Le 30 juin 2017, à l'occasion de la première visite aux Etats-Unis de Moon Jae-in, nouvellement élu président de la République de Corée (Corée du Sud), un communiqué conjoint a été publié avec son homologue américain Donald Trump. Alors que le déplacement des chefs d'Etat sud-coréens aux Etats-Unis après leur élection est vu à Séoul comme un exercice obligé, cette rencontre au sommet était attendue et observée au regard des distances qu'avait prises Moon Jae-in avec les Etats-Unis au cours de sa campagne électorale. Si de l'aveu même des communicants de chaque partie il s'agissait pour les deux hommes d'apprendre à se connaître et que certains sujets ont donné lieu à des discussions "franches" (soit, en langage diplomatique, l'expression nette de divergences), le moment n'était pas à l'expression publique de désaccords - mais plutôt à l'affichage d'un "consensus de façade" (selon l'expression des journalistes du quotidien Le Monde Stéphanie Le Bars et Philippe Pons) - tandis que sur la forme Moon Jae-in n'a pas été reçu dans la résidence privée de Donald Trump à Mar-a-Lago, contrairement au Premier ministre japonais.
Surtout, éviter les sujets qui fâchent : le communiqué conjoint américano-sud-coréen exclut ainsi la délicate question du déploiement en Corée du Sud du bouclier de missiles américain THAAD, dont le nouveau chef d'Etat sud-coréen a obtenu qu'il soit suspendu.
Si le sujet de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est a priori moins conflictuel - les deux pays partagent au moins l'objectif de mettre fin aux programmes balistiques et nucléaires de Pyongyang, tout en poursuivant leurs manoeuvres militaires conjointes de grande ampleur et en accroissant les sanctions internationales contre la Corée du Nord - la volonté sud-coréenne de dialoguer avec la Corée du Nord n'a guère de répondant à ce jour aux Etats-Unis, le président américain ayant commencé à mettre en place des sanctions contre les entreprises chinoises commerçant avec la RPD de Corée, et jugé utile de souligner que sa patience était à bout - même s'il ne fait que poursuivre dans ses grandes lignes la politique nord-coréenne de son prédécesseur, en augmentant toujours davantage les sanctions contre la RPDC. Néanmoins, en s'affirmant ouvert au dialogue, Donald Trump a apparemment modéré son approche et tenu compte du changement de majorité à Séoul - c'est du moins ce que veut accréditer l'agence officielle de presse sud-coréenne, en présentant le communiqué conjoint Washington-Séoul sous le titre : "Trump soutient l'initiative sud-coréenne de redémarrer le dialogue avec Pyongyang", tout en citant par ailleurs le communiqué conjoint selon lequel les deux partes "ont affirmé leur engagement à mettre en œuvre pleinement les sanctions actuelles et imposer de nouvelles mesures destinées à appliquer une pression maximale sur la Corée du Nord".Dans l'avion qui le conduisait à Washington, Moon Jae-in avait ainsi déclaré être pour la reprise inconditionnelle du dialogue avec la Corée du Nord :
Il ne s’agit pas de récompenser la Corée du Nord pour son comportement répréhensible, mais Séoul et Washington devraient examiner ensemble ce qu’ils pourraient lui offrir en échange d’un gel de son programme nucléaire (...) Nous devons engager un dialogue avec Pyongyang (...) Sans condition.
Autre sujet de discorde, l'accord de libre-échange Etats-Unis - République de Corée, entré en vigueur en 2012, dont Donald Trump a souligné pendant sa rencontre au sommet avec Moon Jae-in qu'il entendait le renégocier. Comme le souligne l'agence Yonhap, le communiqué conjoint mentionne seulement la nécessité de créer les conditions d'un commerce "équitable" :
A propos des questions économiques, Moon et Trump se sont mis d'accord pour créer des conditions du marché «équitables» pouvant aider à résoudre le déficit commercial des Etats-Unis.
Le communiqué n'a cependant pas fait allusion à une renégociation imminente de l'accord de libre-échange (ALE) entre les deux pays qui a été décrit dans le passé par le président américain comme un «accord horrible».
