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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 20:27

Première université fondée en 1946 dans le Nord de la Corée après la libération du pays en 1945, l'Université Kim Il-sung témoigne de l'importance accordée aux questions d'éducation par les nouvelles autorités politiques. Le long métrage nord-coréen Graduation diploma, sorti en salles fin 2016, est consacré à la première promotion d'étudiants de l'université.  

Affiche du film

Affiche du film

Tout régime politique a besoin de références fondatrices mettant en place un système de valeurs, ou de "lieux de mémoire" - forgeant la mémoire nationale - pour reprendre le titre de l'ouvrage collectif dirigé par Pierre Nora. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ne fait pas exception, ce dont rend compte le film historique Graduation diploma, consacré à la première promotion d'étudiants de l'Université Kim Il-sung, sorti en salles à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation du plus prestigieux établissement d'enseignement supérieur en Corée du Nord.

La création artistique coréenne, qu'elle soit littéraire ou cinématographique, exalte des héros positifs dont l'action doit avoir valeur d'exemplarité - conformément à une approche qui puise ses racines dans la culture confucéenne commune à toute la Corée. Elle se focalise ici sur les doubles figures de la jeunesse (magnifiée par le personnage même de Kim Il-sung, qui avait 34 ans lors de la fondation de l'Université) et de l'intellectuel - ce dont rend compte l'ajout du pinceau à la faucille et au marteau dans les symboles du Parti du travail de Corée. Suivant un style réaliste socialiste ancré dans la vie quotidienne, le film retravaille une thématique qu'on retrouve dans d'autres longs métrages nord-coréens récents, comme Le journal d'une écolière, sorti en salles en France en 2006-2007.

"Graduation diploma", un long métrage consacré à la première promotion de l'Université Kim Il-sung
"Graduation diploma", un long métrage consacré à la première promotion de l'Université Kim Il-sung
"Graduation diploma", un long métrage consacré à la première promotion de l'Université Kim Il-sung

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 20:03

Dans son édition du 19 janvier 2017, l'agence de presse Yonhap de la République de Corée (Corée du Sud) a annoncé que le cursus d'études en langue et civilisation coréennes dispensé à l'Université Paris Diderot (Paris 7) donnera, à la rentrée universitaire de septembre 2017, un cours sur l'histoire du mouvement d'indépendance coréen. A notre connaissance , il s'agit d'une première en France, qui s'inscrit dans le cadre d'un accord entre l’Institut de recherche sur l’histoire du mouvement d’indépendance coréen du Hall de l'indépendance coréenne (acronyme anglais : IHK, musée mémorial situé à Cheonan, en Corée du Sud) et l'Université Paris 7,

Chercheurs de l’Institut de recherche sur l’histoire du mouvement d’indépendance coréen du Hall de l'indépendance coréenne (IHK).

Chercheurs de l’Institut de recherche sur l’histoire du mouvement d’indépendance coréen du Hall de l'indépendance coréenne (IHK).

Le Hall de l'indépendance coréenne a ouvert ses portes le 15 août 1987, à l'occasion du 42e anniversaire de la libération de la Corée. Ce musée comporte de nombreux documents historiques sur le mouvement d'indépendance, afin d'honorer la mémoire des combattants coréens pour l'indépendance de leur nation - d'un point de vue sud-coréen, tendant ainsi à occulter le rôle des combattants ayant fondé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), conformément à l'histoire officielle sud-coréenne.

Au sein du mémorial, le grand hall de la nation constitue le plus vaste bâtiment à toit en tuile d'Asie, en occupant une surface au sol de 126 mètres par 68 mètres, et culminant à plus de 45 mètres. Par ailleurs, la cloche de l'unification qu'abrite le musée est réputée être la plus ancienne cloche coréenne.

La France a joué un rôle dans le soutien au mouvement d'indépendance coréen, au moins jusqu'au début des années 1930, le gouvernement coréen en exil s'étant installé dans la concession française à Shanghaï. Par la suite, la France a toutefois tourné le dos à ses engagements en faveur des indépendantistes coréens, se rapprochant alors du Japon et obligeant le gouvernement provisoire coréen à déménager.

Le cours proposé aux étudiants en coréen, au premier semestre de l'année scolaire 2017-2018, sera assuré p
ar la section des études coréennes du département Langues et Civilisations de l’Asie orientale (LCAO) de l'Université Paris 7 et l’Ecole pratique des hautes études.

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 17:40

Dans quelques jours la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) fêtera deux anniversaires : celui de la création du Parti du travail de Corée (PTC), le 10 octobre 1945, et de l'Union pour abattre l'impérialisme (UAI), née il y a 90 ans, le 17 octobre 1926. Ces deux dates fondatrices sont étroitement liées dans l'historiographie nord-coréenne : le rôle du Président Kim Il-sung est souligné dans la mise en place tant de l'UAI que du PTC, l'UAI ayant été la première organisation révolutionnaire fondée par Kim Il-sung pour animer la résistance nationale, et le PTC tirant sa légitimité de la lutte antijaponaise - et pouvant ainsi être considéré comme l'héritier de l'UAI. Nous revenons ci-après sur l'Union pour abattre l'impérialisme.

Représentation nord-coréenne de la création de l'Union pour abattre l'impérialisme.

