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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 23:03

Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 21 janvier 2015, Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, a été interrogé sur la réponse de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à l'invitation faite au Maréchal Kim Jong-un de participer aux cérémonies qui marqueront à Moscou, le 9 mai prochain, le 70e anniversaire de la victoire dans la Seconde guerre mondiale - appelée en Russie la Grande Guerre patriotique. Le chef de la diplomatie russe a indiqué que "le premier signal est positif", renforçant ainsi la possibilité que le dirigeant nord-coréen choisisse la Russie pour son premier déplacement à l'étranger depuis son accession aux plus hautes responsabilités. Alors qu'une vingtaine de chefs d'Etat étrangers ont déjà confirmé leur participation, la Présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye est également invitée, relançant les spéculations sur la possibilité qu'elle rencontre, dans la capitale russe, le Maréchal Kim Jong-un. Si un certain nombre de questions cruciales d'organisation et protocolaires restent naturellement à régler pour confirmer la venue du Premier président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, les discussions en cours entre Pyongyang et Moscou témoignent d'un resserrement des liens bilatéraux engagé lors de la visite en Russie du dirigeant Kim Jong-il, à l'été 2011.

Vladimir Poutine et Choe Ryong-hae, secrétaire du Parti du travail de Corée, en visite en Russie du 17 au 24 novembre 2014

Vladimir Poutine et Choe Ryong-hae, secrétaire du Parti du travail de Corée, en visite en Russie du 17 au 24 novembre 2014

La rencontre en Russie entre le dirigeant Kim Jong-il et le Président Vladimir Poutine, en 2001, avait marqué le retour de Moscou sur la scène coréenne après l'éclipse de la présidence Eltsine, ce qui avait ensuite conduit à une présence russe dans les pourparlers multilatéraux sur la question nucléaire coréenne - à la différence de l'après-crise sur le nucléaire nord-coréen de 1994. Les deux alliés avaient pourtant noué des relations d'amitié historiques :  au lendemain de la Seconde guerre mondiale, la Corée était dans le camp des vainqueurs, grâce au rôle de la résistance antijaponaise - qu'avait animée notamment le futur Président Kim Il-sung, fondateur de la RPD de Corée, grand-père de l'actuel dirigeant Kim Jong-un. Pour leur part, les troupes soviétiques avaient également participé à la libération de la Corée, où elles avaient été présentes dans les années d'après-guerre.

Les relations russo - nord-coréennes se sont renforcées depuis 2011, à l'occasion notamment de la rencontre à Oulan-Oude, le 24 août 2011, entre le Président Dmitri Medvedev et le Dirigeant Kim Jong-il, qui avait conduit à l'effacement de 90 % de la dette nord-coréenne vis-à-vis de la Russie, et la relance de projets économiques d'intérêt commun, notamment dans le domaine ferroviaire et pour le transport de l'énergie. La Russie peut ainsi espérer un développement accru de ses régions d'Extrême-Orient et de meilleurs débouchés sur la Corée du Sud et la zone Pacifique, alors que la RPD de Corée peut poursuivre la diversification recherchée de ses échanges internationaux et de ses partenariats économiques.

En novembre 2014, Choe Ryong-hae avait rencontré à Moscou, en qualité de représentant du Maréchal Kim Jong-un, le Président russe Vladimir Poutine. Le volet politique des échanges bilatéraux avait ainsi été réaffirmé : alors que Pyongyang a soutenu la Russie sur la question de la Crimée, Moscou a critiqué la position occidentale sur les droits de l'homme en RPD de Corée et a appuyé les appels de Pyongyang à la reprise des pourparlers sur le nucléaire. Les deux pays partagent fondamentalement une même vision des relations internationales fondée sur le respect de la souveraineté des Etats.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 23:34

La résolution des Nations Unies sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a entraîné une vive réaction des autorités nord-coréennes. La Commission de la défense nationale de la RPD de Corée a souligné que la Corée du Nord ne se considérait plus tenue par la suspension de ses essais nucléaires, ce qui a entraîné des menaces des Etats-Unis, de la Corée du Sud et de leurs alliés - y compris la France - qu'un quatrième essai conduirait à un renforcement des sanctions internationales contre Pyongyang. Cette nouvelle escalade des tensions démontre le caractère contre-productif de la résolution des Nations Unies. Face à cette impasse, la Russie met en exergue qu'une autre voie est possible : la reprise des pourparlers à six, à laquelle la RPD de Corée est prête à participer sans conditions préalables.

Démonstration de masse à Pyongyang, le 25 novembre 2014, dénonçant la "politique de racket" des Etats-Unis dans le cadre de l'adoption de la résolution des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC

Démonstration de masse à Pyongyang, le 25 novembre 2014, dénonçant la "politique de racket" des Etats-Unis dans le cadre de l'adoption de la résolution des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC

Un plaidoyer pour la reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), cadre de négociations pour la dénucléarisation de l'ensemble de la péninsule coréenne, a été formulé par Grigory Logvinov, représentant du ministère russe des Affaires étrangères, le 22 novembre 2014, dans le cadre de la conférence de Moscou 2014 sur la non-prolifération nucléaire.

S'interrogeant sur l'opportunité et le format du cadre de discussions multilatérales, Grigory Logvinov a déclaré : "Quand et comment est-ce que le processus à six peut reprendre? Est-il tout simplement possible? Il l'est. Et je pense que le format à six est toujours le plus approprié, étant donné que le problème doit être résolu dans le cadre d'un processus mondial multi-format et à grande échelle".

Dénonçant comme "disproportionnées" les mesures militaires prises par les Etats-Unis face à la RPD de Corée, le représentant du MAE russe a déploré les conditions "inacceptables" mises par Washington à une reprise des pourparlers à six : selon lui, le gouvernement américain "ne devrait pas mettre en avant des conditions préalables dont elle sait qu'elles sont contestables et inacceptables".

Ayant voté contre la résolution des Nations Unies sur les droits de l'homme en Corée du Nord, à l'instar de la Chine, la Russie exhorte par ailleurs la RPD de Corée à abandonner ses armes nucléaires en contrepartie d'une levée des sanctions.

