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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 10:40

Les négociations bilatérales en cours cette semaine, entre les représentants des Etats parties aux pourparlers multilatéraux sur le nucléaire nord-coréen, en vue d'une nouvelle session de discussions à Pékin, laquelle pourrait s'ouvrir dès le lundi 8 décembre 2008. Une incertitude demeure cependant sur la liste des participants, Pyongyang considérant que, par son attitude, le Japon s'est exclu de lui-même de la table des négociations.

Après la rencontre entre les négociateurs américain, Chistopher Hill, et nord-coréen, Kim Kye-gwan, sur le dossier nucléaire nord-coréen à Singapour, les 4 et 5 décembre, Christopher Hill doit se rendre à Séoul en cette fin de semaine et rencontrer également son homologue russe. L'objectif est de lever les différences d'interprétation entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur un
accord bilatéral conclu en octobre, en application duquel la RPDC a été retirée de la liste des Etats soutenant le terrorisme.

 

La demande américaine que des inspecteurs internationaux prélèvent des échantillons sur le site nucléaire coréen de Yongbyon, à des fins de vérification, a été considérée par la RPDC comme dépassant le cadre de l'accord bilatéral d'octobre. Pyongyang n'a ainsi pas donné suite. Les pourparlers américano - nord-coréens avaient ainsi pour objectif de réduire les divergences d'interprétation, en vue de relancer les pourparlers multilatéraux (les deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) à Pékin, pour la mise en oeuvre de l'accord conclu dans la capitale chinoise le 13 février 2007 qui doit conduire à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Pékin devait toutefois encore confirmer la date du lundi 8 décembre pour l'ouverture d'une nouvelle session de négociations.

Les principaux points d'achoppement sont, d'une part, la livraison d'énergie à la RPDC promise par les autres parties à l'accord en contrepartie de la désactivation du réacteur de Yongbyon, et, d'autre part, selon les termes de Christopher Hill, la "procédure scientifique" sur la mise en oeuvre du processus de cessation des activités nucléaires militaires par la RPDC, ainsi que la confirmation des documents remis par la RPDC sur son programme nucléaire.

Dans ce cadre, le refus du Japon d'honorer ses engagements de livraison d'énergie a amené un porte-parole du ministère des affaires étrangères de RPDC à déclarer, le samedi 6 décembre, que Pyongyang ne considérait plus Tokyo comme partie aux négociations. Les pourparlers ne seront-ils conduits qu'à cinq, ou bien l'accord de l'Australie de procéder aux livraisons d'énergie en lieu et place du Japon annonce-t-elle son intention d'entrer dans le groupe des Etats parties à la négociation, après que
l'Union européenne, présidée par la France du président Nicolas Sarkozy, a raté une nouvelle occasion de s'affirmer comme puissance internationale ?

 

Suite à l'élection du démocrate Barack Obama à Washington, l'administration sortante du président George W. Bush semble manifestement rechercher un succès diplomatique, après avoir choisi la voie de la confrontation plutôt que de la négociation pendant cinq ans, de février 2002 à février 2007. Ironie de l'histoire, la prochaine secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, devrait reprendre les négociations avec la RPDC dans des conditions proches de celles atteintes à la fin du second mandat de William Clinton, en 2000, mais entretemps la RPDC aura procédé, en octobre 2006, à son premier essai nucléaire. (Sources : AFP, Gulf Times, Ria Novosti)

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 13:20

Selon les enquêtes d'opinion conduites dans un ensemble de pays, l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, le mardi 4 novembre 2008, était souhaitée par l'écrasante majorité des opinions publiques du reste du monde, dans l'espoir notamment de relations moins conflictuelles avec l'hyper-puissance américaine. Dans l'attente des décisions que prendra la nouvelle administration démocrate, l'Association d'amitié franco-coréenne a souhaité rappeler les enjeux diplomatiques de la présidence américaine pour la péninsule coréenne.

L'élection de Barack Obama marquera-t-elle une rupture avec la diplomatie de George W. Bush en Corée ? Pour répondre à cette question, encore faut-il pouvoir identifier une ligne diplomatique claire de Washington vis-à-vis, notamment, de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pendant les huit années de la présidence Bush. Or l'administration américaine sortante a opéré une volte-face en 2007.

Rappel historique : entre 2000 et 2007, 7 ans de perdus dans les négociations américano - nord-coréennes

En octobre 2000, à la fin de la présidence de William Clinton, la visite à Pyongyang de la secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright semblait alors ouvrir la voie à l'établissement prochain de relations diplomatiques entre les Etats-Unis d'Amérique et la RPDC, sur la base du dialogue. Mais l'élection de George W. Bush quelques semaines plus tard avait mis fin aux espoirs d'une solution négociée en Corée, qui aurait également comporté l'établissement d'un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice qui perdure depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, ainsi que des garanties économiques et de sécurité pour Pyongyang en contrepartie de son renoncement à l'arme nucléaire.

