annulée dans un contexte de tensions intercoréennes, les espoirs sont grands d'une reprise des échanges entre le Nord et le Sud de la Corée.

Accord-coreen-sur-une-prochaine-reunion-de-familles-separee.jpgDans son discours de nouvel an, le dirigeant Kim Jong-un de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait mis l'accent sur la nécessité d'améliorer les relations intercoréennes, tendant ainsi la main au Sud. C'est dans ce contexte que les deux Etats coréens ont convenu d'une nouvelle réunion de familles séparées par la division du pays, qui se tiendra du 20 au 25 février 2014 - une première depuis 2010 (photo à gauche).

La division de la Corée en 1948, entérinée par la guerre (1950-1953), a laissé des millions de familles sans nouvelles de leurs proches restés de l'autre côté de la DMZ. A ce jour, aucun contact n'est possible entre Nord et Sud-Coréens sans autorisation : ni courriers, ni appels téléphoniques, ni mails... C'est pourquoi la question de la réunion des familles séparées revêt un contenu politique et une charge émotionnelle aussi forte, surtout pour des personnes âgées qui désespèrent de savoir jamais ce que les leurs sont devenus.

Depuis 2000, les réunions de familles séparées ont permis de réunir 17 000 Coréens du Nord et du Sud.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) salue cet accord, en espérant qu'il ouvrira la voie à une coopération plus large, notamment dans le domaine économique - alors que le tourisme intercoréen des Monts Kumgang reste suspendu depuis la mort accidentelle d'une touriste sud-coréenne en 2008 - et sur les plans social et culturel. L'intensification des échanges Nord-Sud apparaît en effet comme la seule voie viable pour réduire les tensions entre les deux parties de la Corée, favoriser une meilleure compréhension mutuelle et paver le chemin vers la réunification.

Sources : AAFC, La Croix (dont photo), The Washington Times.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 23:04

En réponse à la campagne lancée au Sud de la péninsule sous le mot d'ordre "Comment allez-vous ces jours-ci ?", le comité des étudiants de l'Université de technologie Kim Chaek, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a adressé une lettre de soutien à leurs camarades du Sud qui veulent sensibiliser l'opinion sur les graves risques qui pèsent aujourd'hui sur la démocratie sud-coréenne. Cette action s'inscrit dans la tradition du soutien de Pyongyang aux militants pour la démocratie en République de Corée (du Sud), et dont l'une des expressions les plus fortes a été, historiquement, l'organisation de rencontres étudiantes intercoréennes au Nord, malgré les interdictions mises par les autorités sud-coréennes n'ayant ensuite pas hésité à emprisonner les militants ayant gagné le Nord de la péninsule sans autorisation.
   

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Lourde ingérence dans le processus électoral de services de renseignement aux pouvoirs exorbitants, frais de scolarité parmi les plus lourds au monde créant et reproduisant de graves inégalités sociales, atteintes de plus en plus patentes à la démocratie : les motifs évoqués par les étudiants de l'Université Kim Chaek de Pyongyang ne manquent pas pour justifier leur soutien à l'actuel mouvement de protestation étudiant en Corée du Sud.

A la question "Comment allez-vous ?", les étudiants sud-coréens répondent "Mal à cause de Park Geun-hye", "Mal en raison des mouvements pour restaurer la dictature Yusin" et "Bien seulement lorsque Park Geun-hye aura démissionné". Proclamée présidente en décembre 2012, Mme Park Geun-hye est la fille du général Park Chung-hee qui, sous le régime de la Constitution Yusin, a mis en place entre 1972 et 1979 le pouvoir le plus autoritaire qu'ait connu la Corée du Sud.

Rendant compte de la lettre adressée aux étudiants sud-coréens, l'agence KCNA de la RPD de Corée a exprimé le soutien du comité des étudiants de l'Université Kim Chaek à "la juste lutte menée par les étudiants au Sud [de la péninsule] pour l'indépendance, la démocratie et la réunification", en exprimant la certitude que ce combat entraînera l'avènement d'une nouvelle société en Corée du Sud.


Les étudiants ont été à plusieurs reprises à la pointe du combat pour la démocratie en Corée du Sud, notamment lors de la révolution de 1960 puis dans les manifestations ayant permis, en 1987, de restaurer le rétablissement de l'élection du Président de la République au suffrage universel direct, qui a été la garantie du retour à un système démocratique ouvert de désignation du chef de l'Etat.

Le mouvement rampant de privatisation des universités engagé dans les années 1990 - marquée par une part de plus en plus active des conglomérats dans le financement des activités d'enseignement supérieur, puis le recrutement des meilleurs étudiants - avait été encouragé par les autorités sud-coréennes pour briser les velléités contestatrices, la répression conduite à l'Université Yonsei, en 1996, ayant alors sonné le glas du mouvement étudiant comme force politique et sociale de premier plan au Sud de la Corée. S'appuyant sur le refus d'un alourdissement constant des frais de scolarité, l'actuel mouvement de protestation étudiant a opéré une jonction entre des luttes spécifiques aux étudiants et l'expression d'une contestation plus globale contre l'actuelle dérive autoritaire de la Corée du Sud.

Sources : AAFC, KCNA (dépêche du 11 janvier 2014). Photo Hankyoreh.
   

 

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