Ces déclarations sont d'autant plus significatives de la volonté de Pyongyang de reprendre le dialogue - à condition que les Etats-Unis ne poursuivent pas sur la voie de l'escalade - qu'elles interviennent au lendemain d'une visite en Russie de Choe Ryong-hae, en qualité d'envoyé spécial du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 00:11

Le 18 novembre 2014, Choe Ryong-hae, membre du praesidium du bureau politique et secrétaire du Comité central du Parti du travail de Corée (PTC), a rencontré au Kremlin le président russe Vladimir Poutine, dans le cadre d'une visite de sept jours qu'il effectue en Russie en tant qu'envoyé spécial du Maréchal Kim Jong-un, dirigeant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Alors que la RPDC et la Fédération de Russie ont récemment encore renforcé leurs traditionnelles relations d'amitié et de coopération - ainsi, concernant la crise en Crimée, la RPD de Corée a soutenu les positions russes - le compte rendu de l'entretien par l'agence nord-coréenne KCNA, dont nous traduisons des extraits ci-après, exprime une volonté partagée de développer davantage leurs échanges bilatéraux.

Rencontre entre Vladimir Poutine et Choe Ryong-hae, 18 novembre 2014 (KCNA)

Rencontre entre Vladimir Poutine et Choe Ryong-hae, 18 novembre 2014 (KCNA)

Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée, No Kwang-chol, adjoint au commandant en chef de l'Armée populaire de Corée, Kim Hyong-jun, ambassadeur de la RPDC en Russie, Youri Ushakov, conseiller du président russe, et Igor Morgoulov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, étaient présents à l'entretien entre le président russe Vladimir Poutine et Choe Ryong-hae, envoyé spécial du Maréchal Kim Jong-un, dont il a remis une lettre au chef de l'Etat russe.

Vladimir Poutine a remercié Choe Ryong-hae et l'a chargé de transmettre ses remerciements sincères et ses chaleureuses salutations au dirigeant nord-coréen. Il a déclaré garder un souvenir ému de ses rencontres avec le dirigeant Kim Jong-il. Il a souligné que la Russie et la RPD de Corée étaient de proches voisins, qui avaient une longue tradition de relations d'amitié et de coopération.

Alors que l'Union soviétique a longtemps été un partenaire privilégié de la RPD de Corée, les relations avaient fortement diminué pendant la présidence de Boris Eltsine, avant de se développer à nouveau depuis le début des années 2000 et le premier mandat de Vladimir Poutine. Des projets bilatéraux sont particulièrement prometteurs dans le domaine ferroviaire et de transport de l'énergie.


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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 15:44

En juillet 2014, la République populaire démocratique (RPDC, Corée du Nord) a accueilli 38 fonctionnaires et représentants du monde économique sud-coréens pour une visite d’une semaine dans le port de Rajin, formant avec Sonbong la zone économique spéciale (ZES) de Rason, près de la frontière avec la Fédération de Russie. Ceux-ci se sont déclarés favorables au projet, malgré les appels pressants des Etats-Unis à rejoindre un front commun de sanctions contre la Russie suite aux événements d'Ukraine. Le choix de la Corée du Sud de soutenir le projet russo-nord-coréen de relier le Transsibérien à la péninsule coréenne permettrait de dynamiser la ZES de Rason et ferait bénéficier la Corée du Sud d’un approvisionnement en charbon russe. Il ferait aussi progresser les relations intercoréennes

Une participation sud-coréenne au projet de « rail eurasien » pour dynamiser la zone économique spéciale de Rason?

Située sur la rive ouest de la rivière Tumen, la zone économique spéciale de Rajin-Sonbong, d'une superficie de 746 km², a été fondée en 1991 sous la juridiction du Comité de la coopération économique extérieure de la République populaire démocratique de Corée afin d’accueillir des investisseurs étrangers intéressés par le potentiel économique et géographique de la Corée du Nord. Renommée Rason en 2000, cette zone économique spéciale - inspirée des modèles de Hong Kong et de Macao - constitue la première ouverture de la RPDC sur l’économie mondiale, bénéficiant d'une juridiction spéciale. Cette zone intègre un centre de transit de cargos, une plate-forme de correspondance (hub) pour les exportations de la RPDC mais aussi une zone touristique avec plusieurs parcours guidés. En 1996, la ZES abritait déjà 51 entreprises étrangères pour un total de 37 millions de dollars investis et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (UNIDO) estimait alors que l’investissement total se porterait à 150 millions de dollars. Son statut a été modifié en 2010 pour lui accorder une plus grande autonomie. En 2012, la ZES a accueilli sa première foire internationale consacrée au commerce.

 

Rason s’appuie notamment sur un complexe de trois ports qui en font sa force majeure : Rajin, Sonbong et Chongjin, dont les capacités cumulées atteignent 14 millions de tonnes. La localisation du site de la ZES, à l’embouchure du fleuve Tumen, a d’abord attiré l’attention du gouvernement et d’investisseurs chinois qui percevaient Rason comme une manière de désenclaver économiquement les trois provinces du nord-est de la Chine (Liaoning, Jilin et Heilongjiang). Depuis, la République populaire de Chine est le premier investisseur de la zone et opère deux jetées dans le port, une pour l’exportation de charbon et l’autre pour les containers. L’Université de Yanbian a conclu le 7 juin dernier un partenariat avec la ZES de Rason pour offrir formation et soutien juridique à celle-ci. La Russie s’est également très tôt intéressée aux possibilités offerte par cette zone économique spéciale située juste à sa frontière : elle suit la Chine en termes d’investissements et opère une jetée utilisée pour le charbon. Les connections terrestres avec la Chine ont été rénovées en 2010 et depuis un accord de 2008 entre le dirigeant de la RPD de Corée Kim Jong-il et le président russe Vladimir Poutine, la RPDC et la Russie ont achevé de restaurer en septembre 2013 une liaison ferroviaire de 54 kilomètres entre la ville russe de Khasan et Rason.

Inauguration de la ligne Rajin-Khasan le 22 septembre 2013

Inauguration de la ligne Rajin-Khasan le 22 septembre 2013

C’est dans ce contexte de projet ferroviaire qu’est intervenue, en juillet 2014, la visite d’une semaine de 38 fonctionnaires et représentants économiques sud-coréens appartenant à la compagnie ferroviaire KORAIL, à l’aciériste POSCO et à la compagnie maritime Hyundai Merchant Marine Co, à l'invitation du gouvernement de la RPDC. Cette visite avait pour but de décider de la faisabilité d’une participation sud-coréenne au projet russo-nord-coréen de connecter le Transsibérien via Khasan à la ville de Rajin. Les représentants de ce consortium trilatéral ainsi que les envoyés gouvernementaux se sont déclarés intéressés par les possibilités offertes par ce projet. Les trois entreprises envisagent donc de réaliser un transport-test de charbon russe par voie ferrée jusque Rajin puis de l’expédier par mer vers le port sud-coréen de Pohang. Si cette participation devait se concrétiser, il semble que le consortium sud-coréen achèterait la moitié des parts de la Russie dans la nouvelle jetée construite à Rajin, capable de recevoir 4 millions de tonnes de charbon. Un tel projet dynamiserait indubitablement la ZES de Rason en la transformant en plaque tournante pour le transport international.

