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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 15:06

Le 14 août 2015, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a organisé un dîner avec S.E. M. Kim Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RPD de Corée auprès de l'UNESCO, et M. Ri Ho-yong, conseiller de la délégation générale de RPDC en France, à l'occasion du 70e anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise, le 15 août 1945.

Représentation du Président Kim Il-sung lors de la bataille de Pochonbo (4 juin 1937)

Représentation du Président Kim Il-sung lors de la bataille de Pochonbo (4 juin 1937)

Le 15 août 1945, la capitulation japonaise marquait la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie. Dans la péninsule coréenne, cette date est célébrée comme le jour de la libération, ayant mis fin à la colonisation particulièrement féroce du Japon trente-cinq années durant, de 1910 à 1945. La domination coloniale nippone avait été caractérisée, entre autres, par l'exploitation économique de la Corée pour les besoins de l'industrie de guerre japonaise, le départ forcé de millions de travailleurs coréens et de leurs familles dans l'archipel nippon, l'enrôlement contraint des jeunes hommes coréens dans l'armée impériale, l'exploitation sexuelle de centaines de milliers de "femmes de réconfort" dans les bordels militaires japonais, et la négation de l'identité culturelle du peuple coréen, assimilé à l'occupant, contraint d'apprendre la langue japonaise et d'adopter des noms nippons.

S'appuyant sur une longue tradition de soulèvements populaires face à de puissants voisins, la résistance coréenne antijaponaise, menée dans la péninsule elle-même, mais aussi le Nord-Est de la Chine et l'Extrême-Orient soviétique, a joué un rôle important pour mettre fin à la domination coloniale. L'un de ses plus éminents dirigeants, Kim Il-sung, est devenue le Président de la République populaire démocratique de Corée, fondée le 9 septembre 1948, au Nord de la péninsule. Le rejet du féodalisme et du colonialisme ont ainsi été des marqueurs des institutions du nouvel Etat. Le choix récent des autorités nord-coréennes d'établir un nouveau fuseau horaire (en retardant les horloges d'une demi heure) permet ainsi de revenir sur une décision imposée par le colonisateur japonais - et qui, du reste, avait aussi été mise en oeuvre dans le Sud de la Corée, entre 1954 et 1961, avant que le général Park Chung-hee, ancien diplômé de l'académie militaire japonaise de Mandchourie en 1944, n'engage un rapprochement avec le Japon, ayant conduit à la normalisation des relations nippo - sud-coréennes en 1965. 

Parmi les divers sujets abordés, y compris les activités de l'AAFC dont le départ prochain d'une délégation en RPDC à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, le 10 octobre 1945, le dîner organisé par l'AAFC le 14 août 2015 a permis de revenir sur la résistance antijaponaise et la libération de la Corée, et tout particulièrement le rôle de premier plan joué par le Président Kim Il-sung et ses compagnons de lutte, ainsi que sur les conséquences de ce legs historique dans la politique diplomatique de Pyongyang. La RPD de Corée a apporté un soutien actif aux mouvements de décolonisation et aux luttes de libération nationale de par le monde. Par ailleurs, les plaies de la domination coloniale japonaise ne sont pas encore cicatrisées, Tokyo ne s'étant pas excusé pour son comportement colonial auprès de la RPDC, en l'absence, encore à ce jour, de relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée, ainsi que de versement de compensations par les autorités japonaises.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 19:29

Alors qu’une nouvelle dérive autoritaire est en cours en République de Corée (Corée du Sud), l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) a toujours été aux côtés des démocrates sud-coréens dans leur combat pour la liberté et la réunification. En particulier, au tournant des années 1980 et 1990 plusieurs personnalités sud-coréennes ont été arrêtées par le régime Roh Tae-woo pour avoir visité la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sans autorisation du gouvernement sud-coréen : parmi elles, Rim Su-kyong avait participé au Festival mondial de la jeunesse à Pyongyang en 1989 ; le prêtre Moon Kyu-hyun et le pasteur Moon Ik-hwan s’étaient également rendus en RPDC en 1989. L’AAFC a alors été le fer de lance, en France, du combat international pour leur libération, par des manifestations, des pétitions et des lettres adressées aux autorités politiques françaises, non sans succès : Rim Su-kyong, condamnée à cinq ans de prison, a été libérée au printemps 1992 après avoir purgé une peine de deux ans et demi, avant d’être amnistiée par le président sud-coréen Kim Dae-jung en 1999, tandis que Moon Ik-hwan, condamné en 1989 à dix ans, est sorti de prison en 1993. Nous reproduisons ci-après l’appel lancé par l’AAFC en 1989, cosigné par plusieurs organisations françaises (dont la Confédération générale du travail, le Parti communiste français, l’Association française des juristes démocrates et la Jeunesse étudiante chrétienne) et des personnalités (parmi lesquelles Jean Ferrat, Hugues Aufray, Paul Préboist, Gilles Perrault, Catherine Ribeiro, Siné, Jean Ziegler, Bernard Clavel…) publié dans le n° 28 (4e trimestre 1989) du bulletin trimestriel de l’AAFC. La graphie des noms coréens correspond à la translittération alors en usage.

Rim Su-kyong, en 1989 en RPD de Corée

Rim Su-kyong, en 1989 en RPD de Corée

Moon Ik-hwan

Moon Ik-hwan

Respect des droits de l’homme en Corée du Sud, libération de tous les démocrates emprisonnés

Nous soussignés, après avoir pris connaissance avec une vive émotion, des arrestations et des lourdes condamnations infligées par les autorités sud-coréennes à l’issue de procès iniques à :

- M. le Pasteur Moun Ik Hwan,
- l’écrivain You Won Ou,
(condamnés à 10 ans de prison)
- le Prêtre Moun Kyu Hyun
- la jeune étudiante Rim Sou Kyeung
(menacés de la peine de mort)

Ces personnes comme bien d’autres démocrates sud-coréens également emprisonnés n’ont commis d’autre crime que de vouloir passionnément le dialogue entre les deux parties de la Corée et la réunification de leur patrie.

Ces arrestations et condamnations sont une atteinte intolérable à la liberté d’opinion et aux droits les plus élémentaires de l’homme.

