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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 00:54

 

18082006_210.jpgDu 16 au 26 août 2011, les Etats-Unis et de Corée du Sud effectuent leurs manœuvres militaires conjointes annuelles Ulji Freedom Guardian sur la péninsule coréenne, mobilisant des dizaines de milliers de soldats sud-coréens et américains, auxquels il faut ajouter, selon l'agence sud-coréenne Yonhap, des bureaux gouvernementaux et des entreprises civiles de Corée du Sud. Le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes présente Ulji Freedom Guardian comme « un exercice défensif régulier destiné à améliorer la capacité de l’alliance [Corée du Sud-Etats-Unis] à défendre la République de Corée [du Sud] », et le Commandement des Nations-Unies en Corée, dirigé par les Etats-Unis, a informé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de l'organisation de ces manœuvres, par l'intermédiaire de la représentation de l'Armée populaire de Corée (APC) à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée. Compte tenu de la situation tendue prévalant dans la péninsule coréenne, l'APC a répondu à cette annonce par une lettre ouverte adressée aux autorités américaines et sud-coréennes, leur demandant d'annuler les manœuvres militaires prévues afin de ne pas accroître le risque de guerre. L'APC lance aussi un appel à l'instauration d'un véritable mécanisme de paix dans la péninsule coréenne, en remplacement du simple cessez-le-feu en vigueur depuis 1953. Voici la traduction en français de la version anglaise de cette lettre diffusée par l'agence KCNA.

 

La paix est une aspiration ardente et une exigence invariable de l'armée et du peuple de la République populaire démocratique de Corée.

 

Cependant, la situation dans la péninsule coréenne est depuis longtemps critique après avoir dépassé le précaire état d’armistice.

 

Une telle évolution de la situation est imputable à la politique hostile mise en œuvre à l'égard de la République populaire démocratique de Corée par les Etats-Unis, lesquels ne mettent pas leurs actes en accord avec leurs paroles, et à la politique de confrontation suivie par les autorités sud-coréennes, qui leur obéissent. Il s'agit, en même temps, du produit direct de l'hystérie guerrière toujours plus évidente qui anime les milieux militaires bellicisites et qui en découle.

 

Ulji Freedom Guardian fait partie de cette hystérie pour une guerre d'agression contre le Nord.

 

Cela peut s'expliquer par le fait que la démonstration de force conjointe qui est prévue consiste en de dangereuses manœuvres de guerre organisées par les bellicistes des Etats-Unis et de Corée du Sud conformément à leurs scénarios récemment révisés et complétés pour une guerre avec le Nord. Cela est aussi mis en évidence par le fait que les exercices conjoints prévus seront des manœuvres pour une guerre nucléaire totale impliquant des armements modernes dont des moyens de frappes nucléaires améliorés, des forces d'agression pléthoriques et même des organes administratifs locaux et des entreprises non gouvernementales.

 

Il faut souligner que ce genre de démonstration de force risquée est organisée alors qu'il est bien connu que le ressentiment et la haine suscités parmi l'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée sont à leur paroxysme, ainsi que leur détermination à se venger des hideuses provocations des militaires bellicistes de Corée du Sud.

 

Compte tenu de la grave situation qui prévaut actuellement, la représentation de l'Armée populaire de Corée à Panmunjom est fondée à formuler les exigences de principe suivantes aux autorités américaines et sud-coréennes :

 

1. Les autorités américaines et sud-coréennes doivent montrer à la République populaire démocratique de Corée leur volonté de dénucléarisation de la péninsule coréenne en prenant la décision politique courageuse de renoncer aux exercices militaires conjoints prévus.

 

Si elles organisent des actes de chantage, allant jusqu'à mobiliser le groupe d'un super porte-avions nucléaire et un corps aérien prévu pour une frappe nucléaire stratégique contre l'autre partie tout en la pressant de démontrer son attitude sincère quant à la dénucléarisation, cela revient à briser le principe d'action simultanée pour la dénucléarisation.

 

La dénucléarisation de la péninsule coréenne ne peut pas être réalisée en dénucléarisant un seul camp.

 

Ce doit être une dénucléarisation totale et équitable incluant l’élimination des menaces nucléaires pesant sur la République populaire démocratique de Corée.

 

L'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée ne sont plus ce qu'ils ont été dans le passé. Ils ne cachent pas qu’ils disposent désormais d’une force de dissuasion nucléaire assez puissante pour se défendre eux-mêmes.

 

Si une autre partie déclenche une guerre nucléaire, la République populaire démocratique de Corée est prête à répliquer avec ses armes nucléaires. Nous en faisons la déclaration solennelle.

 

Les autorités américaines et sud-coréennes feraient mieux de tenir compte de la situation en évolution et de bien comprendre qui est leur adversaire. Elles doivent montrer aux yeux du monde entier leur volonté de dénucléariser la péninsule coréenne en renonçant aux exercices prévus pour une guerre nucléaire.

 

2. En annulant ces exercices les autorités américaines et sud-coréennes doivent aussi prendre une décision pratique et courageuse afin de remplacer le système d’armistice par un mécanisme de sauvegarde de la paix dans la péninsule coréenne.

