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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 21:20

THAAD, acronyme de Terminal High Altitude Area Defense, désigne un système de missiles antibalistiques américain en service depuis 2008, consistant à détruire les missiles balistiques de portée moyenne ou intermédiaire en phase finale d'approche  en s'écrasant contre eux (hit-to-kill). Aujourd'hui, les Etats-Unis envisagent clairement le déploiement de THAAD dans la péninsule coréenne, officiellement pour contrer la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), en réalité pour s'opposer à la Chine et à la Russie. Si ce projet venait à se concrétiser il entraînerait une course aux armements dont les Coréens feraient les frais les premiers. C'est pourquoi, attachée à la paix et à la sécurité dans une zone où un traité de paix n'a jamais clos les combats de la guerre de Corée, l'Association d'amitié franco-coréenne s'oppose fermement à toute perspective de déployer THAAD dans la péninsule coréenne.

Schéma d'un missile du système THAAD

Schéma d'un missile du système THAAD

Y aura-t-il bientôt des missiles THAAD en Corée du Sud ? A la veille de sa visite en Asie, Ashton Carter, secrétaire américain à la Défense, est intervenu devant un parterre républicain où il n'a pas fait mystère de ses "préoccupations" vis-à-vis de la Chine, même si officiellement son discours parlait également d'améliorer la "compréhension" mutuelle entre Washington et Pékin, en déclarant ainsi à propos de la Chine :

"L'opacité de son budget de défense, ses agissements dans le cyber-espace, et son comportement [dans les conflits territoriaux en mer de Chine] soulèvent une série de questions sérieuses. [...] Mais il y a des opportunités [pour] améliorer la compréhension [et] réduire le risque."


Mais si "risque" il y a, c'est bien celui d'une course aux armements et d'une escalade que souhaitent ardemment les faucons démocrates comme M. Ashton Carter. Ainsi que l'a souligné l'agence de presse chinoise Xinhua, "M. Carter, qui a pris ses fonctions en tant que secrétaire américain à la Défense en février, est connu pour être un fervent défenseur de la défense anti-missile" THAAD.

Le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), cité par l'agence nord-coréenne KCNA, a souligné que, face au risque que faisait courir le déploiement des missiles américains dans la péninsule dans un contexte déjà lourd de menaces au moment de la conduite des exercices militaires américano-sud-coréens, l'Armée populaire de Corée n'avait d'autre choix que de renforcer ses capacités de défense, ce qui a ainsi pour effer d'éloigner toute perspective de règlement du contentieux nucléaire en Corée :
 

"Plus les Etats-Unis et leurs fantoches en Corée du Sud recourent fébrilement aux exercices militaires et accumulent les armements visant la République populaire démocratique de Corée, plus cette dernière consolidera ses forces d'endiguement afin de leur faire face. [...] En déployant le système (THAAD), les Etats-Unis veulent parachever leurs préparatifs pour faire une frappe préventive sur la Corée du Nord et créer des conditions favorables pour supprimer la Chine et la Russie, leurs adversaires stratégiques."


Toujours lors de sa récente conférence devant l'Institut universitaire John McCain, Ashton Carter a exprimé en termes très clairs la concentration de la puissance militaire américaine dans la région Asie-Pacifique : "contribue(r) à créer les bonnes incitations et conditions pour encourager la Chine à respecter les règles de l'ordre international." Il s'agit bien d'exercer une pression militaire sur la Chine, accusée de perturber l'ordre mondial sous domination américaine.

Face aux déclarations menaçantes d'un secrétaire américain à la Défense autant en phase avec les faucons néo-conservateurs, Alexandre Timonin, ambassadeur russe en Corée du Sud, a exprimé ouvertement ses inquiétudes dans un entretien donné à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap :

"La volonté des Etats-Unis de déployer le système THAAD sur le sol sud-coréen pose des menaces à la sécurité non seulement de la Russie mais aussi de toute la région."


Face aux appétits guerriers de l'administration Obama, les autorités sud-coréennes temporisent en déclarant qu'aucune décision n'a été prise concernant le déploiement de missiles THAAD dans la péninsule. Mais ces propos reflètent-ils sincèrement des interrogations au sein du camp conservateur ? Ne faut-il pas plutôt y voir un double langage destiné à abuser la Chine et la Russie ? Car les députés du parti Saenuri (au pouvoir), plaident déjà, quant à eux, pour le déploiement de THAAD, en s'opposant ainsi aux démocrates qui ne veulent pas faire de la Corée une nouvelle fois le champ de bataille des rivalités entre grandes puissances.

En janvier dernier, le Président Obama se révélait partisan des choix néo-conservateurs d'une stratégie inspirée de la poliorcétique pour abattre la RPD de Corée. Les conservateurs sud-coréens, en ayant fait de la subordination aux Etats-Unis leur ligne de conduite diplomatique et militaire, se retrouvent entraînés dans les choix bellicistes de la puissance américaine à laquelle ils ont aliéné leur sécurité, quels que puissent être les intérêts propres des Sud-Coréens. 


Sources :

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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)