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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 13:28

Le 25 février 2016 l'ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Mme Samantha Power, a communiqué sur un projet de résolution soumis aux autres membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies, issu de longues négociations avec la Chine, qui prévoit des sanctions d'une ampleur sans précédent contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), suite à son essai nucléaire du 6 janvier 2016 et au lancement d'un satellite le 7 février 2016. Si les Etats-Unis espèrent une adoption de cette résolution ce week-end, la Russie a annoncé qu'elle l'examinerait en détail, ce qui pourrait en retarder l'adoption - sans toutefois devoir en changer substantiellement le fond, Moscou ayant fermement condamné les récentes initiatives de Pyongyang.

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies

Selon les éléments communiqués par les Etats-Unis, les éléments du projet de résolution sont les suivants :

- une inspection obligatoire de toutes les cargaisons à destination ou en provenance de la Corée du Nord, quel que soit le mode de transport (terrestre, aérien, maritime), ainsi qu'une interdiction pour les navires nord-coréens "soupçonnés de transporter des produits illicites" de faire relâche dans les ports étrangers ; trente-deux navires nord-coréens sont placés sur une liste noire ;

- un embargo total sur les armes conventionnelles et sur les équipements à usage dual (civil ou militaire ;

- des restrictions, voire des interdictions, d'exportation par la RPD de Corée de certains minerais (sont cités le charbon, le fer, le titane, l'or et les terres rares) ;

- une interdiction des livraisons de carburants à la RPD de Corée pour les avions et les fusées ;

- la fermeture de succursales bancaires en Corée du Nord et de succursales nord-coréennes à l'étranger, et un doublement du nombre de personnes (17 au total) et d'entités (12) nord-coréennes sanctionnées au plan financier en raison de leur rôle supposé dans les programmes nucléaire et balistique de la RPD de Corée ;

- des compléments et précisions sur la liste des produits dits de luxe interdits d'importation par la Corée du Nord.

Enfin, les membres des Nations Unies seront invités à "expulser les diplomates nord-coréens impliqués dans des activités illicites".

Selon les Etats-Unis et leurs alliés, il s'agit d'exercer une pression sans précédent contre Pyongyang pour l'inciter à abandonner ses programmes nucléaire militaire et balistique.

L'inflexion de la position chinoise est à relever : Pékin a manifestement choisi de sacrifier tout ou partie de ses intérêts économiques en RPD de Corée (investissements à l'étranger, échanges commerciaux) - certes dans un contexte où son ralentissement économique diminue son besoin en minerais nord-coréens - sur la base de considérations stratégiques (avec l'espoir manifestement d'empêcher le déploiement du dispositif militaire THAAD, que les Etats-Unis veulent désormais conditionner à l'abandon de son programme nucléaire par la RPD de Corée), mais aussi - et peut-être surtout - du poids de ses échanges économiques avec la Corée du Sud et les Etats-Unis.

Si certains points méritent d'être précisés - par exemple, le contenu exact des restrictions aux exportations de minerais qui représentent près de la moitié du commerce extérieur de la RPD de Corée (le commerce total de la RPDC atteint 8 à 10 milliards de dollars par an jusqu'en 2015), lui-même déjà amputé de plus de 20 % depuis la fermeture il y a quelques semaines de la zone industrielle de Kaesong - il s'agit de mesures extrêmement sévères, dont on peut estimer, en première analyse, qu'elles pourraient impacter l'économie nord-coréenne de l'ordre de 10 % du PIB, entraînant ainsi une grave crise économique qui affecterait lourdement les populations et risquerait de faire resurgir le spectre des pénuries alimentaires qui ont causé, dans les années 1990, une surmortalité de plusieurs centaines de milliers de personnes. C'est le choix conscient fait par les diplomates américains et leurs alliés (dont la France), quelles que soient leurs dénégations, la main sur le coeur, que les populations civiles seraient soi-disant épargnées.

Par exemple, les restrictions aux livraisons de fioul pour les transports par voie aérienne entraîneront un déport sur le transport ferroviaire, routier et maritime - lui-même déjà soumis à des pénuries. Il en résultera des difficultés accrues à assurer le ramassage et le transport des produits alimentaires d'une part, et à la navigation des bateaux de pêche en haute mer d'autre part - réduisant gravement l'alimentation des populations en produits de la mer. L'AAFC dénonce les choix opérés sciemment par les gouvernements occidentaux qui conduiront à tuer de nombreux civils innocents, y compris les enfants qui sont parmi les populations les plus fragiles, reproduisant des scénarios déjà connus - comme naguère en Irak.

Au plan international, il est très improbable que la RPD de Corée se plie à la volonté américaine, surtout si les Etats-Unis n'offrent aucune contrepartie concernant notamment un traité de paix ou le déploiement de leurs forces en Asie de l'Est. Pire, les manoeuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud qui débuteront début mars devraient être les plus importantes jamais réalisés, accroissant les risques d'escalade et de conflit.

Un chantage visant les populations civiles, qui sont comme toujours les premières victimes des sanctions internationales ? Des risques de conflit local généralisé ? A l'AAFC, nous ne voulons pas du remake de ce mauvais film, et mettrons tout notre poids pour faire prévaloir la voie du dialogue et de la raison, de la paix, des coopérations et du soutien aux populations.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 13:41
Piotr Akopov est l'un des rédacteurs du journal russe en ligne Vzgliad, dont Similarweb estime la fréquentation à environ 14 millions de visiteurs par mois. Plusieurs de ses articles ont été traduits et publiés en France par Courrier international. Piotr Akopov a publié le 8 février 2016 un article sur la situation autour de la péninsule coréenne (titre original en russe : "Решение «проблемы» КНДР зависит только от США" ; en français : "La solution du "problème" de la Corée du Nord dépend entièrement des Etats-Unis"). Nous reproduisons ci-après une traduction en français de cet article par Marianne Dunlop, par ailleurs membre de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), publiée par le site Histoireetsociete (les liens ont été ajoutés par l'AAFC).
Photo: Korean News ServiceIK / CP / Reuters

Photo: Korean News ServiceIK / CP / Reuters

La Corée du Nord se trouve à nouveau dans le collimateur des grandes puissances. Le lancement d’une fusée avec la mise en orbite d'un satellite, ainsi que le dernier essai nucléaire le mois dernier a fortement augmenté la probabilité de l’imposition de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Mais aucune pression ne permettra de résoudre le problème nucléaire nord-coréen. Pour cela il existe une recette toute différente.

 

Dimanche, la Corée du Nord a lancé sa fusée «Kwangmyongsong-4 », qui a mis en orbite un satellite avec des appareils de télécommunication. La communauté internationale n’a pas cru aux objectifs purement scientifiques du lancement – soupçonnant les Coréens d’avoir effectué un nouveau test de missile balistique intercontinental.

 

Déjà début janvier, lorsque Pyongyang a testé une bombe à hydrogène, l’Occident et le Japon ont commencé à exiger l’introduction de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord – et maintenant les risques sont encore plus réels. Pour l’instant, la Russie et la Chine ont condamné le lancement de la fusée, et par conséquent le Conseil de sécurité des Nations unies réuni en urgence a adopté une nouvelle résolution condamnant les actions de Pyongyang.