 

Cette initiative économique bénéficie d’un soutien ferme des autorités sud-coréennes et russes : la présidente sud-coréenne Park Geun-hye et le président russe Vladimir Poutine sont tombés d’accord lors d’une rencontre en novembre 2013 à Séoul sur le soutien à apporter à l’implantation des firmes sud-coréennes dans ce projet. De plus, Park Geun-hye met en avant comme vision politique de son mandat une « initiative eurasienne », appelant à la construction de plus d’infrastructures de transport et à la libération du commerce entre toutes les nations eurasiennes pour créer un marché commun géant rivalisant avec l’Union Européenne. Le gouvernement nord-coréen est très favorable à cette participation sud-coréenne dans ce projet et espère qu’il constituera un terreau fertile pour faire avancer les relations intercoréennes.

 

En revanche, le choix opéré par la Corée du Sud, qui la rapprocherait de la Fédération de Russie, s'oppose frontalement aux récents appels lancés par les Etats-Unis. Suite à une réunion le 28 juillet 2014 avec des représentants français, allemands, britanniques et italiens pour décider des sanctions à appliquer contre la Russie, le secrétaire assistant adjoint au Counter Threat Finance and Sanctions (TFS) du département d’Etat américain, Peter Harrell, en visite à Séoul, s’est rendu au ministère des Affaires étrangères pour demander la coopération sud-coréenne dans ce front commun de sanctions. Le gouvernement sud-coréen a répondu via un communiqué que l’annexion de la Crimée par la Russie n’était pas acceptable. Il n'a cependant annoncé aucune sanction à l’encontre de la Fédération de Russie, afin de ne pas détériorer les relations bilatérales avec un potentiel partenaire majeur dans un projet intéressant toute l'Asie orientale.

 

Sources :

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 22:53

En mai 2014, la chambre basse de la Douma (Parlement russe) a ratifié l’effacement de près de 90 % des 10,94 milliards de dollars de la dette commerciale contractée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au cours de la période soviétique, ouvrant ainsi la voie à une relance des coopérations économiques bilatérales.

L’Union soviétique a constitué jusqu’à sa disparition en 1991 un soutien économique majeur et un partenaire commercial de premier plan pour la Corée du Nord. Ainsi, par exemple, elle a assuré près de 50 % des 4,75 milliards de dollars d’aide au développement qui aurait été versée à la RPDC entre 1945 et 1984. En 1988, l’URSS représentait 56 % du commerce avec la RPDC, soit un volume d’échanges chiffré à 4,1 milliards de dollars. Cependant, une réorientation soviétique progressive vers le Sud au détriment des liens traditionnels avec le Nord est amorcée à partir de la fin des années 1980 : ce tournant se concrétise notamment par la suppression des aides au développement et la fin des échanges produits contre produits au profit d’un commerce monétisé en dollars ou en deutschemark. Au surplus, les difficultés économiques de la RPDC issues d’une série de catastrophes naturelles entre 1995 et 1997 découragent la Russie - héritière de l’URSS - de renouer un contact économique soutenu. En 2011, le volume du commerce bilatéral plafonne à 110 millions de dollars, soit son niveau historique le plus bas et la dette nord-coréenne se fixe aux alentours d’un montant estimé à plus de 10 milliards de dollars.

La dette nord-coréenne auprès de la Russie reste une question centrale dans les relations entre les deux pays. Le projet d’annulation de la dette remonte à 2003, lorsque la RPDC en fait la demande officielle à la Russie. Un accord de principe, porté par le président Vladimir Poutine, est conclu en 2006 pour l’effacement de 80 % de cette dette. Toutefois, il est révisé en 2012 - suite à la rencontre entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président russe Dmitri Medvedev à Oulan-Oude, le 24 août 2011 - pour atteindre 90 % des 10,94 milliards de dollars de la dette commerciale nord-coréenne. Son entérinement par la Douma en mai 2014 constitue l’aboutissement d’un long dialogue entre les deux pays pour développer leurs relations économiques. Les 1,09 milliards de dollars restants non-effacés seront payés par des versements réguliers étalés sur 20 ans à la banque de développement russe, la Vnesheconombank (Внешэкономбанк) et le Ministre délégué aux finances, Serguei Storchak, a déjà précisé que cet argent pourrait être utilisé pour financer des projets communs sur le territoire de la RPDC, notamment un gazoduc – projet porté par Gazprom - et la réfection du chemin de fer jusqu’en Corée du Sud.

Rencontre entre les présidents Kim Jong-il et Dmitri Medvedev à Oulan-Oude, le 24 août 2011

Rencontre entre les présidents Kim Jong-il et Dmitri Medvedev à Oulan-Oude, le 24 août 2011

La résolution de la question de la dette nord-coréenne auprès de la Russie ouvre donc un large éventail d’opportunités économiques jusqu’ici considérées inaccessibles. Ainsi, Le 5 juin 2014, au cours d’une réunion du Comité permanent russo-coréen à Vladivostok, le Ministre russe pour le développement de l’Extrême-Orient Alexander Galouchko annonce le lancement de transactions bilatérales en roubles via les banques russes (la Corée du Nord utilise normalement l’euro pour ses échanges internationaux). L’objectif affiché de cette nouvelle coopération est de soutenir l’augmentation du commerce bilatéral pour atteindre un volume équivalent à 1 milliard de dollars par an vers 2020, contre 112 millions de dollars actuellement. Cependant, les retombées économiques de l’effacement de la dette nord-coréenne devraient aussi bénéficier aux projets communs bilatéraux ainsi que multilatéraux déjà établis à l’image de la réhabilitation et l'exploitation en commun de la liaison ferroviaire Rajin-Tumangang en 2008 par Tonghae - la compagnie nord-coréenne des chemins de fer – ou bien encore le Tumen River Area Development Programme (TRADP) lancé en 1992 visant à porter l’investissement multilatéral à 30 milliards de dollars sur les provinces du Nord Hamgyong et de Ryanggang (Corée du Nord), de Yanbian (Chine) et de Primorsky (Russie).