Enfin, alors que la Corée du Sud a réaffirmé son engagement à soutenir les Etats-Unis dans la lutte contre l'Etat islamique et, plus largement, contre le terrorisme, les Américains ont fait un geste en direction des Sud-Coréens en évoquant la possibilité de transférer à Séoul le commandement opérationnel des forces sud-coréennes en temps de guerre, qui avait été refusé par les conservateurs sud-coréens, mais sous certaines conditions également soulignées par l'agence Yonhap :
Le communiqué a aussi noté que les dirigeants ont également convenu de travailler en vue d'assurer dans les meilleurs délais le transfert à Séoul du contrôle opérationnel en temps de guerre des forces sud-coréennes, une mesure qui a été initialement convenue il y a plus d'une décennie mais qui a été reportée à une date indéterminée sous l'ancien gouvernement conservateur.
Le transfert dépendra toutefois des futures acquisitions de Séoul en matière de capacités de défense indépendantes, a-t-il indiqué.
Au final, le déplacement de Moon Jae-in aux Etats-Unis n'a certes pas levé tous les points de désaccord avec l'administration Trump, mais a permis de poser les conditions d'une poursuite et d'une éventuelle évolution des termes de l'alliance traditionnelle américano-sud-coréenne, au regard des attentes de chacune des deux parties.
Le nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, qui a été reçu à la Maison Blanche, a éludé ses divergences avec Donald Trump à propos du régime de Pyongyang et des relations commerciales. L...
Le président américain Donald Trump a affiché son soutien à la politique du président Moon Jae-in qui consiste à chercher à relancer le dialogue avec la Corée du Nord dans un communiqué co...
Si les échanges intercoréens redémarrent en dehors des circuits intergouvernementaux, les autorités de la République de Corée (au Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (au Nord) ont formulé des propositions de reprise des discussions qui, au-delà de leur rejet par l'autre partie, témoignent que les deux Etats explorent bien la voie d'un nouveau dialogue.
Lorsque Moon Jae-in dénonce la RPD de Corée comme "irrationnelle", il faut y voir une réaction après que le Nord eut décrit le Président sud-coréen comme le "porte-parole" de Washington - alors qu'une rencontre au sommet entre Donald Trump et Moon Jae-in doit intervenir la semaine prochaine. Au regard des échanges très vifs, de part et d'autre, sous les présidences conservatrices à Séoul, ces propos, pour peu diplomatiques qu'ils soient, restent somme toute modérés.
La première proposition de reprise du dialogue est venue du Sud, lorsque Moon Jae-in a déclaré que la cessation par Pyongyang de ses "provocations" permettrait une reprise sans conditions des discussions entre le Nord et le Sud. Ces propos ont été particulièrement mal accueillis par la RPD de Corée, qui cherche à découpler les questions de sécurité (tenant selon elle à ses relations avec Washington) du dialogue intercoréen.
La RPD de Corée a ensuite mis sur la table un moratoire de ses essais nucléaires si Washington et Séoul arrêtaient leurs manoeuvres militaires. La proposition n'est pas nouvelle (elle avait déjà été formulée en janvier 2015), mais elle se rapproche d'une suggestion de Pékin vis-à-vis des Etats-Unis (suspendre les exercices militaires des Etats-Unis et de leurs alliés en contrepartie d'un gel par la RPD de Corée de ses activités balistiques et nucléaires). Plus encore, Moon Jae-in pense que la dénucléarisation de la péninsule coréenne exige d'abord un moratoire des activités nucléaires de Pyongyang, et son conseiller spécial pour la diplomatie et la sécurité, Moon Chung-in, a proposé lors d'un forum à Washington la diminution de l'ampleur des exercices militaires menés conjointement avec les Etats-Unis, en contrepartie d'une suspension par la RPD de Corée de ses essais nucléaires et balistiques.
Si les termes du dialogue restent différents, ils n'en tendent pas moins à se rapprocher. Reste à savoir si, sur ces questions où Séoul ne se désolidarise jamais totalement des Etats-Unis, quelle pourrait être la réaction de l'administration Trump.
La Corée du Sud s'est montrée prudente face à des déclarations de l'ambassadeur nord-coréen en Inde, Kye Chun-yong, sur une proposition de moratoire sur les essais nucléaires et balistiques d...
