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20 août 2023 7 20 /08 /août /2023 16:55

A la veille des exercices de guerre Ulchi Freedom Shield, qui se dérouleront du 21 au 30 août 2023 en associant principalement des militaires américains et sud-coréens, des hackeurs qui seraient liés à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sont accusés d'avoir lancé des attaques contre le personnel du centre de simulation de guerre de Séoul et Washington. Alors que Pyongyang dénonce les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes comme des préparatifs d'invasion de son territoire, les accusations réciproques des différentes parties témoignent d'un climat de tensions toujours croissant dans la péninsule coréenne.  Pour l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), plus que jamais il est urgent d'oeuvrer pour la paix, le dialogue et la suspension des manoeuvres militaires afin de restaurer un climat de confiance propice à une nécessaire désescalade. 

Les exercices militaires prennent part dans un contexte de renforcement des alliances autour des Etats-Unis en Asie du nord-est. Sur cette image, manifestation de militants sud-coréens de Solidarity for Peace and Reunification of Korea, le 17 août 2023, contre le rapprochement militaire de Séoul et de Tokyo

Les exercices militaires prennent part dans un contexte de renforcement des alliances autour des Etats-Unis en Asie du nord-est. Sur cette image, manifestation de militants sud-coréens de Solidarity for Peace and Reunification of Korea, le 17 août 2023, contre le rapprochement militaire de Séoul et de Tokyo

L'édition été 2023 des manoeuvres Ulchi Freedom Guardian comporte un exercice de commandement basé sur des simulations informatiques ainsi que des exercices militaires et civils sur le terrain - au nombre d'une trentaine cette année (contre 13 en août 2022 et 25 pour l'exercice Freedom Shield du printemps 2023) - impliquant les différentes forces (air, terre, mer).  Elles sont présentées par Washington et Séoul comme défensives, face à la Corée du Nord. Comme en début d'année, la RPD de Corée pourrait réagir à ces manoeuvres en lançant un missile balistique intercontinental (ICBM). 

Outre la République de Corée (Corée du Sud) et les Etats-Unis, neuf autres pays doivent participer à Ulchi Freedom Guardian : l'Australie, le Canada, la France, la Grande-Bretagne, la Grèce, l'Italie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines et la Thaïlande - tous membres du commandement des Nations unies en Corée, ce qui nourrit les accusations de la RPD de Corée contre le rôle selon elle non neutre des Nations unies (parallèlement aux critiques de personnalités sur l'utilisation du drapeau des Nations unies) - alors que la Commission de supervision des nations neutres est aussi associée aux exercices militaires. La participation française s'inscrit pour sa part dans un renforcement de l'alliance militaire entre Paris et Séoul, fortement critiqué par Pyongyang le 2 août 2023.

Même si ces manoeuvres militaires gagnent à nouveau en intensité, ce qui a retenu l'attention des médias internationaux cette année est surtout les accusations de piratage par la RPD de Corée d'adresses email de personnels sud-coréens du centre de simulation de guerre de Séoul et Washington. Les attaques, consistant en l'envoi de emails malveillants, ont été attribuées par la police sud-coréenne au groupe Kimsuky supposément lié à Pyongyang. Le choix des cibles et la date des attaques conduisent à incriminer la Corée du Nord, qui disposent de capacités offensives dans le domaine cybernétique.

En matière de cyberattaques, qui ne sont par ailleurs pas l'apanage des adversaires des Occidentaux, il est toujours difficile d'identifier de manière certaine les commanditaires, qui s'avèrent être des Etats dans la moitié des cas - lesquels ne revendiquent qu'exceptionnellement les actions menées : nous nous trouvons ici dans le domaine de la zone grise des conflits. Les pays des cibles visées ne réagissent généralement pas par des moyens conventionnels, en l'absence par ailleurs de régulation du cyberespace par le droit international public. Le déplacement des conflits traditionnels sur le terrain cyber traduit la diversification des modes d'affrontement - certes sur un mode non létal s'agissant des cyberattaques - mais s'inscrivant dans une logique de confrontation asymétrique aux effets d'entraînement tout aussi délétères quant aux risques d'escalade. 

