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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 20:12

USS George WashingtonLes exercices militaires conjoints américano-sud-coréens Key Resolve et Foal Eagle se déroulent cette année du 27 février au 30 avril. Présentés comme « défensifs » par Washington et Séoul, ces manœuvres sont génératrices d'un climat de tension en Asie du Nord-Est, au risque de faire capoter les discussions qui ont repris, après quatre mois d'arrêt, entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au sujet des moyens de relancer les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Le Commandement des forces combinées (CFC) américaines et sud-coréennes a annoncé que les exercices annuels Key Resolve et Foal Eagle auraient lieu, respectivement, du 27 février au 9 mars 2012 et du 1ermars au 30 avril 2012. Cette année, Key Resolve engage 2 100 militaires américains aux côtés de l'armée sud-coréenne, ainsi que d'autres pays membres du Commandement des Nations Unies. Le CFC décrit Key Resolve, comme un « exercice de poste de commandement […] basé sur des scenarii réalistes, utilisant diverses suppositions de menaces ». L'exercice Key Resolve est encore présenté par le CFC comme « de routine et défensif, destiné à améliorer la préparation, à protéger la région et à maintenir la stabilité dans la péninsule coréenne ». De son côté, l'exercice Foal Eagle 2012 mobilise 11 000 soldats américains aux côtés des forces sud-coréennes dans une série d'opérations terrestres, aériennes et navales décrites par le CFC comme « défensives et destinées à s'assurer que les forces de la République de Corée [du Sud] et des Etats-Unis sont prêtes à exécuter les tâches et missions requises pour la protection de la République de Corée ».

 

En 2011, les exercices Key Resolve et Foal Eagle avaient mobilisé pendant deux mois 12 800 soldats américains aux côtés de 200 000 soldats sud-coréens. Le CFC justifiait alors cet important déploiement par le naufrage, un an plus tôt, de la corvette sud-coréenne Cheonan en mer de l'Ouest (mer Jaune).L'enquête officielle menée par Washington et Séoul a imputé ce naufrage à une torpille tirée par un sous-marin nord-coréen, dans des conclusions contestées non seulement par la Corée du Nord, mais aussi par un membre de l'équipe d'enquête officielle, des scientifiques indépendants et les experts de la Marine russeLe naufrage du Cheonan, dans lequel périrent 46 marins sud-coréens, était survenu lors de l'exercice Foal Eagle de 2010, suscitant la thèse d'un « tir ami » (avancée notamment par le journaliste japonais Tanaka Sakai dans The Asia-Pacific Journal).

 

Outre les risques d'accident, les manœuvres militaires à répétition organisées par les forces américaines et sud-coréennes aggravent les tensions dans la péninsule coréenne où ne prévaut qu'un simple cessez-le-feu depuis 1953, aucun traité de paix n'ayant été signé après la Guerre de Corée.

 

NLLLe 25 février 2012, à la veille du lancement de l'édition 2012 des exercices Key Resolve et Foal Eagle, la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée a protesté avec force contre les manœuvres militaires américano-sud-coréennes, en les comparant à une « déclaration de guerre » et en les qualifiant de « délit flagrant à la paix et à la sécurité de la péninsule coréenne ». Le 20 février, l'armée sud-coréenne s'était déjà livrée à des exercices de tir à balles réelles en mer de l'Ouest, à proximité de la Ligne de limite Nord (Northern Limit Line, NLL), frontière maritime de facto tracée de manière unilatérale par la Marine américaine en 1953 et contestée par la RPD de Corée.

 

Dans son communiqué du 25 février, la Commission de la défense nationale de la RPDC déclare que l'armée et le peuple de RPDC « déjoueront les agissements guerriers des traitres à la nation [coréenne] et des fauteurs de guerre dans le pays et à l'étranger en menant une guerre sacrée » et « encourageront fermement les Coréens du Sud et d'Outre-mer dans leur lutte à l'échelle nationale visant à faire tomber le régime [du président sud-coréen] Lee ». La Commission de la défense nationale adresse aussi un avertissement aux Etats-Unis : « Ce sont les agresseurs impérialistes américains qui sont principalement à blâmer pour avoir amené à une phase de guerre la situation instable de la péninsule qui ne connaît ni la guerre ni la paix depuis si longtemps. […] Les armes nucléaires ne sont pas le monopole des Etats-Unis. Nous avons des moyens guerriers plus puissants que les armes nucléaires américaines et des équipements de frappe ultra-modernes jamais possédés par quiconque. »

 

De fait, les exercices militaires américano-sud-coréens interviennent au moment où les Etats-Unis et la RPDC ont repris leurs discussions (après les rencontres de juillet  et octobre 2011) visant à trouver des moyens de relancer les pourparlers à six pays (deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, pourparlers interrompus depuis avril 2009. Les 23 et 24 février 2012, Glyn Davies, représentant américain pour les questions nord-coréennes, et Kim Kye-gwan, vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen, se sont ainsi retrouvés à Pékin, le représentant américain évoquant « de petits progrès ».

 

Mais, suite aux nouvelles provocations militaires des Etats-Unis et de leurs alliés sud-coréens, qui font peser des doutes légitimes sur la sincérité de Washington, la RPDC acceptera-t-elle d'abandonner sa force de dissuasion nucléaire? Plus que jamais, se pose la question de la conclusion d'un véritable traité de paix en Corée, en remplacement de l'accord d'armistice de 1953. L'Association d'amitié franco-coréenne continue d'appeler à la signature d'un tel traité, seule véritable garantie de sécurité en Corée et dans le monde.

 

Sources : USFK, Yonhap, KCNA

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 21:26

Depuis de longs mois, les habitants de l'île de Jeju sont engagés dans un combat contre le gouvernement sud-coréen du Président Lee Myung-bak pour empêcher la création d'une base navale sur leur île, laquelle menacerait gravement leur communauté, leur mode de vie et un riche écosystème marin. L'AAFC est solidaire de leur lutte, appelant à signer et faire signer la pétition des habitants du village de Gangjeong contre la base navale de Jeju. Les habitants de Jeju ne sont pas seuls dans ce combat pour la paix, alors que des dizaines de milliers de ses habitants ont été massacrés, en 1948, par le régime autoritaire de Syngman Rhee, allié aux forces américaines d'occupation de la Corée du Sud. Comme lors des manifestations, naguère, pour la démocratisation de la Corée, de nombreux catholiques sont en effet engagés dans un mouvement d'opposition pacifique, réprimé par le gouvernement sud-coréen qui n'hésite pas à remettre en cause la liberté d'expression religieuse. Il est vrai que ce même gouvernement mène, par ailleurs, une politique d'asphyxie financière des églises bouddhistes pour satisfaire l'extrême-droite protestante, désireuse de s'assurer le monopole de l'expression religieuse. L'Association d'amitié franco-coréenne reproduit ci-après une dépêche de l'agence Eglises d'Asie (agence d'information des missions étrangères de Paris), intitulée "L'opposition des catholiques à la construction d'une base navale sur l'île de Jeju se durcit", en date du 17 janvier 2012, et publiée par ailleurs sur le site du quotidien français La Croix, présentant le combat des catholiques sud-coréens contre la base navale de Jeju.

