Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 12:20

Alors que les dirigeants sud-coréens - à l'instar de leurs homologues japonais - misaient sur une victoire de Mme Hillary Clinton pour renforcer encore davantage l'étau sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), jusqu'à une possible intervention militaire, la victoire du candidat républicain Donald Trump à la présidentielle américaine a fait sur eux l'effet d'une douche froide. Si le nouveau chef d'Etat américain a rassuré la présidente sud-coréenne Park Geun-hye lors d'une conversation téléphonique de dix minutes le jeudi 10 novembre 2016, en affirmant que "les Etats-Unis sont toujours aux côtés de la Corée du Sud", et qu'il travaillerait avec la Corée du Sud pour "la protéger contre l'instabilité en Corée du Nord", un certain nombre d'évolutions sont à envisager dans l'alliance américano - sud-coréenne.

Les options de politique coréenne de Donald Trump

Si Donald Trump n'est pas à proprement parler un isolationniste (alors que Mme Hillary Clinton était en revanche clairement une interventionniste), il entend néanmoins établir une hiérarchie entre les objectifs politiques et stratégiques des Etats-Unis. La lutte contre l'organisation Etat islamique (Daech) a ainsi été placée au premier plan. A contrario, la question coréenne ne figure pas au premier rang de ses priorités.

Vis-à-vis de la République de Corée (du Sud), comme à l'égard d'autres alliés des Etats-Unis, Donald Trump entend rééquilibrer le partage financier de l'effort de défense : s'il est hautement improbable que les Etats-Unis retirent leurs 28 500 GIs et leurs armements stationnés au sud de la péninsule, il est attendu une plus grande participation financière des autorités sud-coréennes au financement de cette présence militaire américaine en Corée - ce qui augure de discussions, probablement assez longues, sur ce point. A ce stade, l'idée que la Corée du Sud se dote de l'arme nucléaire (comme l'avaient avancé certains faucons de l'administration sud-coréenne) n'est pas à l'ordre du jour, la Corée du Sud restant sous la protection du parapluie nucléaire américain.

Un autre sujet de préoccupations à Séoul est une éventuelle remise en cause des conditions des échanges commerciaux avec les Etats-Unis. Pendant sa campagne, Donald Trump a dénoncé de manière générale l'impact des accords de libre-échange sur l'activité économique et les emplois aux Etats-Unis. Il n'avait toutefois pas détaillé de programme de remise en cause des accords déjà signés par Washington, notamment sur la possibilité de réinstaurer des barrières douanières.

Alors que la politique de "patience stratégique" de l'administration Obama a échoué dans son objectif de stopper le programme nucléaire et balistique nord-coréen, Donald Trump est attendu sur l'éventualité qu'il choisisse la voie du dialogue pour résoudre la question des armes nucléaires de la RPDC. Pendant sa campagne, il avait déclaré être prêt à discuter avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, mais avait adopté un profil bas après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 septembre 2016 - qui n'a d'ailleurs toujours pas donné lieu à un nouveau train de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, lequel passe notamment par un accord américano-chinois. Logiquement, l'administration Obama devrait se rapprocher de la future équipe de Donald Trump pour aborder ce dossier - sauf si Donald Trump laisse la main au président sortant, en considérant que ce n'est pas un sujet prioritaire et/ou qu'il n'a pas de divergences fondamentales sur ce point avec Barack Obama. Un tel choix affaiblirait les chances, à plus long terme, de reprise du dialogue avec Pyongyang, tant bilatéral que multilatéral. Concernant les discussions multilatérales, Donald Trump devra prendre langue avec les dirigeants chinois. Très critique quant à la concurrence commerciale des produits chinois, Donald Trump n'a pas été prolixe sur une possible coopération stratégique sino-américaine.

Sans avoir pour l'heure cité Donald Trump après son élection, la Corée du Nord a rappelé qu'elle devait désormais être considérée comme un Etat doté de l'arme nucléaire, indiquant ainsi le cadre d'un éventuel dialogue sur son programme nucléaire. Elle a fait écho aux déclarations de James R. Clapper, directeur du renseignement national aux Etats-Unis, pour qui la dénucléarisation de la Corée du Nord était "probablement une cause perdue".

Un premier indice de la tonalité de la diplomatie qu'entend conduire Donald Trump sera le choix de ses collaborateurs, en particulier au gouvernement, pour les affaires étrangères et la défense. Pressenti comme secrétaire d'Etat (en charge de la politique étrangère), Newt Gingrich est partisan du libre-échange sur le plan économique, interventionniste dans le domaine militaire.

La question du déploiement du système de missiles THAAD en Corée du Sud n'a pas été un sujet de campagne électorale aux Etats-Unis. Dans la mesure où ce dispositif vise plus la Chine et la Russie que la Corée du Nord, et que Donald Trump entend améliorer les relations russo-américaines, il est probable que cette question sera abordée dans ses échanges avec Vladimir Poutine, également soucieux d'accroître le poids de la Russie sur le dossier coréen - au grand dam des néo-conservateurs au pouvoir à Séoul qui ont adopté cette année une série de mesures unilatérales particulièrement défavorables aux intérêts russes, sous couvert de "punir" la Corée du Nord. Ces derniers, pris dans le tourbillon du scandale Choi Soon-sil et sous le feu des projecteurs pour les atteintes croissantes aux droits de l'homme à Séoul, utilisent une rhétorique toujours plus agressive à l'égard de la Corée du Nord (dont THAAD est une des composantes, à l'instar du discours sur les droits de l'homme au nord de la péninsule) pour se maintenir au pouvoir en faisant souffler, encore et toujours, le vent du Nord.

Source :

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 18:48

Le 27 octobre 2016, le quotidien progressiste sud-coréen Hankyoreh a publié un article intitulé "Le directeur du renseignement national américain déclare que la dénucléarisation de la Corée du Nord est "probablement une cause perdue" ", présentant le point de vue de James R. Clapper, directeur du renseignement national des Etats-Unis (acronyme anglais : DNI), nommé à ce poste par le Président Barack Obama en juin 2010. Si James R. Clapper s'est exprimé en son nom propre, ses déclarations témoignent d'une prise de conscience, qui n'est pas isolée parmi les responsables américains en charge du dossier nord-coréen, que la politique de sanctions (dite de "patience stratégique") a échoué dans son objectif d'empêcher la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de poursuivre son programme nucléaire et balistique. Ses déclarations confirment également que ce n'est pas la communauté du renseignement américain qui pousse les "faucons", partisans d'une intervention militaire. Est-ce l'annonce d'un possible changement de paradigme aux Etats-Unis, à la veille de l'élection présidentielle, ou une façon de peser sur le débat alors que la favorite des sondages - la démocrate Hillary Clinton - compte des "faucons" dans son entourage immédiat ? Nous publions ci-après une traduction de l'anglais de l'article du Hankyoreh.