Représentation nord-coréenne de la création de l'Union pour abattre l'impérialisme.

Tout d'abord, il convient de dissiper un malentendu : une certaine historiographie révisionniste sud-coréenne cherche à minimiser, voire à nier, le rôle de Kim Il-sung dans la lutte antijaponaise, et conteste notamment son action au sein de l'UAI. L'implication du futur dirigeant de la RPD de Corée est pourtant attestée non seulement par des témoins oculaires effectivement plutôt favorables à la Corée du Nord, comme le Coréen Américain Won Tai-sohn, mais aussi par des chercheurs sud-coréens comme Kim Kakjoon peu suspects de sympathie pour la Corée du Nord. Dans son ouvrage Dynasty. The Hereditary Succession Politics of North Korea (édité par le Centre de recherche sur l'Asie et le Pacifique Walter H. Shorenstein de l'Université Stanford, 2015), Kim Hakjoon, président de la Fondation de l'histoire de l'Asie du Nord-Est - financée par le gouvernement sud-coréen - relève (p. 30) que Kim Il-sung a rejoint l'UAI dont un autre dirigeant était Ri chong-rak, ensuite passé du côté japonais et l'un des ennemis les  plus farouches du groupe de résistants animé par Kim Il-sung : Ri Chong-rak a localisé en 1938 le camp secret de Kim Il-sung, avant d'être exécuté par les partisans coréens (ibid., p. 33).

Selon les historiens nord-coréens, l'UAI a été fondée à Huadian le 17 octobre 1926 par Kim Il-sung (nom pris dans la résistance par Kim Song-ju, né le 15 avril 1912), qui en prend la direction : la création de l'UAI marque un tournant en organisant le mouvement de résistance nationale selon les principes du socialisme et du communisme, l'UAI étant analysée comme une organisation d'avant-garde fondée sur les idées du Juche, c'est-à-dire selon lesquelles les masses populaire prennent en mains leur destin pour accéder à l'indépendance et à la souveraineté.

Après la constitution de l'UAI, le jeune Kim Il-sung met en application le programme en constituant de nouvelles organisations : l'Union des enfants Saenal (d'un mot coréen signifiant "Jour nouveau"), décrite par les historiens nord-coréens comme étant la première du genre en Corée, à Fusong le 15 décembre 1926, puis dans le cadre de cercles de lecture du marxisme-léninisme qu'anime Kim Il-sung à Jilin, en Mandchourie, au lycée Yuwen et au lycée Wenguang, en assimilant les idées communistes à la pratique révolutionnaire des patriotes coréens.

Le 10 avril 1927, une organisation légale est créée : l'Association des enfants coréens de Jilin. Le 8 mai 1927, l'Association des élèves coréens de Ryugil, auparavant d'obédience nationaliste, est réorganisée suivant les principes révolutionnaires en une organisation de masse.

A partir de ces deux organisations légales, l'UAI devient, le 27 août 1927, l'Union de la jeunesse anti-impérialiste (UJAI) : l'UAI, dans la mise en oeuvre de son programme, est ainsi considérée la matrice des organisation créées ultérieurement en Corée puis en RPDC, jusqu'à la fondation du Parti du travail, après la Libération de la Corée en 1945.

Principale source : Kim Chang Hwan et Kang Sok Hi, Histoire générale de la Corée, tome II, éditions en langues étrangères, Pyongyang, RPD de Corée, 1995, p. 104-109.

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 13:12

Le 9 septembre 1948, les 572 députés élus à l'Assemblée populaire suprême, réunis à Pyongyang, proclamaient la fondation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). L'AAFC revient sur cet événement historique.

Kim Il-sung s'exprime au stade Gongsul, à Pyongyang, le 14 octobre 1945.

Kim Il-sung s'exprime au stade Gongsul, à Pyongyang, le 14 octobre 1945.

Après la libération de la Corée de l'occupation japonaise en 1945, recouvrer la souveraineté nationale devient, pour tous les Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora, la tâche la plus urgente à accomplir : atteindre ce but est alors indissociable des efforts menés pour empêcher la division de la péninsule coréenne, occupée après 1945 par les forces soviétiques (au Nord) et américaines (au Sud).

Dans ce contexte, la perspective de la tenue d'élections séparées, au Sud de la Corée, soulève une levée de boucliers non seulement de la gauche sud-coréenne, mais aussi de nationalistes comme Kim Ku : en avril 1948 à Pyongyang, Kim Ku  - avec d'autres dirigeants sud-coréens - participe à 
la Conférence conjointe des représentants des partis et des organisations sociales de Corée du Nord et du Sud, aux côtés de Kim Il-sung, afin notamment d'empêcher la tenue d'élections séparées. En vain : les élections législatives sud-coréennes sont en effet organisées le 10 mai 1948. Elles conduisent à l'élection de Syngman Rhee comme premier Président de la République de Corée (Corée du Sud) le 15 août 1948.

La proclamation de la République de Corée ayant entériné la division de fait de la Corée, les élections à l'Assemblée populaire suprême coréenne se tiennent le 25 août 1948. 212 députés sont ainsi élus au Nord de la péninsule. Les élections qui permettent la désignation des 360 députés du Sud se tiennent clandestinement.