 

La guerre et la paix ne peuvent pas aller ensemble.

 

Il n'y a pas de ruse politique plus éhontée que d'user de la tactique hypocrite et mesquine consistant à préparer la guerre en coulisses tout en faisant semblant d'être pour la paix et le dialogue.

 

La répétition annuelle d'actes de provocation guerrière tels que « Ulji Freedom Guardian » ne fera qu'alimenter le cercle vicieux de la méfiance et de la confrontation et cela aboutira nécessairement à une guerre.

 

Les Etats-Unis et la Corée du Sud se trompent lourdement s'ils pensent qu'ils resteraient en sécurité en cas de guerre dans la péninsule coréenne.

 

Si une guerre éclate, la République populaire démocratique de Corée perdra la ligne de démarcation militaire et gagnera la réunification du pays, le vœu cher à la nation. La République populaire démocratique de Corée est pleine de confiance et d'optimisme à ce sujet.

 

Si les Etats-Unis ont vraiment l’intention de remplacer le système d'armistice par un mécanisme de sauvegarde de la paix, ils doivent montrer par la pratique chez eux et à l'étranger que telle est leur volonté en tant que grande puissance en renonçant au moins aux manœuvres militaires conjointes prévues cette année.

 

3. Les autorités américaines et sud-coréennes doivent exprimer officiellement leur volonté de normaliser les relations entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée et les relations inter-coréennes en renonçant aux exercices militaires conjoints prévus.

 

La normalisation doit commencer en mettant fin aux relations hostiles.

 

Appeler à la réconciliation, à la coopération et à l'amélioration des relations avant d'entreprendre des exercices de guerre pour nuire à l'autre camp serait le comble d'une tactique hypocrite.

 

Les Etats-Unis ont provoqué une immense rancune chez les Coréens et les autorités sud-coréennes ont ruiné l'ère du 15 Juin, causant une peine indicible au peuple. Mais l'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée sont prêts à tout soumettre à la grande œuvre de la paix, de la réunification, de la réconciliation et de la coopération.

 

Les autorités américaines et sud-coréennes ne doivent plus commettre l'erreur politique de mal juger la volonté de la République populaire démocratique de Corée.

 

Le 15 août est supposé marquer un nouveau tournant pour l'amélioration des relations entre le Nord et le Sud. A la lumière de ce que le public attend à ce sujet, ce serait un rejet total de l'amélioration des relations que de lancer les exercices militaires conjoints contre la République populaire démocratique de Corée dès le 16 août.

 

A franchement parler, pour ce qui concerne la question de l’amélioration des relations entre la République populaire démocratique de Corée et les Etats-Unis et des relations inter-coréennes, les Etats-Unis et la Corée du Sud sont plus pressés par le temps que la RPDC.

 

La République populaire démocratique de Corée a suivi jusqu'ici suivi sa voie sans avoir normalisé ses relations avec les Etats-Unis et la Corée du Sud, et elle prospérera et vivra mieux dans le futur aussi.

 

Ils doivent officiellement rendre publique leur volonté d'annuler les exercices militaires dirigés conte l'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée s'il veulent normaliser leurs relations avec la RPDC.

 

L'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée gardent inchangées leur volonté et leur position face à ces exercices avec la plus grande fermeté.

 

Les autorités américaines et sud-coréennes doivent se comporter avec prudence, réfléchir et choisir une sage issue au croisement entre le dialogue ou la confrontation, la paix ou la guerre.

 

L'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée espèrent qu’elles répondront positivement à leur juste appel.

 

 

La représentation de l’Armée populaire de Corée à Panmunjom, le 7 août 2011

 

 

Source : KCNA, 8 août 2011 (traduction : AAFC)

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 14:36

Les 28 et 29 juillet 2011, Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a eu des discussions approfondies à New York avec Stephen Bosworth, représentant spécial du gouvernement américain pour la RPDC. Ces échanges, qualifiés de part et d'autre de "constructifs", avaient été décrits par Washington comme "exploratoires" quant à une reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Après une rencontre intercoréenne lors du forum régional de l'ASEAN, le gouvernement américain avait invité à New York Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée, soulevant l'espoir d'une reprise des pourparlers à six, interrompus depuis avril 2009.

 

stephen_bosworth_kim_kye_gwan.jpgL'agence officielle KCNA de la RPDC a précisé que les discussions, qui se sont déroulées les 28 et 29 juillet 2011 avec Stephen Bosworth à la tête de la délégation américaine, avaient porté sur l'amélioration des relations entre les Etats-Unis et la RPDC, les moyens d'assurer la stabilité de la péninsule coréenne et la reprise des pourparlers à six. Il s'agissait de la première rencontre à ce niveau entre Nord-Coréens et Américains depuis décembre 2009, date de la visite à Pyongyang de Stephen Bosworth.

 

Selon KCNA citant un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, ces échanges ont eu lieu dans "une atmosphère sincère et constructive", "les deux parties ayant reconnu que l'amélioration des relations bilatérales et que le règlement pacifique et négocié de la dénucléarisation de la péninsule coréenne était conforme aux intérêts des deux parties qui avaient convenu de poursuivre le dialogue".