Les attentats du 11 septembre 2001 avaient en effet conduit George W. Bush à classer la RPDC parmi les pays de "l'axe du mal" et à choisir la voie de la confrontation avec Pyongyang. L'essai nucléaire nord-coréen d'octobre 2006 avait signé la faillite de cette politique d'affrontement : l'accord multilatéral sur la dénucléarisation de la RPDC, conclu à Pékin le 13 février 2007, marquait le retour à la négociation, dans un volte-face surprenant d'une administration Bush en fin de mandat, à la recherche d'un succès diplomatique qui aurait fait oublier les échecs diplomatiques en Irak et au Proche-Orient.

Compte tenu de ces éléments, l'enjeu de l'élection présidentielle américaine de novembre 2008 pour la RPDC était d'abord de savoir si Washington poursuivrait, ou non, le dialogue avec Pyongyang. S'appuyant sur les franges les plus conservatrices du Parti républicain, John McCain avait vivement critiqué le régime de la RPDC et dénoncé le changement de cap de l'administration Bush, alors qu'au contraire Barack Obama avait salué le
retrait récent de Pyongyang de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme comme un pas nécessaire dans la résolution du contentieux nucléaire américano - nord-coréen. La nouvelle administration démocrate devrait  toutefois s'intéresser également à d'autres thèmes que les armes nucléaires, comme les droits de l'homme.

En tout état de cause, les déclarations du nouveau chef de l'Etat américain, prêt à rencontrer les dirigeants d'Etats que George W. Bush avait pour sa part qualifiés de "voyous", laisse à penser que les négociations se poursuivront entre Washington et Pyongyang, jusqu'au
probable établissement, à terme, de relations diplomatiques. Avant cette étape, il peut être envisagé l'ouverture d'une représentation diplomatique américaine à Pyongyang, dont la forme (un bureau de liaison ? une délégation générale ?) dépendra des progrès du dialogue bilatéral.

Une nouvelle administration démocrate, moins perméable aux manipulations orchestrées par les néoconservateurs

Un autre élément encourageant pour les partisans du dialogue est le parcours et l'entourage du nouveau vice-président, Joe Biden, président de la commission des affaires étrangères du Sénat. Frank Jannuzzi, ancien collaborateur de Joe Biden, devrait ainsi remplacer Christopher Hill dans les négociations avec Pyongyang.

L'arrivée de nouveaux responsables connaissant le dossier nord-coréen, et non soumis aux pressions des néoconservateurs hostiles à toute négociation avec Pyongyang, rend moins faciles de nouvelles manipulations de l'opinion publique sur la RPDC.

En février 2007, l'audition par le Congrès américain du responsable des renseignements américains en Corée du Nord, M. Joseph deTrani, avait ainsi mis en doute l'existence d'un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium par Pyongyang, comme l'en avait accusée Washington, et qui avait été à l'origine du retrait de la RPDC de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). David Albright, président de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISSI) et ancien inspecteur de l'ONU, avait alors fait la comparaison avec les informations des services de renseignements américains sur l'Irak, à la veille du conflit, selon lesquelles l'Irak détenait des armes de destruction massives. 

D'autres manipulations des médias s'agissant de la Corée du Nord et s'appuyant sur les services américains, par exemple en ce qui concerne les
accusations de fabrication de fausse monnaie,  ont également été démontées par des journalistes indépendants.

Séoul-Washington : poursuite de la politique de ratification de l'accord de libre-échange

S'agissant de la Corée du Sud, la nouvelle administration démocrate n'a jamais envisagé le retrait des quelque 30.000 soldats américains, ni une remise une cause des liens militaires privilégiés noués, dans ce cadre, entre Séoul et Washington.

En revanche, une plus grande ouverture est attendue pour la
ratification de l'accord de libre-échange entre les deux pays, en prenant en compte l'importance des manifestations en Corée contre la reprise des importations de boeuf américain, malgré les risques sanitaires liés à la crise de la "vache folle". Mais Barack Obama reste fondamentalement un partisan du libre -échange, favorable à la ratification de l'accord entre Washington et Séoul par le Congrès américain.

Conclusion : une administration américaine plus prévisible ?

C'est au pied du mur qu'on reconnaît le maçon. L'hypothèque McCain ayant été levée, il reste maintenant à Barack Obama et à son équipe de savoir s'ils veulent, ou non, accélérer le processus de réintégration de la RPDC sur la scène internationale, alors que les républicains restaient soumis à la pression des néoconservateurs hostiles à toute solution négociée. Ce sont en effet les tensions internes au camp républicain qui peuvent expliquer les
fréquents changements de cap de George W. Bush, y compris dans la phase de négociations ouverte par l'accord de Pékin du 13 février 2007. (Sources : AAFC, Korea Times)

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 14:14

Selon Donald Gregg, conseiller diplomatique du candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine, Barack Obama serait favorable à l'établissement de relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Dans l'attente du verdict des urnes, cette annonce traduit l'importance des enjeux de la présidentielle américaine pour la péninsule coréenne.

