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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 16:07
John FefferPourquoi une Amérique affirmant aimer la paix refuse toujours de signer un traité avec la Corée du Nord et de mettre ainsi un terme définitif à la guerre de Corée? C'est à cette question que tente de répondre John Feffer, spécialiste américain des relations internationales, interrogé par le Korea Times. On sait que la RPDC veut un traité de paix avec les Etats-Unis et en fait une des conditions pour retourner aux pourparlers sur son programme nucléaire. Selon John Feffer, les Etats-Unis ne sont pas disposés à signer un tel traité, non parce qu'ils s'inquiètent d'être désavantagés dans des négociations avec la Corée du Nord, mais pour des raisons liées à la politique intérieure américaine.


Ce qui interpelle le public ordinaire spectateur de la crise nucléaire en Corée c'est le refus permanent des Etats-Unis - qui se présentent comme le bastion de la défense de la paix dans le monde - de signer un traité de paix avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), traité de nature à réduire les tensions dans la péninsule coréenne.


La RPDC a déclaré à de multiples reprises qu'un traité de paix est une des conditions requises pour qu'elle rejoigne les pourparlers à six pays (deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) consacrés à son programme nucléaire, la RPDC s'étant retirée de ces négociations en avril 2009.


Pyongyang soutient que la question nucléaire est fondamentalement due à l'absence de traité de paix après la guerre de Corée (1950-1953), dont les combats ont pris fin grâce à un simple armistice, laissant les deux camps face à face et « techniquement » en état de guerre.


« En apparence, c'est une décision très facile à prendre », déclare John Feffer co-directeur de Foreign Policy in Focus,  groupe de réflexion basé à Washington, interrogé par le quotidien sud-coréen de langue anglaise Korea Times. Cela semble aussi être une proposition de simple bon sens.


Certains observateurs affirment que l'absence de traité de paix est due aux négociateurs américains qui verraient un tel traité comme une « récompense » accordée à une Corée du Nord accusée de mal se conduire. Mais, selon John Feffer, une analyse plus approfondie de la situation révèle que c'est bien la situation politique intérieure des Etats-Unis qui leur interdit de négocier et signer un traité de paix avec la RPDC.


US-Senate« La loi américaine dispose qu'un traité de paix doit recueillir les deux tiers des voix au Sénat. Le problème est qu'un certain nombre de sénateurs, surtout républicains, ne veulent pas signer un traité de paix avec la Corée du Nord. Ces considérations d'ordre intérieur doivent être prises en compte », déclare Feffer, ajoutant même qu'il s'agit de la « véritable raison » pour laquelle l'administration américaine est peu disposée à conclure un traité de paix en Corée.


En conséquence, la Corée du Nord devrait d'abord s'adresser à l'opinion publique américaine, les membres du Congrès des Etats-Unis étant des élus appelés à servir les intérêts de leur circonscription.


La tâche s'annonce difficile car, dans un sondage effectué en 2009 par l'institut américain Rasmussen, les électeurs américains considéraient la Corée du Nord comme un des pays faisant peser la plus grande menace sur la sécurité nationale des Etats-Unis. Un sondage effectué en février 2010 par l'institut Gallup montre que cette opinion n'a pas évolué. Pour le public américain, la Corée du Nord figure toujours, avec l'Iran, au premier rang des pays représentant « une menace critique pour les intérêts vitaux des Etats-Unis ».

 

D'après ces enquêtes, la Corée du Nord reste donc perçue de manière négative par le public américain. Or, c'est l'opinion du public américain, pas celle de l'administration américaine, qui déterminera si un traité de paix doit être signé ou non avec la RPDC.


Il se peut qu'en demandant la signature d'un traité de paix, Pyongyang néglige ce facteur. La RPDC négocie avec les envoyés de l'administration américaine chargés du dossier nucléaire, mais derrière eux se trouvent les parlementaires américains, et derrière eux se trouve encore le grand public, lequel influence les négociations en dernier ressort.


« Aux Etats-Unis, les gens ont tendance à considérer un traité de paix avec la Corée du Nord comme une sorte de concession, observe Feffer. C'est pourquoi il est si difficile de faire avancer cette question au niveau national. »


En vertu de cette analyse, pour qu'un traité de paix ait des chances d'aboutir en Corée, la RPDC devrait pratiquer un genre de « diplomatie publique » et engager une offensive de charme destinée à gagner les coeurs et les esprits du peuple américain.

 

Source : Korea Times (article du 4 mars 2010).

 

Voir aussi :

le site Foreign Policy in Focus

le site de John Feffer

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 23:48

En mars 2009, les exercices militaires Key Resolve et Foal Eagle, menés conjointement chaque année par les forces américaines et sud-coréennes, étaient les plus grands jamais organisés par leur durée et par le nombre de soldats engagés. Moins de deux mois après l'arrivée de Barack Obama à la présidence aux Etats-Unis, l'organisation de ces manoeuvres était de très mauvais augure quant à la volonté de la nouvelle administration américaine de tourner la page Bush-Cheney en Corée. Cette année, les exercices Key Resolve et Foal Eagle sont d'une moindre ampleur mais interviennent au plus mauvais moment, alors que des questions décisives restent à régler pour la reprise des relations inter-coréennes, et que des efforts diplomatiques  sont déployés pour ramener la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à la table des négociations sur son programme nucléaire. La RPDC a prévenu qu'elle accepterait de négocier l'abandon de sa force de dissuasion nucléaire à condition que soit aussi négocié un traité de paix avec les Etats-Unis. Dans ce contexte, mener des exercices militaires en application d'un plan américain visant explicitement à mettre à bas la Corée du Nord est-il vraiment la meilleure chose à faire?


Le 17 février 2010, le Commandement combiné des forces américaines et sud-coréenne annonçait que les exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle auraient lieu du 8 au 18 mars 2010 sur l'ensemble du territoire sud-coréen. Cette année, Key Resolve et Foal Eagle mobilisent 10 000 soldats des forces américaines stationnées en Corée du Sud et 8 000 soldats américains venus de l'étranger. Ces effectifs sont en retrait par rapport à ceux engagés l'année dernière, mais les exercices Key Resolve et Foal Eagle avaient été d'une ampleur exceptionnelle en 2009. En particulier, aucun porte-avions ne participe cette année à Key Resolve et Foal Eagle.


Même présentés comme « routiniers » et « défensifs », les exercices Key Resolve et Foal Eagle préparent l'application du plan opérationnel 5027 (OPLAN 5027), soit une offensive tous azimuts dont les buts revendiqués sont « l'élimination du régime nord-coréen » et l'anéantissement de l'armée nord-coréenne. Conçu en 1974 par les stratèges du Pentagone, le plan opérationnel 5027 a régulièrement été mis à jour pour inclure, entre autres, des frappes préventives contre la RPDC (OPLAN 5027-98) ou l'emploi de moyens antimissiles (OPLAN 5027-04).