James Robert Clapper Jr.

James Robert Clapper Jr.

James Clapper‘s est d'avis que tant la solution militaire que les sanctions constituent des options pour traiter le programme nucléaire et balistique du Nord.

Le directeur du renseignement national américain James Clapper a déclaré le 25 octobre qu'amener la Corée du Nord à abandonner son programme nucléaire était une "cause perdue", et que l'approche la plus réaliste serait d'essayer de limiter ses capacités nucléaires.

Les remarques de Clapper sont susceptibles de générer une controverse, puisqu'elles montrent que certains angles de la politique de l'administration américaine se concentrent plus sur le gel du programme nucléaire nord-coréen pour l'empêcher de développer ses capacités nucléaires que sur une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne, qui est l'objectif officiel des gouvernements américain et sud-coréen.

Interrogé lors d'un séminaire du Conseil sur les relations internationales qui s'est tenu le même jour s'il pensait que Pyongyang pourrait abandonner ses armes nucléaires, Clapper a répondu : "Je pense que l'idée d'amener les Nord-Coréens à dénucléariser est probablement une cause perdue. Il ne sont pas prêts à le faire - c'est leur billet de survie".

"Ce que nous pouvons probablement espérer de mieux est une sorte de limitation [des capacités nucléaires nord-coréennes], mais ils ne vont pas le faire simplement parce que nous le leur demanderons. Ils essaieront d'avoir quelques incitations significatives".

Son message a semblé être que la politique à conduire devrait se concentrer sur le gel du programme nucléaire à son niveau actuel - et par conséquent donner quelque "carotte" à la Corée du Nord.

La position de Clapper est identique à celle de certains partisans du dialogue à Washington, qui observent que, alors que le but final devrait être la dénucléarisation de la Corée du Nord, les négociations à court terme devraient viser le gel du programme nucléaire. L'argumentation de Clapper est aussi sensiblement différente dans la mesure où affirmer que Pyongyang ne serait pas susceptible d'abandonner son programme à long terme est une reconnaissance de fait de la Corée du Nord comme étant un Etat doté de l'arme nucléaire. En cela, elle entre en contradiction avec la position de l'administration Barack Obama selon laquelle la Corée du Nord ne peut pas être reconnue comme un Etat doté de l'arme nucléaire, que Washington ne peut pas engager de dialogue avec Pyongyang sans que celle-ci ne s'engage à dénucléariser, et qu'un gel du programme nucléaire ne peut pas être récompensé.

Clapper a aussi parlé d'une possible réponse aux menaces nucléaires et balistiques de la Corée du Nord, en disant qu'il y avait plusieurs options.

Evidemment l'option militaire est l'une d'elles", a-t-il dit, en ajoutant que les sanctions en étaient une autre.

Mais heureusement [l'option militaire] n'est pas le choix de la communauté du renseignement".

Par Yi Yong-in, correspondant à Washington

Partager cet article
Repost0
24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 18:22

Alors que les Etats-Unis négocient l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies de nouvelles sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 9 septembre 2016, une rencontre informelle a eu lieu dans la capitale malaisienne les 21 et 22 octobre 2016. Côté américain étaient notamment présents Robert Gallucci, qui avait négocié l'accord sur le nucléaire nord-coréen de 1994, ainsi que l'universitaire Leon Sigal, et côté nord-coréen Han Song-ryol, vice-ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée.

Han Song-ryol et Robert GallucciHan Song-ryol et Robert Gallucci

Han Song-ryol et Robert Gallucci

Même si le gouvernement américain a déclaré que la rencontre était privée, c'est le principe même de ces échanges de n'avoir pas de caractère officiel - et donc, en l'occurrence, de ne pas engager Washington - tout en permettant un échange de vues entre responsables (côté nord-coréen) ou anciens responsables (côté américain) des relations américano - nord-coréennes, à la veille de l'élection présidentielle américaine du 8 novembre 2016, alors que des voix plus nombreuses déplorent l'impasse de la seule politique internationale de sanctions contre la RPD de Corée, en préconisant une reprise du dialogue.

Dans un contexte de montée des tensions depuis janvier 2016, le déploiement en Corée du Sud du dispositif de missiles antibalistiques américain THAAD soulève de vives critiques non seulement de Pyongyang, mais aussi de Pékin et Moscou, et retarde l'adoption de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité des Nations-Unies après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 septembre 2016.

A partir d'informations rendues publiques par des participants américains à la rencontre à Kuala Lumpur, la Corée du Nord aurait réitéré sa proposition d'un traité de paix dans la péninsule coréenne (la guerre de Corée s'étant terminée par un cessez-le-feu et non un accord de paix), tandis que les préoccupations américaines portent d'abord sur l'arsenal nucléaire nord-coréen. Jusqu'à présent, la seule suspension de son programme et de ses essais nucléaires par la RPD de Corée n'a pas été considérée comme suffisante par les Etats-Unis pour reprendre les discussions multilatérales, dans un contexte de blocage prolongé des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) qui traitent notamment de la question nucléaire dans la péninsule coréenne, mais portent aussi sur des garanties de sécurité pour Pyongyang. Par ailleurs, les Etats-Unis ne reconnaissent pas la RPD de Corée comme un Etat doté de l'arme nucléaire.

Sources :

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 17:41

En juillet 2016, les Etats-Unis ont annoncé leur intention de déployer en Corée du Sud un système antimissile dit de défense terminale en haute altitude (Terminal High Altitude Area Defense, THAAD), prétendument contre les missiles nord-coréens. Cette annonce a encore accru les tensions dans la région, la Chine et la Russie voyant dans la proximité de ce système américain antimissile une menace pour leurs propres intérêts stratégiques. En Corée du Sud même, de nombreux citoyens se mobilisent contre le déploiement du système THAAD. Dans cette lutte, il peuvent compter sur la solidarité de plusieurs organisations et personnalités, dont certaines sont réunies au sein de Task Force to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific ("Force d'intervention pour stopper THAAD en Corée et le militarisme en Asie et dans le Pacifique"), coalition initialement formée par cinq organisations basées aux Etats-Unis : Solidarity Committee for Democracy and Peace in Korea, Korea Policy Institute, Philadelphia Committee for Peace and Justice in Asia, Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space, et Veterans For Peace. Deux militantes de cette coalition ont d'ailleurs été récemment interdites d'entrée en Corée du Sud où elles devaient participer aux manifestations contre le déploiement du THAAD. La coalition a publié une déclaration maintenant soutenue par plus de 80 organisations dans le monde, dont l'Association d'amitié franco-coréenne. Voici la traduction française de cette déclaration.