 

La RPDC a réaffirmé sa position d'une reprise des pourparlers à six sans condition préalable, dès que possible, par une mise en oeuvre de l'accord conjoint du 19 septembre 2005 basé sur le principe d'actions simultanées : en d'autres termes, chaque partie doit accomplir en même temps un geste dans la voie de la résolution de la question nucléaire.

 

Partageant également le sentiment d'échanges constructifs, Stephen Bosworth a affirmé que "nous avons réaffirmé que la voie était ouverte pour la Corée du Nord pour une reprise des pourparlers, de meilleures relations avec les Etats-Unis et une plus grande stabilité régionale si la Corée du Nord montre par ses actions qu'elle soutient la reprise des pourparlers à six en tant que partenaire constructif tenant ses engagements".

 

Les Etats-Unis doivent à présent engager des discussions avec leurs partenaires, la Corée du Sud ayant d'ores et déjà affiché une ligne dure. Wi Sung-lac, le négociateur sud-coréen sur les questions nucléaires, a ainsi déclaré à la presse que "nous ne pouvons pas nous rendre à des négociations à six dès lors que le programme nucléaire (nord-coréen) est toujours actif". Cette exigence de concessions sans contrepartie de Pyongyang n'est pas conforme au principe "action pour action" à la base de l'accord de septembre 2005. Wi Sung-lac a ajouté qu'il jugeait ainsi "trop ambitieux" une reprise des pourparlers à six cet automne, une position également contraire à celle de la Corée du Nord favorable à la réouverture des discussions dès que possible.

 

L'enjeu pour la reprise des négociations consiste donc à présent, pour les Etats-Unis, à faire preuve d'efficacité dans leurs pressions discrètes sur les autorités sud-coréennes.

 

Oeuvrant pour la paix et la dénucléarisation de la péninsule coréenne, l'AAFC est favorable à la reprise des pourparlers à six, en vue d'une solution durable qui élimine les risques de guerre en Corée et assure aussi une amélioration des relations entre la RPD de Corée et les Etats-Unis.

 

Sources : AFP, Le Courrier picard (dont photo), KCNA 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 23:50

Le 20 juin 2011, le gouvernement américain a annoncé que la série pour enfants "Pororo" - du nom de son personnage principal, un petit pingouin - serait interdite aux Etats-Unis, après la nouvelle que les studios de dessins animés nord-coréens Samchunlee avaient participé à la création de la série sud-coréenne, dans le cadre d'un projet de coopération intercoréen. Si elle a finalement été évitée, cette application des sanctions économiques contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a montré le caractère foncièrement absurde et injuste de l'embargo américain.

 

pororo_copy1.jpgAvec ses grosses lunettes d'aviateur et sa casquette d'aviateur brun clair, le personnage de dessins animés Pororo ne ressemblait pas à un agent de subversion communiste. Et pourtant... telle  est manifestement l'interprétation des autorités gouvernementales américaines.  Le 20 juin 2011, Washington a annoncé que la série sud-coréenne, exportée dans plus de 110 pays dans le monde, devait être interdite aux Etats-Unis, en application des mesures de sanction économique américaines contre la Corée du Nord, après qu'on eut appris que des dessinateurs nord-coréens avaient participé au lancement du dessin animé, dans le cadre d'une coopération intercoréenne ayant aujourd'hui pris fin.

 

Pour les officiels américains, l'embargo porte non seulement sur les biens nord-coréens, mais aussi sur les produits utilisant des capitaux ou de la main-d'oeuvre de Corée du Nord. Cette mesure unilatérale, et son interprétation extensive, sont à l'origine d'un contentieux entre Séoul et Washington sur les biens produits par les entreprises sud-coréennes dans la zone industrielle de Kaesong, au Nord de la DMZ, que les Etats-Unis incluent dans l'embargo contre la RPD de Corée.

 

Finalement, les autorités américaines auraient accepté de lever l'embargo sur le dessin animé "Pororo, le petit pingouin", en considérant qu'il s'agissait d'information, comme l'a annoncé la radio Voice of America le mercredi 29 juin.

 

Cette étroitesse d'esprit américaine n'en reste pas moins d'autant plus consternante qu'elle ne trouve aucune justification dans des mesures analogues qu'auraient pu prendre les autorités nord-coréennes. Au contraire, fin 2007, les spectateurs français avaient pu découvrir sur les écrans de cinéma Le journal d'une jeune Nord-Coréenne, un film de RPD de Corée où un portrait de Mickey apparaît dans les premières images, et les dessins animés américains de Tom et Jerry sont également diffusés en République populaire démocratique de Corée.   

