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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 17:01

A l'occasion du 70e anniversaire de la libération de la Corée, le député sud-coréen Moon Jae-in a tenu une conférence de presse à l'Assemblée nationale le 16 août 2015. L'adversaire malheureux de la Présidente Park Geun-hye lors de l'élection présidentielle de décembre 2012, et qui dirige l’Alliance de la nouvelle politique pour la démocratie (ANPD, démocrate) depuis février 2015, a prôné une autre politique intercoréenne, en mettant l'accent sur le renforcement des échanges économiques avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

Moon Jae-in, le 16 août 2015 à l'Assemblée nationale

Moon Jae-in, le 16 août 2015 à l'Assemblée nationale

S'inscrivant dans la droite ligne des administrations démocrates au pouvoir à Séoul entre 1998 et 2008, Moon Jae-in a jugé nécessaire de renforcer les échanges intercoréens pour préparer la réunification, tout particulièrement dans le domaine économique :

Nous devons dresser une nouvelle carte économique de la péninsule coréenne en étendant le territoire de nos activités économiques vers la Corée du Nord et le continent (...) Si nous arrivons d’abord à établir une communauté économique, même si nous ne pouvons pas (tout de suite) réaliser l’unification des deux Corées, la taille de notre économie pourra s’accroître avec un marché de 80 millions d’habitants et un revenu par tête de 30.000 dollars grâce à l’entrée au Nord de nos entreprises.

En mettant en avant les bénéfices que chaque partie de la Corée retirerait d'un accroissement des échanges économiques, Moon Jae-in a pris le contrepied des administrations conservatrices (au pouvoir à Séoul depuis 2008) qui, tout en privilégiant les aspects sécuritaires dans les relations Nord-Sud, ont bloqué l'essor du commerce intercoréen. Pour Moon Jae-in, la mise en place d'une communauté économique intercoréenne accroîtrait le PIB sud-coréen de 0,8 % par an jusqu’en 2050, générant 50.000 emplois nouveaux par an.

Etablies unilatéralement par le Sud en 2010 après le dramatique naufrage de la corvette "Cheonan" (dont la cause est une torpille nord-coréenne selon Séoul, ce que nie farouchement Pyongyang, les preuves avancées par la Corée du Sud étant très contestées par de nombreux experts), les mesures dites du 24 mai (2010) interdisent pour l'essentiel les échanges économiques intercoréens, sauf dans la zone économique spéciale nord-coréenne de Kaesong. Moon Jae-in préconise la levée de ces mesures, ce que refusent les autorités conservatrices sud-coréennes.

Moon Jae-in a également réitéré la position démocrate traditionnelle en faveur des échanges et du dialogue Nord-Sud : il a proposé une réunion 2+2 (République de Corée - RPDC d'une part, RPDC - Etats-Unis d'autre part) en vue d'une reprise rapide des pourparlers à six. Le chef de l'opposition sud-coréenne a jugé nécessaire l'intensification des échanges, officiels ou officieux, Nord-Sud.

L'AAFC soutient pleinement les propositions de Moon Jae-in, alors que la politique de fermeté suivie par les administrations conservatrices sud-coréennes de Lee Myung-bak et de Park Geun-hye depuis 2008 a fait la preuve de son inefficacité. Cette politique a considérablement réduit les perspectives d'investissement au Nord des entreprises sud-coréennes, accru les tensions dans la péninsule coréenne sans pouvoir entraver, comme prétendaient naguère y parvenir les oracles de la droite sud-coréenne, les progrès des programmes nucléaires et balistiques nord-coréens.

Source :

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 22:47

Le 4 août 2015, deux soldats sud-coréens ont été estropiés dans la zone démilitarisée (DMZ) située entre les deux Etats coréens après avoir été blessés par l'explosion de trois mines antipersonnel. Si la République de Corée (Corée du Sud) a aussitôt accusé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et décidé, en représailles à ce qu'elle a qualifié d' "attaque", d' "intensifier" la guerre psychologique en lançant à nouveau des messages de propagande hostiles à la RPDC par les haut-parleurs situés le long de la DMZ, il faut garder la tête froide : en l'absence d'enquête indépendante rien ne permet à ce stade d'accuser la RPD de Corée. En revanche, il est certain que les mines antipersonnel, lesquelles sont d'abord un legs monstrueux de la guerre de Corée (1950-1953), créent des dommages atroces : l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) appelle ainsi à ce que le refus des mines antipersonnel soit un combat prioritaire pour toutes celles et tous ceux qui sont sincèrement attachés à la paix dans la péninsule coréenne.

Dans la terrible attaque qui a gravement estropié deux soldats sud-coréens, la vigueur de la réaction des autorités sud-coréennes, parlant désormais de mesures de représailles, contraste avec leur silence assourdissant pendant près d'une semaine, puis avec l'absence tout d'abord  de réponse coordonnée entre les différentes administrations. En effet, ce n'est que le 10 août que le ministère de la Défense sud-coréen a rendu compte de cet incident, et le 11 août, soit une semaine après les faits, que le porte-parole de la présidence sud-coréenne, Min Kyung-wook, a pointé la responsabilité selon lui de la Corée du Nord :

Il s'agit clairement d'une provocation dans laquelle des forces nord-coréennes ont franchi illégalement la ligne de démarcation militaire et planté une mine dans une boîte en bois (...) Cette provocation de la Corée du Nord est une violation flagrante de l'accord d'armistice et de l'accord de non-agression entre le Sud et le Nord, et nous demandons avec force à la Corée du Nord de s'excuser pour cette provocation et d'en punir les responsables.

