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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 00:15

Quand les dirigeants d'Etats rivaux des Etats-Unis sont morts, les gouvernements américains ont présenté leurs condoléances : c'était le cas, par exemple, en 1953, à la mort de Joseph Staline. De même, Washington avait adressé des messages de condoléances à l'annonce du décès de Mao Zedong en 1976. En 1994, les Etats-Unis ont aussi présenté leurs condoléances lors de la disparition du président nord-coréen Kim Il-sung. En choisissant de ne pas envoyer de condoléances après la mort de Kim Jong-il, le Gouvernement américain a fait jusqu'ici le choix, délibéré ou non, de rompre les pourparlers engagés avec la République populaire démocratique de Corée sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les néo-conservateurs américains en rêvaient, Barack Obama l'a fait : pour la première fois, un gouvernement américain exprime sa volonté de rompre les négociations diplomatiques en cours avec un Etat étranger à l'occasion de la mort de son dirigeant.

 

Dans un communiqué publié dans la soirée du 19 décembre 2011, Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, a indiqué qu' "avec la disparition du président de la Commission de défense nationale, Kim Jong-il, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est dans une période de deuil national (...) Nous sommes profondément concernés par le bien-être du peuple nord-coréen et nos pensées et nos prières seront pour eux durant cette période difficile (...) C’est notre espoir de voir le nouveau leadership de la RPDC choisir la voie de la paix en respect de la promesse de la Corée du Nord pour une amélioration de ses relations avec ses voisins et des droits de l’Homme (...) Les Etats-Unis sont prêts à aider le peuple nord-coréen et demandent à nouveau le leadership de travailler avec la communauté internationale afin d’introduire une nouvelle ère de paix, prospérité et sécurité durable dans la péninsule coréenne".

 

Volontiers messianique, en choisissant le langage des "prières" davantage issu du sermon d'un pasteur protestant que du style diplomatique, un tel message direct au "peuple nord-coréen" n'est pas dans les usages diplomatiques, qui veut que les gouvernements s'adressent aux autres gouvernements. Il prend de surcroît un ton de donneur de leçons bien peu respectueux de la souveraineté des Etats, identique à celui qui a justifié, naguère, les guerres américaines, en Irak, en Afghanistan et en Libye. Il foule aux pieds les traditions de la diplomatie américaine, pourtant respectées après la disparition du Président Kim Il-sung en 1994, en refusant cette année l'emploi du terme de "condoléances". Il s'agit d'un choix délibéré, comme l'a indiqué la porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland.

 

Mais que cherche Washington en ayant ainsi choisi, comme l'on dit en Asie, de faire perdre la face à Pyongyang ?

 

Un principe de base de la diplomatie est de fonder les discussions d'Etat à Etat sur le respect de la souveraineté des autres pays et de leurs gouvernements. Refuser l'expression de condoléances, comme l'ont fait jusqu'à présent les Etats-Unis dans le silence assourdissant de Barack Obama, manifeste la volonté, implicite ou explicite, de ne pas considérer son interlocuteur comme digne d'un dialogue. Dans ce contexte, l'accord sur le programme d'enrichissement d'uranium nord-coréen, dont avaient fait état les médias occidentaux avant l'annonce de la disparition du Président Kim Jong-il, apparaît bel et bien mort-né.

 

Les néo-conservateurs nourrissent un vieux fantasme : voir les régimes qui ne s'alignent pas sur les canons de la démocratie parlementaire à l'occidentale s'effondrer d'eux-mêmes. Alors que tout indique au contraire une continuité de l'Etat en République populaire démocratique de Corée, Hillary Clinton fait sienne une vieille lune des néo-conservateurs, que jusqu'ici les diplomates de carrière du Département d'Etat avaient pourtant réussi à balayer, en  prouvant  l'ineffectivité en de telles circonstances. Le gouvernement sud-coréen, soucieux de maintenir des relations diplomatiques avec Pyongyang, et mieux au fait des coutumes en Asie du Nord-Est, a d'ailleurs réagi différemment de Washington en présentant des condoléances, certes avec vingt-quatre heures de retard sur Pékin et Moscou: les leçons des quatre années perdues pour le dialogue intercoréen, lors du refus de Séoul de présenter des condoléances à la mort de Kim Il-sung, n'ont pas été oubliées. A Washington, la voie diplomatique de la raison a donc échoué, au profit de déclarations intempestives plus fondées sur la politique de la canonnière que sur la recherche d'une solution négociée à une guerre qui, depuis près de six décennies, n'a toujours pas pris fin sur le sol de la péninsule coréenne.

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 09:03

Rejetant tout accord avec l'opposition, le Grand parti national (GPN, conservateur) a choisi le passage en force pour la ratification de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, déjà approuvé côté américain, et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2012. Les manifestations contre la ratification, qui se succèdent depuis plusieurs mois, n'ont pas fléchi la détermination de la majorité au pouvoir à Séoul, pour l'adoption d'un accord initialement conclu par l'ancienne majorité démocrate sud-coréenne appartenant au Parti démocrate, aujourd'hui dans l'opposition.

 

ratification_accord_libre_echange_Coree_du_Sud_Etats_Unis.JPGLe compte rendu par l'agence Yonhap de la ratification par le Parlement sud-coréen de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis (acronyme anglais : FTA), le 22 novembre 2011, est révélateur du lourd climat de tensions dans lequel ce texte très controversé a finalement été adopté, à l'issue d'une procédure qui a duré quatre ans : "les députés du parti au pouvoir, le Grand Parti national (GPN), ont commencé à occuper par surprise la salle de réunion de l’assemblée générale du Parlement vers 15 heures avec comme but de ratifier le texte de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis (...)  Les députés du GPN sont entrés dans la salle juste après leur réunion plénière et le parti a expliqué que l’assemblée générale pourrait avoir lieu à tout moment s’il n’y a pas de déclaration d’arrêt de la session parlementaire. L’assemblée générale du Parlement était initialement prévue pour le 24 novembre".