Les 572 députés de la première Assemblée populaire suprême (APS) se réunissent en session à Pyongyang du 2 au 10 septembre 1948. Le 9 septembre, ils proclament la fondation de la République populaire démocratique de Corée - qui entend donc représenter toute la péninsule coréenne. L'ancien dirigeant de la guérilla Kim Il-sung est élu Premier ministre (fonction qu'il occupera jusqu'en 1972), les députés investissant par ailleurs le nouveau gouvernement de la République populaire démocratique.

 

Kim Il-sung assis au premier rang (à droite), lors de la première session de l'Assemblée populaire suprême, le 8 septembre 1948.

Kim Il-sung assis au premier rang (à droite), lors de la première session de l'Assemblée populaire suprême, le 8 septembre 1948.

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 13:07

Le 31 décembre 2015, 50 étudiants sud-coréens et leurs accompagnateurs se sont rendus sur le site d'Oradour-sur-Glane, dans le cadre du quatrième tour d'Europe pour la paix. Comme lors des précédents tours d'Europe, ce déplacement sur un haut lieu symbolique de l'histoire de France a été soutenu et organisé par Liliane Boussel, correspondante régionale de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en Limousin, que nous remercions pour sa grande disponibilité, avant - notamment - un rassemblement à Paris qui a eu lieu le 1er janvier 2016. Nous reproduisons ci-après (y compris les photos et leurs commentaires) un article de compte rendu de Gwennaelle Guedj publié dans L'Echo, intitulé "Peace Tour un Europe" ; Tour d'Europe pour la paix, suivant le message inscrit sur l'anorak que portaient les étudiants coréens.

Des mots porteurs d'espoir écrits en noir sur des anoraks jaunes

Des mots porteurs d'espoir écrits en noir sur des anoraks jaunes

Quelle émotion de voir réunis en ce jour, étudiants sud-coréens, militants de l'association amitié France-Corée, de la CGT et Camille Senon.
Rencontre entre la mémoire et les combats actuels ; rencontre entre des volontés de montrer et de dire l'horreur.
Pour visiter le village, Camille Senon, survivante du massacre du 10 juin 1944, les accompagne et témoigne. La quiétude et l'intérêt règnent. Tous ces jeunes "venus de si loin" prennent des notes, des photos, des vidéos et donnent l'impression de ne pas en perdre une goutte. La visite se termine au monument aux Morts. Tous réunis face à la stèle, les Sud-Coréens déposent les uns après les autres une rose blanche tout en se recueillant. Moment bouleversant de reconnaissance et d'empathie.
Leur visite en Europe se déroule en vingt jours sur les lieux vestiges de la Seconde guerre mondiale, tels que Champigny-sur-Marne, les camps de concentration en Allemagne, etc.
Ce 4e tour d'Europe pour la paix a été organisé par l'association "Les papillons de l'espoir" et le Conseil coréen pour les femmes de réconfort (collectif de 38 associations), et coordonné en France par l'AAFC (Association d'amitié franco-coréenne).

1945, une même année pour deux histoires

1945, c'est la fin de la seconde guerre mondiale et la fin de la colonisation de la Corée par le Japon. Quarante ans de colonialisme, plus de deux millions de Coréens réduits en esclavage pendant la Seconde guerre mondiale, et plus de 200 000 femmes de réconfort (esclaves sexuelles)...
Les pourparlers entre les gouvernements coréen et japonais font d'ailleurs l'actualité ce lundi 28 décembre : Fumio Kishia, ministre des Affaires étrangères du Japon, a conclu avec son homologue sud-coréen Yun Byung-se un accord tendant à résoudre "de manière finale et irréversible" la question des "femmes de réconfort" ; texte que les associations jugent clairement insuffisant et marque un recul sans précédent par rapport aux positions jusqu'alors défendues par la Corée du Sud - et a même été qualifié "d'humiliant" par la République populaire démocratique de Corée. Suites à cet accord, les jeunes du tour pour la paix se rassemblent ce 1er janvier, place du Trocadéro à Paris pour signifier leur mécontentement et montrer qu'ils continueront à être présents dans ce combat. "Nous, participants du voyage en Europe pour la paix, nous nous sommes lancés dans ce voyage afin d'exprimer notre opposition à la guerre, tout en espérant la résolution du problème de l'esclavage sexuel par l'armée japonaise pendant la Seconde guerre mondiale. Les blessures de la Seconde guerre mondiale ne pourront être cicatrisées tant qu'il ne sera pas mis fin au problème de l'exploitation sexuelle". Les étudiants s'intéressent d'ailleurs de près aux réactions des gouvernements français et allemand suite au massacre. Camille Senon explique que "le gouvernement français a reconstruit mais les SS sont restés impunis et le gouvernement allemand, via le Président de la République fédérale en visite à Oradour en 2013, a demandé pardon pour ce crime". L'espoir de paix en ressortira-t-il grandi de ce voyage ?

Une citation était par ailleurs en exergue dans l'article :

"La paix est précaire et fragile, les atteintes aux libertés, les injustices, les inégalités et les répressions sont de tous nos combats", Camille Senon. Ici comme ailleurs, nous aspirons à la paix, utopie ou réalité ?

