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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 22:06

Nucléaire RPDC-USAUn second cycle de discussions de haut niveau visant à relancer les négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne s'est tenu à Genève les 24 et 25 octobre 2011 entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). En réponse à des questions de l'agence officielle KCNA, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a souligné que ces échanges avaient permis d' "approfondir la compréhension mutuelle" et d'accomplir "une série de progrès".

 

Après les échanges fin juillet entre la RPD de Corée et les Etats-Unis, un deuxième cycle de discussions de haut niveau s'est tenu entre les deux parties, à Genève, les 24 et 25 octobre 2011. Ces discussions visent à relancer le processus des négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, à l'arrêt depuis avril 2009La délégation de la RPD de Corée était conduite par Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères, et la délégation américaine par Stephen Bosworth, représentant spécial pour la politique avec la RPD de Corée. 

 

Le 27 octobre, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a observé que ces discussions avaient aidé à "approfondir la compréhension mutuelle" et avaient marqué "une série de progrès". Le MAE de la RPD de Corée a ajouté que les deux parties avaient décidé de poursuivre les discussions, en vue de résoudre les questions restant en suspens.

 

Le porte-parole a précisé que "la RPDC reste invariable dans sa position de principe" en vue de "la reprise des pourparlers à six [sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne] dans les meilleurs délais et sans conditions préalables et pour une application généralisée et équilibrée de la déclaration conjointe du 19 septembre [2005] selon le principe de la simultanéité des actions". 

 

Les échanges bilatéraux de haut niveau devraient donc se poursuivre, l'engagement et la poursuite du dialogue permettant de créer une plus grande confiance entre les différentes parties.

 

Source principale : KCNA.

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 14:25

Deux GIs de l'armée américaine, qui compte toujours 28.500 soldats en Corée du Sud, ont été accusés de viol par des adolescentes sud-coréennes pour des faits distincts datant du 17 et du 24 septembre 2011. Ces affaires très graves - dans un des cas, le Département d'Etat américain a dénoncé le viol, qu'il considère donc comme établi - rappellent l'iniquité du statut juridique des forces américaines stationnées dans la péninsule. Ses soldats bénéficient d'un privilège d'extra-territorialité : conformément à l'accord bilatéral américano-sud-coréen de 1966 sur le statut des forces (Status of Forces Agreement, SOFA), qui détermine les conditions de la présence des troupes des Etats-Unis en Corée du Sud, les militaires américains auteurs de crimes ou délits dans l'exercice de leurs fonctions relèvent de la justice militaire américaine, sans possibilité d'appel ni d'indemnisation par les tribunaux sud-coréens. De tels accords sont les vestiges du droit colonial, quand les puissances impérialistes se réservaient le droit de juger elles-mêmes des contentieux impliquant les citoyens de la métropole pour des crimes commis à l'encontre de ceux qu'elles qualifiaient d' "indigènes", soit dans leurs colonies, soit dans des Etats qui, comme la Chine, étaient dépouillés de la prérogative régalienne de rendre justice sur leur territoire.

 

Jusqu'à quand ? Jusqu'à quand les crimes commis par des soldats américains en Corée du Sud, au Japon ou ailleurs dans le monde resteront-ils soumis à une juridiction d'exception, relevant de la justice militaire américaine, qui trop souvent conduit à ce que des soldats américains décident d'absoudre d'autres soldats américains ?

 

En 1995, une fillette japonaise de 12 ans a été violée par des soldats américains à Okinawa, soulevant dans l'archipel une vague de protestations sans précédent contre la présence militaire US.

 

En juin 2002, deux écolières sud-coréennes, Shin Hyo-sun et Shim Mi-seon, ont été écrasées par un véhicule blindé de l'armée américaine. Quelques mois plus tard, en novembre, le sergent Nino et le sergent Walker étaient acquittés par un tribunal militaire américain, soulevant une vague d'indignation à travers toute la Corée, lors d'une campagne nationale ayant exigé la révision du statut des forces américaines en Corée. Ce statut méconnaît la souveraineté du peuple coréen, dénué du droit de rendre justice pour des crimes commis sur son territoire contre ses propres ressortissants.

 

Funerailles_2002.jpg

 

La plupart des délits commis en Corée du Sud par des soldats américains sont étouffés, grâce notamment à la complicité des médias sud-coréens, conservateurs et pro-américains dans leur écrasante majorité : ainsi, alors que 30 crimes sexuels ont été commis par les troupes américaines en Corée du Sud entre 2007 et juin 2011 selon l'Agence de la police national sud-coréenne, la plupart de ces affaires ont été passées sous silence.  Pourtant, deux accusations de viols d'adolescentes viennent d'éclater coup sur coup.

 

Un soldat américain de 21 ans appartenant à la brigade de communications de la 8e armée américaine - identifié par l'initiale R. - a été interrogé par la police sud-coréenne pour des faits remontant aux premières heures de la journée du 17 septembre : l'enquête porte sur l'agression sexuelle présumée d'une adolescente de 18 ans dans la chambre de cette dernière, à Mapo, au centre de Séoul. Le GI avait d'abord raccompagné la jeune fille chez elle après qu'ils eurent bu ensemble et avec un autre soldat. Il ne nie pas une relation sexuelle, mais prétend que la jeune fille était consentante, tout en reconnaissant lui avoir volé un ordinateur. Des tests ADN sont en cours.