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16 août 2023 3 16 /08 /août /2023 23:08

Le 16 août 2023, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a donné pour la première fois publiquement des nouvelles de Travis King, un soldat américain qui a gagné la RPDC le 18 juillet 2023 en franchissant la zone démilitarisée (DMZ) alors qu'il s'était joint à un groupe de touristes en visite du côté Sud. Toujours selon KCNA, qui a précisé que l'enquête se poursuit, le deuxième classe King a "exprimé sa volonté de chercher refuge en RPDC ou dans un pays tiers, se disant désabusé face à la société inégalitaire américaine". 

Travis King en 2021

Travis King en 2021

Né en 1999 ou en 2000, Travis King a grandi dans le Wisconsin et s'est engagé dans l'armée américaine en 2021. Avec son unité, il avait rejoint la République de Corée (Corée du Sud) en février 2022.

Après avoir été mêlé à une rixe dans un bar près de Hongdae et une altercation avec la police, il avait été condamné au travaux forcés à Cheonan. Une procédure disciplinaire avait été engagée pour les mêmes faits et il devait se présenter à la base militaire de Fort Bliss, au Texas, après son retour ainsi prévu aux Etats-Unis.

Alors qu'il était escorté à un contrôle douanier à l'aéroport d'Incheon, il avait réussi à s'échapper puis, le lendemain, à intégrer un groupe de touristes visitant la DMZ. Il a enfin rejoint la RPD de Corée en franchissant la ligne de démarcation, parvenant à échapper à ses guides militaires, les soldats affectés dans la zone démilitarisée n'étant pas armés. Immédiatement arrêté par les Nord-Coréens, il a reconnu, selon KCNA, être entré illégalement en RPD de Corée.

Toujours selon KCNA, il a donné des motifs politiques à sa défection : 

Au cours de l’enquête, Travis King a confié qu’il avait décidé de venir en RPDC car il abhorrait les traitements inhumains et la discrimination raciale au sein de l’armée américaine.

Alors que le 3 août 2023 le commandement américain avait indiqué avoir établi le contact avec les autorités nord-coréennes au sujet de Travis King, ce dernier devient le septième soldat américain basé en Corée du Sud à rejoindre la RPD de Corée visa la zone démilitarisée, le premier ayant été Larry Allen Abshier en 1962. Les plus connus sont Charles Jenkins, qui fuyait la guerre du Vietnam et est retourné ensuite aux Etats-Unis, et James Dresnok, devenu un acteur du cinéma nord-coréen et décédé à Pyongyang en novembre 2016. 

Selon l'agence de presse nord-coréenne, Travis King pourrait toutefois s'établir dans un pays tiers et pas nécessairement en RPD de Corée, l'enquête se poursuivant. En tout état de cause, il semble toutefois souhaiter demander l'asile politique. 

Sources : 

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31 juillet 2023 1 31 /07 /juillet /2023 15:19

Le 7 juillet 1950, en l’absence de l’Union soviétique - laquelle entendait ainsi protester contre l'occupation du siège de la Chine par la République de Chine (Taiwan) -, le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) adopta la résolution 84 confiant aux États-Unis l'autorité de l'opération militaire menée contre la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) dans la péninsule coréenne où les combats avaient débuté le 25 juin précédent. Par cette résolution, le Conseil de Sécurité autorisait les États-Unis à utiliser le drapeau des Nations Unies dans le cadre d’un « commandement unifié » dont ils étaient le chef. Aujourd’hui, 70 ans après la fin des combats en Corée, les forces des États-Unis stationnées en Corée du Sud utilisent toujours le drapeau des Nations Unies, y compris pendant les exercices militaires simulant une invasion du Nord, laissant croire que l’Organisation des Nations Unies, au mépris de sa propre Charte, apporte son soutien à de telles manœuvres menées à l’initiative des seuls États-Unis. Pour protester contre ce qui apparaît comme une usurpation, le Comité régional Asie-Pacifique pour la réunification pacifique de la Corée a adressé le 27 juillet 2023 une lettre ouverte au secrétaire général de l'ONU, António Guterres, lui demandant de mettre fin à l'autorisation accordée aux États-Unis d'agir sous couvert des Nations Unies en Corée.

L’AAFC publie ci-dessous la traduction française de cette lettre.


 

27 juillet 2023

 

Son Excellence Monsieur António Guterres

secrétaire général des Nations Unies

New York NY 1017,
U.S.A.