L'AAFC rejoint la coalition contre le déploiement du système antimissile THAAD en Corée du Sud

Non à la défense antimissile américaine en Corée

Le 7 juillet 2016, les gouvernements américain et sud-coréen ont annoncé une décision conjointe de déployer en Corée du Sud le système américain antimissile de défense terminale en haute altitude (THAAD).

Les deux gouvernements prétendent, sans preuve sérieuse et contre l'avis des experts, que le système THAAD protègera la Corée du Sud de la menace des missiles nord-coréens. Par exemple, le Service de recherche du Congrès des Etats-Unis pense que le THAAD a peu de chances de mettre la Corée du Sud à l'abri puisqu'il est destiné à contrer des missiles à haute altitude, qui ne sont pas ceux que la Corée du Nord pourrait utiliser contre des cibles sud-coréennes.

En outre, la décision de déployer le THAAD en Corée du Sud, et de maintenir les jeux guerriers menés par les Etats-Unis et la Corée du Sud au cours de l'été dernier, a été prise en dépit des offres faites par la Corée du Nord de geler ses programmes d'armes nucléaires si Washington et Séoul arrêtent leurs manœuvres militaires. La Corée du Nord a depuis continué à tester des missiles balistiques, procédé à sa cinquième explosion nucléaire, le 9 septembre 2016, et poursuit toujours son objectif de placer une ogive nucléaire sur un missile balistique intercontinental.

Le déploiement du THAAD américain en Corée du Sud fait partie du « pivotement » des Etats-Unis vers l'Asie-Pacifique. Il étend le réseau déjà important de systèmes américains de « défense antimissile » encerclant la Chine et la Russie. Ces systèmes donnent aux Etats-Unis un avantage militaire significatif, bien que fugace, dans toute confrontation à venir puisqu'ils permettent à l'armée américaine de neutraliser la capacité d'un adversaire à répliquer. L'extension de ce réseau paraît refléter une décision plus large des Etats-Unis de faire évoluer leur posture militaire d'une posture de dissuasion à une posture de première frappe.

La détermination du gouvernement américain à utiliser et étendre sa présence militaire dans la région pour y renforcer son influence politique a un prix élevé. Par exemple, cette stratégie augmente les tensions militaires régionales, alimente une nouvelle course aux armements, et accroît la possibilité d'une nouvelle guerre dans la péninsule coréenne. En faisant cela, il fait aussi obstacle à la souveraineté nationale et aux aspirations du peuple des autres pays, en l'occurrence ici, de la Corée du Sud.

De plus en plus de Sud-Coréens luttent pour empêcher le déploiement du système THAAD dans leur pays. Ils craignent avec raison que son déploiement entraîne leur pays dans une alliance anti-chinoise aux côtés des Etats-Unis et du Japon, encourage les forces politiques militaristes et anti-démocratiques chez eux, et exacerbe les tensions entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Ils s'inquiètent aussi des effets nocifs pour la santé qui semblent associés à l'exploitation du système radar du THAAD. Une autre source d'inquiétude est le coût du système THAAD - estimé à 1,3 milliard de dollars, auxquels il faut ajouter 22 millions de dollars chaque année pour son fonctionnement et son entretien - que supporteront les contribuables sud-coréens et américains.

On sait très peu de choses aux Etats-Unis au sujet du THAAD et de l'opposition des Sud-Coréens à son déploiement dans leur pays, et des récentes ouvertures diplomatiques de la Corée du Nord visant à réduire les tensions dans la péninsule. Pourtant, son déploiement devrait être aussi une source d'inquiétude pour le peuple des Etats-Unis. Nous souffrirons aussi si notre pays entre à nouveau en guerre. Et même si le pire est évité, le développement ininterrompu de nouveaux systèmes d'armes toujours plus destructeurs détourne de précieuses ressources des programmes sociaux dont le pays a tant besoin.

Après des décennies d'engagements militaires désastreux à l'étranger, nous avons besoin d'une nouvelles approche. Nous pressons le gouvernement américain de renoncer aux politiques qui font monter la tension militaire et de redessiner les lignes de l'époque de la guerre froide en faveur de politiques cherchant à résoudre les conflits, pacifiquement, au travers de la diplomatie et du dialogue. A cette fin, nous pressons le gouvernement américain de revenir sur sa décision de déployer le THAAD en Corée du Sud, et de rechercher toutes les pistes possibles pour réduire les tensions dans la péninsule coréenne en se réengageant sur la voie de la diplomatie avec la Corée du Nord.


 

Organisations soutenant la déclaration "Non à la défense antimissile américaine en Corée" :

Act Now to Stop War and End Racism (ANSWER)

Alliance of Scholars Concerned about Korea, National Office, U.S.A.

Alternative News, County Westmeath, Ireland

Anakbayan USA, National Office, USA

Asian Americans for Peace and Justice, USA

Asian Americans United, Philadelphia, PA, USA

Association d'amitié franco-coréenne (France-Korea Friendship Association), Paris, France

Australian Anti-Bases Campaign Coalition, Sydney, Australia

BAYAN USA, National Office, USA

Blue Vigil in Solidarity with Okinawa in New York, New York, New York

Brandywine Peace Community, Philadelphia, PA, USA

Campaign for Nuclear Disarmament (CND), London, United Kingdom

Chicago Action Network for Peace, Chicago, Illinois, USA

Code Pink, National Office, USA

Comité Boricua Philadelphia-Camden, Philadelphia, PA, USA

Committees of Correspondence for Democracy and Socialism, National Office, USA

Eclipse Rising, National Office, USA

Ecumenical Peace Institute/Clergy and Laity Concern, Northern California, USA

Eyak Preservation Council, Cordova, Alaska, USA

Freedom Road Socialist Organization, National Office, USA

Foro Contra la Guerra Imperialista y la OTAN (Forum Against Imperialist War and NATO), Madrid, Spain

