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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 21:53

Le 7 juin 2017, le Président de la République de Corée Moon Jae-in a annoncé la suspension du déploiement en Corée du Sud du système américain de missiles antimissile THAAD, dans l'attente que soit menée une étude d'impact environnemental. Cependant, deux jours plus tard la Maison Bleue - siège de la présidence sud-coréenne - a annoncé que le déploiement du THAAD se déroulera "comme prévu". Décryptage.

Militante dans le comté de Seongju, site retenu pour le déploiement de THAAD, fait signer une pétition contre THAAD.

Militante dans le comté de Seongju, site retenu pour le déploiement de THAAD, fait signer une pétition contre THAAD.

L'annonce du Président Moon Jae-in a été saluée par tous ceux qui veulent la paix et refusent la course aux armements en Asie du Nord-Est : le déploiement du très controversé dispositif THAAD est suspendu dans l'attente des résultats d'une étude d'impact, qui pourrait durer plus d'un an, qui devrait notamment mesurer l'impact sur la santé du champ magnétique du radar AN/TPY-2. Une telle étude d'impact était obligatoire, mais avait été omise dans le but manifestement d'accélérer la mise en place de THAAD avant l'élection présidentielle du 9 mai, remportée par l'opposition démocrate, pour mettre le nouveau chef de l'Etat devant le fait accompli.  

Non seulement il s'agissait de passer en force contre l'opinion publique, mais la réalité même du déploiement de THAAD a été cachée par l'armée sud-coréenne au Président Moon Jae-in : fin mai, un rapport qui lui avait été transmis afin de préparer sa rencontre aux Etats-Unis avec Donald Trump, en juin, avait délibérément supprimé un passage indiquant l'arrivée de quatre camions lanceurs de missiles sur le sol sud-coréen. Il ne fait guère de doute que cette indiscipline de l'armée, qui a entraîné le renvoi du vice-ministre de la Défense en charge des affaires politiques, conjuguée aux efforts déployés par le ministère de la Défense pour empêcher l'étude d'impact environnemental, a pesé dans l'annonce du Président Moon Jae-in sur la suspension de la mise en oeuvre de THAAD.

Mais suspension ne signifie pas démantèlement de THAAD, comme l'a souligné le surlendemain Chung Eui-yong, chef du bureau de la sécurité nationale à la présidence sud-coréenne :

Le gouvernement gérera le déploiement du THAAD selon ses principes tout en étant pleinement conscient des menaces nucléaires et balistiques de la Corée du Nord (...) Le gouvernement n'a pas l'intention de changer fondamentalement ce qui a été promis dans le cadre de l'alliance Corée – États-Unis.

L'administration Moon Jae-in marche sur des œufs. Elle ne peut pas se permettre une remise en cause immédiate et radicale de THAAD, surtout à la veille d'un sommet américano-sud-coréen, vu la relation militaire entre Séoul et Washington. Le président sud-coréen ne peut pas non plus afficher une autre attitude que la fermeté face aux lancements répétés de missiles par la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), au risque sinon de perdre toute crédibilité dans l'opinion publique sud-coréenne.

L'étude d'environnement a aussi le mérite de laisser du temps au temps, tout en freinant l'escalade engendrée par le déploiement de THAAD : Moon Jae-in a adopté, de manière courageuse et prudente, la seule position réaliste et crédible pour abaisser les tensions qu'avait attisée l'administration conservatrice dans la péninsule coréenne.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)