 

La majorité parlementaire a ainsi changé au dernier moment le calendrier des travaux législatifs, occupé les locaux du Parlement et empêché l'accès des députés d'opposition. Comme l'explique encore Yonhap, "certains députés du Parti démocrate [opposition] ont réussi à pénétrer dans la salle de l’assemblée générale, incluant son président, Sohn Hak-kyu (...) Dans ce contexte de tensions politiques, un député de l’opposition est allé jusqu’à jeter une bombe de gaz lacrymogène dans la salle mais le chef adjoint du Parlement, Chung Ui-hwa, a déclaré l’ouverture de l’assemblée générale à 16 heures 24. La ratification s’est effectuée à 16 heures 28".

 

La ratification parlementaire de l'accord a donc duré quatre minutes. Grâce à la manoeuvre de procédure de la majorité, le texte a été approuvé par 151 voix pour contre 7 oppositions et 12 abstentions, tandis que 125 députés (sur 295), principalement de l'opposition, étaient absents.

 

Dans la foulée, la majorité a modifié quatorze textes de lois économiques et financiers, liés à la ratification de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, augmentant encore la colère de l'opposition et augurant de débats budgétaires particulièrement tendus pour la discussion du projet de loi de finances pour 2012.

 

Les opposants à l'accord de libre-échange ont organisé une veillée aux chandelles sur la place de Séoul, le 23 novembre, qui a réuni 10 000 participants (photo ci-dessous). Présent, le Président du Parti démocrate Sohn Hak-kyu s'est excusé de n'avoir pu empêcher la ratification de l'accord (dont le Parti démocrate exigeait la renégociation préalable dans un sens plus favorable aux intérêts sud-coréens), tout en appelant à l'annulation de l'accord.

 

opposition_FTA_Seoul_23_novembre.jpg

 

L'AAFC déplore vivement la procédure utilisée par la majorité pour obtenir la ratification de l'accord CHORUS, en estimant qu'elle ne grandit pas la démocratie parlementaire.

 

Sources : Yonhap, Hankyoreh (dont photo de la manifestation du 23 novembre).

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 09:57

Le mouvement "Occupons Wall Street" (en anglais, Occupy Wall Street) a débuté le 17 septembre 2011, à New York, à l'appel de la fondation Adbusters et du collectif Anonymous, pour dénoncer les conséquences sociales du capitalisme financier. Le 9 octobre, des manifestations se sont tenues dans plus de 900 villes à travers le monde. Alors que, dans le contexte de la crise économique et financière, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a réaffirmé sa fidélité au socialisme à plusieurs reprises ces derniers mois, les médias nord-coréens ont largement couvert les manifestations organisées par "Occupons Wall Street". L'AAFC reproduit ci-après un article paru sur le site "Naenara", après les manifestations du 9 octobre, intitulé "Explosion de la colère". D'autres articles sur le même sujet peuvent être consultés, notamment, sur "Naenara" (accessible notamment en français) et le site officiel de l'agence KCNA de la RPDC (en coréen, anglais, espagnol et chinois).

 

occupy_wall_street_naenara_coree_du_nord.jpg"Déclenchée le 17 septembre dernier à Wall Street, la manifestation de protestation dure jusqu'à présent pendant trois semaines et s'étend rapidement non seulement dans toutes les régions des Etats-Unis, mais encore à de nombreux pays du monde.

 

 A New York, jeunes et vieux, hommes et femmes de différents âges et métiers, soit manœuvres, indigents, chômeurs, employés de bureau, ménagères, ont manifesté en criant «Allons occuper Wall Street!»

 

Il en est de même à Los Angeles, à Chicago, à San Francisco et aux autres villes.

 

Des manifestants crient unanimement «Nous sommes 99 %» en accusant le règne et l'exploitation par une poignée de riches et condamnent la politique des autorités favorable aux chaebols en hissant des pancartes avec entre autres cette inscription: «Il faut en finir avec les crimes du gouvernement!» Le 4 octobre, à 146 villes et capitales des 46 Etats américains sont constituées des organisations de direction des manifestations.

 

Le 15 octobre, la manifestation anti-Wall Street s'est déroulée simultanément dans plus de 1 500 villes de plus de 80 pays et régions du monde.

 

Surtout, à Bruxelles où siège la direction de l'Union européenne ont secoué ciel et terre les cris de colère des jeunes et des gens de différentes couches venus de France, d'Allemagne, d'Espagne et d'autres régions d'Europe.

 

Ils ont condamné le capital financier cupide et les politiciens corrompus comme responsables de la grave crise financière qui sévit en Europe.

 

A Rome, quelques centaines de milliers de gens se sont engagés dans la manifestation en criant «Allons occuper Wall Street!» Les établissements de service public ont fermé la porte et le métro est arrêté de fonctionner.

 

A Berlin, plusieurs dizaines de milliers de gens ont manifesté devant l'office de la chancelière.

 

A Tokyo, des manifestants ont défilé avec des placards «Occupons Tokyo!» et «Combattons la pauvreté!»

 

Ils ont crié «Montrons que la voix de colère des pauvres peut changer la société».

 

A Sydney, à Melbourne et dans d'autres villes principales d'Australie, des milliers de gens ont participé à la manifestation anti-Wall Street.

 

Dans les villes principales de nombreux pays du monde est proclamé l'état d'alarme extraordinaire et se sont produits des heurts entre la police et les manifestants.

 

D'après les commentateurs, ces manifestations mondiales montrent bien la situation critique du système capitaliste tombé dans l'impasse devant la colère de la population contre la cupidité du capital et les inégalités économiques."

 

Source et photo : Naenara.

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 22:31

Les rencontres entre les responsables militaires de la Corée du Sud et des Etats-Unis se sont multipliées au cours du mois d'octobre, des rencontres qui coïncident avec les manœuvres militaires Hoguk dirigées contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Ces manœuvres interviennent alors que des discussions sont en cours en vue d'une reprise des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. La justification principale du programme nucléaire nord-coréen est justement la menace militaire représentée par les forces, y compris nucléaires, amassées en Asie du Nord-Est par les Etats-Unis alors que ces derniers refusent toujours de négocier un traité de paix en Corée.

 

Le 27 octobre, le chef d’état-major interarmées sud-coréen, Jung Seung-jo, et son homologue américain, Martin Dempsey, se sont entretenus dans le cadre de la 35ème Réunion du comité militaire. Ils ont examiné les « capacités de défense conjointe » de la Corée du Sud et des Etats-Unis face à la RPDC au regard des « provocations militaires nord-coréennes ». Le général américain Dempsey a notamment insisté sur le fait que les Etats-Unis ne réduiraient pas leur présence militaire dans la région de Asie-Pacifique malgré la diminution du budget de la Défense.