Elles sont en flagrante contradiction avec les engagements de M. Ro Tai Ou de permettre le dialogue Nord-Sud et de démocratiser son pays.

Les soussignés exigent du Président sud-coréen la libération de tous les démocrates emprisonnés.

D’autre part, nous appuyant sur les déclarations du Gouvernement français affirmant la volonté dans ses relations extérieures de faire prévaloir le principe du respect des droits de l’homme, nous demandons instamment à M. le Président de la République française d’exiger des autorités sud-coréennes la libération de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud.

Premiers signataires de l’appel pour la libération de la jeune étudiante Rim Sou Kyeung, du prêtre catholique Moun Kyu Hyun, du pasteur protestant Moun Ik Hwan et des autres démocrates sud-coréens emprisonnés, et pour le respect des droits de l’homme en Corée du Sud.

ORGANISATIONS

- Association d’amitié franco-coréenne,
- Comité français de soutien à la réunification de la Corée (COFRECO),
- Comité français de soutien à la création de la RCDK,
- Comité français pour la reconnaissance diplomatique de la RPDC,
- Confédération Générale du Travail,
- Parti communiste français,
- Association française des juristes démocrates,
- Mouvement de la jeunesse communiste de France,
- Comité national pour l’indépendance et le développement (CNID),
- Jeunesse étudiante chrétienne.

PERSONNALITES

- Jean Ferrat, Artiste lyrique, compositeur,
- Michel Germa, Président du conseil général du Val-de-Marne,
- Claude Bessy, Artiste chorégraphe de l’Opéra de Paris,
- Charles Lederman, Avocat, Sénateur, Secrétaire de la Commission des lois,
- Jean Suret-Canale, Professeur d’université, Président de l’AAFC,
- Hugues Aufray, Chanteur-compositeur,
- Raoul Sangla, Réalisateur de télévision,
- Nicole Dreyfus, Avocate,
- Joannes Galland, Secrétaire de la CGT,
- Paul Préboist, Comédien,
- Albert Lévy, Journaliste,
- Gilles Perrault, écrivain,
- André Aubry, ancien Sénateur, Président du COFRECO,
- Catherine Ribeiro, Artiste lyrique,
- Henri Tisot, Comédien, évangéliste,
- Gérard Brignolais, Sculpteur,
- François Fournier, Jésuite, Directeur de « Culture et Foi »,
- Yves Grenet, Economiste, membre de la Présidence de la Conférence des catholiques européens,
- Marcel Trigon, Maire d’Arcueil,
- Siné, Dessinateur, humoriste,
- Daniel Zimerman, Professeur d’université, écrivain,
- Guy Dupré, Secrétaire général du Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée,
- Jean Ziegler, Professeur d’université, Conseiller national de la Confédération helvétique,
- Gilles Langoureau, Chanteur,
- Marcel Rigout, Conseiller économique et social, ancien Ministre,
- Marc Ogeret, Chanteur,
- Moussa Keita,
- Pierre Derens, Principal de collège,
- Jacqueline Derens, Professeur,
- Sigfried Feller-Steinhauer,
- Laetitia Meignan,
- Clotilde Kante,
- Nicole Crestou,
- Jeannette Genot,
- Jean Charlon,
- Jacqueline Bailly, Section internationale CGT,
- Maurice Cukierman, Secrétaire de l’AAFC,
- Catherine Deveault, syndicaliste,
- Françoise Caro, secrétaire,
- Thierry Angles, Secrétaire de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD),
- Valérie de Foulpiquet, Universitaire,
- Robert Charvin, Professeur, Secrétaire général du Comité international de juristes pour la démocratie et les droits de l’homme en Corée du Sud,
- Bernard Clavel, Ecrivain,
- Jacqueline Fraysse-Cazalis, Médecin, Sénateur-Maire de Nanterre,
- Jacqueline Grunfeld.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 18:43

Le 4 juillet 2015, lors de la 39e session du Comité du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) qui s'est tenue à Bonn, huit sites archéologiques du royaume de Baekje, au Sud de la Corée, situés dans les anciennes capitales de Baekje qu'ont été Gongju et Buyeo (Chungcheong du Sud) ainsi qu'à Iksan (Jeolla du Nord), ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Il s'agit de la quinzième inscription au patrimoine mondial de l'humanité de sites archéologiques de la péninsule coréenne.

Des sites historiques de Baekje classés au patrimoine mondial de l'Unesco

L'Unesco a souligné la haute valeur archéologique, historique et culturelle de ces vestiges, représentatifs de la dernière période du royaume de Baekje, et qui témoignent également de l'intensité des échanges culturels et religieux en Asie du Nord-Est entre la fin du 5ème siècle et le milieu du 7ème siècle :

Situé dans la région montagneuse du centre-ouest de la République de Corée, ce bien en série comprend huit sites archéologiques datant de 475-660 apr. J.-C : la forteresse Gongsanseong et les tombes royales de Songsan-ri liées à la capitale Ungjin (actuelle Gongju), la forteresse Busosanseong et les bâtiments administratifs Gwanbuk-ri et les remparts de Naseong liés à la capitale Sabi (actuelle Buyeo), le palais royal de Wanggung-ri et le temple Mireuksa à Iksan, liés à la deuxième capitale Sabi. Ensemble, ils symbolisent la dernière période du royaume de Baekje –l’un des trois premiers royaumes de la péninsule coréenne (18 av. J.-C. à 660 apr. J.-C.)- au cours de laquelle existèrent des échanges technologiques, religieux (bouddhisme), culturels et artistiques considérables entre les anciens royaumes d’Asie de l’Est en Corée, en Chine et au Japon.