Petition JejuTandis que les travaux vont bon train sur le site qui verra, en 2014, l’inauguration d’une importante base navale sur l’île méridionale de Jeju (Cheju), les protestations des opposants au projet, au nombre desquels figurent les catholiques, ne cessent de croître.

 

Le 16 janvier, des religieuses en pleurs ont tenu une conférence de presse pour dénoncer l’interpellation qui avait concerné plusieurs d’entre elles quelques jours auparavant. Le 10 janvier dernier, devant le chantier de construction de la future base navale de Gangjeong, des opposants au projet s’étaient réunis pour une veillée de prière. Ils ont été dispersés par la police qui a procédé à une trentaine d’interpellations, dont 19 religieuses et religieux. Tous ont été remis en liberté 48 heures plus tard.

 

Selon des responsables de la Conférence des supérieures majeures de Corée ainsi que de l’ONG ‘Solidarité catholique pour la paix à Jeju’, les autorités sud-coréennes, en choisissant de faire intervenir la police contre des religieuses et des religieux catholiques, se sont comportées comme n’auraient pas osé le faire les régimes militaires autrefois au pouvoir à Séoul. Présidente de la Conférence des supérieures majeures, Sr Marie Aquina Yoon Jung-ok a déclaré que « les régimes militaires n’avaient jamais exercé de contrainte physique à l’encontre de religieuses catholiques en prière et ne les avaient jamais non plus emmenées au poste de police ». « Nous ne pouvons passer sous silence de tels agissements », a-t-elle affirmé, ajoutant que la police devait s’excuser sans délai auprès de l’Eglise catholique et de la nation sud-coréenne pour « avoir détenu des personnes qui ne faisaient que danser et chanter pacifiquement depuis deux jours ».

 

Vice-président du Comité spécial du diocèse de Jeju pour « la paix à Jeju », le P. John Go Byeong-soo a pour sa part dénoncé « une action inconsidérée de l’Etat visant à limiter la liberté de religion ». A Hongkong enfin, l’association Asian Human Rights Commission a publié un communiqué critiquant l’incident et dénonçant la volonté du gouvernement sud-coréen d’arrêter « toute personne manifestant son opposition à la base navale ». Il s’agit là d’une « défaillance grave en matière de gouvernance et d’une atteinte sérieuse à l’Etat de droit », a encore ajouté l’association.


Sur le fond, l’opposition manifestée par les religieuses catholiques à la construction de la base de Gangjeong ne semble pas de nature à pouvoir empêcher le projet gouvernemental d’aller à son terme. Envisagé dès 2007, commencé en janvier 2011, le chantier de la base navale doit s’achever en 2014. D’une superficie de 40 hectares, la base navale deviendra le port d’attache d’une vingtaine de bâtiments militaires sud-coréens, dont des sous-marins et des destroyers de classe Aegis destinés à patrouiller les eaux de la mer du Japon – ou mer de l’Est – ainsi que celles de la mer de Chine orientale (1). Le gouvernement a budgété près d’un milliard de dollars pour la construction de cette base, essentielle à ses yeux afin de protéger les lignes commerciales d’une économie tournée vers les exportations et dépendante de ses importations de pétrole par voie de mer. La base permettra également à la marine sud-coréenne de répondre sans délai à tout incident au sujet du rocher de Socotra (Ieodo pour les Coréens, Suyan pour les Chinois), un récif à semi-submergé que se disputent la Chine et la Corée du Sud (2).

 

Pour les membres de l’Eglise catholique engagés dans ce combat contre la base navale, la cause est entendue : une implantation militaire à cet endroit est un mauvais signal envoyé à la Chine et une future menace pour la paix (3). Outre Mgr Peter Kang U-il, évêque de Cheju, la totalité des Commissions ‘Justice et Paix’ des 16 diocèses catholiques de Corée du Sud ont fait connaître leur opposition au projet. Un millier de prêtres et plus de 2 600 religieuses catholiques ont signé un document en octobre 2011 annonçant « au nom de Jésus-Christ et de la foi chrétienne » leur refus de voir construire une base navale sur « l’île de la paix ». Ils rappellent que Jeju a ainsi été désignée en 2005 par le président Roh Moo-hyun en mémoire du douloureux incident du 3 avril 1948 et des massacres qui suivirent. Craignant que des habitants de Jeju ne sympathisent avec les communistes, les forces armées sud-coréennes avaient alors investi l’île pour la dévaster : 30 000 personnes furent massacrées, soit un dixième de la population d’alors. Pour les militants catholiques, il y a quelque ironie aujourd’hui à vouloir construire une base militaire sur une île dédiée à la paix.

 

Sur place, à Gangjeong, les habitants sont très partagés quant à l’opportunité de la base navale. On rapporte que les familles elles-mêmes sont divisées, des pères n’adressent plus la parole à leurs fils et réciproquement. Certains font valoir que Jeju connaît déjà les limites d’un développement tourné vers le tourisme de masse et qu’il n’est pas nécessaire de lui infliger de nouvelles atteintes à l’environnement. Les autres estiment que les retombées économiques du chantier et de la base elle-même contrebalanceront les éventuels désagréments.