Barack Obama
est non seulement partisan du dialogue avec Pyongyang, mais il serait également favorable à l'établissement de relations diplomatiques avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée) : si le candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine ne s'est pas avancé publiquement en des termes aussi précis, c'est du moins l'opinion exprimée par son conseiller diplomatique, Donald Gregg, ancien ambassadeur des Etats-Unis en République de Corée (Corée du Sud) de 1989 à 1993, dans le cadre d'un forum sur la paix qui s'est tenue dans la péninsule coréenne.

De fait, alors que l'administration américaine sortante vient d'approuver un
accord bilatéral tendant à relancer le processus de dénucléarisation de la RPD de Corée, le résultat des élections présidentielles américaines sera lourd de conséquences pour la Corée :


  • s'agissant des relations avec la RPD de Corée, contrairement aux démocrates partisans du dialogue avec Pyongyang, le républicain John McCain a qualifié la RPDC de "pire régime sur terre" et fustigé les accords américano - nord-coréens comme autant de signes de faiblesses de Washington ; son équipe de campagne, dans un de ces raccourcis douteux qu'elle semble affectionner, avait par ailleurs comparé l'épouse de son adversaire démocrate à une "Kim Jong-il en jupons", eu égard à ses  opinions politiques supposées ;


  • avec la Corée du Sud, si les deux principaux candidats à l'élection présidentielle américaines sont favorables à la ratification de l'accord de libre-échange bilatéral signé en juin 2007, Barack Obama souhaite régler préalablement les différends sur le commerce automobile et la reprise des importations de boeuf américain, lesquels ont donné lieu à des manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes. (sources : AAFC, KBS World Radio)

 

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 21:54

Le 11 octobre 2008, le département d'Etat américain a annoncé le retrait de la République populaire démocratique de Corée (RPD de Corée, Corée du Nord) de la liste US des Etats soutenant le terrorisme. Dès le lendemain, la RPD de Corée a annoncé la reprise de la désinstallation de ses activités nucléaires militaires.

Le processus de dénucléarisation de la péninsule coréenne est à nouveau sur les rails : en application d'un
accord bilatéral américano - nord-coréen conclu les jours précédents, le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack, a annoncé le 11 octobre 2008 le retrait de la République populaire démocratique (RPD) de Corée de la liste des Etats soutenant le terrorisme. Conformément au principe "action contre action", la RPD de Corée a annoncé, dès le 12 octobre, qu'elle reprenait la désinstallation de son principal site nucléaire militaire, à Yongbyon.

La RPD de Corée avait été inscrite sur la liste des Etats soutenant le terrorisme en 1988, après un attentat contre un avion de ligne sud-coréen au-dessus de la mer d'Andaman, en 1987, ayant fait 115 morts. Les autorités nord-coréennes ont toujours nié leur implication dans cet attentat.

Son inscription sur la liste des Etats soutenant le terrorisme bloquait notamment l'accès de la RPD de Corée à des prêts internationaux à taux bonifié d'institutions internationales. Cette situation a montré toute l'ambiguïté du droit international public, instrument des rapports entre puissances :


  • une telle inscription relevait d'une décision politique : en effet, la RPD de Corée a nié son implication dans l'attentat de 1987, quand d'autres pays, comme la Libye, ont, eux, reconnu leur implication dans des faits similaires, mais ont été retirés de la liste du seul fait de leur rapprochement avec les Etats-Unis ;


  • un seul Etat, en l'espèce les Etats-Unis, peut prendre des mesures qui ont des effets sur la communauté financière internationale, prétendument indépendante des choix politiques d'un seul Etat ; il s'agissait ainsi de conforter la stratégie des néoconservateurs américains dont un des objectifs affichés est l'étranglement financier de la Corée du Nord, sans hésiter à recourir à des procédures de manipulation des services de renseignement.


Conformément à l'accord américano - nord-coréen, les inspecteurs américains et des Nations-Unies pourront à nouveau se rendre sur le site de Yongbyon. D'après Washington, Pyongyang a accepté le principe d'une vérification complète de son programme nucléaire militaire.

Le Japon, qui était notoirement opposé au retrait de la RPD de Corée de la liste des Etats soutenant le terrorisme, a annoncé qu'il disposait d'autres moyens de pression et/ou de sanction, alors que les négociations bilatérales entre les deux pays restent au point mort, malgré une
reprise des discussions en juin 2008. (Sources : AFP, AP)

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 18:00

Selon plusieurs agences de presse, un compromis a été trouvé,  vendredi 10 octobre 2008, entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), pour sortir de l'impasse sur la poursuite du processus de dénucléarisation nord-coréen. L'accord doit toutefois encore être avalisé par les autres Etats parties, et surtout par le président George W. Bush.

