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18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 13:29

Le 17 juillet 2018, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et le Forum coréen international ont co-organisé une conférence-débat à Paris à la veille du 65e anniversaire de la signature de l'accord d'armistice de 1953 qui a mis fin aux combats de la guerre de Corée (mais pas à la guerre elle-même). dans un contexte nouveau marqué notamment par les sommets intercoréens des 27 avril et 26 mai 2018 à Panmunjom et le sommet Etats-Unis-Corée du Nord du 12 juin 2018 à Singapour. Trois mois et demi après la conférence organisée à la Bourse du travail de Paris, le 29 mars 2018, entre l'AAFC,  l'association Droit Solidarité (membre de l'Association internationale des juristes démocrates), le Mouvement de la Paix et l'Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre (ARAC), l'urgence est de favoriser la paix, la dénucléarisation et un système de sécurité collective en Corée.

Stephen Cho, animateur du Forum coréen international, et Benoît Quennedey, président de l'AAFC

Stephen Cho, animateur du Forum coréen international, et Benoît Quennedey, président de l'AAFC

En ouverture de la conférence, Benoît Quennedey, président de l'AAFC, a rappelé que cette manifestation s'inscrivait dans les activités traditionnelles de l'Association à l'occasion du mois de solidarité avec le peuple coréen, entre le 25 juin (date du déclenchement de la guerre de Corée en 1950) et le 27 juillet (date de la signature de l'accord d'armistice en 1953). Puis il a donné la parole à Stephen Cho, animateur du Forum coréen international.

Stephen Cho a établi le lien entre l'histoire récente de la péninsule coréenne et les développements récents de l'actualité. Il a rendu hommage à Roland Weyl, qui était assis au premier rang des participants, sur la nécessité de faire respecter le droit international, bafoué lors de la guerre de Corée qui a été une opération de police diligentée par les Etats-Unis, et d'établir un système de paix plus qu'un traité de paix lui-même - le conflit en Corée n'ayant pas été formellement une guerre. Les termes "régime de paix" figurent d'ailleurs explicitement dans la déclaration signée à Singapour le 12 juin 2018 entre les présidents Donald Trump et Kim jong-un.

Il a souligné que le conflit militaire entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) s'était déplacé sur le terrain diplomatique, en observant que les conditions de ce changement avaient été préparées dès la fin de l'année 2017 par des échanges directs entre Américains et Nord-Coréens. La situation actuelle présente de nombreux points communs avec de précédents cycles de tensions et de négociations, notamment la période 1993-1994, avec cette différence majeure qu'en 2017-2018 le gouvernement sud-coréen du démocrate Moon Jae-in avait joué un rôle de relai et de facilitateur. Cependant, si les Nord-Coréens ont multiplié les gestes de bonne volonté (depuis la destruction du site d'essais nucléaires de Punggye-ri jusqu'à la suspension de leurs tirs de missiles balistiques et d'essais nucléaires), les Américains ont été beaucoup plus réticents à s'engager - n'ayant concédé, et tardivement, que la suspension de leurs manoeuvres militaires au large de la Corée, tandis que les "faucon" (John Bolton en tête) s'agitent pour faire échouer le processus de dialogue en rajoutant de nouvelles exigences. C'est pourquoi les autorités nord-coréennes ont pu dénoncer les "méthodes de gangster" de Washington lors de la dernière visite à Pyongyang de Mike Pompeo, après le sommet de Singapour, faute d'engagement concret des Etats-Unis quant aux garanties de sécurité qu'ils apporteraient à Pyongyang en contrepartie de sa dénucléarisation.


Dans ce contexte, Stephen Cho a souligné le rôle dévolu aux militants progressistes sud-coréens, et plus largement aux forces progressistes concernant la situation en Corée : garantir la souveraineté du peuple coréen, qui passe par le retrait des bases américaines de Corée, lutter contre le capitalisme prévaricateur des conglomérats (les chaebols), et poursuivre la lutte pour les libertés démocratiques et les droits sociaux - les mesures réformistes accordées par le gouvernement sud-coréen étant le fruit des luttes de tout le peuple coréen (y compris les capitalistes nationaux) pour contenir la force du mouvement progressiste, qui constitue une force révolutionnaire.

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