L'étudiant américain Otto Warmbier avait été arrêté en janvier 2016 en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), où il s'était rendu dans le cadre d'un voyage touristique organisé par l'agence Young Pioneer Tours, après avoir confessé avoir tenté de voler une affiche de propagande. Condamné à quinze ans de travaux forcés, il avait été libéré le 13 juin dernier, après une médiation par le département d'Etat américain sur laquelle ce dernier est resté très discret. Libéré en état de coma, (un "état d'éveil non réactif", selon les médecins), Otto Warmbier est décédé six jours plus tard, à l'âge de 22 ans.
Otto Warmbier, lors de son procès à Pyongyang
Avant d'examiner les termes du débat sur les causes de la mort d'Otto Warmbier, l'Association d'amitié franco-coréenne souhaite tout d'abord témoigner de sa profonde tristesse quant à ce dénouement tragique, tant pour le jeune homme - certes mort auprès des siens - que pour sa famille. Quels que soient les actes commis par l'étudiant américain, peut-être un rapatriement sanitaire plus précoce aurait-il été nécessaire. Si la médecine n'est pas une science exacte, nous formulons l'espoir que, à l'avenir, dans des circonstances similaires, une solution diplomatique soit explorée dès que possible pour empêcher que de tels drames se reproduisent.
Selon la RPD de Corée, Otto Warmbier souffrait de botulisme, une maladie paralytique rare mais grave, d'origine infectieuse et pouvant aboutir à une paralysie des muscles, notamment respiratoires.
A son retour aux Etats-Unis, le jeune homme avait subi une batterie d'examens, qui ne permettaient pas de déterminer avec précision les causes de son grave état de santé, comme l'a indiqué le Washington Post :
Les docteurs disent ne pas savoir ce qui a causé les dommages cérébraux. A la question de savoir si ce pouvait être le résultat de coups ou d'autres violences pendant son emprisonnement, ils ont répondu que Warmbier ne présentait aucun signe de traumatisme, ni de fractures sévères ou cicatrisées.
Daniel Kanter, directeur d'unité médicale de soins intensifs en neuroscience, a au contraire affirmé que l'origine de la lésion cérébrale apparue dans les résultats des IRM correspondait à un arrêt cardiopulmonaire avec des dommages aux tissus cérébraux dus à un manque d'irrigation en sang du cerveau.
Toujours selon les médecins, il n'aurait pas été trouvé de traces de botulisme dans le corps d'Otto Warmbier et les lésions sont antérieures à avril 2016, suivant les résultats de deux IRM envoyés par les médecins nord-coréens à leurs collègues américains.
Malgré ces conclusions médicales prudentes, un certain nombre de médias ont relayé la thèse d'une mort suite à des coups et blessures, entretenue par le département d'Etat américain - bien que ce dernier affirme ne pas pouvoir dire si Otto Warmbier aurait été frappé en RPDC, par égards pour la famille qui, pour sa part, a mis vivement en cause les autorités nord-coréennes avant même la libération du jeune homme.
Alors que trois autres citoyens américains (un homme d'affaires et deux universitaires) restent détenus en Corée du Nord - ils constituent d'ailleurs pratiquement les seuls ressortissants étrangers arrêtés en RPDC - la disparition d'Otto Warmbier dégrade encore un peu plus les relations bilatérales déjà tendues entre Pyongyang et Washington.
Doctors discussed what they know about the condition of a University of Virginia student who was detained in North Korea for nearly a year and a half before he was medically evacuated to the United
Le jeune homme de 22 ans avait été rapatrié aux Etats-Unis le 13 juin après plus d'un an de détention en Corée du Nord. Il était dans le coma et souffrait de lésions cérébrales. Le Monde ...
Libéré mardi par les autorités nord-coréennes, Otto Warmbier souffre de graves lésions neurologiques. Des médecins américains rejettent le diagnostic de Pyongyang selon lequel l'étudiant se...
Le 7 juin 2017, le Président de la République de Corée Moon Jae-in a annoncé la suspension du déploiement en Corée du Sud du système américain de missiles antimissile THAAD, dans l'attente que soit menée une étude d'impact environnemental. Cependant, deux jours plus tard la Maison Bleue - siège de la présidence sud-coréenne - a annoncé que le déploiement du THAAD se déroulera "comme prévu". Décryptage.
Militante dans le comté de Seongju, site retenu pour le déploiement de THAAD, fait signer une pétition contre THAAD.