Sources :

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 10:23

_62439105_wisk8rc3.jpgLe 7 février 2014, Kim Yong-nam (photo à gauche, source), président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui à ce titre exerce les fonctions de chef de l'Etat, était présent à la cérémonie d'ouverture des vingt-deuxièmes Jeux olympiques d'hiver à Sotchi. Alors que les sportifs nord-coréens ne participent pas à l'édition 2014 des Jeux d'hiver, le déplacement du Président Kim Yong-nam s'inscrit dans le cadre des très bonnes relations traditionnelles entre la RPD de Corée et la Fédération de Russie.

Même si elle a obtenu des médailles aux Jeux olympiques d'hiver par le passé, la RPD de Corée reste peu présente dans les disciplines de la compétition. Pour les Jeux d'hiver de 2014 à Sotchi, elle n'est pas présente - comme d'ailleurs de nombreux pays d'Asie du Sud-Est, d'Afrique et du Proche et de Moyen-Orient.

Toutefois, l'ouverture de nouveau équipements sportifs - comme la station de ski de Masikryong - traduit l'importance accordée aux sports d'hiver, non seulement à des fins de loisirs mais aussi, potentiellement, dans des perspectives de participation accrue aux compétitions internationales. En 2011, le nom d'un patineur - Yun Jin-il - avait été retenu parmi les dix meilleurs sportifs de l'année en Corée du Nord.

En outre, une délégation de très haut niveau - conduite par le Président Kim Yong-nam - a participé aux cérémonies d'ouverture, traduisant ainsi la qualité des relations diplomatiques entre la Russie et la RPDC. L'agence officielle nord-coréenne KCNA en a rendu compte à deux reprises : le 5 février, lors du départ de la délégation, et dans une autre dépêche datée du 7 février  2014 et faisant le compte rendu de la cérémonie d'ouverture.

Signe du caractère éminemment diplomatique de la présence du Président Kim Yong-nam comme invité d'honneur des cérémonies d'ouverture de Sotchi, la présence de Kung Sok-ung, vice-ministre des Affaires étrangères, plus particulièrement en charge des relations avec les pays européens, a été soulignée par l'agence KCNA. La délégation officielle a également été composée de Yang Hyong-sop, vice-président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême, Pak Myong-guk, vice-ministre des Affaires étrangères, et Son Kwang-ho, vice-ministre des Sports et de la Culture physique, également vice-président du Comité olympique de la RPD de Corée.

A Sotchi, le Président Kim Yong-nam a rencontré et eu un entretien avec Vladimir Poutine, à qui il a transmis les salutations du Maréchal Kim Jong-un.
   
vladimir-poutine_putin_kim-yong-nam_sotchi.jpg
Par ailleurs, le Président Kim Yong-nam a eu un entretien avec la présidente du Conseil de la Fédération de Russie, Mme Valentina Matvienko.

Principales sources : KCNA, Ria Novosti.
 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 14:20

Evgueny_Kim.JPGLa déclaration de guerre de la Corée du Nord à la Corée du Sud s’est révélée être une mystification médiatique ordinaire. Cependant cela n’a pas arrangé le problème de l’escalade conflictuelle dans cette région. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a toutes les raisons de penser que, à la place d'une guerre froide, soit déclarée une vraie guerre contre elle. Telle est l'opinion d'Evgueni Kim, expert du Centre de recherches sur la Corée à l’Institut d'Extrême-Orient de l’Académie des sciences de la Fédération de Russie. Comme il l’a dit le 30 mars 2013 dans un entretien accordé au site Internet russe Nakanune.ru, pendant encore un mois entier auront lieu en Corée du Sud des manœuvres militaires de grande ampleur, menées conjointement par les armées américaine et sud-coréenne, et engageant pas moins de 200 000 soldats, un porte-avions nucléaire, avec son groupe d’appui, et des bombardiers stratégiques menant régulièrement des exercices de frappe nucléaire aux frontières de la RPDC. L'Association d'amitié franco-coréenne vous propose la traduction en français de l'entretien donné par Evgueni Kim.

Question - Expliquez-nous, la guerre entre la RPDC et la Corée du Sud a-t-elle été déclarée ou non ?

Evgueni Kim - Il n’y a rien eu de semblable. Sur la base de cette information mensongère, maintenant tout le monde débat de cette soi-disant guerre. Il n’y a pas de telle déclaration. J’ai actuellement dans les mains la déclaration du Parti et du Gouvernement publiée aujourd’hui [30 mars 2013], il n’y a dedans aucun mot sur une déclaration de guerre. Il est écrit que si nous sommes attaqués nous riposterons. Ainsi, ceux du Nord préviennent ceux du Sud que les provocations dans la zone démilitarisée peuvent se terminer par des incidents. Remarquez que les premiers à déformer ce communiqué ont été les médias occidentaux et que les Russes l’ont repris.

Question - On est arrivé à ce que la RPDC menace de la guerre ? Dans quel but ?

Evgueni Kim - La RPDC a de sérieuses raisons de craindre que les armes soient utilisées contre elle. Rien qu’en mars [2013], dans cette région, des manœuvres conjointes américano-sud-coréennes ont eu lieu à quatre reprises, et depuis le début de l’année neuf fois. Le chiffre total des militaires participant à ces manœuvres est de 200 000. Deux cent mille ! Vous comprenez que la Russie, dans son histoire récente, n’a jamais mené de manœuvres d’une telle ampleur. Et notre armée compte un million de personnes. Par ailleurs, au cours de ces manœuvres sont mis en œuvre des exercices de débarquement d’infanterie de marine et aussi des mesures de maintien de l’ordre dans des centres d’habitation après leur invasion. De plus, en mars, les Américains ont déjà envoyé à trois reprises aux frontières de la RPDC le bombardier stratégique B-52 et, comme on le sait, cet appareil peut emporter des bombes atomiques. Cela leur semblait insuffisant. Avant-hier [28 mars 2013], ils ont envoyé deux bombardiers stratégiques B-2, beaucoup plus modernes, capables chacun d'emporter 16 missiles avec des charges nucléaires. Avant-hier, ces bombardiers ont réalisé au-dessus du territoire sud-coréen des exercices de bombardement atomique, au sujet desquels ils ont eux-mêmes communiqué. Comment doivent répondre à cela ceux du Nord ? Et si demain cela est mis en œuvre contre le Nord ? Que faire ? Egalement, en mars, un porte-avions s’est approché des côtes de Corée du Sud. Il était accompagné d’un groupe assez important de bâtiments au nombre desquels un sous-marin d’attaque nucléaire de la classe Los Angeles. Celui-ci a également effectué des exercices de tir. Comment le pays contre lequel cela est réalisé doit-il l’interpréter ? La réaction de la RPDC de menacer de frapper le territoire sud-coréen et les bases américaines dans un tel cas semble logique. Remarquez que la RPDC ne dit jamais qu'elle attaquera la première. Toutes les déclarations du Nord ont un caractère défensif. A ce sujet, il est clairement prescrit dans la doctrine militaire russe que, dans le cas où nous apprenons que se prépare une agression contre nous, nous pouvons déclencher une attaque préventive. Et la RPDC ne déclare jamais qu’elle frappera la première. Cela me semble la réaction naturelle quand un Etat met en garde. Je comprends que ces communiqués pourraient avoir un ton moins menaçant mais il faut admettre qu’il est difficile de se retenir de déclarations fortes quand, près de ton territoire, se déroulent des manœuvres dont le but est l’agression militaire contre ton pays.