La visite du négociateur américain sur le nucléaire nord-coréen, Christopher Hill, à Pyongyang, aurait permis de trouver un accord bilatéral pour sortir de l'impasse dans la poursuite du processus de dénucléarisation de la République populaire démocratique (RPD) de Corée, selon les annonces faites le 10 octobre 2008 par les agences Associated Press (AP) et Yonhap.

En effet, la décision des Etats-Unis de subordonner le
retrait de Pyongyang de la liste des Etats soutenant le terrorisme, qui ouvrirait la voie à des financements internationaux de la RPD de Corée, à une vérification de la déclaration par Pyongyang de ses activités nucléaires militaires, correspondait à une nouvelle exigence de Washington, ne figurant pas dans l'accord bilatéral précédemment conclu entre les deux pays. Face à ce revirement de l'administration américaine interprétée comme un retour en force des "faucons" néoconservateurs, hostiles à toute solution négociée avec la RPD de Corée, Pyongyang a décidé de rétablir ses capacités nucléaires.

S'agit-il de la reprise du processus graduel de renoncement de la RPDC à ses activités nucléaires militaires, suivant le principe "action contre action", en contrepartie de garanties économiques et de sécurité ? Plusieurs inconnues - de taille - subsistent : l'acceptation de cet accord par le président George W. Bush, alors que le candidat républicain à la Maison-Blanche John McCain s'inscrit dans une logique de surenchère par rapport aux néoconservateurs américains ; les réactions des autres parties aux accords à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) à ce compromis. Si la Chine et la Russie veulent fléchir l'intransigeance américaine, le Japon est en revanche hostile à tout retrait de Pyongyang de la liste des Etats soutenant le terrorisme.

Par ailleurs, quelles seront les demandes de vérification du processus de dénucléarisation ? Il a été évoqué la possibilité qu'une partie tierce - la Chine - intervienne dans cette démarche, en transmettant ensuite à Washington les éléments fournis par Pyongyang. L'accord du 10 octobre 2008 ne précise pas ce point, selon les informations transmises par AP et Yonhap. (Source : International Herald Tribune)

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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 12:00

Après le non-respect par les Américains de leur engagement de retirer Pyongyang de la liste des Etats soutenant le terrorisme, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a commencé les démarches tendant à la remise en activité de son principal réacteur nucléaire. Une réaction logique après la rupture unilatérale décidée par Washington dans la mise en oeuvre de l'accord de Pékin du 13 février 2007, tendant à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, conformément au principe "action pour action".

Le 19 septembre 2008, un porte-parole du ministère des affaires étrangères de République populaire démocratique de Corée (RPDC) a déclaré, à l'agence de presse nord-coréenne KCNA, que la RPDC avait non seulement suspendu le démantèlement de ses activités nucléaires, mais aussi qu'un travail était en cours tendant à restaurer les installations nucléaires sur le site de Yongbyon dans leur état original, comme contre-mesure à la décision des Etats-Unis de ne pas retirer la RPDC de la liste des Etats soutenant le terrorisme.

L'accord signé à Pékin par six Etats (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), le 13 février 2007, et tendant à la dénucléarisation de péninsule coréenne, ont été basés, de même que les accords qui ont suivi, sur le principe "action pour action" : la RPDC renonçait par étapes à son programme nucléaire militaire, à condition que des gestes soient accomplis simultanément par l'ensemble des parties, en vue également de la levée des sanctions frappant la RPDC et d'accords politiques et économiques.

La remise par Pyongyang d'une liste de ses activités nucléaires militaires, ainsi que la destruction de la tour de refroidissement du complexe de Yongbyon, avaient marqué, en juin, l'accomplissement de nouveaux pas par Pyongyang, en contrepartie desquels Washington devait retirer la RPDC de la liste des Etats soutenant le terrorisme, et lever ainsi une des barrières à son accès aux circuits financiers internationaux.

Mais les Etats-Unis ont ensuite invoqué qu'il convenait de vérifier la liste des activités nucléaires remises par la RPDC selon les "standards internationaux", alors même qu'aucune condition de ce type ne figurait dans l'accord conclu entre Washington et Pyongyang. Cette volte-face des Etats-Unis a amené la RPDC à revenir sur les pas supplémentaires qu'elle avait accomplies au début de l'été, faute de respect du principe de réciprocité au coeur de la démarche "action pour action".

Le 22 septembre, à la demande de la RPDC, a ainsi été opéré le retrait des équipements de surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de la centrale de Yongbyon. Le 24 septembre, les inspecteurs de l'AIEA ont dû quitter le site de Yongbyon, tandis que Pyongyang a annoncé son intention d'y réintroduire des matières fissiles d'ici une semaine.

