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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 17:40

Après que le Conseil de sécurité des Nations unies eut imposé à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) le plus lourd régime de sanctions internationales qu'ait jamais eu à subir la RPD de Corée, Pyongyang a réagi avec colère, en vitupérant contre Washington et en déclarant que l'abandon de ses programmes balistiques et nucléaires n'était pas à l'ordre du jour. Dans ce contexte tendu, le Président américain Donald Trump a fait de la surenchère dans l'escalade verbale : un manque de sang-froid particulièrement inopportun et inquiétant ayant nécessité une mise au point du secrétaire d'Etat Rex Tillerson, relativisant la portée des propos de Donald Trump. Plus que jamais, l'Association d'amitié franco-coréenne estime que tout doit être mis en oeuvre pour retrouver le chemin du dialogue et de la paix dans la péninsule coréenne. 

Pour la paix, il est urgent de mettre fin à l'escalade des tensions et de revenir à une phase de négociations

Après l'adoption de la résolution 2371 par le Conseil de sécurité des Nations unies, Pyongyang a réagi avec sa rhétorique habituelle, en déclarant que les Américains paieraient "un millier de fois" "le prix de leurs crimes". 

Alors que la RPD de Corée a développé une force de dissuasion nucléaire pour ne pas connaître le sort de l'Irak ou de la Libye, ce qui ne rend pas crédible l'hypothèse d'une attaque en premier des Etats-Unis, ces derniers - dont le budget militaire est au bas mot 100 fois celui de la Corée du Nord - représentent une menace autrement plus sérieuse pour la paix du monde. Dans ce contexte, les réactions de Donald Trump ont été particulièrement inquiétantes, le commandant en chef des armées américaines promettant de déchaîner sur le RPD de Corée "le feu et la colère"  dans une réaction d'une ampleur "que le monde n'a jamais vue jusqu'ici" : Donald Trump a-t-il l'intention de déclencher une guerre nucléaire ? Face à la menace, les Nord-Coréens ont surenchéri, en rappelant que la base militaire américaine de Guam était à portée de leurs missiles.

L'impulsivité de Donald Trump a soulevé une vague de désapprobations non seulement parmi ses opposants démocrates, mais aussi au sein des républicains les moins pacifistes, comme le sénateur John McCain qui a observé que les grands dirigeants du monde ne menacent pas leurs ennemis quand ils ne sont pas prêts à agir - ce qui est manifestement le cas des Etats-Unis qui n'envisagent pas sérieusement une seconde guerre de Corée. Car, comme a dû le préciser le secrétaire d'Etat Rex Tillerson, il n'y a pas de "quelconque menace imminente" de conflit au regard de l'évolution de la situation dans les 24 dernières heures. En fidèle collaborateur, le chef de la diplomatie américaine a tenté de justifier les propos belliqueux de Donald Trump en déclarant que ce langage de fermeté était le seul que comprenait la RPD de Corée.

Les appels à la retenue de l'ensemble des parties sont venus non seulement, comme à l'ordinaire, de la Chine et de la Russie, mais aussi des alliés des Etats-Unis, comme la France. Selon Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement français, Paris appelle "toutes les parties à agir de manière responsable pour une désescalade des tensions" ; la France "observe avec inquiétude ce qui se passe" et "est prête à mettre en oeuvre tous les moyens à sa disposition pour trouver une solution pacifique". 

L'AAFC avait observé que le très lourd régime de sanctions imposé par la résolution 2371 n'aiderait en rien à résoudre la question coréenne : pourquoi satisfaire toujours davantage les exigences exorbitantes des Etats-Unis de Donald Trump, empêtré dans des difficultés intérieures et qui rêve à voix haute d'une guerre aux conséquences désastreuses et dont personne ne veut ? La communauté internationale, en donnant aux autorités américaines le sentiment que le monde entier se rangeait derrière Washington par l'adoption de la résolution 2371, a commis une faute lourde pour la paix mondiale. Mais il est encore temps de prendre un autre chemin. La paix et le dialogue exigent que toutes les parties fassent preuve de compréhension des attentes de leurs interlocuteurs. Un préalable est que les Etats-Unis cessent leurs exercices de guerre conjoints avec la Corée du Sud et disent clairement que le retour aux discussions multilatérales dans la péninsule coréenne s'accompagnera simultanément d'une levée d'une partie des sanctions internationales qui touchent lourdement (sinon exclusivement) les populations nord-coréennes. 

Sources : 

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 20:58

A la suite du lancement par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de deux missiles balistiques intercontinentaux les 4 et 28 juillet 2017, le Conseil de sécurité des Nations unies, à l'unanimité de ses membres, a très significativement alourdi les sanctions contre la RPD de Corée, dans le cadre d'une nouvelle résolution (2371) adoptée le 5 août 2017.

Des sanctions à 1 milliard de dollars

A l'issue de discussions qui auront duré près d'un mois entre les Etats-Unis et la Chine, le Conseil de sécurité des Nations unies a une nouvelle fois alourdi les sanctions à l'encontre de la RPD de Corée : en particulier, le charbon, le fer, le minerai de fer, le plomb , le minerai de plomb et les produits de la mer figurent désormais parmi les produits interdits d'exportation. Au total, selon les Américains qui ont été les parrains de ce nouveau train de mesures sans équivalent au monde, ce sont un tiers des exportations nord-coréennes (estimées à 1 milliard de dollars par an) qui seraient amputées.

Alors que la RPD de Corée a un besoin urgent d'investissements étrangers pour moderniser son économie, la résolution 2371 interdit également la création de nouvelles sociétés conjointes (joint ventures) entre des entreprises nord-coréennes et étrangères. Les joint ventures déjà implantées en RPDC ne pourront pas accroître leurs investissements.

Pyongyang ne pourra pas non plus augmenter le nombre de ses travailleurs à l'étranger.

Les navires nord-coréens ne respectant pas l'embargo seraient menacés d'une interdiction d'accoster dans tous les ports du monde.

Parmi les individus et les entités figurant sur une "liste noire", interdits d'activités bancaires internationales et dont les avoirs sont gelés, est ajoutée, entre autres, la Banque du commerce extérieur qui réalise les opérations sur devises.

Officiellement, il s'agit d'empêcher Pyongyang de poursuivre ses programmes nucléaires et balistiques en la privant des devises nécessaires - mais d'aucuns y verront surtout une nouvelle illustration de la stratégie d'étranglement économique mise en œuvre par Washington, à défaut de pouvoir conduire une opération militaire en Corée du Nord dont les conséquences seraient catastrophiques.