Question - Mais pourquoi les Etats-Unis se lancent-ils dans cette escalade conflictuelle ?

Evgueni Kim - En Amérique, on réduit aujourd’hui les dépenses et parmi celles-ci les dépenses militaires. On comprend qu’il soit avantageux pour les généraux de créer une situation tendue en Corée afin d’obtenir une augmentation des dépenses.

Question - De quelles provocations parlent les communiqués de la RPDC ? Alors que les médias communiquent sur le Nord qui fait cliqueter les armes mais ne parlent ni de provocations, ni de manœuvres, ni de sous-marin nucléaire, ni de porte-avions.

Evgueni Kim - La nuit d’avant-hier [28 mars 2013] à deux heures et demie, heure locale, au bord de la zone démilitarisée, s’est produit un incident intéressant. Il a semblé à un garde-frontière à son poste qu’il y avait du mouvement en provenance du Nord et il a ouvert le feu, sans doute au lance-grenades, quoique dans le communiqué il est simplement dit qu'« il a lancé une grenade ». On a commencé à étudier ce qui s’était passé et il s’est avéré que personne ne passait. Mais s'il lui avait semblé que c’était plus sérieux, en cas de déplacement d'un troupeau d’animaux, il aurait pu tirer plus loin. La portée du lance-grenades peut atteindre deux kilomètres. La dimension de la zone démilitarisée est de deux kilomètres au Nord et de deux kilomètres au Sud. Comment ceux du Nord auraient-ils réagi ? Il me semble que cette augmentation de la pression est faite pour que les nerfs de quelqu’un lâchent et que l’on ouvre le feu. Et alors cela sera exploité.

Question - Pouvez-vous alors nous expliquer quel était le sens de la déclaration qu’a faite la RPDC vendredi, de préparation d'une frappe nucléaire contre les Etats-Unis ?

Evgueni Kim - Ceux du Nord ont déclaré le 27 mars qu’ils mettaient les forces armées en état de préparation numéro un. Beaucoup ont alors interprété cette déclaration comme une déclaration de guerre. Permettez-moi de citer également cet ordre. En état de préparation numéro un (par ailleurs, personne ne sait de quoi il s’agit, donc, par commodité, disons qu’il s’agit du dernier niveau de mise en alerte), sont prêts seulement les détachements de lanceurs de missiles et l’artillerie de campagne à longue portée. Mais cet ordre ne s’étend pas aux garde-frontières ni aux troupes d’infanterie. On comprend qu’il ne s’agit pas de mobilisation générale pour des actions militaires. Avec cette mise en alerte sont mises en œuvre les forces avec lesquelles la RPDC entend riposter si elle est attaquée.

Question - Peut-on dire que l’Occident pousse le Nord au conflit ? Dans quelle mesure le scénario de passage du conflit à une phase active est-il vraisemblable ?

Evgueni Kim - Si un conflit a lieu, rien de bon n’en sortira. Je suis persuadé que la diplomatie de la Russie et de la Chine et, je pense aussi, celle du Sud cherchent à éviter le conflit. Je pense que tous partagent l’opinion exprimée dans la déclaration faite hier [29 mars] par [le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï] Lavrov selon laquelle la situation peut dégénérer de façon imprévisible. C’est pourquoi il me semble que tous les leviers seront activés et le scénario de guerre évité. Les Américains ont de bons contacts avec la RPDC, à l’ONU, par les canaux diplomatiques et même culturels. Il ne faut pas céder aux provocation de la presse qui a déjà commencé la guerre psychologique contre la RPDC. De plus, les Américains ont tort de penser que la Chine restera les bras croisés à observer comment ils anéantissent la Corée du Nord. Si quelque chose avait lieu, les Chinois défendraient le Nord. La Russie joindra toutes ses forces, je ne dis pas que nous prendrions part au conflit mais nous mettrions en œuvre tous les autres moyens.

Question - De quoi peut menacer la Corée du Nord ? Vendredi [29 mars 2013], après que la RPDC a annoncé sa mise en alerte, beaucoup, comme s’il s’agissait d’un fait ayant eu lieu, ont dit qu’ils étaient prêts à tenter de porter une frappe nucléaire contre les Etats-Unis et la Corée du Sud. Le fait que la RPDC possède des armes nucléaires et des missiles intercontinentaux est-il un fait connu de tous ? Dans l’état de nos connaissances, ils ont un bon lanceur capable de mettre en orbite un satellite mais personne n’a parlé de missiles balistiques.

Evgueni Kim - Oui, leur lanceur n’est pas mauvais. Sur quatre tentatives de tir, la fusée a réussi une fois. Je rappelle que, dans les année 1950, lorsque nous construisions une telle fusée, nous n’avons réussi à l’envoyer dans l’espace qu’au bout de 19 tentatives. Mais j’espère que tous comprennent la différence entre une fusée qui met un satellite en orbite et un missile balistique intercontinental. Ce dernier doit entrer dans l’espace cosmique et ensuite ressortir dans l’atmosphère. Aujourd’hui, nous ne pouvons affirmer que le Nord possède la technologie de protection thermique des ogives nucléaires et la capacité correspondante de diriger le missile après sa pénétration dans les couches denses de l’atmosphère. Deuxièmement, les Etats-Unis ont un système de défense anti-missile. Une fusée unique serait interceptée. De plus, dans la mesure où je peux en juger, le Nord a un système simple de montage des fusées. Ils assemblent la première partie de la fusée, ensuite la deuxième et enfin, avec une grue, mettent la fusée en position verticale. Pour tout cela, il faut deux jours. Si les Etats-Unis ou la Corée du Sud soupçonnaient la RPDC de se préparer à lancer une frappe, en deux jours ils découvriraient facilement la fusée du Nord et la bombarderaient. D’autant plus que les Américains ont toutes les données sur les sites militaires nord-coréens.

