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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 13:28

Chercheur associé au Centre d’études coréennes de l’Institut pour les études sur l’Extrême-Orient de l’Académie des sciences de Russie, Konstantin Asmolov est un des meilleurs spécialistes de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et, plus largement, des questions coréennes, dont l'Association d'amitié franco-coréenne a déjà traduit certaines articles (notamment sur l'affaire des mines, qui avait provoqué un bras-de-fer intercoréen en août 2015). Nous publions ci-après la traduction en français d'un article de Konstantin Asmolov pour New Eastern Outlook, parue sur le site Internet Le Saker francophone. Nous remercions la traductrice Diane Gilliard, qui a signalé cet article sur la page Facebook de l'Association d'amitié franco-coréenne  pour qu'il soit reproduit sur le site Internet de l'AAFC : il analyse et met en perspective les démarches américaines faisant pression sur la République populaire de Chine pour que la RPD de Corée abandonne son programme nucléaire militaire, pourtant développé en réaction à la politique anti-RPDC de Washington. 

USA-Chine : qui est responsable du développement du programme des armes nucléaires de la Corée du Nord ?

par Konstantin Asmolov

New Eastern Outlook - 15 novembre 2016

 

Les annonces de la Corée du Nord sur l’achèvement de son programme de développement d’armes nucléaires ont fait exploser les discussions sur «qui est responsable». Plus précisément, cela concerne qui est prioritairement responsable de l’escalade de la situation au niveau actuel. Dans le contexte d’une opposition croissante entre les États-Unis et la Chine, c’est Beijing qui est maintenant accusé, les accusations allant de «n’a rien fait, alors qu’il le pouvait» à «a apporté une aide active».

Commençons par les déclarations de la candidate à la présidence des États-Unis, Hillary Clinton. Le 13 octobre 2016, lors d’une conférence devant des responsables de Goldman Sachs, Hillary Clinton a souligné que l’Armée de libération chinoise est le principal soutien de la Corée du Nord. C’est à ce moment qu’elle a déclaré sa position : si Beijing n’est pas en mesure d’empêcher la Corée du Nord de construire un missile balistique intercontinental capable de transporter des armes nucléaires, les États-Unis peuvent encercler la Chine avec des systèmes de défense antimissile et des bases navales.

Sankei Shimbun (un quotidien japonais) cite le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter: «La Chine est la première responsable des actions présentes de la Corée du Nord. Elle couvre le comportement dangereux de ce pays.» Il suggère aux lecteurs que Beijing est engagé dans un complot évident. Poussant jusqu’au bout la critique de Washington pour sa politique de grande puissance, il a décidé de répondre de cette manière. Comme preuve, le journal japonais se réfère à Chosun Ilbo [un quotidien sud-coréen, NdT], qui a rapporté que, selon un ancien employé de l’Agence de renseignement de la défense des États-Unis, Bruce Vector, dont l’opinion a été publiée le 1er septembre, la fusée nord-coréenne est une copie exacte du missile balistique à gaz propulseur à deux étages chinois Tszyuylan-1, conçu pour être placé sur des sous-marins.

Alors qu’il donnait une conférence à l’Université nationale de Séoul, le secrétaire adjoint au Département d’État américain, Tony Blinken, a aussi annoncé qu’on ne peut pas parler de l’économie nord-coréenne sans mentionner la Chine. Pyongyang dépend totalement de la coopération avec Beijing, donc la Chine est particulièrement responsable de la mise en place de sanctions contre la Corée du Nord.

Le but de ces accusations est de forcer la Chine à être «plus constructive». Pendant ce temps, les politiciens chinois déclarent constamment que le problème nucléaire dans la péninsule de Corée n’est pas provoquée par les actes de Beijing et que la Chine ne peut pas agiter une baguette magique et résoudre la situation. Les racines du problème émanent des conflits entre les États-Unis et la Corée du Nord, et c’est l’Amérique qui devrait faire preuve d’une approche constructive. Le 12 septembre 2016, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying a noté que le cœur du problème nucléaire sur la péninsule de Corée, réside dans le conflit entre les États-Unis et la Corée du Nord et que c’est l’Amérique qui devrait en assumer la responsabilité. «Nous appelons une fois encore toutes les parties à examiner la situation générale, à agir avec prudence afin d’éviter les provocations réciproques, ainsi qu’à promouvoir conjointement la dénucléarisation et à faire de réels efforts pour atteindre la paix et la stabilité dans la péninsule de Corée», a dit le diplomate chinois, notant que la situation actuelle témoigne de l’importance et de l’urgence véritables à revenir aux négociations à six, aussitôt que possible.

Le 14 septembre 2016, des suggestions américaines que la Chine devrait participer activement à l’isolement de la Corée du Nord ont été rejetées dans le Quotidien du peuple chinois (Renmin Ribao). Le journal déclare que la responsabilité principale de la situation actuelle ne peut pas être imputée à la Corée du Nord, mais aux États-Unis. Le 21 septembre, dans son discours aux Nations unies, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, n’a pas non plus mentionné les sanctions.

Le 2 novembre 2016, Hua Chunying [la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, NdT] a annoncé une fois de plus qu’il n’est pas possible de parvenir à la solution fondamentale du problème nucléaire dans la péninsule de Corée, uniquement par des sanctions et des pressions. Commentant la récente réunion des chefs des délégations des États-Unis et de la République de Corée lors des négociations à six, pendant lesquelles il y a eu des appels répétés à renforcer les sanctions et à augmenter la pression contre la Corée du Nord dans l’espoir que la nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU introduirait des restrictions forcées des exportations de charbon nord-coréennes, Hua Chunying a dit que le Conseil de sécurité de l’ONU examinait et discutait du problème nucléaire nord-coréen. Cependant, une part importante de la résolution 2270 du Conseil de sécurité fait référence à la nécessité de reprendre les négociations à six et de chercher à réduire la tension en Asie du Nord-Est par des moyens politiques et diplomatiques. C’est ainsi qu’une solution sensée au problème nucléaire nord-coréen peut être trouvée.

Deux jours plus tard, le 4 novembre, elle a déclaré que le déploiement du système de défense antimissile américain sur la péninsule de Corée ruinerait l’équilibre stratégique des forces dans la région, et que Beijing se réserve le droit de prendre les mesures nécessaires pour préserver sa propre sécurité. Les actes des États-Unis vont à l’encontre des efforts déployés pour assurer la paix et la stabilité sur la péninsule de Corée, a dit Hua Chunying, appelant les parties concernées à prendre en compte les préoccupations légitimes de la Chine.

Le cœur de la politique chinoise est à la fois la question THAAD [Terminal High Altitude Area Defense, système de missiles antibalistiques américain, NdT] (vue par la Chine comme visant à contenir ses capacités en missiles) et la perception plus large que les préparatifs militaires étasuniens contre la Corée du Nord sont en fait dirigés contre la Chine. Résultat, en dépit d’un grand nombre de différences importantes entre les pays, les relations entre Beijing et Pyongyang sont fondées sur le principe «l’ennemi de mon ennemi est mon ami». Il est plus facile de soutenir la Corée du Nord, que de risquer davantage de conséquences graves qui pourraient se produire si elle était trop durement mise sous pression. La volonté de la Chine d’enquêter sur les liens illégaux entre un grand nombre d’entreprises chinoises et la Corée du Nord montre que «la fenêtre n’est pas totalement close» et peut être vue comme une tentative d’affaiblir les efforts des États-Unis d’imposer des sanctions contre les sociétés chinoises qui font des affaires légales avec la Corée du Nord.

La Chine et la Corée du Nord étendent en même temps leur coopération économique, malgré les effets des sanctions internationales. Selon le journal Rodong Sinmun, la troisième rencontre de la Commission intergouvernementale de Corée du Nord et de Chine, où les questions frontalières ont été discutées, s’est tenue à Pyongyang le 25 octobre. La partie chinoise était dirigée par Liu Zhenmin, et la nord-coréenne par le vice-ministre des Affaires étrangères Pak Myong-guk. La discussion a porté sur l’organisation d’un nouveau passage de la frontière, puisqu’un pont entre la ville de Sinuiju (en Corée du Nord) et la ville de Junchun (en Chine) a été construit en septembre. En outre, un pont sera ouvert entre Sinuiju et Dandong (en Chine) dans un proche avenir.

Par ailleurs, le chiffre d’affaires entre la Corée du Nord et la Chine, au troisième trimestre de cette année, a augmenté de 3,4% par rapport à la même période de l’an dernier. Les Chinois construisent de nouveaux entrepôts et des bureaux dans la zone économique spéciale de Rason, ce qui signifie un afflux d’investissements. L’importation en Chine de voitures en provenance de Corée du Nord a fortement augmenté.

L’importation de riz chinois a également augmenté. Selon l’administration chinoise des douanes, en septembre 2016, 18 477 tonnes de céréales ont été livrées par la Chine à la Corée du Nord. C’est 2,7 fois plus qu’en août et six fois plus qu’en septembre dernier. Ce mois-là, 16 000 tonnes de riz ont été importées (2 000 tonnes de plus qu’en janvier et août). Bien que les experts sud-coréens expliquent ce fait par la décision du gouvernement de Corée du Nord de stabiliser les prix du riz, puisque les stocks ont baissé l’an dernier, tout fait lié à la Corée du Nord a été considéré exclusivement comme le signe d’une famine imminente et d’un effondrement en cours depuis un certain temps.

De manière générale, tandis qu’une partie accuse l’autre et fourbit ses armes, l’autre cherche des manières de résoudre le problème, ce qui montre clairement qui pourrait encourager le dialogue, mais ne veut pas le faire.