Les populations nord-coréennes seront les premières - sinon, les seules - victimes de cet embargo toujours accru : dans un actuel contexte marqué par le grave impact de la sécheresse, et alors que les Etats-Unis n'honorent pas leurs livraisons d'aide alimentaire dans le cadre des Nations unies, ce sont d'ores et déjà des centaines de milliers de tonnes de produits alimentaires, qui auraient pu être achetés par le gouvernement nord-coréen, dont seront privés des enfants, des femmes et des hommes qui, en Corée du Nord, sont soumis à une insécurité alimentaire chronique. L'argument chinois, défendu en 2016, selon lequel les sanctions ne devaient pas toucher les populations vole en éclats avec la résolution 2371.

Alors que la paix se construit en favorisant les échanges de toutes natures, les Etats-Unis et leurs alliés contraignent la RPD de Corée à un isolement forcé. En particulier, la relance des échanges économiques intercoréens, auquel le nouveau gouvernement démocrate de Séoul se disait favorable lors de la campagne présidentielle de ce printemps, est désormais exclue. Dans le contexte des négociations internationales sur la résolution 2371, qui ont reçu l'aval de Séoul, on comprend mieux désormais pourquoi Pyongyang a rejeté comme hypocrites les offres de dialogue récemment formulées par la Corée du Sud.

Il y a un an et demi, après le quatrième essai nucléaire nord-coréen, les Etats-Unis avaient opté pour l'interdiction totale ou partielle des exportations par la RPD de Corée : après discussion avec la Chine, principal partenaire économique de Pyongyang, ils n'avaient pu que limiter le volume de certaines exportations. A la suite des deux récents tirs d'ICBM par la Corée du Nord, ils progressent dans leur objectif d'asphyxie économique totale de la RPD de Corée - avec l'aval chinois, même si Pékin s'est opposée à certaines mesures initialement envisagées (comme les interdictions de livraison de pétrole à la Corée du Nord).

Si la Chine a sacrifié ses propres intérêts en Corée du Nord, alors qu'elle est par ailleurs directement visée par le déploiement en Corée du Sud du système américain de missiles antimissile THAAD, c'est probablement parce qu'elle a craint des mesures pires de rétorsion sur ses exportations aux Etats-Unis - et a donc préféré joué l'apaisement avec Washington.

Alors que les Etats-Unis et leurs alliés prétendent que la Corée du Nord est désormais confrontée à la détermination unanime de la communauté internationale, il est pour le moins improbable que Pyongyang renonce à ses programmes balistiques et nucléaires. En effet, la RPDC pourrait être en mesure de doter ses missiles ICBM de têtes nucléaires d'ici un an de l'aveu même des experts occidentaux et donc disposer d'une force de dissuasion pleinement opérationnelle. Si près du but, la Corée du Nord n'a aucune raison de se détourner de cet objectif, alors même que les précédentes sanctions internationales ont échoué à stopper les progrès militaires de Pyongyang.

Loin de favoriser le retour à la table des négociations, les sanctions onusiennes renforcent plus que jamais les risques de guerre dans en Asie du Nord-Est, en confortant les autorités nord-coréennes dans une vision obsidionale de leur rapport au monde.

Sources :


 

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 17:20

Après le second lancement d'un missile balistique intercontinental par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le 28 juillet 2017, l'administration sud-coréenne du démocrate Moon Jae-in a changé de position quant au déploiement du système américain de missiles antimissile Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) : dès le lendemain du tir nord-coréen, le Conseil de sécurité de la République de Corée s'est réuni et Séoul a annoncé que quatre lanceurs supplémentaires du système THAAD - actuellement en stockage - s'ajouteraient aux deux lanceurs d'ores et déjà installés à Seongju. 

Le Président Moon Jae-in, lors de la réunion du Conseil de sécurité du 29 juillet 2017

Le Président Moon Jae-in, lors de la réunion du Conseil de sécurité du 29 juillet 2017

Très critique quant au déploiement de THAAD qu'avait accéléré l'administration conservatrice sud-coréenne à la veille de l'élection présidentielle du 9 mai 2017, mettant ainsi le nouveau chef de l'Etat devant le fait accompli, le démocrate Moon Jae-in avait d'abord pris en compte le refus de l'opinion publique sud-coréenne : le 7 juin, il annonçait la "suspension" du déploiement de THAAD dans l'attente du résultat d'une étude d'impact environnemental. 

Mais la poursuite du programme balistique et nucléaire nord-coréen aura fait changer de position l'administration Moon Jae-in en moins de deux mois : sans remettre en cause l'étude d'impact environnemental, la présidence démocrate a décidé qu'en tout état de cause serait poursuivie la mise en place de THAAD dans le sud de la péninsule - répondant ainsi aux attentes de l'administration Trump. Car il s'agit en effet de répondre aux préoccupations en termes de sécurité des Etats-Unis, et non de la Corée du Sud, puisque le déploiement de missiles balistiques intercontinentaux par la RPDC expose bien le territoire américain. Ce faisant, la Corée du Sud - qui évoque aussi de mettre en place unilatéralement de nouvelles sanctions en plus de celles des Nations unies - confirme son statut d'allié discipliné des Etats-Unis. 

Quand le secrétaire d'Etat Rex Tillerson fait étrangement porter à Moscou et Pékin la responsabilité du développement des programmes balistiques nucléaires nord-coréens, l'administration Trump a de nouveau évoqué la possibilité d'actions militaires - même si tous les observateurs s'accordent sur le fait qu'un nouveau conflit serait dévastateur et que les experts soulignent qu'il est désormais illusoire d'espérer faire renoncer Pyongyang à sa capacité de dissuasion nucléaire. Dans ce contexte, l'alignement des démocrates sud-coréens sur les faucons au pouvoir à Washington (qui, après le lancement de l'ICBM du 28 juillet, ont de nouveau déployé des bombardiers dans le ciel coréen, avec l'aval des autorités de Séoul) est un choix particulièrement dangereux. Le risque est d'autant plus élevé que cette décision intervient à un moment où les difficultés internes à l'administration républicaine, conjuguée à son incapacité à abroger le dispositif de protection sociale mis en place par Barack Obama ("Obamacare"), peuvent rendre tentant, pour un pouvoir velléitaire et en perte de vitesse, de se lancer dans une nouvelle aventure militaire. Enfin, le choix de Séoul anéantit les espoirs de reprise à court et moyen termes de relance du dialogue intercoréen. 

Signe que les préoccupations majeures sud-coréennes de politique extérieure se situent ailleurs qu'à Pyongyang, ce n'est d'ailleurs pas la RPDC mais la Chine que Séoul a averti au préalable de la poursuite du déploiement de THAAD, sans atténuer pour autant l'ire de Pékin quant au choix sud-coréen de s'aligner sur les intérêts stratégiques de Washington et de rompre ainsi l'équilibre stratégique actuel au détriment de la Chine et de la Russie. Alors que la Chine a déjà mis en place des sanctions unilatérales contre la République de Corée, et qu'elle sera d'autant moins encline à satisfaire les exigences américaines sur le dossier nord-coréen au Conseil de sécurité des Nations unies (tout en condamnant par ailleurs clairement le lancement d'un nouvel ICBM par Pyongyang), un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères donne le ton de son mécontentement - à la mesure de son dépit prévisible face à l'attitude non coopérative non seulement de Pyongyang, mais aussi de Séoul pour laisser une chance au plan chinois de sortie de crise

La partie chinoise est fortement préoccupée par les actions de la Corée du Sud. La Chine se prononce catégoriquement contre le déploiement du système antimissile américain THAAD en Corée du Sud. Le projet de déploiement du THAAD ne rassurera pas la Corée du Sud par rapport à la sécurité et ne réglera pas la question de la péninsule de Corée mais pourra aggraver la situation.