 

Cher Monsieur le Secrétaire général,

 

Nous soussignés demandons que les Nations Unies révoquent la permission d’utiliser le drapeau des Nations unies accordée aux États-Unis d’Amérique en tant que chef du commandement unifié en Corée.

 

Malgré le fait que 70 années ont passé depuis la signature de l’armistice qui a mis fin aux combats, le danger d’une reprise des hostilités dans la péninsule coréenne a rarement été aussi grand qu’aujourd’hui. Il est donc approprié de revoir le rôle des Nations Unies afin de promouvoir un régime de paix pour le peuple de la péninsule coréenne.

 

L’utilisation du drapeau des Nations Unies, en association avec les manœuvres sur le terrain telles que les récents exercices de guerre à grand échelle « Freedom Shield » et « Warrior Shield », donnent une fausse impression que les Nations Unies approuvent les manœuvres militaires d’un des belligérants. Cela entrave le potentiel des Nations Unies d’agir en tant qu'intermédiaire pour la paix dans la péninsule.

 

En novembre 1975, la clause B3 de la résolution A/RES/3390B de l’Assemblée générale a appelé à « dissoudre le ‘Commandement des Nations Unies’ et retirer toutes les troupes étrangères stationnées en Corée du Sud sous le couvert des Nations Unies ».

 

Par la suite, trois de vos prédécesseurs, Boutros Boutros-Ghali, Kofi Annan et Ban Ki-moon ont publiquement reconnu que le « Commandement des Nations Unies » en Corée n’est pas un organe des Nations Unies.

 

En conséquence, nous appelons à l'annulation de la clause 5 de lrésolution 84 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 5 juillet 1950, laquelle « autorise le commandement unifié à utiliser à sa discrétion, au cours des opérations contre les forces de la Corée du Nord, le drapeau des Nations Unies »Elle fut adoptée en l’absence d'un membre permanent du CSNU, l'Union soviétique. Les véritables hostilités de cette époque sont depuis longtemps passées à l’histoire.

 

Cette action apportera une contribution positive à la paix en dissipant l’illusion qu’un des belligérants, en l’occurrence les États-Unis, agit sous les auspices des Nations Unies. Libérées du fardeau d’une fausse participation, les Nations Unies, et le bureau du Secrétaire général, seront alors en meilleure position pour remplir leur vrai rôle d’organisation impartiale, laquelle est à même, selon les termes de l’article 1 de la Charte des Nations Unies, de « réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations susceptibles de mener à une rupture de la paix ».

 

Bien cordialement,

 

pour le Comité régional Asie-Pacifique pour la réunification pacifique de la Corée

 

Co-présidents

M. Madhav Kumar Nepal, ancien Premier ministre du Népal, président du Comité pour la promotion de la réunification de la Corée, gamknepal@gmail.com

Dr. Doğu Perinçek, président du Parti patriote, Turquie, international@vatanpartisi.org.tr

Rashed Khan Menon, président du comité central du Parti des travailleurs du Bangladesh, arkhan@bangla.net

M. Atul Kumar Anjan, président de l’Association d’amitié panindo-coréenne, atulanjaan@gmail.com

M. Rafael V. Mariano, président de la Société d’amitié et de solidarité Philippines-Corée, kapaeng_mariano@yahoo.com

M. Neil Fitzgerald, président national de la Société pour la culture et l’amitié Australie-RPDC, bequanaland@gmail.com

Secrétariat

Directeur

M. Raymond Ferguson, secrétaire général de la Société pour la culture et l’amitié Australie-RPDC, ray.ferguson@tisgroup.com.au

Secrétaires adjoints

Mme Norma G. Binas, secrétaire générale de la Société d’amitié et de solidarité Philippines-Corée, norbin2008@gmail.com

M. Javed Ansari, président du Comité pour la solidarité et l’amitié Pakistan-Corée, ansarijaved1@yahoo.com

M. Hakki Ergincan, président de l’Association d’amitié Turquie-Corée, heergincan@gmail.com

Bureau d’information publique

Directeur

M. Teguh Santosa, président de l’Association pour les échanges culturels et l’amitié Indonésie-Corée, teguh_timur@yahoo.com

Membres exécutifs

M. Phanidra Raj Pant, secrétaire général de l’Association d’amitié Népal-Corée, prpanta@yahoo.com

M. Peter Wilson, secrétaire de la Société Nouvelle-Zélande-RPDC, nzdprksociety@gmail.com

 

Lettre du Comité régional Asie-Pacifique pour la réunification pacifique de la Corée (en anglais)

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14 juillet 2023 5 14 /07 /juillet /2023 14:33

Le 12 juillet 2023, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé, pour la quatrième fois depuis le début de l'année, au lancement d'un missile balistique intercontinental, sous la supervision du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Selon KCNA, il s'agit d'un missile de type Hwasong-18 à combustible solide, ayant parcouru 1 001,2 km et atteint une altitude maximale de 6 648,4 km. 