 

Konstantin Asmolov, docteur en Histoire, premier chercheur associé au Centre d’études coréennes de l’Institut pour les études sur l’Extrême-Orient de l’Académie des sciences de Russie, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Nadine pour le Saker francophone

 

Source :

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 01:51

Alors que la future administration du président élu des États-Unis Donald Trump se met peu à peu en place, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a publié le 21 novembre 2016 un mémorandum rappelant le contexte et les raisons du renforcement des capacités nucléaires et balistiques nord-coréennes au cours des dernières années. Ce mémorandum constitue un véritable réquisitoire contre la politique dite de patience stratégique vis-à-vis de la Corée du Nord, suivie par l'administration du président américain Barack Obama, en particulier au cours de son second mandat. Au vu de l'objectif poursuivi - l'abandon des programmes nucléaire et balistique de la RPDC - la politique des États-Unis a été un échec total. Le document du ministère des Affaires étrangères de la RPDC est donc aussi un appel lancé à la future administration Trump, qui entrera en fonction le 20 janvier 2017, pour qu'elle renonce aux trois axes de la politique de l'administration Obama à l'égard de la Corée du Nord : isolement politique, pression militaire et blocus économique. L'Association d'amitié franco-coréenne propose ci-après la traduction française du texte intégral de ce mémorandum, réalisée à partir de sa version anglaise.

Le renforcement par la RPDC de ses forces nucléaires est un choix justifié par sa propre défense face aux actes extrêmes des États-Unis visant à l'étouffer

Mémorandum du ministère des Affaires étrangères de la RPDC

21 novembre 2016

Cinq années ont passé depuis que la RPDC, après avoir perdu son grand dirigeant, s'est engagée dans une confrontation totale avec les impérialistes des États-Unis pour contrecarrer leur actions toujours plus hostiles et leur menace nucléaire croissante contre elle.

Le peuple de la RPDC s'est lancé dans la lutte pour mettre en œuvre les volontés du grand dirigeant le Camarade Kim Jong-il, surmontant la peine et le chagrin de l'avoir perdu. Les États-Unis ont utilisé toutes les sortes de moyens et de méthodes en prenant des mesures brutales pour freiner les progrès de la RPDC et ont essayé de saisir l'opportunité de l'étouffer.

Toutefois, la politique hostile et la menace nucléaire anachroniques appliquées par les États-Unis avec une imprudence jamais vue à l'égard de la RPDC n'ont fait que provoquer les contre-mesures justes et justifiées qu'elle a prises pour son autodéfense et ont abouti à un échec complet et total.

Le ministère des Affaires étrangères de la RPDC publie ce mémorandum pour exposer les actes criminels des États-Unis qui ont poussé la RPDC à renforcer ses forces nucléaires, en accomplissant des actes hostiles de manière ininterrompue à son encontre après qu'elle a subi la plus grande perte pour le pays.

1. Les manœuvres hostiles odieuses contre la RPDC, destinées à l'étouffer politiquement et à abattre son système

Depuis l'année 2012, peu après le décès du grand dirigeant le Camarade Kim Jong-il, les États-Unis ont commencé à poursuivre ouvertement l'objectif d'étouffer politiquement la RPDC et de renverser son système par tous les moyens.

Des remarques bruyantes niant le gouvernement, le système et la politique de la RPDC ont été faites par de hauts responsables des États-Unis et Obama lui-même n'a cessé d'accumuler les calomnies et critiques malveillantes à l'égard de la RPDC lors de ses apparitions publiques.

La gravité des manœuvres hostiles des États-Unis contre la RPDC tient au fait qu'elles sont devenues extrêmement imprudentes et dangereuses comme lorsqu'elles visent la direction suprême de notre révolution.

L'administration Obama a osé diffamer la dignité suprême de la RPDC dans le prolongement des calomnies malveillantes à l'égard de celle-ci. C'est le plus grave de tous les péchés, lequel ne peut être pardonné pour l'éternité.

Cela révèle complètement la vraie nature de la politique de « patience stratégique » poursuivie par l'administration Obama, laquelle n'est rien d'autre qu'une politique agressive et odieuse de « suffocation stratégique » à l'égard de la RPDC.

En même temps, le tapage fait depuis longtemps par les États-Unis contre la RPDC au sujet des « droits de l'homme » a grandi dangereusement, allant jusqu'à une tentative de mettre en pratique leur ambition sauvage de renverser le système de la RPDC.

Les États-Unis sont allés si loin qu'ils ont violé les principes de base des lois internationales et abandonné leur dignité de superpuissance en plaidant auprès d'autres pays pour que la pression soit mise sur la RPDC en diminuant ou en rompant les relations avec elle.

Le caractère choquant des actes politiques hostiles des États-Unis contre la RPDC est illustré par la liste d'événements suivante :

- Le 25 mars 2012, Obama a vociféré à propos de l'« isolement » de la RPDC tout en condamnant le renforcement de sa force de dissuasion nucléaire.

- En juin 2012, l'envoyé spécial des États-Unis pour la question des droits de l'homme en Corée du Nord a révélé que des fonds étaient accordés par le Département d'État aux entités médiatiques anti-RPDC.

- Le 16 août 2012, Obama a signé le « North Korea Human Rights Reauthorization Act ».

- De mars à juin 2013, le Département d'État américain a publié le « International Narcotics Control Strategy Report », le « DPRK Human Rights Report », le « International Religious Freedom Report » et le « Trafficking in Persons Report » pour intensifier sa condamnation de la RPDC à partir d'informations et d'allégations sans fondement ou fabriquées.

- Le 17 janvier 2014, Obama a signé le « Appreciation Act » pour l'année fiscale 2014, lequel alloue des fonds importants au tapage anti-RPDC au sujet des « droits de l'homme ».

- Le 26 février 2014, le secrétaire d'État américain Kerry, lors d'un entretien accordé à la presse, a qualifié la RPDC d'« endroit maudit » et a déclaré qu'elle devrait « être tenue pour responsable ».

- Le 15 avril 2014, le Département d'État américain a officiellement annoncé accorder des fonds aux groupes de « droits de l'homme » anti-RPDC.

- Du 23 au 26 avril 2014, pendant sa visite au Japon et en Corée du Sud, Obama a critiqué la RPDC comme « pire violateur des droits de l'homme ».

- Le 23 septembre 2014, le secrétaire d'État américain Kerry a personnellement appelé à la tenue d'une « réunion de haut niveau sur les droits de l'homme en Corée du Nord » à New York et a suscité une atmosphère de pression à l'encontre de la RPDC.

- Le 18 novembre 2014, une « résolution sur les droits de l'homme » anti-RPDC a été adoptée de manière coercitive lors de la réunion de la Troisième Commission de l'Assemblée générale des Nations unies, à l'instigation des États-Unis.

- Le 22 décembre 2014, les États-Unis ont fait pression pour que se tienne une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, avec à l'ordre du jour la « situation des droits de l'homme » en RPDC.

- Le 22 janvier 2015, Obama a fait des remarques malveillantes au sujet de l'« effondrement » de la RPDC au cours d'une interview.

- Du 17 au 18 mai 2015, pendant sa visite en Corée du Sud, le secrétaire d'État américain Kerry a provoqué la direction suprême de la RPDC en évoquant son « dangereux mépris pour les droits de l'homme » et les « plus monstrueux exemples ».

- Le 10 décembre 2015, les États-Unis ont inscrit la « situation des droits de l'homme » en RPDC à l'ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies, en abusant de leur présidence du Conseil.

- Le 18 février 2016, Obama a signé le « North Korea Sanctions and Policy Enhancement Act of 2016 » incluant des moyens de guerre psychologique et une offensive sur les « droits de l'homme » contre la RPDC visant à la désintégrer de l'intérieur.

- Le 6 juillet 2016, le Département d'État américain a publié un rapport, dans la ligne du « North Korea Sanctions and Policy Enhancement Act of 2016 », contenant des remarques impudentes au sujet de la direction suprême de la RPDC tout en condamnant avec malveillance le pays.

- Le 20 septembre 2016, Obama a qualifié la RPDC de « désert » dans son discours à la 71e session de l'Assemblée générale des Nations unies.

- Le 12 octobre 2016, le secrétaire d'État assistant américain pour l'Asie de l'Est et le Pacifique a fait des critiques véhémentes à l'égard de la direction suprême de la RPDC.

- Le 28 octobre 2016, pendant sa visite en Corée du Sud, le secrétaire d'État adjoint américain a condamné la politique du gouvernement de la RPDC comme étant « dangereuse et inhumaine ».

Les actes politiques d'hostilité commis par les États-Unis à l'encontre la RPDC depuis que son grand dirigeant est décédé ont bien été les plus malveillants, frénétiques et méprisables de tous les temps.

2. L'intensification d'une extrêmement dangereuse hostilité militaire, de la menace et du chantage nucléaires

Au cours des cinq dernières années, les États-Unis ont révélé leur intention de procéder à une frappe nucléaire préventive contre la RPDC et ont intensifié à une allure maximale leurs menaces militaires contre nous.

Les États-Unis ont constamment accru l'ampleur et l'intensité des exercices militaires conjoints d'agression qu'ils conduisent sur une base annuelle, créant une tension extrême dans la péninsule coréenne et amenant la situation au bord de la guerre nucléaire, mettant gravement en danger la paix et la sécurité de la région.

Si on prend l'exemple de l'exercice militaire conjoint Key Resolve, typique des exercices militaires menés conjointement par les États-Unis et les marionnettes sud-coréennes, 2 100 soldats américains y ont participé en 2012, mais les États-Unis n'ont cessé d'accroître le nombre de leurs soldats, qui étaient 3 500 en 2013, 5 200 en 2014 et 8 600 en 2015, et 27 000 soldats ont participé aux exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle en 2016.

À côté des exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle, les États-Unis ont conduit plus de quarante exercices militaires agressifs et provocateurs sous des noms divers et sur une base annuelle, dont l'exercice militaire conjoint Ulji Freedom Guardian, l'exercice aérien conjoint Max Thunder, l'exercice de débarquement conjoint Double Dragon, l'exercice naval multilatéral RIMPAC, et des exercices conjoints de frappe navale, impliquant les forces spéciales, à tirs réels, etc. Le nombre total de soldats que les États-Unis ont engagés dans ces exercices a dépassé 500 000.