 

Notes
(1) Selon l’Organisation hydrographique internationale (OHI), la mer qui sépare le Japon de la péninsule coréenne est appelée « Mer du Japon ». Donné par les Occidentaux, ce nom est le nom officiel retenu par l’OHI depuis 1928, à une époque où la Corée était sous domination japonaise. Le nom « Mer de l’Est » est le nom sud-coréen de cette même mer et Séoul fait pression sur l’organisation internationale pour qu’il soit officiellement accolé à celui de « Mer du Japon ».
(2) L’île de Jeju est très bien située pour surveiller la mer de Chine orientale, qui baigne les côtes occidentales de la péninsule coréenne. En Chine, cette mer est appelée « Mer de l’Est », en Corée on l’appelle « Mer du Sud ».
(3) Voir dépêche EDA du 1er juin 2007 : http://eglasie.mepasie.org/asie-du-nord-est/coree-du-sud/sur-l2019ile-de-jeju-des-pretres-catholiques-ont

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 00:15

Quand les dirigeants d'Etats rivaux des Etats-Unis sont morts, les gouvernements américains ont présenté leurs condoléances : c'était le cas, par exemple, en 1953, à la mort de Joseph Staline. De même, Washington avait adressé des messages de condoléances à l'annonce du décès de Mao Zedong en 1976. En 1994, les Etats-Unis ont aussi présenté leurs condoléances lors de la disparition du président nord-coréen Kim Il-sung. En choisissant de ne pas envoyer de condoléances après la mort de Kim Jong-il, le Gouvernement américain a fait jusqu'ici le choix, délibéré ou non, de rompre les pourparlers engagés avec la République populaire démocratique de Corée sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les néo-conservateurs américains en rêvaient, Barack Obama l'a fait : pour la première fois, un gouvernement américain exprime sa volonté de rompre les négociations diplomatiques en cours avec un Etat étranger à l'occasion de la mort de son dirigeant.

 

Dans un communiqué publié dans la soirée du 19 décembre 2011, Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, a indiqué qu' "avec la disparition du président de la Commission de défense nationale, Kim Jong-il, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est dans une période de deuil national (...) Nous sommes profondément concernés par le bien-être du peuple nord-coréen et nos pensées et nos prières seront pour eux durant cette période difficile (...) C’est notre espoir de voir le nouveau leadership de la RPDC choisir la voie de la paix en respect de la promesse de la Corée du Nord pour une amélioration de ses relations avec ses voisins et des droits de l’Homme (...) Les Etats-Unis sont prêts à aider le peuple nord-coréen et demandent à nouveau le leadership de travailler avec la communauté internationale afin d’introduire une nouvelle ère de paix, prospérité et sécurité durable dans la péninsule coréenne".

 

Volontiers messianique, en choisissant le langage des "prières" davantage issu du sermon d'un pasteur protestant que du style diplomatique, un tel message direct au "peuple nord-coréen" n'est pas dans les usages diplomatiques, qui veut que les gouvernements s'adressent aux autres gouvernements. Il prend de surcroît un ton de donneur de leçons bien peu respectueux de la souveraineté des Etats, identique à celui qui a justifié, naguère, les guerres américaines, en Irak, en Afghanistan et en Libye. Il foule aux pieds les traditions de la diplomatie américaine, pourtant respectées après la disparition du Président Kim Il-sung en 1994, en refusant cette année l'emploi du terme de "condoléances". Il s'agit d'un choix délibéré, comme l'a indiqué la porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland.

 

Mais que cherche Washington en ayant ainsi choisi, comme l'on dit en Asie, de faire perdre la face à Pyongyang ?

 

Un principe de base de la diplomatie est de fonder les discussions d'Etat à Etat sur le respect de la souveraineté des autres pays et de leurs gouvernements. Refuser l'expression de condoléances, comme l'ont fait jusqu'à présent les Etats-Unis dans le silence assourdissant de Barack Obama, manifeste la volonté, implicite ou explicite, de ne pas considérer son interlocuteur comme digne d'un dialogue. Dans ce contexte, l'accord sur le programme d'enrichissement d'uranium nord-coréen, dont avaient fait état les médias occidentaux avant l'annonce de la disparition du Président Kim Jong-il, apparaît bel et bien mort-né.

 

Les néo-conservateurs nourrissent un vieux fantasme : voir les régimes qui ne s'alignent pas sur les canons de la démocratie parlementaire à l'occidentale s'effondrer d'eux-mêmes. Alors que tout indique au contraire une continuité de l'Etat en République populaire démocratique de Corée, Hillary Clinton fait sienne une vieille lune des néo-conservateurs, que jusqu'ici les diplomates de carrière du Département d'Etat avaient pourtant réussi à balayer, en  prouvant  l'ineffectivité en de telles circonstances. Le gouvernement sud-coréen, soucieux de maintenir des relations diplomatiques avec Pyongyang, et mieux au fait des coutumes en Asie du Nord-Est, a d'ailleurs réagi différemment de Washington en présentant des condoléances, certes avec vingt-quatre heures de retard sur Pékin et Moscou: les leçons des quatre années perdues pour le dialogue intercoréen, lors du refus de Séoul de présenter des condoléances à la mort de Kim Il-sung, n'ont pas été oubliées. A Washington, la voie diplomatique de la raison a donc échoué, au profit de déclarations intempestives plus fondées sur la politique de la canonnière que sur la recherche d'une solution négociée à une guerre qui, depuis près de six décennies, n'a toujours pas pris fin sur le sol de la péninsule coréenne.

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 09:03

Rejetant tout accord avec l'opposition, le Grand parti national (GPN, conservateur) a choisi le passage en force pour la ratification de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, déjà approuvé côté américain, et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2012. Les manifestations contre la ratification, qui se succèdent depuis plusieurs mois, n'ont pas fléchi la détermination de la majorité au pouvoir à Séoul, pour l'adoption d'un accord initialement conclu par l'ancienne majorité démocrate sud-coréenne appartenant au Parti démocrate, aujourd'hui dans l'opposition.

 

ratification_accord_libre_echange_Coree_du_Sud_Etats_Unis.JPGLe compte rendu par l'agence Yonhap de la ratification par le Parlement sud-coréen de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis (acronyme anglais : FTA), le 22 novembre 2011, est révélateur du lourd climat de tensions dans lequel ce texte très controversé a finalement été adopté, à l'issue d'une procédure qui a duré quatre ans : "les députés du parti au pouvoir, le Grand Parti national (GPN), ont commencé à occuper par surprise la salle de réunion de l’assemblée générale du Parlement vers 15 heures avec comme but de ratifier le texte de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis (...)  Les députés du GPN sont entrés dans la salle juste après leur réunion plénière et le parti a expliqué que l’assemblée générale pourrait avoir lieu à tout moment s’il n’y a pas de déclaration d’arrêt de la session parlementaire. L’assemblée générale du Parlement était initialement prévue pour le 24 novembre".