Sources : 

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 21:57

Le 28 juillet 2017, au lendemain de l'anniversaire de la fin de la guerre de Corée qu'elle célèbre comme la victoire dans la guerre de Libération de la Patrie, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé au nouveau lancement d'un missile balistique intercontinental (ICBM). Selon les Américains et leurs alliés, et dans l'attente d'informations officielles (y compris d'images) par la RPD de Corée, ce missile serait plus puissant que celui testé le 4 juillet 2017.

Image du lancement du 4 juillet 2017

Image du lancement du 4 juillet 2017

Deux tirs de missiles balistiques intercontinentaux en moins d'un mois : la RPD de Corée a frappé vite et fort dans sa quête pour se doter d'une force de dissuasion nucléaire complète, supposant de disposer des vecteurs adéquats pour atteindre le territoire américain, pour faire face à "la politique hostile" de Washington et ses alliés. En procédant au lancement d'un nouvel ICBM aussi rapidement, Pyongyang prend également de court le Conseil de sécurité des Nations unies, dont les membres n'avaient pu se mettre d'accord  sur une nouvelle résolution renforçant les sanctions internationales contre la RPD de Corée, dont les dispositions avaient été rejetées par la Russie.

Selon Washington, Tokyo et Séoul, le missile lancé le 28 juillet 2017 aurait volé pendant 45 minutes plus haut (3 700 kilomètres) et plus loin (1 000 kilomètres) que celui testé le 4 juillet dernier (respectivement, 2 500 et 930 kilomètres). Selon le physicien américain David Wright, cet ICBM aurait ainsi une portée de 10 400 kilomètres (contre 7 000 kilomètres pour l'ICBM de la classe Hwasong-14 testé le 4 juillet, selon les analyses de plusieurs experts américains), pouvant ainsi atteindre la côte occidentale des Etats-Unis.

Le lancement a été opéré à presque minuit (heure locale), et non pas comme d'ordinaire en matinée, depuis un autre site - situé dans la province de Jagang, près de la frontière sino-coréenne - que le tir du 4 juillet. Manifestement, la RPD de Corée entend prouver qu'elle peut effectuer des lancements de missile d'où elle veut et quand elle veut - renforçant ainsi sa
capacité de dissuasion.

Le gouvernement sud-coréen, dont les propositions de reprise du dialogue intercoréen avaient été rejetées par Pyongyang car formulées de pair avec un renforcement des sanctions internationales, a procédé à une réunion d'urgence de son conseil national de sécurité.

Mise à jour 29 juillet 2017 : l'agence KCNA de la RPD de Corée a ensuite confirmé qu'il s'agissait d'un ICBM, ainsi que les données du vol (hauteur : 3 725 kilomètres, longueur 998 kilomètres), mais affirmant en revanche que l'ensemble du territoire américain (et pas seulement la côte occidentale des Etats-Unis) est à portée de ses missiles.

Sources :

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 13:06

Après la disparition tragique de l'étudiant américain Otto Warmbier six jours après sa libération par les autorités nord-coréennes, l'administration Trump a décidé d'interdire à ses ressortissants de visiter la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : la mesure doit entrer en vigueur le 27 juillet 2017 avec une période de tolérance d'un mois ; passé ce délai, les détenteurs d'un passeport américain visitant la RPD de Corée verraient leur passeport invalidé. Si la mesure aura des conséquences importantes sur les agences spécialisées proposant des circuits touristiques en Corée du Nord (comme Koryo Tours, qui aurait accueilli 40 % des 800 touristes américains ayant visité la RPD de Corée en 2016), ce sont les coopérations américano-nord-coréennes - à caractère humanitaire, culturel, sportif, scientifique... - qui seront le plus fortement impactées, comme l'a observé Richard Stone de la revue Science, en citant l'exemple emblématique de l'Université de Science et de Technologie de Pyongyang (Pyongyang University of Science and TechnologyPUST). L'université privée américaine, qui a ouvert ses portes dans la capitale nord-coréenne en 2009 avant d'accueillir la première promotion d'étudiants nord-coréens en 2010, compte une quarantaine d'universitaires et administratifs américains, dont son Président, Yu-taik Chon, et forme des centaines d'étudiants de la RPD de Corée. Bien que particulièrement concernée par les arrestations de citoyens américains en RPD de Corée (sur les trois actuellement emprisonnés, on compte deux enseignants de la PUST : Sang-duk (Tony) Kim et Hak-song Kim), la PUST a déploré la décision de l'administration américaine, par la voix de son chancelier Chan-mo Park, informaticien coréen américain, ancien Président de l'Université Pohang de Science et de Technologie (POSTECH), basée en Corée du Sud. Nous traduisons ci-après de l'anglais l'entretien donné par M. Chan-mo Park à Richard Stone, publié le 21 juillet 2017 dans Science, et qui revient également sur l'impact négatif des sanctions pour les échanges universitaires conduits par la PUST et les fantasmes quant à l'impact de ces échanges sur le développement des programmes militaires nord-coréens.

Chan-mo Park

Chan-mo Park

Question : Si les citoyens américains sont interdits de voyager en Corée du Nord pour enseigner à la PUST, dans quelle mesure votre université sera-t-elle affectée ?

Réponse : Ce serait une très mauvaise nouvelle. Nous devrions trouver des enseignants d'autres pays. Les professeurs nord-coréens peuvent enseigner certaines matières, mais seulement quelques-uns d'entre eux peuvent donner des cours en anglais, et nous sommes partisans que tous les cours à la PUST soient donnés en anglais. Il y aurait donc des conséquences irrémédiables sur les programmes actuels. C'est vraiment décourageant pour moi.

Q. : Quels efforts a faits la PUST en ce qui concerne Tony Kim et Hak-song Kim ? 

R. : Depuis leurs arrestations qui n'étaient pas liées à leur travail à la PUST, les professeurs et les personnes administratifs n'ont rien pu faire d'autre que prier beaucoup pour eux. 

Q. : Comment leur détention a-t-elle affecté la perception de l'Université en dehors de la Corée du Nord ?


R. Beaucoup de personnes, en particulier parmi nos familles et ceux qui nous soutiennent, ont été très surpris et inquiets quant à la sécurité des citoyens américains à la PUST. Toutefois, je vois que la plupart des enseignants des cours d'été [venant des Etats-Unis] sont actuellement sur le campus.