L'annonce du Président Moon Jae-in a été saluée par tous ceux qui veulent la paix et refusent la course aux armements en Asie du Nord-Est : le déploiement du très controversé dispositif THAAD est suspendu dans l'attente des résultats d'une étude d'impact, qui pourrait durer plus d'un an, qui devrait notamment mesurer l'impact sur la santé du champ magnétique du radar AN/TPY-2. Une telle étude d'impact était obligatoire, mais avait été omise dans le but manifestement d'accélérer la mise en place de THAAD avant l'élection présidentielle du 9 mai, remportée par l'opposition démocrate, pour mettre le nouveau chef de l'Etat devant le fait accompli.
Non seulement il s'agissait de passer en force contre l'opinion publique, mais la réalité même du déploiement de THAAD a été cachée par l'armée sud-coréenne au Président Moon Jae-in : fin mai, un rapport qui lui avait été transmis afin de préparer sa rencontre aux Etats-Unis avec Donald Trump, en juin, avait délibérément supprimé un passage indiquant l'arrivée de quatre camions lanceurs de missiles sur le sol sud-coréen. Il ne fait guère de doute que cette indiscipline de l'armée, qui a entraîné le renvoi du vice-ministre de la Défense en charge des affaires politiques, conjuguée aux efforts déployés par le ministère de la Défense pour empêcher l'étude d'impact environnemental, a pesé dans l'annonce du Président Moon Jae-in sur la suspension de la mise en oeuvre de THAAD.
Mais suspension ne signifie pas démantèlement de THAAD, comme l'a souligné le surlendemain Chung Eui-yong, chef du bureau de la sécurité nationale à la présidence sud-coréenne :
Le gouvernement gérera le déploiement du THAAD selon ses principes tout en étant pleinement conscient des menaces nucléaires et balistiques de la Corée du Nord (...) Le gouvernement n'a pas l'intention de changer fondamentalement ce qui a été promis dans le cadre de l'alliance Corée – États-Unis.
L'administration Moon Jae-in marche sur des œufs. Elle ne peut pas se permettre une remise en cause immédiate et radicale de THAAD, surtout à la veille d'un sommet américano-sud-coréen, vu la relation militaire entre Séoul et Washington. Le président sud-coréen ne peut pas non plus afficher une autre attitude que la fermeté face aux lancements répétés de missiles par la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), au risque sinon de perdre toute crédibilité dans l'opinion publique sud-coréenne.
L'étude d'environnement a aussi le mérite de laisser du temps au temps, tout en freinant l'escalade engendrée par le déploiement de THAAD : Moon Jae-in a adopté, de manière courageuse et prudente, la seule position réaliste et crédible pour abaisser les tensions qu'avait attisée l'administration conservatrice dans la péninsule coréenne.
Le nouveau président sud-coréen Moon Jae-in a toujours été réservé sur le bouclier antimissile américain. Le nouveau président sud-coréen, Moon Jae-in, a suspendu mercredi 7 juin, à peine...
Le déploiement en cours en Corée du Sud du système américain antimissile THAAD ne fera pas l'objet de changement fondamental, a fait savoir ce vendredi Chung Eui-yong, le chef du Bureau de la ...
Blue House highlights several procedural problems with Defense Ministry's effort to rush deployment The Blue House announced on June 7 that it would wait for the completion of the Defense Ministry's
Après l'annonce du Président américain Donald Trump que son pays se retirait de l'accord de Paris (COP21) sur le climat, approuvé en décembre 2015 par 195 pays (en présence notamment de Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée, qui a été le troisième pays d'Asie à ratifier l'accord), les réactions ont été diverses en Corée : si la République de Corée (Corée du Sud), alliée de Washington, a seulement jugé cette décision "regrettable", la RPD de Corée (Corée du Nord) a vivement critiqué l'administration américaine.
Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat
Alors que les sujets de friction ne manquent pas avec Washington (notamment sur le déploiement du système américain de missiles antimissile THAAD, que le nouveau président sud-coréen Moon Jae-in entend voir suspendu, après qu'un scandale est né du déploiement en catimini de lanceurs sur le territoire sud-coréen), l'administration sud-coréenne a réagi de manière modérée à l'annonce du retrait américain de la COP21 - la Corée du Sud étant par ailleurs mise en cause pour ses efforts insuffisants dans la lutte contre le changement climatique. L'initiative de Donald Trump a en effet seulement été qualifiée de "regrettable" par le ministère sud-coréen des Affaires étrangères :
Il est regrettable que la solidarité et les efforts mondiaux pour une (meilleure) réponse au changement climatique aient été affaiblis en raison de la décision des Etats-Unis de se retirer de l'accord de Paris.