Non seulement l'ampleur de ces exercices de guerre a augmenté, mais leur caractère, leur objectif et leur contenu est devenu de plus en plus provocateur et frénétique chaque année.

Les États-Unis, obsédés par leur ambition d'envahir la RPDC, ont déployé diverses sortes de moyens et équipements militaires modernes dans et autour de la péninsule coréenne et ont tenté de la menacer et d'exercer un chantage sur elle à l'aide d'armes nucléaires.

Depuis l'année 2012, les États-Unis ont constamment mené divers genres d'exercices militaires contre la RPDC, déployant leurs forces navales dans et autour de la péninsule coréenne, y compris les porte-avions nucléaires USS George Washington, USS Nimitz, USS Ronald Reagan, USS John C. Stennis, le navire amiral de la Septième flotte de la marine américaine USS Blue Ridge, les sous-marins nucléaires USS Ohio, USS San Francisco, USS Bremerton, USS Columbus, USS Olympia, USS North Carolina, USS Mississippi, le croiseur équipé du système Aegis USS Shiloh, les destroyers équipés du système Aegis USS Michael Murphy et USS Kidd, le destroyer équipé de missiles guidés USS Spruance, etc.

De plus, les États-Unis ont fait venir à Guam des bombardiers nucléaires stratégiques B-1B, B-2 et B-52 depuis le continent américain, et ils ont volé en Corée du Sud plusieurs fois pour des exercices d'atterrissage et de largage de bombes nucléaires, dans le but de se tenir prêts à mener par surprise une frappe nucléaire préventive contre la RPDC.

Malgré les critiques et condamnations sévères dans le pays et à l'étranger, les États-Unis sont en voie de déployer complètement le système de défense terminale en haute altitude (THAAD) en Corée du Sud.

Les États-Unis ont rapidement intensifié leurs provocations militaires contre la RPDC depuis l'année 2012 et en voici certains exemples :

- Du 27 février au 30 avril 2012, les États-Unis ont mené les exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle. Ces exercices se déroulaient pendant la période de deuil dans notre pays, consécutive au décès du grand dirigeant, et étaient conduits conformément à leurs scénarios de guerre totale OPLAN 5027 et OPLAN 5029, prétendument destinés à faire face à une « situation d'urgence » au Nord.

- Le 22 juin 2012, les États-Unis ont conduit au sud de la zone démilitarisée (DMZ) le plus grand exercice conjoint à tirs réels jamais mené avec l'armée fantoche sud-coréenne, en utilisant le drapeau de la RPDC comme cible.

- du 20 au 31 août 2012, les États-Unis ont mené l'exercice Ulji Freedom Guardian conformément à leur « scénario de guerre réelle » contre la RPDC. Le navire amiral de la Septième flotte de la marine américaine et plus de 30 000 soldats ont participé à cet exercice.

- Du 1er mars au 30 avril 2013, les États-Unis ont mené les exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle. Le porte-avions nucléaire USS George Washington, un sous-marin nucléaire et un grand nombre de forces et de matériels de guerre ont été mobilisés pour ces exercices pendant lesquels un bombardier nucléaire stratégique B-52H et un bombardier furtif B-2 ont volé dans le ciel de la Corée du Sud et largué des munitions factices, et des chasseurs furtifs F-22 ont été déployés sur la base aérienne d'Osan en Corée du Sud.

- Du 19 au 30 juin 2013, les États-Unis ont mené l'exercice militaire conjoint Ulji Freedom Guardian. Plus de 30 000 soldats ont participé à cet exercice pendant lequel des bombardiers nucléaires stratégiques B-52 ont volé à plusieurs reprises dans le ciel de la Corée du Sud.

- Le 5 février 2014, un bombardier nucléaire stratégique B-52 a survolé la mer de l'Ouest de la péninsule coréenne et a effectué des exercices de frappe aérienne.

- Du 24 février au 18 avril 2014, les États-Unis ont mené les exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle. Le but de ces exercices était de prendre le contrôle des installations nucléaires de la RPDC et d'occuper Pyongyang. Les États-Unis ont appliqué à ces exercices le « protocole des forces combinées des États-Unis et de la République de Corée en cas de provocations localisées de la Corée du Nord » et la « stratégie de dissuasion sur mesure ».

- Le 6 août 2014, trois bombardiers nucléaires stratégiques B-2 ont quitté le continent américain pour rejoindre la base aérienne d'Anderson à Guam.

- Du 18 au 29 août 2014, les États-Unis ont mené l'exercice militaire conjoint Ulji Freedom Guardian. Plus de 30 000 soldats y ont participé et ont effectué un exercice de frappe surprise préventive contre la RPDC conformément à la « stratégie de dissuasion sur mesure ».

- Du 2 mars au 24 avril 2015, les États-Unis ont mené les exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle destinés à « supprimer le quartier général de la RPDC » et à « occuper Pyongyang ».

- Le 10 janvier 2016, un bombardier nucléaire stratégique B-52 a décollé de la base aérienne de Guam et a survolé la Ligne de démarcation militaire.

- Du 7 mars au 30 avril 2016, les États-Unis ont mené les exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle et révélé leur plan d'une « opération de décapitation » et de « frappe de haute densité ».

- Le 26 avril 2016, Obama a déclaré dans une interview : « Nous ne voulons pas les laisser s'approcher. Nous pourrions, évidemment, détruire la Corée du Nord avec notre arsenal. »

- Le 17 juin 2016, une flotte de bombardiers B-52 a effectué un exercice de largage de bombes nucléaires dans le ciel de la Corée du Sud.

- Le 8 juillet 2016, les États-Unis ont annoncé avec les marionnettes sud-coréennes leur accord pour le déploiement de THAAD en Corée du Sud.

- Le 6 août 2016, pour la première fois en dix ans, les États-Unis ont stationné plusieurs bombardiers nucléaires B-1B à Guam et trois bombardier nucléaires stratégiques B-2 supplémentaires le 9 août.

- Autour du 23 août 2016, des bombardiers nucléaires stratégiques B-1B, B-52 et B-2 ont décollé en même temps de Guam et ont survolé la péninsule coréenne.

- Le 23 septembre 2016, deux bombardiers nucléaires stratégiques B-1B ont survolé la Corée du Sud, puis encore le 21 où, cette fois, l'un d'eux a atterri sur la base aérienne d'Osan en Corée du Sud.

Comme on peut le constater à travers les faits mentionnés, les provocations imprudentes et dangereuses des États-Unis cherchant l'invasion militaire et l'effondrement de la RPDC se sont fortement intensifiées et ont atteint une phase extrême.

3. Les sanctions inhumaines destinées à l'étouffement économique

Les manœuvres des États-Unis visant à imposer des sanctions à la RPDC sont anciennes et leur brutalité est largement connue dans le monde. Toutefois, ce que les États-Unis ont fait au cours des cinq dernières années est sans précédent par son rythme et son intensité.

Les États-Unis ont considéré les sanctions économiques comme le principal instrument de mise en œuvre de leur politique hostile à l'égard de la RPDC et ont utilisé des moyens odieux et brutaux pour étouffer la RPDC.

Les États-Unis ont remis en question le droit légitime de la RPDC au développement pacifique de l'espace et au renforcement de sa force de dissuasion nucléaire à des fins d'autodéfense, et ont tenté frénétiquement de concocter des « résolutions sur les sanctions » en usurpant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Toutes les « résolutions sur les sanctions » concoctées au sein du CSNU par les États-Unis et ses adeptes contre la RPDC poursuivent l'objectif ignoble de priver la RPDC de son droit à l'existence, à la subsistance et au développement en bloquant ses activités économiques régulières par une série de moyens et méthodes méprisables.

Au travers des prétendues « résolutions sur les sanctions » des Nations unies, les États-Unis cherchent à empêcher les transactions financières habituelles entre la RPDC et les autres pays, à placer toutes les voies de communication vers la RPDC sous un contrôle étroit, à forcer l'inspection de tous les navires en provenance ou à destination de la RPDC et à interdire l'entrée de ces navires dans les ports des autres pays, et à voir les autres pays refuser aux aéronefs de la RPDC de décoller, atterrir et survoler leur territoire.

Les États-Unis sont allés jusqu'à inventer une mesure d'« interdiction d'exportation et d'importation des produits de luxe », ont empêché l'importation d'appareils de sport n'ayant rien à voir avec le développement d'armements, et ont même inclus des biens nécessaires à la vie quotidienne et des jouets pour enfants dans la liste des « produits interdits ».

Tout en appliquant les « résolutions sur les sanctions » anti-RPDC qu'ils ont forgées, les États-Unis sont pris d'une crise de folie furieuse pour imposer des sanctions unilatérales et forcer les autres pays à en faire autant.

Voici les faits et éléments illustrant les abjectes manœuvres en vue de sanctions anti-RPDC accomplies par les États-Unis au cours des cinq dernières années :

- Le 18 juin 2012, Obama a déclaré l'extension de l'état d'urgence et des sanctions économiques visant la RPDC, conformément à l'« International Emergency Economic Powers Act »

- Le 22 janvier 2013, les États-Unis ont pris pour prétexte le lancement pacifique d'un satellite par la RPDC et ont incité le CSNU à adopter la « résolution 2087 sur les sanctions ». Le 24 janvier, le Département d'État et le Département du Trésor américains ont annoncé des sanctions unilatérales sur la base de cette « résolution ».

- Le 7 mars 2013, les États-Unis ont poussé le CSNU à adopter la « résolution 2094 sur les sanctions », en prenant pour prétexte le troisième essai nucléaire de la RPDC, lequel était une mesure justifiée d'autodéfense. Le Département du Trésor a déclaré des sanctions unilatérales sur la base de cette « résolution ».