 

Source : The Korea Herald, sur le site Asianewsnet 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 23:08

Le 17 avril 2011, lors d'une visite à Séoul la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton aurait appelé le gouvernement sud-coréen à reprendre le dialogue intercoréen. Si ces informations sont exactes (ce que tendraient à accréditer les bruits d'une possible rencontre entre les négociateurs nord et sud-coréens aux pourparlers à six), elles signifieraient que les Etats-Unis se démarquent de leur allié sud-coréen sur la question nord-coréenne, offrant un réel espoir pour une reprise des échanges entre les deux Corée. Il pourrait alors s'agir d'un préalable à une réouverture des pourparlers à six, à laquelle Pyongyang s'est déclaré favorable.

 

TKY201104250366.jpgEn se démarquant des positions du gouvernement sud-coréen, les Etats-Unis ont les moyens de permettre une reprise des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Le quotidien japonais Asahi Shimbun a cité des sources ayant fait état de pressions en ce sens de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton sur les autorités sud-coréennes, lors d'une rencontre à Séoul le 17 avril. De source diplomatique, Hillary Clinton aurait suggéré aux responsables sud-coréens de rencontrer leurs homologues nord-coréens pour s'assurer de l'engagement de Pyongyang à une dénucléarisation de la péninsule. Certes, la formulation a été prudente - jusqu'ici, le gouvernement conservateur de Lee Myung-bak a dénoncé le manque de "sincérité" des offres de dialogue de Pyongyang, posant ainsi un critère matériellement invérifiable, pour rejeter les propositions de la RPD de Corée. Par ailleurs, ces pressions ont été accompagnées du traditionnel message de soutien de Washington à son allié sud-coréen, ainsi que du respect américain des positions de Séoul. Mais le message n'en était pas moins clair : la balle est dans le camp de Séoul pour la reprise des négociations, le dialogue intercoréen étant considéré par les Etats-Unis comme un préalable à la réouverture des pourparlers à six.

 

Autre pierre dans le jardin sud-coréen : les Etats-Unis envisagent l'envoi d'une aide publique à la Corée du Nord, menacée par une grave pénurie alimentaire - ce que, pour sa part, refuse jusqu'à présent le gouvernement sud-coréen, même s'il a autorisé les ONG sud-coréennes à conduire des actions de solidarité avec les populations nord-coréennes.

 

Dans le passé, quand les Etats-Unis ont fait pression sur la Corée du Sud pour engager le dialogue avec la Corée du Nord, les autorités sud-coréennes ont dû céder au "grand frère" américain, les Etats-Unis commandant toujours aujourd'hui les forces sud-coréennes en cas de guerre : tel avait été le cas, notamment, lors du premier dialogue intercoréen Nord-Sud en 1972. Si les Etats-Unis sont fermes vis-à-vis du président sud-coréen Lee Myung-bak, ils détiennent les clés du dialogue et d'une paix durable en Asie du Nord-Est. Peut-être la visite de Jimmy Carter et d'autres anciens chefs d'Etat en Corée du Sud, à leur retour de Pyongyang, posera-t-elle les jalons d'une acceptation par Séoul d'un retour à la table des négociations, sans faire perdre la face aux actuelles autorités sud-coréennes.

 

Source : Asahi Shimbun (dont photo).

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 12:18

Le 6 avril 2011, le professeur Yang Yoon-mo, critique de cinéma, a été arrêté après s'être couché sous un camion pour s'opposer à la construction de la base navale américaine dans l’île de Jeju, à l’extrême sud de la péninsule coréenne. Le professeur Yang a engagé une grève de la faim, alors que la mobilisation contre la base américaine s’amplifie – avec au premier rang les habitants de l’île, qui ne veulent pas que celle-ci devienne une nouvelle Okinawa et alors que l'armée américaine a des responsabilités dans la répression meurtrière de dizaines de milliers de Coréens de Jeju en 1948.

 

Yang yoon mo emprisonnéLa photo a été prise par un homme qui a rendu visite à Yang Yoon-mo, dans sa cellule de la prison de Dongboo, sur l’île de Jeju. Il avait été arrêté le 6 avril, alors qu’il s’était physiquement opposé à la construction de la nouvelle base américaine dans l’île, en s’allongeant sur le chantier le 4 avril dernier. Ayant commencé une grève de la faim, le professeur Yang tend un papier où il est écrit : « Moi, Yang Yoon-mo, critique de cinéma, engage une grève de la faim illimitée au risque de ma vie, en exigeant : 1. La fin de la construction de la base navale ; 2. Au regard des actes de violence intentionnels perpétrés par les policiers du commissariat de Seogwipo le 6 avril, le relèvement de ses fonctions du commissaire de Seogwipo ; 3. La sanction de tous les policiers qui ont participé à la violence de groupe [pendant l’arrestation] le 6 avril ». Le mandat d’arrêt a été donné le 8 avril par les autorités judiciaires de Jeju, soulevant l’indignation de la population témoin des violences policières.

 

Le 9 avril, un groupe d’opposants appelé « Frontière » a organisé une manifestation sur le chantier : leur dirigeant, M. Song, a raconté comment il échappé aux forces de police qui, après avoir prétendu l’escorter, avaient tenté de l’arrêter. L’entreprise de construction présente sur le site avait promis de retirer ses équipements, avant de revenir sur sa promesse dès lors que la manifestation s’est terminée.