A contrario, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a vivement critiqué, le 6 juin 2017, une décision "égoïste", alors que le réchauffement climatique est "l'un des plus graves défis actuels auquel fait face l'humanité"
L'annonce américaine du retrait de l'Accord de Paris appelle à une critique et une vive condamnation dans le monde.
La politique de "l'Amérique d'abord" prônée par Trump a conduit au retrait de l'Accord de Paris. C'est le paroxysme de l'égoïsme et d'un vide moral marqué par la recherche de leur propre bien-être même au détriment de toute la planète et, dans le même temps, une décision stupide et à courte vue qui méconnaît que la protection globale de l'environnement est dans leur propre intérêt.
Cette décision a été rapprochée de l'égoïsme américain sur d'autres sujets, notamment la question nucléaire en Corée, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères appelant les autres pays Etats à cesser d'être suivistes vis-à-vis de l'administration Trump.
Le 3 juin 2016, à l'initiative des États-Unis et avec l'accord de la Chine, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité une nouvelle résolution renforçant les sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).
La résolution 2356 a ajouté à la liste des sanctions quatorze personnes et quatre institutions nord-coréennes – dont une banque et deux compagnies commerciales – portant à 53 le nombre des personnes et à 46 celui des entités de la RPD de Corée soumises aux sanctions des Nations unies. Pour les personnes concernées, les mesures consistent en un gel de leurs avoirs à l'étranger et une interdiction de voyager.
Si les États-Unis ont applaudi à l'adoption de cette résolution à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité (y compris la Chine, liée à la RPDC par des accords politiques, économiques et militaires qui en font son principal partenaire étranger), la portée des mesures, qui ont fait l'objet de négociations avec Pékin, est en-deçà de ce qu'espéraient les Américains et leurs alliés : les nouvelles sanctions sont ciblées et ne consistent pas en de nouvelles restrictions commerciales, notamment sur les approvisionnements de la Corée du Nord en hydrocarbures – ce qui aurait eu pour effet d'asphyxier encore davantage l'économie nord-coréenne. Néanmoins, cette résolution du Conseil de sécurité est la septième depuis 2006 – et la première qui intervient après des tirs de missile balistiques nord-coréens de moyenne portée.
Si la Chine a une nouvelle fois appelé au dialogue, cette initiative des Nations unies portée par les États-Unis ne s'inscrit pas dans une démarche de retour à la table des négociations – alors que quelques jours plus tôt Washington a effectué un exercice d'interception de missile, clairement perçu comme une mise en garde contre Pyongyang, et que se poursuit le déploiement en Corée du Sud du système américain de missiles antimissile Terminal High Altitude Defence Area (THAAD), vivement dénoncé par Pékin et Moscou comme une atteinte à leur sécurité.
2017/06/03 14:58 KST NEW YORK/SEOUL, 03 juin (Yonhap) -- Une septième résolution contre la Corée du Nord, depuis le premier essai nucléaire nord-coréen en 2006, a été adoptée par le Conseil...
Après le tir de missile de moyenne portée auquel a procédé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) le 21 mai 2017, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu une réunion d'urgence à la demande des Etats-Unis, du Japon et de la République de Corée (Corée du Sud) le 23 mai. Dans une déclaration publiée la veille, le président du Conseil de sécurité des Nations unies avait exprimé une condamnation "énergique" "du tout récent lancement de missiles balistiques effectué par la République populaire démocratique de Corée le 21 mai 2017", tout en ajoutant que "les membres du Conseil sont convenus que le Conseil de sécurité devait continuer à suivre de près la situation et de prendre d'autres mesures substantielles, y compris de sanctions, conformément à la détermination qu'il a précédemment exprimée". De fait, dès le 16 mai (à la suite du précédent tir de missile nord-coréen, intervenu le 14 mai), les Etats-Unis avaient déclaré travailler avec la Chine à l'adoption d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), dont ils souhaitent qu'elle renforce les sanctions contre la RPD de Corée - sans exclure néanmoins un dialogue avec Pyongyang. Nul doute que le tir de missile du 21 mai va renforcer la détermination américaine.