Le pavillon Baekhwajeong

Le pavillon Baekhwajeong

Sources :

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 18:37

Le 1er juillet 2015, place du Trocadéro, a eu lieu à Paris un rassemblement identique à ceux organisés tous les mercredi, dans la péninsule coréenne, par le Conseil coréen pour les femmes requises pour l'esclavage sexuel militaire du Japon (dites "femmes de réconfort"). Constitué en 1990, le Conseil coréen milite pour la reconnaissance par le Japon du crime commis contre les femmes asiatiques forcées de se prostituer pour l'armée impériale japonaise - du début des années 1930 à 1945 - et en vue de leur indemnisation, en organisant à cette fin une campagne visant à la collecte de 100 millions de signatures. Plus largement, il dénonce les violences sexuelles faites aux femmes dans tous les conflits. La 1185ème Manifestation du mercredi qui a eu lieu exceptionnellement à Paris était co-organisée par l'association "Papillons de l'espoir" qui, pour la troisième année consécutive, organise, du 25 juin au 14 juillet 2015, un voyage pour la paix en Europe de jeunes Coréens, lequel coïncide cette année avec le soixante-dixième anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale. L'exigence d'un monde de paix et de prospérité, en Asie du Nord-Est et dans le monde, est plus que jamais d'actualité.

Rassemblement à Paris contre l'esclavage sexuel des "femmes de réconfort"

Des orateurs japonais ont pris la parole pour exprimer leur solidarité avec le combat du Conseil coréen pour les "femmes de réconfort", témoignant qu'il s'agit d'une question de principe qui transcende les clivages nationaux, et déplorant le nationalisme et le révisionnisme du Gouvernement Abe. Gérard Halie a pris la parole au titre du Mouvement de la paix et Patrick Kuentzmann au nom de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC). L'AAFC est pleinement solidaire du combat en faveur des "femmes de réconfort", depuis septembre 2013 et la visite en France de l'une des survivantes, Mme Kim Bok-dong, puis à l'occasion des actions menées en janvier 2014 et en avril 2014 dans le cadre de la campagne de pétition internationale, et enfin lors de la visite en France, en juin 2014, d'une autre survivante, Mme Kil Won-ok. Il convient de poursuivre la sensibilisation de l'opinion publique internationale, ainsi que des décideurs politiques, pour que plus jamais de tels crimes ne se reproduisent.

A l'occasion du rassemblement organisé à Paris le 1er juillet 2015, les jeunes pacifistes de l'association "Papillons de l'espoir" ont adopté une déclaration pour la résolution de la question de l'esclavage sexuel militaire japonais :

Nous sommes venus en Europe pour la paix et pour l'espoir. 2015 marque à la fois le soixante-dixième anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale et de la libération de la Corée. Nous, participants du voyage en Europe pour la paix, nous sommes lancés dans ce voyage afin d'exprimer notre opposition à la guerre, tout en espérant la résolution du problème de l'esclavage sexuel par l'armée japonaise pendant la Seconde guerre mondiale. Les blessures de la Seconde guerre mondiale ne pourront être cicatrisées tant qu'il ne sera pas mis fin au problème de l'exploitation sexuelle (...)

Nous, jeunes amoureux de la paix, nous adressons aux Européens et à tous dans le monde entier. Avançons ensemble contre la guerre. Accomplissons ensemble des pas sur le chemin de la paix. Nous avons besoin d'être soutenus pour que le problème de l'esclavage sexuel par l'armée japonaise - problème jamais abordé depuis la fin de la guerre - soir résolu et qu'un système garantissant la paix se construise dans la péninsule coréenne. Que les papillons qui volent à tire-d'aile ici et maintenant deviennent de véritables messagers de la paix pour tous les hommes du monde.

- Nous exigeons du gouvernement japonais qu'il reconnaisse la vérité sur les crimes sexuels de guerre des militaires japonais, qui sont un crime contre l'humanité violant le droit international !
- Nous exigeons du gouvernement japonais qu'il présente des excuses sincères aux victimes de l'esclavage sexuel et qu'il les dédommage !
- Nous sommes contre toutes les guerres et contre les violences sexuelles dans le monde !

Rassemblement à Paris contre l'esclavage sexuel des "femmes de réconfort"

Photos : Conseil coréen pour les femmes requises pour l'esclavage sexuel militaire du Japon.

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 17:18

Il y a 50 ans, le 22 juin 1965, la République de Corée (Corée du Sud) et le Japon normalisaient leurs relations avec la signature à Tokyo, par les ministres des Affaires étrangères Lee Dong-won (Corée du Sud) et Shiina Etsusaburo (Japon), du Traité sur les relations fondamentales entre le Japon et la Corée du Sud. Cet accord rencontra une vive opposition dans la péninsule coréenne, dans la mesure où il réglait de manière extrêmement ambiguë la question de la colonisation japonaise.

Alors que des excuses des autorités japonaises avaient toujours été considérées comme un préalable à la normalisation des relations bilatérales, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères n'évoqua la colonisation que de manière très indirecte, en formulant la déclaration suivante :

Il a existé, à une certaine période du passé, des relations préjudiciables aux deux nations.

Une telle ambiguïté évita au ministère japonais des Affaires étrangères de présenter des excuses, en répondant simplement :

Il est fâcheux que de telles relations aient existé par le passé, et cela nous préoccupe profondément.

Par ailleurs, le traité de 1910 d'annexion de la Corée par le Japon ayant été considéré par l'article 2 du traité du 22 juin 1965 comme "déjà" annulé, sans préciser à quelle date, toute perspective d'excuses du Japon au titre de la colonisation de la Corée était évacuée.

En contrepartie, la Corée a bénéficié d'une cession, par le Japon, à hauteur de 300 millions de dollars, et de prêts au secteur public et au secteur privé, s'élevant respectivement à 200 millions et 300 millions de dollars. Si ces aides devaient contribuer à l'essor de l'économie sud-coréenne, alors moins développée que celle de la Corée du Nord, elles n'apparaissaient nullement comme une compensation des dommages subis au titre de la colonisation, tandis que le traité du 22 juin 1965 affirmait que la question d'éventuelles réclamations était désormais réglée.