Q. : Les sanctions imposées à la Corée du Nord ont-elles touché la PUST ? 

R. : En raison des sanctions [des Nations unies], il est devenu difficile depuis le début de l'année dernière d'envoyer de l'argent en Chine pour acheter du matériel et des équipements de recherche. Alors que des universitaires sud-coréens viennent enseigner à la PUST, les sanctions imposées par la Corée du Sud interdisent aux ressortissants sud-coréens de visiter la Corée du Nord. Et certains pays - comme l'Allemagne et l'Italie - n'ont pas délivré de visas pour des étudiants de la PUST qui avaient été admis dans des universités pour des formations diplômantes, en particulier à Göttingen, Sannio et Brescia.

Q. : Quelles garanties pouvez-vous apporter que les diplômés de la PUST ne finiront pas par travailler pour des unités cyberterroristes ou d'autres secteurs de l'armée sud-coréenne ?

R. : Je peux vous assurer que la PUST n'aide absolument pas à former des pirates ou des "cybercombattants". Récemment, Thae Yong-ho, un ancien conseiller à l'ambassade nord-coréenne au Royaume-Uni qui a fait défection en Corée du Sud, a déclaré à des journalistes à l'Assemblée nationale sud-coréenne qu'il ne pensait pas que la PUST enseignait le piratage informatique. Il a ajouté qu'en Corée du Nord ils apprennent le piratage à des lycéens sélectionnés qui montrent des capacités en informatique. La plupart de nos diplômés rejoignent le secteur académique comme enseignants ou chercheurs. Certains continuent leurs études pour obtenir des diplômes dans des universités étrangères ou obtiennent des emplois dans des entreprises nord-coréennes travaillant à l'étranger, comme en Chine et en Malaisie. Les incompréhensions et les accusations sans fondement empêchent les progrès de la PUST.
 

Sources : 

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 20:30

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a été destinataire d'un appel lancé par la Taskforce to stop THAAD in Korea and militarism in Asia and the Pacific ("Force d'intervention pour stopper THAAD en Corée et le militarisme en Asie et dans le Pacifique"), dont elle publie ci-après une traduction en français, établie par nos soins. L'AAFC a signé cet appel, partageant pleinement l'objectif de promouvoir la paix et de lutter contre le militarisme dans la région Asie-Pacifique en refusant le déploiement, au sud de la Corée, du système américain de missiles antibalistiques THAAD (acronyme de Terminal High Altitude Area Defense). THAAD accroît les risques de guerre en précipitant une course aux armements visant, au-delà de la seule République populaire démocratique de Corée, la République populaire de Chine et la Fédération de Russie. 

L'AAFC signe l'appel de la "Force d'intervention pour stopper THAAD en Corée et le militarisme en Asie et dans le Pacifique"

Non à THAAD en Corée,
Oui à la paix par le dialogue

Délégation pour la paix et la solidarité de la Force d'intervention pour stopper THAAD en Corée et le militarisme en Asie et dans le Pacifique (Taskforce to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific) et de la Fondation Channing et Popai Liem pour l’éducation, juillet 2017

Subrepticement, le système antimissile de défense terminale en haute altitude (THAAD) a été installé dans la ville de Seongju, en République de Corée, le 26 avril de cette année, en dépit de l’opposition quotidienne et grandissante des villageois locaux et de leurs partisans à travers le pays et en l’absence de délibération officielle des organismes gouvernementaux sud-coréens. Les manifestants ont peur à juste titre que son déploiement tende les relations déjà compliquées avec la Chine, favorise les forces politiques militaristes et anti-démocratiques au sein de leur propre pays, et envenime les relations entre la Corée du Sud et la Corée du Nord. Ils s’inquiètent également des conséquences négatives sur la santé et l’environnement induites par le système radar de THAAD, ainsi que de la profanation de terres sacrés telles que le proche site de pèlerinage de la communauté bouddhiste Won.

Les Etats-Unis et certains officiels de la République de Corée prétendent que le système THAAD protégera la Corée du Sud face à la menace des missiles nord-coréens. Cependant, du fait qu’il est installé à 200 kilomètres au sud de Séoul, la quasi-totalité des observateurs s’accordent pour dire que les 25 millions de Coréens vivant dans l’agglomération de la capitale se situent hors du bouclier protecteur de THAAD. Encore plus préoccupant, Ted Postol, physicien au MIT et expert en défense antimissile, ajoute qu’il n’y a pas de preuves tangibles que le THAAD soit efficace dans des conditions de tir réelles, face à l'arrivée de multiples missiles et leurres. D'un autre côté, le radar de THAAD en Corée du Sud a la capacité de surveiller le système balistique chinois, ce que beaucoup soupçonnent d’être l’objectif premier des Etats-Unis dans leur insistance à le déployer en Corée. La Chine a exprimé son opposition à la présence de THAAD en Corée de façon explicite, mis en place des sanctions économiques contre la Corée du Sud, et menacé d’une accélération de la course aux armements.

Le déploiement de THAAD par les Etats-Unis en Corée du Sud fait partie du « pivot » américain vers l’Asie Pacifique. Il élargit le système de défense antimissile déjà important encerclant la Chine et la Russie. Cet effort visant à renforcer l’influence politique et économique déclinante des Etats-Unis dans la région a cependant un coût important pour le peuple américain. Il détourne des milliards de dollars de besoins intérieurs critiques dans une période de délabrement des infrastructures du pays, d’inégalités économiques sans précédent et d’accès limité aux services humains de première nécessité. Cela compromet également les principes ainsi que la sécurité des Américains épris de paix en intensifiant les tensions militaires régionales, en alimentant une course aux armements et en faisant planer la menace d’un nouveau conflit armé dans la péninsule coréenne, impliquant cette fois des armes nucléaires qui auront des conséquences inimaginables pour la vie humaine.

Le déploiement de THAAD complique aussi les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud à un moment où la Corée du Nord propose de geler son programme d’armement nucléaire en échange d’un arrêt ou d'une réduction significative des exercices de guerre annuels américano-sud-coréens. Cette proposition a été systématiquement rejetée par l’administration Obama. Mais, maintenant, un nombre croissant d’officiels américains et d’analystes tels que Richard Haass, président du Council on Foreign Relations, Jane Harman, ancienne membre du Congrès et directrice du Woodrow Wilson International Center for Scholars, et William Perry, secrétaire à la Défense pendant la première administration Clinton, ont exprimé leur soutien à la perspective d'un gel puis d'un arrêt des exercices de guerre en tant que premier pas pour répondre aux préoccupations de la Corée du Nord quant à sa sécurité ainsi qu’à celles des Etats-Unis, de leur alliés, de la Chine et de la Russie face aux progrès réalisés par la Corée du Nord dans la fabrication de missiles balistiques intercontinentaux capables d'emporter une charge nucléaire.

