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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 10:29

L'étudiant américain Otto Warmbier avait été arrêté en janvier 2016 en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), où il s'était rendu dans le cadre d'un voyage touristique organisé par l'agence Young Pioneer Tours, après avoir confessé avoir tenté de voler une affiche de propagande. Condamné à quinze ans de travaux forcés, il avait été libéré le 13 juin dernier, après une médiation par le département d'Etat américain sur laquelle ce dernier est resté très discret. Libéré en état de coma, (un "état d'éveil non réactif", selon les médecins), Otto Warmbier est décédé six jours plus tard, à l'âge de 22 ans.

Otto Warmbier, lors de son procès à Pyongyang

Otto Warmbier, lors de son procès à Pyongyang

Avant d'examiner les termes du débat sur les causes de la mort d'Otto Warmbier, l'Association d'amitié franco-coréenne souhaite tout d'abord témoigner de sa profonde tristesse quant à ce dénouement tragique, tant pour le jeune homme - certes mort auprès des siens - que de sa famille. Quels que soient les actes commis par l'étudiant américain, peut-être un rapatriement sanitaire plus précoce aurait-il été nécessaire. Si la médecine n'est pas une science exacte, nous formulons l'espoir que, à l'avenir, dans des circonstances similaires, une solution diplomatique soit explorée  dès que possible pour empêcher que de tels drames se reproduisent.

Selon la RPD de Corée, Otto Warmbier souffrait de botulisme, une maladie paralytique rare mais grave, d'origine infectieuse et pouvant aboutir à une paralysie des muscles, notamment respiratoires.

A son retour aux Etats-Unis, le jeune homme avait subi une batterie d'examens, qui ne permettaient pas de déterminer avec précision les causes de son grave état de santé, comme l'a indiqué le Washington Post :

Les docteurs disent ne pas savoir ce qui a causé les dommages cérébraux. A la question de savoir si ce pouvait être le résultat de coups ou d'autres violences pendant son emprisonnement, ils ont répondu que Warmbier ne présentait aucun signe de traumatisme, ni de fractures sévères ou cicatrisées.

Daniel Kanter, directeur d'unité médicale de soins intensifs en neuroscience, a au contraire affirmé que l'origine de la lésion cérébrale apparue dans les résultats des IRM correspondait à un arrêt cardiopulmonaire avec des dommages aux tissus cérébraux dus à un manque d'irrigation en sang du cerveau.

Toujours selon les médecins, il n'aurait pas été trouvé de traces de botulisme dans le corps d'Otto Warmbier et les lésions sont antérieures à avril 2016, suivant les résultats de deux IRM envoyés par les médecins nord-coréens à leurs collègues américains. 

Malgré ces conclusions médicales prudentes, un certain nombre de médias ont relayé la thèse d'une mort suite à des coups et blessures, entretenue par le département d'Etat américain - bien que ce dernier affirme ne pas pouvoir dire si Otto Warmbier aurait été frappé en RPDC, par égards pour la famille qui, pour sa part, a mis vivement en cause les autorités nord-coréennes avant même la libération du jeune homme.

Alors que trois autres citoyens américains (un homme d'affaires et deux universitaires) restent détenus en Corée du Nord - ils constituent d'ailleurs pratiquement les seuls ressortissants étrangers arrêtés en RPDC - la disparition d'Otto Warmbier dégrade encore un peu plus les relations bilatérales déjà tendues entre Pyongyang et Washington.


Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)