La représentante américaine aux Nations unies, Mme Nikki Haley, aux côtés de ses homologues japonais Koro Bessho (à gauche) et sud-coréen Cho Tae-yul (à droite), le 16 mai 2017
Déjà, réunir ses alliés : tel est le sens de la conférence de presse qu'a tenue Mme Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, le 16 mai 2017, flanquée de ses homologues japonais et sud-coréen, en marge d'une réunion d'urgence du CSNU qu'avait convoquée Washington après le tir nord-coréen du 14 mai 2017.
Ensuite, élargir le front anti-Pyongyang pour isoler la RPD de Corée : à l'occasion de sa conférence de presse, Mme Haley a indiqué qu'elle travaillait avec la Chine à l'adoption d'une nouvelle résolution du CSNU renforçant les sanctions contre la RPD de Corée, ce qui serait une première après un tir de moyenne portée nord-coréen : par le passé, les sanctions contre Pyongyang ont toujours fait suite à des essais nucléaires ou des lancements de satellite, jamais à des tirs de courte ou de moyenne portée auxquels procède très régulièrement la Corée du Nord.
Le 16 mai, la représentante américaine n'a cependant pas exclu de "parler" avec Pyongyang, mais en posant des conditions, à savoir un "arrêt total du processus nucléaire et de tout essai" de missiles. Par le passé, Pyongyang a proposé de "suspendre" son processus nucléaire - jamais de l'arrêter totalement.
Si les Etats-Unis, qui cherchent à agir de concert avec la Chine, proposent apparemment une alternative sanctions ou dialogue (les deux processus pouvant être conduits conjointement, comme veut le faire croire Washington), en pratique il est pour le moins improbable que Pyongyang revienne à la table des négociations après des sanctions pour des tirs de missile de courte ou de moyenne portée n'ayant jamais entraîné, par le passé, l'adoption de nouvelles sanctions à son encontre. A ce stade, la proposition de dialogue de Mme Haley est purement rhétorique : il faudra que Washington fasse des propositions concrètes et réalistes si l'administration Trump veut apparaître sincère, aux yeux des dirigeants nord-coréens, dans sa volonté d'ouvrir des négociations.
Les États-Unis et la Chine préparent une nouvelle résolution de l'ONU pour d'éventuelles sanctions supplémentaires contre la Corée du Nord et ses programmes nucléaire et balistique interdits...
Une semaine après le tir d'un missile de portée intermédiaire Hwasong-12, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé à un nouveau tir de missile balistique, également de portée moyenne, le 21 mai 2017. Lancé depuis la province du Pyongan du Sud, l'engin a parcouru environ 500 kilomètres. A la demande des Etats-Unis, de la République de Corée (du Sud) et du Japon, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira le 23 mai 2017.
Tir de missile Hwasng-12, le 14 mai 2017, d'une portée estimée entre 3500 et 4200 kilomètres.
Si la RPD de Corée n'a pas procédé cette année à un essai nucléaire (il y en avait eu deux en 2016), ni au lancement (annoncé et attendu) d'un missile balistique intercontinental, la fréquence de ses tirs de missile de moyenne portée (celui auquel elle a procédé le 21 mai 2017 était le dixième de l'année) indique une volonté de ne rien céder, alors que Washington - par la voix du secrétaire d'Etat Rex Tillerson - venait d'annoncer cette semaine que les Etats-Unis n'entendent pas procéder à un changement de régime en Corée du Nord, tout en soulignant qu'une guerre dans la péninsule aurait des conséquences catastrophiques.
L'entourage du Président Trump, alors en déplacement à Riyad, a minimisé le tir de missile du 21 mai, en observant que sa portée était inférieure à celle du missile Hwasong-2 lancé une semaine plus tôt. Néanmoins, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira (à la demande de Washington, de Séoul et de Tokyo) dès mardi - de nouvelles sanctions n'étant pas exclues, à condition de trouver un terrain d'entente avec Pékin.