Mais il serait naïf de prendre pour argent comptant ces accusations bien tardives, alors que la République de Corée a une longue réputation d'opacité sur les questions touchant la défense nationale et est prompte à accuser le Nord pour se dédouaner de ses propres défaillances dans la protection de ses soldats - car quelle que soit l'origine des mines, il y a eu clairement des insuffisances dans la protection des militaires sud-coréens face à un problème connu, celui des mines antipersonnel, encore bien trop nombreuses dans la DMZ depuis la fin de la guerre de Corée.

Si les médias nord-coréens n'avaient pas encore réagi publiquement à l'heure où nous rédigeons ces lignes, il est à attendre que les autorités nord-coréennes s'offusquent d'une opération qu'elles dénoncent comme montée par la Corée du Sud elle-même, à quelques jours de l'anniversaire de la libération de la Corée. Dans ce contexte, la prudence s'impose : seule une enquête internationale indépendante, associant toutes les parties, permettra de déterminer la nature et l'origine des mines ayant estropié les deux soldats sud-coréens, et serait un préalable nécessaire pour prendre ensuite les mesures indispensables au déminage de la péninsule coréenne, qui n'a causé que trop de souffrances depuis la guerre de Corée.

Au regard de l'absolue nécessité de supprimer les mines antipersonnel, l'Association d'amitié franco-coréenne considère urgent de créer un climat de confiance et de détente entre toutes les parties, et non de provoquer une escalade dans les tensions - comme s'y essaient aujourd'hui les faucons au pouvoir à Séoul pour tenter de calmer une opinion publique légitimement indignée face à ce qui apparaît comme un nouveau scandale de sécurité, après les dramatiques naufrages du "Cheonan" et du "Sewol".

Sources :

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 19:29

Alors qu’une nouvelle dérive autoritaire est en cours en République de Corée (Corée du Sud), l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) a toujours été aux côtés des démocrates sud-coréens dans leur combat pour la liberté et la réunification. En particulier, au tournant des années 1980 et 1990 plusieurs personnalités sud-coréennes ont été arrêtées par le régime Roh Tae-woo pour avoir visité la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sans autorisation du gouvernement sud-coréen : parmi elles, Rim Su-kyong avait participé au Festival mondial de la jeunesse à Pyongyang en 1989 ; le prêtre Moon Kyu-hyun et le pasteur Moon Ik-hwan s’étaient également rendus en RPDC en 1989. L’AAFC a alors été le fer de lance, en France, du combat international pour leur libération, par des manifestations, des pétitions et des lettres adressées aux autorités politiques françaises, non sans succès : Rim Su-kyong, condamnée à cinq ans de prison, a été libérée au printemps 1992 après avoir purgé une peine de deux ans et demi, avant d’être amnistiée par le président sud-coréen Kim Dae-jung en 1999, tandis que Moon Ik-hwan, condamné en 1989 à dix ans, est sorti de prison en 1993. Nous reproduisons ci-après l’appel lancé par l’AAFC en 1989, cosigné par plusieurs organisations françaises (dont la Confédération générale du travail, le Parti communiste français, l’Association française des juristes démocrates et la Jeunesse étudiante chrétienne) et des personnalités (parmi lesquelles Jean Ferrat, Hugues Aufray, Paul Préboist, Gilles Perrault, Catherine Ribeiro, Siné, Jean Ziegler, Bernard Clavel…) publié dans le n° 28 (4e trimestre 1989) du bulletin trimestriel de l’AAFC. La graphie des noms coréens correspond à la translittération alors en usage.

Rim Su-kyong, en 1989 en RPD de Corée

Rim Su-kyong, en 1989 en RPD de Corée

Moon Ik-hwan

Moon Ik-hwan

Respect des droits de l’homme en Corée du Sud, libération de tous les démocrates emprisonnés

Nous soussignés, après avoir pris connaissance avec une vive émotion, des arrestations et des lourdes condamnations infligées par les autorités sud-coréennes à l’issue de procès iniques à :

- M. le Pasteur Moun Ik Hwan,
- l’écrivain You Won Ou,
(condamnés à 10 ans de prison)
- le Prêtre Moun Kyu Hyun
- la jeune étudiante Rim Sou Kyeung
(menacés de la peine de mort)

Ces personnes comme bien d’autres démocrates sud-coréens également emprisonnés n’ont commis d’autre crime que de vouloir passionnément le dialogue entre les deux parties de la Corée et la réunification de leur patrie.

Ces arrestations et condamnations sont une atteinte intolérable à la liberté d’opinion et aux droits les plus élémentaires de l’homme.

Elles sont en flagrante contradiction avec les engagements de M. Ro Tai Ou de permettre le dialogue Nord-Sud et de démocratiser son pays.

Les soussignés exigent du Président sud-coréen la libération de tous les démocrates emprisonnés.

D’autre part, nous appuyant sur les déclarations du Gouvernement français affirmant la volonté dans ses relations extérieures de faire prévaloir le principe du respect des droits de l’homme, nous demandons instamment à M. le Président de la République française d’exiger des autorités sud-coréennes la libération de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud.

Premiers signataires de l’appel pour la libération de la jeune étudiante Rim Sou Kyeung, du prêtre catholique Moun Kyu Hyun, du pasteur protestant Moun Ik Hwan et des autres démocrates sud-coréens emprisonnés, et pour le respect des droits de l’homme en Corée du Sud.

