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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 11:33

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé à son cinquième essai nucléaire le 9 septembre 2016 (après les essais du 9 octobre 2006, du 25 mai 2009, du 12 février 2013 et du 6 janvier 2016) - le jour anniversaire du 68e anniversaire de la fondation de la RPD de Corée. En début de semaine, la RPDC avait procédé à des tirs de missiles balistique de moyenne portée. Le nouvel essai nucléaire nord-coréen témoigne de la détérioration de la situation dans la péninsule coréenne et de l'escalade des tensions diplomatiques et militaires : fondamentalement attachée à la paix, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) estime qu'il est temps que les Etats-Unis et leurs alliés acceptent les propositions de dialogue de Pyongyang au lieu d'attiser les tensions en multipliant les exercices militaires et en aggravant le régime de sanctions déjà le plus draconien au monde.

Le Président Kim Jong-un rencontre les scientifiques nord-coréens spécialistes du nucléaire (photo non datée de l'agence de presse officielle KCNA, diffusée le 9 mars 2016).

Le Président Kim Jong-un rencontre les scientifiques nord-coréens spécialistes du nucléaire (photo non datée de l'agence de presse officielle KCNA, diffusée le 9 mars 2016).

La secousse sismique a été détectée le 9 septembre 2016 à 00h30 GMT (2h30 heure de Paris) à proximité du site d'essais nucléaires de Punggye-ri, au Nord-Est du pays.

La télévision nord-coréenne s'est félicitée de la réussite de l'essai nucléaire :

Nos scientifiques nucléaires ont mené un essai d'explosion nucléaire d'une tête nucléaire nouvellement mise au point, sur le site d'essais nucléaires dans le nord du pays (...). Notre (...) parti a envoyé un message de félicitations à nos scientifiques nucléaires (...) pour avoir mené un essai d'explosion réussi d'une tête nucléaire.

Selon le ministère sud-coréen de la Défense, l'explosion a été de 10 kilotonnes, ce qui en ferait le plus puissant des cinq essais nucléaires réalisés par la Corée du Nord depuis 2006, d'une puissance double de celle de l'essai nucléaire du 6 janvier 2016. Un séisme de magnitude 5,3 a été détecté.

Alors que les programmes nucléaire militaire, spatial et balistique nord-coréens ont entraîné l'imposition d'un régime international de sanctions contre la RPD de Corée sans équivalent aujourd'hui au monde, Pyongyang poursuit donc le développement de son programme nucléaire : c'est la première fois que la RPD de Corée procède officiellement à deux essais nucléaires la même année. Les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Japon et la Corée du Sud ont vivement condamné l'essai nucléaire nord-coréen, comme les précédents, comme contrevenant aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Barack Obama a évoqué des "conséquences graves" pour la RPD de Corée et appelé ses homologues sud-coréen et japonais. Le communiqué du Président François Hollande a repris les éléments de langage de Washington. Pour sa part, la Chine a souligné sa "ferme" opposition et appelé la Corée du Nord à se conformer à ses obligations résultant du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le fait que la Corée du Nord continue de développer ses programmes militaires soulève de sérieux doutes tant pour l'efficacité des sanctions que pour l'efficacité de cette politique initiée par les Etats-Unis et leurs alliés, les Etats-Unis mentant sur l'étendue réelle du programme nucléaire nord-coréen pour dissimuler le "fiasco" de leur politique vis-à-vis de la Corée du Nord (pour reprendre le titre de l'ouvrage d'un expert français des questions coréennes, Claude Helper).

Après l'essai nucléaire du 6 janvier 2016 et le lancement d'un satellite artificiel par Pyongyang le 7 février 2016, Washington a réagi de trois manières :

- en faisant adopter par le Conseil des sécurité des Nations Unies des sanctions qui visent désormais explicitement à l'effondrement économique (et donc politique) de la RPD de Corée (et non plus seulement à enrayer le développement de ses programmes militaires), tout en décidant de nouvelles sanctions unilatérales, interprétées comme un acte de désespoir par Douglas Bandow du think tank conservateur américain Institut Caton ;

- en augmentant l'importance et la fréquence de ses manoeuvres militaires conjointes (avec la Corée du Sud et le Japon) dénoncées par Pyongyang comme des préparatifs de guerre ;

- en déployant en Corée du Sud, avec le plein accord des autorités de Séoul, THAAD, acronyme de Terminal High Altitude Area Defense, c'est-à-dire un système de missiles antibalistiques américain consistant à détruire les missiles balistiques de portées moyenne ou intermédiaire en phase finale d'approche  en s'écrasant contre eux (hit-to-kill). La Chine et la Russie ont vivement dénoncé le déploiement de THAAD en Corée du Sud : si ces deux puissances ne sont pas favorables à ce que la Corée du Nord soit dotée d'armes nucléaires, elles ne veulent pas non plus que les Etats-Unis utilisent la situation dans la péninsule coréenne pour attiser les tensions en Asie du Nord-Est et accélérer une course aux armements dangereuse pour elles-mêmes.

Le nouvel essai nucléaire nord-coréen s'inscrit donc dans une logique d'escalade des tensions : Pyongyang a réagi aux récentes initiatives américaines, qu'elle considère comme une menace vitale, en poursuivant le développement d'une capacité de dissuasion nucléaire autonome, en estimant que les précédents irakien de 2003 et libyen de 2011 ne plaident pas pour un désarmement unilatéral face à la superpuissance américaine qui, quant à elle, poursuit bien son programme nucléaire - mais en ne procédant plus à des essais nucléaires souterrains. La vertu n'est pas toujours pratiquée par ceux qui l'invoquent le plus.

A présent, les regards se tournent vers la Chine et la Russie pour savoir dans quelle mesure elles accepteraient, une nouvelle fois, les demandes américaines de renforcer toujours davantage les sanctions contre Pyongyang. Ces sanctions accroissent les risques de conflit et tendent à l'effondrement de la RPDC, deux scénarios catastrophes pour Pékin et Moscou, les deux pays étant également visés par la menace que représente le système de missiles THAAD en Corée du Sud.

En plus de ces essais, l'Afrique du Sud et Israël auraient conduit au moins un essai en commun en 1979.

En plus de ces essais, l'Afrique du Sud et Israël auraient conduit au moins un essai en commun en 1979.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)