En estimant qu'il faudra plusieurs mois à la RPDC pour redémarrer son principal réacteur nucléaire, les Etats-Unis font l'aveu implicite qu'ils cherchaient surtout à gagner du temps dans leurs discussions avec la RPDC, alors que l'administration George W. Bush a semblé avoir cherché, un temps, un succès sur le dossier nucléaire nord-coréen qui aurait essayer de faire oublier la faillite de sa politique en Irak et en Iran. De son côté, la Chine, hôte des pourparlers à six, appelle Washington à faire preuve de "flexibilité". Pour sa part, la Corée du Sud s'aligne une fois de plus sur son allié américain en ne voyant dans l'attitude de Pyongyang qu'une "entorse" à l'accord de Pékin du 13 février 2007, en faisant une impasse totale sur le non-respect de ses engagements par Washington. (Sources : KCNA, Le Monde, Romandie.com)

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 23:08

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a interrompu le démantèlement de ses installations nucléaires et n'exclut pas de remettre en service son principal réacteur en représailles au refus américain de la retirer de sa liste des Etats soutenant le terrorisme. Ce dernier développement était parfaitement prévisible compte tenu des antécédents entre les deux pays et de la mauvaise volonté manifeste de la partie américaine.


Yongbyon_5MWe_Magnox_reactor.jpgUn porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse nord-coréenne KCNA, a affirmé que le règlement du problème nucléaire dans la péninsule coréenne bute sur le  refus des Etats-Unis de respecter leurs engagements. En conséquence, les opérations de démantèlement du réacteur nucléaire de Yongbyon sont suspendues depuis le 14 août, et la RPDC envisage de réactiver cette installation mise hors service en juillet 2007.


Situé à environ 100 kilomètres au nord de Pyongyang, la capitale nord-coréenne, le réacteur de Yongbyon a une capacité de 5 mégawatts. Deux autres réacteurs d'une capacité plus élevée sont en construction, ainsi qu'un centre de traitement du plutonium. Les autorités nord-coréennes avaient accepté de désactiver le réacteur de Yongbyon avant de procéder, le 27 juin dernier, à la démolition de sa tour de refroidissement.


La RPDC négocie depuis 2003, avec les Etats-Unis, la Corée du Sud, la Chine, la Russie et le Japon, l'abandon de son programme nucléaire en échange d'une aide énergétique et de garanties diplomatiques et de sécurité. Elle a fermé son principal réacteur nucléaire et commencé à le démanteler dans le cadre d'un accord multilatéral conclu début octobre 2007, puis a remis le 26 juin un inventaire détaillant ses activités atomiques. Mais les discussions achoppent sur les modalités de vérification.


Les Etats-Unis exigent que la Corée du Nord accepte un mécanisme complet de vérification (inspections surprises des sites, remise d'échantillons de matériaux et d'équipements, etc...),  avant de la retirer de leur liste des Etats soutenant le terrorisme. Un tel retrait pouvait être effectif dès le 11 août 2008.


"Rester sur la liste des Etats qui ne sont pas humiliés par les Etats-Unis nous importe peu", a assuré le porte-parole en assimilant les demandes d'inspections américaines à une "violation" de la souveraineté de la RPDC. "Les Etats-Unis auraient grand tort de croire qu'ils pourront procéder à des fouilles chez nous comme ils l'ont fait en Irak", a-t-il dit.


Un retrait de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme permettrait, en théorie,  à la RPDC d'accéder aux prêts d'organismes internationaux et à l'aide américaine. Mais, même en n'étant plus considérée comme "soutien du terrorisme" par les Etats-Unis, la RPDC resterait soumise à une longue liste de sanctions et restrictions diverses - "le pays le plus sanctionné du monde", déclarait le président Bush le 6 août à Séoul  - lui laissant peu d'espoir d'avoir accès au système financier international.

Déjà, tout en annonçant le 26 juin 2008 la fin de l'application du Trading with the Enemy Act (loi sur le commerce avec les pays ennemis, appliquée à la RPDC depuis 1950), le président Bush décrétait, le même jour, un "état d'urgence national" nécessitant de maintenir à l'encontre de la Corée du Nord certaines restrictions qui auraient autrement été annulées.


Ce double langage avéré ne pouvait qu'inciter les Coréens à douter des réelles intentions américaines, alors qu'ils multipliaient de leur côté les gestes de bonne volonté, à l'instar de la destruction de la tour de refroidissement de Yongbyon.

Il est à noter que l'annonce de l'interruption du démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes intervient alors que le président chinois Hu Jintao, dont le pays accueille les pourparlers à six pays, était en visite officielle à Séoul. A cette occasion, le président Chinois et son homologue sud-coréen, Lee Myung-bak, ont réaffirmé leur volonté de convaincre Pyongyang de renoncer à ses ambitions atomiques.


Mais, surtout, ce nouveau blocage intervient une semaine après les exercices militaires conjoints américano-sud-coréens Ulchi Freedom Guardian. Ces exercices, qui ont eu lieu du 18 au 22 août, ont été qualifiés par le ministère nord-coréen des Affaires étrangères de "preuve (...) de la politique de confrontation nord-sud poursuivie par les autoriés américaines et (...) sud-coréennes en tant que manoeuvres guerrières dirigées de A jusqu'à Z contre la RPDC."