Dans ce contexte, l'annonce par les autorités sud-coréennes, dirigées par le général Park Chung-hee, de la normalisation des relations bilatérales entraîna, dès le mois d'avril, des manifestations d'opposition des étudiants et des lycéens. Après la mort d'un étudiant à l'Université de Dongguk, le Gouvernement ordonna la fermeture des universités, ce qui toutefois n"empêcha pas de nouvelles manifestations à partir du 19 avril. Le 21 juin, veille de la signature du traité, l'Université nationale de Séoul anticipa ses congés annuels. Les grèves de la faim d'étudiants s'amplifièrent, tandis qu'une centaine de pasteurs puis, mi-juillet, 354 professeurs d'université et 11 généraux de réserve relayèrent le mouvement de protestation. Fin juillet, un rassemblement de 300 personnalités marqua le refus du traité, auquel s'opposa également l'ancien Président de la République Yun Po-sun, à l'instar des députés du Parti du peuple (opposition), qui présentèrent leur démission. Le 14 août 1965, le traité sur la normalisation des relations entre la Corée du Sud et le Japon fut ainsi ratifié par les seuls députés du Parti républicain (au pouvoir).

Les manifestations étudiantes et lycéennées reprirent dès le 18 août et rassemblèrent 10 000 participants le 23 août. Le Gouvernement choisit de déployer l'armée dans les universités, de multiplier les arrestations et d'interdire de cours, en septembre, 21 professeurs. La répression de l'opposition au traité Japon-Corée allait de pair avec la fin d'une certaine tolérance dans la liberté d'expression.

Au plan international, ce passage en force s'inscrivait par ailleurs dans une réorientation de la diplomatie sud-coréenne, désormais encore plus étroitement liée aux intérêts américains : presque concomitamment à la formation d'un axe Tokyo-Séoul pro-américain, la Corée du Sud décidait l'envoi de troupes au Sud-Vietnam (avec l'accord du Parlement le 13 août 1965), où elles devaient constituer le deuxième plus important contingent étranger, après celui américain.

Source : Seo Joong-seok, La Corée du Sud : 60 ans d'histoire contemporaine. Origines et étapes du mouvement démocratique, Fondation coréenne pour la démocratie, 2007, p. 166-171.

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 21:22

Inscrit en 2013 au Patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO, le site de Kaesong, ancienne capitale du royaume de Koryo (918-1392), a donné lieu à des coopérations dans le domaine archéologique entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ainsi qu'entre les deux Corée. Le 1er juin 2014, une équipe de 11 archéologues et historiens sud-coréens est arrivée à Kaesong, dans le cadre d'un programme de recherches conjoint Nord-Sud, d'une durée prévisionnelle de six mois, sur le site de l'ancien palais royal Manwoldae.

Le site archéologique de l'ancien palais royal Manwoldae, à Kaesong

Le site archéologique de l'ancien palais royal Manwoldae, à Kaesong

Au cours des six mois que durera le programme sur le site de Manwoldae, 81 Sud-Coréens - archéologues ou historiens, membres de l'Institut national de recherche sur le patrimoine culturel (sud-)coréen - doivent se rendre au Nord de la péninsule, prolongeant ainsi des travaux de recherches archéologiques menés conjointement par les deux Corée de 2007 à 2011, et qui ont repris en juillet 2014. Le fonds de coopération intercoréenne de la République de Corée (du Sud) participe financièrement au projet.

Prévues pour s'achever le 30 novembre 2015, les fouilles archéologiques comprendront des travaux de restauration de vestiges d'une grande valeur patrimoniale, inscrits 2013 depuis au Patrimoine mondial de l'humanité.

Ces recherches conjointes, témoignant de l'importance des champs potentiels de coopération Nord-Sud sur les questions historiques et culturelles, sont d'autant plus significatives qu'elles portent sur le centre du pouvoir royal du premier Etat réellement unifié de la péninsule coréenne.

Source :

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 21:49

Alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) célèbre le 9 septembre 2014 le 66ème anniversaire de sa fondation, le 9 septembre 1948, le drapeau du nouvel Etat diffère de celui qu'avait utilisé la Corée depuis les années 1880 - et qu'utilise toujours la République de Corée (Corée du Sud). Explications.

Les origines du drapeau nord-coréen

En juillet 1948, plusieurs semaines avant la fondation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), Kim Tu-bong, alors président du Parti du travail de Corée, annonçait que le drapeau coréen traditionnel ne serait plus utilisé - sa symbolique étant en effet considérée comme reflétant l'époque féodale ainsi que l'influence d'une puissance étrangère, la Chine. Les symboles du nouveau drapeau, tels qu'alors décrits par Kim Tu-bong, reflètent les aspirations du nouvel Etat coréen et ont été adoptés par l'Assemblée populaire suprême, avec la Constitution de la RPDC, le 9 septembre 1948.

Aux termes de l'actuel article 170 de la Constitution de la RPD de Corée, "le drapeau national de la République populaire démocratique de Corée est composé d'une large bande rouge bordée en haut et en bas d'une étroite bande blanche et d'une bande bleu foncé. Sur la bande rouge, du côté de la hampe, figure une étoile rouge à cinq pointes dans un cercle blanc.

Le rapport entre la hauteur et la longueur du drapeau national est de 1 à 2".

L'étoile rouge symbolise le socialisme, en rappelant également les combats conduits depuis la lutte de libération antijaponaise. La bande rouge souligne le patriotisme et la détermination du peuple coréen. Les bandes bleues symbolisent le combat pour le socialisme, la paix et le progrès. Le blanc, qui constitue la troisième couleur traditionnelle de la Corée, est traditionnellement associé à l'idée de pureté ; selon les Nord-Coréens, le blanc du drapeau marque l'unité de la nation coréenne aux plans ethnique, linguistique et culturel.

Sources :

- Panorama of Korea, éditions en langues étrangères de Pyongyang, 2013, p. 66 ;

- Charles K. Armstrong, The North Korean Revolution, 1945-1950, Cornell University Press, 2003, p. 220.

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 16:16

Le 15 août 1945, après 35 ans d'occupation coloniale par le Japon, la Corée était libérée, moins d'une semaine après le début de l'offensive générale lancée par l’Armée révolutionnaire populaire coréenne dirigée par Kim Il-sung. Le peuple coréen connut alors l'espoir de vivre en paix dans un pays libre et uni, mais cet espoir fut rapidement trahi par les grandes puissances, Etats-Unis en tête. Une trahison lourde de conséquences eu égard aux tensions persistantes dans la péninsule coréenne.