Global Network Against Weapons and Nuclear Power in Space

The Granny Peace Brigade, New York, New York

Green Party, US - National Office

Hawaiʻi Okinawa Alliance, Honolulu, Hawaiʻi

Hawaiʻi Peace and Justice, Honolulu, Hawaiʻi, Hawaiʻi

Hiroshima Day Committee, Sydney, Australia

Hope Alliance of New York, Metropolitan New York, USA

Ieumsae, Korean Drumming Group, Oakland, California, USA

International Action Center, National Office, USA

International Forum on Globalization, San Francisco, CA

International Peace Bureau, Geneva, Switzerland

June 15 U.S. Committee for Reunification of Korea, National Office, USA

Korea Policy Institute

Malu 'Aina Center for Non-violent Education & Action, Kurtistown, Hawaiʻi, Hawaiʻi

Marrickville Peace Group, Marrickville, NSW, Australia

MAUI PEACE ACTION, Pukalani, Maui, Hawaii, USA

Moana Nui Action Alliance, Los Angeles, CA

Nanum Corean Cultural Center, Los Angeles, California, USA

National Campaign for Nonviolent Resistance, National Office, USA

National Campaign to End the Korean War, National Office, USA

National Lawyers Guild, National Office, USA

NewsPro, Inc., Boston, Massachusetts, USA

New South Wales branch of the Independent and Peaceful Australia Network (IPAN-NSW), Sydney, Australia

New York Catholic Workers, New York, New York

The New York Catholic Worker, New York, New York

New York City War Resisters League, New York, New York

Nodutdol for Korean Community Development

NO NATO LIST, ITALY (National)

NO WAR NET, ROME, ITALY

Nuclear Age Peace Foundation - Santa Barbara, California, US

Okinawa Environmental Justice Project, Okinawa, Japan

One Heart for Justice, Northern California, USA

Pan-Korean Alliance for Reunification (PKAR), National Office, USA

Party for Socialism and Liberation, National Office, USA

Peace21, Los Angeles, California, USA

Peace Action, National Office, USA

Peaceful Skies Coalition - National Office (Taos, NM)

Peace Works, Brunswick, Maine, USA

Philadelphia Branch Workers World-Mundo Obrero Party, Philadelphia, PA, USA

Philadelphia International Action Center, Philadelphia, PA, USA

Philadelphia Committee for Peace and Justice in Asia, Philadelphia, PA, USA

Raging Grannies, New York, New York, USA

“Remembering Hiroshima, Imagining Peace”, Pittsburgh, Pennsylvania, USA

RootsAction.org, USA

Scientists for Peace & Sustainability, National Office, Germany

Solidarity Committee for Democracy and Peace in Korea

Stop Police Terror Project DC, Washington, D.C., USA

Support Committee for Korean Prisoners of Conscience US, National Office, USA

Swedish Peace Council, Stockholm, Sweden

TLtC (The Least of these Church): Justice and Peace Committee, New York, NY, USA

United for Justice with Peace (Boston), Cambridge, Massachusetts

United National Antiwar Coalition (UNAC), National Office, USA

U.S. Peace Council, National Office, USA

Veterans for Peace, NYC Chapter 34, New York, New York

Veterans for Peace, Santa Fe Chapter 055, Santa Fe, New Mexico, USA

Women Against Military Madness (WAMM), Minneapolis, Minnesota

Women Cross DMZ, National, USA

Women’s Fightback Network, Philadelphia, PA, USA

Women for Genuine Security, National Office, USA

World Beyond War, Charlottesville, VA, USA

Yorkshire Campaign for Nuclear Disarmament (CND), Bradford, United Kingdom


 

Personnes soutenant la déclaration "Non à la défense antimissile américaine en Corée" :

Noam Chomsky, Boston, Massachusetts

Ramsey Clark, New York, New York, USA

Bruce Cummings, University of Chicago, Chicago, Illinois, USA

Ann E. Ruthsdottir, Brunswick, Maine

Rob Mulford (War Resister) Write-In Candidate for United States Senate, Alaska, U.S.

Ronald Fujiyoshi, Hilo, Hawaii

Ramsay Liem, Chestnut Hills, Massachusetts

Seung-Hee Jeon, Belmont, MA

Dohee Lee, Oakland, California, USA

Joseph Gerson (PhD), Co-Convener, Peace & Planet Network & Vice-President, International Peace Bureau

Dave Webb, Leeds, UK

Tim Beal, Ph.D. Featherston, New Zealand

Jenny Clegg, Manchester, United Kingdom

Brinton Lykes, Ph.D. Chestnut Hill, Massachusetts, USA

Rev. Duk Jin Hong (DC Methodist Church), Fairfax, Virginia, USA

Simone Chun, Seattle, USA

Og Lim, Boston, USA

Dongseong Oh, Toronto, Ontario CANADA

Kelly Lee, Toronto, Ontario CANADA

Michelle Kim, San Diego, California, USA

Oh Sun Myung, Yongin, Kyungki-do, South Korea

So Young Jeon, Gimcheon, South Korea

Taewon Kwon, Beecroft NSW, Australia

Hyojung Kim, Strathfield NSW, Australia

Youngju Jun, Fremont, CA, USA

JaeHo Lee, Busan, South Korea

Hyungman Choi, Kimcheon, South Korea

Tom Boughan, Cowan, Tennessee, USA

Batur Talu, Istanbul, Turkey

Barbara and Jim Dale, Decorah, Iowa, USA

Rael Nidess, M.D., Marshall, Texas, USA

Lisa Grant, Ukiah, California, USA

Madeline Shaw, Slate Hill, New York, USA

Angelo Baracca, Florence, Italy

Cooang Moon Co, Kwangmyung-si, Kyungki-do, South Korea

Lee Sang Woong, Gyeonggi-do Goyang-si, South Korea

Ingeborg Breines, former Co-president International Peace Bureau and former director of UNESCO, Oslo, Norway