Le porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a averti que la RPDC accroîtra sa force de dissuasion "de toutes les manières" tant qu'elle se sentira menacée militairement par  les Etats-Unis. La RPDC "appréciera toutes les questions en donnant d'abord la priorité à la sécurité du pays et prendra les mesures pratiques correspondantes", a ajouté le porte-parole.

Dans le contexte actuel, le maintien des exercices militaires Ulchi Freedom Guardian pourrait donc avoir été la provocation de trop.

sources : KCNA, Asia Times

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 21:12

Accueilli par des manifestations hostiles à Séoul les 5 et 6 août 2008, le président américain George W. Bush n'a cependant pas changé d'un iota sa politique envers la Corée du Sud, dont il attend un soutien indéfectible dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme". Les diatribes proférées contre Pyongyang à cette occasion demandent par ailleurs de s'interroger sur la bonne foi des Américains dans leurs négociations avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

Le comité d'accueil était à la hauteur des
manifestations qui scandent la vie politique en Corée du Sud depuis mai, malgré la répression : en visite à Séoul les 5 et 6 août, avant d'assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, George W. Bush a été reçu par la 90ème manifestation aux chandelles organisée par le Conseil populaire de contre-mesures contre la maladie de la vache folle depuis l'annonce du président Lee Myung-bak, à Washington, de lever l'embargo sur les importations de boeuf américain.

 

A gauche, une manifestation contre la visite du président Bush.

A droite, une manifestation de soutien, organisée notamment par les vétérans de la guerre de Corée. (source : Hankyoreh)


D'autres manifestations avaient été organisées, l'une contre la ratification de l'accord de libre-échange américano - sud-coréen, dont la reprise des importations de boeuf américain constituait le préalable exigé par Washington, l'autre par les organisations pacifistes et pour la réunification de la Corée, dont le groupe Solidarité pour la paix et la réunification de la Corée.

Apès la récente
volte-face de l'administration américaine sur la souveraineté des îles Dokdo, George W. Bush n'a toutefois pas changé une note d'une partition jouée d'avance :


- en plaidant pour la ratification de l'accord bilatéral de libre-échange, incertaine au Congrès américain, mais dont le président Lee Myung-bak s'est toutefois engagé à ce qu'elle intervienne au Parlement sud-coréen d'ici la fin de l'année, en prétendant qu'un tel accord sera un facteur favorable à l'économie coréenne, alors qu'il menace des pans entier d'activité comme l'agriculture et le cinéma en les soumettant à la concurrence internationale ;

- en exhortant à l'envoi de personnels sud-coréens en Afghanistan et au maintien des troupes coréennes en Irak, malgré l'opposition de l'opinion publique à Séoul.


De même, Washington s'est totalement rangé aux côtés de Séoul dans l'émotion qui a gagné le sud de la péninsule après la
mort d'une touriste sud-coréenne tuée par un soldat dans les monts Kumgang, au Nord, symboles de la coopération intercoréenne. La fin de non-recevoir opposée par Pyongyang à la demande d'une enquête commune intercoréenne a suscité l'incompréhension au Sud, alors que le Nord s'indigne de la décision prise de suspendre les circuits touristiques dans les monts Kumgang. Dans un contexte d'escalade, les autorités nord-coréennes ont annoncé le retrait, du complexe touristique, des personnels sud-coréens dont la présence n'apparaît plus nécessaire. Pour sa part, le ministère sud-coréen de la réunification a interdit à des syndicalistes enseignants de se rendre au Nord, malgré les protestations de ces derniers.

La vraie surprise du voyage de George W. Bush en Corée du Sud a été la violence de ses attaques contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Tout en réaffirmant que la RPDC faisait toujours partie des "pays de l'Axe du mal", il a dénoncé la situation des "droits de l'homme", ce que la Corée du Nord peut considérer comme une ingérence dans ses affaires intérieures, sans rapport avec l'objectif de dénucléarisation de la péninsule coréenne. A cet égard, en mettant des conditions au retrait de Pyongyang de la liste des Etats soutenant le terrorisme, à savoir la vérification de la liste des activités nucléaires remises par la RPDC, il est apparu
durcir soudainement la position américaine, alors que dans le cadre des négociations à six parties qui ont repris le 10 juillet, la RPDC s'est engagée à compléter d'ici fin octobre les mesures de désactivation du réacteur nucléaire de Yongbyon. 

Ce changement de ton n'est pas une maladresse de George W. Bush, puisqu'une position globalement analogue a été tenue par le négociateur américain avec la Corée du Nord, Christopher Hill, lors d'une audition par le Congrès américain le 31 juillet. Les commentateurs se perdent en conjectures sur une telle volte-face : s'agit-il de faire monter les enchères vis-à-vis de Pyongyang ? Faut-il y voir un succès de la ligne dure défendue par les faucons de l'administration américaine, qui n'ont pas hésité à
manipuler les informations recueillies par les services de renseignement à propos de la Corée? L'AAFC avance une dernière hypothèse : à la veille de l'élection présidentielle américaine de novembre, l'administration Bush peut ne pas vouloir engager le futur chef de l'Etat, à l'instar de Bill Clinton fin 1999 alors que les négociations bilatérales avec la Corée du Nord étaient sur le point d'aboutir... Dès lors, tenir à nouveau les propos sur "l'axe du mal", à l'origine de la dégradation des relations avec Pyongyang, peut n'être qu'une manoeuvre pour pousser la RPD de Corée à la rupture, et lui faire endosser le mauvais rôle de celui qui refuse de négocier. Assurément, ce ne serait pas la première manoeuvre de George W. Bush vis-à-vis de l'opinion publique américaine. (Sources : AAFC, Hankyoreh, Asia Times online, Times of India).