 

Kim-Panetta_28102011.jpgLe lendemain, 28 octobre, le ministre de la Défense sud-coréen, Kim Kwan-jin, et le secrétaire à la Défense américain, Leon Panetta, se sont rencontrés à Séoul pour la 43ème Réunion consultative sur la sécurité. La Réunion consultative sur la sécurité est une réunion annuelle entre les chefs de la Défense sud-coréen et américain qui se tient alternativement à Séoul et à Washington. C’est la première réunion de ce genre pour Panetta qui a succédé en juillet à Robert Gates au poste de secrétaire à la Défense des Etats-Unis.

 

Au cours de la réunion du 28 octobre, les ministres sud-coréen et américain ont convenu d'élaborer un « plan opérationnel conjoint pour contrer les éventuelles provocations locales ». En septembre, le ministère de la Défense sud-coréen avait déclaré que la Corée du Sud et les Etats-Unis ont convenu d’achever un plan opérationnel conjoint d’ici la fin de l’année. Un tel plan opérationnel prévoit une aide américaine au Sud « en cas de nécessité », incluant les forces stationnées en Corée du Sud et également sur d’autres bases américaines de la région Asie-Pacifique.

 

« A travers ce plan, le ministre et le secrétaire ont réaffirmé la nécessité de développer des capacités de dissuasion militaire de l’alliance de manière plus pratique et concrète et également d’améliorer le niveau de préparation des réponses en cas de provocation nord-coréenne », ont affirmé Kim et Panetta dans leur déclaration commune du 28 octobre. « Le ministre et le secrétaire ont réaffirmé que la continuation de la préparation bilatérale étroite pour divers scénarios ainsi que des exercices conjoints étendus étaient cruciaux pour se préparer adéquatement aux futurs défis sur la péninsule [coréenne]. »

 

NLLLes deux parties ont également annoncé qu’elles développeraient des « capacités de préparation combinées » sur les îles proches de la Ligne de limite Nord (Northern Limit Line, NLL) en mer de l'Ouest (mer Jaune). Tracée de manière unilatérale par la marine américaine en 1953, la NLL est la frontière maritime de facto en mer de l'Ouest mais est contestée par la RPD de Corée. Le 28 octobre, Kim et Panetta ont néanmoins redit que le Nord devait « accepter la valeur pratique de la NLL et respecter celle-ci ». 


Lors de la réunion, Panetta a affirmé que les Etats-Unis restaient engagés pour fournir et renforcer « une dissuasion élargie » pour la Corée du Sud. L’expression « dissuasion élargie » fait référence à une promesse faite par une puissance nucléaire de protéger un allié démuni d’armes atomiques. Selon la déclaration du 28 octobre 2011, les Etats-Unis utiliseront « toute une variété de capacités, incluant le parapluie nucléaire américain, la frappe conventionnelle et les capacités de défense de missile ».


Par la voix de son organe officiel Minju Joson, le gouvernement de la RPDC a dénoncé les rencontres militaires américano-sud-coréennes des 27 et 28 octobre comme « destinées à accroître le danger de guerre dans la péninsule coréenne », notant que « les va-t-en-guerre sud-coréens organisent des manœuvres de guerre contre la RPDC, prévues pour coïncider avec ces discussions militaires. »

 

Hoguk2011_Wonju.jpgEn effet, du 27 octobre au 4 novembre 2011 ont eu lieu à travers toute la Corée du Sud les exercices militaires annuels Hogukengageant 140 000 soldats sud-coréens et américains, sur terre, dans les airs et sur les mers. Chaque année, les exercices Hoguk de novembre s'ajoutent aux exercices Key Resolve/Foal Eagle qui ont lieu en mars et aux exercices Ulji Freedom Guardian du mois d'août.

 

En particulier, le « commandement de la défense des îles du nord-ouest » de l'armée sud-coréenne, créé en juin 2011, a organisé le 28 octobre un exercice de grande envergure impliquant des milliers de soldats de l’armée de terre, de la marine, du corps des Marines et de l’armée de l’air, avec le soutien de canons automoteurs K-9, d'avions de chasse KF-16 et d'hélicoptères AH-1S Cobra.

 

Cet exercice a été mené sur l’île de Baengnyeong, à proximité immédiate de la NLL. C'est près de l'île de Baengnyeong que la corvette sud-coréenne Cheonan a fait naufrage le 26 mars 2010. Ce naufrage a été imputé à une torpille nord-coréenne par une enquête « internationale » menée en fait par les autorités américaines et sud-coréennes. La RPDC nie toute implication dans le naufrage du Cheonan et les conclusions de l'enquête américano-sud-coréenne sont réfutées, entre autres, par des scientifiques, un membre sud-coréen de la commission d'enquête officielle, et par les experts de la marine russe qui ont pu examiner les « preuves ».


L
e Comité pour la réunification pacifique de la patrie, organisme de la RPDC en charge des relations Nord-Sud, a qualifié les exercices Hoguk de « guerre préliminaire très dangereuse en vue de l’invasion de la RPDC car pouvant déboucher sur une guerre réelle à tout instant compte tenu de l'ampleur et de la nature des forces armées impliquées et de leur intensité ».

 

Le comité a ajouté : « Leurs activités frénétiques de confrontation et de guerre contre la RPDC ne fera qu’accélérer leur propre destruction. Les autorités sud-coréennes doivent mettre un terme de suite à ces actions militaires imprudentes pour éviter les conséquences catastrophiques que pourrait entraîner leur plan de provoquer une guerre. »

 

Il convient de rappeler que dans le cadre des précédents exercices Hoguk, le 23 novembre 2010, l'armée sud-coréenne avait procédé à des tirs d'artillerie à partir de l'île de Yeonpyeong, en mer de l'Ouest, en direction des eaux territoriales nord-coréennes. La riposte de l'artillerie nord-coréenne avait fait quatre morts sur l'île de Yeonpyeong. 