Leonard and Ellen Zablow, New York, NY

Youchan Jeong, Seoul, South Korea

Yunju Nam, Buffalo, New York, USA

Hyun-Jin Jun, Baltimore, Maryland, USA

Seok Heo, Baltimore, Maryland, USA

Lee Bomi, Seong-ju, South Korea

Luke Zannes, London, United Kingdom

Thomas Burns, Conifer, Colorado, USA

Brian Park, Seattle, Washington, USA

Jungeun Lee, Seoul, South Korea

Yunju Nam, Buffalo, New York, USA

Dr. Owen Miller, UK

Geumsoon Yoon, Seongju, South Korea

Cho Rong Hwang, Seoul, Korea

Seung Soon Jang, Georgia Institute of Technology, Marietta, Georgia, USA

Logan Tamburo, West New York, New Jersey, USA

Dr. Moon Jae Pak, Columbus, Ohio, USA

Ki-Jung Moon, Taegu, South Korea

Brian Reynolds, Atlantic City, New Jersey, USA

Carl-Philippe Pierre-Paul, Pembroke Pines, Florida, USA

Jimmy Brash, Parsippany New Jersey, USA

Olivier Bouchard, Paris, France

HyunKyoung Jeong, Busan, South Korea

Veda Hyun-Jin Kim, Chicago, Illinois, USA

Pilar Castel, Rome, Italy

Ben Tao, Boston, Massachusetts, USA

Bon Chung closter, New Jersey, USA

Bill Adamski, Minneapolis, Minnesota, USA

Jaekeun Kwak, DaeJeon, South Korea

Hyeseon Kim, Port Matilda, PA, USA

Jae Barclay, Incheon, South Korea

Sora Ko, Changwon, South Korea


 

Source :

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 14:15

Du 4 au 10 novembre 2016, la péninsule coréenne, déjà théâtre des plus importantes manœuvres militaires internationales au monde dans une région qui n'est pas en guerre ouverte, accueillera de nouveaux exercices de guerre : pour la première fois se tiendront les manœuvres aériennes "Invincible Shield" ("Bouclier Invincible"), qui associeront non seulement les Etats-Unis et la République de Corée (Corée du Sud), mais aussi - de manière inédite, du moins dans ces proportions - le Royaume-Uni. Si la couverture par les médias occidentaux de l'actualité coréenne du 16 octobre 2016 a été dominée par un nouveau tir de missile nord-coréen de portée intermédiaire, la nouveauté dans l'escalade militaire en cours n'est pas cet énième tir nord-coréen, mais bien l'accélération et l'intensification des exercices de guerre des Etats-Unis et de leurs alliés, qui apparaissent comme le sombre présage d'un nouveau conflit auquel les médias préparent l'opinion internationale en occultant les initiatives américaines tout en soulignant le "danger" que ferait peser la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur une coalition dirigée par les Etats-Unis dont les dépenses militaires sont pourtant plus de 100 fois supérieures aux siennes.

Décollage d'un avion de chasse Typhoon depuis la base britannique de Coningsby.

Décollage d'un avion de chasse Typhoon depuis la base britannique de Coningsby.

C'est le 29 septembre 2016 que l'agence de presse sud-coréenne Yonhap a annoncé la participation sans précédent des britanniques aux manœuvres militaires aériennes "Invincible Shield", prévues du 4 au 10 novembre 2016, sur la base aérienne d'Osan, à Pyeongtaek, située à 70 km au Sud de Séoul. L'information serait sans doute passée totalement inaperçue dans les médias occidentaux si les autorités nord-coréennes n'avaient pas protesté en ciblant leurs critiques contre la participation du Royaume-Uni, en dénonçant "une menace sérieuse à la paix et à la sécurité".

Dans sa dépêche du 29 septembre, l'agence Yonhap ne cache pas le caractère offensif de ces exercices, en les décrivant comme des "manœuvres aériennes d’attaque contre le cœur de l’ennemi et ses installations puis d’interception des avions nord-coréens". A cette fin, seront déployés, côté britannique, quatre avions de chasse Typhoon, un avion ravitailleur A330 Voyager et un transporteur McDonnel Douglas C-17, aux côtés de F-15K et de KF-16 sud-coréens et de F-16 américains.

Le dispositif américain d'attaque contre la Corée du Nord est complété par une participation des forces japonaises (qui peuvent désormais intervenir dans des conflits armés depuis une révision de fait de l'article 9 de la Constitution japonaise l'an dernier), la Royal Air Force britannique engageant les mêmes forces aériennes dans des manœuvres militaires avec les Japonais en octobre.

Pour bien souligner qu'il s'agit de la préparation d'un prochain conflit, le commandement de l'armée de l'air sud-coréenne a précisé à l'agence Yonhap que les Britanniques avaient déjà pris part à la guerre de la Corée dans la coalition des Nations Unies dirigée par les Etats-Unis :

Ce sera un message de promesse pour la défense de la péninsule coréenne de la part de la Grande-Bretagne en tant que pays membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et pays qui a participé à la guerre de Corée (1950-1953) aux côtés de la Corée du Sud.

L'Association d'amitié franco-coréenne, profondément attachée à la paix et au dialogue pour résoudre les conflits latents dans la péninsule coréenne, appelle à l'annulation des exercices militaires "Invincible Shield" qui vont encore aggraver les tensions non seulement avec la RPD de Corée, mais aussi avec la Chine et la Russie, implicitement visées par l'intensification des manœuvres militaires et des exercices de guerre menées sous l'égide américaine. Il est temps de faire entendre une autre voix pour le désarmement et la désescalade militaire en Asie du Nord-Est.

Sources :

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 11:33

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé à son cinquième essai nucléaire le 9 septembre 2016 (après les essais du 9 octobre 2006, du 25 mai 2009, du 12 février 2013 et du 6 janvier 2016) - le jour anniversaire du 68e anniversaire de la fondation de la RPD de Corée. En début de semaine, la RPDC avait procédé à des tirs de missiles balistique de moyenne portée. Le nouvel essai nucléaire nord-coréen témoigne de la détérioration de la situation dans la péninsule coréenne et de l'escalade des tensions diplomatiques et militaires : fondamentalement attachée à la paix, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) estime qu'il est temps que les Etats-Unis et leurs alliés acceptent les propositions de dialogue de Pyongyang au lieu d'attiser les tensions en multipliant les exercices militaires et en aggravant le régime de sanctions déjà le plus draconien au monde.

Le Président Kim Jong-un rencontre les scientifiques nord-coréens spécialistes du nucléaire (photo non datée de l'agence de presse officielle KCNA, diffusée le 9 mars 2016).

Le Président Kim Jong-un rencontre les scientifiques nord-coréens spécialistes du nucléaire (photo non datée de l'agence de presse officielle KCNA, diffusée le 9 mars 2016).

La secousse sismique a été détectée le 9 septembre 2016 à 00h30 GMT (2h30 heure de Paris) à proximité du site d'essais nucléaires de Punggye-ri, au Nord-Est du pays.