 

La majorité parlementaire a ainsi changé au dernier moment le calendrier des travaux législatifs, occupé les locaux du Parlement et empêché l'accès des députés d'opposition. Comme l'explique encore Yonhap, "certains députés du Parti démocrate [opposition] ont réussi à pénétrer dans la salle de l’assemblée générale, incluant son président, Sohn Hak-kyu (...) Dans ce contexte de tensions politiques, un député de l’opposition est allé jusqu’à jeter une bombe de gaz lacrymogène dans la salle mais le chef adjoint du Parlement, Chung Ui-hwa, a déclaré l’ouverture de l’assemblée générale à 16 heures 24. La ratification s’est effectuée à 16 heures 28".

 

La ratification parlementaire de l'accord a donc duré quatre minutes. Grâce à la manoeuvre de procédure de la majorité, le texte a été approuvé par 151 voix pour contre 7 oppositions et 12 abstentions, tandis que 125 députés (sur 295), principalement de l'opposition, étaient absents.

 

Dans la foulée, la majorité a modifié quatorze textes de lois économiques et financiers, liés à la ratification de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, augmentant encore la colère de l'opposition et augurant de débats budgétaires particulièrement tendus pour la discussion du projet de loi de finances pour 2012.

 

Les opposants à l'accord de libre-échange ont organisé une veillée aux chandelles sur la place de Séoul, le 23 novembre, qui a réuni 10 000 participants (photo ci-dessous). Présent, le Président du Parti démocrate Sohn Hak-kyu s'est excusé de n'avoir pu empêcher la ratification de l'accord (dont le Parti démocrate exigeait la renégociation préalable dans un sens plus favorable aux intérêts sud-coréens), tout en appelant à l'annulation de l'accord.

 

opposition_FTA_Seoul_23_novembre.jpg

 

L'AAFC déplore vivement la procédure utilisée par la majorité pour obtenir la ratification de l'accord CHORUS, en estimant qu'elle ne grandit pas la démocratie parlementaire.

 

Sources : Yonhap, Hankyoreh (dont photo de la manifestation du 23 novembre).

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 09:57

Le mouvement "Occupons Wall Street" (en anglais, Occupy Wall Street) a débuté le 17 septembre 2011, à New York, à l'appel de la fondation Adbusters et du collectif Anonymous, pour dénoncer les conséquences sociales du capitalisme financier. Le 9 octobre, des manifestations se sont tenues dans plus de 900 villes à travers le monde. Alors que, dans le contexte de la crise économique et financière, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a réaffirmé sa fidélité au socialisme à plusieurs reprises ces derniers mois, les médias nord-coréens ont largement couvert les manifestations organisées par "Occupons Wall Street". L'AAFC reproduit ci-après un article paru sur le site "Naenara", après les manifestations du 9 octobre, intitulé "Explosion de la colère". D'autres articles sur le même sujet peuvent être consultés, notamment, sur "Naenara" (accessible notamment en français) et le site officiel de l'agence KCNA de la RPDC (en coréen, anglais, espagnol et chinois).

 

occupy_wall_street_naenara_coree_du_nord.jpg"Déclenchée le 17 septembre dernier à Wall Street, la manifestation de protestation dure jusqu'à présent pendant trois semaines et s'étend rapidement non seulement dans toutes les régions des Etats-Unis, mais encore à de nombreux pays du monde.

 

 A New York, jeunes et vieux, hommes et femmes de différents âges et métiers, soit manœuvres, indigents, chômeurs, employés de bureau, ménagères, ont manifesté en criant «Allons occuper Wall Street!»

 

Il en est de même à Los Angeles, à Chicago, à San Francisco et aux autres villes.

 

Des manifestants crient unanimement «Nous sommes 99 %» en accusant le règne et l'exploitation par une poignée de riches et condamnent la politique des autorités favorable aux chaebols en hissant des pancartes avec entre autres cette inscription: «Il faut en finir avec les crimes du gouvernement!» Le 4 octobre, à 146 villes et capitales des 46 Etats américains sont constituées des organisations de direction des manifestations.

 

Le 15 octobre, la manifestation anti-Wall Street s'est déroulée simultanément dans plus de 1 500 villes de plus de 80 pays et régions du monde.

 

Surtout, à Bruxelles où siège la direction de l'Union européenne ont secoué ciel et terre les cris de colère des jeunes et des gens de différentes couches venus de France, d'Allemagne, d'Espagne et d'autres régions d'Europe.

 

Ils ont condamné le capital financier cupide et les politiciens corrompus comme responsables de la grave crise financière qui sévit en Europe.

 

A Rome, quelques centaines de milliers de gens se sont engagés dans la manifestation en criant «Allons occuper Wall Street!» Les établissements de service public ont fermé la porte et le métro est arrêté de fonctionner.

 

A Berlin, plusieurs dizaines de milliers de gens ont manifesté devant l'office de la chancelière.

 

A Tokyo, des manifestants ont défilé avec des placards «Occupons Tokyo!» et «Combattons la pauvreté!»

 

Ils ont crié «Montrons que la voix de colère des pauvres peut changer la société».

 

A Sydney, à Melbourne et dans d'autres villes principales d'Australie, des milliers de gens ont participé à la manifestation anti-Wall Street.

 

Dans les villes principales de nombreux pays du monde est proclamé l'état d'alarme extraordinaire et se sont produits des heurts entre la police et les manifestants.

 

D'après les commentateurs, ces manifestations mondiales montrent bien la situation critique du système capitaliste tombé dans l'impasse devant la colère de la population contre la cupidité du capital et les inégalités économiques."

 

Source et photo : Naenara.

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 22:31

Les rencontres entre les responsables militaires de la Corée du Sud et des Etats-Unis se sont multipliées au cours du mois d'octobre, des rencontres qui coïncident avec les manœuvres militaires Hoguk dirigées contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Ces manœuvres interviennent alors que des discussions sont en cours en vue d'une reprise des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. La justification principale du programme nucléaire nord-coréen est justement la menace militaire représentée par les forces, y compris nucléaires, amassées en Asie du Nord-Est par les Etats-Unis alors que ces derniers refusent toujours de négocier un traité de paix en Corée.