Question - Et la bombe atomique ?

Evgueni Kim - Que puis-je vous dire ? Ils ont fait des essais, dit qu’ils ont fait des essais, déclaré qu’ils ont des charges miniaturisées. Selon ce qu’ils ont fait, je pense qu’ils n’ont pas de tête nucléaire. D’ailleurs, les données des services de renseignement américains confirment qu’il leur faudra encore de six à sept ans pour disposer de la puissance nucléaire requise.

Question - Pourquoi est-il convenu d’estimer que les communiqués belliqueux du Nord sont faits pour détourner l’attention de la populations du problème de la faim et la mobiliser autour de la direction ? Y a-t-il la famine en RPDC ?

Evgueni Kim - Oui, de façon déterminée, Kim Jong-un a réussi à rassembler le peuple autour de lui et du Parti. Il faut le reconnaître. En ce qui concerne l’approvisionnement alimentaire, ces trois dernières années la récolte de céréales en RPDC a augmenté de 10%. Selon les données de la FAO [Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture] et des services de renseignement sud-coréens et américains, la récolte a été de 4,9 millions de tonnes l’année dernière. Ils ont arrêté d’importer de Chine. Ainsi, ils ont assez de grains jusqu’à la prochaine récolte. Si surgissent des problèmes, ils peuvent en acheter 200 000 tonnes en Chine. Par ailleurs, ils sont habitués à vivre en consommant beaucoup de légumes et peu de viande.

 

Source : www.nakarune.ru (traduction : AAFC–YB)

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 16:01

Le 17 septembre 2012, un accord a été signé à Moscou sur le règlement de la dette de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) envers la Russie, dont le montant est estimé à 11 milliards de dollars (soit 8,4 milliards d'euros). Cette décision ouvre la voie à une relance des investissements russes en RPD de Corée.

Lors du sommet qui s'était tenu le 24 août 2011 à Oulan-Oude entre le président russe Dmitri Medvedev et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il (photo ci-dessous), les deux dirigeants avaient discuté du règlement de la dette nord-coréenne envers la Russie, notamment comme préalable à un essor des investissements russes en République populaire démocratique de Corée.

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Un an après, un accord sur le règlement de la dette nord-coréenne a été signé à Moscou, le 17 septembre 2012, entre Ki Kwang-ho, vice-ministre des finances de la République populaire démocratique de Corée, et Sergueï Stortchak, vice-ministre des finances de la Fédération de Russie, permettant ainsi de relancer la coopération économique bilatérale - comme l'a précisé l'agence nord-coréenne KCNA.

Selon l'agence russe Ria Novosti, l'accord porte sur 11 milliards de dollars (soit 8,4 milliards d'euros). Il porte sur des prêts qu'avait contractés la RPD de Corée envers l'Union soviétique, pour lesquels la Russie est l'Etat successeur de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS).

Si les détails de l'accord n'ont pas été précisés, Sergueï Stortchak avait expliqué précédemment que la Russie envisageait une annulation de dette à hauteur de 90 %. Le solde, soit plus d'un milliard de dollars, permettrait de réaliser des projets communs dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'énergie - alors qu'un des principaux projets est la réalisation d'un gazoduc transcoréen, de la Sibérie jusqu'au Sud de la péninsule.

Sources : KCNA (dépêche du 18 septembre 2012), Ria Novosti, "Moscou et Pyongyang signent un accord sur la dette nord-coréenne" (article publié le 18 septembre 2012).
 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 20:42

Lors du sommet entre les dirigeants russe Dmitri Medvedev et nord-coréen Kim Jong-il qui s'est tenu à Oulan-Oude, en Sibérie, le 24 août 2011, la Fédération de Russie et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont convenu de la mise en place d'une commission spéciale pour la création d'un gazoduc entre la Russie, la RPDC et la Corée du Sud, avec l'objectif que ce projet soit opérationnel dès cette année et porte sur le transport de 10 milliards de mètres cubes. Si les autorités sud-coréennes n'ont pas immédiatement réagi à cette annonce, le président sud-coréen Lee Myung-bak vient de déclarer à New York qu'il considérait ce projet comme "gagnant-gagnant" pour toutes les parties impliquées (Moscou, Pyongyang et Séoul), ce qui devrait permettre sa mise en oeuvre rapide.

 

La visite en Russie du président de la commission de la défense nationale de la RPD de Corée Kim Jong-il, en août dernier, a donné lieu à plusieurs annonces dans le domaine économique. S'agissant du transport du gaz entre la Russie et la Corée du Sud via la Corée du Nord, la décision a été prise entre Pyongyang et Moscou de créer une commission spéciale pour déterminer le volume transporté et le montant des droits de transit versés à la RPDC. Selon le Kremlin, ce gazoduc, d'une longueur de 1.100 km, pourrait être opérationnel dès cette année, en transportant un volume de 10 milliards de mètres cubes.


 Les routes du pétrole et du gaz russes (source :  Philippe Rekacewicz, Cartographier le présent, 2007)

 

L'annonce du gazoduc transcoréen a été faite dans un contexte d'amélioration des relations internationales autour de la péninsule, parallèlement à la nomination d'un nouveau ministre de la Réunification à Séoul, Yu Woo-ik. Ce dernier avait alors déclaré trouver le projet intéressant, tout en précisant qu'il convenait d'y réfléchir plus avant, au vu des éléments concrets du dossier.

 

Malgré la campagne hostile au projet de gazoduc transcoréen conduite par certains médias conservateurs sud-coréens, qui ont mis en exergue les risques éventuels de "siphonnage" du gaz lors de son transport ainsi que de rupture des approvisionnements en cas de détérioration des relations Nord-Sud, le président sud-coréen a tranché en faveur du projet, dans la continuité des positions qu'il avait déjà prises sur le sujet par le passé, notamment à l'issue d'une rencontre en septembre 2008 avec le PDG de Gazprom, Alexei Miller.