- En septembre 2013 et en novembre 2014, le Département du Trésor américain a publié un avertissement à l'attention des institutions financières des États-Unis, les enjoignant de maintenir au plus haut niveau les sanctions financières à l'égard de la RPDC.

- Du 23 au 26 avril 2014, pendant sa visite au Japon et en Corée du Sud, Obama a évoqué des « sanctions » et « pressions » plus dures contre la RPDC.

- Le 2 janvier 2015, Obama a signé un ordre exécutif imposant des sanctions à la RPDC suite au prétendu piratage de Sony Pictures Entertainment et, conformément à cet ordre, le Département du Trésor a appliqué ces sanctions.

- En juillet, septembre, novembre et décembre 2015, le Département d'État et le Département du Trésor américains ont désigné des personnes et entités de la RPDC comme cibles de sanctions supplémentaires.

- Le 18 février 2016, Obama a signé le « North Korea Sanctions and Policy Enhancement Act of 2016 », une loi prévoyant des sanctions et moyens de pression complets visant la RPDC.

- Le 2 mars 2016, les États-Unis ont incité le CSNU à adopter la « résolution 2270 sur les sanctions » en prenant prétexte de l'essai d'une bombe H et du lancement pacifique d'un satellite par la RPDC. Le Département d'État et le Département du Trésor américains ont appliqué des sanctions conformément à cette « résolution » et aussi unilatéralement.

- Le 16 mars 2016, Obama a signé un ordre exécutif imposant des sanctions au Parti du travail de Corée (PTC) et au gouvernement de la RPDC. Le Département du Trésor a désigné des personnes, entités et navire de la RPDC comme cibles de ces sanctions unilatérales.

- Le 1er juin 2016, le Département du Trésor américain a désigné la RPDC comme « juridiction source d'inquiétude de premier ordre pour le blanchiment d'argent ».

- Le 6 juillet 2016, le Département d'État américain a durement condamné la RPDC dans son rapport publié à la suite du « North Korea Sanctions and Policy Enhancement Act of 2016 », et le Département du Trésor américain a annoncé des sanctions unilatérales dans la foulée.

- Le 4 novembre 2016, le Département du Trésor américain a publié un dernier règlement en vertu de la section 311 du « Patriot Act » pour encore restreindre l'accès de la RPDC au système financier des États-Unis.

Les sanctions économiques actuelles imposées par les États-Unis sont vraiment les plus dures de tous les temps et constituent de violents actes hostiles cherchant à asphyxier toute l'économie de la RPDC, à détruire les moyens d'existence du peuple, et à finalement isoler et étouffer la RPDC.

Comme le montrent les faits précédemment mentionnés, au cours des cinq dernières années les États-Unis ont fait de la RPDC la première cible d'une attaque et d'un changement de régime dans le cadre de la mise en œuvre de leur stratégie agressive de domination de l'Asie-Pacifique, et ils ont régulièrement et systématiquement intensifié leur pression politique, militaire et économique sur elle.

La politique hostile désespérée des États-Unis à l'égard de la RPDC a poussé celle-ci à prendre des mesures d'autodéfense.

En réponse aux actes hostiles des États-Unis qui ont violé sans raison le droit légitime de la RPDC de lancer des satellites pacifiques et ont fabriqué d'autres « résolutions sur les sanctions » en manipulant le CSNU, la RPDC a effectué son troisième essai nucléaire le 12 février 2013 parmi les contre-mesures pratiques prises pour sauvegarder la sécurité et la souveraineté du pays.

L'essai d'une bombe H effectué pour la première fois par la RPDC en janvier 2016 était une autre mesure d'autodéfense destinée à fermement protéger la souveraineté du pays et le droit de la nation à l'existence et à garantir la paix dans la péninsule coréenne et la sécurité régionale face aux tentatives frénétiques des États-Unis de mettre en place l'isolement politique, le blocus économique et la pression militaire les plus sévères jamais vus, et même de faire subir un holocauste nucléaire à la RPDC.

Profondément énervés par le renforcement des forces nucléaires de la RPDC, les États-Unis ont couru après les provocations militaires imprudentes, parlant même d'« opération de décapitation » et de « frappe de haute densité ». Pour faire face à ces infâmes provocations des États-Unis, la RPDC a fait la démonstration de la puissante capacité de frappe nucléaire de la Corée du Juche à travers la révélation d'une tête nucléaire miniaturisée, les tirs d'essai réussis de missiles balistiques à partir d'un sous-marin et de missiles stratégiques sol-sol à moyenne et longue portée « Hwasong-10 ».

Le 9 septembre 2016, la RPDC a procédé avec succès à la détonation d'une tête nucléaire, entre autres contre-mesures substantielles face aux menaces et sanctions des États-Unis et autres forces hostiles qui ont sévèrement critiqué l'exercice par la RPDC de son droit à l'autodéfense et nié avec obstination sa position stratégique.

Tous les faits précédents étayent clairement la vérité selon laquelle la cause profonde de l'escalade des tensions dans la péninsule coréenne réside dans la politique hostile et les menaces nucléaires des États-Unis à l'égard de la RPDC, non dans les essais nucléaires et balistiques de celle-ci.

La RPDC a choisi la voie de la détention d'armes nucléaires comme mesure d'autodéfense pour sauvegarder son État et son système face à la menace nucléaire constante des États-Unis. Nous renforçons nos forces nucléaires au niveau qualitatif comme quantitatif, nous en tenant fermement à la ligne d'un développement simultané de l'économie nationale et des forces nucléaires au plan stratégique.

Les États-Unis doivent accepter la nouvelle position stratégique de la RPDC et prendre de vraies mesures pour montrer leur volonté de renoncer à leur politique hostile anachronique et à leur menace nucléaire à l'égard de la RPDC.

Cela, et cela seulement, constituera la première base de résolution de toutes les questions.

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 20:17

En décembre 2017 doit se tenir la prochaine élection présidentielle en République de Corée (Corée du Sud). Mais ce calendrier pourrait se trouver accéléré, alors que les Sud-Coréens manifestent depuis des semaines par centaines de milliers pour obtenir la démission de la Présidente Park Geun-hye, embourbé dans le scandale Choi Soon-sil qui a révélé son incompétence : dans ce contexte, les conservateurs au pouvoir à Séoul accélèrent le rythme pour réaliser leur programme de répression politique et antisyndicale, et renforcer l'alignement de Séoul sur l'axe Washington-Tokyo. Plus que jamais, il faut les empêcher de mettre en oeuvre une politique discréditée dans l'opinion : tel est le sens, notamment, de la manifestation à Paris le 26 novembre 2016, à 15h place du Trocadéro, pour le départ de Mme Park Geun-hye, à laquelle l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) appelle à participer.

Une manifestante coréenne le 23 novembre, contre l'accord nippo-sud-coréen en matière de renseignement

Une manifestante coréenne le 23 novembre, contre l'accord nippo-sud-coréen en matière de renseignement

Cela fait quatre ans que l'accord nippo - sud-coréen, de partage d'information en matière de renseignement, était bloqué en Corée du Sud : sentant le risque que cet accord impopulaire ne soit jamais mis en oeuvre après leur départ du pouvoir désormais exigé par une écrasante majorité de Sud-Coréens, les conservateurs qui tiennent encore le haut du pavé à Séoul ont engagé une manoeuvre pour une entrée en vigueur immédiate, le 23 novembre 2016, en prétextant - une fois encore - la menace nord-coréenne. Il n'y a pourtant eu aucune initiative nord-coréenne récente de nature à juger cet empressement... sinon le besoin de Mme Park Geun-hye et de ses affidés de lier les mains de leurs successeurs, comme pour le déploiement en Corée du système de missiles antibalistique THAAD, sans l'accord du Parlement et malgré l'opposition d'une majorité de citoyens. Tel est le sens de la démocratie pour Mme Park Geun-hye, qui trouve opportunément des alliés pour cautionner sa démarche autoritaire dans les dirigeants français, François Hollande en tête. La Corée du Sud de Mme Park accomplit parfaitement son rôle de supplétif des Etats-Unis.

Cette marche à la guerre, par le renforcement des systèmes d'alliances militaires, est indissociable des atteintes grandissantes aux libertés publiques en Corée du Sud, que le bellicisme permet de justifier. Un des symboles de cette dérive autoritaire est la condamnation à cinq ans de prison du syndicaliste Han Sang-gyun, suivant une décision qui a soulevé un tollé international tant elle constitue une atteinte inacceptable à la liberté d'expression et à la liberté de manifestation. Alors que le procureur exige l'alourdissement de cette peine à huit ans en appel (le jugement sera rendu le 13 décembre prochain), l'AAFC appelle toutes et tous à signer la pétition en ligne pour la libération de Han Sang-gyun et assurer le respect des droits des travailleurs en Corée du Sud. Cette pétition, disponible en plusieurs lignes sur le site change.org, a été initiée par le Réseau européen pour une Corée progressiste (basé en Allemagne) et est adressée au juge Shim Dam.

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 13:48

Le 27 octobre 2016, le premier comité de l'Assemblée générale des Nations unies a voté à une très large majorité (123 voix pour, 38 contre et 16 abstentions) la résolution L.41 prévoyant l'ouverture de négociations en 2017 sur un "instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète". Parmi les Etats ayant voté "pour" la résolution on trouve la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ; parmi ceux ayant voté "contre" la France et les Etats-Unis - traduisant, au passage, un nouveau revirement de position de François Hollande qui s'était engagé à favoriser l'interdiction totale des armes nucléaires. Ce vote montre de manière explicite quels sont les pays qui veulent réellement le désarmement nucléaire, comme la RPD de Corée, et quels sont ceux qui, en multipliant les sanctions contre la RPD de Corée après chacun de ses essais nucléaires, révèlent ainsi que leur attitude est guidée par le seul souci de conserver le monopole de cette arme de destruction massive.