 

Le 27 octobre, le chef d’état-major interarmées sud-coréen, Jung Seung-jo, et son homologue américain, Martin Dempsey, se sont entretenus dans le cadre de la 35ème Réunion du comité militaire. Ils ont examiné les « capacités de défense conjointe » de la Corée du Sud et des Etats-Unis face à la RPDC au regard des « provocations militaires nord-coréennes ». Le général américain Dempsey a notamment insisté sur le fait que les Etats-Unis ne réduiraient pas leur présence militaire dans la région de Asie-Pacifique malgré la diminution du budget de la Défense.

 

Kim-Panetta_28102011.jpgLe lendemain, 28 octobre, le ministre de la Défense sud-coréen, Kim Kwan-jin, et le secrétaire à la Défense américain, Leon Panetta, se sont rencontrés à Séoul pour la 43ème Réunion consultative sur la sécurité. La Réunion consultative sur la sécurité est une réunion annuelle entre les chefs de la Défense sud-coréen et américain qui se tient alternativement à Séoul et à Washington. C’est la première réunion de ce genre pour Panetta qui a succédé en juillet à Robert Gates au poste de secrétaire à la Défense des Etats-Unis.

 

Au cours de la réunion du 28 octobre, les ministres sud-coréen et américain ont convenu d'élaborer un « plan opérationnel conjoint pour contrer les éventuelles provocations locales ». En septembre, le ministère de la Défense sud-coréen avait déclaré que la Corée du Sud et les Etats-Unis ont convenu d’achever un plan opérationnel conjoint d’ici la fin de l’année. Un tel plan opérationnel prévoit une aide américaine au Sud « en cas de nécessité », incluant les forces stationnées en Corée du Sud et également sur d’autres bases américaines de la région Asie-Pacifique.

 

« A travers ce plan, le ministre et le secrétaire ont réaffirmé la nécessité de développer des capacités de dissuasion militaire de l’alliance de manière plus pratique et concrète et également d’améliorer le niveau de préparation des réponses en cas de provocation nord-coréenne », ont affirmé Kim et Panetta dans leur déclaration commune du 28 octobre. « Le ministre et le secrétaire ont réaffirmé que la continuation de la préparation bilatérale étroite pour divers scénarios ainsi que des exercices conjoints étendus étaient cruciaux pour se préparer adéquatement aux futurs défis sur la péninsule [coréenne]. »

 

NLLLes deux parties ont également annoncé qu’elles développeraient des « capacités de préparation combinées » sur les îles proches de la Ligne de limite Nord (Northern Limit Line, NLL) en mer de l'Ouest (mer Jaune). Tracée de manière unilatérale par la marine américaine en 1953, la NLL est la frontière maritime de facto en mer de l'Ouest mais est contestée par la RPD de Corée. Le 28 octobre, Kim et Panetta ont néanmoins redit que le Nord devait « accepter la valeur pratique de la NLL et respecter celle-ci ». 


Lors de la réunion, Panetta a affirmé que les Etats-Unis restaient engagés pour fournir et renforcer « une dissuasion élargie » pour la Corée du Sud. L’expression « dissuasion élargie » fait référence à une promesse faite par une puissance nucléaire de protéger un allié démuni d’armes atomiques. Selon la déclaration du 28 octobre 2011, les Etats-Unis utiliseront « toute une variété de capacités, incluant le parapluie nucléaire américain, la frappe conventionnelle et les capacités de défense de missile ».


Par la voix de son organe officiel Minju Joson, le gouvernement de la RPDC a dénoncé les rencontres militaires américano-sud-coréennes des 27 et 28 octobre comme « destinées à accroître le danger de guerre dans la péninsule coréenne », notant que « les va-t-en-guerre sud-coréens organisent des manœuvres de guerre contre la RPDC, prévues pour coïncider avec ces discussions militaires. »

 

Hoguk2011_Wonju.jpgEn effet, du 27 octobre au 4 novembre 2011 ont eu lieu à travers toute la Corée du Sud les exercices militaires annuels Hogukengageant 140 000 soldats sud-coréens et américains, sur terre, dans les airs et sur les mers. Chaque année, les exercices Hoguk de novembre s'ajoutent aux exercices Key Resolve/Foal Eagle qui ont lieu en mars et aux exercices Ulji Freedom Guardian du mois d'août.

 

En particulier, le « commandement de la défense des îles du nord-ouest » de l'armée sud-coréenne, créé en juin 2011, a organisé le 28 octobre un exercice de grande envergure impliquant des milliers de soldats de l’armée de terre, de la marine, du corps des Marines et de l’armée de l’air, avec le soutien de canons automoteurs K-9, d'avions de chasse KF-16 et d'hélicoptères AH-1S Cobra.

 

Cet exercice a été mené sur l’île de Baengnyeong, à proximité immédiate de la NLL. C'est près de l'île de Baengnyeong que la corvette sud-coréenne Cheonan a fait naufrage le 26 mars 2010. Ce naufrage a été imputé à une torpille nord-coréenne par une enquête « internationale » menée en fait par les autorités américaines et sud-coréennes. La RPDC nie toute implication dans le naufrage du Cheonan et les conclusions de l'enquête américano-sud-coréenne sont réfutées, entre autres, par des scientifiques, un membre sud-coréen de la commission d'enquête officielle, et par les experts de la marine russe qui ont pu examiner les « preuves ».


L
e Comité pour la réunification pacifique de la patrie, organisme de la RPDC en charge des relations Nord-Sud, a qualifié les exercices Hoguk de « guerre préliminaire très dangereuse en vue de l’invasion de la RPDC car pouvant déboucher sur une guerre réelle à tout instant compte tenu de l'ampleur et de la nature des forces armées impliquées et de leur intensité ».

 

Le comité a ajouté : « Leurs activités frénétiques de confrontation et de guerre contre la RPDC ne fera qu’accélérer leur propre destruction. Les autorités sud-coréennes doivent mettre un terme de suite à ces actions militaires imprudentes pour éviter les conséquences catastrophiques que pourrait entraîner leur plan de provoquer une guerre. »

 

Il convient de rappeler que dans le cadre des précédents exercices Hoguk, le 23 novembre 2010, l'armée sud-coréenne avait procédé à des tirs d'artillerie à partir de l'île de Yeonpyeong, en mer de l'Ouest, en direction des eaux territoriales nord-coréennes. La riposte de l'artillerie nord-coréenne avait fait quatre morts sur l'île de Yeonpyeong. 


