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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 17:20

Après le second lancement d'un missile balistique intercontinental par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le 28 juillet 2017, l'administration sud-coréenne du démocrate Moon Jae-in a changé de position quant au déploiement du système américain de missiles antimissile Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) : dès le lendemain du tir nord-coréen, le Conseil de sécurité de la République de Corée s'est réuni et Séoul a annoncé que quatre lanceurs supplémentaires du système THAAD - actuellement en stockage - s'ajouteraient aux deux lanceurs d'ores et déjà installés à Seongju. 

Le Président Moon Jae-in, lors de la réunion du Conseil de sécurité du 29 juillet 2017

Le Président Moon Jae-in, lors de la réunion du Conseil de sécurité du 29 juillet 2017

Très critique quant au déploiement de THAAD qu'avait accéléré l'administration conservatrice sud-coréenne à la veille de l'élection présidentielle du 9 mai 2017, mettant ainsi le nouveau chef de l'Etat devant le fait accompli, le démocrate Moon Jae-in avait d'abord pris en compte le refus de l'opinion publique sud-coréenne : le 7 juin, il annonçait la "suspension" du déploiement de THAAD dans l'attente du résultat d'une étude d'impact environnemental. 

Mais la poursuite du programme balistique et nucléaire nord-coréen aura fait changer de position l'administration Moon Jae-in en moins de deux mois : sans remettre en cause l'étude d'impact environnemental, la présidence démocrate a décidé qu'en tout état de cause serait poursuivie la mise en place de THAAD dans le sud de la péninsule - répondant ainsi aux attentes de l'administration Trump. Car il s'agit en effet de répondre aux préoccupations en termes de sécurité des Etats-Unis, et non de la Corée du Sud, puisque le déploiement de missiles balistiques intercontinentaux par la RPDC expose bien le territoire américain. Ce faisant, la Corée du Sud - qui évoque aussi de mettre en place unilatéralement de nouvelles sanctions en plus de celles des Nations unies - confirme son statut d'allié discipliné des Etats-Unis. 

Quand le secrétaire d'Etat Rex Tillerson fait étrangement porter à Moscou et Pékin la responsabilité du développement des programmes balistiques nucléaires nord-coréens, l'administration Trump a de nouveau évoqué la possibilité d'actions militaires - même si tous les observateurs s'accordent sur le fait qu'un nouveau conflit serait dévastateur et que les experts soulignent qu'il est désormais illusoire d'espérer faire renoncer Pyongyang à sa capacité de dissuasion nucléaire. Dans ce contexte, l'alignement des démocrates sud-coréens sur les faucons au pouvoir à Washington (qui, après le lancement de l'ICBM du 28 juillet, ont de nouveau déployé des bombardiers dans le ciel coréen, avec l'aval des autorités de Séoul) est un choix particulièrement dangereux. Le risque est d'autant plus élevé que cette décision intervient à un moment où les difficultés internes à l'administration républicaine, conjuguée à son incapacité à abroger le dispositif de protection sociale mis en place par Barack Obama ("Obamacare"), peuvent rendre tentant, pour un pouvoir velléitaire et en perte de vitesse, de se lancer dans une nouvelle aventure militaire. Enfin, le choix de Séoul anéantit les espoirs de reprise à court et moyen termes de relance du dialogue intercoréen. 

Signe que les préoccupations majeures sud-coréennes de politique extérieure se situent ailleurs qu'à Pyongyang, ce n'est d'ailleurs pas la RPDC mais la Chine que Séoul a averti au préalable de la poursuite du déploiement de THAAD, sans atténuer pour autant l'ire de Pékin quant au choix sud-coréen de s'aligner sur les intérêts stratégiques de Washington et de rompre ainsi l'équilibre stratégique actuel au détriment de la Chine et de la Russie. Alors que la Chine a déjà mis en place des sanctions unilatérales contre la République de Corée, et qu'elle sera d'autant moins encline à satisfaire les exigences américaines sur le dossier nord-coréen au Conseil de sécurité des Nations unies (tout en condamnant par ailleurs clairement le lancement d'un nouvel ICBM par Pyongyang), un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères donne le ton de son mécontentement - à la mesure de son dépit prévisible face à l'attitude non coopérative non seulement de Pyongyang, mais aussi de Séoul pour laisser une chance au plan chinois de sortie de crise

La partie chinoise est fortement préoccupée par les actions de la Corée du Sud. La Chine se prononce catégoriquement contre le déploiement du système antimissile américain THAAD en Corée du Sud. Le projet de déploiement du THAAD ne rassurera pas la Corée du Sud par rapport à la sécurité et ne réglera pas la question de la péninsule de Corée mais pourra aggraver la situation.

Sources : 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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