La plupart des Américains ne connaissent rien à propos de THAAD, de l’opposition des Sud-Coréens à son déploiement ou des récentes ouvertures diplomatiques de la Corée du Nord visant à réduire les tensions dans la péninsule coréenne. Un nombre encore plus faible se souviennent de la guerre de Corée, sont conscients que les Etats-Unis détiennent le contrôle des forces armées sud-coréennes en temps de guerre, ou comprennent le désir du peuple coréen de parvenir à une réunification pacifique de leur pays. Pourtant, ces lacunes devraient constituer une préoccupation vitale pour le peuple américain. Si le fragile armistice qui a arrêté les combats mais n’a pas mis un terme à la guerre de Corée devait laisser place à une reprise des hostilités, nous, avec les Coréens du Nord et du Sud ainsi que d’innombrables êtres humains dans la région souffririons de pertes indescriptibles. Selon les propres mots du secrétaire à la Défense des Etats-Unis, James Mattis, « […] si cela débouche sur une solution militaire, ce sera incroyablement tragique […] ».

En cet instant crucial, les gouvernements américain et sud-coréen peuvent continuer d'alimenter le feu d'une guerre en Corée en militarisant encore davantage la Corée du Sud, ou bien faire le premier pas pour créer des conditions internationales propices pour une paix durable en Corée. Quelle que soit la voie que les Etats-Unis adoptent, cela sera fait au nom du peuple américain. Il incombe donc aux citoyens des Etats-Unis de s’engager et de travailler avec le peuple coréen pour arriver à des moyens pacifiques et mutuellement bénéfiques pour dissiper les antagonismes dans la région. Commencer ce travail collectif est l’objectif principal de notre délégation.

La Délégation pour la paix et la solidarité se déplace en Corée du Sud pour exprimer la solidarité des Américains épris de paix avec les Coréens luttant contre le déploiement de THAAD et cherchant une solution au conflit dans la péninsule et dans la région. Nous voulons renforcer la compréhension mutuelle concernant les moyens de parvenir à ces objectifs dans le but d’aligner la politique des Etats-Unis sur le désir du peuple coréen de mettre en place une paix durable dans la péninsule et, finalement, de réunifier la Corée de manière pacifique et indépendante.

Consciente de l’immense coût social et économique lié à la militarisation croissante de la Corée pour les peuples américain et coréen, la Délégation pour la paix et la solidarité demande aux gouvernements des Etats-Unis et de la République de Corée de :

 

1. retirer le système THAAD de Corée du Sud :
2. stopper la course aux armements dans la péninsule coréenne en arrêtant les exercices de guerre en échange d'un accord avec la Corée du Nord pour geler sa production d’armes nucléaires et ses essais de missiles ;
3. s'engager dans la diplomatie avec la Corée du Nord pour mettre un terme à la guerre de Corée par la signature d’un traité de paix, normaliser les relations avec la Corée du Nord et soutenir tous les efforts du peuple coréen pour parvenir à la réunification pacifique de leur pays.

Enfin, nous déclarons notre intention de bâtir la solidarité aux Etats-Unis pour lutter contre la présence de THAAD en Corée du Sud et l’expansion du militarisme des Etats-Unis en Asie. Nous appelons également les personnes éprises de paix aux Etats-Unis et dans le monde entier à nous rejoindre dans cette tâche.


Soutiens :
Taskforce to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific
Fondation Channing et Popai Liem pour l'éducation

Délégués :
Medea Benjamin, CODEPINK
Reece Chenault, U.S. Labor Against the War
Will Griffin, Veterans for Peace, Taskforce to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific
Juyeon Rhee, Taskforce to Stop THAAD in Korea and Militarism in Asia and the Pacific
Jill Stein, candidate du Parti vert des Etats-Unis à l'élection présidentielle de 2016


Les soutiens d'organisations et individuels à cette déclaration apparaîtront à la suite des noms des premiers soutiens et délégués. Pour ajouter votre soutien, merci de remplir le formulaire à l'adresse : https://goo.gl/EkVRGX avant le 19 juillet 2017 (fin de journée).

 

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 16:51

En réaction au lancement d'un missile balistique intercontinental (ICBM) par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) le 4 juillet 2017 - jour de la fête nationale américaine - les Etats-Unis et la République de Corée (Corée du Sud) ont procédé à des manoeuvres aériennes impromptues, consistant dans le largage de bombes, à proximité immédiate de la Corée du Nord, le 8 juillet 2017 - jour anniversaire du décès du Président Kim Il Sung, fondateur de la RPD de Corée. Pyongyang a dénoncé des "provocations" - le terme de "provocations" dépendant du point de vue duquel on se situe (pour Washington, Pyongyang provoque la communauté internationale en poursuivant ses programmes balistiques et nucléaires à l'encontre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, tandis que pour Pyongyang ce sont les Etats-Unis qui la provoquent en ne lui laissant pas d'autre choix que de renforcer ses capacités d'autodéfense). En tout état de cause, le choix par les Etats-Unis et leurs alliés de l'escalade militaire ne fait qu'aggraver les tensions et les risques de guerre.

Un bombardier américain B-1B large une bombe sur le terrain d'exercices militaires de Pilseung, dans la province sud-coréenne de Gangwon

Un bombardier américain B-1B large une bombe sur le terrain d'exercices militaires de Pilseung, dans la province sud-coréenne de Gangwon

Le 8 juillet 2017, deux bombardiers américains à long rayon d'action B-1B - habituellement stationnés à Guam - et des chasseurs sud-coréens F-15 K et américains F-16 ont procédé à des exercices de largage de bombes guidées de haute précision d'un poids de 900 kilos, en détruisant des batteries de missiles. Les appareils ont approché de la zone démilitarisée qui sépare les deux moitiés divisées de la Corée. 

Le Rodong Sinmun, quotidien du Parti du travail de Corée, a vivement dénoncé des "provocations" qui font monter dangereusement les tensions dans la péninsule coréenne, dont la situation a été comparée par le journal à celle d'une poudrière où tout étincelle pourrait déclencher un conflit mettant aux prises des puissances nucléaires :  

Avec leur dangereuse provocation militaire, les Etats-Unis font progresser le risque d’une guerre nucléaire sur la péninsule vers un point de basculement.

http://www.kcna.kp/kcna.user.home.retrieveHomeInfoList.kcmsf

Au regard de la détermination nord-coréenne à faire face à toute attaque contre elle, les exercices de guerre à répétition des Américains et de leurs alliés (principalement sud-coréens, mais aussi britanniques, français, japonais...) ne favorisent pas la paix et le désarmement en Asie du Nord-Est, alors que le déploiement du système américain de missiles THAAD en Corée du Sud est vivement dénoncée par la Chine et la Russie comme une atteinte à leur sécurité. Dans ce contexte, il n'est guère surprenant que la RPDC n'ait pas été mentionnée dans la déclaration adoptée par les membres du G20, réunis à Hambourg, le 8 juillet 2017. En dénonçant la Russie comme une menace et en étendant à des entreprises chinoises les sanctions à l'encontre de la RPD de Corée, tout en multipliant les initiatives militaires à proximité du territoire chinois, l'administration Trump s'est définitivement aliénée Moscou et Pékin dans sa recherche vaine d'un consensus international - tant au sein du G20, que quelques jours plus tôt au Conseil de sécurité des Nations Unies - pour condamner le lancement de l'ICBM nord-coréen du 4 juillet 2017.