L'Arc de Triomphe édifié en 1982 à Pyongyang. Les inscriptions « 1925 » et « 1945 » ornant les deux piliers évoquent, respectivement, l'année du départ du jeune Kim Il-sung de son village natal de Mangyongdae pour s'engager dans la lutte anti-japonaise, et l'année de son retour à Pyongyang à la libération de la Corée.

L'Arc de Triomphe édifié en 1982 à Pyongyang. Les inscriptions « 1925 » et « 1945 » ornant les deux piliers évoquent, respectivement, l'année du départ du jeune Kim Il-sung de son village natal de Mangyongdae pour s'engager dans la lutte anti-japonaise, et l'année de son retour à Pyongyang à la libération de la Corée.

Après la défaite du Japon et la libération de la Corée, les grandes puissances, à l'initiative des Etats-Unis, envisagèrent une tutelle tripartite (Etats-Unis, Chine, URSS) sur la Corée pour une durée plus ou moins longue, malgré les promesses officielles d'indépendance formulées aux conférences du Caire (novembre 1943) et de Potsdam (juillet 1945).

 

Profondément ignorantes des réalités coréennes, les grandes puissances imposèrent alors un partage artificiel du pays en deux zones : l'une, au nord, dotée de ressources minérales et énergétiques, accueillit en août 1945 l'armée soviétique ; l'autre, au sud, beaucoup mieux pourvue sur le plan agricole (70 % du riz et 85 % de toute la production agricole) fut occupée un mois plus tard par l'armée américaine. Le 38eme parallèle fut choisi comme ligne de séparation par les Etats-Unis, et accepté par leurs alliés, sans la moindre consultation des Coréens, pour une période officiellement très temporaire. Cette limite était destinée à départager les responsabilités entre Alliés pour le désarmement des troupes vaincues et pour la « déjaponisation » du pays. A ce propos, Dean Rusk, simple officier en 1945, et futur secrétaire d'Etat sous les administrations Kennedy et Johnson, déclara :

« Au cours d'une réunion le 14 août 1945, le colonel Charles Bonesteel et moi avons examiné une carte de la péninsule coréenne. Travaillant dans la hâte et soumis à une grande pression, nous avions une tâche redoutable : désigner une zone d'occupation américaine. En utilisant une carte du National Geographic, nous avons cherché juste au nord de Séoul une ligne de séparation convenable mais sans pouvoir trouver une ligne épousant la géographie naturelle. A la place, nous avons vu le 38eme parallèle que nous avons décidé de conseiller. [Le département d'Etat et le département de la Guerrel'ont accepté sans trop de discussion, et, étonnamment, les Soviétiques aussi. Le choix du 38eme parallèle, conseillé par deux colonels fatigués travaillant tard la nuit, s'est avéré funeste. » (source :  Harry S. Truman Presidential Library and Museum)

 

 

Dans un premier temps, la refondation d'un Etat coréen unitaire souverain était l'objectif des Coréens et, apparemment, des Alliés. Cette refondation supposait non seulement l'expulsion des responsables japonais mais aussi une épuration des éléments coréens ayant collaboré, à l'instar de ce qui eut lieu dans les pays libérés de l'occupation allemande.

 

En réalité, la position des Etats-Unis était bien différente. Sans recommandation précise de Washington, et sous la direction du général MacArthur, la politique américaine en Corée fut fondée sur le maintien et l'utilisation des autorités japonaises existantes et, évidemment, de leurs collaborateurs coréens.

 

Cette politique des Etats-Unis dans la Corée venant d'être libérée réduisait à néant le programme des forces de la résistance coréenne, unanimement désireuses de démontrer que le peuple coréen était apte à se gouverner lui-même, qui prévoyait la création d'une « République populaire » s'appuyant sur les comités populaires issus de la Résistance, fonctionnant au Nord comme au Sud, et dont les députés à l'Assemblée nationale devaient être élus le 1er mars 1946.

 

Choisi par les Etats-Unis et de retour en Corée après 33 ans d'exil aux Etats-Unis, Syngman Rhee se présenta alors à Séoul comme un simple citoyen apolitique, n'appartenant à aucun groupe et se situant au-dessus des partis, champion de l'unité de tous les Coréens et de la réunification. Il était en réalité profondément anticommuniste. En outre, dirigeant un gouvernement provisoire coréen en exil, il n'avait pas la légitimité de ceux qui avaient combattu militairement contre l'occupant, et il n'hésita pas à recruter ses partisans parmi les anciens collaborateurs pro-japonais. Une cinquantaine de partis s'étaient formés dans la partie sud de la Corée libérée, y compris à partir d'éléments ayant collaboré avec les Japonais et qui se camouflaient désormais sous des étiquettes « démocratiques ».

 

Pour les Etats-Unis, Rhee était un substitut commode au gouvernement militaire des Etats-Unis en Corée (United States Army Military Government in KoreaUSAMGIK) dirigé par le général John R. Hodge, une structure analogue au gouvernement militaire allié des territoires occupés (Allied Military Government of Occupied TerritoriesAMGOT) envisagé contre la France résistante pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Les Soviétiques se montraient quant à eux préoccupés par l'emploi d'anciens collaborateurs coréens des Japonais, « ralliés » tardivement aux Américains et s'autoproclamant désormais « démocrates ». Au nord du 38eme parallèle, le responsable soviétique, le général Tchistiakov, avait accepté de reconnaître la représentativité du « Comité de préparation à la fondation de l'Etat coréen », à la seule condition qu'il comprenne autant de communistes que de nationalistes.

 

La Commission mixte soviéto-américaine créée par la conférence de Moscou de décembre 1945 et chargée d'aider à la formation du premier gouvernement coréen, malgré deux années de négociations, n'aboutit à rien. L'échec de la Commission mixte conduisit les Etats-Unis à proposer en 1947 la réunion d'une Assemblée provisoire dans chaque zone en vue de constituer ultérieurement une Assemblée nationale. Le nombre des représentants de chaque zone devait être proportionnel à la population, avec deux tiers d'élus du Sud, plaçant en minorité la gauche coréenne. C'était le début du processus de division de la Corée, appuyée par l'Assemblée générale des Nations Unies, en violation des Accords de Moscou.