Les protestations de Tokyo et de Séoul sont cependant différentes, l'une et l'autre capitales soulignant l'occasion manquée par Pyongyang de renouer le dialogue, notamment après l'élection en Corée du Sud de Moon Jae-in, favorable au dialogue intercoréen. Mais si, au contraire, Pyongyang ne multipliait pas les initiatives pour renouer le dialogue, en position de force ? Les Nord-Coréens peuvent par ailleurs tirer argument de la très forte intensité des exercices militaires américano - sud-coréens en cours : tant que ceux-ci n'auront pas pris fin, il est pour le moins improbable que les tensions reculent autour de la péninsule. L'objectif actuel est de maîtriser l'escalade.
Si la Corée du Sud peut se sentir non prise en considération par les tirs de missile balistique à répétition de Pyongyang (celui du 21 mai était le deuxième depuis l'investiture du Président Moon Jae-in), la Corée du Nord considère cependant que sa sécurité dépend d'un dialogue direct avec Washington, recherché de manière constante par Pyongyang - suivant un schéma dans lequel la RPDC réduit la République de Corée et le Japon au rang de supplétifs des Etats-Unis.
La semaine dernière, Pyongyang avait lancé un missile de portée intermédiaire, le Hwasong-12, d'une portée estimée à 4 500 km. Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a appelé à une rencon...
Le 14 mai 2017, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a effectué un nouveau tir de missile - apparemment de moyenne portée. Plus que l'initiative elle-même (le précédent tir nord-coréen de ce type avait eu lieu il y a moins d'un mois, déjà un dimanche, le 16 avril dernier), dans un contexte marqué par les exercices de guerre américano-sud-coréens qui conduisent chaque partie à riposter, c'est le moment choisi par Pyongyang qui retient l'attention : la RPD de Corée a procédé à ce tir quelques jours seulement après l'élection et l'investiture du nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, démocrate qui privilégie le dialogue plutôt que les sanctions pour aborder les relations Nord-Sud.
Une fois encore, ce sont les Américains et les Etats-Unis qui ont donné leur version de la dernière initiative sud-coréenne - même si lors des précédents tirs de missiles nord-coréens, les données factuelles apportées par Washington et Séoul se sont avérées globalement fiables.
Le tir - selon toute vraisemblance celui d'un missile balistique de portée intermédiaire - a eu lieu le dimanche 14 mai 2017 à 5h27 heure locale, depuis Kusong dans la province du Pyongan du Nord, en direction de la mer de l’Est. Le missile aurait parcouru 700 km, suivant un angle de tir pratiquement vertical.
Les condamnations les plus vives sont venues, comme d'habitude, des Etats-Unis et du Japon. Cependant, Donald Trump est apparu plutôt isolé à ce stade lorsqu'il a évoqué la nécessité selon lui de nouvelles sanctions contre la RPD de Corée. Ferme dans sa condamnation (en déclarant que "les autorités militaires doivent rester prêtes à répondre à n’importe quelle provocation militaire de la Coré du Nord" et en mentionnant "l’accélération du processus de conception du bouclier antimissile sud-coréen Korean Air and Missile Defense (KAMD)"), le Sud-Coréen Moon Jae-in n'a pas appelé à renforcer les sanctions contre Pyongyang, tout comme d'ailleurs l'Union européenne.
La position du nouveau président démocrate de la République de Corée est conforme à celle de ses prédécesseurs démocrates de la décennie du "rayon de soleil" de dialogue avec Pyongyang (1998-2008) : discuter avec la RPDC, certes, mais tout en maintenant l'alliance militaire avec les Etats-Unis et en condamnant la poursuite des programmes balistique et nucléaire nord-coréens. La vraie question est de savoir si Moon Jae-in liera ce sujet et celui des relations intercoréennes (comme les administrations conservatrices de Lee Myung-bak et Park Geun-hye), ou s'il tendra à les dissocier (à l'instar de Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun). Manifestement, le tir de missile de Pyongyang teste l'administration Moon Jae-in.
Si la Chine a également déclaré s'opposer aux violations par la Corée du Nord de ses obligations résultant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, Pékin est de longue date favorable, de concert avec la Russie, à un règlement global de la question, en dénonçant également les initiatives américano-sud-coréennes.