 

Yang Yoon-mo est personnellement concerné par le sort des habitants de Jeju : les frères de sa grand-mère maternelle ont été tués par la police sud-coréenne lors de la manifestation du 1er mars 1948, qui commémorait le soulèvement contre l’occupation japonaise, vingt-neuf ans plus tôt, en 1919. La répression de la manifestation du 1er mars 1948 avait entraîné le soulèvement de l’île de Jeju, le 3 avril, causant la mort par le régime de Syngman Rhee, avec l'appui des soldats américains, de 30.000 à 60.000 personnes, et l'exil de 40.000 autres (pour une population de 300.000 habitants). La construction de la base navale américaine a ainsi entraîné une large opposition de la population de l’île, dans une opposition qualifiée de « second 3 avril ».

 

Un Américain solidaire des habitants de Jeju, Eddy MacGregor, a appelé à protester contre cette atteinte aux droits de l’homme auprès de la mission de la République de Corée (du Sud) aux Nations Unies, ainsi que des ambassades sud-coréennes à l’étranger.

 

Un lourd climat pèse sur les droits de l’homme en Corée du Sud. La quotidien de centre-gauche Hankyoreh a ainsi révélé que les relevés d’ADN, autorisés depuis juillet 2010 pour lutter contre des faits de nature criminelle, étaient effectués à l’encontre d’ouvriers ayant participé soit à la grève de Ssangyong Motor, soit à l’occupation de l’usine Daelim.

 

Solidaire des Coréens en lutte contre la construction d’une base navale américaine qui menacerait le patrimoine naturel exceptionnel de l’île de Jeju et aviverait encore davantage les tensions dans la péninsule coréenne, l’Association d’amitié franco-coréenne appelle à la libération du professeur Yang Yoon-mo. Une pétition circule pour sa libération.

 

Source principale : No base stories of Korea (articles d'avril 2011)

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 22:46

En réponse à une question posée par l'agence officielle KCNA, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a indiqué, le 22 mars 2011, qu'il condamnait l'attaque militaire américaine et d'autres puissances occidentales contre la Libye, comme une ingérence dans les affaires intérieures de la Libye alimentant une guerre civile. Par ailleurs, Pyongyang a indiqué que les garanties de sécurité et l'amélioration des relations, pour lesquelles plaident les Etats-Unis , désarment en fait les Etats face à des agressions américaines.

 

556px-Coalition_action_against_Libya_svg.png

 

Le 22 mars 2011, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères (MAE) de la RPD de Corée a dénoncé l'attaque militaire de la Libye par les Etats-Unis en collusion avec  d'autres puissances occidentales (notamment la France et le Royaume-Uni, sans les nommer), comme une "ingérence ouverte dans les affaires intérieures de la Libye, alimentant une guerre civile". La résolution des Nations Unies a abusé l'autorité du Conseil de sécurité, l'intervention militaire armée ayant dépassé les limites fixées par la résolution. "La RPDC dénonce fortement [cette attaque] comme une violation gratuite de la souveraineté et de l'intégrité territoriale d'un Etat indépendant et un horrible crime contre l'humanité", qualifiant cette action de guerre d' "injustifiable" et devant être arrêtée immédiatement, au moment où le monde entier est "témoin presque quotidiennement de la mort misérable d'un grand nombre de citoyens et des désastres indicibles causés par les deux guerres lancées par les Etats-Unis" au XXIème siècle, en Irak et en Afghanistan.

 

Toujours selon Pyongyang, cette nouvelle guerre américaine pour un changement de régime à Tripoli vise à placer sous le contrôle américain les ressources naturelles libyennes, au prétexte de protéger les populations civiles.

 

L'attaque contre la Libye justifie, selon la RPDC, le bien-fondé de sa politique de songun donnant la priorité aux affaires militaires, le désarmement nucléaire de la Libye et l'utilisation par les Etats-Unis de formules telles que des "garanties de sécurité" et "l'amélioration des relations" ayant tendu à l'affaiblissement militaire de la Libye. Pour le MAE nord-coréen, "cela prouve une fois encore cette vérité historique que la paix ne peut être préservée que lorsqu'on bâtit sa propre puissance militaire, aussi longtemps que des pratiques arbitraires et désinvoltes continuent dans le monde". Ce qu'affirmait déjà le proverbe latin "si vis pacem, para bellum" (si tu veux la paix, prépare la guerre).

 

De même que l'attaque militaire contre l'Irak en 2003 avait incité la RPD de Corée à accélérer son programme nucléaire pour se préserver du risque d'une agression par les Etats-Unis, jusqu'à la conduite d'essais nucléaires en octobre 2006 et en mai 2009, la situation en Libye éloigne un peu plus la perspective d'une reprise du dialogue à six sur le nucléaire dans la péninsule coréenne : les garanties de sécurité et l'amélioration des relations bilatérales qu'évoque le MAE nord-coréen correspondent en effet aux promesses que les Etats-Unis avait faites à Tripoli, et qu'ils font aujourd'hui à Pyongyang.