Pyongyang a lancé un nouveau missile balistique intercontinental

Dans une dépêche publiée le 13 juillet 2023, l'agence nord-coréenne KCNA a déclaré qu'il s'agissait d'une mesure d'auto-défense pour garantir la sécurité nationale et garantir la paix régionale contre "le désastre d'une guerre nucléaire". Toujours selon KCNA, il a été procédé au tir en réaction aux "mouvements militaires dangereux des forces hostiles" - la suite de la dépêche citant nommément les Etats-Unis et la République de Corée (Corée du Sud).

Par la voix de leur secrétaire d'Etat, Antony Blinken, les Etats-Unis ont déclaré, le 14 juillet 2023, qu'ils protégeraient leurs alliés contre toute "agression" de la Corée du Nord. A l'instar de la France, ils avaient auparavant fermement condamné ce nouveau lancement de missile, contraire aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), tout en appelant au dialogue pour une issue diplomatique à la crise.

La Corée du Sud, à direction conservatrice, a réagi en prenant des sanctions unilatérales contre quatre personnalités et trois institutions nord-coréennes.

La Russie et la Chine imputent la responsabilité de la dégradation de la situation sécuritaire en Asie du Nord-Est aux Etats-Unis et à leurs alliés, qui intensifient leurs manoeuvres militaires - à la suite notamment de la déclaration de Washington. Dans ce contexte, il apparaît hautement improbable que de nouvelles sanctions soient adoptées par le CSNU. 

Fidèle à sa position constante en faveur de la paix et de la dénucléarisation de l'ensemble de la péninsule coréenne, l'AAFC estime que mettre fin à l'escalade des tensions implique de mener un dialogue sincère, prenant aussi en compte les attentes en termes de sécurité de la partie la plus faible (la RPDC) et s'inscrivant dans un cadre "action contre action", où chacune des deux parties s'engage conjointement sur la voie de la désescalade. A la veille du 70e anniversaire de l'armistice ayant mis fin aux combats de la guerre de Corée, tout doit être mis en oeuvre pour éviter qu'un nouveau conflit endeuille la péninsule coréenne. L'AAFC y contribuera en organisant, à cette occasion, de nouvelles manifestations pour la paix en Corée.

Sources : 

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3 juin 2023 6 03 /06 /juin /2023 21:46

Le 31 mai 2023, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a reconnu l'échec du lancement du satellite de reconnaissance militaire Chollima-1, en début de matinée, depuis le site de lancement Sohae. Alors que la RPDC entend poursuivre ses programmes militaires face aux menaces des Etats-Unis et de leurs alliés - dans un contexte d'escalade des tensions, marqué notamment par l'adoption de la déclaration de Washington - les puissances occidentales ne sont pas parvenues à faire condamner Pyongyang au Conseil de sécurité des Nations unies, Pékin et Moscou mettant en cause l'attitude des Etats-Unis dans la péninsule coréenne. 

Lancement du satellite Chollima-1 le 31 mai 2023 (source : KCNA)

Lancement du satellite Chollima-1 le 31 mai 2023 (source : KCNA)

Dans une certaine démarche de transparence, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a reconnu l'échec du lancement et tenu à en analyser les raisons, dans l'attente d'un examen plus approfondi des causes de cet insuccès - avant l'annonce d'un second lancement, après une phase de tests, dès que possible : 

La fusée porteuse Chollima-1 est tombée dans la mer de Corée occidentale (...) en raison du démarrage anormal du moteur du second étage après la séparation du premier étage pendant un vol normal. Le porte-parole de la NADA [NdA : l'agence spatiale nord-coréenne] a attribué cet échec au manque de fiabilité et de stabilité du système de moteur de type nouveau appliqué à la fusée porteuse Chollima-1 et au caractère instable du carburant utilisé.