 

Et bien que le représentant permanent de la Russie à l’ONU Vitali Tchourkine ait déclaré qu’il ne faudrait pas que des sanctions renforcées conduisent à un effondrement économique et humanitaire en Corée du Nord, une lutte sérieuse s’est engagée autour du degré de pression à exercer sur Pyongyang. Les Etats-Unis sont partisans de la plus grande sévérité. Et l’une des formes de pression sur la Russie et la Chine sont les messages concernant le début de négociations pour un éventuel déploiement en Corée du Sud d’un nouveau système de défense antimissile américain.

 

Il est clair que le déploiement du système de défense antimissile américain dans le sud de la péninsule coréenne sera perçu à juste titre par Moscou et Pékin comme dirigé contre eux. Mais les Américains ont justement calculé que, pour éviter cela, la Russie avec la Chine renforceraient leur pression sur les Nord-Coréens au sujet des programmes nucléaires et des missiles. Cela dit, c’est une ruse pas très honnête : même si Donald Trump, par exemple, a déclaré que « la Chine prétend qu’elle ne contrôle pas la Corée du Nord. En fait, elle possède le plein contrôle de la Corée du Nord … Que la Chine résolve ce problème » – en fait, les experts américains sont bien conscients que personne ne contrôle la Corée du Nord.

 

De surcroît, le problème nord-coréen est largement utilisé par les Etats-Unis pour maintenir leur présence sur les frontières de la République populaire de Chine et de la Russie. Après tout, la « menace nord-coréenne » est le principal argument pour justifier les forces américaines en Corée du Sud. Mais existe-t-il un problème nord-coréen, qui est déjà présenté depuis deux décennies comme l’une des principales menaces pour le monde ?

 

Oui, la Corée du Nord a lancé des fusées dans l’espace, cela fait partie de son programme militaire. Oui, la Corée du Nord procède à des essais nucléaires. Mais pourquoi fait-elle cela ? La réponse est simple – pour se protéger des Etats-Unis.

 

Le pays est situé entre la Chine, la Russie et l’Amérique. Avec les deux premières, il a des frontières, et les forces américaines se trouvent directement sur le territoire de son voisin du sud, avec qui, après la guerre de 1950-1953, il n’y a toujours pas eu de traité de paix. Les deux Corées se sont battues il y a 60 ans – du côté du Nord se battaient l’armée chinoise et les pilotes russes, tandis que les troupes américaines avaient remplacé l’armée sud-coréenne anéantie. Cette guerre est terminée depuis longtemps, et les Chinois se sont retirés cinq ans après la signature de l’armistice – mais les Américains sont toujours en Corée du Sud. Ils étaient là tant qu’existait le camp socialiste, et lorsque l’Union soviétique s’est effondrée ils sont restés. En outre, au début des années 90 les Etats-Unis ont d’abord attendu l’effondrement du régime de Kim Il-sung, et ensuite, quand ils ont soupçonné qu’il faisait une bombe atomique, ils ont même pensé à attaquer la RPDC.

 

Mais Kim s’est préoccupé sérieusement de la création d’armes nucléaires précisément en raison de la disparition de l’Union soviétique – voulant enfin prémunir son pays d’une attaque des Américains. Nous pouvons considérer Kim et ses descendants comme des dictateurs, et juger leur régime effrayant et arriéré, mais même dans ce cas, on ne peut qu’être d’accord avec le fait que leur inquiétude est fondée. Oui, dans les années 90, les États-Unis n’ont pas attaqué une Corée du Nord dénucléarisée (tout simplement parce qu’ils auraient subi eux-mêmes des pertes énormes), mais Kim pensait à l’avenir. Et quand plus tard les Américains ont écrasé l’Afghanistan et l’Irak dénucléarisés, que pouvait penser Pyongyang ?

 

L’arme nucléaire a longtemps été la force de dissuasion de la RPDC – et ils ont officiellement annoncé sa présence en 2005. Et avant cela, et ensuite, toutes les tentatives de faire pression sur la Corée du Nord n’ont amené à rien. Il y a eu – et il y a toujours –  des sanctions et des menaces et des exhortations. Toutes inutiles – parce que la Corée du Nord ne se sent pas en sécurité.

 

Toutes les tentatives de détourner la conversation dans le sens de « les Kim n’y sont pas sensibles parce qu’ils sont eux-mêmes agressifs » ne sont qu’une pitrerie. Aucun des trois Kim – aujourd’hui le pays est dirigé par le petit-fils du fondateur, Kim Jong-un, 33 ans, – ne sont des crétins maniaques. Attaquer la Corée du Sud, où l’armée américaine possède des bases, équivaudrait à une attaque contre les États-Unis. Même dans les années 1950-1980, quand les Américains maintenaient la Corée du Sud dans la crainte de leur voisin du nord, il était clair que Pyongyang n’avait pas de plans d’attaque. Et cela est encore plus vrai aujourd’hui dans les conditions d’isolement géopolitique de la Corée du Nord.

 

Depuis un quart de siècle, la Corée du Nord vit sans le parapluie nucléaire soviétique – conservant seulement un traité d’amitié et d’assistance mutuelle avec la Chine. Mais Pyongyang ne peut pas compter entièrement sur l’assurance chinoise. Tout d’abord, parce que pendant de nombreuses années la Corée était un vassal de la Chine – pour les fiers Coréens une telle dépendance est douloureuse. D’autant plus – et c’est la deuxième chose – que Pyongyang a vu le soutien soviétique s’évaporer en quelques années. Et où est la garantie que, tôt ou tard, il ne se passera pas la même chose avec la Chine ?

 

Bien sûr, Pyongyang comprend que la Chine n’acceptera pas l’expansion de la zone d’influence américaine sur toute la péninsule coréenne et en particulier le déploiement de troupes américaines au nord. Mais qui peut garantir à Pyongyang, qu’à un certain moment les Etats-Unis et la Chine ne s’entendront pas derrière son dos sur la réunification de la Corée à leurs conditions ? Une option à peine imaginable – mais la Corée du Nord ne peut pas l’exclure.

 

La Corée du Nord est non seulement l’une des dix puissances spatiales, mais aussi un pays avec une souveraineté nationale absolue. Un pays qui ne compte que sur lui-même – et pour préserver leur droit de vivre selon leurs propres règles, les Coréens du Nord ont créé une bombe nucléaire et des missiles balistiques. Ce pays ne menace personne dans le monde. Au contraire, les deux dernières décennies on tente de le transformer en un paria du monde, l’isoler et le contraindre à renoncer à sa politique de « compter sur ses propres forces ». L’indignation face à leur programme nucléaire basique est compréhensible, mais pas trop convaincante : pour la simple raison qu’aucune plainte au niveau international n’a été formulée à l’encontre d’Israël qui est officieusement et depuis longtemps en possession d’armes atomiques.

 

Le secret est simple – les Etats-Unis agitent la menace nucléaire coréenne afin de changer le régime de Pyongyang. La marginalisation internationale de Pyongyang devait, selon les Américains, saper les fondements du gouvernement nord-coréen. Des sanctions pour les armes atomiques, pour les missiles, les droits de l’homme, entraînant la détérioration des conditions de vie d’une population déjà pauvre, une crise politique et la chute des Kim. Et en conséquence – l’unification de la Corée par l’absorption du Nord par le Sud pour la plus grande joie de Washington,avançant ses bases vers la frontière sino-russe.