 

Une autre affaire implique un soldat américain et une adolescente sud-coréenne, également âgés de 21 ans et 18 ans, pour des faits datant du 24 septembre, à Dongducheon, au Nord de Séoul, où se trouvent plusieurs camps militaires américains. L'enquête est également en cours.

 

En Corée, quand une personne naît, elle est âgée de 1 an, et elle est considérée comme âgée de 2 ans au 1er janvier de l'année suivante. Une adolescente âgée de 18 ans en Corée a donc 16 ou 17 ans en Occident.

 

Le général de brigade américain David Conboy, responsable de la garnison américaine à Séoul, a publié une déclaration regrettant la "souffrance" causée par les allégations de viol dans l'affaire du 17 septembre. James D. Thurman, commandant des forces américaines en Corée, a déclaré avoir instauré un couvre-feu "compte tenu des incidents qui ont eu lieu ces derniers mois".

 

Le 7 octobre, Kurt Campbell, sous-secrétaire d'Etat américain pour l'Asie de l'Est et le Pacifique, a présenté des excuses pour "un viol tragique et inacceptable qui s'est déroulé il y a environ une semaine", sans préciser clairement à laquelle des deux affaires il faisait allusion. Des manifestations se sont tenues à proximité de l'ambassade américaine à Séoul.

 

Mais les excuses ne suffiront pas si les accusations de viol - un délit qualifié de crime en droit pénal - sont avérées, à l'issue d'enquêtes où les Américains doivent coopérer pleinement et sincèrement avec la police coréenne. Les excuses ne compensent jamais les souffrances à vie endurées par les femmes victimes de viol. En cas de crime, le président Barack Obama doit s'excuser au nom du peuple américain, dont les militaires se rendent justice eux-mêmes dans l'accord inique SOFA. Enfin, les principes de justice et de droit à un procès équitable impliquent la révision du statut SOFA des forces américaines stationnées en Corée du Sud. 

 

Sources : AAFC, China Daily, Yonhap.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 00:39

UFG2011 1Le 16 août 2011, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont entamé leur manœuvres militaires conjointes Ulji Freedom Guardian, prévues pour durer dix jours et mobilisant pas moins de 530.000 civils et militaires. Le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes a beau présenter ces manœuvres comme « de routine » et « défensives », elles alimentent à nouveau la tension dans la péninsule coréenne alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait renoué le dialogue avec les Etats-Unis et la Corée du Sud. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangère a dénoncé les manœuvres américano-sud-coréennes, avertissant que, face aux menaces, la RPDC n'aura pas d'autre choix que de développer sa propre force de dissuasion.

 

Le 7 août 2011, l'Armée populaire de Corée (du Nord) a adressé une lettre ouverte aux autorités américaines et sud-coréennes, les exhortant à annuler leurs manœuvres Ulji Freedom Guardian s'ils souhaitent une amélioration de leurs relations avec la RPDC et des progrès dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne. 

 

UFG2011 2Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont ignoré cet appel et lancé le 16 août les manœuvres Ulji Freedom Guardian. A l'instar des manœuvres Key Resolve/Foal Eagle organisées au mois de mars, les manœuvres Ulji Freedom Guardian du mois d'août ont lieu chaque année sur tout le territoire sud-coréen et sont présentées par le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes comme un exercice militaire « de routine », « défensif » et « destiné à améliorer la capacité de l'alliance [Etats-Unis-Corée du Sud] à défendre la République de Corée [du Sud] ». Cette année, Ulji Freedom Guardian s'étale du 16 au 26 août, mobilisant 530.000 personnes, civils et militaires, dont 56.000 soldats sud-coréens et 30.000 soldats américains. Sept pays membres du Commandement des Nations Unies en Corée – dirigé par les Etats-Unis - participent à ces manœuvres en tant qu'observateurs : l'Australie, le Canada, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, la Norvège et la Thailande. La France et l'Australie avaient déjà envoyé des observateurs lors des manœuvres des marines américaine et sud-coréenne du 28 novembre au 1er décembre 2010. Interrogé à l'Assemblée nationale sur la mission précise de ces observateurs, le gouvernement français avait paru gêné, faisant une réponse très générale – et tardive - qui reprenait, sans toutefois le citer, un communiqué de l'armée américaine... 

 

Suite au lancement de l'édition 2011 des manœuvres Ulji Freedom Guardian, le porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a fait la déclaration suivante :

 

« Les autorités américaines et sud-coréenne ont donné le coup d'envoi des exercices militaires conjoints Ulji Freedom Guardian extrêmement provocants et agressifs dirigés contre la République populaire démocratique de Corée, malgré les mises en garde répétées de la RPDC.

Cette démonstration de force des Etats-Unis en collusion avec les autorités sud-coréennes consiste en des manœuvres en vue d'une guerre nucléaire contre la RPDC, lesquelles mettent en évidence leur objectif hostile inchangé de l'étouffer par la force des armes.

Cela entraîne des conséquences néfastes telles que gâcher l'atmosphère de dialogue créée suite à tant d'efforts reflétant le désir et les vœux unanimes des gens dans le pays et à l'étranger pour la paix et la stabilité de la péninsule coréenne et tend la situation.

Les Etats-Unis organisent des exercices en vue d'une guerre d'agression contre leur partenaire de négociation tout en affichant leur volonté de dialogue. Ce comportement incohérent de la part des Etats-Unis ne fait qu'ajouter au scepticisme quant à savoir s'ils sont sincères pour un dialogue ou non.