Les étudiants coréens avec Camille Senon et Liliane Boussel

Les étudiants coréens avec Camille Senon et Liliane Boussel

Dépôt de rose blanche et recueillement

Dépôt de rose blanche et recueillement

Article reproduit de L'Echo :

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 00:07

En adaptant sous forme d'un manhwa en deux volumes l'autobiographie de Hur Young-chul Pris dans les tourbillons de l'histoire, le Sud-Coréen Park Kun-woong continue de rendre compte de l'histoire récente de la Corée en sortant du point de vue farouchement hostile à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) qui a forgé l'identité de la République de Corée (Corée du Sud) : l'auteur de la série Fleur et de Massacre au pont de No Gun Ri (l'un des épisodes tragiques de la guerre de Corée) a retracé le destin d'un ancien prisonnier non converti (ayant refusé d'abandonner ses idéaux communistes), emprisonné pendant 36 ans, de 1955 à 1991, dans les geôles de la junte sud-coréenne. La vie d'ouvrier et de révolutionnaire de Hur Young-chul a non seulement embrassé l'histoire contemporaine de la Corée, elle est également peu banale dans la mesure où Hur a choisi de rester vivre en Corée du Sud, après sa libération, et de témoigner dans un récit autobiographique. Edité en France par Cambourakis, dans une version traduite du coréen par Françoise Nagel et Lim Yeong-hee avec une préface du professeur Han Hong-gu de l'Université Sungkonghoe, Je suis communiste est diffusé dans notre pays depuis septembre 2015, avec le soutien du Centre national du livre (CNL). La version originale a été publiée en 2012 (pour le volume 1) et 2013 (s'agissant du volume 2) par Park Kun-woong (né en 1972) et Hur Young-chul (1920-2010).

"Je suis communiste" : le manhwa de Park Kun-woong retrace le destin exceptionnel de Hur Young-chul

L'année où Hur Young-chul était libéré, en 1991, Park Kun-woong entrait à l'université : a priori rien n'aurait prédestiné la rencontre entre les deux hommes, appartenant à deux générations très différentes, si Yun Gu-byeong, des éditions Bori, n'avait demandé au dessinateur, ancien militant étudiant, de rencontrer Hur Young-chul.

Le témoignage direct exceptionnel par un acteur de l'histoire récente de la Corée prend forme sous le dessin de Park Kun-woong, dans un style noir et blanc dépouillé, qui alterne entre une tradition graphique qu'on rattacherait en Europe à celle de la ligne claire et une précision du trait dont la puissance renvoie aux peintures asiatiques traditionnelles à l'encre de Chine. Car si Park Kun-woong a pu s'appuyer sur l'autobiographie de Hur Young-chul (dont la translittération du patronyme coréen la plus fidèle à sa prononciation est "Heo" et non "Hur"), il n'avait plus de photos de jeunesse - celles-ci ayant été détruites par sa famille, et il fallait le talent de Park Kun-woong pour restituer une époque, celle de la lutte antijaponaise, la libération, la partition et la guerre, tout en gardant la retenue de Hur Young-chul, que n'ont brisé ni les tortures physiques - à l'eau, à l'électricité - que lui ont infligées ses geôliers sud-coréens, ni la manipulation continue des membres de sa famille par les autorités sud-coréennes pour qu'il se convertisse en reniant ses idées. A cet égard, les extraits en fin de bande dessinée des échanges de courriers censurés, ainsi que du "rapport d'observation" tenu par l'administration pénitentiaire - cherchant à se convaincre que le prisonnier est en bonne voie pour abjurer - sont des témoignages de ce qu'ont vécu les prisonniers politiques sud-coréens non convertis, traités en criminels par un régime dont la brutalité n'avait rien à envier à celui des anciens colonisateurs japonais.

Aux 36 ans de ce régime carcéral ont succédé, jusqu'à la mort de Hur Young-chul, 19 ans de liberté surveillée - avec une interdiction notamment à participer à toute activité politique. Pour être pleinement libre, Hur Young-chul aurait dû renier ses idées - ce qu'il s'est toujours refusé de faire - bien que les représailles aient aussi touché aussi sa famille :

Je me rappelle la première visite [en prison] de ma fille (...) Elle travaillait à l'hôpital universitaire de Séoul. Elle était donc fonctionnaire. En examinant son dossier, on s'était aperçu que son père était en prison pour communisme. La police avait commencé à lui poser des questions. Elle avait démissionné et, en rentrant chez elle, était passée me voir. (...) Elle est revenue me rendre visite, mais on ne l'a pas autorisée à me voir. Dans le train du retour, elle a rencontré un journaliste et lui a tout raconté. Il lui a promis de faire quelque chose. Je ne sais pas quel rôle il a joué, mais l'hôpital a rappelé ma fille et elle a repris son travail (...).

On a proposé à mon fils de se porter candidat pour représenter les étudiants de l'université de Jeonbuk. Son concurrent, un ancien du Vietnam, l'a menacé. Il lui a dit que, vu le passé de son père, il n'aurait aucune autorité sur les étudiants même s'il était élu. Mon fils a perdu les élections. Petit, c'était un garçon très joyeux, plein d'entrain, mais à l'entrée au collège il s'est replié sur lui-même. "A quoi ça sert d'étudier ? Je n'obtiendrai jamais un travail convenable". Ma femme l'a sévèrement réprimandé, mais je ne l'ai appris que bien plus tard.