ORGANISATIONS

- Association d’amitié franco-coréenne,
- Comité français de soutien à la réunification de la Corée (COFRECO),
- Comité français de soutien à la création de la RCDK,
- Comité français pour la reconnaissance diplomatique de la RPDC,
- Confédération Générale du Travail,
- Parti communiste français,
- Association française des juristes démocrates,
- Mouvement de la jeunesse communiste de France,
- Comité national pour l’indépendance et le développement (CNID),
- Jeunesse étudiante chrétienne.

PERSONNALITES

- Jean Ferrat, Artiste lyrique, compositeur,
- Michel Germa, Président du conseil général du Val-de-Marne,
- Claude Bessy, Artiste chorégraphe de l’Opéra de Paris,
- Charles Lederman, Avocat, Sénateur, Secrétaire de la Commission des lois,
- Jean Suret-Canale, Professeur d’université, Président de l’AAFC,
- Hugues Aufray, Chanteur-compositeur,
- Raoul Sangla, Réalisateur de télévision,
- Nicole Dreyfus, Avocate,
- Joannes Galland, Secrétaire de la CGT,
- Paul Préboist, Comédien,
- Albert Lévy, Journaliste,
- Gilles Perrault, écrivain,
- André Aubry, ancien Sénateur, Président du COFRECO,
- Catherine Ribeiro, Artiste lyrique,
- Henri Tisot, Comédien, évangéliste,
- Gérard Brignolais, Sculpteur,
- François Fournier, Jésuite, Directeur de « Culture et Foi »,
- Yves Grenet, Economiste, membre de la Présidence de la Conférence des catholiques européens,
- Marcel Trigon, Maire d’Arcueil,
- Siné, Dessinateur, humoriste,
- Daniel Zimerman, Professeur d’université, écrivain,
- Guy Dupré, Secrétaire général du Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée,
- Jean Ziegler, Professeur d’université, Conseiller national de la Confédération helvétique,
- Gilles Langoureau, Chanteur,
- Marcel Rigout, Conseiller économique et social, ancien Ministre,
- Marc Ogeret, Chanteur,
- Moussa Keita,
- Pierre Derens, Principal de collège,
- Jacqueline Derens, Professeur,
- Sigfried Feller-Steinhauer,
- Laetitia Meignan,
- Clotilde Kante,
- Nicole Crestou,
- Jeannette Genot,
- Jean Charlon,
- Jacqueline Bailly, Section internationale CGT,
- Maurice Cukierman, Secrétaire de l’AAFC,
- Catherine Deveault, syndicaliste,
- Françoise Caro, secrétaire,
- Thierry Angles, Secrétaire de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD),
- Valérie de Foulpiquet, Universitaire,
- Robert Charvin, Professeur, Secrétaire général du Comité international de juristes pour la démocratie et les droits de l’homme en Corée du Sud,
- Bernard Clavel, Ecrivain,
- Jacqueline Fraysse-Cazalis, Médecin, Sénateur-Maire de Nanterre,
- Jacqueline Grunfeld.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 20:11

Mme Lee Hee-ho, veuve de l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung qui avait co-initié le premier sommet intercoréen en juin 2000, aujourd'hui présidente du Centre pour la paix Kim Dae-jung, devrait se rendre en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dès juillet 2015. Cette annonce fait suite à une rencontre le mardi 30 juin à Kaesong, au Nord de la péninsule, entre des représentants du Centre pour la paix Kim Dae-jung et une délégation du Comité (nord-)coréen pour la paix en Asie-Pacifique conduite par son vice-président M. Maeng Kyong-il. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient pleinement la visite de l'ex-Première dame, qui est de nature à relancer la coopération intercoréenne et à améliorer des relations Nord-Sud fortement dégradées.

Kim Seong-jae, directeur du Centre pour la paix Kim Dae-jung, lors d'un point presse le 30 juin 2015 après la rencontre avec la partie nord-coréenne pour discuter d'une visite en RPDC de Mme Lee Hee-ho. Photo prise au bureau de liaison intercoréen de Paju (source : Hankyoreh)

Kim Seong-jae, directeur du Centre pour la paix Kim Dae-jung, lors d'un point presse le 30 juin 2015 après la rencontre avec la partie nord-coréenne pour discuter d'une visite en RPDC de Mme Lee Hee-ho. Photo prise au bureau de liaison intercoréen de Paju (source : Hankyoreh)

La visite prévue au Nord de Mme Lee Hee-ho, âgée de 92 ans, dont les dates et l'itinéraire doivent encore être discutés, aura un caractère humanitaire : Mme Lee entend notamment remettre des bonnets pour les enfants nord-coréens, suivant une action engagée depuis maintenant deux ans.

Elle a indiqué souhaiter permettre un apaisement dans les relations Nord-Sud. En octobre 2014, la présidente de la République de Corée (Corée du Sud) Mme Park Geun-hye avait indiqué qu'elle approuverait la demande de visite au Nord dès que la demande officielle en aurait été faite. En application de la loi sud-coréenne de sécurité nationale, tous les échanges Nord-Sud - y compris les contacts préparatoires au déplacement de Mme Lee - sont soumis à une autorisation gouvernementale.

Mme Lee Hee-ho avait envoyé une couronne de fleurs en décembre 2014 lors du troisième anniversaire de la disparition du Dirigeant Kim Jong-il. A cette occasion, le Maréchal Kim Jong-un l'avait invitée à venir en RPD de Corée.

Le ministère sud-coréen de la Réunification a annoncé qu'il était favorable à cette visite, ce qui peut laisser espérer une reprise des échanges et du dialogue Nord-Sud par des canaux non gouvernementaux. Les autorités sud-coréennes ont également réexprimé leur souhait d'un rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes.