 

Durant ces pourparlers entre grandes puissances, la Corée du Sud fut le théâtre d'arrestations en masse des membres des partis de gauche qui furent en fait interdits, ainsi que leurs journaux, et d'élections truquées remportées par les partis de droite assistés par l'ancienne police qui avait été au service des Japonais.

 

En Corée du Nord, le gouvernement populaire constitué en 1945, avant même l'arrivée des Américains en Corée du Sud, se considérait comme un « organe légalement constitué, conforme à l'esprit de la Charte des Nations Unies ».

 

La division de la Corée était censée être provisoire. Mais, alors que débutait la Guerre froide, il était inévitable que naissent dans la péninsule coréenne deux Etats appuyés, respectivement, par les Etats-Unis et l'Union soviétique. La République de Corée fut officiellement fondée au sud le 17 juillet 1948 - à l'issue d'élections législatives séparées, boycottées par la plupart des forces d'opposition de gauche, de droite et nationalistes - tandis que la République populaire démocratique de Corée était proclamée au nord le 9 septembre de la même année.

 

A l'initiative de la Corée du Sud et de son parrain américain, la division de la Corée était consacrée. Moins de deux ans plus tard, le 25 juin 1950, éclatait entre les deux Etats coréens une guerre rapidement internationalisée avec l'intervention de l'armée américaine sous couvert des Nations Unies. Plus de soixante ans ans après le cessez-le-feu, suite au refus persistant des Etats-Unis, aucun traité de paix n'a encore été signé, et la péninsule coréenne divisée reste un terrain d'affrontement entre les grandes puissances, bien loin des espoirs soulevés chez les Coréens le 15 août 1945.

 

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 07:48

122 anciennes « femmes de réconfort » ont porté plainte le mercredi 25 juin 2014 auprès de la chambre du district central de Séoul contre le gouvernement sud-coréen pour avoir été forcées à avoir des relations sexuelles avec des soldats américains dans des « zones spéciales » mises en place et gérées par le Gouvernement dans les années 1950-1960. Ces pratiques gouvernementales violant les droits des femmes font écho aux pratiques d’esclavage sexuel pratiquées par les Japonais pendant la Seconde guerre mondiale, pour lesquelles les victimes demandent une reconnaissance de ces crimes par les autorités japonaises ainsi qu'une compensation.

Le général Park Chung-hee, après le coup d'Etat de 1961, avec le général Guy S. Meloy. Le général Park a exclu la prostitution pour l'armée américaine du champ d'application des lois contre la prostitution en Corée.

Le général Park Chung-hee, après le coup d'Etat de 1961, avec le général Guy S. Meloy. Le général Park a exclu la prostitution pour l'armée américaine du champ d'application des lois contre la prostitution en Corée.

L’histoire contemporaine de la Corée est marquée à ses origines par une série de drames majeurs pour la péninsule jusqu’alors sous suzeraineté chinoise. En premier lieu, l’annexion par le Japon en 1910 ouvre la voie à 35 ans de colonisation brutale et d’exploitation des ressources comme des habitants pour alimenter l’empire et la machine de guerre nippons. Si les hommes sont réquisitionnés pour le travail forcé ou le service militaire, les femmes subissent également le joug de l’occupant qui cherche des distractions « sécurisées » pour ses troupes et ses travailleurs. Plusieurs centaines de milliers de jeunes femmes de toute l’Asie de l’Est ont été prostituées à disposition des soldats japonais pendant la Seconde guerre mondiale, et c’est la péninsule coréenne qui a le plus souffert de cet esclavage.


La reddition du Japon en août 1945 voit les armées soviétique et américaine avancer jusqu’au 38ème parallèle, contribuant ainsi à diviser durablement la Corée jusqu’à la guerre civile de 1950 à 1953 qui entérine cette séparation. Dans les années 1950 – 1960, la jeune République de Corée (du Sud) cherche à divertir les troupes américaines et onusiennes pendant la guerre puis de garder les G.I.s sur son territoire pour sa protection avec le problème majeur d’occuper des soldats inactifs. Pendant la guerre de Corée, l'armée sud-coréenne met en place de manière structurée des bordels militaires à destination de l’armée américaine en enrôlant, souvent de manière trompeuse, de jeunes femmes. Même après la fin des hostilités, près de 60% des prostituées travaillent encore à proximité des camps américains. En 1960, deux membres de l’Assemblée nationale sud-coréenne font même une demande officielle auprès du Gouvernement pour la constitution d’un approvisionnement en prostituées aux troupes alliées afin d’empêcher celles-ci d’aller dépenser leur argent au Japon.


Le 25 juin 2014, 122 femmes ayant travaillé dans ces bordels militaires pour soldats américains - mis en place par l’administration Syngman Rhee pendant la guerre de Corée (1950 – 1953) - ont porté plainte collectivement contre le Gouvernement auprès de chambre du district central de Séoul pour esclavage sexuel et viol des droits de l’homme. Elles ont été forcées par les autorités à fournir des services sexuels dans des conditions dégradantes aux militaires dans les « zones spéciales » situées près des camps américains dès 1957. Toutes décrivent un système très organisé avec des visites médicales obligatoires et clament l’existence de camps géré par l’Etat destinés à accueillir celles d’entre-elles atteintes par des maladies sexuellement transmissibles (MST). Les plaignantes demandent  10 millions de won (9850$ / 7280€) à titre de compensation, une enquête publique pour dévoiler la vérité sur cet esclavage sexuel ainsi que des excuses officielles de la part du Gouvernement. Elles estiment avoir été sacrifiées pour permettre le décollage économique post-guerre de la Corée du Sud, alors que selon certaines estimations les activités générées par les camps américains - y compris la prostitution - auraient représenté jusqu'à 25 % du PIB sud-coréen dans les années 1960.