Le manhwa ne dit pas les raisons qui ont amené Hur Young-chul, après sa libération, à rester au Sud plutôt qu'à rejoindre le Nord, comme nombre d'autres anciens prisonniers de conscience. Mais le regret ne pas avoir été suffisamment aux côtés de sa famille, originaire du Sud, a probablement joué un rôle.

Si le premier volume commence par la libération de Hur, et alors qu'à plusieurs reprises le récit fait des incursions dans la période postérieure à sa libération, le manhwa suit un plan essentiellement chronologique, qui permet de retracer comment s'est formée sa conscience politique, puis la manière dont il a mené à bien ses tâches de militant révolutionnaire. Le tome 1, intitulé "Une vie de travailleur", montre la prégnance de la conscience de classe, pour cet enfant de paysans, qui va travailler dans la métropole coloniale japonaise pour mieux gagner sa vie, et y découve l'exploitation capitaliste la plus sordide, doublée d'une exploitation coloniale. C'est aussi à la même époque qu'il découvre, par des militants coréens et japonais, la résistance antijaponaise menée par Kim Il-sung, futur fondateur de la RPD de Corée.

"Je suis communiste" : le manhwa de Park Kun-woong retrace le destin exceptionnel de Hur Young-chul

Hur Young-chul apparaît comme un militant de valeur, toujours soucieux du bien-être de ses camarades, auquel le Parti confie les tâches les plus difficiles, qui sont aussi les plus dangereuses : bien que n'ayant pas terminé l'école primaire, il a été choisi comme représentant de comité populaire, a été volontaire pour se rendre sur la ligne de front au Sud pendant la guerre (alors que dans l'académie où il avait été envoyé suivre une formation, la possibilité avait été donnée aux étudiants de regagner leurs familles au Nord, ce qu'ont fait une majorité d'entre eux), échappant à plusieurs reprises à la mort. Après la guerre, il a été parmi les premiers chargé d'une mission de renseignement au Sud, d'où il était originaire. Reconnu, il est arrêté, torturé, emprisonné. Nous sommes en 1955, il a 35 ans : il allait passer les trente-six années suivantes de sa vie en prison.

 

"Je suis communiste" : le manhwa de Park Kun-woong retrace le destin exceptionnel de Hur Young-chul

Hur Young-chul ne cherche pas à magnifier les événements : il décrit la guerre de Corée dans toute sa brutalité, sans cacher la dureté - également - de l'Armée populaire de Corée. Nous partageons son désarroi quand, un demi-siècle plus tard, il nous décrit la condamnation à mort et l'exécution d'un soldat ayant abandonné ses armes, par peur. Comme le reconnaît Hur Young-chul, personne n'a osé le défendre. Il fait aussi le bilan lucide de ses propres échecs, comme de celui ayant conduit à son arrestation comme espion, au Sud.

De son idéal de justice sociale, de son aspiration à la réunification de la Corée - dont il souligne qu'elle a été d'abord divisée par le jeu pervers de l'administration américaine - Hur Young-chul a tiré la force qui lui a permis de surmonter des décennies durant un régime carcéral parmi les plus durs au monde - même s'il reconnaît qu'il n'a initialement jamais cru à un emprisonnement aussi long. Enfin, les conversations de Hur Young-chul avec les Sud-Coréens progressistes qui ont transcrit son récit en bande dessinée, ou fait état de son témoignage dans les médias, sont un éclairage précieux sur le nécessaire dialogue Nord-Sud - Hur étant fondamentalement resté un communiste attaché à la RPD de Corée. Il n'a aucun doute quant à la trahison de Pak Hon-yong - l'un des fondateurs du Parti communiste coréen, passé au Nord, où il a été exécuté, probablement en 1956 - en citant des éléments de preuves qui mériteraient un traitement approfondi par les historiens. Il exprime sa certitude que les horreurs de la guerre de Corée rendent impossible le déclenchement d'un nouveau conflit par les autorités nord-coréennes. Sur plusieurs points - son refus des bases américaines en Corée du Sud, sa lecture des origines de la guerre de Corée - ses positions rejoignent enfin celles des progressistes sud-coréens et témoignent que, par delà les différences d'histoires et de systèmes politiques, un terrain commun de compréhension et d'entente est non seulement souhaitable, mais possible, entre Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora partageant la même volonté de parvenir à la réunification de leur pays, fondée sur des valeurs de justice, d'équité et de liberté.

Références :
 

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 18:21

Le 5 septembre 2015, la Société Finlande-Corée - homologue de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en Finlande - a organisé à Helnsinki un séminaire européen pour commémorer le 70e anniversaire de la libération de la Corée, le 15 août 1945, avec la participation d'associations d'amitié de plusieurs autres pays européens et d'une délégation du Comité coréen des relations culturelles avec les pays étrangers, venue de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette manifestation coïncidait avec la célébration du 45e anniversaire de la fondation de la Société Finlande-Corée. Une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne était présente. 

Après un dîner le 4 septembre, les délégations européennes, venues du Danemark, de France, de Pologne, de Suède et d'Espagne, et la délégation coréenne ont participé le 5 septembre au séminaire sur le 70e anniversaire de la libération de la Corée, organisé par la Société Finlande-Corée.