 

La pression sur la Chine est la deuxième raison pour laquelle les Etats-Unis montent en épingle la « menace coréenne ». Pékin, comme Moscou, ne peut pas déclarer officiellement qu’il ne se soucie pas de « la bombe des Kim » : tout de même, il y a le régime de non-prolifération, et puis le problème du programme nucléaire nord-coréen est fortement médiatisé. Cependant ni Pékin ni Moscou n’ont pas la capacité de commander à Pyongyang quoi que ce soit.

 

Ainsi, la politique américaine de pression sur la Corée du Nord ne peut pas conduire à la solution du «problème» atomique coréen, tout simplement parce que les Etats-Unis eux-mêmes sont la principale cause des armes nucléaires de la Corée du Juche. Les éliminer n’est plus possible – au moins tant que les troupes américaines resteront en Corée du Sud. Mais il est possible d’atténuer les tensions dans la région elle-même, pour assurer que le problème nucléaire coréen cesse d’être un objet de manipulation de la part de Washington. Car dans la mesure où le Pacifique devient de plus en plus la scène principale de l’action et des intérêts des États-Unis, on « étrillera » la Corée de plus en plus.

 

Il suffit de conclure un traité de paix entre la RPDC et les Etats-Unis – ce qu’en fait demande depuis longtemps Pyongyang à Washington. Mais les Etats-Unis refusent – en retournant la question : procédons d’abord à la dénucléarisation de la Corée du Nord, après nous verrons. C’est-à-dire que l’on propose à un pays que les États-Unis ont mis sur la liste de l’ «axe du mal», contre qui on a fait la guerre dans le passé et envers qui « on n’exclut pas un scénario militaire », dont les dirigeants sont dépeints comme « une menace majeure pour les Etats-Unis » de désarmer unilatéralement – et on fait semblant d’être surpris par son refus.

 

Si les Etats-Unis ne veulent pas de traité de paix – cela signifie qu’ils ne veulent pas résoudre le problème. Et qu’ils veulent seulement l’utiliser dans un grand jeu géopolitique contre la Chine et la Russie. mais si les Etats-Unis continuent à « jouer à la Corée », tôt ou tard, Moscou et Pékin devront prendre des mesures extraordinaires pour priver leur adversaire géopolitique de la possibilité de jouer cette carte.

 

Une bonne option a été suggérée par le chef du Comité de la Douma pour la défense, Vladimir Komoedov [Parti communiste russe]. Il a souligné que « cette ligne devient dangereuse pour la Russie », et, tout en admettant que « probablement il faut faire quelque chose pour freiner la Corée du Nord », l’amiral a déclaré que l’une des options pour contrôler la Corée du Nord, serait peut-être d’examiner son admission dans le « club nucléaire ».

 

Pour le moment Moscou et Pékin ne sont pas encore prêts à faire la proposition de reconnaître officiellement la RPDC comme huitième puissance nucléaire- mais le « jeu coréen » de Washington ne laisse pas à la Russie et à la Chine d’autre choix.

Source :

Article original en russe :

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 12:11

Le 12 février 2016, le bureau élargi de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a reçu, à Antony, MM. Ri Ho-yong et Hyon Ki-chol, conseillers à la délégation générale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), à l'occasion de la fête de l'Etoile brillante qui commémore, en RPD de Corée, l'anniversaire de naissance du Dirigeant Kim Jong-il - et a coïncidé cette année avec le lancement réussi, le 7 février 2016, du satellite "Kwangmyongsong 4" dont le nom signifie, précisément, "étoile brillante". Ces échanges, organisés à l'initiative d'André Aubry, président d'honneur de l'AAFC et ancien sénateur des Hauts-de-Seine, ancien maire d'Antony, ont aussi été l'occasion de revenir sur l'actualité récente - marquée par la hausse récente des tensions dans la péninsule coréenne qui ont conduit, malheureusement, à la fermeture de la zone industrielle de Kaesong - qui était un symbole de la coopération intercoréenne.

Réunion de l'AAFC avec les diplomates de la délégation générale de la RPD de Corée en France

S'exprimant au nom de l'AAFC, Benoît Quennedey, vice-président chargé des actions de coopération, a rappelé l'attachement fondamental de l'AAFC à la paix et à la réunification de la Corée, qui sont les objectifs de l'association depuis sa fondation en 1969 : il n'y a pas d'alternative à une solution négociée, par la voie diplomatique, car qui souhaiterait sincèrement une nouvelle guerre de Corée dévastatrice ? Les récentes initiatives de Washington et Séoul ont par ailleurs montré que l'objectif des sanctions internationales n'était ni de limiter les programmes nucléaire et balistique nord-coréens, ni de viser les produits de luxe, mais bien d'étrangler économiquement la RPDC, suivant un programme défini de longue date par les néoconservateurs américains - qui utilisent par ailleurs le prétexte nord-coréen pour une escalade militaire visant, en fait, à endiguer la Chine. A cet égard, l'absence de sanctions par le Conseil de sécurité des Nations Unies depuis l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016 est révélateur des divergences d'intérêts et d'interprétations entre les Etats-Unis et leurs alliés d'une part, la Chine et la Russie d'autre part.

Il a également souligné la réussite technologique que représentait la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 - reconnue même par les Etats-Unis et la Corée du Sud - alors que le programme spatial de la RPD de Corée a été initié au plus haut niveau de l'Etat nord-coréen. Les experts américains avaient aussi convenu que l'orbite du satellite artificiel était "stable" - après qu'eut, un temps, circulé, la rumeur d'un échec sur ce point.

S'appuyant ensuite sur les travaux de l'expert indépendant John Schilling, cité par le site spécialisé 38 North, il a démontré que la thèse des gouvernements américain et sud-coréen, tendant à assimiler lancement de satellite et test de missile balistique intercontinental (ICBM) et reprise quasi-unanimement par les médias occidentaux, ne résistait pas à une analyse factuelle : le lanceur Unha 3, très différent de celui d'un ICBM, apparaît comme un vecteur particulièrement inadapté à l'envoi de missile intercontinentaux.

Comparaison entre une fusée Unha 3 et un missile balistique KN-08. Selon John Schilling pour "38 North", seule la troisième partie de la fusée et peut-être une partie des appareils de pilotage sont communs avec ceux du missile balistique intercontinental nord-coréen KN-08.

Comparaison entre une fusée Unha 3 et un missile balistique KN-08. Selon John Schilling pour "38 North", seule la troisième partie de la fusée et peut-être une partie des appareils de pilotage sont communs avec ceux du missile balistique intercontinental nord-coréen KN-08.

Pour John Schilling, même si les enseignements retirés de la réussite de la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-4 ne sont pas sans intérêt pour le programme de missiles ICBM de la RPD de Corée, le lancement opéré le 7 février 2016 s'inscrit selon toute vraisemblance dans un programme de recherche spatiale, comme le revendique la RPD de Corée :

Si la Corée du Nord dit que son programme vise au lancement de satellite, il tend probablement au lancement de satellites. L'intérêt de tels lancements pour améliorer les missiles balistiques est extrêmement limitée. Bien sûr, nous voudrons savoir de quels sortes de satellite if s'agit ; il y a certainement de possibles dimensions militaires au programme spatial nord-coréen. Mais c'est un autre sujet.