US attack NK map SPARKTitled-KR--map-copy.jpg

Dispositif des exercices Key Resolve et Foal Eagle en 2009.
 Ce dispositif a été modifié en 2010. Par exemple, il a été annoncé
qu'aucun porte-avions ne prendrait part aux exercices cette année.
(source : Solidarity for Peace and Reunification of Korea, via le site No Base Stories of Korea)


Ces exercices militaires sont donc de nature à aggraver les tensions dans la péninsule coréenne, déjà vives après un affrontement en mer de l'Ouest (mer Jaune) entre les marines des deux Corée en novembre 2009. 


Parce que Key Resolve et Foal Eagle visent explicitement à préparer l'invasion et l'occupation de la Corée du Nord, la RPDC s'oppose fermement à la tenue de tels exercices. Le jeudi 25 février 2010, l'état-major de l'Armée populaire de Corée (APC), l'armée nord-coréenne, a ainsi accusé la Corée du Sud et les Etats-Unis de chercher délibérément l'affrontement, déclarant qu'elle ne restera pas « le spectateur passif de cette grave situation créée par les provocateurs ». En conclusion, le communiqué de l'état-major de l'APC affirmait que, si les exercices américano-sud-coréens avaient lieu malgré ses avertissements répétés, l'APC se tiendrait prête à réagir « en mobilisant tous ses moyens offensifs et défensifs, dont sa force de dissuasion nucléaire. »


En l'occurrence, les Etats-Unis jouent les pompiers pyromanes : Washington veut que la RPDC abandonne sa force de dissuasion nucléaire mais, au lieu de répondre aux offres nord-coréennes pour la signature d'un véritable traité de paix, entretient les motifs qui ont poussé la Corée du Nord à se doter de l'arme atomique.


En outre, l'annonce des exercices militaires américano-sud-coréens est intervenue alors que les deux Corée ont convenu de discuter des mesures pour faciliter l'accès à la zone industrielle inter-coréenne de Kaesong, située en Corée du Nord. Ces discussions prévues à partir du mardi 2 mars 2010 à Kaesong, doivent permettre de trouver les moyens d'améliorer les transports et les communications vers et à partir de la zone industrielle où environ 42 000 Coréens du Nord travaillent au sein de 110 entreprises sud-coréennes.


La frontière inter-coréenne est réputée être la plus militarisée du monde et les deux Corée avaient donc prévu que les militaires des deux camps discutent des moyens d'améliorer le fonctionnement de la zone industrielle de Kaesong. Mais, dans ce qui paraît être une nouvelle manoeuvre dilatoire, le ministère sud-coréen de la Défense a fait savoir que la délégation du Sud serait menée par un responsable civil du ministère de la Réunification. Il est donc peu probable que des questions aussi décisives que les transports et les communications vers la zone industrielle de Kaesong et à partir de celle-ci, reçoivent une réponse appropriée. Le fonctionnement de cette zone industrielle, symbole concret du rapprochement inter-coréen, s'en trouvera donc altéré.

 

Manif_KRFE_19022010.jpg

Manifestation devant la base américaine de Yongsan, à Séoul, le 19 février 2010.

Sur les pancartes, sont inscrits les slogans "Signez un traité de paix!", "Arrêtez Key Resolve et Foal Eagle, exercice d'invasion dirigé contre la Corée du Nord et facteur de guerre dans la péninsule coréenne!"

et "Non à la guerre, oui à la paix!

(source : Tongil News)


Tout en refusant de tenir une réunion de travail entre militaires du Nord et du Sud, propre à apaiser les tensions dans la péninsule coréenne, le gouvernement sud-coréen entend donc privilégier son alliance militaire avec les Etats-Unis, même (surtout?) au prix de la dégradation des relations inter-coréennes. Après deux ans de pouvoir, il est de plus en plus évident que le président sud-coréen Lee Myung-bak ne fera rien pour appliquer totalement les accords inter-coréens du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007. Il est regrettable que, vis-à-vis de la Corée, la « communauté internationale » ne réagisse que pour condamner le Nord. Les manoeuvres américano-sud-coréennes et l'attitude du gouvernement sud-coréen génèrent pourtant leur lot de difficultés en Corée, alors qu'un peu de bon sens, de sincérité entre les parties prenantes et le simple respect des accords déjà passés permettraient de surmonter  nombre de problèmes dans cette partie du monde.


 

Sources : AAFC, AFP (dépêche du 28 février 2010), Alliance coréenne des mouvements progressistes (communiqué du 18 février 2010, via le site No Base Stories of Korea), KCNA (dépêche du 25 février 2010)

 


 

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 00:01

PaixenCoréeLe 11 janvier 2010, le ministère des Affaires étrangères (MAE) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a réitéré l'offre de la RPD de Corée d'un traité de paix dans la péninsule coréenne, en lieu et place de l'accord d'armistice de 1953. Cette proposition, conforme aux objectifs de l'éditorial conjoint du 1er janvier 2010 (Juche 99) des principaux quotidiens nord-coréens, est de nature à relancer les pourparlers, bloqués, sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, dans la mesure où Pyongyang lie le règlement de ce dossier à l'obtention de garanties de sécurité de la part des Etats-Unis. L'AAFC publie ci-après une traduction en français de la version anglaise du communiqué du MAE nord-coréen, telle que publiée par l'agence officielle de la RPD de Corée, KCNA.

"Un an a passé depuis que le processus de dénucléarisation de la péninsule coréenne est resté à la croisée des chemins en raison des sérieux défis face à lui.

"La dénucléarisation de la péninsule est l'objectif de la politique poursuivie invariablement par le gouvernement de la République [populaire démocratique de Corée] en vue de contribuer à la paix et à la sécurité en Asie du Nord-Est et à la dénucléarisation du monde.

"C'est grâce aux efforts sincères et exhautifs du gouvernement de la République que des dialogues se sont tenus pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne depuis les années 1990 et que, sur cette voie, ont été adoptés des accords bilatéraux et multilatéraux aussi importants que 'l'accord-cadre RPDC-Etats-Unis' et la déclaration conjointe du 19 septembre [2005].

"La mise en oeuvre de tous les accords, cependant, a été interrompue à mi-chemin ou a capoté. Depuis lors la menace nucléaire sur la péninsule coréenne n'a pas diminué, mais a au contraire encore augmenté et, par conséquent, même la dissuasion nucléaire est apparue.

"Les échecs et les frustrations répétées dont témoigne le cours des pourparlers à six montrent que cette question ne peut pas être résolue sans confiance entre les parties concernées. Aujourd'hui encore les discussions restent bloquées par la barrière de défiance qualifiée de sanctions contre la RPDC.