Essai nucléaire français "Licorne" (puissance : 1 Mt) sur l'atoll de Mururoa le 3 juillet 1970

Essai nucléaire français "Licorne" (puissance : 1 Mt) sur l'atoll de Mururoa le 3 juillet 1970

La République populaire démocratique de Corée l'a toujours affirmé : elle a dû développer des armes nucléaires à des fins d'auto-défense, face à la politique hostile des Etats-Unis qui ont attaqué les pays dépourvus d'un potentiel suffisant de défense, comme l'Irak et la Libye. Face à cette menace, la Corée du Nord estime qu'elle ne peut donc pas désarmer unilatéralement. Mais sa position de principe est pour un monde sans armes nucléaires, comme l'a rappelé son vote en faveur de la résolution L.41 visant à l'ouverture de négociations dès 2017 pour l'interdiction et l'élimination des armes nucléaires.

Inversement, les Etats-Unis et leurs affidés ont voté contre la résolution L.41 (et donc pour un monde avec des armes nucléaires) : on trouve aussi parmi les opposants à cette résolution la République de Corée (Corée du Sud) et le Japon (dont l'opinion publique, très hostile au nucléaire, appréciera l'attitude de son gouvernement), l'Allemagne, Australie, la Belgique, le Canada, la France, Israël, la Pologne, le Royaume-Uni, la Turquie...

La France a été particulièrement en pointe dans l'opposition à ce texte, en faisant pression sur les eurodéputés français pour qu'ils s'opposent à une résolution au Parlement européen confortant la démarche de l'Assemblée générale des Nations unies. L'argumentaire français est qu'il fallait s'opposer à un texte "inefficace et déstabilisateur", et donc en rester aux instruments existants... qui ont fait la démonstration de leur inefficacité. Pour la France, le désarmement nucléaire est bien un sujet à géométrie variable : oui au désarmement nord-coréen, non au désarmement de tous les autres pays, dont la détention de l'arme nucléaire ne semble guère préoccuper les gouvernants français...

Par ailleurs, la Chine, l'Inde et le Pakistan se sont abstenus. La Russie a voté contre la résolution, approuvée en revanche par l'Iran.

La Corée du Nord est donc le seul Etat doté de l'arme nucléaire a avoir voté pour la résolution L.41.

Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne rappelle sa position constante pour la paix et le désarmement dans toute la péninsule coréenne, au-delà des postures soi-disant hostiles aux armes nucléaires d'un Barack Obama ou d'un François Hollande.


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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 12:20

Alors que les dirigeants sud-coréens - à l'instar de leurs homologues japonais - misaient sur une victoire de Mme Hillary Clinton pour renforcer encore davantage l'étau sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), jusqu'à une possible intervention militaire, la victoire du candidat républicain Donald Trump à la présidentielle américaine a fait sur eux l'effet d'une douche froide. Si le nouveau chef d'Etat américain a rassuré la présidente sud-coréenne Park Geun-hye lors d'une conversation téléphonique de dix minutes le jeudi 10 novembre 2016, en affirmant que "les Etats-Unis sont toujours aux côtés de la Corée du Sud", et qu'il travaillerait avec la Corée du Sud pour "la protéger contre l'instabilité en Corée du Nord", un certain nombre d'évolutions sont à envisager dans l'alliance américano - sud-coréenne.

Les options de politique coréenne de Donald Trump

Si Donald Trump n'est pas à proprement parler un isolationniste (alors que Mme Hillary Clinton était en revanche clairement une interventionniste), il entend néanmoins établir une hiérarchie entre les objectifs politiques et stratégiques des Etats-Unis. La lutte contre l'organisation Etat islamique (Daech) a ainsi été placée au premier plan. A contrario, la question coréenne ne figure pas au premier rang de ses priorités.

Vis-à-vis de la République de Corée (du Sud), comme à l'égard d'autres alliés des Etats-Unis, Donald Trump entend rééquilibrer le partage financier de l'effort de défense : s'il est hautement improbable que les Etats-Unis retirent leurs 28 500 GIs et leurs armements stationnés au sud de la péninsule, il est attendu une plus grande participation financière des autorités sud-coréennes au financement de cette présence militaire américaine en Corée - ce qui augure de discussions, probablement assez longues, sur ce point. A ce stade, l'idée que la Corée du Sud se dote de l'arme nucléaire (comme l'avaient avancé certains faucons de l'administration sud-coréenne) n'est pas à l'ordre du jour, la Corée du Sud restant sous la protection du parapluie nucléaire américain.

Un autre sujet de préoccupations à Séoul est une éventuelle remise en cause des conditions des échanges commerciaux avec les Etats-Unis. Pendant sa campagne, Donald Trump a dénoncé de manière générale l'impact des accords de libre-échange sur l'activité économique et les emplois aux Etats-Unis. Il n'avait toutefois pas détaillé de programme de remise en cause des accords déjà signés par Washington, notamment sur la possibilité de réinstaurer des barrières douanières.

Alors que la politique de "patience stratégique" de l'administration Obama a échoué dans son objectif de stopper le programme nucléaire et balistique nord-coréen, Donald Trump est attendu sur l'éventualité qu'il choisisse la voie du dialogue pour résoudre la question des armes nucléaires de la RPDC. Pendant sa campagne, il avait déclaré être prêt à discuter avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, mais avait adopté un profil bas après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 septembre 2016 - qui n'a d'ailleurs toujours pas donné lieu à un nouveau train de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, lequel passe notamment par un accord américano-chinois. Logiquement, l'administration Obama devrait se rapprocher de la future équipe de Donald Trump pour aborder ce dossier - sauf si Donald Trump laisse la main au président sortant, en considérant que ce n'est pas un sujet prioritaire et/ou qu'il n'a pas de divergences fondamentales sur ce point avec Barack Obama. Un tel choix affaiblirait les chances, à plus long terme, de reprise du dialogue avec Pyongyang, tant bilatéral que multilatéral. Concernant les discussions multilatérales, Donald Trump devra prendre langue avec les dirigeants chinois. Très critique quant à la concurrence commerciale des produits chinois, Donald Trump n'a pas été prolixe sur une possible coopération stratégique sino-américaine.

Sans avoir pour l'heure cité Donald Trump après son élection, la Corée du Nord a rappelé qu'elle devait désormais être considérée comme un Etat doté de l'arme nucléaire, indiquant ainsi le cadre d'un éventuel dialogue sur son programme nucléaire. Elle a fait écho aux déclarations de James R. Clapper, directeur du renseignement national aux Etats-Unis, pour qui la dénucléarisation de la Corée du Nord était "probablement une cause perdue".

Un premier indice de la tonalité de la diplomatie qu'entend conduire Donald Trump sera le choix de ses collaborateurs, en particulier au gouvernement, pour les affaires étrangères et la défense. Pressenti comme secrétaire d'Etat (en charge de la politique étrangère), Newt Gingrich est partisan du libre-échange sur le plan économique, interventionniste dans le domaine militaire.

La question du déploiement du système de missiles THAAD en Corée du Sud n'a pas été un sujet de campagne électorale aux Etats-Unis. Dans la mesure où ce dispositif vise plus la Chine et la Russie que la Corée du Nord, et que Donald Trump entend améliorer les relations russo-américaines, il est probable que cette question sera abordée dans ses échanges avec Vladimir Poutine, également soucieux d'accroître le poids de la Russie sur le dossier coréen - au grand dam des néo-conservateurs au pouvoir à Séoul qui ont adopté cette année une série de mesures unilatérales particulièrement défavorables aux intérêts russes, sous couvert de "punir" la Corée du Nord. Ces derniers, pris dans le tourbillon du scandale Choi Soon-sil et sous le feu des projecteurs pour les atteintes croissantes aux droits de l'homme à Séoul, utilisent une rhétorique toujours plus agressive à l'égard de la Corée du Nord (dont THAAD est une des composantes, à l'instar du discours sur les droits de l'homme au nord de la péninsule) pour se maintenir au pouvoir en faisant souffler, encore et toujours, le vent du Nord.

Source :

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 18:48

Le 27 octobre 2016, le quotidien progressiste sud-coréen Hankyoreh a publié un article intitulé "Le directeur du renseignement national américain déclare que la dénucléarisation de la Corée du Nord est "probablement une cause perdue" ", présentant le point de vue de James R. Clapper, directeur du renseignement national des Etats-Unis (acronyme anglais : DNI), nommé à ce poste par le Président Barack Obama en juin 2010. Si James R. Clapper s'est exprimé en son nom propre, ses déclarations témoignent d'une prise de conscience, qui n'est pas isolée parmi les responsables américains en charge du dossier nord-coréen, que la politique de sanctions (dite de "patience stratégique") a échoué dans son objectif d'empêcher la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de poursuivre son programme nucléaire et balistique. Ses déclarations confirment également que ce n'est pas la communauté du renseignement américain qui pousse les "faucons", partisans d'une intervention militaire. Est-ce l'annonce d'un possible changement de paradigme aux Etats-Unis, à la veille de l'élection présidentielle, ou une façon de peser sur le débat alors que la favorite des sondages - la démocrate Hillary Clinton - compte des "faucons" dans son entourage immédiat ? Nous publions ci-après une traduction de l'anglais de l'article du Hankyoreh.

James Robert Clapper Jr.

James Robert Clapper Jr.

James Clapper‘s est d'avis que tant la solution militaire que les sanctions constituent des options pour traiter le programme nucléaire et balistique du Nord.

Le directeur du renseignement national américain James Clapper a déclaré le 25 octobre qu'amener la Corée du Nord à abandonner son programme nucléaire était une "cause perdue", et que l'approche la plus réaliste serait d'essayer de limiter ses capacités nucléaires.