Mise à jour : Mme Lee visitera le Nord de la Corée du 5 au 8 août 2015

Sources :

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 20:16

Le 22 juin 2015, le comité d'organisation des Universiades de Kwangju, en République de Corée (Corée du Sud), a annoncé que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) annulait sa participation. Cette décision, qui touche d'abord les athlètes nord-coréens, est la conséquence - hélas - logique d'une politique de confrontation entretenue par les autorités sud-coréennes, en l'occurrence sur l'argument des droits de l'homme alors que la Corée du Sud est loin d'être exemplaire en ce domaine. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) plaide une nouvelle fois pour que cesse l'escalade des tensions, dans l'intérêt du peuple coréen de toute la péninsule. Par ailleurs, les coopérations intercoréennes dans les domaines sportif et culturel ne devraient pas pâtir de considérations politiques.

Pourquoi la Corée du Nord a-t-elle annulé sa participation aux Universiades de Kwangju ?

C'est par un courrier électronique, reçu le 19 juin 2015, que le comité d'organisation des Universiades 2015 de Gwangju a appris que la RPDC ne pourrait pas se joindre à cet événement, qui commencera le 3 juillet prochain dans la ville sud-coréenne. En mars, la RPDC avait annoncé la participation d'une équipe de 108 athlètes aux Universiades de Kwangju, notamment en athlétisme, plongée, gymnastique, tennis de table, football féminin et handball féminin.

 

La partie nord-coréenne a expliqué que cette décision était motivée par l'ouverture prochaine, à Séoul, du bureau des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPD de Corée, qui est d 'abord - sinon essentiellement - le fruit du lobbying de forces néo-conservatrices principalement implantées aux Etats-Unis.

 

L'AAFC a déjà souligné que la position des Nations Unies, et les méthodes qu'elles utilisent, pour dénoncer les atteintes aux droits de l'homme en Corée du Nord étaient totalement inadaptées à l'objectif poursuivi, et risquaient seulement de dégrader encore davantage les relations internationales s'agissant de la question coréenne. Notre lettre à Joachim Rücker, Président du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, n'a pas reçu de réponse - apportant ainsi la preuve du parti pris délibéré de cet organisme des Nations Unies s'agissant de la RPD de Corée.

 

Le choix d'ouvrir un bureau à Séoul apparaît d'autant plus comme une provocation que la République de Corée est engagée dans une dérive autoritaire qui soulève des inquiétudes de plus en plus vives des ONG de défense des droits de l'homme et d'autres organisations, au premier rang desquelles le Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud.
 

Principale source :

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 18:31

Au quinzième anniversaire de la Déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000, les autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont proposé une nouvelle fois à la République de Corée (Corée du Sud) de s'engager sur la voie du dialogue et des négociations. Mais, une fois encore, les autorités sud-coréennes, d'obédience conservatrice, ont balayé d'un revers de main cet appel à la réconciliation et à la coopération intercoréennes. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) déplore une nouvelle occasion manquée pour substituer un climat de dialogue à la confrontation et aux tensions.

Les autorités nord-coréennes accordent une grande importance aux anniversaires des déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, fondements du dialogue et du rapprochement intercoréens : le 4 octobre 2014, une délégation nord-coréenne de haut niveau avait ainsi visité la Corée du Sud à l'occasion de la clôture des Jeux asiatiques d'Incheon (sur cette photo, Hwang Pyong-so, vice-président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, et Ryu Kihl-jae, ministre de la Réunification de la République de Corée)

Les autorités nord-coréennes accordent une grande importance aux anniversaires des déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, fondements du dialogue et du rapprochement intercoréens : le 4 octobre 2014, une délégation nord-coréenne de haut niveau avait ainsi visité la Corée du Sud à l'occasion de la clôture des Jeux asiatiques d'Incheon (sur cette photo, Hwang Pyong-so, vice-président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, et Ryu Kihl-jae, ministre de la Réunification de la République de Corée)

Pour montrer la sincérité de son offre de dialogue à l'occasion de l'anniversaire de l'historique Déclaration du 15 juin 2000, la RPD de Corée a mis les formes : pour la première fois depuis le 7 juillet 2014, lorsque Pyongyang avait annoncé pour que des supportrices du Nord participeraient aux Jeux asiatiques d'Incheon (en Corée du Sud), c'est le Gouvernement qui a signé le communiqué formulant une nouvelle proposition d'échanges et de coopération entre les deux parties divisées de la Corée. Deux conditions ont toutefois été posées : l'arrêt des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens, et la fin des "invectives" contre la RPD de Corée, en appelant à ce que s'instaure "une atmosphère de confiance et de réconciliation".

Le principe selon lequel les deux gouvernements coréens doivent s'abstenir mutuellement de se critiquer, en reconnaissant le système politique et social de l'autre partie, est au coeur des principes consacrés par la Déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000. Quant à la suspension des exercices de guerre américano - sud-coréens, c'est une demande nullement déraisonnable pour qui souhaite réellement créer les conditions d'un dialogue sincère : déjà, dans les années 1990, lorsque des discussions portaient sur le nucléaire nord-coréen, ces exercices avaient été suspendus pour favoriser un climat d'échanges et apaiser les tensions. Mais les faucons au pouvoir à Séoul ont la mémoire courte...

Fidèle à sa ligne intransigeante, le ministère de la Réunification sud-coréen n'a même pas considéré sérieusement ce nouveau appel au dialogue, parlant de "préconditions déplacées" et observant, avec agressivité, que la RPD de Corée devait "suspendre immédiatement ses actes de provocation". Dans la curieuse rhétorique des conservateurs sud-coréens, il est devenu traditionnel de dénoncer les appels au dialogue nord-coréens comme des "provocations" (sic), tout en prétendant légitimer les exercices de guerre menés conjointement avec les Etats-Unis - les plus importants au monde - comme étant soi-disant de nature "défensive"...