"Notre conclusion est qu'il est nécessaire d'accorder une attention primordiale  à la construction d'une relation de confiance entre la RPDC et les Etats-Unis, les deux parties responsables principalement de la question nucléaire, afin de ramener sur les rails le processus de dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"Si une relation de confiance doit être construite entre la RPDC et les Etats-Unis, il est essentiel de conclure, pour commencer, un traité de paix pour mettre fin à l'état de guerre qui est une des raisons radicales des relations bilatérales hostiles.

"Quand les parties sont dans une situation de guerre où elles peuvent braquer des armes l'une contre l'autre, la méfiance de l'autre partie ne peut jamais être réduite à zéro et les discussions elles-mêmes ne peuvent jamais bien progresser, encore moins parvenir à la dénucléarisation. En ne réglant pas une question aussi fondamentale que la guerre et la paix, aucun accord ne peut échapper à la frustation et à l'échec, comme c'est le cas aujourd'hui.

"Un traité de paix par nature devrait déjà avoir été conclu à la lumière de sa nécessité intrinsèque, indépendamment de la question nucléaire. Si un régime de paix durable avait été établi dans la péninsule coréenne depuis longtemps, la question nucléaire n'aurait pas surgi.

"Maintenant que la question de la conclusion d'un traité de paix figure dans la Déclaration conjointe du 19 septembre, il est bon d'avancer comme l'exige la pratique tirée des leçons de l'échec des pourparlers à six.

"La conclusion d'un traité de paix aiderait à mettre un terme aux relations hostiles entre la RPDC et les Etats-Unis et à encourager véritablement la dénucléarisation de la péninsule coréenne à un rythme rapide.

"Comme il a qualité à le faire, le ministère des Affaires étrangères de RPDC propose courtoisement aux parties à l'accord d'armistice un démarrage rapide des discussions pour remplacer l'accord d'armistice par un traité de paix cette année, laquelle marque les soixante ans du déclenchement de la guerre de Corée.

"Les discussions précitées peuvent se tenir soit dans le cadre d'un format séparé, comme pour la déclaration conjointe du 19 septembre, soit dans le cadre des pourparlers à six où sont actuellement conduites les discussions entre la RPDC et les Etats-Unis, au regard de leur nature et de leur signification.

"Abattre les barrières que représentent des discriminations et des méfiances telles que les sanctions pourrait conduire bientôt à l'ouverture des pourparlers à six.

"Si les parties à l'accord d'armistice espèrent sincèrement la paix, la sécurité et la dénucléarisation de la péninsule coréenne, elles ne doivent plus donner la priorité à leurs intérêts mais prendre la décision audacieuse de négocier sans retard cette question fondamentale
."

 

 

Alors que, au cours de sa visite à Pyongyang du 8 au 10 décembre 2009, l’envoyé spécial américain Stephen Bosworth et ses interlocuteurs nord-coréens auraient convenu de discuter d'un traité de paix en Corée, dans le cadre d’un dialogue à quatre (Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis et Chine), il est particulièrement regrettable que cette proposition de dialogue ait été rejetée par Washington : dès le lundi 11 janvier, le porte-parole du département d'Etat américain, P.J. Crowley, a pressé la Corée du Nord à retourner d'abord aux pourparlers à six, avant de commencer de discuter de la liste des sujets en suspens.


De même, on ne peut que déplorer l'attitude de fermeture des autorités sud-coréennes qui ont attendu mardi, après la réponse américaine, pour réagir, alors que la mise en place d'un traité de paix était l'un des points majeurs de la déclaration commune Nord-Sud du 4 octobre 2007 ayant engagé les deux Etats coréens. La primeure de l'annonce du refus sud-coréen a été laissée à l'un des "faucons" du gouvernement, le ministre de la Défense le général Kim Tae-young, qui a déclaré à des journalistes qu'il continuait à chercher l'intention cachée, selon lui, des Nord-Coréens en estimant qu'il y aurait "souvent eu par le passé des gestes de paix d'une main et des provocations d'autre part". En réponse au "geste de paix" des Nord-Coréens qui coïncide explicitement avec le 60ème anniversaire du déclenchement de la guerre de Corée, il a ainsi répliqué que l'armée sud-coréenne se tenait prête face à toute "agression" nord-coréenne. Les autorités sud-coréennes n'envisagent une éventuelle discussion de la proposition nord-coréenne qu'après un retour aux pourparlers à six et des progrès sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.


Malgré les rejets de la déclaration nord-coréenne, M. Choe Jin-su, ambassadeur de la RPDC à Pékin, hôte des pourparlers à six, a réitéré la position de son ministère dans un entretien accordé à l'agence de presse japonaise Kyodo : selon lui, "si les sanctions [contre la RPDC] étaient allégées, les pourparlers à six pourraient commencer immédiatement." Il a ajouté que la négociation d'un traité de paix encouragerait la dénucléarisation de la péninsule coréenne "à un rythme rapide".

 



Sources :
- déclaration du MAE de la RPDC traduite de l'anglais depuis le site 
KCNA
- agence Associated Press, sur les réactions américaine, sud-coréenne et la réaffirmation de la position nord-coréenne

Voir aussi le
texte en coréen de la déclaration du MAE de RPDC

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:28

Le 18 décembre 2009, l'agence officielle KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a confirmé une annonce du Washington Postlors de sa visite à Pyongyang, l'envoyé spécial américain Stephen Bosworth avait remis une lettre du Président Barack Obama au dirigeant Kim Jong-il, témoignant du niveau élévé atteint par les discussions bilatérales américano - nord-coréennes. La Maison Blanche a démenti des médias sud-coréens, dont l'agence Yonhap, selon lesquels Barack Obama aurait évoqué la possible ouverture à Pyongyang d'un bureau de liaison américain.

Dans une dépêche en date du 18 décembre 2009, l'agence nord-coréenne KCNA a annoncé que "le Secrétaire Général Kim Jong-il a reçu une lettre personnelle de Barack Obama, Président des Etats-Unis d'Amérique. La lettre a été transmise à Kang Sok-ju, premier vice-ministre des Affaires étrangères de RPDC, le 9 décembre par Stephen Bosworth, représentant spécial américain pour la politique de la RPDC qui visitait la RPDC."

Kang-sok-ju.jpgKang Sok-ju, premier vice-ministre des Affaires étrangères de RPDC,
et Kim Jong-il, secrétaire général du Parti du travail de Corée
et président de la Commission de la Défense nationale de RPDC (source : KCNA
)


Dans un entretien donné le 19 décembre au groupe de média sud-coréen KBS, Benjamin Chang, porte-parole adjoint du Conseil de sécurité nationale américain, a démenti comme "sans fondement" l'information, diffusée notamment par l'agence sud-coréenne Yonhap, selon laquelle le président Barack Obama aurait proposé l'établissement d'un bureau de liaison en Corée du Nord. Le principe d'un tel bureau de liaison évoque
l'ouverture annoncée à Pyongyang d'un bureau français d'action culturelle et de coopération, alors que notre pays, à l'instar des Etats-Unis, n'a pas non établi de relations diplomatiques complètes avec la RPDC.  