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 19:15
Les spécialistes de la fausse monnaie avaient déjà mis en doute  les accusations portées à ce sujet contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). C'est maintenant un livre écrit par un ancien journaliste de la chaîne américaine CNN qui révèle que, dans des circonstances rappelant les justifications de la guerre en Irak, les partisans de la ligne dure au sein de l'administration américaine ont délibérément manipulé les renseignements sur le programme nucléaire nord-coréen : les informations sur un effort de la RPDC en vue d'acquérir des composants pour son programme nucléaire ont servi à décrire ce pays comme possédant d'ores et déjà des installations capables de fabriquer une bombe. Cette distorsion de la vérité est à l'origine d'une nouvelle crise nucléaire avec la Corée du Nord.

 

Jusqu'en 2006, Mike Chinoy était correspondant pour la chaîne d'information américaine CNN, principalement en Asie. Il travaille maintenant pour le Pacific Council on International Policy basé à Los Angeles. De quatorze séjours en Corée du Nord et deux cents entretiens menés à Washington, Séoul, Tokyo et dans d'autres capitales asiatiques, il a tiré un livre de 405 pages intitulé Meltdown: The inside story of the North Korean nuclear crisis* (littéralement "En fusion : l'histoire de la crise nucléaire nord-coréenne vue de l'intérieur") à paraître au mois d'août 2008.


L'ouvrage de Chinoy révèle que, si les services de renseignement américains ont bien découvert en 2002-2003 que la Corée du Nord s'efforçait d'acquérir des composants pouvant être utilisés pour l'enrichissement d'uranium, il ne s'agissait que d'une tentative visant à s'en procurer, aucun renseignement crédible ne prouvant l'existence d'installations nord-coréennes capables de fabriquer des bombes à base d'uranium.



Selon l'enquête menée par Mike Chinoy, les partisans de la ligne dure au sein de l'administration Bush, à l'instar de John Bolton, ambassadeur américain aux Nations Unies de 2005 à 2006, étaient prêts à tout pour faire dérailler l'"accord-cadre" sur le nucléaire signé avec la Corée du Nord en 1994. Ils ont donc saisi cette occasion pour aller jusqu'à la confrontation avec Pyongyang,


Lors d'un déplacement en octobre 2002 à Pyongyang, le secrétaire d'Etat adjoint de l'époque, James Kelly, reçut l'instruction de ne pas négocier et de simplement répéter aux Nord-Coréens qu'ils devaient abandonner leur programme d'enrichissement de l'uranium avant toute autre avancée.

 

Il reçut aussi l'ordre de ne pas observer les règles élémentaires de la correction diplomatique comme organiser un dîner pour ses hôtes nord-coréens ou porter un toast lors du repas donné en son honneur à son arrivée.

 

Il a été largement dit que les Nord-Coréens avaient admis devant Kelly mener un programme d'enrichissement de l'uranium, ce qui avait poussé les Etats-Unis à prendre une série de mesures de rétorsion qui ont provoqué l'escalade avec Pyongyang ayant abouti à l'essai nucléaire nord-coréen d'octobre 2006.


Mais, après avoir interrogé la plupart des membres de la délégation de Kelly, Mike Chinoy affirme ne pas avoir trouvé la moindre preuve que les Nord-Coréens aient expressément admis poursuivre un tel programme d'enrichissement.

 

"Il est intéressant que les transcriptions restent classifiées mais il semble que le responsable nord-coréen ait utilisé un langage bien plus ambigu et également présenté une offre de négociation - offre rejetée par Kelly", a déclaré Chinoy à l'AFP. 

 
Selon lui, "des analogies et des différences peuvent toujours être trouvées avec la controverse suscitée par les renseignements à propos de l'Irak mais, à la différence de l'Irak, les vrais renseignements recueillis en Corée du Nord par les Américains au printemps et à l'été 2002 étaient assez solides."


Pour évoquer l'attitude des faucons de l'administration Bush farouchement opposés à un engagement vis-à-vis de la Corée du Nord, Colin Powell, alors secrétaire d'Etat, a déclaré : "Ils voulaient utiliser cela comme un amas d'étoiles rouges brillant dans le ciel pour signaler que les Nord Coréens trichaient, et mettre fin à l'accord-cadre en disant 'nous vous avions bien prévenus que c'était une mauvaise idée'."