A l'heure où les discussions ont repris entre la RPDC et les Etats-Unis, laissant entrevoir une prochaine reprise des pourparlers à six (deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, on espérait que de telles provocations appartenaient au passé. Elles ne font qu'aggraver les tensions et justifier un peu plus l'acquisition d'une force de dissuasion nucléaire par la RPDC

 

Il y a pourtant mieux à faire qu'élaborer des plans opérationnels et multiplier les exercices militaires d'ampleur. Pour éviter de nouveaux accrochages meurtriers en mer de l'Ouest et, au-delà, assurer une paix permanente dans la péninsule coréenne, l'Association d'amitié franco-coréenne estime plus que jamais nécessaire la conclusion d'un traité de paix en Corée afin de remplacer l'accord d'armistice de 1953 et mettre un terme définitif à la Guerre de Corée.

 

Sources :

AAFC

"CPRK Hits Anti-DPRK War Exercises", KCNA, 29 octobre 2011

"US and S. Korean Military Provocation Moves Flailed", KCNA, 30 octobre 2011

« Réunion des chefs d'état-major interarmées sud-coréen et américain », Yonhap, 27 octobre 2011

« Séoul et Washington décident de préparer un plan opérationnel conjoint contre le Nord », Yonhap, 28 octobre 2011

« Exercice militaire de grande envergure en mer Jaune », Yonhap, 28 octobre 2011

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 23:05

Alors que, traditionnellement, les GIs américains coupables de crimes et de délits lorsqu'ils sont stationnés en Corée du Sud ne sont pas poursuivis pour les actes qu'ils ont commis, deux affaires de viol avaient éclaté coup sur coup pour des faits remontant au mois de septembre, rappelant le statut inique des forces américaines dans la péninsule. De manière assez exceptionnelle, un tribunal sud-coréen a pu condamner dans des délais relativement rapides, à une peine principale de dix ans de prison, un GI accusé de viol sur une adolescente coréenne dans des circonstances aggravantes. Un jugement exemplaire que salue l'AAFC, qui montre qu'il est possible de faire reculer l'impunité et de défendre la dignité des femmes, pour peu que les médias et l'opinion publique se mobilisent.

 

soldats_US_en_Coree.jpgUn soldat américain de 21 ans, basé à Dongducheon, au Nord de Séoul, vient d'être condamné à dix ans de prison pour le viol d'une adolescente sud-coréenne de 18 ans. La peine, qui comprend aussi une publication sur un site Internet gouvernemental sud-coréen, a été assortie d'une obligation de suivi et de conseil de 80 heures.

 

Le tribunal de Uijeongbu souligne que "l'accusé a satisfait son désir sexuel d'une manière perverse et sadique pendant trois heures, infligeant la peur et l'humiliation à sa victime". Il a précisé comment le soldat s'était introduit dans la chambre de sa victime le 24 septembre 2011, l'avait menacée avec une paire de ciseaux et lui avait volé 4,50 dollars avant de s'enfuir.

 

Lors d'une visite en Corée du Sud en octobre, le secrétaire d'Etat adjoint américain Kurt Campbell s'était excusé, tandis qu'un couvre-feu a été imposé aux 28.500 soldats américains présents dans le Sud de la péninsule. D'une durée initiale d'un mois, ce couvre-feu décidé par le commandement  des forces américaines en Corée a été prolongé jusqu'en début d'année 2012.

 

Le jugement, exemplaire, correspond à la plus lourde condamnation d'un soldat américain par un tribunal sud-coréen, depuis une condamnation à la prison à vie, en 1993, d'un GI pour le meurtre d'une femme sud-coréenne. La Corée du Sud n'a pas aboli la peine de mort.

 

En 2002, l'acquittement de deux soldats US qui avaient écrasé des fillettes coréennes avait soulevé une vague d'indignation et de protestations dans toute la péninsule, tout en soulignant les menaces que peuvent faire courir à la population coréenne des troupes américaines ordinairement protégées par leur hiérarchie et leur gouvernement, conduisant à l'impunité de la plupart des crimes et délits qu'elles commettent.

 

C'est une raison supplémentaire qui conduit l'AAFC à appeler chacune et chacun à signer et faire signer le projet de traité de paix en Corée, pour le retrait de toutes les troupes étrangères de la péninsule.

 

Sources principales : AAFC ; Sarah Berning (sur Deutsche Well, d'après AFP et AP, y compris photo).

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 22:06

Nucléaire RPDC-USAUn second cycle de discussions de haut niveau visant à relancer les négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne s'est tenu à Genève les 24 et 25 octobre 2011 entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). En réponse à des questions de l'agence officielle KCNA, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a souligné que ces échanges avaient permis d' "approfondir la compréhension mutuelle" et d'accomplir "une série de progrès".

 

Après les échanges fin juillet entre la RPD de Corée et les Etats-Unis, un deuxième cycle de discussions de haut niveau s'est tenu entre les deux parties, à Genève, les 24 et 25 octobre 2011. Ces discussions visent à relancer le processus des négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, à l'arrêt depuis avril 2009La délégation de la RPD de Corée était conduite par Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères, et la délégation américaine par Stephen Bosworth, représentant spécial pour la politique avec la RPD de Corée. 

 

Le 27 octobre, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a observé que ces discussions avaient aidé à "approfondir la compréhension mutuelle" et avaient marqué "une série de progrès". Le MAE de la RPD de Corée a ajouté que les deux parties avaient décidé de poursuivre les discussions, en vue de résoudre les questions restant en suspens.

 

Le porte-parole a précisé que "la RPDC reste invariable dans sa position de principe" en vue de "la reprise des pourparlers à six [sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne] dans les meilleurs délais et sans conditions préalables et pour une application généralisée et équilibrée de la déclaration conjointe du 19 septembre [2005] selon le principe de la simultanéité des actions". 

 

Les échanges bilatéraux de haut niveau devraient donc se poursuivre, l'engagement et la poursuite du dialogue permettant de créer une plus grande confiance entre les différentes parties.

 

Source principale : KCNA.