Si Pyongyang avait prévenu le Japon du lancement du satellite (comme il est d'usage pour ses programmes spatiaux qui sont présentés comme étant pacifiques), le tir du 31 mai a entraîné des alertes inappropriées en République de Corée (Corée du Sud) et au Japon - soulevant des interrogations sur leur caractère opérationnel. Un appel aux Séoulites à se préparer à une évacuation était erroné, de l'avis même du ministère de l'intérieur sud-coréen, faute de menace sur Séoul. De même, les autorités nippones ont retiré, une demi heure après l'avoir lancé, un appel aux habitants d'Okinawa les exhortant à se mettre à l'abri. En 2012 et en 2016, La RPDC avait procédé à des lancements de satellites qui avaient survolé Okinawa.

Sans surprise, les Etats-Unis ont dénoncé une violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, étant rejoints par Séoul et Tokyo dans leurs condamnations.

Mais la Chine et la Russie ont réitéré leur position, constante depuis un veto opposé en mai 2022 à une proposition américaine de renforcement des sanctions contre la RPD de Corée, selon laquelle les Occidentaux ont une responsabilité majeure dans l'escalade des tensions, en pointant - à l'instar de Pyongyang - l'impact de la déclaration de Washington. Les deux membres permanents du CSNU ont exhorté les Etats-Unis et leurs alliés à faire diminuer le niveau des tensions et à renouer avec la voie du dialogue, en soulignant que leur proposition conjointe de novembre 2021, en mettant fin à des sanctions toujours plus lourdes, a pour objectif de "favoriser la désescalade, la confiance mutuelle et l'unité" parmi les 15 membres du Conseil de sécurité, selon la formule de Geng Shuang, ambassadeur adjoint de la Chine aux Nations unies.

Sources :

- 38 North

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26 mai 2023 5 26 /05 /mai /2023 15:14

Fondé en 1957, le mouvement Pugwash rassemble des personnalités universitaires et politiques pour réduire les dangers de conflits armés - notamment de conflits nucléaires, ce qui a valu à l'organisation internationale d'obtenir le Prix Nobel de la Paix en 1995 pour son action en faveur du désarmement nucléaire. En étant animé par des personnalités venant à la fois de l'Ouest de de l'Est, Pugwash a acquis une réputation d'impartialité qui lui a permis d'intervenir efficacement lors de plusieurs épisodes de tension liés aux armes nucléaires. En particulier, Pugwash a joué un rôle de médiation dans la péninsule coréenne, ainsi que l'a souligné Venance Journé dans un article intitulé "Pugwash ou la diplomatie scientifique contre les armes nucléaires", publié dans le numéro 225 (avril 2023, p. 69-79) de la revue Raison présente de l'Union rationaliste, et que nous avons analysé ci-après.

Le physicien polonais Józef Rotblat, spécialiste de physique nucléaire, qui a cofondé Pugwash

Le physicien polonais Józef Rotblat, spécialiste de physique nucléaire, qui a cofondé Pugwash

Lors de la première crise nucléaire nord-coréenne, lors de laquelle les Etats-Unis envisagèrent une option militaire contre les installations nucléaires nord-coréennes, Józef Rotblat joua un rôle pour l'engagement des discussions : en effet, il écrivit personnellement à Kim Il-sung pour exhorter le président nord-coréen à ce que son pays ne quitte pas le Traité de non-prolifération (TNP). Les échanges entre Washington et Pyongyang  aboutirent à l'accord-cadre de Genève en 1994 : en contrepartie de la fourniture par les Etats-Unis de deux réacteurs à eau légère et d'une normalisation des relations diplomatiques avec la République populaire démocratique de Corée, cette dernière resta membre du TNP.

L'annulation de l'accord par les Etats-Unis en 2002 - après que le Président George W. Bush eut classé la Corée du Nord parmi les pays de "l'Axe du mal" - conduisit toutefois la RPD de Corée à quitter le TNP en janvier 2003 et à mener six essais nucléaires (de bombes A et H) entre 2006 et 2017. Dans ce contexte, plusieurs délégations de Pugwash furent invitées en Corée du Nord et l'organisation internationale s'est affirmée comme un canal de dialogue, notamment entre les deux Etats coréens, ainsi que l'a souligné Venance Journé dans l'article de Raison présente précité :