A l'heure où les discussions ont repris entre la RPDC et les Etats-Unis, laissant entrevoir une prochaine reprise des pourparlers à six (deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, on espérait que de telles provocations appartenaient au passé. Elles ne font qu'aggraver les tensions et justifier un peu plus l'acquisition d'une force de dissuasion nucléaire par la RPDC

 

Il y a pourtant mieux à faire qu'élaborer des plans opérationnels et multiplier les exercices militaires d'ampleur. Pour éviter de nouveaux accrochages meurtriers en mer de l'Ouest et, au-delà, assurer une paix permanente dans la péninsule coréenne, l'Association d'amitié franco-coréenne estime plus que jamais nécessaire la conclusion d'un traité de paix en Corée afin de remplacer l'accord d'armistice de 1953 et mettre un terme définitif à la Guerre de Corée.

 

Sources :

AAFC

"CPRK Hits Anti-DPRK War Exercises", KCNA, 29 octobre 2011

"US and S. Korean Military Provocation Moves Flailed", KCNA, 30 octobre 2011

« Réunion des chefs d'état-major interarmées sud-coréen et américain », Yonhap, 27 octobre 2011

« Séoul et Washington décident de préparer un plan opérationnel conjoint contre le Nord », Yonhap, 28 octobre 2011

« Exercice militaire de grande envergure en mer Jaune », Yonhap, 28 octobre 2011

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 23:05

Alors que, traditionnellement, les GIs américains coupables de crimes et de délits lorsqu'ils sont stationnés en Corée du Sud ne sont pas poursuivis pour les actes qu'ils ont commis, deux affaires de viol avaient éclaté coup sur coup pour des faits remontant au mois de septembre, rappelant le statut inique des forces américaines dans la péninsule. De manière assez exceptionnelle, un tribunal sud-coréen a pu condamner dans des délais relativement rapides, à une peine principale de dix ans de prison, un GI accusé de viol sur une adolescente coréenne dans des circonstances aggravantes. Un jugement exemplaire que salue l'AAFC, qui montre qu'il est possible de faire reculer l'impunité et de défendre la dignité des femmes, pour peu que les médias et l'opinion publique se mobilisent.

 

soldats_US_en_Coree.jpgUn soldat américain de 21 ans, basé à Dongducheon, au Nord de Séoul, vient d'être condamné à dix ans de prison pour le viol d'une adolescente sud-coréenne de 18 ans. La peine, qui comprend aussi une publication sur un site Internet gouvernemental sud-coréen, a été assortie d'une obligation de suivi et de conseil de 80 heures.

 

Le tribunal de Uijeongbu souligne que "l'accusé a satisfait son désir sexuel d'une manière perverse et sadique pendant trois heures, infligeant la peur et l'humiliation à sa victime". Il a précisé comment le soldat s'était introduit dans la chambre de sa victime le 24 septembre 2011, l'avait menacée avec une paire de ciseaux et lui avait volé 4,50 dollars avant de s'enfuir.

 

Lors d'une visite en Corée du Sud en octobre, le secrétaire d'Etat adjoint américain Kurt Campbell s'était excusé, tandis qu'un couvre-feu a été imposé aux 28.500 soldats américains présents dans le Sud de la péninsule. D'une durée initiale d'un mois, ce couvre-feu décidé par le commandement  des forces américaines en Corée a été prolongé jusqu'en début d'année 2012.

 

Le jugement, exemplaire, correspond à la plus lourde condamnation d'un soldat américain par un tribunal sud-coréen, depuis une condamnation à la prison à vie, en 1993, d'un GI pour le meurtre d'une femme sud-coréenne. La Corée du Sud n'a pas aboli la peine de mort.

 

En 2002, l'acquittement de deux soldats US qui avaient écrasé des fillettes coréennes avait soulevé une vague d'indignation et de protestations dans toute la péninsule, tout en soulignant les menaces que peuvent faire courir à la population coréenne des troupes américaines ordinairement protégées par leur hiérarchie et leur gouvernement, conduisant à l'impunité de la plupart des crimes et délits qu'elles commettent.

 

C'est une raison supplémentaire qui conduit l'AAFC à appeler chacune et chacun à signer et faire signer le projet de traité de paix en Corée, pour le retrait de toutes les troupes étrangères de la péninsule.

 

Sources principales : AAFC ; Sarah Berning (sur Deutsche Well, d'après AFP et AP, y compris photo).

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 22:06

Nucléaire RPDC-USAUn second cycle de discussions de haut niveau visant à relancer les négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne s'est tenu à Genève les 24 et 25 octobre 2011 entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). En réponse à des questions de l'agence officielle KCNA, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a souligné que ces échanges avaient permis d' "approfondir la compréhension mutuelle" et d'accomplir "une série de progrès".

 

Après les échanges fin juillet entre la RPD de Corée et les Etats-Unis, un deuxième cycle de discussions de haut niveau s'est tenu entre les deux parties, à Genève, les 24 et 25 octobre 2011. Ces discussions visent à relancer le processus des négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, à l'arrêt depuis avril 2009La délégation de la RPD de Corée était conduite par Kim Kye-gwan, premier vice-ministre des Affaires étrangères, et la délégation américaine par Stephen Bosworth, représentant spécial pour la politique avec la RPD de Corée. 

 

Le 27 octobre, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a observé que ces discussions avaient aidé à "approfondir la compréhension mutuelle" et avaient marqué "une série de progrès". Le MAE de la RPD de Corée a ajouté que les deux parties avaient décidé de poursuivre les discussions, en vue de résoudre les questions restant en suspens.

 

Le porte-parole a précisé que "la RPDC reste invariable dans sa position de principe" en vue de "la reprise des pourparlers à six [sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne] dans les meilleurs délais et sans conditions préalables et pour une application généralisée et équilibrée de la déclaration conjointe du 19 septembre [2005] selon le principe de la simultanéité des actions". 

 

Les échanges bilatéraux de haut niveau devraient donc se poursuivre, l'engagement et la poursuite du dialogue permettant de créer une plus grande confiance entre les différentes parties.

 

Source principale : KCNA.