Les remarques de Clapper sont susceptibles de générer une controverse, puisqu'elles montrent que certains angles de la politique de l'administration américaine se concentrent plus sur le gel du programme nucléaire nord-coréen pour l'empêcher de développer ses capacités nucléaires que sur une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne, qui est l'objectif officiel des gouvernements américain et sud-coréen.

Interrogé lors d'un séminaire du Conseil sur les relations internationales qui s'est tenu le même jour s'il pensait que Pyongyang pourrait abandonner ses armes nucléaires, Clapper a répondu : "Je pense que l'idée d'amener les Nord-Coréens à dénucléariser est probablement une cause perdue. Il ne sont pas prêts à le faire - c'est leur billet de survie".

"Ce que nous pouvons probablement espérer de mieux est une sorte de limitation [des capacités nucléaires nord-coréennes], mais ils ne vont pas le faire simplement parce que nous le leur demanderons. Ils essaieront d'avoir quelques incitations significatives".

Son message a semblé être que la politique à conduire devrait se concentrer sur le gel du programme nucléaire à son niveau actuel - et par conséquent donner quelque "carotte" à la Corée du Nord.

La position de Clapper est identique à celle de certains partisans du dialogue à Washington, qui observent que, alors que le but final devrait être la dénucléarisation de la Corée du Nord, les négociations à court terme devraient viser le gel du programme nucléaire. L'argumentation de Clapper est aussi sensiblement différente dans la mesure où affirmer que Pyongyang ne serait pas susceptible d'abandonner son programme à long terme est une reconnaissance de fait de la Corée du Nord comme étant un Etat doté de l'arme nucléaire. En cela, elle entre en contradiction avec la position de l'administration Barack Obama selon laquelle la Corée du Nord ne peut pas être reconnue comme un Etat doté de l'arme nucléaire, que Washington ne peut pas engager de dialogue avec Pyongyang sans que celle-ci ne s'engage à dénucléariser, et qu'un gel du programme nucléaire ne peut pas être récompensé.

Clapper a aussi parlé d'une possible réponse aux menaces nucléaires et balistiques de la Corée du Nord, en disant qu'il y avait plusieurs options.

Evidemment l'option militaire est l'une d'elles", a-t-il dit, en ajoutant que les sanctions en étaient une autre.

Mais heureusement [l'option militaire] n'est pas le choix de la communauté du renseignement".

Par Yi Yong-in, correspondant à Washington

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 18:22

Alors que les Etats-Unis négocient l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies de nouvelles sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 9 septembre 2016, une rencontre informelle a eu lieu dans la capitale malaisienne les 21 et 22 octobre 2016. Côté américain étaient notamment présents Robert Gallucci, qui avait négocié l'accord sur le nucléaire nord-coréen de 1994, ainsi que l'universitaire Leon Sigal, et côté nord-coréen Han Song-ryol, vice-ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée.

Han Song-ryol et Robert GallucciHan Song-ryol et Robert Gallucci

Han Song-ryol et Robert Gallucci

Même si le gouvernement américain a déclaré que la rencontre était privée, c'est le principe même de ces échanges de n'avoir pas de caractère officiel - et donc, en l'occurrence, de ne pas engager Washington - tout en permettant un échange de vues entre responsables (côté nord-coréen) ou anciens responsables (côté américain) des relations américano - nord-coréennes, à la veille de l'élection présidentielle américaine du 8 novembre 2016, alors que des voix plus nombreuses déplorent l'impasse de la seule politique internationale de sanctions contre la RPD de Corée, en préconisant une reprise du dialogue.

Dans un contexte de montée des tensions depuis janvier 2016, le déploiement en Corée du Sud du dispositif de missiles antibalistiques américain THAAD soulève de vives critiques non seulement de Pyongyang, mais aussi de Pékin et Moscou, et retarde l'adoption de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité des Nations-Unies après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 septembre 2016.

A partir d'informations rendues publiques par des participants américains à la rencontre à Kuala Lumpur, la Corée du Nord aurait réitéré sa proposition d'un traité de paix dans la péninsule coréenne (la guerre de Corée s'étant terminée par un cessez-le-feu et non un accord de paix), tandis que les préoccupations américaines portent d'abord sur l'arsenal nucléaire nord-coréen. Jusqu'à présent, la seule suspension de son programme et de ses essais nucléaires par la RPD de Corée n'a pas été considérée comme suffisante par les Etats-Unis pour reprendre les discussions multilatérales, dans un contexte de blocage prolongé des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) qui traitent notamment de la question nucléaire dans la péninsule coréenne, mais portent aussi sur des garanties de sécurité pour Pyongyang. Par ailleurs, les Etats-Unis ne reconnaissent pas la RPD de Corée comme un Etat doté de l'arme nucléaire.

Sources :

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 17:41

En juillet 2016, les Etats-Unis ont annoncé leur intention de déployer en Corée du Sud un système antimissile dit de défense terminale en haute altitude (Terminal High Altitude Area Defense, THAAD), prétendument contre les missiles nord-coréens. Cette annonce a encore accru les tensions dans la région, la Chine et la Russie voyant dans la proximité de ce système américain antimissile une menace pour leurs propres intérêts stratégiques. En Corée du Sud même, de nombreux citoyens se mobilisent contre le déploiement du système THAAD. Dans cette lutte, il peuvent compter sur la solidarité de plusieurs organisations et personnalités, dont certaines sont réunies au sein de Task Force to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific ("Force d'intervention pour stopper THAAD en Corée et le militarisme en Asie et dans le Pacifique"), coalition initialement formée par cinq organisations basées aux Etats-Unis : Solidarity Committee for Democracy and Peace in Korea, Korea Policy Institute, Philadelphia Committee for Peace and Justice in Asia, Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space, et Veterans For Peace. Deux militantes de cette coalition ont d'ailleurs été récemment interdites d'entrée en Corée du Sud où elles devaient participer aux manifestations contre le déploiement du THAAD. La coalition a publié une déclaration maintenant soutenue par plus de 80 organisations dans le monde, dont l'Association d'amitié franco-coréenne. Voici la traduction française de cette déclaration.

L'AAFC rejoint la coalition contre le déploiement du système antimissile THAAD en Corée du Sud

Non à la défense antimissile américaine en Corée

Le 7 juillet 2016, les gouvernements américain et sud-coréen ont annoncé une décision conjointe de déployer en Corée du Sud le système américain antimissile de défense terminale en haute altitude (THAAD).

Les deux gouvernements prétendent, sans preuve sérieuse et contre l'avis des experts, que le système THAAD protègera la Corée du Sud de la menace des missiles nord-coréens. Par exemple, le Service de recherche du Congrès des Etats-Unis pense que le THAAD a peu de chances de mettre la Corée du Sud à l'abri puisqu'il est destiné à contrer des missiles à haute altitude, qui ne sont pas ceux que la Corée du Nord pourrait utiliser contre des cibles sud-coréennes.

En outre, la décision de déployer le THAAD en Corée du Sud, et de maintenir les jeux guerriers menés par les Etats-Unis et la Corée du Sud au cours de l'été dernier, a été prise en dépit des offres faites par la Corée du Nord de geler ses programmes d'armes nucléaires si Washington et Séoul arrêtent leurs manœuvres militaires. La Corée du Nord a depuis continué à tester des missiles balistiques, procédé à sa cinquième explosion nucléaire, le 9 septembre 2016, et poursuit toujours son objectif de placer une ogive nucléaire sur un missile balistique intercontinental.

Le déploiement du THAAD américain en Corée du Sud fait partie du « pivotement » des Etats-Unis vers l'Asie-Pacifique. Il étend le réseau déjà important de systèmes américains de « défense antimissile » encerclant la Chine et la Russie. Ces systèmes donnent aux Etats-Unis un avantage militaire significatif, bien que fugace, dans toute confrontation à venir puisqu'ils permettent à l'armée américaine de neutraliser la capacité d'un adversaire à répliquer. L'extension de ce réseau paraît refléter une décision plus large des Etats-Unis de faire évoluer leur posture militaire d'une posture de dissuasion à une posture de première frappe.

La détermination du gouvernement américain à utiliser et étendre sa présence militaire dans la région pour y renforcer son influence politique a un prix élevé. Par exemple, cette stratégie augmente les tensions militaires régionales, alimente une nouvelle course aux armements, et accroît la possibilité d'une nouvelle guerre dans la péninsule coréenne. En faisant cela, il fait aussi obstacle à la souveraineté nationale et aux aspirations du peuple des autres pays, en l'occurrence ici, de la Corée du Sud.

De plus en plus de Sud-Coréens luttent pour empêcher le déploiement du système THAAD dans leur pays. Ils craignent avec raison que son déploiement entraîne leur pays dans une alliance anti-chinoise aux côtés des Etats-Unis et du Japon, encourage les forces politiques militaristes et anti-démocratiques chez eux, et exacerbe les tensions entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Ils s'inquiètent aussi des effets nocifs pour la santé qui semblent associés à l'exploitation du système radar du THAAD. Une autre source d'inquiétude est le coût du système THAAD - estimé à 1,3 milliard de dollars, auxquels il faut ajouter 22 millions de dollars chaque année pour son fonctionnement et son entretien - que supporteront les contribuables sud-coréens et américains.

On sait très peu de choses aux Etats-Unis au sujet du THAAD et de l'opposition des Sud-Coréens à son déploiement dans leur pays, et des récentes ouvertures diplomatiques de la Corée du Nord visant à réduire les tensions dans la péninsule. Pourtant, son déploiement devrait être aussi une source d'inquiétude pour le peuple des Etats-Unis. Nous souffrirons aussi si notre pays entre à nouveau en guerre. Et même si le pire est évité, le développement ininterrompu de nouveaux systèmes d'armes toujours plus destructeurs détourne de précieuses ressources des programmes sociaux dont le pays a tant besoin.