M. Hyon Ki-chol, conseiller de la RPD de Corée en France, a remercié l'AAFC pour ses actions et ses analyses, visant notamment à mieux faire comprendre la situation coréenne, remerciant la direction de l'AAFC pour avoir pris l'initiative de cette rencontre et de ces échanges qui ont ensuite porté, notamment, sur la dérive autoritaire de la Corée du Sud marquée par une chasse aux sorcières à l'encontre des opposants politiques et syndicaux - et qui est de nature à expliquer l'agressivité nouvelle de l'administration sud-coréenne dans son approche des relations intercoréennes.

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 14:44

Le 7 février 2016, l'agence spatiale nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé le lancement avec succès du satellite d'observation de la Terre Kwangmyongsong-4 - la réussite de la mise sur orbite ayant été reconnue peu après par l'armée sud-coréenne. Alors que les sanctions des Nations Unies visent non seulement le programme nucléaire militaire mais aussi celui balistique (auquel est assimilé le programme spatial) de la RPDC, les Etats-Unis ont vivement réagi face à ce qu'ils ont qualifié de "provocation", le lancement contrevenant aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies - et alors qu'est déjà en préparation une nouvelle résolution alourdissant les sanctions à l'encontre de la RPD de Corée suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier dernier. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé de tenir une réunion d'urgence. Par ailleurs, en annonçant l'engagement de discussions avec la République de Corée (Corée du Sud) sur le déploiement du système de missiles antibalistiques THAAD dans la péninsule, ainsi que l'engagement imminent de manoeuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud d'une ampleur inédite, les Etats-Unis font le choix de l'escalade militaire - ignorant ainsi les déclarations de la RPD de Corée selon laquelle elle a le droit de conduire un programme d'exploration spatiale à des fins scientifiques et dans un but pacifique. De fait, si les technologies des programmes balistiques et de conquête spatiale sont en partie communes (la rivalité militaire américano-soviétique ayant été un moteur puissant d'accélération des programmes de ces deux pays pendant la guerre froide), la RPD de Corée est le seul pays engagé dans l'exploration de l'espace à avoir été sanctionné à ce titre.

Image de lancement du satellite Kwangmyongsong-4

Image de lancement du satellite Kwangmyongsong-4

Dans un communiqué publié le 7 février 2016 par l'agence de presse KCNA, l'agence spatiale nord-coréenne a annoncé, dans le cadre du programme spatial national de cinq ans, le décollage le même jour à 9h, du centre spatial de Sohae, du satellite d'observation Kwangmyongsong-4, puis la mise sur orbite réussie d'un satellite moins de dix minutes plus tard, suite aux instructions du Maréchal Kim Jong-un. Le nom du satellite signifie "Etoile brillante", qui désigne également l'anniversaire de naissance du Dirigeant Nord-Coréen Kim Jong-il, lequel sera célébré en RPD de Corée dans quelques jours, le 16 février prochain. 

Les scientifiques et techniciens de l’Agence nationale d’exploration spatiale de la RPD de Corée ont réussi à mettre en orbite le satellite d’observation du globe nouvellement développé « Kwangmyongsong-4» conformément au programme sur 5 ans de développement aérospatial national.

Le satellite d’observation du globe « Kwangmyongsong-4» a décollé du Centre spatial Sohae dans l’arrondissement de Cholsan, de la Province de Phyongan Nord à 09:00 le 7 février, Juche 105 (2016).

Le satellite est entré sur orbite comme prévu à 09:09:46, 9 minutes et 46 secondes après le décollage.

Le satellite est en orbite polaire à une altitude variant entre 465 km à son périgée et 502 km à son apogée suivant un angle de 97,4 degrés à son apogée. Son cycle est de 94 minutes et 24 secondes.

Sont installés sur «Kwangmyongsong-4» des appareils de mesure et de télécommunications nécessaires pour l'observation de la Terre.

Le succès complet du lancement de « Kwangmyongsong-4» est le fruit de la politique du Parti du Travail de Corée qui attache une importance majeure à la science et à la technologie. Il constitue un événement historique dans le développement des capacités scientifiques, technologiques, économiques et de défense nationale du pays qui exerce son droit légitime à utiliser l'espace à des fins pacifiques.

Selon l'agence de renseignement sud-coréenne, le satellite lancé le 7 janvier 2016 pèse 200 kg, soit le double du satellite Kwangmyongsong-3 mis en orbite le 12 décembre 2012 - indiquant ainsi les progrès réalisés par la RPD de Corée.
 

La Chine a « exprimé ses regrets », en appelant « toutes les parties prenantes » à « répondre à cette situation avec calme ». Pour sa part, la Russie a jugé le lancement du satellite Kwangmyongsong-4 « très dommageable pour la sécurité des pays de la région, en particulier et en premier lieu de la Corée du Nord elle-même ».

Si les condamnations fermes des Etats-Unis et de leurs alliés (dont la Corée du Sud, le Japon et la France), déjà exprimées après le lancement du satellite Kwangmyongsong-3, étaient attendues, la surprise est venue de l'annonce quasi-immédiate par Washington d'un renforcement de ses capacités militaires, ce qui ne correspond pas à la retenue à laquelle a exhorté la Chine.

Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont ainsi fait savoir qu'ils engageaient des négociations officielles pour le déploiement dans la péninsule coréenne du système de défense antimissile à haute altitude THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), sur la "recommandation" du général Curtis Scaparrotti, qui dirige les forces américaines en Corée du Sud. Le déploiement de THAAD en Corée du Sud est un sujet de controverse qui divise l'opinion publique, et auquel s'opposent non seulement les pacifistes sud-coréens hostiles à une telle course aux armements, mais aussi la Chine et la Russie qui savent qu'elles sont implicitement visées par un dispositif qui, officiellement, vise à faire face à la "menace" nord-coréenne dont l'ampleur est très limitée au regard de la puissance américaine. En outre, THAAD consiste à détruire les missiles balistiques de portée moyenne ou intermédiaire en phase finale d'approche en s'écrasant contre eux : il n'a donc qu'un rapport lointain avec les missiles balistiques à longue portée, auquel les Etats-Unis assimilent les lancements de fusée nord-coréens. Le coût d’une batterie complète THAAD - formée d’une tour de contrôle, d’un radar, de 6 lanceurs et de 48 missiles - est estimé à 1,12 milliard d’euros par le ministère sud-coréen de la Défense.
Lancement de missile, en octobre 2013, dans le cadre du programme THAAD

Lancement de missile, en octobre 2013, dans le cadre du programme THAAD

Enfin, il a été annoncé que les manoeuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes Key Resolve, régulièrement dénoncées par la RPD de Corée comme des exercices de guerre préalables à une invasion, seraient "de plus grande envergure cette année". Prévus du 7 mars au 30 avril 2016, les exercices Key Resolve impliqueraient "le USS John C. Stennis, porte-avion américain à propulsion nucléaire", selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap citant un responsable militaire de la Corée du Sud.

Les exercices militaires conjoints Etats-Unis-Corée du Sud Key Resolve et Foal Eagle, conduits deux fois par an, participent du pivot américain de redéploiement de l'armée américaine dans la région Asie-Pacifique, face à la montée en puissance de la Chine. Si Pékin a condamné l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016, comme les précédents tests, son soutien à l'adoption, et surtout à la mise en oeuvre, de sanctions plus sévères contre Pyongyang se trouve ainsi loin d'être acquis au regard des décisions précipitées prises par Washington : depuis maintenant dix ans, l'escalade militaire n'a jamais été la réponse appropriée à la diminution des tensions et à l'éloignement des risques de conflit dans la péninsule coréenne.