Depuis 2001, de nombreuses délégations Pugwash se sont rendues en Corée du Nord et ont maintenu des contacts à haut niveau. Les Nord-Coréens participent aux conférences annuelles depuis les années 1990 et ont établi un groupe national. Le Conseil organise régulièrement des conférences sur le développement énergétique et économique, la coopération en matière de sécurité en Asie du Nord-Est et du Sud-Est, la sécurité alimentaire ou la médecine, qui se tiennent en Chine, au Vietnam ou en Mongolie, leur objectif principal étant de réunir des experts des deux pays de la péninsule pour résoudre des problèmes communs et établir la confiance entre les deux Corées. Pugwash a aussi favorisé la création du Centre international de Pyongyang sur la nouvelle économie et la technologie en 2003.

Lors de la crise internationale de 2017 autour de la Corée, Pugwash fut sollicité par la Corée du Sud et la Corée du Nord pour jouer un rôle de médiateur. En particulier, le président sud-coréen Moon Jae-in demanda à Pugwash, en décembre 2017, de convaincre les Nord-Coréens de participer aux Jeux olympiques de Pyeongchang - et, de fait, la Corée est apparue former une seule nation lors de cette trêve olympique.  S'était ainsi enclenché un mouvement de rapprochement et de rencontres diplomatique entre la Corée du Nord, la Corée du Sud et les Etats-Unis.

Venance Journé conclut que Pugwash n'a certes pas empêché le développement d'armes nucléaires en Corée du Nord, mais qu'elle a permis d'abaisser les tensions et a su s'affirmer à Pyongyang comme un interlocuteur respecté car neutre : 

Bien que Pugwash n'ait pu empêcher le programme nucléaire militaire nord-coréen, son action a été décisive en 1994 puis a contribuer à retarder de dix années la mise au point des armes. Pugwash est considéré en Corée du Nord avec respect et comme une organisation neutre. Ses possibilités sont bien entendu contraintes par les changements politiques dans les pays concernés, quand les nouveaux dirigeants sont moins enclins à la négociation. Cependant, dans une situation aussi tendue, délicate, changeante et où l'incompréhension prévaut, le maintien de contacts confidentiels réguliers a sans doute permis d'éviter des développements militaires beaucoup plus dangereux de part et d'autre.

Source : 

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27 avril 2023 4 27 /04 /avril /2023 21:25

Dans le cadre de la visite du président de la République de Corée (Corée du Sud) Yoon Seok-yeol aux Etats-Unis, le président sud-coréen et son homologue américain Joe Biden ont signé le 26 avril 2023 une déclaration, la déclaration de Washington, qui renforce l'alliance entre les deux pays - notamment dans le domaine nucléaire. Si les deux chefs d'Etat entendent ainsi répondre aux menaces nord-coréennes, c'est de fait à une escalade des tensions que tend la déclaration de Washington, sans d'ailleurs satisfaire les préoccupations sécuritaires d'une majorité de Sud-Coréens favorables à ce que leur pays se dote de l'arme nucléaire. 

 

La déclaration de Washington, un texte qui attise les tensions

Le point le plus saillant de la déclaration bilatérale américano-sud-coréenne est que "des sous-marins américains à armement nucléaire accosteront pour la première fois en Corée du Sud depuis plus de quarante ans", comme l'a indiqué CNBC. Ainsi placée sous le "parapluie nucléaire" américain, la République de Corée doit continuer à s'abstenir de développer un programme nucléaire militaire autonome, en réaffirmant son engagement en ce sens au sein du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) - alors que le refus de voir d'autres Etats que ceux possessionnés se doter de l'arme nucléaire constitue l'une des constantes de la diplomatie américaine, d'autant plus qu'une telle évolution justifierait a contrario le programme nucléaire militaire nord-coréen.  

Un sondage indique pourtant que 64 % des Sud-Coréens sont favorables à ce que la République de Corée se dote de l'arme nucléaire, ce qui témoigne d'une volonté de disposer de moyens de dissuasion nucléaire autonomes de ceux des Etats-Unis. 

La déclaration de Washington envisage également de renforcer l'entraînement commun des troupes sud-coréennes et américaines - mais c'est déjà à ce quoi tendent des exercices militaires conjoints de plus en plus fréquents et de plus en plus longs. Enfin, un groupe de consultation nucléaire doit être constitué entre Washington et Séoul pour élaborer une planification stratégique nucléaire dans l'hypothèse d'une attaque nord-coréenne.