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 14:25

Deux GIs de l'armée américaine, qui compte toujours 28.500 soldats en Corée du Sud, ont été accusés de viol par des adolescentes sud-coréennes pour des faits distincts datant du 17 et du 24 septembre 2011. Ces affaires très graves - dans un des cas, le Département d'Etat américain a dénoncé le viol, qu'il considère donc comme établi - rappellent l'iniquité du statut juridique des forces américaines stationnées dans la péninsule. Ses soldats bénéficient d'un privilège d'extra-territorialité : conformément à l'accord bilatéral américano-sud-coréen de 1966 sur le statut des forces (Status of Forces Agreement, SOFA), qui détermine les conditions de la présence des troupes des Etats-Unis en Corée du Sud, les militaires américains auteurs de crimes ou délits dans l'exercice de leurs fonctions relèvent de la justice militaire américaine, sans possibilité d'appel ni d'indemnisation par les tribunaux sud-coréens. De tels accords sont les vestiges du droit colonial, quand les puissances impérialistes se réservaient le droit de juger elles-mêmes des contentieux impliquant les citoyens de la métropole pour des crimes commis à l'encontre de ceux qu'elles qualifiaient d' "indigènes", soit dans leurs colonies, soit dans des Etats qui, comme la Chine, étaient dépouillés de la prérogative régalienne de rendre justice sur leur territoire.

 

Jusqu'à quand ? Jusqu'à quand les crimes commis par des soldats américains en Corée du Sud, au Japon ou ailleurs dans le monde resteront-ils soumis à une juridiction d'exception, relevant de la justice militaire américaine, qui trop souvent conduit à ce que des soldats américains décident d'absoudre d'autres soldats américains ?

 

En 1995, une fillette japonaise de 12 ans a été violée par des soldats américains à Okinawa, soulevant dans l'archipel une vague de protestations sans précédent contre la présence militaire US.

 

En juin 2002, deux écolières sud-coréennes, Shin Hyo-sun et Shim Mi-seon, ont été écrasées par un véhicule blindé de l'armée américaine. Quelques mois plus tard, en novembre, le sergent Nino et le sergent Walker étaient acquittés par un tribunal militaire américain, soulevant une vague d'indignation à travers toute la Corée, lors d'une campagne nationale ayant exigé la révision du statut des forces américaines en Corée. Ce statut méconnaît la souveraineté du peuple coréen, dénué du droit de rendre justice pour des crimes commis sur son territoire contre ses propres ressortissants.

 

Funerailles_2002.jpg

 

La plupart des délits commis en Corée du Sud par des soldats américains sont étouffés, grâce notamment à la complicité des médias sud-coréens, conservateurs et pro-américains dans leur écrasante majorité : ainsi, alors que 30 crimes sexuels ont été commis par les troupes américaines en Corée du Sud entre 2007 et juin 2011 selon l'Agence de la police national sud-coréenne, la plupart de ces affaires ont été passées sous silence.  Pourtant, deux accusations de viols d'adolescentes viennent d'éclater coup sur coup.

 

Un soldat américain de 21 ans appartenant à la brigade de communications de la 8e armée américaine - identifié par l'initiale R. - a été interrogé par la police sud-coréenne pour des faits remontant aux premières heures de la journée du 17 septembre : l'enquête porte sur l'agression sexuelle présumée d'une adolescente de 18 ans dans la chambre de cette dernière, à Mapo, au centre de Séoul. Le GI avait d'abord raccompagné la jeune fille chez elle après qu'ils eurent bu ensemble et avec un autre soldat. Il ne nie pas une relation sexuelle, mais prétend que la jeune fille était consentante, tout en reconnaissant lui avoir volé un ordinateur. Des tests ADN sont en cours.

 

Une autre affaire implique un soldat américain et une adolescente sud-coréenne, également âgés de 21 ans et 18 ans, pour des faits datant du 24 septembre, à Dongducheon, au Nord de Séoul, où se trouvent plusieurs camps militaires américains. L'enquête est également en cours.

 

En Corée, quand une personne naît, elle est âgée de 1 an, et elle est considérée comme âgée de 2 ans au 1er janvier de l'année suivante. Une adolescente âgée de 18 ans en Corée a donc 16 ou 17 ans en Occident.

 

Le général de brigade américain David Conboy, responsable de la garnison américaine à Séoul, a publié une déclaration regrettant la "souffrance" causée par les allégations de viol dans l'affaire du 17 septembre. James D. Thurman, commandant des forces américaines en Corée, a déclaré avoir instauré un couvre-feu "compte tenu des incidents qui ont eu lieu ces derniers mois".

 

Le 7 octobre, Kurt Campbell, sous-secrétaire d'Etat américain pour l'Asie de l'Est et le Pacifique, a présenté des excuses pour "un viol tragique et inacceptable qui s'est déroulé il y a environ une semaine", sans préciser clairement à laquelle des deux affaires il faisait allusion. Des manifestations se sont tenues à proximité de l'ambassade américaine à Séoul.

 

Mais les excuses ne suffiront pas si les accusations de viol - un délit qualifié de crime en droit pénal - sont avérées, à l'issue d'enquêtes où les Américains doivent coopérer pleinement et sincèrement avec la police coréenne. Les excuses ne compensent jamais les souffrances à vie endurées par les femmes victimes de viol. En cas de crime, le président Barack Obama doit s'excuser au nom du peuple américain, dont les militaires se rendent justice eux-mêmes dans l'accord inique SOFA. Enfin, les principes de justice et de droit à un procès équitable impliquent la révision du statut SOFA des forces américaines stationnées en Corée du Sud. 

 

Sources : AAFC, China Daily, Yonhap.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 00:39

UFG2011 1Le 16 août 2011, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont entamé leur manœuvres militaires conjointes Ulji Freedom Guardian, prévues pour durer dix jours et mobilisant pas moins de 530.000 civils et militaires. Le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes a beau présenter ces manœuvres comme « de routine » et « défensives », elles alimentent à nouveau la tension dans la péninsule coréenne alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait renoué le dialogue avec les Etats-Unis et la Corée du Sud. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangère a dénoncé les manœuvres américano-sud-coréennes, avertissant que, face aux menaces, la RPDC n'aura pas d'autre choix que de développer sa propre force de dissuasion.

 

Le 7 août 2011, l'Armée populaire de Corée (du Nord) a adressé une lettre ouverte aux autorités américaines et sud-coréennes, les exhortant à annuler leurs manœuvres Ulji Freedom Guardian s'ils souhaitent une amélioration de leurs relations avec la RPDC et des progrès dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne. 