L'Association d'amitié franco-coréenne était représentée par Benoît Quennedey, vice-président chargé des opérations de coopération, et Patrick Kuentzmann, secrétaire général. Dans un message lu par Benoît Quennedey, Guy Dupré, président de l'AAFC qui ne pouvait pas être personnellement présent, a souligné combien le mouvement de libération nationale antijaponaise conduit par le Président Kim Il-sung avait façonné non seulement le destin de la Corée, mais aussi celui des peuples combattant pour leur indépendance. Il a également plaidé pour une reprise du dialogue intercoréen en vue d'abaisser les tensions, alors que les conservateurs de retour au pouvoir à Séoul en 2008 ont tourné le dos aux déclarations conjointes Nord-Sud du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. La délégation de l'AAFC a souligné par ailleurs les activités qu'elle a engagées en France aux côtés des militants progressistes sud-coréens s'opposant à la dérive autoritaire à l'oeuvre à Séoul, et des pacifistes japonais refusant la modification de l'article 9 de la Constitution japonaise : les luttes pour la démocratie au Sud de la péninsule et contre le militarisme japonais sont parties prenantes des objectifs que s'est fixée l'AAFC depuis sa fondation en 1969, pour la paix, la liberté et la réunification en Corée.

Un échange entre les participants a permis de souligner les risques que pouvaient personnellement encourir, dans plusieurs pays, les militants des associations d'amitié avec la Corée, en raison de leur action.

En clôture de leurs travaux, les participants ont adopté une résolution conjointe, lue par Pekka Kotkasaari, président de la Société Finlande-Corée, plaidant pour une réunification pacifique et indépendante de la Corée, et soutenant la RPDC dans l'édification d'un pays prospère.

Pekka Kotkasaari, président de la Société Finlande-Corée

Pekka Kotkasaari, président de la Société Finlande-Corée

Le soir du 5 septembre, un banquet finno-coréen était organisé à l'organisation du 45e anniversaire de la fondation de la Société Finlande-Corée, accompagné d'un concert donné par l'orchestre Saalem, qui s'est récemment produit en République populaire démocratique de Corée. Dans son discours, M. Ryu Kyong-il, directeur du département Europe du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers, qui conduisait la délégation de la RPD de Corée, a félicité l'association finlandaise pour l'organisation du séminaire et sa solidarité sans faille avec le peuple coréen depuis 45 ans.

Ryu Kyong-il, directeur du département d'Europe du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers de la RPDC

Ryu Kyong-il, directeur du département d'Europe du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers de la RPDC

Le lendemain, 6 septembre, les délégations européennes et coréenne ont pu poursuivre leurs échanges de manière plus informelle au cours d'une excursion dans la campagne finlandaise.

L'AAFC se félicite de ces riches échanges d'expériences, qui font ressortir tout l'intérêt des réunions organisées jusqu'en 2010 par le Comité international de liaison pour la paix et la réunification en Corée (CILRECO, fondé en 1977), dont le secrétaire général, Guy Dupré, a été salué pour son action par les participants, notamment les organisateurs de la société Finlande-Corée.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne remercie la Société Finlande-Corée pour son invitation et la  félicite pour l'excellente organisation du séjour en Finlande des délégations étrangères, du 4 au 6 septembre 2015. La Société Finlande-Corée a montré un haut degré d'organisation et de savoir-faire, qui la positionne incontestablement parmi les plus dynamiques associations d'amité avec la Corée sur le continent européen. L'AAFC formule tous ses voeux de succès et de réussite à son homologue finlandaise.

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 15:06

Le 14 août 2015, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a organisé un dîner avec S.E. M. Kim Yong-il, délégué général de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en France, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RPD de Corée auprès de l'UNESCO, et M. Ri Ho-yong, conseiller de la délégation générale de RPDC en France, à l'occasion du 70e anniversaire de la libération de la Corée de l'occupation japonaise, le 15 août 1945.

Représentation du Président Kim Il-sung lors de la bataille de Pochonbo (4 juin 1937)

Représentation du Président Kim Il-sung lors de la bataille de Pochonbo (4 juin 1937)

Le 15 août 1945, la capitulation japonaise marquait la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie. Dans la péninsule coréenne, cette date est célébrée comme le jour de la libération, ayant mis fin à la colonisation particulièrement féroce du Japon trente-cinq années durant, de 1910 à 1945. La domination coloniale nippone avait été caractérisée, entre autres, par l'exploitation économique de la Corée pour les besoins de l'industrie de guerre japonaise, le départ forcé de millions de travailleurs coréens et de leurs familles dans l'archipel nippon, l'enrôlement contraint des jeunes hommes coréens dans l'armée impériale, l'exploitation sexuelle de centaines de milliers de "femmes de réconfort" dans les bordels militaires japonais, et la négation de l'identité culturelle du peuple coréen, assimilé à l'occupant, contraint d'apprendre la langue japonaise et d'adopter des noms nippons.