Sources : 

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 20:37

Le 8 juillet 2017 la République populaire démocratique de Corée célèbrera son fondateur, le Président Kim Il-sung, disparu vingt-trois ans plus tôt, comme l'homme ayant "vaincu deux impérialismes en une génération" (l'impérialisme japonais et l'impérialisme américain).  Mais un autre aspect mérite aussi d'être souligné : la capacité du Président Kim Il-sung, tout en renforçant le potentiel militaire national de dissuasion, à éviter que la péninsule ne plonge à nouveau dans la guerre, comme lorsqu'en juin 1994, soit moins d'un mois avant sa disparition, il scelle à Pyongyang un accord avec l'ancien président américain Jimmy Carter qui éloignera les menaces d'un nouveau conflit dévastateur en Corée. 

Kim Il-sung et Jimmy Carter

Kim Il-sung et Jimmy Carter

15 juin 1994 : réunis avec ses conseillers à la Maison Blanche, le Président William Clinton a décidé de frapper la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui ne donne pas plein accès à son territoire aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et vient d'annoncer son retrait de l'AIEA. Plusieurs options sont sur la table : un bombardement (entre autres) du site nord-coréen de Yongbyon, suspecté d'accueillir des activités nucléaires militaires, apparemment non retenu car il aurait causé (au bas mot) des dizaines de milliers de morts en précipitant la péninsule coréenne dans une nouvelle guerre ; le déploiement de 10 000 hommes supplémentaires mais aussi de bombardiers près de la Corée du Nord tout en évacuant les civils américains à Séoul, avec une incertitude majeure, comment réagira la RPD de Corée face à ce qu'elle pourrait considérer comme une rupture de l'accord d'armistice de 1953 ? Le risque d'un conflit n'a jamais été aussi élevé.

C'est alors que retentit un appel téléphonique : c'est Jimmy Carter. Il a rencontré Kim Il-sung à Pyongyang, et annonce qu'un accord a été trouvé. La RPD de Corée accepte de suspendre son programme nucléaire, contre (entre autres) un accès au nucléaire civil. L'escalade est évitée, et la voie ouverte vers un accord sur la question nucléaire. 

Les détails de ce récit sont connus depuis que William Perry, alors secrétaire à la Défense du président américain (c'est lui qui a reçu l'appel téléphonique de Jimmy Carter), en a donné les détails dans un ouvrage publié en 1999, avec son conseiller Ashton Carter - avec des précisions édifiantes, comme la nouvelle que la guerre contre la RPD de Corée avait alors été préparée pendant 6 mois dans le cadre de l'OPLAN (pour "plan opérationnel") 5027. Un plan opérationnel non seulement jamais abandonné, mais actualisé...

Ce qui est en revanche rarement souligné dans la presse occidentale est la capacité du Président Kim Il-sung à obtenir cet accord décisif, alors qu'il menait une diplomatie multi-cartes : parallèlement à sa négociation avec Jimmy Carter il s'engageait dans des discussions avec l'administration sud-coréenne, qui aurait dû déboucher sur un sommet intercoréen au plus haut niveau avec Kim Young-sam - un sommet finalement empêché par sa disparition le 8 juillet 1994, puis par le comportement des autorités sud-coréennes.

Jimmy Carter avait accepté de prendre en compte les attentes nord-coréennes, notamment leur demande de considération. Kim Il-sung avait accepté de rencontrer un chef d'Etat qui n'était pourtant plus en exercice, ayant dirigé un pays (les Etats-Unis) ayant une part décisive dans la partition
de la Corée, pour ne négliger aucun canal afin d'empêcher une nouvelle guerre, cauchemar de tous les Coréens de sa génération. Cet art de la diplomatie apparaît aujourd'hui plus que jamais nécessaire, alors que les tensions autour de la Corée ont atteint un niveau sans précédent depuis... 1994. 

Sources : 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 21:27

Si les médias sud-coréens ont tenté de faire ressortir la convergence de vues entre le Coréen Moon Jae-in et l'Américain Donald Trump lors de la visite du premier au second, ou du moins la prise en compte des attentes sud-coréennes par l'administration américaine, la réalité mérite d'être nuancée au regard de l'obstination de Donald Trump à marteler le même message néoconservateur - ce qu'a analysé John Burton dans un article publié dans Nikkei Asian Review, que nous publions ci-après traduit de l'anglais, avec pour titre et sous-titre (en français) "Moon face à un Trump obstiné lors de sa visite aux Etats-Unis" - "Les négociations commerciales ont pris une importance inattendue lors des discutions américano-coréennes", même si l'on peut objectivement s'interroger sur ce que Moon Jae-in aurait pu davantage obtenir, au regard du peu de considérations manifestement de l'administration Trump pour la République de Corée et les Sud-Coréens.

 

"Moon face à un Trump obstiné lors de sa visite aux Etats-Unis" (John Burton)

Le président sud-coréen Moon Jae-in était conscient qu’il lui faudrait faire preuve de discernement durant sa rencontre à Washington avec le président américain Donald Trump, qui privilégie les affinités personnelles avant tout autre chose dans ses relations avec les dirigeants étrangers.

 

La rencontre du 30 juin a été perçue comme le premier grand test pour Moon, qui a été élu sept semaines après la destitution de son prédécesseur. Les chances étaient grandes que cette réunion puisse déterminer le futur de l’alliance américano-sud-coréenne en matière de sécurité à un moment où la Corée du Nord accélère le développement de ses programmes nucléaires et balistiques.

 

Les médias américains avaient prédit un affrontement entre les deux dirigeants, Moon privilégiant une approche plus conciliante envers la Corée du Nord que celle de l’administration Trump, qui favorise un durcissement des sanctions. La majeure partie des diplomates américains se méfient de Moon du fait du durcissement de l’attitude des Etats-Unis envers la Corée du Nord. Moon fut le chef de cabinet de Roh Moo-hyun, le président sud-coréen de 2003 à 2008, qui était perçu comme un défenseur d’une politique d’apaisement face à la Corée du Nord.

 

Les conseillers de Moon ont organisé la visite comme un exercice soigneusement calibré de relations publiques visant à gagner la confiance de l’administration Trump et de l’opinion publique américaine.