 

Source : KCNA

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 22:25

Comme tous les ans, les manoeuvres militaires conjointes américano - sud-coréennes engagent d'importantes forces, dans le cas d'exercices présentés comme "défensifs" par Washington et Séoul mais dénoncés par Pyongyang comme des "exercices de guerre à grande échelle". L'AAFC condamne ces vastes manoeuvres comme génératrices d'un climat de tensions dans la péninsule coréenne, alors que la priorité devrait être à la reprise du dialogue pour résoudre les différends entre les parties, en vue d'assurer la paix et la stabilité en Asie du Nord-Est.

 

300px-USSRONALDREAGANgoodshot.jpg200.000 Sud-Coréens, 12.800 Américains : tels sont les effectifs engagés en 2011 dans les exercices militaires conjoints américano - sud-coréens, pendant une période de deux mois : aux exercices "Key Resolve", jusqu'au 10 mars, succèderont les manoeuvres "Foal Eagle" qui doivent se terminer le 30 avril. Ces exercices impliquent notamment le porte-avions USS Ronald Reagan (CVN-76). Aucun porte-avions n'avait participé aux exercices 2010.

 

Cet important déploiement de forces est justifié par les commandements américain et sud-coréen suite au naufrage du Cheonan, qu'une enquête américaine et sud-coréenne a imputé à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), dans des conclusions contestées non seulement par la Corée du Nord, mais aussi par un membre de l'équipe d'enquête, des scientifiques indépendants et les experts de la Marine russe. Le drame du Cheonan, à l'origine de la mort de 46 marins, est intervenu lors des exercices 2010, confortant la thèse de l'accident (avancée notamment par le journaliste japonais Tanaka Sakai dans The Asia-Pacific Journal).

 

Alors que les précédentes offres nord-coréennes de dialogue intercoréen ont été rejetées par le gouvernement sud-coréen, la Chine a condamné les exercices "Key Resolve" et "Foal Eagle" comme attisant les tensions dans la péninsule coréenne.

 

Pyongyang a vivement réagi en menaçant d'une "guerre totale", un communiqué du porte-parole du ministère des Affaires étrangères (MAE) de la RPDC ayant déclaré, dès le début des exercices : "il s'agit d'exercices pour une guerre nucléaire impliquant les énormes moyens offensifs des Etats-Unis [...] conformément à un plan opérationnel pour préparer une attaque nucléaire préventive contre la RPDC." Rappelant que la RPDC avait formulé des offres de dialogue sans condition préalable dans le seul but d'assurer la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne, le communiqué du MAE de la RPDC conclut : "la RPDC est prête à la fois pour le dialogue et la confrontation. Les Etats-Unis seraient fort avisés de bien savoir ce qu'ils perdraient plutôt qu'ils ne gagneraient par l'escalade des tensions militaires dans la péninsule."

 

Un élément supplémentaire de tensions est l'envoi par des groupes conservateurs sud-coréens de ballons au Nord de la péninsule, portant notamment des messages appelant les Nord-Coréens au soulèvement en suivant l'exemple de plusieurs peuples arabes. Pyongyang, qui s'abstient de toute manoeuvre de même nature vis-à-vis des Sud-Coréens, a vivement dénoncé cette "guerre psychologique".

 

Sources :

- AAFC

- "North Korea threatens US, South with 'all-out war'", AFP, 27 février 2011

- "DPRK ready for both dialogue and confrontation : spokesman of its Foreign ministry", KCNA, 1er mars 2011

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 00:21

Les 8 et 9 février 2011, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) et la République de Corée (du Sud) ont renoué le dialogue militaire à haut niveau, sur la proposition de Pyongyang. Mais les discussions ont tourné court, la partie sud-coréenne ayant exigé préalablement une condamnation du naufrage du Cheonan - dans lequel la RPDC nie toute implication - puis du bombardement de l'île de Yeonpyeong, le 23 novembre dernier. Le groupe d'inspection de la Commission de la Défense nationale (CDN) de la RPDC s'est exprimé à ce sujet dans une déclaration rendue publique le 23 février par une dépêche de l'agence nord-coréenne KCNA, et dont l'AAFC reproduit ci-après des extraits. 

 

NLL-Yeonpyeong

Selon le groupe d'inspection de la CDN, après l'affaire du Cheonan, le bombardement de Yeonpyeong a été "la seconde provocation militaire programmée pour embraser une guerre contre la RPDC".

 

Dans son communiqué destiné à révéler "la vérité derrière le bombardement de l'île de Yeonpyeong", le groupe d'inspection de la CDN accuse l'armée sud-coréenne d'avoir tiré la première dans les eaux territoriales de la RPDC lors des exercices militaires Hoguk, après avoir ignoré le message téléphonique préalable de l'Armée populaire de Corée de s'abstenir de tirs qui entraîneraient une riposte ferme - pour sa part, la Corée du Sud affirme avoir tiré vers l'ouest, donc en dehors des eaux territoriales nord-coréennes. Toujours selon les experts nord-coréens, la plupart des 1.300 habitants civils de l'île se trouvaient alors "heureusement" sur la rive opposée aux tirs d'artillerie, mais des civils dans les casernes sont morts, ayant été utilisés comme "boucliers humains" par le "groupe de traîtres" sud-coréens qui souhaitent la "confrontation avec leurs compatriotes".