Ni les Américains, ni les Nord-Coréens n'ont précisé le contenu de la lettre du président Barack Obama. Par le passé, les présidents américains Bill Clinton et George W. Bush avaient aussi écrit au dirigeant Kim Jong-il pour relancer les discussions bilatérales.

Au lendemain de la visite de Stephen Bosworth en Corée du Nord, du 8 au 10 décembre derniers, qui a permis d'engager un dialogue bilatéral de haut niveau dont témoigne la lettre du président Obama, les deux parties ont évité toute annonce prématurée, tout en se félicitant
d'utiles discussions exploratoires ayant permis d'établir les points de compréhension mutuelle et de divergence, en vue d'une reprise des pourparlers à six sur la question nucléaire. En outre, Les Etats-Unis et la RPDC "ont convenu de reprendre les pourparlers à quatre [avec la Chine et la Corée du Sud] pour aboutir à un régime de paix permanent une fois que les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne seront relancés", selon un fonctionnaire du ministère sud-coréen des Affaires étrangères auquel Stephen Bosworth a rendu compte de ses entretiens en RPDC, en ajoutant qu'il s'agissait d'une initiative nord-coréenne.

Alors que la nouvelle administration démocrate américaine a fait du multipartisme l'un des principes affichés de sa politique étrangère, les consultations en cours de Washington avec les autres Etats parties aux pourparlers à six seront manifestement un préalable à de nouvelles étapes dans le dialogue américano - nord-coréen.

Sources :
20minutes, KBS, KCNA, News Observer, Yonhap

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 23:00

A l'occasion de la visite de l'envoyé spécial américain Stephen Bosworth à Pyongyang, les États-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont convenu du principe d'une reprise des pourparlers entre les deux Corée, les Etats-Unis et la Chine visant à remplacer par un véritable traité de paix l’accord d'armistice de 1953. De telles négociations, suspendues depuis 1999, seraient dans l'intérêt de toutes les parties à commencer par la RPDC et les Etats-Unis.

 

Le remplacement du cessez-le-feu de 1953 par un traité de paix est une question en suspens depuis la fin de la Guerre de Corée. 

 

Des pourparlers à quatre pays (Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis et Chine) visant à remplacer l'accord d'armistice du 27 juillet 1953 débutèrent en 1997 mais furent interrompus deux ans plus tard, faute de consensus quant à la participation de la Corée du Sud qui n'est pas partie à l'accord de 1953, lequel fut seulement signé par le général Nam Il, au nom de la RPDC et de la République populaire de Chine, et par le lieutenant-général Harrison, au nom des Etats-Unis et des forces engagées sous le drapeau des Nations-Unies.

 

JoMyongrok-Clinton_11102000.jpgMalgré l'interruption des pourparlers à quatre, le président américain Bill Clinton reçut en octobre 2000 à la Maison Blanche le vice-maréchal Cho Myong-rok, premier vice-président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC. Quelques jours plus tard, la secrétaire d'Etat Madeleine Albright rencontrait le dirigeant Kim Jong-il à Pyongyang. Dans le sillage du rapprochement inter-coréen marqué par l'historique sommet Nord-Sud de juin 2000, la signature d'un traité de paix entre les Etats-Unis et la RPDC paraissait alors à portée de main. Un déplacement du président Clinton en RPDC avait même été envisagé avant d'être annulé compte tenu de la proximité des élections présidentielles américaines. Puis arriva l'administration Bush qui classa la Corée du Nord dans l' « axe du mal » et attaqua l'Irak, un événement qui incita un peu plus la RPDC à se doter d'une force de dissuasion nucléaire.

 

Au cours de sa visite à Pyongyang du 8 au 10 décembre 2009, l’envoyé spécial américain Stephen Bosworth et ses interlocuteurs nord-coréens auraient convenu de discuter d'un traité de paix en Corée, dans le cadre d’un dialogue réunissant la Corée du Nord, la Corée du Sud, les Etats-Unis et la Chine.

 

Les Etats-Unis et la RPDC « ont convenu de reprendre les pourparlers à quatre pour aboutir à un régime de paix permanent une fois que les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne seront relancés », a reconnu un fonctionnaire du ministère sud-coréen des Affaires étrangères auquel Stephen Bosworth a rendu compte de ses entretiens. « C'est la Corée du Nord qui a demandé en premier que la question soit examinée dans le cadre des négociations à quatre », a ajouté ce responsable.
 

Les États-Unis ont réaffirmé qu'ils ne participeraient pas à des négociations de paix sans la présence de la Corée du Sud, répondant ainsi aux inquiétudes exprimées par le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Yu Myung-hwan juste avant la visite de Bosworth en RPDC.

 

Le 2 décembre, au cours d'un forum organisé à Séoul sur l'avenir du Nord-Est asiatique, Yu a déclaré que la question d'un traité de paix pour la péninsule coréenne, régulièrement soulevée par la RPDC, était seulement destinée à détourner l'attention du monde de la question du nucléaire en gagnant un temps utile au développement d'un arsenal nucléaire. En conséquence, un traité de paix ne devrait être adopté qu'après une dénucléarisation « complète, irréversible et vérifiable » de la RPDC. En outre, toujours selon le chef de la diplomatie sud-coréenne, la RPDC pourrait s'appuyer sur un éventuel traité de paix pour demander le retrait des troupes américaines de la péninsule coréenne.

 

Cette réaction du gouvernement sud-coréen intervenait après un nouvel appel de la RPDC à « l'établissement d'un mécanisme de maintien de la paix » dans la péninsule coréenne, lancé dans le Rodong Sinmun, organe du Parti du travail de Corée.