 

Moon, par exemple, s’est servi de sa poignante histoire personnelle pour délivrer le message indiquant que l’alliance militaire américaine est le fondement de la démocratie sud-coréenne. Son premier geste après avoir atterri à Washington fut de visiter le Musée National du Corps des Marines, qui commémore la grande opération d’évacuation de réfugiés nord-coréens fin 1950 durant de la Guerre de Corée, réfugiés parmi lesquels se trouvaient les parents de Moon.

 

Moon a également tenté de minimiser les différents avec l’administration Trump concernant les problèmes sécuritaires. Le sujet le plus controversé est le récent déploiement du système antibalistique américain Terminal High Altitude Area Defense, auquel Moon s’est opposé durant sa campagne pour la présidence de la République. Bien que le système THAAD soit prévu pour défendre la Corée du Sud contre une attaque de missiles nord-coréenne, la Chine y voit une menace potentielle à l’encontre de sa force nucléaire stratégique et a imposé des restrictions sur les importations sud-coréennes en représailles.

 

Peu avant la rencontre, Moon a affirmé qu’il ne bloquerait pas la mise en place du système THAAD comme il l’avait suggéré auparavant, mais qu’il retarderait son complet déploiement jusqu’à ce qu’une étude exhaustive sur son impact environnemental soit menée à son terme. Moon espère que ce délai lui donnera le temps de répondre aux inquiétudes de la population sud-coréenne ainsi qu’à celles du gouvernement chinois.

 

Moon était accompagné lors de son voyage aux Etats-Unis par plus d’une cinquantaine de chefs d’entreprise qui se sont engagés à y investir 12,8 milliards de dollars pendant les cinq prochaines années ainsi qu’à dépenser 22,4 milliards de dollars supplémentaires dans le gaz naturel et l’aéronautique, entre autres.

 

Les reproches américains

 

Mais si Moon pensait que ces actions amadoueraient Trump, il découvrit rapidement la réalité après s’être assis pour discuter avec le président américain et son cabinet. Le dirigeant sud-coréen a reçu en public un exposé donné par le Secrétaire Américain au Commerce Wilbur Ross, qui a reçu une décoration du gouvernement sud-coréen pour ses efforts visant à aider à reconstruire l’économie du pays après la crise financière de 1997.

 

Ross se plaignit du fait que Séoul continue à maintenir des barrières douanières sur les produits américains, dans des secteurs tels que l’automobile, en dépit de la mise en place d’un accord bilatéral de libre-échange en 2011. Le déficit commercial avec la Corée du Sud a plus que doublé pour atteindre les 27 milliards de dollars depuis.

 

Gary Cohn, le conseiller économique en chef de Trump, a accusé la Corée du Sud de servir d’intermédiaire pour l’exportation de produit métallurgiques chinois bon marché. La Corée du Sud est le deuxième plus grand exportateur d’acier vers les Etats-Unis et pourrait subir des pénalités douanières une fois que l’enquête américaine sur le dumping sur le commerce mondial de l’acier sera terminée.

 

Dans une déclaration commune face aux médias avec Moon, Trump a affirmé qu’il souhaiterait renégocier l’accord commercial bilatéral avec Séoul, qu’il a décrit comme étant « pas exactement une bonne affaire » et « injuste envers le travailleur américain ». Il a également suggéré que Séoul devrait payer davantage « pour assurer un partage équitable du coût lié à la présence militaire américaine en Corée du Sud ».

 

Les officiels sud-coréens ont admis après coup avoir été pris de court par la sévère critique de l’administration Trump concernant les échanges commerciaux. « Nous pensions que le thème central du sommet serait la sécurité, mais ce fut seulement lors des dernières 48 heures que nous avons compris que le commerce serait d’une importance équivalente », indique un fonctionnaire sud-coréen en charge du commerce.

 

L’attitude de Trump envers Moon représente une volte-face soudaine dans l’approche de son administration vis-à-vis des échanges commerciaux avec la Chine et la Corée du Sud ainsi que par rapport à sa position concernant la menace nucléaire nord-coréenne. Cela marque également un renversement de la rhétorique employée durant sa campagne présidentielle, il accusait alors à la fois Pékin et Séoul de se comporter comme des passagers clandestins au sein des échanges économiques mondiaux.

 

Le paramètre chinois

 

Tôt au cours de son mandat, Trump surprit un grand nombre d’observateurs en acceptant de diminuer l’intensité de ses critiques envers les pratiques commerciales chinoises en échange de l’acceptation par Pékin de la mise en place de sanctions économiques renforcées à l’encontre de Pyongyang afin de l’aider à freiner son programme nucléaire et balistique.

 

Cependant, depuis peu, Trump a indiqué avoir perdu patience face au manque de résultats de la Chine. Le 29 juin, son administration a imposé des sanctions sur plusieurs entités chinoises commerçant avec la Corée du Nord, en approuvant au même moment une vente d’armement à Taiwan pour un montant de 1,4 milliard de dollar entraînant une réaction furieuse de la part de Pékin.

 

En critiquant la politique commerciale sud-coréenne, Trump a également insinué que la Corée du Sud devait se ranger derrière une politique américaine plus agressive envers Pyongyang si elle désire éviter des problèmes dans l’exportation de ses marchandises vers les Etats-Unis.

 

Bien que le président américain ait réaffirmé son soutien à l’alliance militaire avec la Corée du Sud, il semble accorder peu de valeur au désir de Moon de régler la crise nucléaire par le dialogue, arguant que « l’ère de la patience stratégique avec la Corée du Nord a échoué ».

 

Moon s’est retrouvé dans une situation délicate en tentant de défendre sa politique « alliant les sanctions au dialogue », cela même lorsqu’il se fait l’avocat de la ligne dure prônée par Trump en déclarant que « les menaces et les provocations du Nord feront face à une réponse impitoyable ».

 

La question principale est de savoir si Moon, qui bénéficie d’une popularité dépassant les 80%, souffrira politiquement une fois rentré dans son pays du peu de résultats à faire valoir. Les Sud-Coréens ont témoigné de l’indice de confiance le plus faible concernant Trump parmi les pays asiatiques, 17%, selon une nouvelle étude menée par le Pew Research Center. Moon est d’ores et déjà critiqué pour avoir promis que son pays investirait massivement aux Etats-Unis alors qu’une hausse des dépenses est nécessaire au niveau national pour faire face au chômage record de la jeunesse.

 

La popularité de Moon dans son pays se fonde principalement sur ses efforts pour mettre un terme à la bipolarisation entre conservateurs et progressistes dans l’espoir de voir émerger une nouvelle politique de synthèse. En matière de diplomatie, cela signifie l’affirmation de l’importance de l’alliance militaire américano-sud-coréenne, tout en demandant la reconnaissance des intérêts légitimes de la Corée du Sud dans la mise en place d’une politique commune avec la Corée du Nord. Cet objectif est maintenant remis en question à la lumière de la récente visite de Moon aux Etats-Unis.