Il est absurde que les Etats-Unis exhortent la République populaire démocratique de Corée à s'abstenir de renforcer sa dissuasion nucléaire, tout en aiguisant en coulisses leurs épées pour une guerre d'agression.

Il est de très mauvais augure que les Etats-Unis laissent une 'unité d'action spéciale' participer aux exercices militaires conjoints en cours, celle-ci étant chargée de détecter et de détruire les armes nucléaires de la RPDC.

La situation qui prévaut actuellement tend à prouver que les Etats-Unis ne sont pas prêts à réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne par la voie du dialogue et des négociations, mais cherchent à saisir l'opportunité de lui ôter sa force de dissuasion nucléaire par une méthode de brigand.

Il est évident que la République populaire démocratique de Corée doit encore renforcer sa dissuasion nucléaire pour sa propre défense, à la fois en qualité et en quantité, afin de faire face à cette situation.

Invariable est la position de la RPDC d'assurer la paix et la dénucléarisation de la péninsule au moyen du dialogue et des négociations.

Aucune tentative des Etats-Unis visant à faire du mal à la République populaire démocratique de Corée par la force des armes n'est compatible avec le dialogue. Cela ne fera que se heurter au mode de neutralisation sans pitié dont les Coréens sont capables. »

 

UFG2011 3Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne déplore l'organisation des manœuvres militaires Ulji Freedom Guardian, auxquelles, malheureusement, la France apporte sa contribution. Pour l'AAFC, ces manœuvres portent un grave coup à la détente amorcée en juillet 2011 entre les deux Corée et entre la RPDC et les Etats-Unis, suite à la rencontre à Bali, lors du Forum régional de l'ASEAN, des négociateurs du Nord et du Sud aux pourparlers à six pays sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne,  et après la visite à New York du vice-ministre des Affaire étrangères de RPDC Kim Kye-gwan pour des discussions qualifiées de « constructives » avec Stephen Bosworth, négociateur américain aux pourparlers à six. 

 

La RPDC s'est déclarée prête à reprendre le dialogue multilatéral, sans conditions préalables, et à mettre en œuvre la déclaration du 19 septembre 2005 en vue de la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  La proposition nord-coréenne a notamment reçu le soutien de la République populaire de Chine. Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont, eux, préféré se lancer dans une nouvelle série de manœuvres militaires qui ne contribuent ni à instaurer la confiance et la paix en Asie du Nord-Est, ni à faire avancer la dénucléarisation de la Corée, laquelle concerne le monde entier.

 

UFG2011 4Enfin, le risque d'un incident, d'une provocation, ou même d'un simple malentendu aux conséquences incalculables reste élevé quand se répètent des manœuvres militaires d'une telle ampleur dans la péninsule coréenne, laquelle reste « techniquement » en état de guerre depuis 1953 faute de traité de paix.  Ainsi, le 11 août 2011, dans la zone contestée de la mer de l'Ouest (mer Jaune), la Corée du Sud a ouvert le feu en direction du Nord après avoir entendu des bruits de détonations provenant d'un chantier de construction.  Le 26 mars 2010, toujours en mer de l'Ouest, la corvette sud-coréenne Cheonan  avait coulé dans des circonstances encore mystérieuses au cours des manœuvres américano-sud-coréennes Key Resolve/Foal Eagle.  L'enquête conduite par les Etats-Unis et la Corée du Sud a imputé ce naufrage à une torpille nord-coréenne. Ces allégations ont été rejetées par la RPDC et par des spécialistes du monde entier, mais ont servi de prétexte à une multiplication de démonstrations de force par les Etats-Unis et leurs alliés sud-coréens tout au long de l'année 2010. 

 

 

Sources :

"Exercise Ulchi Freedom Guardian 2011 begins", communiqué de presse du Commandement des forces combinées, 16 août 2011

"Spokesman for DPRK Foreign Ministry Slams Ulji Freedom Guardian", KCNA, 17 août 2011

« La RPDC condamne les exercices militaires Washington-Séoul », Xinhua, 17 août 2011 (photos)

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 00:54

 

18082006_210.jpgDu 16 au 26 août 2011, les Etats-Unis et de Corée du Sud effectuent leurs manœuvres militaires conjointes annuelles Ulji Freedom Guardian sur la péninsule coréenne, mobilisant des dizaines de milliers de soldats sud-coréens et américains, auxquels il faut ajouter, selon l'agence sud-coréenne Yonhap, des bureaux gouvernementaux et des entreprises civiles de Corée du Sud. Le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes présente Ulji Freedom Guardian comme « un exercice défensif régulier destiné à améliorer la capacité de l’alliance [Corée du Sud-Etats-Unis] à défendre la République de Corée [du Sud] », et le Commandement des Nations-Unies en Corée, dirigé par les Etats-Unis, a informé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de l'organisation de ces manœuvres, par l'intermédiaire de la représentation de l'Armée populaire de Corée (APC) à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée. Compte tenu de la situation tendue prévalant dans la péninsule coréenne, l'APC a répondu à cette annonce par une lettre ouverte adressée aux autorités américaines et sud-coréennes, leur demandant d'annuler les manœuvres militaires prévues afin de ne pas accroître le risque de guerre. L'APC lance aussi un appel à l'instauration d'un véritable mécanisme de paix dans la péninsule coréenne, en remplacement du simple cessez-le-feu en vigueur depuis 1953. Voici la traduction en français de la version anglaise de cette lettre diffusée par l'agence KCNA.

