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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 19:00

Le 7 avril 2017, les tirs en Syrie de 59 missiles de croisière Tomahawk par les navires américains USS Porter et USS Ross contre les forces loyales au Président Bachar el-Assad ont révélé que, conformément au remaniement de ses équipes de conseillers, le président américain Donald Trump entendait  adopter une ligne encore plus militariste et interventionniste que son prédécesseur Barack Obama. L'initiative en Syrie a ainsi posé la question d'une éventuelle aventure militaire en Corée - mais sur ce sujet les Etats-Unis ont d'abord sondé la Chine, lors d'une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping dans le complexe hôtelier de Mar-a-Lago, en Floride, dont peu d'éléments ont filtré - faisant ainsi renaître la détestable pratique de la diplomatie secrète, qui a été l'une des causes majeures du déclenchement de la Première guerre mondiale. 

Sommet Xi Jinping - Donald Trump à Mar-a-Lago.

Sommet Xi Jinping - Donald Trump à Mar-a-Lago.

Loin de réfréner les ardeurs de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à poursuivre son programme nucléaire et balistique, l'attaque militaire américaine en Syrie a bien au contraire conforté les dirigeants nord-coréens dans leur volonté de doter leur pays d'une force de dissuasion nucléaire crédible face à l'imprévisible Donald Trump. Tout en dénonçant l' "agression américaine" et une violation de la souveraineté nationale de la Syrie, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée, cité par l'agence nord-coréenne KCNA, a ainsi déclaré :

L'attaque de missiles américains visant la Syrie constitue un acte d'agression flagrant et impardonnable à l'encontre d'un État souverain, que nous condamnons fermement (...) Ce qui se passe aujourd'hui témoigne du fait que notre décision de renforcer notre puissance militaire était un choix un million de fois juste.

https://fr.sputniknews.com/international/201704081030806789-syrie-etats-unis-attaque-coree-du-nord/

Plus que la Syrie, c'est toutefois vers le sommet Xi Jinping - Donald Trump que se sont tournés les regards des observateurs pour savoir si, comme il l'avait menacé, le Président américain prendrait l'initiative d'agir seul si la République populaire de Chine n'adoptait pas une position plus dure vis-à-vis de Pyongyang.

A cet égard, les communiqués très convenus publiés par chacune des deux parties ne permettent guère de connaître la teneur exacte des échanges - et encore moins sur la question coréenne (très certainement abordée) que sur d'autres dossiers.

Au-delà des exercices habituels d'autosatisfaction de Donald Trump
(celui-ci a déclaré : "je pense que nous avons accompli d'immenses progrès dans nos relations avec la Chine" et s'est extasié d'avoir eu une relation "extraordinaire" avec son homologue chinois), ce que révèle le communiqué chinois de l'agence Xinhua - Pékin étant plus transparent que Washington dans le contenu de ces discussions - est le primat accordé aux questions économiques et commerciales (les vives critiques de Donald Trump contre la Chine en ce domaine ayant été l'un de ses thèmes de campagne). La partie chinoise a aussi insisté sur l'importance de renforcer la coopération et les mécanismes de dialogue sur les questions stratégiques, dans une critique à peine voilée contre toute tentation d'agir unilatéralement des Chinois alors que l'attaque américaine en Syrie est intervenue pendant la rencontre au sommet. Selon Xinhua,

[Xi Jinping] a proposé que les deux parties lancent les programmes d'échanges annuels convenus et mettent en place ou améliorent le mécanisme de notification mutuelle en cas d'opération militaire majeure ainsi que le code de conduite en cas de rencontre militaire navale ou aérienne.

Dans l'immédiat, il est très probable que la Chine, qui a surtout cherché à comprendre l'administration Trump lors de ce premier échange avant de réajuster sa politique américaine, réactivera notamment ses contacts avec Pyongyang en veillant, une nouvelle fois, à abaisser le niveau des tensions à sa frontière coréenne.

Quant aux Etats-Unis, ils ont laissé filtrer dans les médias ce que pourraient être les nouvelles options (précisons-le : à ce stade, à l'étude, faute de consensus) de leur politique coréenne. Selon NBC News, citant les travaux du Conseil de sécurité national américain, ces pistes consistent tout d'abord à envisager le redéploiement d'armes nucléaires américaines en Corée du Sud, où elles ont été retirées au début des années 1990. Comme le soulignent les auteurs de l'article de NBC News, cette action sans précédent depuis la fin de la guerre froide, constitueraient un "geste indéniablement provocateur".

Autre provocation américaine sur la table : assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, reprenant ainsi le thème d'un nanar qui avait notamment eu comme rôle d'accréditer les opinions publiques occidentales à cette hypothèse, ces dernières étant par ailleurs manipulées sur la vraie origine du piratage des studios Sony Pictures qui ont produit le film (dans la bataille pour la désinformation, les bruits de bottes contre la Corée du Nord se sont d'ailleurs opportunément accompagnés d'une relance de la campagne de dénigrement attribuant à la Corée du Nord le piratage et le casse de la Banque centrale du Bangladesh).

Toujours dans le domaine de la manipulation, la troisième option avancée par le Conseil national de sécurité américain porte, précisément, sur le sabotage et l'infiltration de la Corée du Nord pour détruire leurs infrastructures et empêcher les progrès balistiques (avant d'aller encore plus loin - par une action de déstabilisation interne de type guérilla - dans un deuxième temps ?). Les supplétifs sud-coréens des Etats-Unis seraient affectés à ces basses besognes.


En tout état de cause, pour l'administration Trump la guerre avec la Corée du Nord semble déjà décidée et il ne resterait plus à en définir que le calendrier et les modalités - ce qui ne manque pas d'inquiéter nombre de responsables et anciens responsables américains face à une décision irréfléchie et déraisonnable.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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CHADI 09/04/2017 15:22

Il n'y a pas lieu d'hésiter une seconde,La Chine capitaliste héritée du sinistre Deng Xiaoping est tout à fait capable de troquer La Corée du Nord pour sauver son boiteux"chat gris"qui attrape je ne sais quels
"souris". Déjà à l'époque de Mao,et c'est Kissinger qui le dit dans ses mémoires,alors que la guerre du
Vietnam faisait rage,La Chine a limité son soutien à Hanoï pour s'allier avec les USA contre l'URSS. Cette
alliance,qui faisait le jeu géostratégique du couple Nixon-Kissinger,a triomphé par l'effondrement du bloc
soviétique et la conversion des chinois au système du"chat gris",c'est à dire"le capitalisme". Les coréens du nord,en bons marxistes, ont parfaitement assimilé ces terribles leçons de l'Histoire. C'est pour cela qu'ils ne comptent que sur eux mêmes.

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