 

Tel le jeune idéaliste dans le film de 1939, « Monsieur Smith au Sénat », Moon a déjà découvert que la capitale américaine pouvait être un cimetière pour les espoirs que l’on caresse.


Article original en anglais : 

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 20:50

Le 4 juillet 2017, soit le jour de la fête nationale américaine, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a procédé au tir d'un missile balistique de type Hwasong-14 : elle affirme avoir lancé avec succès, pour la première fois, un missile balistique intercontinental (acronyme anglais : ICBM). Si les experts étrangers discutent la portée de ce tir, de nouveau unanimement critiqué par les Etats-Unis et les pays occidentaux car contrevenant aux sanctions des Nations Unies, il marque en tout cas un nouveau progrès dans le programme balistique nord-coréen, posant de nouveau la question de l'efficacité de la politique de sanctions pour empêcher le développement des programmes balistiques et nucléaires de la RPD de Corée. 

Photo (non datée) de lancement d'un missile balistique de type Hwasong-14

Photo (non datée) de lancement d'un missile balistique de type Hwasong-14

Selon les autorités nord-coréennes, le lancement, décidé et supervisé par le Maréchal Kim Jong-un, aurait permis à l'engin d'atteindre une altitude de 2 802 km. Il aurait volé sur une distance de 933 km, avant de tomber dans la mer de l'Est. Toujours selon les médias de la RPDC, la Corée du Nord, puissance nucléaire, serait désormais dotée d'ICBM lui permettant de "frapper tout endroit au monde". 

Si les militaires occidentaux ont été très prudents sur la portée de ce tir, la Russie, d'après les données paramétriques, a estimé qu'il s'agissait d'un tir de portée intermédiaire - soit une catégorie immédiatement inférieure à celle des missiles de type ICBM, dont la portée est supérieure à 5 600 kilomètres. Pour sa part, David Wright de l'Union of Concerned Scientists, estime, avec d'autres experts, la portée du missile nord-coréen à 6 700 kilomètres, ce qui permettrait à la RPDC d'atteindre l'Alaska. Les Etats-Unis ont ensuite reconnu qu'il s'agissait bien du lancement d'un ICBM. Dans tous les cas, les progrès du programme balistique nord-coréen sont réels, et ceux-ci se sont manifestement accélérés sous l'impulsion du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un depuis son arrivée au pouvoir en 2011.

Sur les motivations des programmes balistiques et nucléaires de la RPDC, l'historienne Juliette Morillot observe, dans un entretien à 20 minutes, que leur développement procède d'un sentiment légitime d'insécurité des Nord-Coréens face à la politique américaine, aujourd'hui marquée par l'imprévisibilité de l'administration Trump : 

La Corée du Nord se sent menacée par les Américains, et de fait, elle l’est. En atteste il y a quelques semaines l’annonce par Trump de l’envoi d’un porte-avions américain dans la zone. Kim Jong-un craint que Donald Trump, qui a 28.000 soldats américains postés sur le sol sud-coréen, ne décide d’envoyer ses troupes envahir la Corée du Nord. D’ailleurs, entre Donald Trump et Kim Jong-un, c’est bien Donald Trump qui est le plus imprévisible des deux.

Pour Europe 1 et le JDD, le journaliste Vivien Vergnaud souligne que la poursuite du programme balistique nord-coréen s'inscrit dans "un contexte de menaces répressives" : 

La Corée du Nord réalise des tirs de missiles balistiques dans un contexte de menaces répressives, qu'elles viennent des sanctions des Nations Unies portées par les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud.

Pour l'auteur Philippe Pons, les programmes militaires nord-coréens ne s'inscrivent ainsi plus dans une logique de négociation (qui consisterait à les arrêter, voire les démanteler, en contrepartie notamment de garanties de sécurité), mais "relèvent d'une nécessité stratégique" : 

Les programmes nucléaires et balistiques nord-coréens ne sont plus une monnaie d'échange dans une négociation : ils relèvent d'une nécessité stratégique.

Comme le souligne des experts nord-américains cités par Laurent Barthélémy (bureau de l'AFP à Washington), il convient que l'administration américaine prenne acte de l'échec de la politique de sanctions et se fixe d'autres objectifs de négociation que ceux, désormais dépassés, d'une dénucléarisation de la péninsule coréenne :

Pour un certain nombre d'experts américains, les États-Unis n'ont plus d'autre choix aujourd'hui que de prendre acte des progrès de Pyongyang, et de rechercher désormais des objectifs moins ambitieux qu'un abandon pur et simple de son programme de missiles nucléaires.

«Aujourd'hui, la fenêtre pour négocier une dénucléarisation de la péninsule coréenne», objectif traditionnel de l'administration américaine, «est close», a déclaré à l'AFP Jeffrey Lewis, un chercheur de l'Institut Middlebury des études internationales, dont le siège est en Californie.

Washington doit prendre acte des progrès nord-coréens et désormais chercher à «réduire la tension» avec Pyongyang, «tout en renforçant la dissuasion» face aux armes nucléaires du régime, explique-t-il.

«Ça ne sert à rien de faire pression pour empêcher le passage d'un seuil déjà franchi», a renchéri Adam Mount, un expert du cercle de réflexion Center for American progress, à Washington.

Cette position réaliste et raisonnable est celle de Moscou et Pékin, qui relançaient le même jour (avant le tir nord-coréen) leur proposition que Washington et Séoul suspendent leurs manoeuvres militaires dans la péninsule coréenne, en contrepartie d'un gel (et non d'un démantèlement) de ses programmes balistiques et nucléaires militaires par Pyongyang. La Chine, qui préside par ailleurs le Conseil de sécurité des Nations Unies au mois de juillet, a affirmé, par la voix de son ambassadeur aux Nations Unies Liu Jeyi, la nécessité de diminuer les tensions pour empêcher des conséquences "désastreuses", en revenant à la table des négociations : 

Si les tensions s'enveniment... Tôt ou tard, cela va devenir hors de contrôle et les conséquences seront désastreuses (...) Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre trop longtemps sans que le dialogue ait lieu.

Mais Donald Trump, qui a réagi par un tweet de colère au tir balistique nord-coréen ("La Corée du Nord vient juste de lancer un autre missile. Ce type n'a-t-il rien de mieux à faire de sa vie ?") est-il prêt à agir de manière raisonnable ? Formons le voeu que la communauté internationale saura l'en convaincre, pour la paix et la prospérité non seulement de l'Asie du Nord-Est, mais aussi les nôtres, au regard des conséquences effroyables qu'aurait un affrontement militaire entre ces deux puissances nucléaires que sont la Corée du Nord et les Etats-Unis.

Source : 

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