Alors que cette année marque le 70e anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise, l'occasion était belle de relancer le dialogue Nord-Sud. Mais pour dialoguer il faut être deux, et la droite sud-coréenne n'en éprouve manifestement aucune envie.

Sources :

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 23:02

Il y a quinze ans, du 13 au 15 juin 2000, se tenait la première rencontre au plus haut niveau entre les dirigeants de la Corée divisée : Kim Dae-jung, Président de la République de Corée (du Sud), était reçu à Pyongyang par Kim Jong-il, Président de la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). A l'issue de cette visite, les deux dirigeants ont signé, le 15 juin 2000, une Déclaration commune Nord-Sud, qui constitue la pierre angulaire de relations et de coopérations nouvelles entre les deux parties de la Corée divisée, en vue de la réunification de la péninsule, dont la division à la fin de la Seconde guerre mondiale a été entérinée par la création de deux Etats concurrents en 1948, puis par la guerre de Corée (1950-1953). Les perspectives nouvelles d'une réunification indépendante et pacifique de la Corée ont alors soulevé un immense espoir, en créant les conditions d'un dialogue et d'échanges mutuels sur des bases qui restent plus que jamais d'actualité. Si le retour au pouvoir des conservateurs à Séoul en 2008, avec les présidences Lee Myung-bak (2008-2013) et Park Geun-hye (depuis 2013), a marqué un coup d'arrêt aux progrès dans le rapprochement intercoréen en attisant de nouveau les tensions, la Déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000 a permis d'avancer sur la voie de la coopération économique, culturelle et politique. Quinze ans après, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), fidèle à l'esprit de la Déclaration du 15 juin (tout comme de la Déclaration commune du 4 octobre 2007, adoptée lors de la deuxième rencontre au sommet Nord-Sud), appelle à analyser lucidement la situation actuelle, en ne sous-estimant ni les progrès accomplis, ni les obstacles posés par ceux qui s'opposent, aujourd'hui comme hier, à la réunification de la Corée.

Quinze ans après, la déclaration du 15 juin 2000 est toujours d'actualité pour la réunification de la Corée

Texte bref mais puissant, la Déclaration commune Nord-Sud du 15 juin 2000 rappelle tout d'abord qu'elle traduit "la noble volonté de tous les Coréens aspirant à la réunification pacifique de la patrie", ayant été conclue à l'issue de "la rencontre historique et des pourparlers au plus haut niveau" entre le Nord et le Sud, "premiers du genre depuis la partition de la nation", et qui "sont d'une importance faisant date pour promouvoir la compréhension mutuelle, développer les rapports Nord-Sud et réaliser une réunification pacifique".

Le Dirigeant Kim Jong-il et le Président Kim Dae-jung se sont accordés sur quatre points.

Le premier point concerne les principes de la réunification : "le Nord et le Sud ont décidé de résoudre en toute indépendance le problème de la réunification du pays grâce à l'union de toute notre nation qui en est responsable". La réunification de leur nation par les Coréens eux-mêmes en toute indépendance signifie le rejet de toute ingérence extérieure, tant des grandes puissances (responsables de la division du pays après la capitulation japonaise) que d'organisations internationales (il ne faut pas oublier que c'est au nom des Nations Unies que les Etats-Unis et leurs alliés sont intervenus militairement pendant la guerre de Corée). Si ce principe d'indépendance est un élément fondamental de la politique internationale de Pyongyang, il a en revanche connu une application bien différente au Sud : non seulement plus de 28 000 soldats américains stationnent toujours au Sud de la péninsule, mais en cas de conflit le commandement des forces combinées américano - sud-coréennes appartiendrait à Washington. Les administrations conservatrices aux manettes à Séoul depuis 2008 ne sont pas seulement pro-américaines ; elles ont entendu lier les relations intercoréennes à la question nucléaire, abordée dans un cadre multilatéral, ne faisant plus des Coréens les seuls maîtres de leur destin en tant que peuple aspirant à se réunifier.

Le deuxième point de la déclaration du 15 juin porte sur la volonté de concilier "le projet de fédération" du Nord et celui de "commonwealth" du Sud, ce dernier étant inspiré des approches théoriques fonctionnalistes développées, par exemple, dans le cadre de la construction européenne. Si le Nord a maintenu et réaffirmé son projet fédéral ou confédéral (un seul Etat, mais deux systèmes politiques, du moins dans une première étape), au Sud le discours intercoréen n'a plus vraiment de boussole claire. L'idée d'une "trustpolitik", développée par la Présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye, est très pauvre intellectuellement par rapport à celle de "commonwealth" défendue par les anciens présidents démocrates sud-coréens, selon laquelle il faut créer des espaces de coopération - et pas seulement établir une confiance mutuelle, laquelle ne se décrète pas mais s'instaure et se renforce par des mesures concrètes.