Sources :

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 16:18

Lors de son assemblée générale du 19 septembre 2015, les adhérents de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) en Bretagne ont élu le Docteur Djimadoum Ley-Ngardigal comme le nouveau président de leur comité régional. Originaire du Tchad, en Afrique centrale, Djimadoum Ley-Ngardigal est docteur en biologie-biochimie de l’Université de Nancy. Militant communiste, secrétaire général du Parti communiste de l’opposition radicale du Tchad ACTUS/PRPE (Action tchadienne pour l’unité et le socialisme/Parti révolutionnaire populaire et écologique), il est un militant panafricaniste convaincu et actif à travers ses nombreux articles et interviews. Dans un entretien qu'il a accordé à l'AAFC, il explique pourquoi il est "un fervent défenseur de la République populaire démocratique de Corée" (RPDC).

Le principe de la défense de l’indépendance, de la souveraineté, du modèle de société juche conforme à la culture du peuple de la RPDC, doit être respecté. Cette règle est aussi valable pour tout pays quel qu’il soit. Pourquoi la charte des Nations Unies est-elle constamment violée par les puissances impérialistes occidentales, qui imposent aux pays du sud la primauté du droit de la force militaire sur la force du droit international ? Au demeurant, rappelons que l’Article 1 de la charte des Nations Unies stipule en ses alinéas 1 et 2 respectivement :

1- Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ;

2- Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde ;

Ne parle-t-on pas de l’exception culturelle française face à l’impérialisme culturel anglo-saxon? Le Général de Gaulle n’avait-il pas fermé les bases militaires des Etats-Unis pour des raisons de souveraineté ? Reprochera-t-on alors aux gouvernements français de défendre ces droits inaliénables ?

La RPDC, issue de la plus meurtrière guerre en Asie des années 1950, est l’un des rares pays du Sud qui défend jalousement son indépendance et sa souveraineté face aux 30 000 soldats états-uniens campés à sa porte en Corée du Sud. Face à ce danger permanent états-unien qui pèse sur la RPDC et en l’absence d’un traité de paix en bonne et due forme depuis la fin de la Guerre de Corée, la RDPC devrait-elle objectivement accepter que les USA lui imposent un désarmement unilatéralement ?

Les récentes guerres impérialistes en Irak et en Libye ne sont pas de nature à inciter la RPDC à baisser la garde en matière de défense de sa souveraineté.

L’amitié entre les peuples et la coopération pacifique mutuellement avantageuse sont les seuls gages pour une paix pérenne dans la péninsule coréenne et dans le monde.

Le récent rétablissement des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba socialiste est un exemple édifiant. En effet, le président états-unien Barack Obama a reconnu que 54 ans d’embargo économique contre Cuba ont été contre-productifs, et qu’il fallait tourner la page pour écrire une nouvelle ère. (Cf. Le Monde avec AFP, AP et Reuters 17 décembre 2014)

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 21:26

Après l'annonce, le 2 février 2016, par les autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) qu'elles procèderaient au lancement d'un satellite entre le 8 et le 25 février prochains (à une date ainsi proche de l'anniversaire de naissance du Général Kim Jong-il, le 16 février 1942), les Etats-Unis ont vivement protesté, en plaidant une nouvelle fois pour le renforcement, attendu, des sanctions, après que la RPD de Corée eut revendiqué, le 6 janvier 2016, un essai réussi de bombe H. Dans ce contexte, il semble utile de rappeler les positions de la RPD de Corée, en faveur de la réunification de la péninsule, ainsi que pour assurer sa propre sécurité - objectif qui sous-tend son développement d'armes nucléaires. C'est dans cette perspective que nous publions ci-après, traduit de l'anglais, de larges extraits d'une analyse développée par Mme Choe Un-ju, chercheur à l'Institut pour la paix et le désarmement du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée, en date du 21 janvier 2016, et intitulée "L'indépendance, la réunification pacifique et la grande unité nationale : les principes fondamentaux pour la réunification de la Corée".

Les dirigeants nord et sud-coréens Kim Jong-il et Roh Moo-hyun, lors du sommet intercoréen d'octobre 2007.

Les dirigeants nord et sud-coréens Kim Jong-il et Roh Moo-hyun, lors du sommet intercoréen d'octobre 2007.

L'analyse de Mme Choe Un-ju insiste tout d'abord sur l'aspiration des Coréens à la réunification de leur pays, en insistant sur le rôle des forces étrangères dans sa division :  

Cela fait plus d'un demi-siècle que la Corée, nation homogène ayant une histoire de plus de 5 000 ans, a été divisée en deux par les forces étrangères.

Même le nom du pays, la Corée, qui était célébré comme celui du "pays du matin calme", est maintenant désigné, depuis 70 ans, comme "la Corée du Nord" et "la Corée du Sud'.

Les images émouvantes des réunions, longuement attendues, des membres de familles divisées au Nord et au Sud, et leurs adieux déchirants, ne peuvent être vus nulle part ailleurs au monde.

La réunification nationale est devenue le désir le plus ardent des Coréens qui ont vécu avec une telle peine depuis si longtemps.

Non seulement les Coréens, mais tous les peuples qui aiment la paix dans le monde aspirent à une réunification rapide de la Corée qui ouvrirait une nouvelle ère de paix et de prospérité dans la péninsule et la région.

Dans son adresse de nouvel an de cette année, Son Excellence M. Kim Jong-un a mis en avant l'idée d'indépendance dans les relations intercoréennes et les questions liées à la réunification conformément aux désirs et aux exigences de la nation, à savoir la sauvegarde de la paix et de la sécurité en éliminant les dangers de la guerre dans la péninsule coréenne, et accorder toute leur valeur aux déclarations conjointes Nord-Sud et à leur mise en œuvre. Ces idées forment la grande bannière sous laquelle réaliser rapidement le désir ancien de notre nation et l'aspiration mondiale pour la paix.

C'est dans ce contexte que l'arme nucléaire nord-coréenne, présentée comme ayant un caractère purement défensif, est considérée comme garantissant l'équilibre des forces dans la péninsule coréenne, et par conséquent comme un atout pour la paix et la réunification - en resituant cette question dans le contexte global de la présence militaire américaine en Asie et de la rivalité stratégique avec la Chine, qui n'est toutefois pas expressément nommée :

Des experts de sécurité américains, de sensibilité conservatrice, ont récemment affirmé qu'une péninsule coréenne réunifiée continuerait d'être sous le parapluie nucléaire américain et maintiendrait les pays voisins dans la dépendance des Etats-Unis. Ces affirmations prouvent que des discussions ont lieu entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Les autorités sud-coréennes essaient de trouver un compromis entre les intérêts stratégiques des Etats-Unis et ceux des puissances régionales "en promettant la lune", à savoir que les forces américaines ne bougeraient pas au-delà du 38e parallèle même après une "réunification" soutenue par les Etats-Unis avec leur parapluie nucléaire comme pilier principal. Le Sud s'en tient ainsi à une "diplomatie de la réunification" pour obtenir un soutien à une "réunification" menée par le Sud.

Toutefois, les Etats-Unis, qui sont les maîtres de la Corée du Sud, tentent de contraindre la Corée du Sud dans une alliance militaire Etats-Unis - Japon - Corée du Sud, pour ainsi étouffer la RPDC et contenir les puissances voisines qui sont ses rivaux stratégiques.