 

La paix est une aspiration ardente et une exigence invariable de l'armée et du peuple de la République populaire démocratique de Corée.

 

Cependant, la situation dans la péninsule coréenne est depuis longtemps critique après avoir dépassé le précaire état d’armistice.

 

Une telle évolution de la situation est imputable à la politique hostile mise en œuvre à l'égard de la République populaire démocratique de Corée par les Etats-Unis, lesquels ne mettent pas leurs actes en accord avec leurs paroles, et à la politique de confrontation suivie par les autorités sud-coréennes, qui leur obéissent. Il s'agit, en même temps, du produit direct de l'hystérie guerrière toujours plus évidente qui anime les milieux militaires bellicisites et qui en découle.

 

Ulji Freedom Guardian fait partie de cette hystérie pour une guerre d'agression contre le Nord.

 

Cela peut s'expliquer par le fait que la démonstration de force conjointe qui est prévue consiste en de dangereuses manœuvres de guerre organisées par les bellicistes des Etats-Unis et de Corée du Sud conformément à leurs scénarios récemment révisés et complétés pour une guerre avec le Nord. Cela est aussi mis en évidence par le fait que les exercices conjoints prévus seront des manœuvres pour une guerre nucléaire totale impliquant des armements modernes dont des moyens de frappes nucléaires améliorés, des forces d'agression pléthoriques et même des organes administratifs locaux et des entreprises non gouvernementales.

 

Il faut souligner que ce genre de démonstration de force risquée est organisée alors qu'il est bien connu que le ressentiment et la haine suscités parmi l'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée sont à leur paroxysme, ainsi que leur détermination à se venger des hideuses provocations des militaires bellicistes de Corée du Sud.

 

Compte tenu de la grave situation qui prévaut actuellement, la représentation de l'Armée populaire de Corée à Panmunjom est fondée à formuler les exigences de principe suivantes aux autorités américaines et sud-coréennes :

 

1. Les autorités américaines et sud-coréennes doivent montrer à la République populaire démocratique de Corée leur volonté de dénucléarisation de la péninsule coréenne en prenant la décision politique courageuse de renoncer aux exercices militaires conjoints prévus.

 

Si elles organisent des actes de chantage, allant jusqu'à mobiliser le groupe d'un super porte-avions nucléaire et un corps aérien prévu pour une frappe nucléaire stratégique contre l'autre partie tout en la pressant de démontrer son attitude sincère quant à la dénucléarisation, cela revient à briser le principe d'action simultanée pour la dénucléarisation.

 

La dénucléarisation de la péninsule coréenne ne peut pas être réalisée en dénucléarisant un seul camp.

 

Ce doit être une dénucléarisation totale et équitable incluant l’élimination des menaces nucléaires pesant sur la République populaire démocratique de Corée.

 

L'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée ne sont plus ce qu'ils ont été dans le passé. Ils ne cachent pas qu’ils disposent désormais d’une force de dissuasion nucléaire assez puissante pour se défendre eux-mêmes.

 

Si une autre partie déclenche une guerre nucléaire, la République populaire démocratique de Corée est prête à répliquer avec ses armes nucléaires. Nous en faisons la déclaration solennelle.

 

Les autorités américaines et sud-coréennes feraient mieux de tenir compte de la situation en évolution et de bien comprendre qui est leur adversaire. Elles doivent montrer aux yeux du monde entier leur volonté de dénucléariser la péninsule coréenne en renonçant aux exercices prévus pour une guerre nucléaire.

 

2. En annulant ces exercices les autorités américaines et sud-coréennes doivent aussi prendre une décision pratique et courageuse afin de remplacer le système d’armistice par un mécanisme de sauvegarde de la paix dans la péninsule coréenne.

 

La guerre et la paix ne peuvent pas aller ensemble.

 

Il n'y a pas de ruse politique plus éhontée que d'user de la tactique hypocrite et mesquine consistant à préparer la guerre en coulisses tout en faisant semblant d'être pour la paix et le dialogue.

 

La répétition annuelle d'actes de provocation guerrière tels que « Ulji Freedom Guardian » ne fera qu'alimenter le cercle vicieux de la méfiance et de la confrontation et cela aboutira nécessairement à une guerre.

 

Les Etats-Unis et la Corée du Sud se trompent lourdement s'ils pensent qu'ils resteraient en sécurité en cas de guerre dans la péninsule coréenne.

 

Si une guerre éclate, la République populaire démocratique de Corée perdra la ligne de démarcation militaire et gagnera la réunification du pays, le vœu cher à la nation. La République populaire démocratique de Corée est pleine de confiance et d'optimisme à ce sujet.

 

Si les Etats-Unis ont vraiment l’intention de remplacer le système d'armistice par un mécanisme de sauvegarde de la paix, ils doivent montrer par la pratique chez eux et à l'étranger que telle est leur volonté en tant que grande puissance en renonçant au moins aux manœuvres militaires conjointes prévues cette année.

 

3. Les autorités américaines et sud-coréennes doivent exprimer officiellement leur volonté de normaliser les relations entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée et les relations inter-coréennes en renonçant aux exercices militaires conjoints prévus.

 

La normalisation doit commencer en mettant fin aux relations hostiles.

 

Appeler à la réconciliation, à la coopération et à l'amélioration des relations avant d'entreprendre des exercices de guerre pour nuire à l'autre camp serait le comble d'une tactique hypocrite.