 

Dans un entretien donné à la presse new-yorkaise, le président Lee Myung-bak a déclaré : "Je ne le considère pas comme un rêve tiré par les cheveux", mais comme "un projet gagnant-gagnant pour toutes les parties concernées".

 

Le gazoduc pourrait transporter jusqu'à 10 milliards de mètres cubes, par une route directe pour la Russie. La Corée du Sud, aujourd'hui le deuxième importateur mondial de gaz, approvisionnée exclusivement par voie maritime, pourrait réduire ses coûts d'approvisionnement en gaz naturel jusqu'à 30 %. Enfin, comme l'a rappelé le 7 septembre dernier, lors d'une rencontre avec des parlementaires, Hong Joon-pyo, président du Grand Parti national (conservateur, au pouvoir), les droits de transit perçus par la Corée du Nord pourraient s'élever à 100 millions de dollars par an.

 

Egalement en septembre 2011, l'entreprise russe Gazprom, tout en poursuivant ses négociations avec le gouvernement nord-coréen, a signé des accords préliminaires avec l'entreprise sud-coréenne Korea Gas Corp, rendant réaliste la tenue d'un calendrier de mise en oeuvre rapide, dès la fin de cette année.

 

Sources : AAFC, Business week

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 23:31

Le 24 août 2011, en visite en Russie, le dirigeant Kim Jong-il de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a rencontré le président de la Fédération de Russie Dmitri Medvedev dans un complexe militaire à Oulan-Oude, en Sibérie. Cette première réunion au sommet entre les deux dirigeants a été très riche, confirmant le rôle essentiel de la Russie pour la reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Pyongyang a confirmé être prêt à revenir de manière inconditionnelle à la table des négociations et a proposé un moratoire de ses essais nucléaires et de sa production d'armes nucléaires. Des avancées importantes ont également été opérées dans le domaine économique : une commission spéciale sera mise en place pour la création d'un gazoduc entre la Russie, la RPDC et la Corée du Sud, qui pourrait être opérationnel dès cette année en transportant un volume de 10 milliards de mètres cubes. La question de la dette de la RPD de Corée vis-à-vis de l'ex-URSS a également été abordée, en vue d'un règlement de cet obstacle au développement des échanges économiques bilatéraux avec la Russie. Face à ces nouvelles manifestations de bonne volonté de Pyongyang pour diminuer les tensions dans la péninsule coréenne, avec l'appui explicite de Moscou, la balle est maintenant dans le camp de Washington et de Séoul, qui ont dans l'immédiat boudé la proposition nord-coréenne de moratoire des essais nucléaires. Mais cette position de déni des réalités géopolitiques est-elle longtemps tenable, face à la probable émergence d'un front uni Pyongyang-Pékin-Moscou ?

 

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Lors de leur sommet à Oulan-Oude le 24 août 2011, le président Kim Jong-il de la Commission de la Défense nationale de la RPD de Corée et le président Dmitri Medvedev de la Fédération de la Russie ont convenu du plus important accord bilatéral conclu entre les deux pays depuis 2001, offrant ainsi de grands espoirs pour une diminution des tensions dans la péninsule coréenne afin que d'affirmer cette région du monde comme une zone de paix et de prospérité, dans l'intérêt de toutes les parties.

 

Lors du banquet qu'il a offert à ses invités coréens, le président Dmitri Medvedev a souligné la qualité des relations bilatérales entre la Russie et la RPD de Corée, en rappelant notamment les échanges conduits dans les domaines culturel et universitaire : en particulier, des troupes russes se sont produites régulièrement dans le cadre du Festival de Printemps à Pyongyang, un centre culturel russe a ouvert ses portes dans la capitale de la RPD de Corée il y a trois ans et des étudiants nord-coréens sont présents en Russie dans le cadre de programmes d'échanges.

 

Dans le discours qu'il a prononcé lors de ce même banquet, le dirigeant Kim Jong-il a souligné le rôle et les succès remportés par le peuple et le gouvernement russes dans la défense de la paix et de la sécurité mondiales, ainsi que dans l'édification d'une Russie puissante et prospère. Félicitant les habitants de Oulan-Oude pour la chaleur de leur accueil à l'occasion de sa troisième visite en Russie depuis 2000, il a observé que "les peuples de nos deux pays ont développé de manière continue l'histoire et la tradition d'amitié comme les flots calmes du fleuve Tumen".

 

Au plan stratégique, ainsi que l'a annoncé la secrétaire de presse de la présidence russe Natalia Timakova, la RPD de Corée a réaffirmé être prête à reprendre les négociations à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne et, à cette fin, le dirigeant Kim Jong-il s'est engagé à un moratoire de la RPDC sur les essais nucléaires et la production d'armes nucléaires.

 

Comme l'a observé Georgy Toloraya, directeur de recherches au Centre des études coréennes modernes de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales, les pourparlers à six pourraient reprendre "car il sera difficile d'ignorer un signal que Kim Jong-il donne à la communauté internationale avec l'aide de Dmitri Medvedev". La première réaction de Washington et de Séoul a toutefois été de considérer comme insuffisante la proposition nord-coréenne.

 

Ce nouveau geste d'engagement de Pyongyang pour diminuer les tensions dans la péninsule coréenne s'inscrit dans le cadre d'annonces majeures de développement de la coopération économique, dans la continuité du message de félicitations adressé par le président Dmitri Medvedev au dirigeant Kim Jong-il à l'occasion du 66ème anniversaire de la capitulation du Japon (15 août 1945).

 

Dans le domaine du transport du gaz entre la Russie et la Corée du Sud (où se trouve le plus grand nombre de consommateurs) via la RPD de Corée, la décision a été prise de créer une commission spéciale pour déterminer les paramètres concrets de coopération, comme le volume transporté et le montant des droits de transit qui seraient versés à la RPDC. Toujours selon le Kremlin, ce gazoduc, d'une longueur de 1.100 km, pourrait être opérationnel dès cette année en transportant un volume de 10 milliards de mètres cubes.

 

Alors que plusieurs délégations de la compagnie russe Gazprom se sont rendues récemment en RPD de Corée, Dmitri Medvedev a chargé personnellement Alexey Miller, le chef de Gazprom, de "négocier étroitement" avec ses homologues nord et sud-coréens. Une telle mesure, soutenue par Pyongyang, sera aussi de nature à restaurer des relations de confiance entre les deux Corée.