La Chine a vivement réagi à ces annonces, en exhortant à ne pas "provoquer une confrontation" avec la République populaire démocratique de Corée. Selon la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères,

Toutes les parties doivent faire face au nœud du problème de la péninsule [coréenne] et jouer un rôle constructif dans la promotion d'un règlement pacifique de la question. [Il ne faut pas] attiser délibérément les tensions, provoquer la confrontation et brandir des menaces.

Ces déclarations resituent, une nouvelle fois, la montée des tensions en Asie du Nord-Est dans le cadre d'une confrontation plus globale entre les Etats-Unis et leurs alliés, d'une part, la Chine et ses alliés, d'autre part. 

Sources : 

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23 avril 2023 7 23 /04 /avril /2023 13:59

Si la situation en Ukraine concentre les regards de l'opinion publique occidentale, celle en Asie du Nord-Est connaît de nouveaux développements potentiellement porteurs de risque de conflit - que l'AAFC appelle à prévenir par la voie du dialogue, afin d'éviter une course aux armements. Des déclarations récentes du président sud-coréen ont par ailleurs associé les questions de Taïwan et de la Corée, créant d'importantes tensions entre Séoul et Pékin. 

Kim Jong-un visitant l'agence spatiale nord-coréenne NADA, le 18 avril 2023

Kim Jong-un visitant l'agence spatiale nord-coréenne NADA, le 18 avril 2023

En annonçant avoir réussi le lancement d'un missile balistique Hwasong-18 à combustible solide (en l'occurrence, du propergol), le 14 avril 2023, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dispose d'un certain avantage stratégique, puisqu'un missile à combustible solide est plus simple à déployer et offre davantage de liberté quant au délai de lancement qu'un missile à combustible liquide, lequel doit être tiré en un laps de temps plus court.

L'agence de presse nord-coréenne KCNA a réitéré la position classique de Pyongyang, selon laquelle cette composante de la force de dissuasion nucléaire de la RPD de Corée visait à prévenir un conflit nucléaire :

La dissuasion nucléaire militaire de la RPDC se développe rapidement (...) pour accroître de manière continue la puissance de la force stratégique de la RPDC et qu'elle devienne une entité dotée d'une superpuissance et d'une force absolue, une grande force capable de prévenir l'holocauste nucléaire et toutes sortes de potentielles et dangereuses invasions ennemies, ainsi qu'un glaive puissant pour défendre la justice et la paix.

Par ailleurs, après l'essai concluant d'un prototype en décembre 2022, le lancement d'un satellite de reconnaissance a été un objectif réaffirmé par le Président Kim Jong-un lors d'une visite de l'agence spatiale nord-coréenne NADA, qui célébrait ses dix ans, ce 18 avril 2023. Cette perspective a été accueillie fraîchement à Tokyo : le 22 avril, le Japon a annoncé avoir mis son armée en état d'alerte pour abattre un potentiel missile balistique nord-coréen qui mettrait en orbite un satellite d'observation. 

La veille, le 21 avril, la Corée du Nord avait rejeté l'appel des pays du G7 l'appelant à "s'abstenir" de tout nouvel essai nucléaire ou tir de missile balistique intercontinental (prohibé par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, CSNU).  Pyongyang a fustigé ce qu'elle considère comme relevant de sa politique intérieure.

De fait, la nouvelle partition bipolaire, entre les Etats-Unis et les Occidentaux d'une part (ainsi que le Japon et la Corée du Sud), la Chine et la Russie d'autre part, rend peu probable l'adoption de nouvelles sanctions par le CSNU en cas d'essai nucléaire ou de tir d'un missile ICBM par la RPD de Corée.

Dans ce contexte, les déclarations du président sud-coréen Yoon Seok-yeol, selon lesquelles les prétentions chinoises sur Taïwan présentent des similarités avec la situation dans la péninsule coréenne, ont lié les deux thèmes et entraîné une dégradation des relations bilatérales avec Pékin : après une protestation de la Chine, la République de Corée a convoqué l'ambassadeur chinois. Puis Pékin a annoncé avoir déposé plainte contre Séoul, à la veille d'une rencontre entre les présidents américain et sud-coréen prévue du 24 au 26 avril 2023. 