Le troisième point de la Déclaration commune du 15 juin 2000 a porté sur les initiatives communes à prendre pour commémorer la libération de l'occupation japonaise, le 15 août, qui constitue une fête nationale tant au Nord qu'au Sud de la Corée : le Nord et le Sud "ont décidé, à l'occasion du 15 août prochain, d'échanger des groupes de familles et de proches dispersés et de résoudre au plus vite le problème des anciens prisonniers de guerre non convertis et d'autres problèmes humanitaires". En 2000, une des traductions de la Déclaration du 15 juin avait été le retour au Nord, le 2 septembre, de 63 anciens prisonniers politiques sud-coréens ayant refusé de se convertir au système politique et économique du Sud. Par ailleurs, les réunions de familles séparées, de part et d'autre de la DMZ qui sépare les deux Corée, ont pu se tenir régulièrement pendant la politique intercoréenne "du rayon de soleil" des présidences sud-coréennes démocrates (1998-2008), avant de ne devenir plus qu'exceptionnelles (la dernière fois, en février 2014), dans un contexte de remise en cause des principes de la Déclaration du 15 juin 2000 par les conservateurs sud-coréens. Enfin, les cérémonies conjointes prévues cette année à l'occasion du 70e anniversaire de la capitulation japonaise et de la libération de la Corée, le 15 août 1945, émanent, au Sud, de groupes privés, même si l'on peut observer que les autorités sud-coréennes n'y ont pas opposé de veto, du moins à ce jour.

Le dernier point de la Déclaration du 15 juin a porté sur le développement des échanges Nord-Sud, dans différents domaines, mais en citant en premier l'économie nationale : les deux parties "ont convenu de développer de façon équilibrée l'économie nationale par la coopération économique et de promouvoir la collaboration et les échanges dans différents domaines, notamment social, culturel, sportif, sanitaire et environnemental en vue d'approfondir la confiance mutuelle". Mais les sanctions prises unilatéralement par le Sud contre le Nord, le 24 mai 2010, après le naufrage du Cheonan, ont entraîné la suspension de pratiquement tous les échanges économiques, à l'exception notable de ceux de la zone spéciale de Kaesong, au Nord de la péninsule, où opèrent 124 entreprises sud-coréennes employant 53 000 ouvriers nord-coréens. Géré par la filiale Hyundai Asan du groupe sud-coréen Hyundai, très fortement investi dans la réconciliation intercoréenne, le complexe de Kaesong a représenté un volume d'échanges de 2,33 milliards de dollars en 2014. Sur le plan des échanges économiques (investissements directs, commerce extérieur) avec la RPD de Corée, la Corée du Sud est désormais largement distancée par la Chine.

Si la Déclaration du 15 juin 2000 a apporté une réponse adaptée à la question de la division de la Corée, il est hautement regrettable que l'attitude des autorités sud-coréennes depuis 2008 ait non seulement bloqué mais fait reculer les échanges Nord-Sud, lesquels sont désormais principalement le fait, au Sud, d'acteurs privés.

 

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 21:22

Inscrit en 2013 au Patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO, le site de Kaesong, ancienne capitale du royaume de Koryo (918-1392), a donné lieu à des coopérations dans le domaine archéologique entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ainsi qu'entre les deux Corée. Le 1er juin 2014, une équipe de 11 archéologues et historiens sud-coréens est arrivée à Kaesong, dans le cadre d'un programme de recherches conjoint Nord-Sud, d'une durée prévisionnelle de six mois, sur le site de l'ancien palais royal Manwoldae.

Le site archéologique de l'ancien palais royal Manwoldae, à Kaesong

Le site archéologique de l'ancien palais royal Manwoldae, à Kaesong

Au cours des six mois que durera le programme sur le site de Manwoldae, 81 Sud-Coréens - archéologues ou historiens, membres de l'Institut national de recherche sur le patrimoine culturel (sud-)coréen - doivent se rendre au Nord de la péninsule, prolongeant ainsi des travaux de recherches archéologiques menés conjointement par les deux Corée de 2007 à 2011, et qui ont repris en juillet 2014. Le fonds de coopération intercoréenne de la République de Corée (du Sud) participe financièrement au projet.

Prévues pour s'achever le 30 novembre 2015, les fouilles archéologiques comprendront des travaux de restauration de vestiges d'une grande valeur patrimoniale, inscrits 2013 depuis au Patrimoine mondial de l'humanité.

Ces recherches conjointes, témoignant de l'importance des champs potentiels de coopération Nord-Sud sur les questions historiques et culturelles, sont d'autant plus significatives qu'elles portent sur le centre du pouvoir royal du premier Etat réellement unifié de la péninsule coréenne.

Source :

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 16:04

Le 26 mars 2010, la corvette Cheonan de la marine sud-coréenne coulait au large de l'île de Baengnyeong, à l'ouest de la péninsule coréenne, entraînant la mort de 46 marins. Pour élucider les causes de ce naufrage, le gouvernement sud-coréen a mis en place un groupe d'enquête - largement dominé par la Corée du Sud et les Etats-Unis – qui a rendu le 20 mai 2010 son rapport intermédiaire (confirmé le 13 septembre suivant) selon lequel le Cheonan avait été coulé par une torpille tirée par un sous-marin de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Ces accusations ont aussitôt été rejetées par la RPDC, mais la thèse d'une torpille nord-coréenne ayant coulé le Cheonan a servi de justification à des mesures de rétorsion à l'encontre de la Corée du Nord, annoncées le 24 mai 2010 par le gouvernement sud-coréen. Au cinquième anniversaire des « mesures du 24 mai », la RPD de Corée a réitéré sa demande d'une enquête conjointe pour faire la lumière, de manière incontestable, sur les causes du naufrage du Cheonan, alors que la version officielle américano-sud-coréenne, dite de la torpille nord-coréenne, est d'autant plus remise en question qu'elle contribue à alimenter les tensions dans la péninsule coréenne.