La télévision nord-coréenne s'est félicitée de la réussite de l'essai nucléaire :

Nos scientifiques nucléaires ont mené un essai d'explosion nucléaire d'une tête nucléaire nouvellement mise au point, sur le site d'essais nucléaires dans le nord du pays (...). Notre (...) parti a envoyé un message de félicitations à nos scientifiques nucléaires (...) pour avoir mené un essai d'explosion réussi d'une tête nucléaire.

Selon le ministère sud-coréen de la Défense, l'explosion a été de 10 kilotonnes, ce qui en ferait le plus puissant des cinq essais nucléaires réalisés par la Corée du Nord depuis 2006, d'une puissance double de celle de l'essai nucléaire du 6 janvier 2016. Un séisme de magnitude 5,3 a été détecté.

Alors que les programmes nucléaire militaire, spatial et balistique nord-coréens ont entraîné l'imposition d'un régime international de sanctions contre la RPD de Corée sans équivalent aujourd'hui au monde, Pyongyang poursuit donc le développement de son programme nucléaire : c'est la première fois que la RPD de Corée procède officiellement à deux essais nucléaires la même année. Les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Japon et la Corée du Sud ont vivement condamné l'essai nucléaire nord-coréen, comme les précédents, comme contrevenant aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Barack Obama a évoqué des "conséquences graves" pour la RPD de Corée et appelé ses homologues sud-coréen et japonais. Le communiqué du Président François Hollande a repris les éléments de langage de Washington. Pour sa part, la Chine a souligné sa "ferme" opposition et appelé la Corée du Nord à se conformer à ses obligations résultant du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le fait que la Corée du Nord continue de développer ses programmes militaires soulève de sérieux doutes tant pour l'efficacité des sanctions que pour l'efficacité de cette politique initiée par les Etats-Unis et leurs alliés, les Etats-Unis mentant sur l'étendue réelle du programme nucléaire nord-coréen pour dissimuler le "fiasco" de leur politique vis-à-vis de la Corée du Nord (pour reprendre le titre de l'ouvrage d'un expert français des questions coréennes, Claude Helper).

Après l'essai nucléaire du 6 janvier 2016 et le lancement d'un satellite artificiel par Pyongyang le 7 février 2016, Washington a réagi de trois manières :

- en faisant adopter par le Conseil des sécurité des Nations Unies des sanctions qui visent désormais explicitement à l'effondrement économique (et donc politique) de la RPD de Corée (et non plus seulement à enrayer le développement de ses programmes militaires), tout en décidant de nouvelles sanctions unilatérales, interprétées comme un acte de désespoir par Douglas Bandow du think tank conservateur américain Institut Caton ;

- en augmentant l'importance et la fréquence de ses manoeuvres militaires conjointes (avec la Corée du Sud et le Japon) dénoncées par Pyongyang comme des préparatifs de guerre ;

- en déployant en Corée du Sud, avec le plein accord des autorités de Séoul, THAAD, acronyme de Terminal High Altitude Area Defense, c'est-à-dire un système de missiles antibalistiques américain consistant à détruire les missiles balistiques de portées moyenne ou intermédiaire en phase finale d'approche  en s'écrasant contre eux (hit-to-kill). La Chine et la Russie ont vivement dénoncé le déploiement de THAAD en Corée du Sud : si ces deux puissances ne sont pas favorables à ce que la Corée du Nord soit dotée d'armes nucléaires, elles ne veulent pas non plus que les Etats-Unis utilisent la situation dans la péninsule coréenne pour attiser les tensions en Asie du Nord-Est et accélérer une course aux armements dangereuse pour elles-mêmes.

Le nouvel essai nucléaire nord-coréen s'inscrit donc dans une logique d'escalade des tensions : Pyongyang a réagi aux récentes initiatives américaines, qu'elle considère comme une menace vitale, en poursuivant le développement d'une capacité de dissuasion nucléaire autonome, en estimant que les précédents irakien de 2003 et libyen de 2011 ne plaident pas pour un désarmement unilatéral face à la superpuissance américaine qui, quant à elle, poursuit bien son programme nucléaire - mais en ne procédant plus à des essais nucléaires souterrains. La vertu n'est pas toujours pratiquée par ceux qui l'invoquent le plus.

A présent, les regards se tournent vers la Chine et la Russie pour savoir dans quelle mesure elles accepteraient, une nouvelle fois, les demandes américaines de renforcer toujours davantage les sanctions contre Pyongyang. Ces sanctions accroissent les risques de conflit et tendent à l'effondrement de la RPDC, deux scénarios catastrophes pour Pékin et Moscou, les deux pays étant également visés par la menace que représente le système de missiles THAAD en Corée du Sud.

En plus de ces essais, l'Afrique du Sud et Israël auraient conduit au moins un essai en commun en 1979.

En plus de ces essais, l'Afrique du Sud et Israël auraient conduit au moins un essai en commun en 1979.

Source :

Partager cet article
Repost0
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 07:54

A l'occasion du 71e anniversaire de la libération de la Corée de la colonisation japonaise, le 15 août 1945, le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine a adressé un message de félicitations à Kim Jong-un, Président de la Commission des affaires de l'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Alors que l'anniversaire de la Libération est traditionnellement, dans toute la Corée, l'occasion d'appeler au dialogue et à la réconciliation Nord-Sud, la Présidente Park Geun-hye de la République de Corée (Corée du Sud) a choisi cette année de délivrer un message guerrier, à la veille de manoeuvres militaires américano - sud-coréennes qui aggraveront une nouvelle fois les tensions et les risques de conflit dans la péninsule coréenne.

Dans son message au Président Kim Jong-un, le Président Vladimir Poutine a appelé au resserrement des liens avec la RPD de Corée et rappelé que des soldats de l'Armée rouge et des patriotes coréens étaient tombés pour la libération de la Corée. De fait, conformément à leurs engagements internationaux, les Soviétiques étaient intervenus en Corée en août 1945 pour combattre les troupes d'occupation japonaise, en respectant la limite du 38e parallèle au Sud de laquelle les Américains devaient recevoir la reddition des troupes japonaises - pour leur part, les Américains ont attendu la fin des combats pour débarquer en Corée, et n'ont donc pas combattu sur le sol de la péninsule coréenne pour libérer les Coréens de l'occupation japonaise. Selon l'agence nord-coréenne KCNA, le Président Vladimir Poutine a déclaré :

Nous nous souvenons avec respect des soldats de l'Armée rouge et des patriotes coréens qui ont consacré leur vie à l'indépendance de la Corée (...) Les glorieuses traditions d'amitié et de coopération forgées dans les années de la guerre sont devenues la pierre angulaire du développement des relations entre la Russie et la RPDC.

http://www.kcna.kp/kcna.user.home.retrieveHomeInfoList.kcmsf;jsessionid=CCC047A0401B8F6B387AC68AC4BFA728

Le Président Vladimir Poutine a également appelé à l'essor des relations bilatérales entre la Russie et la RPD de Corée dans les domaines économiques, scientifiques, technologiques et humanitaires, afin de garantir la paix et la stabilité en Asie du Nord-Est.