Sources : 

- Ouest France

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3 avril 2023 1 03 /04 /avril /2023 22:23

Sans même attendre la fin des exercices Freedom Shield le 23 mars 2023, les manoeuvres maritimes Ssangyong ont débuté le 20 mars pour se terminer le 3 avril, témoignant de la volonté des Etats-Unis et de leurs alliés sud-coréens de maintenir un état de tension permanent autour de la péninsule coréenne. Pis, les exercices de guerre en mer ont été étendus au Japon - qui a rejoint les forces combinées américano-sud-coréennes pendant deux jours. Ces initiatives sont d'autant plus inquiétantes qu'elles pourraient conduire la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à mettre fin au moratoire sur les essais nucléaires qu'elle observe depuis septembre 2017. 

Le porte-avions américain à propulsion nucléaire USS-Nimitz, au départ de la base de Pusan, le 2 avril 2023

Le porte-avions américain à propulsion nucléaire USS-Nimitz, au départ de la base de Pusan, le 2 avril 2023

Occultée par l'actualité de la guerre en Ukraine, la montée des tensions en Extrême-Orient présente pourtant de dangereuses similitudes avec l'escalade militaire qui avait été observée à l'est de l'Europe avant l'offensive russe de février 2022. Les premiers exercices militaires conjoints menés depuis six mois entre les Etats-Unis, la République de Corée (Corée du Sud) et le Japon en constituent l'une des manifestations les plus dangereuses - sur fond de remilitarisation du Japon. Ces manoeuvres, menées notamment au large de l'île de Jeju, impliquent le porte-avions américain polyvalent à propulsion nucléaire USS Nimitz et des contre-torpilleurs sud-coréens, américains et japonais.

Pour sa part, la Corée du Nord affirme avoir récemment testé un drone sous-marin à capacité nucléaire et a réagi vivement à ces nouveaux exercices, en dénonçant une "hystérie de guerre" et des préparatifs de "guerre totale". Le 1er avril, le site spécialisé 38 North a rendu publiques des images satellitaires montrant une forte activité autour de la centrale nucléaire de Yongbyon, augmentant la probabilité d'un nouvel essai nucléaire en représailles. Par ailleurs, le ministère de la défense sud-coréen estime que Pyongyang a accompli d'importants progrès dans la miniaturisation de têtes nucléaires qui seraient placées sur des missiles de courte portée. Il s'agit d'une des limites identifiées du programme nucléaire et balistique nord-coréen - avec la rentrée des missiles dans l'atmosphère.

Face aux menaces de conflit, l'Association d'amitié franco-coréenne continuera de combattre pour la paix - pour que plus jamais le fracas des armes n'endeuille les hommes, les femmes et les enfants de la Corée - de toute la Corée. 

Sources : 

Military Times ;

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29 mars 2023 3 29 /03 /mars /2023 13:05

Alors que les tensions se poursuivent en Corée, des pacifistes coréens et des militants de l'Association d'amitié franco-coréenne ont déployé des banderoles et des drapeaux et distribué des tracts en marge de la manifestation contre la réforme des retraites qui s'est tenue à Paris le mardi 28 mars 2023. Le très bon accueil des manifestants, qui s'est traduit par des demandes de contact avec l'AAFC, traduit que la montée des tensions militaires, partout dans le monde, est indissociable des luttes sociales - les restrictions liées à la guerre pesant directement sur la situation économique et sociale des ménages. 

Corée : refuser les exercices de guerre, revenir aux négociations

Alors que les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes sont devenues le plus grand exercice de guerre au monde en temps de paix, l'AAFC continue à porter haut le flambeau du combat pour la paix en Corée, le retour au dialogue et aux négociations pour stopper la marche à la guerre. 

La nouvelle initiative du 28 mars 2023 est intervenue alors que les Etats-Unis et la Corée du Sud viennent de relancer les exercices de débarquement amphibie Ssangyong (double dragon) pour la première fois en cinq ans. Pour leur part, les Nord-Coréens ont testé un nouvel missile intercontinental de type Hwasong-17 le 16 mars 2023. 

Dans ce contexte lourd de menaces de guerre en Asie et dans le monde, l'AAFC reste à l'avant-garde du combat pour la paix. 

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  • : Soutenir la paix en Corée, conformément à l'aspiration légitime du peuple coréen et dans l’intérêt de la paix dans le monde
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