 

Le 23 novembre, on pouvait ainsi lire dans le Rodong Sinmun :

 

« La question de la suppression de tout danger de guerre dans la péninsule coréenne et de la prévention d'un conflit armé entre le nord et le sud ne pourra être fondamentalement résolue que lorsque les Etats-Unis abandonneront leur politique hostile à l'égard de la RPDC et remplaceront l'accord d'armistice par un accord de paix. Seul l'établissement d'un mécanisme de maintien de la paix pourra transformer la relation entre la RPDC et les Etats-Unis, lesquels restent techniquement en état de guerre, en une relation pacifique. »

 

ManifSeoul 15122009La signature d'un traité de paix avec les Etats-Unis est une demande récurrente de la RPDC. Les Etats-Unis refusent toujours la conclusion d'un tel traité, prétextant l'existence du programme nucléaire militaire nord-coréen. Cette analyse ne fait pas l'unanimité en Corée du Sud (ici un manifestant à Séoul le 15 décembre 2009, photo : Reuters) et aux Etats-Unis où plusieurs organisations réunies au sein de la Campagne nationale pour mettre fin à la Guerre de Corée (National Campaign to End the Korean War) avancent au moins dix raisons pour transformer au plus vite l'accord d'armistice de 1953 en un véritable traité de paix :

 

1- Les Etats-Unis et la RPDC restent techniquement et légalement en guerre. L'accord d'armistice de 1953 n'a fait que mettre fin aux combats de la Guerre de Corée. Après plus d'un demi-siècle, aucun traité de paix n'est venu remplacer cet accord.

 

2- La persistance du conflit est coûteuse pour les Etats-Unis. La signature d'un traité de paix épargnerait aux Etats-Unis les milliards de dollars dépensés chaque année pour maintenir 28 500 soldats dans une centaine de bases en Corée du Sud.

 

3- L'état de guerre gaspille des ressources. Actuellement, la Corée du Nord et la Corée du Sud consacrent respectivement 3 milliards et 26 milliards de dollars au budget de leurs armées. Ces dépenses militaires déraisonnables détournent des ressources critiques et en diminution, pourtant nécessaires à la satisfaction de besoins humains.

 

4- L'état de guerre mène à la militarisation. L'état de guerre est la principale source de tension en Corée. Cela sert d'excuse aux efforts militaires massifs de la Corée du Nord et de la Corée du Sud, mais aussi du Japon et de la Chine. La menace d'une guerre justifie en Corée du Nord la priorité donnée à l'armée, le développerment de l'arme nucléaire et l'empêchement de toute contestation. La Corée du Sud utilise aussi la menace d'une guerre pour justifier la Loi de sécurité nationale qui réduit au silence des opposants politiques. Cette menace permet également aux Etats-Unis et à la Corée du Sud d'un côté, à la Corée du Nord de l'autre, de se livrer à de terrifiants exercices militaires.

 

5- L'état de guerre aboutit à une diplomatie inefficace. Sans relations diplomatiques, sans la désignation d'un ambassadeur et l'installation d'une ambassade en Corée du Nord, il n'y a aucun moyen de discuter de questions épineuses telles que la dénucléarisation, les réfugiés et les droits de l'homme.

 

6- La confrontation n'a pas fonctionné. L'administration Bush a suivi la ligne dure d'une politique de changement de régime en Corée du Nord, en incluant cette dernière dans l' « axe du mal » et en la menaçant d'une attaque nucléaire préventive conformément à la révision de la doctrine nucléaire américaine de 2002. Cette politique de confrontation a produit l'effet inverse de celui recherché puisque la Corée du Nord a développé et testé des armes nucléaires et des missiles à longue portée.

 

7- La paix mènera au désarmement. Maintenant que la Corée du Nord a été retirée de la liste des Etats soutenant le terrorisme, il temps de faire la paix. La Corée du Nord a clairement fait connaître son intention de renoncer à ses armes nucléaires en échange d'un traité de paix, d'une aide économique et de garanties de sécurité de la part des Etats-Unis.

 

8- La paix encouragera la vérité et la réconciliation. La paix offrira à tous les pays l'espace et la liberté nécessaires pour examiner les horreurs de la Guerre de Corée et tirer les leçon du passé. Elle permettra de cicatriser les vieilles blessures, alors que toutes ces souffrances persisteront en l'absence de paix.

 

9- La paix favorisera une réunification pacifique. Les deux Corée ont des ministres en charge de la Réunification et des projets pour une réunification par création d'une fédération ou plus graduelle. Un traité de paix contribuera à apaiser les relations inter-coréennes et à permettre au peuple coréen de parvenir à réunifier pacifiquement son pays divisé.

 

10 – La paix bâtira la confiance et des relations amicales. La paix conduira à une normalisation des relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. Et des relations normalisées sont essentielles pour bâtir la paix, l'amitié et la coopération dans la péninsule coréenne et en Asie du Nord-Est. Plus de 155 pays ont des relations normalisées et pacifiques avec la Corée du Nord, y compris presque tous les pays qui ont participé à la Guerre de Corée. Une fois les relations normalisées, il sera possible pour les familles coréennes séparées résidant aux Etats-Unis de se réunir avec leurs proches de Corée du Nord.

 

Même d'un point de vue américain, la conclusion d'un véritable traité de paix en Corée serait donc une bonne chose. Pour ceux qui admettent que le programme nucléaire nord-coréen est le résultat des tensions qui prévalent dans la péninsule coréenne depuis 1953, vouloir que la RPDC renonce à sa force de dissuasion nucléaire avant toute discussion sérieuse sur l'instauration d'un système de sécurité collective et de prévention des conflits en Corée, revient à tenter de convaincre un mouton que le loup pourrait devenir végétarien.

 

Sources :

Campagne nationale pour mettre fin à la Guerre de Corée

KCNA

Xinhua

Yonhap


 

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 08:52

Au lendemain de la conférence de presse donnée à Séoul par l'ambassadeur Stephen Bosworth, représentant du gouvernement américain pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) à l'issue d'une visite de trois jours en Corée du Nord, le ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a confirmé, dans un communiqué publié le vendredi 11 décembre 2009, l'engagement sur de bonnes bases d'un dialogue avec Washington, en vue de résoudre les divergences qui demeurent. 

KCTV-13062009.jpgDans une déclaration publiée le lendemain du départ de Stephen Bosworth, le 11 décembre, le ministère des Affaires étrangères de RPD de Corée a précisé que les rencontres avec les Etats-Unis avaient "approfondi la compréhension mutuelle, diminué les différences et trouvé plusieurs points communs". 

Toujours selon Pyongyang, les deux parties étaient "aussi parvenu à un ensemble de points de compréhensions mutuelles sur le besoin de reprendre les pourparlers à six et l'importance de la mise en oeuvre" du précédent accord du 19 septembre 2005 sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  "Les deux parties se sont mises d'accord pour continuer à coopérer ensemble dans le futur pour diminuer les divergences restantes", sans préciser toutefois dans ce document quelles sont ces différences.

Avant la visite en RPD de Corée de Stephen Bosworth, Pyongyang avait posé comme préalable à un retour aux pourparlers à six l'établissement d'un dialogue bilatéral fructueux avec Washington. Mais une pierre d'achoppement est le refus des Etats-Unis de faire un geste en direction de la RPD de Corée - tel qu'un assouplissement des sanctions bilatérales ou multilatérales, ou la livraison effective du pétrole à laquelle elle s'était engagée en vertu de l'accord de Pékin du 13 février 2007 - en contrepartie du seul engagement de la RPD de Corée à revenir à la table des négociations. Les étapes suivantes en vue d'un accord ont probablement été au programme des discussions américano - nord-coréennes, mais nécessitent à présent, selon Washington, des échanges avec les autres pays membres des pourparlers à six, alors que
la France s'est également positionnée pour contribuer, au sein du Conseil de sécurité, à une résolution de la question coréenne.