 

L'ouvrage de Mike Chinoy revient aussi sur le surprenant revirement opéré par les Etats-Unis dans leur politique à l'égard de la Corée du Nord au cours du second mandat de George W. Bush.


Il montre comment le successeur de James Kelly, Christopher Hill, s'est emparé du processus - d'abord en tenant des réunions bilatérales avec les Nord-Coréens, contre les instructions de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, puis, après avoir obtenu le soutien de Condoleezza Rice, en neutralisant les opposants à la politique d'engagement, notamment dans l'entourage du vice-président Dick Cheney.


Christopher Hill a aidé à la relance des pourparlers à six grâce auxquels la RPDC a fermé l'usine nucléaire de Yongbyon où était produit son plutonium à usage militaire.


L'administration Bush cherche actuellement à ce que la Corée du Nord abandonne toutes ses armes nucléaires en échange d'une normalisation des relations entre les Etats-Unis et la RPDC et de garanties de sécurité. 

 

Et Chinoy de conclure : "Quelle ironie de constater que les tentatives des partisans de la ligne dure pour que les Nord-Coréens ne se dotent pas de la bombe ont, en fait, créé une situation où le Nord est devenu une puissance nucléaire en rendant l'ensemble du processus de renonciation à ce programme nucléaire bien, bien plus difficile que s'ils avaient adopté une telle approche depuis le début."  (source : AFP)

 



* Mike Chinoy, Meltdown: The Inside Story of the North Korean Nuclear Crisis, St. Martin's Press, 2008

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 19:26

Le jeudi 31 juillet 2008, le président George W. Bush  a donné des instructions pour que le bureau géographique national (BGN) américain revienne sur une décision récente. En effet, le BGN avait auparavant annoncé que les îles Dokdo, contrôlées par la Corée du Sud mais revendiquées par la Japon, seraient classés comme un territoire de "souveraineté indéterminée", et non plus comme un territoire coréen.

A la veille de sa visite en Corée du Sud, où il doit arriver le mardi 5 août, George W. Bush a jugé préférable de ne pas envenimer davantage les relations bilatérales entre Séoul et Washington, en demandant au bureau géographique national (BGN) américain de faire marche arrière sur une prise en compte des revendications japonaises des îles Dokdo.

En effet, malgré une répression sans précédent dans l'histoire récente de la Corée depuis la chute du régime militaire (930 arrestations annoncées à Séoul le 30 juillet), les manifestations aux chandelles se poursuivent en Corée contre la décisions personnelle du président Lee Myung-bak de reprendre les importations de boeuf américain. Cette mesure avait été annoncée, sans considération sanitaire sur les risques de diffusion de la maladie de la "vache folle", lors de son accueil à Washington, au printemps, comme l'hôte personnel du président George W. Bush. De nouvelles manifestations aux chandelles devraient d'ailleurs accueillir le président américain à son arrivée à Séoul.

Jusqu'à présent, le BGN, qui retient pour les îles Dokdo le nom de "Rochers de Liancourt" (utilisé par les Nations-Unies), les considérait comme un territoire sud-coréen, avant de décider de les classer dans la catégorie des territoires à souveraineté indéterminée. Après la protestation officielle de l'ambassadeur sud-coréen à Washington, le BGN est revenu sur sa décision, par une instruction directe du président Bush. La partie américaine ayant argué d'un manque d'informations, Washington et Séoul ont décidé de mettre en place un canal d'échange d'informations.

S'agit-il d'un recul tactique, dans l'attente de nouvelles pressions japonaises à la fin de la visite américaine en Corée ? Récemment, le gouvernement nippon avait donné des instructions pour que les manuels scolaires soutiennent la thèse de la souveraineté japonaise des îles Dokdo (que les Japonais appellent Takeshima), bien que celles-ci soient contrôlées par les garde-côtes coréens et que les revendications japonaises ne datent que des débuts de la colonisation de la Corée. Il en était résulté une crise entre Séoul et Tokyo et des manifestations de protestation en Corée du Sud. Le 30 juillet, des manoeuvres conjointes de la marine et de la police maritime sud-coréennes ont été conduites autour de Dokdo (ci-contre : photo Yonhap).

Pour sa part, la France considère les îles Dokdo comme un territoire sud-coréen.

La colonisation japonaise de la Corée (1910-1945) a laissé d'autres séquelles : le Japon impérialiste a profité de sa position pour imposer, jusqu'à nous jours, son point de vue dans la toponymie en Asie : c'est ainsi que les organisations internationales qualifient toujours la mer de l'Est (selon le nom utilisé notamment en Chine et en Corée) de "mer du Japon", que les îles Dokdo ont été baptisées "Rochers de Liancourt" ou encore que le nom anglais de la Corée ("Corea") a été retranscrit "Korea", afin que le Japon (en anglais "Japan") figure avant la Corée ("Korea"), et non plus après, dans l'ordre des noms de pays... (Sources : KBS, Korea Times, AAFC)

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