 

UFG2011 2Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont ignoré cet appel et lancé le 16 août les manœuvres Ulji Freedom Guardian. A l'instar des manœuvres Key Resolve/Foal Eagle organisées au mois de mars, les manœuvres Ulji Freedom Guardian du mois d'août ont lieu chaque année sur tout le territoire sud-coréen et sont présentées par le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes comme un exercice militaire « de routine », « défensif » et « destiné à améliorer la capacité de l'alliance [Etats-Unis-Corée du Sud] à défendre la République de Corée [du Sud] ». Cette année, Ulji Freedom Guardian s'étale du 16 au 26 août, mobilisant 530.000 personnes, civils et militaires, dont 56.000 soldats sud-coréens et 30.000 soldats américains. Sept pays membres du Commandement des Nations Unies en Corée – dirigé par les Etats-Unis - participent à ces manœuvres en tant qu'observateurs : l'Australie, le Canada, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, la Norvège et la Thailande. La France et l'Australie avaient déjà envoyé des observateurs lors des manœuvres des marines américaine et sud-coréenne du 28 novembre au 1er décembre 2010. Interrogé à l'Assemblée nationale sur la mission précise de ces observateurs, le gouvernement français avait paru gêné, faisant une réponse très générale – et tardive - qui reprenait, sans toutefois le citer, un communiqué de l'armée américaine... 

 

Suite au lancement de l'édition 2011 des manœuvres Ulji Freedom Guardian, le porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a fait la déclaration suivante :

 

« Les autorités américaines et sud-coréenne ont donné le coup d'envoi des exercices militaires conjoints Ulji Freedom Guardian extrêmement provocants et agressifs dirigés contre la République populaire démocratique de Corée, malgré les mises en garde répétées de la RPDC.

Cette démonstration de force des Etats-Unis en collusion avec les autorités sud-coréennes consiste en des manœuvres en vue d'une guerre nucléaire contre la RPDC, lesquelles mettent en évidence leur objectif hostile inchangé de l'étouffer par la force des armes.

Cela entraîne des conséquences néfastes telles que gâcher l'atmosphère de dialogue créée suite à tant d'efforts reflétant le désir et les vœux unanimes des gens dans le pays et à l'étranger pour la paix et la stabilité de la péninsule coréenne et tend la situation.

Les Etats-Unis organisent des exercices en vue d'une guerre d'agression contre leur partenaire de négociation tout en affichant leur volonté de dialogue. Ce comportement incohérent de la part des Etats-Unis ne fait qu'ajouter au scepticisme quant à savoir s'ils sont sincères pour un dialogue ou non.

Il est absurde que les Etats-Unis exhortent la République populaire démocratique de Corée à s'abstenir de renforcer sa dissuasion nucléaire, tout en aiguisant en coulisses leurs épées pour une guerre d'agression.

Il est de très mauvais augure que les Etats-Unis laissent une 'unité d'action spéciale' participer aux exercices militaires conjoints en cours, celle-ci étant chargée de détecter et de détruire les armes nucléaires de la RPDC.

La situation qui prévaut actuellement tend à prouver que les Etats-Unis ne sont pas prêts à réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne par la voie du dialogue et des négociations, mais cherchent à saisir l'opportunité de lui ôter sa force de dissuasion nucléaire par une méthode de brigand.

Il est évident que la République populaire démocratique de Corée doit encore renforcer sa dissuasion nucléaire pour sa propre défense, à la fois en qualité et en quantité, afin de faire face à cette situation.

Invariable est la position de la RPDC d'assurer la paix et la dénucléarisation de la péninsule au moyen du dialogue et des négociations.

Aucune tentative des Etats-Unis visant à faire du mal à la République populaire démocratique de Corée par la force des armes n'est compatible avec le dialogue. Cela ne fera que se heurter au mode de neutralisation sans pitié dont les Coréens sont capables. »

 

UFG2011 3Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne déplore l'organisation des manœuvres militaires Ulji Freedom Guardian, auxquelles, malheureusement, la France apporte sa contribution. Pour l'AAFC, ces manœuvres portent un grave coup à la détente amorcée en juillet 2011 entre les deux Corée et entre la RPDC et les Etats-Unis, suite à la rencontre à Bali, lors du Forum régional de l'ASEAN, des négociateurs du Nord et du Sud aux pourparlers à six pays sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne,  et après la visite à New York du vice-ministre des Affaire étrangères de RPDC Kim Kye-gwan pour des discussions qualifiées de « constructives » avec Stephen Bosworth, négociateur américain aux pourparlers à six. 

 

La RPDC s'est déclarée prête à reprendre le dialogue multilatéral, sans conditions préalables, et à mettre en œuvre la déclaration du 19 septembre 2005 en vue de la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  La proposition nord-coréenne a notamment reçu le soutien de la République populaire de Chine. Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont, eux, préféré se lancer dans une nouvelle série de manœuvres militaires qui ne contribuent ni à instaurer la confiance et la paix en Asie du Nord-Est, ni à faire avancer la dénucléarisation de la Corée, laquelle concerne le monde entier.

 

UFG2011 4Enfin, le risque d'un incident, d'une provocation, ou même d'un simple malentendu aux conséquences incalculables reste élevé quand se répètent des manœuvres militaires d'une telle ampleur dans la péninsule coréenne, laquelle reste « techniquement » en état de guerre depuis 1953 faute de traité de paix.  Ainsi, le 11 août 2011, dans la zone contestée de la mer de l'Ouest (mer Jaune), la Corée du Sud a ouvert le feu en direction du Nord après avoir entendu des bruits de détonations provenant d'un chantier de construction.  Le 26 mars 2010, toujours en mer de l'Ouest, la corvette sud-coréenne Cheonan  avait coulé dans des circonstances encore mystérieuses au cours des manœuvres américano-sud-coréennes Key Resolve/Foal Eagle.  L'enquête conduite par les Etats-Unis et la Corée du Sud a imputé ce naufrage à une torpille nord-coréenne. Ces allégations ont été rejetées par la RPDC et par des spécialistes du monde entier, mais ont servi de prétexte à une multiplication de démonstrations de force par les Etats-Unis et leurs alliés sud-coréens tout au long de l'année 2010. 