En réalité, la réunification poursuivie tant par les Etats-Unis que par la Corée du Sud vise à déployer le parapluie nucléaire américain sur toute la péninsule coréenne et à assurer la domination américaine sur l'Asie du Nord-Est.

Au regard de l'équilibre des forces en Asie du Nord-Est, cela supprimerait la zone tampon qui empêche un affrontement direct entre les Etats-Unis et les puissances régionales, et placerait finalement la Corée sur la ligne de front d'une confrontation nucléaire entre les grandes puissances.

Les Etats-Unis ont trompé le monde quand ils ont promis que l'OTAN ne se déploierait pas plus à l'Est si l'ancienne Union soviétique soutenait la réunification allemande. Les Etats-Unis rejouent ce jeu de dupes stratégiques en Asie du Nord-Est.

Il est normal que les puissances régionales soient prudentes à propos de la "diplomatie de la réunification" de la Corée du Sud dans la mesure où elle sert les intérêts stratégiques des Etats-Unis.

L'idée défendue par la RPDC d'une réunification indépendante est de créer un juste Etat réunifié qui contrebalancerait la stratégie agressive américaine de domination de l'Asie et garantirait les intérêts stratégiques des puissances régionales de manière équilibrée, avec une force de dissuasion nucléaire défensive.

La dissuasion nucléaire défensive de la RPDC garantit solidement l'équilibre des forces dans la région. Elle désamorce les viles tentatives d'un "système de réunification" soutenu par le parapluie nucléaire américain, et assure ainsi une réunification pacifique de la Corée fondée sur la coexistence de deux systèmes.

Sur la base de cette analyse, l'auteur réaffirme la proposition de la RPDC de conclure un traité de paix et la nécessité de mettre en oeuvre les déclarations conjointes Nord-Sud pour le dialogue intercoréen, en vue d'avancer vers la réunification de la péninsule.

Il ressort que la RPD de Corée - dont la Constitution proclame qu'elle est un Etat doté de l'arme nucléaire - n'entend pas abandonner ses armes nucléaires contre des garanties de sécurité (ou d'autres contreparties américaines), mais les considère comme une composante essentielle de l'équilibre des forces stratégiques, dans les rapports non seulement entre les Etats-Unis et la RPDC, mais aussi des Américains avec les autres puissances asiatiques.

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 13:56

Aujourd'hui, l'Asie orientale est un foyer de tensions qui pourraient évoluer vers un conflit mondial de première ampleur compte tenu des acteurs en présence. Les citoyens des pays de cette région refusent cette situation et leurs luttes passent par une opposition aux politiques bellicistes de leurs gouvernements pris dans un système complexe d'alliances militaires desquelles le désengagement apparaît plus que jamais nécessaire. Dans ce contexte dangereux, comment organiser la solidarité mondiale ? Quelles leçons tirer de nos expériences respectives ? Tel était le thème de la conférence-débat organisée le 28 janvier 2016 à Paris, avec les exposés successifs de Patrick Beillevaire, Olivier Bouchard et Patrick Kuentzmann, par le collectif Solida (Solidarité, Liberté, Démocratie en Asie), constitué notamment par des citotens japonais, sud-coréens et français à l'origine des manifestations en France contre la révision de l'article 9 de la Constitution japonaise, et l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC).

Agir pour la paix et la solidarité en Asie : une conférence-débat de l'AAFC et du collectif Solida

Historien et anthropologue, directeur de recherches émérite au CNRS, Patrick Beillevaire a présenté la situation d'Okinawa. Le royaume des Ryukyu n'appartient pas au Japon historique, étant tributaire de la Chine dès 1372, puis de la Chine et du Japon à partir de 1609, avant l'abolition de la monarchie et l'annexion de l'archipel par le Japon de l'ère Meiji en 1879. En avril-juin 1945, Okinawa est le théâtre de la plus grande bataille de la guerre du Pacifique, avant d'être placé sous administration américaine suite à la défaite japonaise, jusqu'à sa restitution au Japon le 15 mai 1972. La présence militaire américaine à Okinawa compte 22 000 à 23 000 soldats, soit près de la moitié des forces américaines stationnées au Japon (qui comptent 50 000 hommes), répartie sur 30 sites occupant une emprise foncière équivalent à près d'un cinquième de la superficie de l'île. 70 % des frais de la présence américaine à Okinawa sont à la charge du Japon. Le stockage d'armes nucléaires y a été reconnu officiellement par les Etats-Unis en 2010.

La base aérienne de Futenma focalise les débats sur la présence militaire américaine à Okinawa. Envisagée dès 1966, la question de son transfert a resurgi avec le viol d'une fillette en septembre 1995, entraînant des manifestations de grande ampleur. Le gouverneur Masahide Ota (1990-1998) a alors refusé le renouvellement des baux pour les bases militaires, mais a été désavoué par le gouvernement central, et poursuivi jusque devant la Cour suprême. En septembre 1996, 89 % des participants à un référendum ont demandé la réduction du nombre de bases et la révision du statut régissant la présence des forces militaires (Status of Forces Agreement, SOFA) : un Comité spécial d'action pour Okinawa (Special Action Committee on Okinawa, SACO) a alors envisagé le transfert de la base de Futenma sur un autre site okinawaïen, celui du camp Schwab, à Nago-Henoko. En février 2009 un accord signé entre le ministre des Affaires étrangères japonais Nakasone et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a acté le projet de base à Henoko, tout en prévoyant - pour tenir compte de l'hostilité des Okinawaïens - le transfert de 8 000 marines américains à Guam - lequel ne devait jamais se réaliser.

Patrick Beillevaire

Patrick Beillevaire

L'accord de février 2009 a comporté des études mesurant l'impact sur l'environnement (notamment pour ces animaux marins devenus des symboles d'Okinawa que sont les dugongs), mais qui se sont avérées tardives et biaisées.

Après l'échec du Premier ministre démocrate Hatoyama à obtenir le transfert de la base hors d'Okinawa, ce dont il s'excuse publiquement en 2010, le retour au pouvoir à Tokyo de Shinzo Abe en 2012 accélère le processus : en décembre 2013 le gouverneur d'Okinawa Hirozaku Nakaima signe le permis de construire et les travaux sont engagés le 14 août 2014, malgré l'opposition du nouveau gouverneur Takeshi Onaga qui mène également bataille sur le plan juridique.

Olivier Bouchard est ensuite intervenu au nom du collectif Solida, pour présenter la construction de la base de Jeju en Corée du Sud - qui présente de nombreuses similitudes avec celle d'Henoko : menaces pour la paix et l'environnement, opposition des populations insulaires, passage en force des autorités nationales pour faire construire la base coûte que coûte au nom d'une certaine conception de leur alliance avec les Etats-Unis.