Si, depuis 2008, des ONG locales et régionales s’emploient à rassembler les témoignages de ces femmes abusées par les autorités qui prétendaient à l’époque recruter des « patriotes » et des « diplomates civiles », il s’agit cependant de la toute première plainte officielle en Corée du Sud concernant les bordels militaires à destination des alliés. Une situation extrêmement délicate pour les autorités sud-coréennes qui considèrent cette question des « femmes de réconfort » comme de la responsabilité unique du Japon de la Deuxième guerre mondiale et font des compensations ainsi que de la reconnaissance de ces crimes contre l’humanité un sujet primordial du dialogue bilatéral.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) soutient pleinement les démarches des victimes des soldats américains, qui ont dû se prostituer dans un cadre mis en place avec et par les autorités sud-coréennes, en considérant que rien ne saurait justifier de telles atteintes aux droits fondamentaux des personnes.

Sources :

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 14:54

Le 30 juin 2014, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) était réunie, comme tous les ans, à l'occasion du mois de solidarité avec le peuple coréen (25 juin-27 juillet, dates de début et de fin de la guerre de Corée), coïncidant cette année avec le vingtième anniversaire du décès du Président Kim Il-sung (8 juillet 1994). En présence des diplomates de la délégation générale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, les responsables de l'AAFC ont évoqué l'action du Président Kim Il-sung en faveur de la réunification de la Corée, une question de justice pour le peuple coréen et de paix pour le monde entier.

 

S'exprimant en premier, Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC en charge des actions de coopération, a rappelé que, le 7 juillet 1994, soit un jour avant sa disparition, le Président Kim Il-sung signait un document préparatoire à un futur sommet intercoréen qui aurait marqué un tournant décisif sur la voie de la réconciliation et de la réunification de la péninsule coréenne. Les événements en ont décidé autrement, et l’attitude des autorités sud-coréennes après la disparition du Président Kim Il-sung a alors reporté sine die toute perspective de sommet intercoréen. 

 

Benoît Quennedey a souligné que la contribution du Président Kim Il-sung à la réunification de la Corée, selon des propositions qu’il a formulées très tôt, dès le lendemain de la libération de la Corée en 1945 (voir ci-dessous), forment un corpus homogène qui a fondé, et détermine toujours, la position nord-coréenne dans les relations intercoréennes.

 

Si, côté Sud, la volonté de dialogue et ses modalités ont oscillé au gré des changements de régimes et de dirigeants, la République populaire démocratique de Corée témoigne pour sa part d’une constance quant à l’objectif de la réunification et les moyens d’y parvenir. L’ensemble des déclarations intercoréennes conclues depuis 1972 obéissent aux mêmes principes : réunification pacifique et indépendante de la Corée, par les Coréens eux-mêmes, transcendant les différences de systèmes existant au Nord et au Sud. 

 

C'est sur la base de ces principes que ce sont tenus, à Pyongyang, les sommets Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, écrivant ainsi une nouvelle page dans l’histoire des relations intercoréennes. Ces sommets ont jeté les bases d’une coopération et ont permis l’engagement d’un processus graduel de rapprochement, impliquant, dans un premier temps, des échanges accrus dans certains domaines, notamment économiques, la confiance peu à peu instaurée devant ensuite permettre de progresser plus avant sur la voie de la réunification.

 

Toute l'histoire du rapprochement intercoréen enseigne qu’il faut négocier avec ses partenaires tels qu’ils sont, et non tels qu’on voudrait qu’ils soient, a dit en conclusion Benoît Quennedey. C’est ce à quoi s’emploie l’Association d’amitié franco-coréenne, fondée en 1969, en œuvrant à la conclusion d’un véritable traité de paix et en encourageant les échanges bilatéraux de manière à briser le cycle sans fin des tensions et des sanctions, néfaste à la paix et à la prospérité dans la péninsule coréenne.

 

Prenant ensuite la parole, S.E. Kim Yong-il, délégué général de la RPD de Corée en France et ambassadeur de la RPDC auprès de l'UNESCO, a aussi souligné l'action continue du Président Kim Il-sung en faveur de la paix et de la réunification de la Corée. A cet égard, le délégué général a annoncé la dernière initiative en date de son pays, la proposition faite, le jour même, par la Commission de la défense nationale de la RPDC aux autorités de Corée du Sud de mettre fin aux hostilités entre les deux pays, en suspendant notamment les exercices militaires américano-sud-coréens annuels prévus au mois d'août.

Puis Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, est revenu sur l'injustice historique que représente pour le peuple coréen la division de son pays après la libération de 1945, et l'enjeu que constitue la réunification de la Corée pour la paix, dans la péninsule coréenne, bien sûr, mais aussi dans le monde.

 

La division de la Corée, annexée par le Japon en août 1910, est ainsi un processus largement initié par les grandes puissances, vainqueur de la Seconde Guerre mondiale : en novembre 1943, le document final de la Conférence du Caire, réunissant le président américain Franklin Roosevelt, le Premier ministre britannique Winston Churchill et le chef du gouvernement de la République de Chine Tchang Kai-chef, stipule que « la Corée deviendra libre et indépendante le moment venu », sans davantage de précisions. Le 15 août 1945, la Corée est libérée du joug japonais mais aussitôt divisée en deux zones pour désarmer les troupes japonaises, les Etats-Unis choisissant arbitrairement, sans que l'URSS s'y oppose, le 38eme parallèle. Les Etats-Unis ne débarquent eux-mêmes en Corée que le 8 septembre 1945, instaurant au Sud un « gouvernement militaire de l'armée des Etats-Unis en Corée » (USAMGIK), alors que le Comité populaire provisoire est déjà établi au Nord. Au Sud, les élections séparées du 10 mai 1948, organisées à l'instigation des Etats-Unis, aboutissent à la création de la République de Corée le 15 août 1948, à laquelle répond, au Nord, la fondation de la République populaire démocratique de Corée le 9 septembre suivant.

 

De 1945 à 1950, année du déclenchement de ce qu'il est convenu d'appeler la guerre de Corée, les affrontements intercoréens le long de l'artificielle frontière du 38eme parallèle font près de 100 000 victimes. En 1953, les combats de la guerre de Corée prennent fin sur un simple cessez-le-feu, et la péninsule coréenne reste donc techniquement en état de belligérance. Aujourd'hui, les Etats-Unis stationnent toujours près de 30 000 soldats en Corée du Sud et y mènent régulièrement des exercices militaires dirigés contre le Nord.