Préserver la paix n'était en revanche pas la préoccupation de la Présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye dans son message prononcé à l'occasion de la Libération de la Corée. Dans un discours au vitriol contre les "provocations" et les "menaces" nord-coréennes, elle a défendu la course aux armements en défendant avec force le déploiement en Corée du système américain de défense antimissile à haute altitude THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) qui soulève un rejet croissant dans l'opinion publique sud-coréenne. Le 9 août, les Etats-Unis et leurs alliés avaient échoué à obtenir du Conseil de sécurité des Nations Unies l'adoption d'une résolution condamnant la RPDC pour son tir de missile balistique effectué le 2 août, après que la Chine eut demandé - en vain - d'éviter les provocations et les initiatives telles que le déploiement de THAAD.

Dans quelques jours débuteront les exercices militaires américano - sud-coréens Ulji Freedom Guardian, avec l'introduction de bombardiers américains dans le ciel de la Corée.

L'Association d'amitié franco-coréenne appelle une nouvelle fois à la paix et au dialogue dans toute la Corée en vue d'une dénucléarisation de toute la péninsule, et à cesser la course aux armements et les manoeuvres militaires qui aggravent dangereusement les tensions dans une des régions les plus militarisées au monde.

Partager cet article
Repost0
3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 17:40

Le 3 août 2016 la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé à un nouveau tir de missile balistique de portée intermédiaire à 7h50 (heure locale), depuis un site proche de la ville d'Unyul. Selon les Etats-Unis le missile se serait abattu au large du Japon - soit une première depuis 1998, entraînant de ce fait de vives protestations de Tokyo. Cette nouvelle étape dans l'escalade des tensions autour de la péninsule coréenne montre la nécessité de renouer avec le dialogue et les négociations pour sortir d'une crise diplomatique et militaire qui s'aggrave mois après mois depuis l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016.  

La riposte et l'escalade

Lorsque les Etats-Unis avaient annoncé début juillet 2016 le déploiement du système de missiles antibalistiques THAAD (acronyme pour Terminal High Altitude Area Defence) au Sud de la Corée, la RPDC avait répliqué qu'elle n'excluait pas une "action physique" contre le dispostif THAAD - qui devrait finalement être implanté à Seongju, malgré les protestations des habitants... et le mécontentement de la Chine, implicitement visée.

La colère nord-coréenne a encore monté d'un cran cet été avec l'adoption par Washington de sanctions ciblées contre les dirigeants de la RPDC.

Le 19 juillet, la RPDC avait procédé à de précédents tirs de missiles de moyenne portée, en menaçant de frappes nucléaires préventives le matériel militaire américain situé au Sud de la péninsule.

Alors que les Etats-Unis ont annoncé le 3 août 2016 une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, ils s'apprêtent à lancer en ce mois d'août de nouveaux exercices de guerre conjoints avec la Corée du Sud (moins de deux mois après des manoeuvres trilatérales sans précédent avec le Japon). Par nature, ces exercices parmi les plus grands au monde comportent le risque de dérapages et d'une riposte nord-coréenne. Pour l'expert russe Georgy Toloraya, le tir de missile nord-coréen du 3 août est directement lié à ces manoeuvres militaires, et rien n'indique que Pyongyang va arrêter ses programmes nucléaire militaire et balistique conduits en méconnaissance des multiples résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies - que la RPDC juge illégitimes en revendiquant le droit de tout pays à assurer sa propre sécurité.

Pour l'AAFC, il n'y a pas d'autre voie pour une désescalade des tensions dans la péninsule coréenne que de cesser toute initiative militaire, de part et d'autre : la prochaine étape étant les exercices de guerre américano -sud-coréens (dont l'ampleur et la portée dépassent nettement celles d'un tir de missile nord-coréen), il est encore temps de s'engager sur la voie de la paix et du dialogue par un report de ces manoeuvres militaires et par l'abandon d'une politique de sanctions toujours accrues qui a fait la preuve de son inefficacité quant à leur objectif de mettre fin aux programmes nucléaire militaire et balistique de la RPDC. Au regard du déséquilibre patent des forces dans la péninsule coréenne, c'est aux Etats-Unis d'apporter la preuve de leur sincérité en faisant le premier pas - alors que la RPDC peut légitimement refuser tout désarmement unilatéral au regard des précédents irakien et libyen de 2003 et 2011, lesquels ne plaident pas pour le renoncement sans conditions d'un pays à ses capacités d'autodéfense.

Sources :

Georgy Toloraya

More:
http://tass.ru/en/world/892249
Georgy Toloraya

More:
http://tass.ru/en/world/892249
Georgy Toloraya

More:
http://tass.ru/en/world/892249
GeorgToloraya

More:
http://tass.ru/en/world/892249
Partager cet article
Repost0
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 13:16

Le 13 juillet 2016, le ministère de la Défense de la République de Corée (Corée du Sud) a annoncé le déploiement au Sud de la péninsule de THAAD, acronyme de Terminal High Altitude Area Defense, lequel désigne un système de missiles antibalistiques américain consistant à détruire les missiles balistiques de portée moyenne ou intermédiaire en phase finale d'approche  en s'écrasant contre eux (hit-to-kill). Cette annonce traduit la volonté de course aux armements et d'escalade militaire de Washington et de son allié sud-coréen, la perspective - déjà ancienne - de déploiement de THAAD en Corée du Sud étant ainsi devenue réalité après l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016 et le lancement réussi du satellite Kwangmyongsong-4 par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en février 2016, puis plusieurs tirs de courte et moyenne portées effectués par la RPDC ces derniers mois. Le déploiement de THAAD interviendrait dans le comté de Seongju, à 200 km au Sud-Est de Séoul.