 

Au regard des intrusions répétées dans les eaux nord-coréennes (à plus de 600 reprises en 2010), le groupe d'inspection de la CDN estime que le bombardement de Yeonpyeong n'a pas été un accident, mais le produit d'une politique délibérée de confrontation impliquant les Etats-Unis : "les impérialistes américains, les vrais maîtres du commandement [des Nations Unies] détenant le droit de 'contrôler les opérations en temps de guerre' [...] ont soutenu avec zèle et patronné les provocations militaires des forces fantoches [du Sud], loin de les empêcher", conduisant la péninsule coréenne au bord de la guerre. "Ils utilisent une gamme complète de moyens tels que l'isolement et l'étranglement de l'économie [de la RPDC], la guerre psychologique et la menace militaire pour étouffer le socialisme à la coréenne", au terme d'une intensification des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens après le naufrage du Cheonan. L'attisement des tensions  est dénoncée comme asseyant leur politique de domination mondiale.

 

Rappelant les précédents affrontements intercoréens en mer de l'Ouest en 1999, 2002 et 2009, les inspecteurs de la CDN soulignent le caractère "illégitime" de la ligne de limite Nord (Northern Limit Line, NLL), tracée unilatéralement par les troupes onusiennes sous commandement américain à la fin de la guerre de Corée en 1953. Ils observent notamment que "la NLL est totalement contraire au paragraphe 13 B de l'Accord coréen d'armistice disposant que les îles du groupe de Paekryeong, Daecheong, Socheong, Yeonpyeong et Woo resteront sous le contrôle militaire du commandement des 'forces des Nations Unies' et que les autres îles et espaces maritimes seront sous le contrôle de la RPDC. Elle enfreint totalement les normes sur les frontières maritimes en droit international de la mer, dont le respect du droit aux 12 miles nautiques pour les eaux territoriales." 

 

Tout en réaffirmant l'engagement de la RPDC à respecter les accords intercoréens du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007 rejetés par l'administration Lee Myung-bak, les inspecteurs de la CDN de la RPDC concluent que "l'armée et le peuple de la RPDC continueront à faire tout leur possible pour ruiner les actions néfastes des pires éléments au monde qui veulent la confrontation, afin d'améliorer les relations Nord-Sud et d'assurer la paix et la stabilité de la péninsule coréenne."

 

Source : KCNA, "NDC Inspection Group Issues Statement Revealing Truth behind Yonphyong Island Shelling", 23 février 2011

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 00:07

Des documents américains récemment déclassifiés indiquent que, de 1958 à 1991, les Etats-Unis ont déployé des centaines de têtes nucléaires dans le sud de la péninsule coréenne - un maximum ayant été atteint en 1967, date à laquelle on comptait 950 têtes nucléaires. Si, depuis 1991, l'armée américaine affirme avoir retiré toutes ses armes nucléaires du sol coréen, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) exige toujours une réciprocité américaine, vérifiable, dans le cadre des accords de dénucléarisation de la péninsule coréenne - alors que les inspections de l'AIEA visent le seul programme nord-coréen qui porte sur un nombre d'armes très inférieur à celles qu'a reconnu déployer l'armée américaine pendant plus de trois décennies, après que le général MacArthur eut envisagé l'utilisation des armes nucléaires en Corée pendant la guerre (1950-1953). L'AAFC publie ci-après la traduction d'un article du quotidien sud-coréen de langue anglaise The Korea Times.

 

honest_john.jpgDes armes nucléaires ont été déployées pendant 33 ans dans la péninsule coréenne, de 1958 à 1991 quand les Etats-Unis ont retiré leurs dernières 100 armes nucléaires tactiques, selon un journal local.

 

En janvier 1958, les Etats-Unis ont déployé pour la première fois des armes nucléaires tactiques, avec de petites têtes nucléaires sur la fusée Honest John et des obusiers de 8 pouces. Les obusiers de 8 pouces ont été déployés pendant 33 ans jusqu'à leur retrait en 1991 (...).

 

En mars 1958, des têtes nucléaires qui pouvaient être lâchées par des avions de combat ont été déployées, tandis que les missiles Lacrosse, Davy Crockett et Sergeant avec de petites têtes nucléaires ont fait leurs débuts en Corée entre juillet 1960 et septembre 1963.

 

Jusqu'à 950 têtes nucléaires ont été déployées jusqu'en 1967, alors qu'un nombre croissant d'armes nucléaires tactiques étaient introduites. Au total, 11 sortes d'armes nucléaires tactiques ont été déployées pendant 10 ans.

 

L'entraînement dans l'utilisation des têtes nucléaires s'est poursuivi jusqu'en 1991. Selon des documents américains déclassifiés, les derniers exercices sont intervenus sur la base aérienne de Gunsan durant la première moitié de l'année, avec les avions de combat 48 F-16C de la 8ème Unité Tactique.