Source : KCNA

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 21:55

Lors d'une conférence de presse qu'il a tenue à Séoul ce jeudi 10 décembre 2009, Stephen Bosworth, envoyé spécial du gouvernement américain pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a qualifié de "très utiles" ses discussions avec ses homologues nord-coréens, à l'issue d'une visite de trois jours en RPD de Corée. Il a souligné qu'il s'agissait de "discussions exploratoires", et que Pyongyang n'avait donc pas pris d'engagement quant à une reprise des pourparlers à six sur la question nucléaire.

Stephen Bosworth Sunan
Le dialogue américano - nord-coréen a monté d'un cran, à l'occasion de la première visite en RPD de Corée depuis l'entrée en fonctions du président Barack Obama de Stephen Bosworth, envoyé spécial du gouvernement américain pour la Corée du Nord (ci-dessus, en discussion avec les médias, lors de son départ de l'aéroport de Pyongyang - Sunan. Source : Xinhua).

Lors de son déplacement de trois jours en RPD de Corée, du 8 au 10 décembre 2009, Stephen Bosworth a rencontré notamment M. Kang Sok-ju, vice-ministre des Affaires étrangères, et le représentant nord-coréen aux pourparlers à six, M. Kim Kye-gwan.

Lors d'une conférence de presse à Séoul, Stephen Bosworth a qualifié ces "discussions exploratoires" de "très utiles", dans la mesure où elles avaient permis d'établir une "compréhension commune" quant aux besoins de négociations, tout en précisant que Pyongyang n'avait pris aucun engagement sur un éventuel retour aux pourparlers à six. Sur ce point, de nouvelles négociations entre les six parties aux pourparlers lui sont apparues nécessaires, alors qu'il doit également se rendre prochainement en Chine, en Russie et au Japon pour rendre compte de ses discussions.

A l'unisson avec l'envoyé spécial américain, la secrétaire d'Etat américaine, Mme Hillary Clinton, a déclaré jeudi à la presse : "Il reste à voir si et quand les Nord-Coréens retourneront aux pourparlers à six. Mais l'essentiel est qu'il s'agissait de discussions exploratoires, pas de négociations. Il était prévu qu'ils fassent exactement ce qu'ils ont fait".

Les Nord-Coréens ont fait de discussions bilatérales satisfaisantes avec les Américains un préalable à la reprise des pourparlers à six, alors que Washington a précisé qu'ils ne considèreraient pas le retour de Pyongyang à la table des négociations comme suffisant pour accomplir en geste en direction de la RPDC. 

Sources :
Reuters, The Washington Post, Xinhua 

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 00:01

Le président américain Barack Obama vient d'achever à Séoul une tournée asiatique qui l'avait conduit auparavant au Japon, à Singapour et en Chine. Dans une conférence de presse conjointe avec le président sud-coréen Lee Myung-bak qui s'est tenue le jeudi 19 décembre 2009, il a annoncé la venue à Pyongyang, le 8 décembre prochain, de Stephen Bosworth, ambassadeur américain sur la question nucléaire coréenne, tout en continuant à manier la carotte et le bâton.

A l'issue de sa tournée asiatique, la conférence de presse qu'a donnée à Séoul Barack Obama, conjointement avec son homologue sud-coréen Lee Myung-bak, ce jeudi 19 novembre 2009, a réitéré la position américaine sur deux des principaux dossiers asiatiques : le nucléaire iranien et le nucléaire nord-coréen. Si le président américain, qui a été chaleureusement accueilli par les Sud-Coréens, a réservé ses critiques les plus vives au gouvernement iranien, la position américaine vis-à-vis de Pyongyang reste ambiguë, en continuant à manier la carotte et le bâton.

La "carotte" a été la confirmation d'une nouvelle attendue : l'ambassadeur Stephen Bosworth, représentant américain aux pourparlers à six sur le nucléaire coréen, se rendra à Pyongyang le 8 décembre. Pour les Américains, ces discussions bilatérales directes ont pour objet la reprise des pourparlers à six. Une fois encore, Barack Obama a envisagé d'oeuvrer à une plus grande insertion de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur la scène internationale, mais sous la condition d'avancées sur le dossier nucléaire qui ne se limitent pas à une reprise des pourparlers à six :

"La porte est ouverte pour régler ces questions [la question nucléaire] de façon pacifique et de permettre à terme à la Corée du Nord de voir ses sanctions réduites et de mieux s'intégrer dans la communauté internationale. Mais cela ne se produira que si la Corée du Nord consent de sérieuses avancées sur la question nucléaire".

Le "bâton" est le jugement négatif porté sur les discussions passées avec la Corée du Nord, en n'envisageant pas d'allègement des sanctions et en ne formulant pas davantage de nouvelles propositions, qui seraient de nature à promouvoir un véritable plan de paix global en Asie du Nord-Est, où chacune des parties bénéficierait de réelles garanties de sécurité :

"Je veux souligner que le Président Lee et moi-même approuvons tous deux le besoin de casser l'habitude qui a existé par le passé selon laquelle la Corée du Nord se comportait de manière provocatrice, puis voulait retourner aux négociations, et alors négociait pendant un temps, puis quittait les discussions et recherchait de nouvelles concessions".

Il n'est pas sûr que cette mise en cause, ignorant les positions pour le moins sinueuses de l'administration George W. Bush, soit le plus sûr moyen de convaincre Pyongyang de retourner à la table des négociations, suivant l'objectif affiché par Washington. Les propos du président Barack Obama sont toutefois nettement plus mesurés que ceux de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, qui avaient déclenché en juillet
une escalade verbale entre Washington et Pyongyang. Plus fondamentalement, l'administration américaine avance prudemment vis-à-vis de la Corée du Nord, en privilégiant des canaux de dialogue diplomatiques discrets, alors que tant Washington que Pyongyang ont déployé une intense activité diplomatique depuis deux mois en direction des différents Etats parties aux pourparlers à six, ou d'autres Etats, comme la France, susceptibles de jouer un rôle positif pour lever les blocages actuels dans les discussions multilatérales.

Dans ce contexte, l'agence Chine nouvelle a annoncé le vendredi 20 novembre que Liang Guanglie, ministre de la Défense de la République populaire de Chine, allait visiter la RPDC, ainsi que le Japon et la Thaïlande, entre le 22 novembre et le 5 décembre.