 

Enfin, les deux parties ont convenu de renégocier la dette due par la RPDC à l'ex-URSS, d'un montant de 11 milliards de dollars, actuel obstacle au développement des relations économiques bilatérales. Les discussions impliqueraient à la fois la reconnaissance de la Russie comme Etat successeur de l'URSS dans le paiement de cette dette, ainsi qu'une renégociation du montant basé sur le taux de change officiel de l'époque de 0,6 rouble pour un dollar.



Ces mesures participent de la diversification des échanges économiques de la RPD de Corée, dont la Chine est aujourd'hui le premier partenaire.

 

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Sources : KCNA, RT, RIA Novosti

Photos : Présidence de la Fédération de Russie

 

 

Discours prononcé par Dmitri Anatolievitch Medvedev,

Président de la Fédération de Russie

à Oulan-Oude , Fédération de Russie, le 24 août 2011

 

 

Votre Excellence, respecté Kim Jong-il,

Respectés amis,

La rencontre de travail que j'ai eue avec Votre Excellence Kim Jong-il, Président de la Commission de la Défense nationale de la République populaire démocratique de Corée, vient de s'achever.

Permettez-moi de vous offrir mes remerciements pour cet échange efficace de vues sur les questions bilatérales et internationales urgentes et de souhaiter une nouvelle fois la bienvenue en Russie à tous les invités de RPDC.

Les relations de bon voisinage entre nos deux pays reposent sur des bases solides. Elles ne sont pas seulement dues à une proximité géographique et à des relations bilatérales de longue date.

La coopération entre la Russie et la RPDC présente un grand potentiel.

Réaliser une coopération entre les deux pays apportera beaucoup d'avantages, pas seulement quelques bénéfices économiques, à nos deux peuples.

Aujourd'hui, avec Votre Excellence Kim Jong-il, nous avons convenu d'approfondir le dialogue politique et de développer complètement la coopération de travail.

Il existe, aussi, une grande possibilité de coopération entre nous dans les domaines de l'éducation et de la culture.

Le Centre de Russie fonctionne depuis déjà trois ans à Pyongyang et des étudiants de RPDC suivent des études et des programmes de formation dans des universités de Russie.

Des troupes artistiques de Russie se produisent sans cesse en RPDC et c'est devenu une tradition pour elles de participer au Festival artistique d'amitié Printemps d'Avril.

Les contacts entre les régions des deux pays ont fleuri dans la période récente.

Des documents sur l'établissement de jumelages entre diverses villes de Russie et de RPDC sont en train d'être préparés.

La coopération entre la Russie, la RPDC et la République de Corée pour la réalisation de grands projets dans les domaines des infrastructures et de l'énergie offre une grande perspective.

Je suis convaincu que mettre en œuvre cette coopération bénéficiera à nos trois pays et aura un impact positif sur l'installation d'un environnement favorable au dialogue et à l'établissement de la confiance entre la République populaire démocratique de Corée et la République de Corée.

C'est notre tâche commune, je crois, de mettre un terme à la confrontation entre le Nord et le Sud, qui dure depuis plus d'un demi-siècle.

Dans le futur, aussi, nous contribuerons à rechercher des solutions politiques et économiques pour faire de la péninsule coréenne et de l'Asie du Nord-Est des régions dans lesquelles la paix et la sécurité sont établies.

Respectés amis,

En espérant que vous aurez reçu de bonnes impressions au cours de votre séjour en Russie, je propose de porter un toast à la bonne santé de Votre Excellence Kim Jong-il, respecté Président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC, et à la bonne santé de toutes les personnes présentes ici, ainsi qu'au bien-être et à la prospérité des peuples de la RPDC et de la Russie.

 

 

Source : KCNA (traduction : AAFC)

 

 

  Discours prononcé par Kim Jong-il,

Président de la Commission de la Défense nationale

de la République populaire démocratique de Corée,

à Oulan-Oude , Fédération de Russie, le 24 août 2011

 

 

Votre Excellence, respecté Président Dmitri Anatolievitch Medvedev,

Proches amis de Russie,

Cela me procure un grand plaisir de visiter à nouveau la Sibérie et la région de l'Extrême-Orient de la Russie, une amicale voisine, après une décennie et de vous rencontrer.

Permettez-moi de vous exprimer, en premier lieu, mes profonds remerciements pour avoir parcouru des milliers de kilomètres afin de venir de la capitale Moscou à Oulan-Oude, pour nous accueillir chaleureusement et nous accorder une place si significative aujourd'hui.

Cela nous donne un plaisir particulier de visiter votre pays pour la troisième fois en ce nouveau siècle et de voir par nous-mêmes les réussites de votre peuple dans la construction d'une Russie puissante et moderne.

Sous votre direction, le gouvernement et le peuple russes remportent de nombreux succès dans l'œuvre visant à renforcer les capacités de défense du pays et à parvenir à la modernisation de l'économie et à la stabilité sociale et politique, et ils travaillent avec acharnement pour instaurer un ordre international juste s'opposant aux pratiques autoritaires et arbitraires.

C'est notre espoir sincère que les efforts accomplis par les amicaux gouvernement et peuple russes pour défendre la paix et la sécurité dans le monde et construire une Russie riche et puissante porteront de beaux fruits.

Les peuples de nos deux pays ont développé de manière continue l'histoire et la tradition d'amitié comme les flots calmes du fleuve Tumen.

Nous sommes heureux de constater que les relations d'amitié et de coopération entre les deux pays ont récemment connu un développement favorable dans divers domaines.

Développer régulièrement et profondément l'histoire et la tradition d'amitié entre la Russie et la RPDC est totalement conforme aux intérêts des deux peuples et est d'une grande importance pour la défense de la paix et de la stabilité en Asie du Nord-Est.

Nous sommes convaincus que la rencontre au sommet de ce jour constituera indubitablement une date importante dans le renforcement des relations entre la RPDC et la Russie, en ligne avec l'aspiration et le souhait des deux peuples, et dans la transformation de l'Asie du Nord-Est en une région de paix et de coopération.

Nous ferons dans le futur, aussi, tous les efforts afin de renforcer les traditionnelles relations d'amitié et de coopération entre la RPDC et la Russie.

Pour terminer, je voudrais saisir cette occasion débordant de sentiments d'amitié pour porter un toast à la consolidation et au développement des traditionnelles relations d'amitié et de coopération entre nos deux pays, à la bonne santé de Votre Excellence, respecté Président Dmitri Anatolievitch Medvedev, et à la bonne santé des chers amis de Russie et de toutes les personnes présentes ici.

 

 

Source : KCNA (traduction : AAFC)

 

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