 

Source : " Korea had 950 nuclear warheads till 1991", in The Korea Times, 20 février 2011 (traduit de l'anglais par l'AAFC)

 

 

Sur la doctrine d'emploi de l'arme nucléaire par les Etats-Unis en Corée, lire aussi :

La politique anti-nucléaire en trompe-l'oeil de l'administration Obama, 17 avril 2010 

Quand les Etats-Unis détruisaient un pays pour le sauver, 25 juin 2010

Tirer les enseignements de l'histoire ou tirer profit de la situation?, 2 juillet 2010



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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 21:14

La fin de l'année 2010 a vu les médias occidentaux mettre en lumière un site Internet, WikiLeaks, qui a notamment divulgué le contenu de nombreux télégrammes diplomatiques américains. L'AAFC n'a pas qualité pour participer au débat sur l'origine des fuites ni sur leurs conséquences politiques et diplomatiques, ne pouvant que se borner à constater que les difficultés du site et les poursuites intentées à l'encontre de son principal porte-parole, Julian Assange, portent un regard cru sur les limites de la démocratie au sens où l'entendent les gouvernements occidentaux. Spécialisée sur les questions coréennes, l'AAFC souhaite plus modestement faire le point sur ce que nous apprennent les télégrammes diplomatiques américains rendus publics de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), et des moyens de la diplomatie américaine elle-même.

 

Julian_Assange_cropped_-Norway-_March_2010-.jpg"WikiLeaks nous aide à comprendre, après tout, que le renseignement n'est parfois pas fiable et peut même être amusant", selon le constat d'un spécialiste russe de la Corée du Nord, Leonid Petrov, dans un message posté sur Facebook le 1er décembre 2010. "Il nous apprend aussi ce qui peut arriver quand vous n'avez pas d'accès direct à la Corée du Nord. Les personnes qui connaissent réellement la Corée du Nord n'envoient pas des télégrammes à leurs gouvernements depuis les pays voisins [de la Corée du Nord]", ce qui suppose d'avoir des diplomates en poste à Pyongyang - comme ce n'est pas le cas des Etats-Unis, du Japon ou de la France.

 

De fait, de révélations sur la Corée du Nord, il n'y en a pas eu : qu'il s'agisse des (nombreuses) spéculations sur le pouvoir nord-coréen ou des positions sur la question coréenne des autres gouvernements que celui des Etats-Unis, tout avait déjà été dit par des fuites dans la presse, y compris sur des rumeurs qui devaient finalement s'avérer fausses. Ce qui a été présenté comme la principale nouveauté serait les interrogations au sein du gouvernement chinois sur la possibilité, ou non, d'une remise en cause de l'alliance sino - nord-coréenne. Mais là encore, le débat relevait du domaine public, au moins depuis l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009 qui avait entraîné la publication d'articles, dans plusieurs médias chinois officiels, appelant à réviser la position de la Chine à l'égard de la RPDC. Pourtant, le raffermissement de l'entente sino - nord-coréenne, patent au second semestre de l'année 2010 après la multiplication des exercices conjoints américano - sud-coréens, a montré la différence qu'il faut établir entre la position du gouvernement chinois et les débats à l'intérieur de la société chinoise. Les diplomates américains semblent avoir d'autant plus volontiers amplifié les voix chinoises critiques à l'égard de la RPDC qu'elles ne pouvaient que conforter leurs secrets espoirs d'une dégradation des relations entre Pyongyang et Pékin.

 

Parmi les télégrammes diplomatiques rendus publics, on notera la faible place qu'occupent les sujets militaires, indiquant par là-même qu'il s'agit d'extraits des documents présentant le plus faible degré de confidentialité, et qui sont aussi les plus largement diffusés. On ne saura ainsi rien des coopérations militaires, réelles ou supposées, entre la Corée du Nord et l'Iran, la Syrie ou la Birmanie.

 

Malgré cette limite d'accès aux télégrammes diplomatiques américains, le contenu des documents rendus publics est surtout révélateur des centres d'intérêt du renseignement américain sur la RPDC, de ses sources et, avouons-le, de ses faiblesses. Les questions économiques et sociales sont réduites à la portion congrue. En revanche, les spéculations sur les dirigeants nord-coréens sont légion, sans réel effort pour comprendre le système politique ni les enjeux de pouvoir entre les différents acteurs - contrairement, par exemple, aux analyses assez fines conduites par des chercheurs étrangers sur la période de mise en place des institutions nord-coréennes après 1945.

 

Généralement dépourvus d'accès à des sources nord-coréennes (en tout cas, pour ceux qui se sont exprimés dans WikiLeaks), les diplomates américains se prêtent au jeu des spéculations fondées sur les sources les plus faibles : des témoignages oraux de personnes tierces ayant accès à la Corée du Nord. Mais quel crédit accorder à des discussions de fin de repas (arrosé ?) avec tel ou tel acteur chinois ou russe, surtout quand elles proviennent de diplomates manifestement néophytes en matière de renseignement ? La Corée du Nord apparaît ainsi comme le révélateur des failles diplomatiques de l'hyperpuissance américaine.

 

 

 

 

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