Après des décennies d'engagements militaires désastreux à l'étranger, nous avons besoin d'une nouvelles approche. Nous pressons le gouvernement américain de renoncer aux politiques qui font monter la tension militaire et de redessiner les lignes de l'époque de la guerre froide en faveur de politiques cherchant à résoudre les conflits, pacifiquement, au travers de la diplomatie et du dialogue. A cette fin, nous pressons le gouvernement américain de revenir sur sa décision de déployer le THAAD en Corée du Sud, et de rechercher toutes les pistes possibles pour réduire les tensions dans la péninsule coréenne en se réengageant sur la voie de la diplomatie avec la Corée du Nord.


 

Organisations soutenant la déclaration "Non à la défense antimissile américaine en Corée" :

Act Now to Stop War and End Racism (ANSWER)

Alliance of Scholars Concerned about Korea, National Office, U.S.A.

Alternative News, County Westmeath, Ireland

Anakbayan USA, National Office, USA

Asian Americans for Peace and Justice, USA

Asian Americans United, Philadelphia, PA, USA

Association d'amitié franco-coréenne (France-Korea Friendship Association), Paris, France

Australian Anti-Bases Campaign Coalition, Sydney, Australia

BAYAN USA, National Office, USA

Blue Vigil in Solidarity with Okinawa in New York, New York, New York

Brandywine Peace Community, Philadelphia, PA, USA

Campaign for Nuclear Disarmament (CND), London, United Kingdom

Chicago Action Network for Peace, Chicago, Illinois, USA

Code Pink, National Office, USA

Comité Boricua Philadelphia-Camden, Philadelphia, PA, USA

Committees of Correspondence for Democracy and Socialism, National Office, USA

Eclipse Rising, National Office, USA

Ecumenical Peace Institute/Clergy and Laity Concern, Northern California, USA

Eyak Preservation Council, Cordova, Alaska, USA

Freedom Road Socialist Organization, National Office, USA

Foro Contra la Guerra Imperialista y la OTAN (Forum Against Imperialist War and NATO), Madrid, Spain

Global Network Against Weapons and Nuclear Power in Space

The Granny Peace Brigade, New York, New York

Green Party, US - National Office

Hawaiʻi Okinawa Alliance, Honolulu, Hawaiʻi

Hawaiʻi Peace and Justice, Honolulu, Hawaiʻi, Hawaiʻi

Hiroshima Day Committee, Sydney, Australia

Hope Alliance of New York, Metropolitan New York, USA

Ieumsae, Korean Drumming Group, Oakland, California, USA

International Action Center, National Office, USA

International Forum on Globalization, San Francisco, CA

International Peace Bureau, Geneva, Switzerland

June 15 U.S. Committee for Reunification of Korea, National Office, USA

Korea Policy Institute

Malu 'Aina Center for Non-violent Education & Action, Kurtistown, Hawaiʻi, Hawaiʻi

Marrickville Peace Group, Marrickville, NSW, Australia

MAUI PEACE ACTION, Pukalani, Maui, Hawaii, USA

Moana Nui Action Alliance, Los Angeles, CA

Nanum Corean Cultural Center, Los Angeles, California, USA

National Campaign for Nonviolent Resistance, National Office, USA

National Campaign to End the Korean War, National Office, USA

National Lawyers Guild, National Office, USA

NewsPro, Inc., Boston, Massachusetts, USA

New South Wales branch of the Independent and Peaceful Australia Network (IPAN-NSW), Sydney, Australia

New York Catholic Workers, New York, New York

The New York Catholic Worker, New York, New York

New York City War Resisters League, New York, New York

Nodutdol for Korean Community Development

NO NATO LIST, ITALY (National)

NO WAR NET, ROME, ITALY

Nuclear Age Peace Foundation - Santa Barbara, California, US

Okinawa Environmental Justice Project, Okinawa, Japan

One Heart for Justice, Northern California, USA

Pan-Korean Alliance for Reunification (PKAR), National Office, USA

Party for Socialism and Liberation, National Office, USA

Peace21, Los Angeles, California, USA

Peace Action, National Office, USA

Peaceful Skies Coalition - National Office (Taos, NM)

Peace Works, Brunswick, Maine, USA

Philadelphia Branch Workers World-Mundo Obrero Party, Philadelphia, PA, USA

Philadelphia International Action Center, Philadelphia, PA, USA

Philadelphia Committee for Peace and Justice in Asia, Philadelphia, PA, USA

Raging Grannies, New York, New York, USA

“Remembering Hiroshima, Imagining Peace”, Pittsburgh, Pennsylvania, USA

RootsAction.org, USA

Scientists for Peace & Sustainability, National Office, Germany

Solidarity Committee for Democracy and Peace in Korea

Stop Police Terror Project DC, Washington, D.C., USA

Support Committee for Korean Prisoners of Conscience US, National Office, USA

Swedish Peace Council, Stockholm, Sweden

TLtC (The Least of these Church): Justice and Peace Committee, New York, NY, USA

United for Justice with Peace (Boston), Cambridge, Massachusetts

United National Antiwar Coalition (UNAC), National Office, USA

U.S. Peace Council, National Office, USA

Veterans for Peace, NYC Chapter 34, New York, New York

Veterans for Peace, Santa Fe Chapter 055, Santa Fe, New Mexico, USA

Women Against Military Madness (WAMM), Minneapolis, Minnesota

Women Cross DMZ, National, USA

Women’s Fightback Network, Philadelphia, PA, USA

Women for Genuine Security, National Office, USA

World Beyond War, Charlottesville, VA, USA

Yorkshire Campaign for Nuclear Disarmament (CND), Bradford, United Kingdom


 

Personnes soutenant la déclaration "Non à la défense antimissile américaine en Corée" :

Noam Chomsky, Boston, Massachusetts

Ramsey Clark, New York, New York, USA

Bruce Cummings, University of Chicago, Chicago, Illinois, USA

Ann E. Ruthsdottir, Brunswick, Maine

Rob Mulford (War Resister) Write-In Candidate for United States Senate, Alaska, U.S.

Ronald Fujiyoshi, Hilo, Hawaii

Ramsay Liem, Chestnut Hills, Massachusetts

Seung-Hee Jeon, Belmont, MA

Dohee Lee, Oakland, California, USA

Joseph Gerson (PhD), Co-Convener, Peace & Planet Network & Vice-President, International Peace Bureau

Dave Webb, Leeds, UK

Tim Beal, Ph.D. Featherston, New Zealand

Jenny Clegg, Manchester, United Kingdom

Brinton Lykes, Ph.D. Chestnut Hill, Massachusetts, USA

Rev. Duk Jin Hong (DC Methodist Church), Fairfax, Virginia, USA

Simone Chun, Seattle, USA

Og Lim, Boston, USA

Dongseong Oh, Toronto, Ontario CANADA

Kelly Lee, Toronto, Ontario CANADA

Michelle Kim, San Diego, California, USA

Oh Sun Myung, Yongin, Kyungki-do, South Korea

So Young Jeon, Gimcheon, South Korea

Taewon Kwon, Beecroft NSW, Australia

Hyojung Kim, Strathfield NSW, Australia

Youngju Jun, Fremont, CA, USA

JaeHo Lee, Busan, South Korea

Hyungman Choi, Kimcheon, South Korea

Tom Boughan, Cowan, Tennessee, USA

Batur Talu, Istanbul, Turkey

Barbara and Jim Dale, Decorah, Iowa, USA

Rael Nidess, M.D., Marshall, Texas, USA

Lisa Grant, Ukiah, California, USA

Madeline Shaw, Slate Hill, New York, USA

Angelo Baracca, Florence, Italy

Cooang Moon Co, Kwangmyung-si, Kyungki-do, South Korea

Lee Sang Woong, Gyeonggi-do Goyang-si, South Korea

Ingeborg Breines, former Co-president International Peace Bureau and former director of UNESCO, Oslo, Norway

Leonard and Ellen Zablow, New York, NY

Youchan Jeong, Seoul, South Korea

Yunju Nam, Buffalo, New York, USA

Hyun-Jin Jun, Baltimore, Maryland, USA

Seok Heo, Baltimore, Maryland, USA

Lee Bomi, Seong-ju, South Korea

Luke Zannes, London, United Kingdom

Thomas Burns, Conifer, Colorado, USA

Brian Park, Seattle, Washington, USA

Jungeun Lee, Seoul, South Korea

Yunju Nam, Buffalo, New York, USA

Dr. Owen Miller, UK

Geumsoon Yoon, Seongju, South Korea

Cho Rong Hwang, Seoul, Korea

Seung Soon Jang, Georgia Institute of Technology, Marietta, Georgia, USA

Logan Tamburo, West New York, New Jersey, USA

Dr. Moon Jae Pak, Columbus, Ohio, USA

Ki-Jung Moon, Taegu, South Korea

Brian Reynolds, Atlantic City, New Jersey, USA

Carl-Philippe Pierre-Paul, Pembroke Pines, Florida, USA

Jimmy Brash, Parsippany New Jersey, USA

Olivier Bouchard, Paris, France

HyunKyoung Jeong, Busan, South Korea

Veda Hyun-Jin Kim, Chicago, Illinois, USA

Pilar Castel, Rome, Italy

Ben Tao, Boston, Massachusetts, USA

Bon Chung closter, New Jersey, USA

Bill Adamski, Minneapolis, Minnesota, USA

Jaekeun Kwak, DaeJeon, South Korea

Hyeseon Kim, Port Matilda, PA, USA

Jae Barclay, Incheon, South Korea

Sora Ko, Changwon, South Korea


 

Source :

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 14:15

Du 4 au 10 novembre 2016, la péninsule coréenne, déjà théâtre des plus importantes manœuvres militaires internationales au monde dans une région qui n'est pas en guerre ouverte, accueillera de nouveaux exercices de guerre : pour la première fois se tiendront les manœuvres aériennes "Invincible Shield" ("Bouclier Invincible"), qui associeront non seulement les Etats-Unis et la République de Corée (Corée du Sud), mais aussi - de manière inédite, du moins dans ces proportions - le Royaume-Uni. Si la couverture par les médias occidentaux de l'actualité coréenne du 16 octobre 2016 a été dominée par un nouveau tir de missile nord-coréen de portée intermédiaire, la nouveauté dans l'escalade militaire en cours n'est pas cet énième tir nord-coréen, mais bien l'accélération et l'intensification des exercices de guerre des Etats-Unis et de leurs alliés, qui apparaissent comme le sombre présage d'un nouveau conflit auquel les médias préparent l'opinion internationale en occultant les initiatives américaines tout en soulignant le "danger" que ferait peser la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur une coalition dirigée par les Etats-Unis dont les dépenses militaires sont pourtant plus de 100 fois supérieures aux siennes.