Sources :
AFP, The New York Times. Photo Lee Yong-ho/Pool/Epa

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 13:35

Le 5 août 2009, l'ancien président américain Bill Clinton était revenu de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avec les deux journalistes américaines Laura Ling et Euna Lee, condamnées à douze ans de travaux forcés après leur entrée illégale en Corée du Nord, avant d'être graciées par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il. Leur témoignage était attendu : il a pris plus d'un mois, le temps de négocier (chèrement) les droits avec les médias susceptibles d'être intéressés. C'est le Los Angeles Times qui a finalement obtenu l'exclusivité, au prix fort, pour un témoignage qui témoigne surtout de la naïveté de journalistes qui se veulent grands reporters, tout en ayant mis en péril la vie des personnes qu'elles prétendaient aider. Mais elles ont touché leur obole. Le salaire de l'insouciance.

Il est des reportages dont le prix est indécent, surtout quand il joue avec la vie d'êtres humains. Celui des journalistes américaines Laura Ling et Euna Lee (ici après leur libération), entrées illégalement en Corée du Nord puis graciées par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, relève tristement de cette catégorie.

L'exclusivité vendue au Los Angeles Times n'apprend rien sur la Corée du Nord. Leurs conditions de détention ? Condamnées aux travaux forcés, mais retenues dans des maisons pour invités et donc jamais envoyées en prison, elles avaient déjà tout dit, dès leur libération : il y avait des cailloux dans leur riz. La vie quotidienne en Corée du Nord ? Rien non plus car, nous disent-elles, elles n'auraient passé qu' "une minute" en Corée du Nord. Une minute qu'elles disent devoir regretter toute leur vie. En effet, elles déclarent avoir été poursuivies de l'autre côté du fleuve gelé qui marque la frontière sino-coréenne, ramenées de force en Corée du Nord par les garde-frontières coréens... Un récit touchant qui, malheureusement, ne cadre pas avec la version des autorités chinoises, selon lesquelles les deux journalistes auraient bien été arrêtées en Corée du Nord.

Alors, qui croire ? De fait, non seulement le témoignage de Laura Ling et Euna Lee ne nous apprend rien, mais il masque un certain nombre d'insouciances, si l'on se réfère, cette fois, à ce que nous disent les personnes qu'elles ont rencontrées en Chine.

Elles recherchaient des témoignages de réfugiés économiques nord-coréens en Chine. Le sujet n'est pas nouveau, ni propre à la Corée du Nord : comme dans d'autres parties du monde, les difficultés économiques (en Corée, après 1994) ont conduit des Coréens à aller en Chine, rechercher de la nourriture ou des médicaments, avant que beaucoup ne rentrent dans les années 2000. De nombreuses Nord-Coréennes ont été mariées de force à des Chinois, ou sont tombées dans des réseaux de prostitution. Des ONG, souvent proches des églises protestantes, ont été à la rencontre des Nord-Coréens en Chine, non sans pratiquer une évangélisation accélérée fondée sur un enseignement de la Bible plusieurs heures par jour. En cas de capture par la police chinoise, le rapatriement en Corée du Nord donne lieu à des sanctions plus ou moins sévères, selon les motifs du départ, que celui-ci est temporaire ou définitif, et des contacts pris ou non avec les pasteurs prosélytes sud-coréens. Les témoignages des Nord-Coréens passés définitivement en Chine sont souvent accueillis avec prudence en Corée du Sud, compte tenu de la pratique consistant à monnayer les reportages d'autant plus cher qu'ils sont plus terribles. 

Dans ce contexte, Laura Ling et Euna Lee prétendent avoir effacé la liste de leurs contacts, ainsi que les images de leurs caméras, dès leur arrestation. Comment alors expliquer la fermeture le surlendemain par la police chinoise d'orphelinats clandestins sino-coréens appartenant à une église protestante sud-coréenne, ainsi que la perquisition de la maison du pasteur gérant ces orphelinats ? Ce dernier, expulsé de Chine, raconte : "J'avais fait de mon mieux pour aider ces journalistes venus me voir quelques jours plus tôt (...). Je leur avais demandé de ne pas filmer les enfants. Je ne savais pas qu'elles l'avaient fait tout de même (...) C'est grâce à ces vidéos (les vidéos des journalistes confisquées par les Nord-Coréens), ainsi qu'aux notes et aux listes de contacts des deux journalistes et du réalisateur (qui, avec le guide, avait réussi à échapper aux soldats nord-coréens mais a été arrêté en Chine), que les orphelinats ont été découverts."

Quant au guide sino-coréen qui les a amenées à franchir la frontière - alors qu'elles avaient été mises en garde par leurs contacts protestants sud-coréens contre une telle initiative qui n'aurait, de surcroît, rien apporté de plus à leur reportage - il est soupçonné d'avoir été un informateur des Nord-Coréens. A supposer que cette hypothèse soit vraie, elle ne serait qu'un témoignage supplémentaire de la naïveté de Laura Ling et Euna Lee. Par leur insouciance, celles-ci n'ont gagné qu'à mettre en danger la vie d'autrui, quand la décence - à défaut de leur bonne foi, mise en doute - aurait commandé d'éviter la publication d'un témoignage accablant... pour la profession de journaliste.

Source : AAFC,
Le Monde (Philippe Pons, "Deux héroïnes très contestées")

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 23:40

Le 5 août 2009, l'ancien président américain Bill Clinton est revenu de République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avec les deux journalistes américaines Laura Ling et Euna Lee. Ling et Lee avaient été condamnées à douze ans de travaux forcés après avoir franchi illégalement la frontière sino-coréenne le 17 mars, et pour "dénigrement" de la RPDC. Les deux journalistes faisaient un reportage pour la chaîne CurrentTV  fondée par Al Gore, vice-président sous la présidence Clinton. A l'issue d'une rencontre avec Bill Clinton, Kim Jong-il, président de la Commission de la Défense nationale de RPDC, a gracié les deux femmes dans un évident signe d'ouverture et de paix à l'égard des Etats-Unis. Si l'AAFC se félicite de ce geste humanitaire, elle souhaite revenir sur certains à-côtés - médiatiques notamment - de cet événement.

De fait, si la visite expresse de l'ancien président américain, époux de l'actuelle responsable de la diplomatie américaine, a eu un résultat immédiat - la libération des journalistes Laura Ling et Euna Lee, graciées par le dirigeant Kim Jong-il - un certain nombre d'incertitudes peuvent d'ores et déjà être partiellement levées.