Olivier Bouchard

Olivier Bouchard

A Jeju, dont le gouvernement avait pourtant décidé en 1991 de faire une zone protégée, 53 hectares de terres agricoles - parmi les meilleures de l'île pour la culture du riz - ont été expropriées, pour construire la base navale sur une superficie de 40 hectares. Le permis de construire a été accepté par le maire de Gangjeong le 21 avril 2007, donnant lieu à une approbation par acclamation lors d'un comité de village où n'ont pris part que moins de 100 personnes, soit 10 % des habitants, dont la moitié de plongeuses âgées (les célèbres femmes de la mer, haenyo) d'ordinaire éloignées des affaires publiques - et dont on saura par la suite que leurs voix avaient été achetées (par des promesses, comme la construction d'un hôpital, ou le versement de fortes subventions). Une nouvelle réunion du comité de village, rassemblant davantage d'habitants, ne se tiendra jamais, malgré les engagements en ce sens du maire de Gangjeong. Un référendum sera ensuite organisé, refusant à une très large majorité (680 voix contre 36) le projet de base, mais seul le vote initial du comité de village sera considéré comme valide - notamment par une décision de la Cour suprême, saisie par le nouveau maire de Gangjeong, rendue en 2012.

Sont menacés non seulement l'environnement de l'île, mais aussi le mode de vie des haenyo directement affectées par la destruction d'un écosystème marin unique - et désormais profondément divisées -, alors que les travaux de construction de base ont commencé, malgré une large opposition locale, nationale et internationale.

Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, a ensuite dressé un parallèle entre l'Europe et l'Asie sur le désengagement des alliances militaires comme manifestation d'indépendance et gage de paix.

Il y a 50 ans, en 1966, le général de Gaulle décidait du retrait de la France du commandement intégré de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), entraînant le départ du sol français des troupes américaines (27 000 soldats et 37 000 employés répartis sur une trentaine de bases), achevé le 14 mars 1967. Cette décision était prise peu après que la France se fut dotée d'une force de dissuasion nucléaire autonome (la France n'a ainsi jamais participé au groupe des plans nucléaires de l'OTAN, constitué en 1966 après le départ français du commandement intégré), et dans le cadre de l'affirmation d'une diplomatie indépendante, marquée notamment par la reconnaissance diplomatique de la République populaire de Chine le 27 janvier 1964 et une ouverture sur le Tiers Monde.

Agir pour la paix et la solidarité en Asie : une conférence-débat de l'AAFC et du collectif Solida

Si la République de Corée (Corée du Sud) pourrait utilement s'inspirer de la politique d'indépendance de la France gaullienne, sa situation n'est évidemment pas la même - la Corée du Sud étant membre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et ayant connu pour sa part un régime d'administration militaire américain entre 1945 et 1948. Mais elle dispose d'autres moyens de garantir son indépendance : en 1994, elle n'a recouvré le commandement opérationnel de ses forces militaires qu'en temps de paix, le transfert à Séoul de ce même commandement en temps de guerre ayant été sans cesse repoussé - aujourd'hui jusqu'en 2020. Par ailleurs, les déclarations intercoréennes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, engageant chacune des deux parties au plus haut niveau, disposent explicitement que la réunification doit s'opérer par les Coréens eux-mêmes - sans ingérence extérieure.

De même que l'Europe constituait le centre d'intérêt principal des Etats-Unis pendant la guerre froide, la Corée est aujourd'hui au coeur du pivot asiatique de la puissance américaine, faisant apparaître le chapelet de bases américaines dans le Pacifique et le redéploiement dans cette région du monde de la puissance navale des Etats-Unis comme davantage destinée à contrôler l'approvisionnement de ses concurrents qu'à assurer la sécurité de ses propres approvisionnements. Au-delà de la RPD de Corée, l'objectif américain est bien d'endiguer la montée en puissance de la Chine pour préparer un conflit qui s'avère inéluctable. L'agence chinoise Xinhua a ainsi défini, dès octobre 2013, quatre leviers pour la désaméricanisation du monde : des achats massifs d'or (et donc une dé-dollarisation de l'économie), la promotion des échanges commerciaux bilatéraux en yuan, l'achat d'actifs réels et la liquidation des bons du Trésor détenus par la Chine. Par ailleurs, la Chine, au-delà des conflits territoriaux maritimes qui l'oppose à ses voisins, a étendu sa zone d'identification de défense aérienne.

La Corée du Sud, seul tête de pont terrestre des Etats-Unis en Asie de l'Est, comme le Japon, ne doivent pas être les victimes de la rivalité sino-américaine, alors que Washington cherche par ailleurs à promouvoir une OTAN asiatique en resserrant l'alliance tripartite avec Tokyo et Séoul (encourageant vivement l'accord de décembre 2015 sur les "femmes de réconfort", largement critiqué par les organisations sud-coréennes de défense des victimes de l'esclavage sexuel militaire japonais). Le commandement des forces des Nations Unies en Corée (du Sud) pourrait aussi être transformé en une version asiatique de l'OTAN. Un traité de paix en Asie du Nord-Est passerait a contrario par la dissolution de ce commandement, le programme nucléaire nord-coréen étant la conséquence (et non la cause) de l'état de tensions permanent avec les Etats-Unis, tout en offrant le prétexte rêvé pour les faucons américains désireux d'étendre leur emprise sur l'Asie de l'Est. La non-soumission des peuples d'Asie apparaît ainsi comme la meilleure garantie pour la paix du monde, devant s'appuyer sur la poursuite en toute indépendance de leurs seuls intérêts.

A l'issue de ces exposés un large débat s'est engagé avec la salle sur les similitudes entre le refus des bases militaires au Japon et en Corée - tout en faisant le constat du peu de convergences, à ce jour, entre les militants pacifistes sud-coréens et japonais. Par ailleurs, il a montré l'importance de sensibiliser les opinions publiques et les gouvernements, et pour ce qui concerne les organisateurs en Occident, témoignant ainsi de l'importance des combats engagés par l'AAFC et le collectif Solida qui poursuivront leurs luttes pour la paix, le désarmement et le départ des bases militaires étrangères.

Photos : AAFC.

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 10:48

Le 16 janvier 2016, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a réaffirmé la position de Pyongyang pour un dialogue suivant trois axes : la cessation de ses essais nucléaires, la conclusion d'un traité de paix avec les Etats-Unis et la fin des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens. Alors que le département d'Etat américain n'a pas rejeté par principe la reprise des discussions, la voie diplomatique apparaît comme la seule réponse viable pour stopper le processus inexorable d'escalade des tensions dans la péninsule coréenne : près de dix ans après l'adoption de sanctions à l'encontre de la RPD de Corée suite à son premier essai nucléaire, l'élaboration d'une nouvelle approche diplomatique est dans l'intérêt de toutes les parties concernées.

Kim Jong-un et Barack Obama, l'impossible dialogue ?Kim Jong-un et Barack Obama, l'impossible dialogue ?

Kim Jong-un et Barack Obama, l'impossible dialogue ?

Diffusée par l'agence nord-coréenne KCNA, la position du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée se fonde sur une proposition de gel du programme nucléaire de Pyongyang d'une part, la cessation des exercices militaires américano - sud-coréens d'autre part, tandis que s'engageraient des négociations pour un traité de paix - plus de 60 ans après l'armistice ayant mis fin aux combats de la guerre de Corée - afin de jeter les bases d'un mécanisme durable de sécurité et de coopération en Asie du Nord-Est :

Toutes nos propositions pour garantir la paix et la stabilité dans la péninsule et en Asie du Nord-Est sont toujours valides, en particulier celles consistant à cesser nos essais nucléaires et à conclure un traité de paix ; en contrepartie, les Etats-Unis cesseraient leurs exercices militaires conjoints.

http://www.kcna.kp/

Comme à leur habitude, les Etats-Unis n'ont pas rejeté par principe cette offre de dialogue - mais l'ont conditionnée au respect d'un critère éminemment subjectif - dont ils apprécient eux-mêmes le respect, bien entendu : l'engagement de gestes concrets dans le sens d'une dénucléarisation. Selon le département d'Etat américain,  

Il est de la responsabilité de la Corée du Nord de prendre des mesures concrètes dans le sens de sa dénucléarisation et de s'abstenir de toute provocation.