Repéchage de l'épave du "Cheonan" en avril 2010

Repéchage de l'épave du "Cheonan" en avril 2010

Les mesures de rétorsion à l'encontre de la RPDC, annoncées le 24 mai 2010 par le gouvernement du président sud-coréen Lee Myung-bak (conservateur), comprenaient : la reprise de la diffusion de messages de propagande par tracts et par haut-parleurs à la frontière avec le Nord par l'armée sud-coréenne ; l'organisation de manœuvres sous-marines conjointes avec les Etats-Unis en mer de l'Ouest (mer Jaune) ; la fermeture du détroit de Jeju, à l'extrême sud de la péninsule coréenne, aux navires nord-coréens ; la suspension des relations commerciales avec la RPDC, à l'exception de la zone industrielle intercoréenne de Kaesong ; la restriction des contacts entre Coréens du Sud et du Nord. Sur le plan diplomatique, Séoul a saisi le Conseil de sécurité des Nations Unies pour alourdir les sanctions déjà en place contre la RPDC et en adopter de nouvelles. Toutefois, le 9 juillet 2010, le Conseil de sécurité, tout en condamnant l'« attaque » contre le Cheonan, s'est bien gardé de désigner la Corée du Nord comme l'agresseur.

Depuis leur divulgation, les conclusions de l'enquête officielle américano-sud-coréenne accusant la RPDC d'avoir coulé le Cheonan ont été remises en question, entre autres, par un ancien membre du groupe d'enquête (mai 2010), par des chercheurs de prestigieuses universités américaine (juillet 2010) et britannique (novembre 2014), et même par les experts de la marine russe (juillet 2010) invités par Séoul à examiner les « preuves » de la culpabilité de la Corée du Nord.

Au cinquième anniversaire des « mesures du 24 mai », le département politique de la Commission de la défense nationale (CDN), plus haute instance de la RPD de Corée, a publié le 24 mai 2015 une déclaration exposant sa « position de principe », appelant la présidente sud-coréenne Park Geun-hye à lever ces mesures et affirmant que la RPDC est prête à participer à l'enquête sur le naufrage du Cheonan :

1. Les "mesures du 24 mai" constituent une négation ouverte de l'historique déclaration conjointe du 15 juin [2000], réussite commune à toute la nation, et de son programme d'action qu'est la déclaration du 4 octobre [2007].

Le traitre Lee Myung-bak et son parti ont qualifié l'ère de la réunification consécutive au 15 juin [2000] de 'décennie perdue' et ont menacé d'ouvrir une 'décennie de confrontation' pour refroidir l'enthousiasme des compatriotes pour la réunification.

Cette menace a été mise à exécution avec l'affaire du naufrage du navire de guerre "Cheonan" et les "mesures du 24 mai" qui ont suivi.

Cinq années ont passé depuis et le chef de Chongwadae [le siège de la présidence de la République de Corée du Sud] a aussi changé.

Mais les "mesures du 24 mai" demeurent comme une tumeur cancéreuse, bloquant l'amélioration des relations entre le Nord et le Sud, entravant la concorde et l'unité nationale et faisant monter la confrontation et la tension.

Cela montre clairement que Park Geun-hye et son parti sont juste pareils à Lee Myung-bak.

2. Les "mesures du 24 mai" sont une initiative en vue de la confrontation, fabriquée sous le prétexte du naufrage du navire de guerre "Cheonan".

Les mesures basées sur une fabrication ne peuvent être que des mesures visant à la confrontation.

Saisissant cette opportunité, nous enjoignons poliment Park et son parti de faire ce qui suit.

S'ils ont le moindre élément leur permettant de prouver la responsabilité de la RPDC dans l'affaire du naufrage, ils doivent accepter sa demande d’inspection conjointe sur l’incident, face à toute la nation et au monde entier.

Il n'y a pas d'excuse possible pour eux de refuser notre demande, s'ils n'ont pas peur.

L'enquête sur la vérité sera d'autant plus facile à mener que la coque du navire "Cheonan", qui a été brisée en deux parties, a été récupérée et placée à terre.

Nous gardons un puissant groupe d'inspection de la CDN de la RPDC prêt à se joindre à une enquête sur l'incident.

Si Park et son parti refusent cette juste demande de la RPDC, ils ne feront qu'admettre que l'affaire est une mascarade montée par eux. Les "mesures du 24 mai" devraient donc naturellement être levées.

3. Les sinistres "mesures du 24 mai" sont le produit d'intrigues politiques qui devraient être jetées dans la décharge de l'histoire.

Ces mesures sont le produit d'escroqueries politiques, que personne ne veut, contre la nation, la réunification et la paix, et constituent la plus grande source d'ennuis pour tous les Coréens.

Park Geun-hye et son parti devront admettre devant toute la nation les crimes contre les compatriotes, commis en s'accrochant aux "mesures du 24 mai" et jeter ces dernières dans la décharge de l'histoire.

Leurs paroles pleines de non-sens telles que "d'abord le dialogue puis la levée des mesures" ne font que révéler leur stratagème cynique visant à pousser le dialogue Nord-Sud vers un autre théâtre de confrontation. Cela ne constitue qu'une perte de temps.

Les gens de tous les horizons en Corée du Sud devront se lever comme un seul homme afin de lutter au niveau national pour voir levées les "mesures du 24 mai".

Le grand tournant et l'amélioration des relations Nord-Sud dépendent de la levée de ces mesures.