 

Les Etats-Unis ont provoqué une immense rancune chez les Coréens et les autorités sud-coréennes ont ruiné l'ère du 15 Juin, causant une peine indicible au peuple. Mais l'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée sont prêts à tout soumettre à la grande œuvre de la paix, de la réunification, de la réconciliation et de la coopération.

 

Les autorités américaines et sud-coréennes ne doivent plus commettre l'erreur politique de mal juger la volonté de la République populaire démocratique de Corée.

 

Le 15 août est supposé marquer un nouveau tournant pour l'amélioration des relations entre le Nord et le Sud. A la lumière de ce que le public attend à ce sujet, ce serait un rejet total de l'amélioration des relations que de lancer les exercices militaires conjoints contre la République populaire démocratique de Corée dès le 16 août.

 

A franchement parler, pour ce qui concerne la question de l’amélioration des relations entre la République populaire démocratique de Corée et les Etats-Unis et des relations inter-coréennes, les Etats-Unis et la Corée du Sud sont plus pressés par le temps que la RPDC.

 

La République populaire démocratique de Corée a suivi jusqu'ici suivi sa voie sans avoir normalisé ses relations avec les Etats-Unis et la Corée du Sud, et elle prospérera et vivra mieux dans le futur aussi.

 

Ils doivent officiellement rendre publique leur volonté d'annuler les exercices militaires dirigés conte l'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée s'il veulent normaliser leurs relations avec la RPDC.

 

L'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée gardent inchangées leur volonté et leur position face à ces exercices avec la plus grande fermeté.

 

Les autorités américaines et sud-coréennes doivent se comporter avec prudence, réfléchir et choisir une sage issue au croisement entre le dialogue ou la confrontation, la paix ou la guerre.

 

L'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée espèrent qu’elles répondront positivement à leur juste appel.

 

 

La représentation de l’Armée populaire de Corée à Panmunjom, le 7 août 2011

 

 

Source : KCNA, 8 août 2011 (traduction : AAFC)

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 14:36

Les 28 et 29 juillet 2011, Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a eu des discussions approfondies à New York avec Stephen Bosworth, représentant spécial du gouvernement américain pour la RPDC. Ces échanges, qualifiés de part et d'autre de "constructifs", avaient été décrits par Washington comme "exploratoires" quant à une reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Après une rencontre intercoréenne lors du forum régional de l'ASEAN, le gouvernement américain avait invité à New York Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée, soulevant l'espoir d'une reprise des pourparlers à six, interrompus depuis avril 2009.

 

stephen_bosworth_kim_kye_gwan.jpgL'agence officielle KCNA de la RPDC a précisé que les discussions, qui se sont déroulées les 28 et 29 juillet 2011 avec Stephen Bosworth à la tête de la délégation américaine, avaient porté sur l'amélioration des relations entre les Etats-Unis et la RPDC, les moyens d'assurer la stabilité de la péninsule coréenne et la reprise des pourparlers à six. Il s'agissait de la première rencontre à ce niveau entre Nord-Coréens et Américains depuis décembre 2009, date de la visite à Pyongyang de Stephen Bosworth.

 

Selon KCNA citant un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, ces échanges ont eu lieu dans "une atmosphère sincère et constructive", "les deux parties ayant reconnu que l'amélioration des relations bilatérales et que le règlement pacifique et négocié de la dénucléarisation de la péninsule coréenne était conforme aux intérêts des deux parties qui avaient convenu de poursuivre le dialogue".

 

La RPDC a réaffirmé sa position d'une reprise des pourparlers à six sans condition préalable, dès que possible, par une mise en oeuvre de l'accord conjoint du 19 septembre 2005 basé sur le principe d'actions simultanées : en d'autres termes, chaque partie doit accomplir en même temps un geste dans la voie de la résolution de la question nucléaire.

 

Partageant également le sentiment d'échanges constructifs, Stephen Bosworth a affirmé que "nous avons réaffirmé que la voie était ouverte pour la Corée du Nord pour une reprise des pourparlers, de meilleures relations avec les Etats-Unis et une plus grande stabilité régionale si la Corée du Nord montre par ses actions qu'elle soutient la reprise des pourparlers à six en tant que partenaire constructif tenant ses engagements".

 

Les Etats-Unis doivent à présent engager des discussions avec leurs partenaires, la Corée du Sud ayant d'ores et déjà affiché une ligne dure. Wi Sung-lac, le négociateur sud-coréen sur les questions nucléaires, a ainsi déclaré à la presse que "nous ne pouvons pas nous rendre à des négociations à six dès lors que le programme nucléaire (nord-coréen) est toujours actif". Cette exigence de concessions sans contrepartie de Pyongyang n'est pas conforme au principe "action pour action" à la base de l'accord de septembre 2005. Wi Sung-lac a ajouté qu'il jugeait ainsi "trop ambitieux" une reprise des pourparlers à six cet automne, une position également contraire à celle de la Corée du Nord favorable à la réouverture des discussions dès que possible.

 

L'enjeu pour la reprise des négociations consiste donc à présent, pour les Etats-Unis, à faire preuve d'efficacité dans leurs pressions discrètes sur les autorités sud-coréennes.

 

Oeuvrant pour la paix et la dénucléarisation de la péninsule coréenne, l'AAFC est favorable à la reprise des pourparlers à six, en vue d'une solution durable qui élimine les risques de guerre en Corée et assure aussi une amélioration des relations entre la RPD de Corée et les Etats-Unis.