En matière de "provocations" les Etats-Unis ne sont toutefois pas en reste, ayant réagi au quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016 en envoyant des avions - y compris bombardiers - survoler la Corée, et en maintenant leurs exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud Foal Eagle/Key Resolve, prévus cette année en mars 2016, au nom, selon eux, du respect de leurs engagements de défense avec Séoul.

Alors, n'y a-t-il pas d'alternative à l'escalade des tensions et des sanctions, sans que celles-ci n'aient par ailleurs atteint leur objectif affiché de stopper le programme militaire nucléaire et balistique nord-coréen ?

Pour notre part, à l'Association d'amitié franco-coréenne, nous restons fermement convaincus qu'il faut explorer la voie du dialogue et de la paix : un traité de paix n'est pas une chimère, mais la base sur laquelle construire un édifice de sécurité collective en Asie du Nord-Est, ce qui suppose des engagements réciproques de chacune des parties. Plutôt que d'exiger une dénucléarisation immédiate et inconditionnelle de la Corée du Nord, les Etats-Unis pourraient - et devraient - accepter la proposition de Pyongyang de cesser ses essais nucléaires, et d'engager conjointement des discussions pour un traité de paix - ce qui n'est guère compatible avec la conduite d'exercices de guerre de grande ampleur. Et ils pourraient, enfin, appliquer un principe du traité de non-prolifération (TNP) - à savoir que les Etats détenteurs de l'arme nucléaire doivent eux aussi s'engager sincèrement sur la voie de leur dénucléarisation. Sinon, le TNP continuera d'apparaître pour ce qu'il est : la garantie du monopole du feu nucléaire entre des puissances par ailleurs les plus fortement dotées au monde en armes conventionnelles. Telles sont les perspectives d'un monde de paix et sans armes nucléaires que nous désirons ardemment voir s'esquisser.

Source :

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 23:17

Les organisateurs du Forum économique mondial de Davos - qui se réunit chaque année depuis 1974 dans la station de sports d'hiver suisse - ont retiré l'invitation qu'ils avaient donnée à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de participer à leur prochaine réunion, prévue du 20 au 23 janvier 2016. Ce revirement de décision, pris suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016, a suscité de vives protestations des autorités nord-coréennes, qui avaient prévu d'envoyer une délégation conduite par Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée.  

S.E. Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée

S.E. Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée

Dans une lettre adressée aux organisateurs du Forum de Davos, citée par l'agence nord-coréenne KCNA, le représentant de la RPD de Corée à Genève a dénoncé un mélange des genres entre la politique et l'économie qu'il estime contraire aux règles propres aux instances internationales telles que le Forum de Davos :

Ce comportement du forum est un acte inquiétant qui contrevient à l'impartialité et aux principes élémentaires devant être respectés par une instance internationale

http://www.kcna.kp/

Toujours selon la même lettre, il s'agit d'une décision prise brutalement, sous l'influence des forces hostiles à la RPD de Corée.

Mais le propre même du Forum de Davos est bien d'exprimer la soumission des dirigeants mondiaux aux intérêts du capitalisme, qui tire profit des situations de conflits et des politiques de sanctions. Exclure la Corée du Nord est dans la suite logique de cette relation de subordination. Pays le plus sanctionné au monde - ce qui rend grandement inopérant ses appels répétés aux investisseurs étrangers (notamment dans ses zones économiques spéciales) - la RPD de Corée n'avait rien à gagner d'une telle participation, imaginée par les organisateurs du Forum dans ce qui apparaissait surtout comme un coup de publicité - avant que les contingences des relations internationales fassent avorter le projet. Pour que la boucle soit bouclée il ne leur restait plus qu'à se dédire eux-mêmes - ce qu'ils ont fait.

Source :

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 14:26

Après l'annonce par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) qu'elle avait procédé, le 6 janvier 2016, à un essai réussi de bombe H, l'escalade se poursuit : une réunion le même jour du Conseil de sécurité des Nations Unies a annoncé qu'il préparerait de nouvelles sanctions contre la RPD de Corée, tandis que la République de Corée (Corée du Sud) a repris sa propagande par haut-parleur le long de la zone démilitarisée (DMZ) qui la sépare de sa voisine du Nord. Le 9 janvier, Pyongyang a publié la vidéo d'un test de missile lancé depuis un sous-marin, et le 10 janvier un bombardier américain B-52, accompagné d'autres appareils, a survolé la Corée. Les autorités nord-coréennes ont prévenu que la situation était "au bord de la guerre".

La Corée du Nord aurait procédé à un tir balistique depuis un sous-marin le 21 décembre 2015.

La Corée du Nord aurait procédé à un tir balistique depuis un sous-marin le 21 décembre 2015.

Après que l'essai nucléaire du 6 janvier eut donné lieu à des scènes de liesse en RPD de Corée (les autorités nord-coréennes ayant affirmé par ailleurs que, désormais, elles ne risquaient plus de subir le sort de l'Irak et de la Libye grâce à leur capacité de dissuasion nucléaire), une vidéo a été diffusée par la télévision nord-coréenne le 9 janvier, montrant un tir de missile balistique depuis un sous-marin (SLBM, Submarine-Launched Ballistic Missile). La trajectoire du missile est presque à la verticale, alors que lors d'un précédent tir SLBM en mai 2015 le missile décrivait une trajectoire de 45 degrés avant de retomber dans la mer. Des experts, notamment de l'armée américaine, avaient ensuite alors affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un lancement depuis un sous-marin.

Si la vidéo diffusée le 9 janvier n'a pas été datée, selon le site américain Washington Free Beacon ce tir aurait été réalisé quelques semaines plus tôt, le 21 décembre, à proximité du port de Sinpo, sur la côte Est de la Corée.

Pour leur part, les Américains ont décidé, selon eux en représailles à l'essai nucléaire nord-coréen, de procéder, comme lors de la crise du printemps 2013, au survol par la Corée, le 10 janvier, d'un bombardier B-52 pouvant transporter des missiles nucléaires. Selon le commandement militaire américain, le bombardier a décollé de la base aérienne d'Anderson sur l'île de Guam, puis survolé la région d'Osan,  située à 40 km au sud de Séoul, avant de retourner sur Guam. L'appareil était accompagné par un chasseur sud-coréen F-15k et un chasseur américain F-16.

Le bombardier B-52 peut transporter 35 bombes conventionnelles et 12 missiles de croisière. Il peut aussi lâcher des missiles nucléaires air-sol d'une portée de 200 km et des missiles de croisière aéroportés d'une portée de 2 500 à 3 000 km.

Le bombardier B-52 peut transporter 35 bombes conventionnelles et 12 missiles de croisière. Il peut aussi lâcher des missiles nucléaires air-sol d'une portée de 200 km et des missiles de croisière aéroportés d'une portée de 2 500 à 3 000 km.

Sources :

Lire aussi, sur le site de l'AAFC, à propos du survol de la Corée par des bombardiers américains en mars 2013 :

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