S'appuyant sur une longue tradition de soulèvements populaires face à de puissants voisins, la résistance coréenne antijaponaise, menée dans la péninsule elle-même, mais aussi le Nord-Est de la Chine et l'Extrême-Orient soviétique, a joué un rôle important pour mettre fin à la domination coloniale. L'un de ses plus éminents dirigeants, Kim Il-sung, est devenue le Président de la République populaire démocratique de Corée, fondée le 9 septembre 1948, au Nord de la péninsule. Le rejet du féodalisme et du colonialisme ont ainsi été des marqueurs des institutions du nouvel Etat. Le choix récent des autorités nord-coréennes d'établir un nouveau fuseau horaire (en retardant les horloges d'une demi heure) permet ainsi de revenir sur une décision imposée par le colonisateur japonais - et qui, du reste, avait aussi été mise en oeuvre dans le Sud de la Corée, entre 1954 et 1961, avant que le général Park Chung-hee, ancien diplômé de l'académie militaire japonaise de Mandchourie en 1944, n'engage un rapprochement avec le Japon, ayant conduit à la normalisation des relations nippo - sud-coréennes en 1965. 

Parmi les divers sujets abordés, y compris les activités de l'AAFC dont le départ prochain d'une délégation en RPDC à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, le 10 octobre 1945, le dîner organisé par l'AAFC le 14 août 2015 a permis de revenir sur la résistance antijaponaise et la libération de la Corée, et tout particulièrement le rôle de premier plan joué par le Président Kim Il-sung et ses compagnons de lutte, ainsi que sur les conséquences de ce legs historique dans la politique diplomatique de Pyongyang. La RPD de Corée a apporté un soutien actif aux mouvements de décolonisation et aux luttes de libération nationale de par le monde. Par ailleurs, les plaies de la domination coloniale japonaise ne sont pas encore cicatrisées, Tokyo ne s'étant pas excusé pour son comportement colonial auprès de la RPDC, en l'absence, encore à ce jour, de relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée, ainsi que de versement de compensations par les autorités japonaises.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 19:29

Alors qu’une nouvelle dérive autoritaire est en cours en République de Corée (Corée du Sud), l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) a toujours été aux côtés des démocrates sud-coréens dans leur combat pour la liberté et la réunification. En particulier, au tournant des années 1980 et 1990 plusieurs personnalités sud-coréennes ont été arrêtées par le régime Roh Tae-woo pour avoir visité la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sans autorisation du gouvernement sud-coréen : parmi elles, Rim Su-kyong avait participé au Festival mondial de la jeunesse à Pyongyang en 1989 ; le prêtre Moon Kyu-hyun et le pasteur Moon Ik-hwan s’étaient également rendus en RPDC en 1989. L’AAFC a alors été le fer de lance, en France, du combat international pour leur libération, par des manifestations, des pétitions et des lettres adressées aux autorités politiques françaises, non sans succès : Rim Su-kyong, condamnée à cinq ans de prison, a été libérée au printemps 1992 après avoir purgé une peine de deux ans et demi, avant d’être amnistiée par le président sud-coréen Kim Dae-jung en 1999, tandis que Moon Ik-hwan, condamné en 1989 à dix ans, est sorti de prison en 1993. Nous reproduisons ci-après l’appel lancé par l’AAFC en 1989, cosigné par plusieurs organisations françaises (dont la Confédération générale du travail, le Parti communiste français, l’Association française des juristes démocrates et la Jeunesse étudiante chrétienne) et des personnalités (parmi lesquelles Jean Ferrat, Hugues Aufray, Paul Préboist, Gilles Perrault, Catherine Ribeiro, Siné, Jean Ziegler, Bernard Clavel…) publié dans le n° 28 (4e trimestre 1989) du bulletin trimestriel de l’AAFC. La graphie des noms coréens correspond à la translittération alors en usage.

Rim Su-kyong, en 1989 en RPD de Corée

Rim Su-kyong, en 1989 en RPD de Corée

Moon Ik-hwan

Moon Ik-hwan

Respect des droits de l’homme en Corée du Sud, libération de tous les démocrates emprisonnés

Nous soussignés, après avoir pris connaissance avec une vive émotion, des arrestations et des lourdes condamnations infligées par les autorités sud-coréennes à l’issue de procès iniques à :

- M. le Pasteur Moun Ik Hwan,
- l’écrivain You Won Ou,
(condamnés à 10 ans de prison)
- le Prêtre Moun Kyu Hyun
- la jeune étudiante Rim Sou Kyeung
(menacés de la peine de mort)

Ces personnes comme bien d’autres démocrates sud-coréens également emprisonnés n’ont commis d’autre crime que de vouloir passionnément le dialogue entre les deux parties de la Corée et la réunification de leur patrie.

Ces arrestations et condamnations sont une atteinte intolérable à la liberté d’opinion et aux droits les plus élémentaires de l’homme.

Elles sont en flagrante contradiction avec les engagements de M. Ro Tai Ou de permettre le dialogue Nord-Sud et de démocratiser son pays.

Les soussignés exigent du Président sud-coréen la libération de tous les démocrates emprisonnés.

D’autre part, nous appuyant sur les déclarations du Gouvernement français affirmant la volonté dans ses relations extérieures de faire prévaloir le principe du respect des droits de l’homme, nous demandons instamment à M. le Président de la République française d’exiger des autorités sud-coréennes la libération de tous les prisonniers politiques en Corée du Sud.