La compassion des médias pour les deux jeunes femmes, dès leur arrestation, a entraîné plusieurs valses-hésitations journalistiques dès lors qu'il s'agit de couvrir la Corée du Nord :

- dans un premier temps, il a été avancé que Laura Ling et Euna Lee auraient été arrêtées en Chine... mais on comprend mal, dans ces conditions, pourquoi les Nord-Coréens seraient intervenus en territoire chinois. Cette thèse, de nature à susciter la plus grande compassion (elle suggérait fortement l'enlèvement et la prise d'otages), devait être rapidement abandonnée, tandis que les autorités américaines ordonnaient de se taire aux autres personnes qui accompagnaient les deux journalistes et qui, elles, avaient pu s'enfuir après avoir pénétré illégalement en territoire nord-coréen... et que les médias ont opportunément oubliées. On pense notamment à Mitch Koss, le cameraman des deux journalistes, très, très discret depuis le 17 mars ;
- alors que le journaliste Donald Kirk, fort de son expérience de "plus de 30 ans" dans la couverture des affaires de l'Asie du Nord-Est, annonçait quelques jours plus tôt, sur le site
Asia Times Online, la purge (et la mort ?) de Kim Kye-gwan, vice-ministre des Affaires étrangères et ancien négociateur nord-coréen des pourparlers à six, le site de l'agence officielle nord-coréenne KCNA annonçait que ce même Kim Kye-gwan (deuxième en partant de la gauche) avait accueilli Bill Clinton à son arrivée à l'aéroport, avec Yang Hyong-sop, vice-président du praesidium de l'Assemblée populaire suprême ;

- enfin, alors qu'après la condamnation des deux journalistes, les médias s'inquiétaient du traitement qu'elles subiraient dans les "camps" nord-coréens, celles-ci sont finalement restées dans des résidences pour étrangers et ont été traitées avec égards, ce qui a amené le commentaire suivant d'un lecteur du grand quotidien canadien The Toronto Star

"C'est vraiment bien que deux journalistes américaines se soient vu épargner des années dans un camp de travail nord-coréen. Elles ont admis être entrées dans le pays illégalement, mais la Corée du Nord les a laissées partir, après les avoir retenues pendant des mois au cours desquels elles ont vu régulièrement un docteur, ont été autorisées à appeler les membres de leur famille... et ont mangé du riz qui contenait des cailloux.

Quel contraste avec Guantanamo Bay, où les Américains détiennent des centaines de personnes depuis des années sans qu'aucune charge ne soit retenue ou d'éléments de preuve présentés, ignorant leurs propres violations massives des lois internationales et soumettant les détenus à des traitements au regard desquels ce serait vraiment un très, très bon jour que celui où l'on aurait des cailloux dans son riz.

J'espère que les Américains vont suivre l'exemple nord-coréen. Allez-y, les gars. Oui, vous pouvez le faire". 
En octobre 2000, Bill Clinton avait reçu à la Maison Blanche le vice-maréchal Cho Myong-rok, premier vice-président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC. Quelques jours plus tard, la secrétaire d'Etat Madeleine Albright rencontrait le dirigeant Kim Jong-il à Pyongyang. Un déplacement du président Clinton en RPDC avait alors été envisagé avant d'être annulé, compte tenu de la proximité des élections présidentielles américaines. Près de neuf ans après ce rendez-vous manqué - qui aurait pu sceller un accord historique américano-nord-coréen -, la visite de Bill Clinton n'est évidemment pas du goût des néo-conservateurs américains qui ont tout fait pour torpiller les chances du dialogue entre Washington et Pyongyang sous les deux mandats de George W. Bush.

Ancien sous-secrétaire d'Etat chargé des questions de désarmement et ancien ambassadeur américain aux Nations-Unies sous l'administration Bush, John Bolton n'a ainsi pas hésité à parler d'une victoire de la "propagande nord-coréenne" dans le Washington Post, affirmant que les Etats-Unis seraient maintenant plus exposés au danger des prises d'otages et des enlèvements. Bolton oublie seulement que les deux journalistes ont pénétré d'elles-mêmes en Corée du Nord. Mais ce qui inquiète le plus ce chantre du "désarmement par la guerre" est, bien sûr, la possibilité que des négociations puissent reprendre avec la Corée du Nord. Que ce soit au département d'Etat  où il fut  l'"inventeur" de l'Initiative de sécurité contre la prolifération des armes de destruction massive, aux Nations-Unies où il réclama toujours plus de sanctions contre la Corée du Nord, ou au sein de l'American Enterprise Institute, le think  tank néo-conservateur où il continue de sévir, Bolton n'a qu'une obsession : étrangler la RPDC. Bolton ne cracherait pas non plus sur une guerre contre la Corée du Nord. A condition toutefois d'y envoyer les autres. Bolton le va-t-en-guerre,  l'ancien supporter de la guerre du Vietnam, a ainsi déclaré en 2005  (dans un moment de lucidité?) avoir évité de servir dans une unité combattante à la fin des années 1960 car il n'avait "aucune envie de mourir dans une rizière en Asie du Sud-Est..."

Qu'a dit exactement Bill Clinton en Corée? Selon l'agence nord-coréenne KCNA, L'ancien président américain a remis un message verbal du président Barack Obama évoquant "les moyens d'améliorer les relations bilatérales entre les deux pays", et présenté des "excuses pour le comportement des deux journalistes". Ces deux points ont donné lieu à des démentis du gouvernement américain, qui a précisé que le dossier nucléaire nord-coréen était traité de manière distincte.
Ce dernier point est sans doute exact, au moins formellement : le dossier nucléaire n'était pas l'objet principal de la visite de Bill Clinton. Mais de quoi ce dernier a-t-il alors parlé pendant sa rencontre de plus de trois heures avec Kim Jong-il ? Si l'expert de la Corée du Nord Scott Snyder estime que des informations ont été "glanées" par Bill Clinton, celles-ci ont naturellement un coût, à savoir des éléments sur des positions de négociation par Washington. Par ailleurs, qui peut penser que l'ancien président américain, dépêché par les familles des deux journalistes et son ancien vice-président Al Gore, n'ait pas présenté d'excuses, quand les deux journalistes avaient elles-mêmes reconnu avoir commis une faute ?

Plus fondamentalement, qui peut sérieusement croire que la venue d'un ancien président américain, mari de l'actuelle secrétaire d'Etat Hillary Clinton, soit une initiative dépourvue de toute portée politique? Bill Clinton était  accompagné de surcroît de deux représentants du département d'Etat. Et pourquoi alors Bill Clinton devrait-il rendre compte de son déplacement à la Maison Blanche ? 

Que le gouvernement américain veuille se réserver des marges de discussion en jouant sur le caractère privé et humanitaire de la visite de Bill Clinton est compréhensible. En revanche, la duplicité de certains médias occidentaux, reprenant sans discussion cette version officielle, est plus regrettable.

 

Sources principales : AAFC, AFP, Le Monde 
Photos : Associated Press, Reuters

 

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