Décollage d'un avion de chasse Typhoon depuis la base britannique de Coningsby.

Décollage d'un avion de chasse Typhoon depuis la base britannique de Coningsby.

C'est le 29 septembre 2016 que l'agence de presse sud-coréenne Yonhap a annoncé la participation sans précédent des britanniques aux manœuvres militaires aériennes "Invincible Shield", prévues du 4 au 10 novembre 2016, sur la base aérienne d'Osan, à Pyeongtaek, située à 70 km au Sud de Séoul. L'information serait sans doute passée totalement inaperçue dans les médias occidentaux si les autorités nord-coréennes n'avaient pas protesté en ciblant leurs critiques contre la participation du Royaume-Uni, en dénonçant "une menace sérieuse à la paix et à la sécurité".

Dans sa dépêche du 29 septembre, l'agence Yonhap ne cache pas le caractère offensif de ces exercices, en les décrivant comme des "manœuvres aériennes d’attaque contre le cœur de l’ennemi et ses installations puis d’interception des avions nord-coréens". A cette fin, seront déployés, côté britannique, quatre avions de chasse Typhoon, un avion ravitailleur A330 Voyager et un transporteur McDonnel Douglas C-17, aux côtés de F-15K et de KF-16 sud-coréens et de F-16 américains.

Le dispositif américain d'attaque contre la Corée du Nord est complété par une participation des forces japonaises (qui peuvent désormais intervenir dans des conflits armés depuis une révision de fait de l'article 9 de la Constitution japonaise l'an dernier), la Royal Air Force britannique engageant les mêmes forces aériennes dans des manœuvres militaires avec les Japonais en octobre.

Pour bien souligner qu'il s'agit de la préparation d'un prochain conflit, le commandement de l'armée de l'air sud-coréenne a précisé à l'agence Yonhap que les Britanniques avaient déjà pris part à la guerre de la Corée dans la coalition des Nations Unies dirigée par les Etats-Unis :

Ce sera un message de promesse pour la défense de la péninsule coréenne de la part de la Grande-Bretagne en tant que pays membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et pays qui a participé à la guerre de Corée (1950-1953) aux côtés de la Corée du Sud.

L'Association d'amitié franco-coréenne, profondément attachée à la paix et au dialogue pour résoudre les conflits latents dans la péninsule coréenne, appelle à l'annulation des exercices militaires "Invincible Shield" qui vont encore aggraver les tensions non seulement avec la RPD de Corée, mais aussi avec la Chine et la Russie, implicitement visées par l'intensification des manœuvres militaires et des exercices de guerre menées sous l'égide américaine. Il est temps de faire entendre une autre voix pour le désarmement et la désescalade militaire en Asie du Nord-Est.

Sources :

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 11:33

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé à son cinquième essai nucléaire le 9 septembre 2016 (après les essais du 9 octobre 2006, du 25 mai 2009, du 12 février 2013 et du 6 janvier 2016) - le jour anniversaire du 68e anniversaire de la fondation de la RPD de Corée. En début de semaine, la RPDC avait procédé à des tirs de missiles balistique de moyenne portée. Le nouvel essai nucléaire nord-coréen témoigne de la détérioration de la situation dans la péninsule coréenne et de l'escalade des tensions diplomatiques et militaires : fondamentalement attachée à la paix, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) estime qu'il est temps que les Etats-Unis et leurs alliés acceptent les propositions de dialogue de Pyongyang au lieu d'attiser les tensions en multipliant les exercices militaires et en aggravant le régime de sanctions déjà le plus draconien au monde.

Le Président Kim Jong-un rencontre les scientifiques nord-coréens spécialistes du nucléaire (photo non datée de l'agence de presse officielle KCNA, diffusée le 9 mars 2016).

Le Président Kim Jong-un rencontre les scientifiques nord-coréens spécialistes du nucléaire (photo non datée de l'agence de presse officielle KCNA, diffusée le 9 mars 2016).

La secousse sismique a été détectée le 9 septembre 2016 à 00h30 GMT (2h30 heure de Paris) à proximité du site d'essais nucléaires de Punggye-ri, au Nord-Est du pays.

La télévision nord-coréenne s'est félicitée de la réussite de l'essai nucléaire :

Nos scientifiques nucléaires ont mené un essai d'explosion nucléaire d'une tête nucléaire nouvellement mise au point, sur le site d'essais nucléaires dans le nord du pays (...). Notre (...) parti a envoyé un message de félicitations à nos scientifiques nucléaires (...) pour avoir mené un essai d'explosion réussi d'une tête nucléaire.

Selon le ministère sud-coréen de la Défense, l'explosion a été de 10 kilotonnes, ce qui en ferait le plus puissant des cinq essais nucléaires réalisés par la Corée du Nord depuis 2006, d'une puissance double de celle de l'essai nucléaire du 6 janvier 2016. Un séisme de magnitude 5,3 a été détecté.

Alors que les programmes nucléaire militaire, spatial et balistique nord-coréens ont entraîné l'imposition d'un régime international de sanctions contre la RPD de Corée sans équivalent aujourd'hui au monde, Pyongyang poursuit donc le développement de son programme nucléaire : c'est la première fois que la RPD de Corée procède officiellement à deux essais nucléaires la même année. Les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Japon et la Corée du Sud ont vivement condamné l'essai nucléaire nord-coréen, comme les précédents, comme contrevenant aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Barack Obama a évoqué des "conséquences graves" pour la RPD de Corée et appelé ses homologues sud-coréen et japonais. Le communiqué du Président François Hollande a repris les éléments de langage de Washington. Pour sa part, la Chine a souligné sa "ferme" opposition et appelé la Corée du Nord à se conformer à ses obligations résultant du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le fait que la Corée du Nord continue de développer ses programmes militaires soulève de sérieux doutes tant pour l'efficacité des sanctions que pour l'efficacité de cette politique initiée par les Etats-Unis et leurs alliés, les Etats-Unis mentant sur l'étendue réelle du programme nucléaire nord-coréen pour dissimuler le "fiasco" de leur politique vis-à-vis de la Corée du Nord (pour reprendre le titre de l'ouvrage d'un expert français des questions coréennes, Claude Helper).

Après l'essai nucléaire du 6 janvier 2016 et le lancement d'un satellite artificiel par Pyongyang le 7 février 2016, Washington a réagi de trois manières :

- en faisant adopter par le Conseil des sécurité des Nations Unies des sanctions qui visent désormais explicitement à l'effondrement économique (et donc politique) de la RPD de Corée (et non plus seulement à enrayer le développement de ses programmes militaires), tout en décidant de nouvelles sanctions unilatérales, interprétées comme un acte de désespoir par Douglas Bandow du think tank conservateur américain Institut Caton ;

- en augmentant l'importance et la fréquence de ses manoeuvres militaires conjointes (avec la Corée du Sud et le Japon) dénoncées par Pyongyang comme des préparatifs de guerre ;

- en déployant en Corée du Sud, avec le plein accord des autorités de Séoul, THAAD, acronyme de Terminal High Altitude Area Defense, c'est-à-dire un système de missiles antibalistiques américain consistant à détruire les missiles balistiques de portées moyenne ou intermédiaire en phase finale d'approche  en s'écrasant contre eux (hit-to-kill). La Chine et la Russie ont vivement dénoncé le déploiement de THAAD en Corée du Sud : si ces deux puissances ne sont pas favorables à ce que la Corée du Nord soit dotée d'armes nucléaires, elles ne veulent pas non plus que les Etats-Unis utilisent la situation dans la péninsule coréenne pour attiser les tensions en Asie du Nord-Est et accélérer une course aux armements dangereuse pour elles-mêmes.

Le nouvel essai nucléaire nord-coréen s'inscrit donc dans une logique d'escalade des tensions : Pyongyang a réagi aux récentes initiatives américaines, qu'elle considère comme une menace vitale, en poursuivant le développement d'une capacité de dissuasion nucléaire autonome, en estimant que les précédents irakien de 2003 et libyen de 2011 ne plaident pas pour un désarmement unilatéral face à la superpuissance américaine qui, quant à elle, poursuit bien son programme nucléaire - mais en ne procédant plus à des essais nucléaires souterrains. La vertu n'est pas toujours pratiquée par ceux qui l'invoquent le plus.

A présent, les regards se tournent vers la Chine et la Russie pour savoir dans quelle mesure elles accepteraient, une nouvelle fois, les demandes américaines de renforcer toujours davantage les sanctions contre Pyongyang. Ces sanctions accroissent les risques de conflit et tendent à l'effondrement de la RPDC, deux scénarios catastrophes pour Pékin et Moscou, les deux pays étant également visés par la menace que représente le système de missiles THAAD en Corée du Sud.

En plus de ces essais, l'Afrique du Sud et Israël auraient conduit au moins un essai en commun en 1979.

En plus de ces essais, l'Afrique du Sud et Israël auraient conduit au moins un essai en commun en 1979.

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