Répondant ensuite aux questions des membres et sympathisants présents de l'Association d'amitié franco-coréenne, les responsables de l'AAFC et les représentants de la RPDC ont à nouveau souligné l'importance d'une réunification indépendante et pacifique de la Corée pour la paix mondiale, alors que l'Asie orientale devient une priorité pour les Etats-Unis dans leur stratégie visant à contrer la montée en puissance de la Chine.

 

Le certain désintérêt, voire la crainte (en raison de son coût), d'une partie des citoyens sud-coréens face à une éventuelle réunification de la Corée a été mis sur le compte d'une confusion entre une réunification « à l'allemande » - en fait, l'absorption d'une partie par l'autre - et la réunification de la Corée telle que l'envisageait le Président Kim Il-sung et réaffirmée au plus haut niveau des deux Etats coréens dans les déclarations du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 : un Etat, deux systèmes, une coopération étendue dans tous les domaines.

 

Pour l'Association d'amitié franco-coréenne, il ne fait aucun doute que le peuple coréen peut être à la pointe de l'innovation politique, comme il sait déjà être à la pointe de l'innovation technique : les Coréens du Nord, du Sud et d'outre-mer disposent des ressources nécessaires pour réunifier, par leurs propres efforts, leur pays, selon un modèle original, réparant ainsi une injustice historique et rendant le monde plus sûr.

 

Un demi-siècle d'initiatives

en faveur d'une réunification indépendante et pacifique de la Corée

 

18 avril 1948 - Une conférence réunit à Pyongyang des représentants des forces politiques et sociales de l'ensemble de la péninsule coréenne, dont Kim Il-sung, alors président du comité populaire provisoire de Corée du Nord et le nationaliste Kim Ku, président du gouvernement provisoire de Corée du Sud.

La proposition défendue par Kim Il-sung, et consistant à former une seule assemblée législative et un gouvernement unifié, n'est pas suivie : au Sud, à l'instigation des Etats-Unis, ont lieu en mai des élections séparées, boycottées par la gauche et une partie importante des nationalistes, aboutissant à la création de la République de Corée le 15 août 1948. 

Kim Il-sung, président du comité populaire provisoire de Corée du Nord, et Kim Ku, président du gouvernement provisoire de Corée du Sud, à Pyongyang en avril 1948

Kim Il-sung, président du comité populaire provisoire de Corée du Nord, et Kim Ku, président du gouvernement provisoire de Corée du Sud, à Pyongyang en avril 1948

4 juillet 1972 - La République populaire démocratique de Corée (Nord) et la République de Corée (Sud) signent un communiqué conjoint posant trois principes pour une future réunification de la Corée :

- La réunification devra être atteinte de manière indépendante, sans recours aux forces étrangères ni ingérence.

- La réunification devra être atteinte par des moyens pacifiques, sans recours aux armes d'une partie contre l'autre.

- Une grande union nationale devra être encouragée, transcendant les différences d'idéologie, d'idéal et de système.

Lee Hu-rak, directeur des services de renseignement sud-coréens, et Kim Il-sung, Premier ministre de la RPD de Corée, à Pyongyang en mai 1972

Lee Hu-rak, directeur des services de renseignement sud-coréens, et Kim Il-sung, Premier ministre de la RPD de Corée, à Pyongyang en mai 1972

 

10 octobre 1980 - Le Président Kim Il-sung présente la proposition de création de la République fédérale démocratique de Koryo lors du sixième congrès du Parti du travail de Corée. Il s’agit de fonder un Etat neutre, fédéral, dotée d’une assemblée unique et d’un seul gouvernement compétent sur les questions politiques, militaires et diplomatiques, parallèlement à la mise en place d’un comité permanent Nord-Sud. L’armée de la République fédérale démocratique de Koryo serait limitée à 100 000 hommes.

 

Le Président Kim Il-sung devant le sixième congrès du Parti du travail de Corée, à Pyongyang en octobre 1980

Le Président Kim Il-sung devant le sixième congrès du Parti du travail de Corée, à Pyongyang en octobre 1980

13 décembre 1991 - La République populaire démocratique de Corée et la République de Corée signent l’Accord sur la réconciliation, la non-agression, les échanges et la coopération entre le Nord et le Sud, qui permet notamment l’entrée simultanée des deux Etats coréens aux Nations Unies.

 

6 avril 1993 - Le Président Kim Il-sung présente le Programme en dix points pour une grande union de la nation :

- Il faut fonder un Etat unifié, indépendant, pacifique et neutre, grâce à une grande union de toute la nation.

- Il faut s’unir sur la base de l’esprit d’indépendance nationale.

- Il faut s’unir selon le principe consistant à favoriser la coexistence, la coprospérité et les intérêts communs.

- Il faut mettre fin à toute querelle dans le domaine politique qui soit de nature à favoriser la division et la confrontation entre les compatriotes.

- Il faut se débarrasser des craintes quant à l’éventualité d’une invasion de l’un par l’autre, d’une victoire sur le communisme ou d’une communisation.

- Il faut faire grand cas de la démocratie et agir de concert, au lieu de mettre à l’index l’autre partie en prétextant les différences d’idéologie et d’opinion.

- Il faut protéger les biens matériels et spirituels des particuliers et des organisations et favoriser leur utilisation en faveur de la grande union nationale.

- Tous les membres de la nation doivent se comprendre mutuellement et se fier les uns aux autres à travers les contacts, la circulation et les dialogues.

- Tous les Coréens au Nord, au Sud et à l’étranger doivent renforcer leur solidarité en faveur de la réunification de la patrie.

- Il  faut apprécier hautement ceux qui ont contribué à la grande union nationale et à la cause de la réunification de la patrie.

 

Les trois principes pour la réunification (1972), le projet de fondation de la RFD de Koryo (1980) et le programme en dix points (1993) constituent les « Trois Chartes pour la réunification de la Patrie » symbolisées par un monument de Pyongyang

Les trois principes pour la réunification (1972), le projet de fondation de la RFD de Koryo (1980) et le programme en dix points (1993) constituent les « Trois Chartes pour la réunification de la Patrie » symbolisées par un monument de Pyongyang

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  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
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