 

 

Sources :

"Exercise Ulchi Freedom Guardian 2011 begins", communiqué de presse du Commandement des forces combinées, 16 août 2011

"Spokesman for DPRK Foreign Ministry Slams Ulji Freedom Guardian", KCNA, 17 août 2011

« La RPDC condamne les exercices militaires Washington-Séoul », Xinhua, 17 août 2011 (photos)

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 00:54

 

18082006_210.jpgDu 16 au 26 août 2011, les Etats-Unis et de Corée du Sud effectuent leurs manœuvres militaires conjointes annuelles Ulji Freedom Guardian sur la péninsule coréenne, mobilisant des dizaines de milliers de soldats sud-coréens et américains, auxquels il faut ajouter, selon l'agence sud-coréenne Yonhap, des bureaux gouvernementaux et des entreprises civiles de Corée du Sud. Le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes présente Ulji Freedom Guardian comme « un exercice défensif régulier destiné à améliorer la capacité de l’alliance [Corée du Sud-Etats-Unis] à défendre la République de Corée [du Sud] », et le Commandement des Nations-Unies en Corée, dirigé par les Etats-Unis, a informé la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de l'organisation de ces manœuvres, par l'intermédiaire de la représentation de l'Armée populaire de Corée (APC) à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée. Compte tenu de la situation tendue prévalant dans la péninsule coréenne, l'APC a répondu à cette annonce par une lettre ouverte adressée aux autorités américaines et sud-coréennes, leur demandant d'annuler les manœuvres militaires prévues afin de ne pas accroître le risque de guerre. L'APC lance aussi un appel à l'instauration d'un véritable mécanisme de paix dans la péninsule coréenne, en remplacement du simple cessez-le-feu en vigueur depuis 1953. Voici la traduction en français de la version anglaise de cette lettre diffusée par l'agence KCNA.

 

La paix est une aspiration ardente et une exigence invariable de l'armée et du peuple de la République populaire démocratique de Corée.

 

Cependant, la situation dans la péninsule coréenne est depuis longtemps critique après avoir dépassé le précaire état d’armistice.

 

Une telle évolution de la situation est imputable à la politique hostile mise en œuvre à l'égard de la République populaire démocratique de Corée par les Etats-Unis, lesquels ne mettent pas leurs actes en accord avec leurs paroles, et à la politique de confrontation suivie par les autorités sud-coréennes, qui leur obéissent. Il s'agit, en même temps, du produit direct de l'hystérie guerrière toujours plus évidente qui anime les milieux militaires bellicisites et qui en découle.

 

Ulji Freedom Guardian fait partie de cette hystérie pour une guerre d'agression contre le Nord.

 

Cela peut s'expliquer par le fait que la démonstration de force conjointe qui est prévue consiste en de dangereuses manœuvres de guerre organisées par les bellicistes des Etats-Unis et de Corée du Sud conformément à leurs scénarios récemment révisés et complétés pour une guerre avec le Nord. Cela est aussi mis en évidence par le fait que les exercices conjoints prévus seront des manœuvres pour une guerre nucléaire totale impliquant des armements modernes dont des moyens de frappes nucléaires améliorés, des forces d'agression pléthoriques et même des organes administratifs locaux et des entreprises non gouvernementales.

 

Il faut souligner que ce genre de démonstration de force risquée est organisée alors qu'il est bien connu que le ressentiment et la haine suscités parmi l'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée sont à leur paroxysme, ainsi que leur détermination à se venger des hideuses provocations des militaires bellicistes de Corée du Sud.

 

Compte tenu de la grave situation qui prévaut actuellement, la représentation de l'Armée populaire de Corée à Panmunjom est fondée à formuler les exigences de principe suivantes aux autorités américaines et sud-coréennes :

 

1. Les autorités américaines et sud-coréennes doivent montrer à la République populaire démocratique de Corée leur volonté de dénucléarisation de la péninsule coréenne en prenant la décision politique courageuse de renoncer aux exercices militaires conjoints prévus.

 

Si elles organisent des actes de chantage, allant jusqu'à mobiliser le groupe d'un super porte-avions nucléaire et un corps aérien prévu pour une frappe nucléaire stratégique contre l'autre partie tout en la pressant de démontrer son attitude sincère quant à la dénucléarisation, cela revient à briser le principe d'action simultanée pour la dénucléarisation.

 

La dénucléarisation de la péninsule coréenne ne peut pas être réalisée en dénucléarisant un seul camp.

 

Ce doit être une dénucléarisation totale et équitable incluant l’élimination des menaces nucléaires pesant sur la République populaire démocratique de Corée.

 

L'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée ne sont plus ce qu'ils ont été dans le passé. Ils ne cachent pas qu’ils disposent désormais d’une force de dissuasion nucléaire assez puissante pour se défendre eux-mêmes.

 

Si une autre partie déclenche une guerre nucléaire, la République populaire démocratique de Corée est prête à répliquer avec ses armes nucléaires. Nous en faisons la déclaration solennelle.

 

Les autorités américaines et sud-coréennes feraient mieux de tenir compte de la situation en évolution et de bien comprendre qui est leur adversaire. Elles doivent montrer aux yeux du monde entier leur volonté de dénucléariser la péninsule coréenne en renonçant aux exercices prévus pour une guerre nucléaire.

 

2. En annulant ces exercices les autorités américaines et sud-coréennes doivent aussi prendre une décision pratique et courageuse afin de remplacer le système d’armistice par un mécanisme de sauvegarde de la paix dans la péninsule coréenne.

 

La guerre et la paix ne peuvent pas aller ensemble.

 

Il n'y a pas de ruse politique plus éhontée que d'user de la tactique hypocrite et mesquine consistant à préparer la guerre en coulisses tout en faisant semblant d'être pour la paix et le dialogue.

 

La répétition annuelle d'actes de provocation guerrière tels que « Ulji Freedom Guardian » ne fera qu'alimenter le cercle vicieux de la méfiance et de la confrontation et cela aboutira nécessairement à une guerre.

 

Les Etats-Unis et la Corée du Sud se trompent lourdement s'ils pensent qu'ils resteraient en sécurité en cas de guerre dans la péninsule coréenne.

 

Si une guerre éclate, la République populaire démocratique de Corée perdra la ligne de démarcation militaire et gagnera la réunification du pays, le vœu cher à la nation. La République populaire démocratique de Corée est pleine de confiance et d'optimisme à ce sujet.