Par ailleurs, au moment où les différentes parties (notamment Pyongyang et Washington) ont parlé de la possibilité de renouer le dialogue sous certaines conditions (restant à préciser), il ne fait guère de doutes que tant la RPDC que les Etats-Unis font monter les enchères pour aborder d'éventuelles négociations dans la meilleure position possible - même si les initiatives prises de part et d'autre n'encouragent pas de retour au dialogue, tout du moins à court terme. Pour ce faire, sans doute faudra-t-il au moins attendre la fin des manoeuvres militaires en cours conduites par Washington et Séoul.
Ce tir intervient quelques jours après l'élection de Moon Jae-in comme président de la Corée du Sud. Le projectile pourrait être un missile balistique. Le Monde | * Mis à jour le Le missile a...
Concernant le tir d'essai d'un missile balistique nord-coréen ce matin, le président Moon Jae-in a indiqué dans une réunion d'urgence tenue à la Maison-Bleue que "nous sommes ouverts à l'éve...
Après son élection à la présidence de la République de Corée le 9 mai 2017, le démocrate Moon Jae-in a déclaré, lors de son serment d'investiture, qu'il "allait éliminer la culture d'un président autoritaire", et instaurerait une communication régulière tant avec l'opinion publique qu'avec l'opposition. D'ores et déjà, ce sont toutefois les chantiers diplomatiques qui représentent la priorité : à cet égard, il a effectué plusieurs annonces, qui manifestent la volonté d'une plus grande indépendance diplomatique vis-à-vis des Etats-Unis.
L'élection présidentielle s'étant tenue de manière anticipée suite à la destitution de Mme Park Geun-hye, il n'y a pratiquement pas eu de période de transition entre l'élection et l'investiture du nouveau chef de l'Etat. Après avoir prêté serment devant l'Assemblée nationale le 10 mai 2017 (soit le lendemain du scrutin), le Président Moon Jae-in a immédiatement procédé à de premières nominations : Lee Nak-yon au poste de Premier ministre, Suh Hoon à la direction des services de renseignement (NIS), Im Jong-seok comme secrétaire général de la présidence et Joo Young-hoon comme responsable de la sécurité pour la présidence de la République. Le changement immédiat à la direction du NIS - ainsi que la volonté affirmée de mettre fin aux ingérences du NIS dans la vie politique sud-coréenne - est le signe manifeste d'une volonté de démocratisation, tandis que le choix d'un spécialiste des questions intercoréennes sous les précédentes administrations démocrates traduit l'idée que le NIS pourrait cesser d'être un bras armé des lobbies anti-Corée du Nord.
S'agissant plus généralement des relations diplomatiques, Moon Jae-in a exprimé la volonté de renouer le dialogue et les échanges Nord-Sud pratiquement réduits à néant après neuf ans d'administrations conservatrices (2008-2017), en poursuivant par le dialogue plus que par la coercition et les sanctions l'objectif de dénucléariser la péninsule coréenne. Il souhaite la reprise des réunions de familles séparées, la réouverture de la zone économique de Kaesong ainsi que du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang.
Sur le déploiement du système américain de missiles THAAD, Moon Jae-in souhaite l'engagement d'une négociation avec les Etats-Unis et la Chine, la seconde étant fermement opposée au dispositif THAAD qui rompt l'équilibre stratégique en Asie du Nord-Est. L'installation de THAAD a été suspendue dès l'élection, après avoir été accélérée dans les semaines précédant le scrutin - tandis que l'administration Trump a exprimé sa volonté de faire participer davantage la Corée du Sud au paiement de ce dispositif de sécurité. Un sommet Moon-Trump est ainsi évoqué.
Vis-à-vis du Japon, Moon Jae-in a enfin déclaré qu'il remettrait en cause l'accord inique conclu, fin 2015, sur la question des anciennes esclaves sexuelles de l'armée impériale japonaise avant et pendant la Seconde guerre mondiale ( "femmes de réconfort").
As president, Moon says he will increase government transparency and work to create jobs Moon Jae-in was sworn in for a five-year term as the 19th President of the Republic of Korea in an ...
In first summit, two leaders likely to discuss THAAD, defense cost-sharing, free trade and North Korea issue Amid indications that South Korean President Moon Jae-in and US President Donald Trump ...
Two sides could hold dialogue on issue, as Moon may put deployment to National Assembly for ratification South Korea President Moon Jae-in went to work on diplomatically addressing the THAAD issue ...