Premiers signataires de l’appel pour la libération de la jeune étudiante Rim Sou Kyeung, du prêtre catholique Moun Kyu Hyun, du pasteur protestant Moun Ik Hwan et des autres démocrates sud-coréens emprisonnés, et pour le respect des droits de l’homme en Corée du Sud.

ORGANISATIONS

- Association d’amitié franco-coréenne,
- Comité français de soutien à la réunification de la Corée (COFRECO),
- Comité français de soutien à la création de la RCDK,
- Comité français pour la reconnaissance diplomatique de la RPDC,
- Confédération Générale du Travail,
- Parti communiste français,
- Association française des juristes démocrates,
- Mouvement de la jeunesse communiste de France,
- Comité national pour l’indépendance et le développement (CNID),
- Jeunesse étudiante chrétienne.

PERSONNALITES

- Jean Ferrat, Artiste lyrique, compositeur,
- Michel Germa, Président du conseil général du Val-de-Marne,
- Claude Bessy, Artiste chorégraphe de l’Opéra de Paris,
- Charles Lederman, Avocat, Sénateur, Secrétaire de la Commission des lois,
- Jean Suret-Canale, Professeur d’université, Président de l’AAFC,
- Hugues Aufray, Chanteur-compositeur,
- Raoul Sangla, Réalisateur de télévision,
- Nicole Dreyfus, Avocate,
- Joannes Galland, Secrétaire de la CGT,
- Paul Préboist, Comédien,
- Albert Lévy, Journaliste,
- Gilles Perrault, écrivain,
- André Aubry, ancien Sénateur, Président du COFRECO,
- Catherine Ribeiro, Artiste lyrique,
- Henri Tisot, Comédien, évangéliste,
- Gérard Brignolais, Sculpteur,
- François Fournier, Jésuite, Directeur de « Culture et Foi »,
- Yves Grenet, Economiste, membre de la Présidence de la Conférence des catholiques européens,
- Marcel Trigon, Maire d’Arcueil,
- Siné, Dessinateur, humoriste,
- Daniel Zimerman, Professeur d’université, écrivain,
- Guy Dupré, Secrétaire général du Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée,
- Jean Ziegler, Professeur d’université, Conseiller national de la Confédération helvétique,
- Gilles Langoureau, Chanteur,
- Marcel Rigout, Conseiller économique et social, ancien Ministre,
- Marc Ogeret, Chanteur,
- Moussa Keita,
- Pierre Derens, Principal de collège,
- Jacqueline Derens, Professeur,
- Sigfried Feller-Steinhauer,
- Laetitia Meignan,
- Clotilde Kante,
- Nicole Crestou,
- Jeannette Genot,
- Jean Charlon,
- Jacqueline Bailly, Section internationale CGT,
- Maurice Cukierman, Secrétaire de l’AAFC,
- Catherine Deveault, syndicaliste,
- Françoise Caro, secrétaire,
- Thierry Angles, Secrétaire de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD),
- Valérie de Foulpiquet, Universitaire,
- Robert Charvin, Professeur, Secrétaire général du Comité international de juristes pour la démocratie et les droits de l’homme en Corée du Sud,
- Bernard Clavel, Ecrivain,
- Jacqueline Fraysse-Cazalis, Médecin, Sénateur-Maire de Nanterre,
- Jacqueline Grunfeld.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 18:43

Le 4 juillet 2015, lors de la 39e session du Comité du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) qui s'est tenue à Bonn, huit sites archéologiques du royaume de Baekje, au Sud de la Corée, situés dans les anciennes capitales de Baekje qu'ont été Gongju et Buyeo (Chungcheong du Sud) ainsi qu'à Iksan (Jeolla du Nord), ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Il s'agit de la quinzième inscription au patrimoine mondial de l'humanité de sites archéologiques de la péninsule coréenne.

Des sites historiques de Baekje classés au patrimoine mondial de l'Unesco

L'Unesco a souligné la haute valeur archéologique, historique et culturelle de ces vestiges, représentatifs de la dernière période du royaume de Baekje, et qui témoignent également de l'intensité des échanges culturels et religieux en Asie du Nord-Est entre la fin du 5ème siècle et le milieu du 7ème siècle :

Situé dans la région montagneuse du centre-ouest de la République de Corée, ce bien en série comprend huit sites archéologiques datant de 475-660 apr. J.-C : la forteresse Gongsanseong et les tombes royales de Songsan-ri liées à la capitale Ungjin (actuelle Gongju), la forteresse Busosanseong et les bâtiments administratifs Gwanbuk-ri et les remparts de Naseong liés à la capitale Sabi (actuelle Buyeo), le palais royal de Wanggung-ri et le temple Mireuksa à Iksan, liés à la deuxième capitale Sabi. Ensemble, ils symbolisent la dernière période du royaume de Baekje –l’un des trois premiers royaumes de la péninsule coréenne (18 av. J.-C. à 660 apr. J.-C.)- au cours de laquelle existèrent des échanges technologiques, religieux (bouddhisme), culturels et artistiques considérables entre les anciens royaumes d’Asie de l’Est en Corée, en Chine et au Japon.

Le pavillon Baekhwajeong

Le pavillon Baekhwajeong

Sources :

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  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir une réunification indépendante et pacifique de la Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la sécurité et de la paix dans le monde
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