Manifestation des habitants de Seongju contre le déploiement de THAAD dans leur région

Manifestation des habitants de Seongju contre le déploiement de THAAD dans leur région

Les images des habitants de Seongju manifestant contre le déploiement de THAAD ne sont qu'une des expressions de la colère populaire contre cette menace sur la paix, l'environnement et la prospérité de cette région productrice de melons : selon Catherine Le Brech (France Télévisions), des habitants "ont entamé une grève de la faim, d'autres se sont entaillé les doigts pour écrire des slogans en lettres de sang".

Une fois encore, les populations coréennes sont prises en otage par une escalade militaire dans laquelle les autorités américaines et sud-coréennes ont joué un rôle majeur : après que celles-ci eurent ignoré les appels au dialogue de la RPD de Corée lors du 7e Congrès du Parti du travail de Corée en mai, Washington a pris l'initiative de sanctions financières contre les dirigeants de la RPDC - entraînant en réaction une rupture par Pyongyang des canaux de dialogue entre les deux pays via la représentation diplomatique nord-coréenne auprès des Nations Unies. 
 

Alors que le système de missiles antibalistique serait financé par les États-Unis, le site, la base et les installations seraient fournis par la Corée du Sud, selon les précisions apportées par le ministre sud-coréen de la Défense Han Min-koo devant une commission parlementaire. THAAD serait opérationnel en Corée d'ici la fin de 2017, c'est-à-dire avant l'élection présidentielle sud-coréenne de décembre 2017 qui pourrait voir la défaite des néoconservateurs aujourd'hui au pouvoir à Séoul : il y a urgence pour la Présidente Mme Park Geun-hye de lier les mains de son successeur, après avoir ignoré sa défaite lors des élections législatives du 13 avril 2016. La dérive autoritaire en cours en Corée du Sud - encore marquée par la condamnation à cinq ans de prison ferme, le 4 juillet 2016, du dirigeant syndical Han Sang-gyun - est ainsi indissociable de la militarisation toujours accrue du pays, le propre père de la Présidente Park ayant dirigé le régime militaire le plus sanglant qu'ait jamais connu la République de Corée.

Sources :

Partager cet article
Repost0
10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 15:02

Le 6 juillet 2016, les autorités américaines ont annoncé que, pour la première fois, elles imposaient des sanctions financières à l'encontre du Président Kim Jong-un et de dix autres hauts responsables de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), en raison de "graves violations des droits humains". Pour comprendre le caractère non seulement inefficace, mais aussi contre-productif, d'une telle mesure, l'AAFC a choisi de citer un organisme... atlantiste, difficilement taxable d'anti-américanisme primaire. Dans un article publié par le think tank conservateur Institut Caton (en anglais, Cato Institute), Doug Bandow montre la démarche démagogique du Président Barack Obama, qui cherche à s'acheter une image de défenseur des droits de l'homme auprès de l'opinion publique américaine tout en adoptant des mesures qui non seulement n'amélioreront en rien la situation des droits de l'homme en RPDC, mais dégraderont encore un peu plus les relations entre Washington et Pyongyang - en éloignant toujours davantage une solution diplomatique à la crise dans la péninsule coréenne. Et, de fait, la Corée du Nord a réagi en dénonçant une "déclaration de guerre ouverte" - apportant une fois de plus la preuve que l'administration Obama a surpassé les administrations néoconservatrices dans sa volonté à déclencher des guerres et des tensions dans le monde entier. 

Kim Jong-un, lors d'une rencontre avec le dirigeant syndical cubain Salvador Antonio Valdes Mesa, le 1er juillet 2016.

Kim Jong-un, lors d'une rencontre avec le dirigeant syndical cubain Salvador Antonio Valdes Mesa, le 1er juillet 2016.

Doug Bandow n'a pas la moindre once de sympathie pour la RPD de Corée, et en conservateur bon teint il affiche en étendard la défense des libertés au sens américain du terme. Mais Doug Bandow est un homme raisonnable, ce qui l'amène à ne pouvoir que déplorer le populisme de Barack Obama quand l'administration démocrate tente de justifier sa décision de geler les avoirs aux Etats-Unis du Président Kim Jong-un et de dix autres hauts responsables nord-coréens.

Tout d'abord, si des sanctions contre des dirigeants étrangers avaient le moindre effet sur leur politique en matière de droits de l'homme, cela se saurait ; s'il s'agit seulement d'une question de principes, alors il faut que l'administration Obama commence par sanctionner ses alliés ou partenaires : 

D'autres [dirigeants étrangers] ont été placés sur liste noire. Mais, sans surprise, sans effet.

Si ce principe avait du sens, la liste devrait commencer avec les dirigeants chinois et russe. Les sanctions s'appliqueraient aussi aux dirigeants des pays alliés des Etats-Unis que sont l'Arabie Saoudite et l'Egypte. Et de nombreux autres Etats.

Ces sanctions sont ensuite dépourvues de tout objectif opérationnel, alors que la politique toujours accrue de sanctions contre la RPD de Corée a échoué à atteindre son objectif d'un renoncement de Pyongyang à ses programmes nucléaires militaires et balistiques :

Les sanctions peuvent être un outil politique utile. Mais elles doivent avoir un but. Elles doivent aussi permettre d'atteindre leur objectif.

Or, il y a un inconvénient. Il sera plus difficile - tant pour les Etats-Unis que pour la Corée du Nord - de changer d'orientation et d'entamer un dialogue. Dans le cas de la Corée du Nord, il n'y a pas de solution militaire et jusqu'à présent les sanctions n'ont pas modifié la politique nucléaire de la RPDC. Alors que Pyongyang répond à son isolement en poursuivant ses programmes nucléaires et balistiques, un dialogue bilatéral apparaît nécessaire et inévitable à un moment donné.

La conclusion de Doug Bandow est sans appel : Washington va saisir des comptes bancaires de Kim Jong-un qui n'existent pas, pour se donner bonne conscience. Mais il est encore temps pour la Maison Blanche de se pencher sur les vrais enjeux - à savoir que la Corée du Nord est une puissance nucléaire de fait - et non de "concocter des punitions fantaisistes contre le dirigeant nord-coréen", lesquels apparaissent in fine comme un "geste de désespoir" - après le constat d'échec de la politique nord-coréenne de l'administration Obama.

Sources :

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Soutenir la paix en Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la paix dans le monde
  • Contact

Recherche

D'où venez-vous?