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 14:25

Deux GIs de l'armée américaine, qui compte toujours 28.500 soldats en Corée du Sud, ont été accusés de viol par des adolescentes sud-coréennes pour des faits distincts datant du 17 et du 24 septembre 2011. Ces affaires très graves - dans un des cas, le Département d'Etat américain a dénoncé le viol, qu'il considère donc comme établi - rappellent l'iniquité du statut juridique des forces américaines stationnées dans la péninsule. Ses soldats bénéficient d'un privilège d'extra-territorialité : conformément à l'accord bilatéral américano-sud-coréen de 1966 sur le statut des forces (Status of Forces Agreement, SOFA), qui détermine les conditions de la présence des troupes des Etats-Unis en Corée du Sud, les militaires américains auteurs de crimes ou délits dans l'exercice de leurs fonctions relèvent de la justice militaire américaine, sans possibilité d'appel ni d'indemnisation par les tribunaux sud-coréens. De tels accords sont les vestiges du droit colonial, quand les puissances impérialistes se réservaient le droit de juger elles-mêmes des contentieux impliquant les citoyens de la métropole pour des crimes commis à l'encontre de ceux qu'elles qualifiaient d' "indigènes", soit dans leurs colonies, soit dans des Etats qui, comme la Chine, étaient dépouillés de la prérogative régalienne de rendre justice sur leur territoire.

 

Jusqu'à quand ? Jusqu'à quand les crimes commis par des soldats américains en Corée du Sud, au Japon ou ailleurs dans le monde resteront-ils soumis à une juridiction d'exception, relevant de la justice militaire américaine, qui trop souvent conduit à ce que des soldats américains décident d'absoudre d'autres soldats américains ?

 

En 1995, une fillette japonaise de 12 ans a été violée par des soldats américains à Okinawa, soulevant dans l'archipel une vague de protestations sans précédent contre la présence militaire US.

 

En juin 2002, deux écolières sud-coréennes, Shin Hyo-sun et Shim Mi-seon, ont été écrasées par un véhicule blindé de l'armée américaine. Quelques mois plus tard, en novembre, le sergent Nino et le sergent Walker étaient acquittés par un tribunal militaire américain, soulevant une vague d'indignation à travers toute la Corée, lors d'une campagne nationale ayant exigé la révision du statut des forces américaines en Corée. Ce statut méconnaît la souveraineté du peuple coréen, dénué du droit de rendre justice pour des crimes commis sur son territoire contre ses propres ressortissants.

 

Funerailles_2002.jpg

 

La plupart des délits commis en Corée du Sud par des soldats américains sont étouffés, grâce notamment à la complicité des médias sud-coréens, conservateurs et pro-américains dans leur écrasante majorité : ainsi, alors que 30 crimes sexuels ont été commis par les troupes américaines en Corée du Sud entre 2007 et juin 2011 selon l'Agence de la police national sud-coréenne, la plupart de ces affaires ont été passées sous silence.  Pourtant, deux accusations de viols d'adolescentes viennent d'éclater coup sur coup.

 

Un soldat américain de 21 ans appartenant à la brigade de communications de la 8e armée américaine - identifié par l'initiale R. - a été interrogé par la police sud-coréenne pour des faits remontant aux premières heures de la journée du 17 septembre : l'enquête porte sur l'agression sexuelle présumée d'une adolescente de 18 ans dans la chambre de cette dernière, à Mapo, au centre de Séoul. Le GI avait d'abord raccompagné la jeune fille chez elle après qu'ils eurent bu ensemble et avec un autre soldat. Il ne nie pas une relation sexuelle, mais prétend que la jeune fille était consentante, tout en reconnaissant lui avoir volé un ordinateur. Des tests ADN sont en cours.

 

Une autre affaire implique un soldat américain et une adolescente sud-coréenne, également âgés de 21 ans et 18 ans, pour des faits datant du 24 septembre, à Dongducheon, au Nord de Séoul, où se trouvent plusieurs camps militaires américains. L'enquête est également en cours.

 

En Corée, quand une personne naît, elle est âgée de 1 an, et elle est considérée comme âgée de 2 ans au 1er janvier de l'année suivante. Une adolescente âgée de 18 ans en Corée a donc 16 ou 17 ans en Occident.

 

Le général de brigade américain David Conboy, responsable de la garnison américaine à Séoul, a publié une déclaration regrettant la "souffrance" causée par les allégations de viol dans l'affaire du 17 septembre. James D. Thurman, commandant des forces américaines en Corée, a déclaré avoir instauré un couvre-feu "compte tenu des incidents qui ont eu lieu ces derniers mois".

 

Le 7 octobre, Kurt Campbell, sous-secrétaire d'Etat américain pour l'Asie de l'Est et le Pacifique, a présenté des excuses pour "un viol tragique et inacceptable qui s'est déroulé il y a environ une semaine", sans préciser clairement à laquelle des deux affaires il faisait allusion. Des manifestations se sont tenues à proximité de l'ambassade américaine à Séoul.

 

Mais les excuses ne suffiront pas si les accusations de viol - un délit qualifié de crime en droit pénal - sont avérées, à l'issue d'enquêtes où les Américains doivent coopérer pleinement et sincèrement avec la police coréenne. Les excuses ne compensent jamais les souffrances à vie endurées par les femmes victimes de viol. En cas de crime, le président Barack Obama doit s'excuser au nom du peuple américain, dont les militaires se rendent justice eux-mêmes dans l'accord inique SOFA. Enfin, les principes de justice et de droit à un procès équitable impliquent la révision du statut SOFA des forces américaines stationnées en Corée du Sud. 

 

Sources : AAFC, China Daily, Yonhap.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 00:39

UFG2011 1Le 16 août 2011, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont entamé leur manœuvres militaires conjointes Ulji Freedom Guardian, prévues pour durer dix jours et mobilisant pas moins de 530.000 civils et militaires. Le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes a beau présenter ces manœuvres comme « de routine » et « défensives », elles alimentent à nouveau la tension dans la péninsule coréenne alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait renoué le dialogue avec les Etats-Unis et la Corée du Sud. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangère a dénoncé les manœuvres américano-sud-coréennes, avertissant que, face aux menaces, la RPDC n'aura pas d'autre choix que de développer sa propre force de dissuasion.

 

Le 7 août 2011, l'Armée populaire de Corée (du Nord) a adressé une lettre ouverte aux autorités américaines et sud-coréennes, les exhortant à annuler leurs manœuvres Ulji Freedom Guardian s'ils souhaitent une amélioration de leurs relations avec la RPDC et des progrès dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne. 