 

Sources : AFP, Le Courrier picard (dont photo), KCNA 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 23:50

Le 20 juin 2011, le gouvernement américain a annoncé que la série pour enfants "Pororo" - du nom de son personnage principal, un petit pingouin - serait interdite aux Etats-Unis, après la nouvelle que les studios de dessins animés nord-coréens Samchunlee avaient participé à la création de la série sud-coréenne, dans le cadre d'un projet de coopération intercoréen. Si elle a finalement été évitée, cette application des sanctions économiques contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a montré le caractère foncièrement absurde et injuste de l'embargo américain.

 

pororo_copy1.jpgAvec ses grosses lunettes d'aviateur et sa casquette d'aviateur brun clair, le personnage de dessins animés Pororo ne ressemblait pas à un agent de subversion communiste. Et pourtant... telle  est manifestement l'interprétation des autorités gouvernementales américaines.  Le 20 juin 2011, Washington a annoncé que la série sud-coréenne, exportée dans plus de 110 pays dans le monde, devait être interdite aux Etats-Unis, en application des mesures de sanction économique américaines contre la Corée du Nord, après qu'on eut appris que des dessinateurs nord-coréens avaient participé au lancement du dessin animé, dans le cadre d'une coopération intercoréenne ayant aujourd'hui pris fin.

 

Pour les officiels américains, l'embargo porte non seulement sur les biens nord-coréens, mais aussi sur les produits utilisant des capitaux ou de la main-d'oeuvre de Corée du Nord. Cette mesure unilatérale, et son interprétation extensive, sont à l'origine d'un contentieux entre Séoul et Washington sur les biens produits par les entreprises sud-coréennes dans la zone industrielle de Kaesong, au Nord de la DMZ, que les Etats-Unis incluent dans l'embargo contre la RPD de Corée.

 

Finalement, les autorités américaines auraient accepté de lever l'embargo sur le dessin animé "Pororo, le petit pingouin", en considérant qu'il s'agissait d'information, comme l'a annoncé la radio Voice of America le mercredi 29 juin.

 

Cette étroitesse d'esprit américaine n'en reste pas moins d'autant plus consternante qu'elle ne trouve aucune justification dans des mesures analogues qu'auraient pu prendre les autorités nord-coréennes. Au contraire, fin 2007, les spectateurs français avaient pu découvrir sur les écrans de cinéma Le journal d'une jeune Nord-Coréenne, un film de RPD de Corée où un portrait de Mickey apparaît dans les premières images, et les dessins animés américains de Tom et Jerry sont également diffusés en République populaire démocratique de Corée.   

 

Source : The Korea Herald, sur le site Asianewsnet 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 23:08

Le 17 avril 2011, lors d'une visite à Séoul la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton aurait appelé le gouvernement sud-coréen à reprendre le dialogue intercoréen. Si ces informations sont exactes (ce que tendraient à accréditer les bruits d'une possible rencontre entre les négociateurs nord et sud-coréens aux pourparlers à six), elles signifieraient que les Etats-Unis se démarquent de leur allié sud-coréen sur la question nord-coréenne, offrant un réel espoir pour une reprise des échanges entre les deux Corée. Il pourrait alors s'agir d'un préalable à une réouverture des pourparlers à six, à laquelle Pyongyang s'est déclaré favorable.

 

TKY201104250366.jpgEn se démarquant des positions du gouvernement sud-coréen, les Etats-Unis ont les moyens de permettre une reprise des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Le quotidien japonais Asahi Shimbun a cité des sources ayant fait état de pressions en ce sens de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton sur les autorités sud-coréennes, lors d'une rencontre à Séoul le 17 avril. De source diplomatique, Hillary Clinton aurait suggéré aux responsables sud-coréens de rencontrer leurs homologues nord-coréens pour s'assurer de l'engagement de Pyongyang à une dénucléarisation de la péninsule. Certes, la formulation a été prudente - jusqu'ici, le gouvernement conservateur de Lee Myung-bak a dénoncé le manque de "sincérité" des offres de dialogue de Pyongyang, posant ainsi un critère matériellement invérifiable, pour rejeter les propositions de la RPD de Corée. Par ailleurs, ces pressions ont été accompagnées du traditionnel message de soutien de Washington à son allié sud-coréen, ainsi que du respect américain des positions de Séoul. Mais le message n'en était pas moins clair : la balle est dans le camp de Séoul pour la reprise des négociations, le dialogue intercoréen étant considéré par les Etats-Unis comme un préalable à la réouverture des pourparlers à six.

 

Autre pierre dans le jardin sud-coréen : les Etats-Unis envisagent l'envoi d'une aide publique à la Corée du Nord, menacée par une grave pénurie alimentaire - ce que, pour sa part, refuse jusqu'à présent le gouvernement sud-coréen, même s'il a autorisé les ONG sud-coréennes à conduire des actions de solidarité avec les populations nord-coréennes.

 

Dans le passé, quand les Etats-Unis ont fait pression sur la Corée du Sud pour engager le dialogue avec la Corée du Nord, les autorités sud-coréennes ont dû céder au "grand frère" américain, les Etats-Unis commandant toujours aujourd'hui les forces sud-coréennes en cas de guerre : tel avait été le cas, notamment, lors du premier dialogue intercoréen Nord-Sud en 1972. Si les Etats-Unis sont fermes vis-à-vis du président sud-coréen Lee Myung-bak, ils détiennent les clés du dialogue et d'une paix durable en Asie du Nord-Est. Peut-être la visite de Jimmy Carter et d'autres anciens chefs d'Etat en Corée du Sud, à leur retour de Pyongyang, posera-t-elle les jalons d'une acceptation par Séoul d'un retour à la table des négociations, sans faire perdre la face aux actuelles autorités sud-coréennes.