 

Si les Etats-Unis ont vraiment l’intention de remplacer le système d'armistice par un mécanisme de sauvegarde de la paix, ils doivent montrer par la pratique chez eux et à l'étranger que telle est leur volonté en tant que grande puissance en renonçant au moins aux manœuvres militaires conjointes prévues cette année.

 

3. Les autorités américaines et sud-coréennes doivent exprimer officiellement leur volonté de normaliser les relations entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée et les relations inter-coréennes en renonçant aux exercices militaires conjoints prévus.

 

La normalisation doit commencer en mettant fin aux relations hostiles.

 

Appeler à la réconciliation, à la coopération et à l'amélioration des relations avant d'entreprendre des exercices de guerre pour nuire à l'autre camp serait le comble d'une tactique hypocrite.

 

Les Etats-Unis ont provoqué une immense rancune chez les Coréens et les autorités sud-coréennes ont ruiné l'ère du 15 Juin, causant une peine indicible au peuple. Mais l'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée sont prêts à tout soumettre à la grande œuvre de la paix, de la réunification, de la réconciliation et de la coopération.

 

Les autorités américaines et sud-coréennes ne doivent plus commettre l'erreur politique de mal juger la volonté de la République populaire démocratique de Corée.

 

Le 15 août est supposé marquer un nouveau tournant pour l'amélioration des relations entre le Nord et le Sud. A la lumière de ce que le public attend à ce sujet, ce serait un rejet total de l'amélioration des relations que de lancer les exercices militaires conjoints contre la République populaire démocratique de Corée dès le 16 août.

 

A franchement parler, pour ce qui concerne la question de l’amélioration des relations entre la République populaire démocratique de Corée et les Etats-Unis et des relations inter-coréennes, les Etats-Unis et la Corée du Sud sont plus pressés par le temps que la RPDC.

 

La République populaire démocratique de Corée a suivi jusqu'ici suivi sa voie sans avoir normalisé ses relations avec les Etats-Unis et la Corée du Sud, et elle prospérera et vivra mieux dans le futur aussi.

 

Ils doivent officiellement rendre publique leur volonté d'annuler les exercices militaires dirigés conte l'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée s'il veulent normaliser leurs relations avec la RPDC.

 

L'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée gardent inchangées leur volonté et leur position face à ces exercices avec la plus grande fermeté.

 

Les autorités américaines et sud-coréennes doivent se comporter avec prudence, réfléchir et choisir une sage issue au croisement entre le dialogue ou la confrontation, la paix ou la guerre.

 

L'armée et le peuple de la République populaire démocratique de Corée espèrent qu’elles répondront positivement à leur juste appel.

 

 

La représentation de l’Armée populaire de Corée à Panmunjom, le 7 août 2011

 

 

Source : KCNA, 8 août 2011 (traduction : AAFC)

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 14:36

Les 28 et 29 juillet 2011, Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a eu des discussions approfondies à New York avec Stephen Bosworth, représentant spécial du gouvernement américain pour la RPDC. Ces échanges, qualifiés de part et d'autre de "constructifs", avaient été décrits par Washington comme "exploratoires" quant à une reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Après une rencontre intercoréenne lors du forum régional de l'ASEAN, le gouvernement américain avait invité à New York Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée, soulevant l'espoir d'une reprise des pourparlers à six, interrompus depuis avril 2009.

 

stephen_bosworth_kim_kye_gwan.jpgL'agence officielle KCNA de la RPDC a précisé que les discussions, qui se sont déroulées les 28 et 29 juillet 2011 avec Stephen Bosworth à la tête de la délégation américaine, avaient porté sur l'amélioration des relations entre les Etats-Unis et la RPDC, les moyens d'assurer la stabilité de la péninsule coréenne et la reprise des pourparlers à six. Il s'agissait de la première rencontre à ce niveau entre Nord-Coréens et Américains depuis décembre 2009, date de la visite à Pyongyang de Stephen Bosworth.

 

Selon KCNA citant un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, ces échanges ont eu lieu dans "une atmosphère sincère et constructive", "les deux parties ayant reconnu que l'amélioration des relations bilatérales et que le règlement pacifique et négocié de la dénucléarisation de la péninsule coréenne était conforme aux intérêts des deux parties qui avaient convenu de poursuivre le dialogue".

 

La RPDC a réaffirmé sa position d'une reprise des pourparlers à six sans condition préalable, dès que possible, par une mise en oeuvre de l'accord conjoint du 19 septembre 2005 basé sur le principe d'actions simultanées : en d'autres termes, chaque partie doit accomplir en même temps un geste dans la voie de la résolution de la question nucléaire.

 

Partageant également le sentiment d'échanges constructifs, Stephen Bosworth a affirmé que "nous avons réaffirmé que la voie était ouverte pour la Corée du Nord pour une reprise des pourparlers, de meilleures relations avec les Etats-Unis et une plus grande stabilité régionale si la Corée du Nord montre par ses actions qu'elle soutient la reprise des pourparlers à six en tant que partenaire constructif tenant ses engagements".

 

Les Etats-Unis doivent à présent engager des discussions avec leurs partenaires, la Corée du Sud ayant d'ores et déjà affiché une ligne dure. Wi Sung-lac, le négociateur sud-coréen sur les questions nucléaires, a ainsi déclaré à la presse que "nous ne pouvons pas nous rendre à des négociations à six dès lors que le programme nucléaire (nord-coréen) est toujours actif". Cette exigence de concessions sans contrepartie de Pyongyang n'est pas conforme au principe "action pour action" à la base de l'accord de septembre 2005. Wi Sung-lac a ajouté qu'il jugeait ainsi "trop ambitieux" une reprise des pourparlers à six cet automne, une position également contraire à celle de la Corée du Nord favorable à la réouverture des discussions dès que possible.

 

L'enjeu pour la reprise des négociations consiste donc à présent, pour les Etats-Unis, à faire preuve d'efficacité dans leurs pressions discrètes sur les autorités sud-coréennes.

 

Oeuvrant pour la paix et la dénucléarisation de la péninsule coréenne, l'AAFC est favorable à la reprise des pourparlers à six, en vue d'une solution durable qui élimine les risques de guerre en Corée et assure aussi une amélioration des relations entre la RPD de Corée et les Etats-Unis.

 

Sources : AFP, Le Courrier picard (dont photo), KCNA 

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