 

UFG2011 2Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont ignoré cet appel et lancé le 16 août les manœuvres Ulji Freedom Guardian. A l'instar des manœuvres Key Resolve/Foal Eagle organisées au mois de mars, les manœuvres Ulji Freedom Guardian du mois d'août ont lieu chaque année sur tout le territoire sud-coréen et sont présentées par le Commandement des forces combinées américano-sud-coréennes comme un exercice militaire « de routine », « défensif » et « destiné à améliorer la capacité de l'alliance [Etats-Unis-Corée du Sud] à défendre la République de Corée [du Sud] ». Cette année, Ulji Freedom Guardian s'étale du 16 au 26 août, mobilisant 530.000 personnes, civils et militaires, dont 56.000 soldats sud-coréens et 30.000 soldats américains. Sept pays membres du Commandement des Nations Unies en Corée – dirigé par les Etats-Unis - participent à ces manœuvres en tant qu'observateurs : l'Australie, le Canada, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, la Norvège et la Thailande. La France et l'Australie avaient déjà envoyé des observateurs lors des manœuvres des marines américaine et sud-coréenne du 28 novembre au 1er décembre 2010. Interrogé à l'Assemblée nationale sur la mission précise de ces observateurs, le gouvernement français avait paru gêné, faisant une réponse très générale – et tardive - qui reprenait, sans toutefois le citer, un communiqué de l'armée américaine... 

 

Suite au lancement de l'édition 2011 des manœuvres Ulji Freedom Guardian, le porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a fait la déclaration suivante :

 

« Les autorités américaines et sud-coréenne ont donné le coup d'envoi des exercices militaires conjoints Ulji Freedom Guardian extrêmement provocants et agressifs dirigés contre la République populaire démocratique de Corée, malgré les mises en garde répétées de la RPDC.

Cette démonstration de force des Etats-Unis en collusion avec les autorités sud-coréennes consiste en des manœuvres en vue d'une guerre nucléaire contre la RPDC, lesquelles mettent en évidence leur objectif hostile inchangé de l'étouffer par la force des armes.

Cela entraîne des conséquences néfastes telles que gâcher l'atmosphère de dialogue créée suite à tant d'efforts reflétant le désir et les vœux unanimes des gens dans le pays et à l'étranger pour la paix et la stabilité de la péninsule coréenne et tend la situation.

Les Etats-Unis organisent des exercices en vue d'une guerre d'agression contre leur partenaire de négociation tout en affichant leur volonté de dialogue. Ce comportement incohérent de la part des Etats-Unis ne fait qu'ajouter au scepticisme quant à savoir s'ils sont sincères pour un dialogue ou non.

Il est absurde que les Etats-Unis exhortent la République populaire démocratique de Corée à s'abstenir de renforcer sa dissuasion nucléaire, tout en aiguisant en coulisses leurs épées pour une guerre d'agression.

Il est de très mauvais augure que les Etats-Unis laissent une 'unité d'action spéciale' participer aux exercices militaires conjoints en cours, celle-ci étant chargée de détecter et de détruire les armes nucléaires de la RPDC.

La situation qui prévaut actuellement tend à prouver que les Etats-Unis ne sont pas prêts à réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne par la voie du dialogue et des négociations, mais cherchent à saisir l'opportunité de lui ôter sa force de dissuasion nucléaire par une méthode de brigand.

Il est évident que la République populaire démocratique de Corée doit encore renforcer sa dissuasion nucléaire pour sa propre défense, à la fois en qualité et en quantité, afin de faire face à cette situation.

Invariable est la position de la RPDC d'assurer la paix et la dénucléarisation de la péninsule au moyen du dialogue et des négociations.

Aucune tentative des Etats-Unis visant à faire du mal à la République populaire démocratique de Corée par la force des armes n'est compatible avec le dialogue. Cela ne fera que se heurter au mode de neutralisation sans pitié dont les Coréens sont capables. »

 

UFG2011 3Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne déplore l'organisation des manœuvres militaires Ulji Freedom Guardian, auxquelles, malheureusement, la France apporte sa contribution. Pour l'AAFC, ces manœuvres portent un grave coup à la détente amorcée en juillet 2011 entre les deux Corée et entre la RPDC et les Etats-Unis, suite à la rencontre à Bali, lors du Forum régional de l'ASEAN, des négociateurs du Nord et du Sud aux pourparlers à six pays sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne,  et après la visite à New York du vice-ministre des Affaire étrangères de RPDC Kim Kye-gwan pour des discussions qualifiées de « constructives » avec Stephen Bosworth, négociateur américain aux pourparlers à six. 

 

La RPDC s'est déclarée prête à reprendre le dialogue multilatéral, sans conditions préalables, et à mettre en œuvre la déclaration du 19 septembre 2005 en vue de la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  La proposition nord-coréenne a notamment reçu le soutien de la République populaire de Chine. Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont, eux, préféré se lancer dans une nouvelle série de manœuvres militaires qui ne contribuent ni à instaurer la confiance et la paix en Asie du Nord-Est, ni à faire avancer la dénucléarisation de la Corée, laquelle concerne le monde entier.

 

UFG2011 4Enfin, le risque d'un incident, d'une provocation, ou même d'un simple malentendu aux conséquences incalculables reste élevé quand se répètent des manœuvres militaires d'une telle ampleur dans la péninsule coréenne, laquelle reste « techniquement » en état de guerre depuis 1953 faute de traité de paix.  Ainsi, le 11 août 2011, dans la zone contestée de la mer de l'Ouest (mer Jaune), la Corée du Sud a ouvert le feu en direction du Nord après avoir entendu des bruits de détonations provenant d'un chantier de construction.  Le 26 mars 2010, toujours en mer de l'Ouest, la corvette sud-coréenne Cheonan  avait coulé dans des circonstances encore mystérieuses au cours des manœuvres américano-sud-coréennes Key Resolve/Foal Eagle.  L'enquête conduite par les Etats-Unis et la Corée du Sud a imputé ce naufrage à une torpille nord-coréenne. Ces allégations ont été rejetées par la RPDC et par des spécialistes du monde entier, mais ont servi de prétexte à une multiplication de démonstrations de force par les Etats-Unis et leurs alliés sud-coréens tout au long de l'année 2010. 

 

 

Sources :

"Exercise Ulchi Freedom Guardian 2011 begins", communiqué de presse du Commandement des forces combinées, 16 août 2011

"Spokesman for DPRK Foreign Ministry Slams Ulji Freedom Guardian", KCNA, 17 août 2011

« La RPDC condamne les exercices militaires Washington-Séoul », Xinhua, 17 août 2011 (photos)

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