 

Source : Asahi Shimbun (dont photo).

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 12:18

Le 6 avril 2011, le professeur Yang Yoon-mo, critique de cinéma, a été arrêté après s'être couché sous un camion pour s'opposer à la construction de la base navale américaine dans l’île de Jeju, à l’extrême sud de la péninsule coréenne. Le professeur Yang a engagé une grève de la faim, alors que la mobilisation contre la base américaine s’amplifie – avec au premier rang les habitants de l’île, qui ne veulent pas que celle-ci devienne une nouvelle Okinawa et alors que l'armée américaine a des responsabilités dans la répression meurtrière de dizaines de milliers de Coréens de Jeju en 1948.

 

Yang yoon mo emprisonnéLa photo a été prise par un homme qui a rendu visite à Yang Yoon-mo, dans sa cellule de la prison de Dongboo, sur l’île de Jeju. Il avait été arrêté le 6 avril, alors qu’il s’était physiquement opposé à la construction de la nouvelle base américaine dans l’île, en s’allongeant sur le chantier le 4 avril dernier. Ayant commencé une grève de la faim, le professeur Yang tend un papier où il est écrit : « Moi, Yang Yoon-mo, critique de cinéma, engage une grève de la faim illimitée au risque de ma vie, en exigeant : 1. La fin de la construction de la base navale ; 2. Au regard des actes de violence intentionnels perpétrés par les policiers du commissariat de Seogwipo le 6 avril, le relèvement de ses fonctions du commissaire de Seogwipo ; 3. La sanction de tous les policiers qui ont participé à la violence de groupe [pendant l’arrestation] le 6 avril ». Le mandat d’arrêt a été donné le 8 avril par les autorités judiciaires de Jeju, soulevant l’indignation de la population témoin des violences policières.

 

Le 9 avril, un groupe d’opposants appelé « Frontière » a organisé une manifestation sur le chantier : leur dirigeant, M. Song, a raconté comment il échappé aux forces de police qui, après avoir prétendu l’escorter, avaient tenté de l’arrêter. L’entreprise de construction présente sur le site avait promis de retirer ses équipements, avant de revenir sur sa promesse dès lors que la manifestation s’est terminée.

 

Yang Yoon-mo est personnellement concerné par le sort des habitants de Jeju : les frères de sa grand-mère maternelle ont été tués par la police sud-coréenne lors de la manifestation du 1er mars 1948, qui commémorait le soulèvement contre l’occupation japonaise, vingt-neuf ans plus tôt, en 1919. La répression de la manifestation du 1er mars 1948 avait entraîné le soulèvement de l’île de Jeju, le 3 avril, causant la mort par le régime de Syngman Rhee, avec l'appui des soldats américains, de 30.000 à 60.000 personnes, et l'exil de 40.000 autres (pour une population de 300.000 habitants). La construction de la base navale américaine a ainsi entraîné une large opposition de la population de l’île, dans une opposition qualifiée de « second 3 avril ».

 

Un Américain solidaire des habitants de Jeju, Eddy MacGregor, a appelé à protester contre cette atteinte aux droits de l’homme auprès de la mission de la République de Corée (du Sud) aux Nations Unies, ainsi que des ambassades sud-coréennes à l’étranger.

 

Un lourd climat pèse sur les droits de l’homme en Corée du Sud. La quotidien de centre-gauche Hankyoreh a ainsi révélé que les relevés d’ADN, autorisés depuis juillet 2010 pour lutter contre des faits de nature criminelle, étaient effectués à l’encontre d’ouvriers ayant participé soit à la grève de Ssangyong Motor, soit à l’occupation de l’usine Daelim.

 

Solidaire des Coréens en lutte contre la construction d’une base navale américaine qui menacerait le patrimoine naturel exceptionnel de l’île de Jeju et aviverait encore davantage les tensions dans la péninsule coréenne, l’Association d’amitié franco-coréenne appelle à la libération du professeur Yang Yoon-mo. Une pétition circule pour sa libération.

 

Source principale : No base stories of Korea (articles d'avril 2011)

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 22:46

En réponse à une question posée par l'agence officielle KCNA, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a indiqué, le 22 mars 2011, qu'il condamnait l'attaque militaire américaine et d'autres puissances occidentales contre la Libye, comme une ingérence dans les affaires intérieures de la Libye alimentant une guerre civile. Par ailleurs, Pyongyang a indiqué que les garanties de sécurité et l'amélioration des relations, pour lesquelles plaident les Etats-Unis , désarment en fait les Etats face à des agressions américaines.

 

556px-Coalition_action_against_Libya_svg.png

 

Le 22 mars 2011, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères (MAE) de la RPD de Corée a dénoncé l'attaque militaire de la Libye par les Etats-Unis en collusion avec  d'autres puissances occidentales (notamment la France et le Royaume-Uni, sans les nommer), comme une "ingérence ouverte dans les affaires intérieures de la Libye, alimentant une guerre civile". La résolution des Nations Unies a abusé l'autorité du Conseil de sécurité, l'intervention militaire armée ayant dépassé les limites fixées par la résolution. "La RPDC dénonce fortement [cette attaque] comme une violation gratuite de la souveraineté et de l'intégrité territoriale d'un Etat indépendant et un horrible crime contre l'humanité", qualifiant cette action de guerre d' "injustifiable" et devant être arrêtée immédiatement, au moment où le monde entier est "témoin presque quotidiennement de la mort misérable d'un grand nombre de citoyens et des désastres indicibles causés par les deux guerres lancées par les Etats-Unis" au XXIème siècle, en Irak et en Afghanistan.