En réaction à la déclaration de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, le ministère sud-coréen de l'Unification a indiqué que la position du gouvernement sud-coréen « n'a pas changé. Il faut que la Corée du Nord assume la responsabilité du naufrage du Cheonan avant que soient levées les sanctions du 24 mai 2010 ». Pour Séoul, « une enquête internationale a déjà déterminé que la Corée du Nord est derrière l’attaque », comme l'a rappelé en mars le ministère de l’Unification. Toutefois, Séoul se garde bien de rappeler le groupe d'enquête « international » ayant imputé le naufrage du Cheonan à la Corée du Nord était composé de 47 experts civils et militaires mandatés par le gouvernement de Corée du Sud et de 15 autres mandatés par le gouvernement des Etats-Unis, ce qui ne constitue pas exactement la meilleure des garanties pour l'impartialité de l'enquête… Les autres membres du groupe d'enquête venaient de Suède (5), d'Australie (4) et du Royaume-Uni (3). Le gouvernement sud-coréen oublie aussi de rappeler que la Suède, seul pays neutre participant à l'enquête sur le naufrage du Cheonan, a pris ses distances avec les conclusions du rapport accusant la RPDC d'avoir torpillé le navire.

Pour la paix en Corée, en Asie et dans le monde, il est grand temps de lever les « mesures du 24 mai » et de mener - enfin - une enquête impartiale sur le naufrage du Cheonan, dont les conclusions seront, cette fois, incontestables.

 

Sources :

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 20:39

Le 19 mai 2015, trente femmes de différents pays et horizons, dont deux lauréates du prix Nobel de la paix, sont parties de Pékin pour Pyongyang, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette initiative baptisée Women Cross DMZ (Les femmes franchissent la DMZ) a pour objectif de promouvoir la paix en Corée en marchant du nord au sud de la Corée avec un passage, le 24 mai, par la zone démilitarisée (DMZ) divisant la péninsule coréenne depuis la fin des combats de la Guerre de Corée en 1953. Les organisatrices de cette marche pour la paix ont appelé le Commandement des Nations Unies, chargé de superviser la frontière intercoréenne, à les laisser passer à travers le village de la trêve de Panmunjom. Les gouvernements du Nord et du Sud ont donné leur accord pour le franchissement de la DMZ, mais le gouvernement sud-coréen voudrait que les participantes de Women Cross DMZ empruntent la route intercoréenne Gyeongui, reliant Kaesong (Nord) à Séoul (Sud), au lieu de passer par Panmunjom, sous le contrôle de l'ONU. Christine Ahn, coordinatrice de la marche, a toutefois précisé : «L’importance de traverser la DMZ à Panmunjom est que nous, femmes de quinze pays différents, servions de pont entre les deux côtés là où la guerre s’est achevée par une impasse et ainsi renouveler l’espoir que cette division de longue date peut être surmontée.» Le 18 mai, trois participantes américaines de Women Cross DMZ, membres de l'organisation pacifiste CODEPINK : Women for Peace, ont lancé un appel-pétition en faveur de la paix en Corée, dont l'Association d'amitié franco-coréenne propose ci-après une traduction pour que le plus grand nombre de personnes s'associent à cette initiative.

 

Des femmes du monde entier sur la voie de la paix en Corée

En route pour la Corée du Nord !

Cher militant, Chère militante,

Salutations de Pékin, en Chine, en route vers Pyongyang, en Corée du Nord ! Toutes les trois, nous sommes membres d'une délégation de trente femmes de quinze pays. Dans quelques jours, nous participerons avec des femmes nord-coréennes à un symposium international sur la paix. Le 24 mai, journée internationale des femmes pour la paix et le désarmement, nous franchirons la zone démilitarisée (DMZ) vers la Corée du Sud, étant seulement le troisième groupe international à le faire en 70 ans.

Notre objectif ? Remplacer l'accord d'armistice de la Guerre de Corée vieux de 62 ans par un traité de paix, moyen de mettre fin aux hostilités, de promouvoir la réconciliation et de réunir des milliers de familles dans la péninsule coréenne.

Ajouter votre voix à cette action : signez cette pétition pour demander au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon de négocier une conférence politique sur la paix en Corée !

L'accord d'armistice de la Guerre de Corée a marqué l'arrêt des horribles combats entre le Sud soutenu par les Etats-Unis et le Nord soutenu par l'ex-Union soviétique, des combats responsables de la mort de près de 4 millions de personnes. L'accord a mis fin à l'affrontement physique, mais la militarisation de la frontière, les exercices guerriers, les accrochages, les infiltrations et les défections ont continué à diviser les familles coréennes et à placer la péninsule au bord d'un conflit.

Les femmes coréennes qui ont eu l'idée de cette délégation sont tellement reconnaissantes pour nos efforts et si désireuses de mettre fin à ce long conflit. Des milliers de Nord-Coréens marcheront avec nous vers la frontière où nous irons à la rencontre de milliers de Sud-Coréens.

Rejoignez-les en signant cette pétition adressée aux Nations Unies pour aider à réunir des milliers de familles dans la péninsule coréenne et initier le processus de réconciliation.

Dans l'histoire, les femmes ont exercé une influence pour mettre fin à des conflits en apparence difficiles à résoudre. Notre groupe, qui compte la légendaire militante américaine pour les droits des femmes Gloria Steinem et les lauréates du prix Nobel de la paix Mairead Maguire et Leymah Gbowee, respectivement d'Irlande et du Libéria, espère tracer un chemin que d'autres suivront. Nous sommes fières de représenter CODEPINK dans ce pèlerinage pour la paix, et nous vous remercions de vous joindre à nous. Les femmes mènent à la paix !

Vers un monde plus pacifique,

Ann Wright, Jodie Evans et Medea Benjamin

PS: rejoignez-nous sur International Women’s Day for Peace and Disarmament twitter Thunderclap pour partager le plus largement notre pétition ! Suivez-nous sur Twitter : @WomenCrossDMZ (et, bien sûr, @CODEPINK) en utilisant le mot-dièse #WomenXDMZ !


 

Sources :

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