 

Toujours selon Pyongyang, cette nouvelle guerre américaine pour un changement de régime à Tripoli vise à placer sous le contrôle américain les ressources naturelles libyennes, au prétexte de protéger les populations civiles.

 

L'attaque contre la Libye justifie, selon la RPDC, le bien-fondé de sa politique de songun donnant la priorité aux affaires militaires, le désarmement nucléaire de la Libye et l'utilisation par les Etats-Unis de formules telles que des "garanties de sécurité" et "l'amélioration des relations" ayant tendu à l'affaiblissement militaire de la Libye. Pour le MAE nord-coréen, "cela prouve une fois encore cette vérité historique que la paix ne peut être préservée que lorsqu'on bâtit sa propre puissance militaire, aussi longtemps que des pratiques arbitraires et désinvoltes continuent dans le monde". Ce qu'affirmait déjà le proverbe latin "si vis pacem, para bellum" (si tu veux la paix, prépare la guerre).

 

De même que l'attaque militaire contre l'Irak en 2003 avait incité la RPD de Corée à accélérer son programme nucléaire pour se préserver du risque d'une agression par les Etats-Unis, jusqu'à la conduite d'essais nucléaires en octobre 2006 et en mai 2009, la situation en Libye éloigne un peu plus la perspective d'une reprise du dialogue à six sur le nucléaire dans la péninsule coréenne : les garanties de sécurité et l'amélioration des relations bilatérales qu'évoque le MAE nord-coréen correspondent en effet aux promesses que les Etats-Unis avait faites à Tripoli, et qu'ils font aujourd'hui à Pyongyang.

 

Source : KCNA

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 22:25

Comme tous les ans, les manoeuvres militaires conjointes américano - sud-coréennes engagent d'importantes forces, dans le cas d'exercices présentés comme "défensifs" par Washington et Séoul mais dénoncés par Pyongyang comme des "exercices de guerre à grande échelle". L'AAFC condamne ces vastes manoeuvres comme génératrices d'un climat de tensions dans la péninsule coréenne, alors que la priorité devrait être à la reprise du dialogue pour résoudre les différends entre les parties, en vue d'assurer la paix et la stabilité en Asie du Nord-Est.

 

300px-USSRONALDREAGANgoodshot.jpg200.000 Sud-Coréens, 12.800 Américains : tels sont les effectifs engagés en 2011 dans les exercices militaires conjoints américano - sud-coréens, pendant une période de deux mois : aux exercices "Key Resolve", jusqu'au 10 mars, succèderont les manoeuvres "Foal Eagle" qui doivent se terminer le 30 avril. Ces exercices impliquent notamment le porte-avions USS Ronald Reagan (CVN-76). Aucun porte-avions n'avait participé aux exercices 2010.

 

Cet important déploiement de forces est justifié par les commandements américain et sud-coréen suite au naufrage du Cheonan, qu'une enquête américaine et sud-coréenne a imputé à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), dans des conclusions contestées non seulement par la Corée du Nord, mais aussi par un membre de l'équipe d'enquête, des scientifiques indépendants et les experts de la Marine russe. Le drame du Cheonan, à l'origine de la mort de 46 marins, est intervenu lors des exercices 2010, confortant la thèse de l'accident (avancée notamment par le journaliste japonais Tanaka Sakai dans The Asia-Pacific Journal).

 

Alors que les précédentes offres nord-coréennes de dialogue intercoréen ont été rejetées par le gouvernement sud-coréen, la Chine a condamné les exercices "Key Resolve" et "Foal Eagle" comme attisant les tensions dans la péninsule coréenne.

 

Pyongyang a vivement réagi en menaçant d'une "guerre totale", un communiqué du porte-parole du ministère des Affaires étrangères (MAE) de la RPDC ayant déclaré, dès le début des exercices : "il s'agit d'exercices pour une guerre nucléaire impliquant les énormes moyens offensifs des Etats-Unis [...] conformément à un plan opérationnel pour préparer une attaque nucléaire préventive contre la RPDC." Rappelant que la RPDC avait formulé des offres de dialogue sans condition préalable dans le seul but d'assurer la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne, le communiqué du MAE de la RPDC conclut : "la RPDC est prête à la fois pour le dialogue et la confrontation. Les Etats-Unis seraient fort avisés de bien savoir ce qu'ils perdraient plutôt qu'ils ne gagneraient par l'escalade des tensions militaires dans la péninsule."

 

Un élément supplémentaire de tensions est l'envoi par des groupes conservateurs sud-coréens de ballons au Nord de la péninsule, portant notamment des messages appelant les Nord-Coréens au soulèvement en suivant l'exemple de plusieurs peuples arabes. Pyongyang, qui s'abstient de toute manoeuvre de même nature vis-à-vis des Sud-Coréens, a vivement dénoncé cette "guerre psychologique".

 

Sources :

- AAFC

- "North Korea threatens US, South with 'all-out war'", AFP, 27 février 2011

- "DPRK ready for both dialogue and confrontation : spokesman of its Foreign ministry", KCNA, 1er mars 2011

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