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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 14:44

Le 7 février 2016, l'agence spatiale nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé le lancement avec succès du satellite d'observation de la Terre Kwangmyongsong-4 - la réussite de la mise sur orbite ayant été reconnue peu après par l'armée sud-coréenne. Alors que les sanctions des Nations Unies visent non seulement le programme nucléaire militaire mais aussi celui balistique (auquel est assimilé le programme spatial) de la RPDC, les Etats-Unis ont vivement réagi face à ce qu'ils ont qualifié de "provocation", le lancement contrevenant aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies - et alors qu'est déjà en préparation une nouvelle résolution alourdissant les sanctions à l'encontre de la RPD de Corée suite à l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier dernier. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé de tenir une réunion d'urgence. Par ailleurs, en annonçant l'engagement de discussions avec la République de Corée (Corée du Sud) sur le déploiement du système de missiles antibalistiques THAAD dans la péninsule, ainsi que l'engagement imminent de manoeuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud d'une ampleur inédite, les Etats-Unis font le choix de l'escalade militaire - ignorant ainsi les déclarations de la RPD de Corée selon laquelle elle a le droit de conduire un programme d'exploration spatiale à des fins scientifiques et dans un but pacifique. De fait, si les technologies des programmes balistiques et de conquête spatiale sont en partie communes (la rivalité militaire américano-soviétique ayant été un moteur puissant d'accélération des programmes de ces deux pays pendant la guerre froide), la RPD de Corée est le seul pays engagé dans l'exploration de l'espace à avoir été sanctionné à ce titre.

Image de lancement du satellite Kwangmyongsong-4

Image de lancement du satellite Kwangmyongsong-4

Dans un communiqué publié le 7 février 2016 par l'agence de presse KCNA, l'agence spatiale nord-coréenne a annoncé, dans le cadre du programme spatial national de cinq ans, le décollage le même jour à 9h, du centre spatial de Sohae, du satellite d'observation Kwangmyongsong-4, puis la mise sur orbite réussie d'un satellite moins de dix minutes plus tard, suite aux instructions du Maréchal Kim Jong-un. Le nom du satellite signifie "Etoile brillante", qui désigne également l'anniversaire de naissance du Dirigeant Nord-Coréen Kim Jong-il, lequel sera célébré en RPD de Corée dans quelques jours, le 16 février prochain. 

Les scientifiques et techniciens de l’Agence nationale d’exploration spatiale de la RPD de Corée ont réussi à mettre en orbite le satellite d’observation du globe nouvellement développé « Kwangmyongsong-4» conformément au programme sur 5 ans de développement aérospatial national.

Le satellite d’observation du globe « Kwangmyongsong-4» a décollé du Centre spatial Sohae dans l’arrondissement de Cholsan, de la Province de Phyongan Nord à 09:00 le 7 février, Juche 105 (2016).

Le satellite est entré sur orbite comme prévu à 09:09:46, 9 minutes et 46 secondes après le décollage.

Le satellite est en orbite polaire à une altitude variant entre 465 km à son périgée et 502 km à son apogée suivant un angle de 97,4 degrés à son apogée. Son cycle est de 94 minutes et 24 secondes.

Sont installés sur «Kwangmyongsong-4» des appareils de mesure et de télécommunications nécessaires pour l'observation de la Terre.

Le succès complet du lancement de « Kwangmyongsong-4» est le fruit de la politique du Parti du Travail de Corée qui attache une importance majeure à la science et à la technologie. Il constitue un événement historique dans le développement des capacités scientifiques, technologiques, économiques et de défense nationale du pays qui exerce son droit légitime à utiliser l'espace à des fins pacifiques.

Selon l'agence de renseignement sud-coréenne, le satellite lancé le 7 janvier 2016 pèse 200 kg, soit le double du satellite Kwangmyongsong-3 mis en orbite le 12 décembre 2012 - indiquant ainsi les progrès réalisés par la RPD de Corée.
 

La Chine a « exprimé ses regrets », en appelant « toutes les parties prenantes » à « répondre à cette situation avec calme ». Pour sa part, la Russie a jugé le lancement du satellite Kwangmyongsong-4 « très dommageable pour la sécurité des pays de la région, en particulier et en premier lieu de la Corée du Nord elle-même ».

Si les condamnations fermes des Etats-Unis et de leurs alliés (dont la Corée du Sud, le Japon et la France), déjà exprimées après le lancement du satellite Kwangmyongsong-3, étaient attendues, la surprise est venue de l'annonce quasi-immédiate par Washington d'un renforcement de ses capacités militaires, ce qui ne correspond pas à la retenue à laquelle a exhorté la Chine.

Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont ainsi fait savoir qu'ils engageaient des négociations officielles pour le déploiement dans la péninsule coréenne du système de défense antimissile à haute altitude THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), sur la "recommandation" du général Curtis Scaparrotti, qui dirige les forces américaines en Corée du Sud. Le déploiement de THAAD en Corée du Sud est un sujet de controverse qui divise l'opinion publique, et auquel s'opposent non seulement les pacifistes sud-coréens hostiles à une telle course aux armements, mais aussi la Chine et la Russie qui savent qu'elles sont implicitement visées par un dispositif qui, officiellement, vise à faire face à la "menace" nord-coréenne dont l'ampleur est très limitée au regard de la puissance américaine. En outre, THAAD consiste à détruire les missiles balistiques de portée moyenne ou intermédiaire en phase finale d'approche en s'écrasant contre eux : il n'a donc qu'un rapport lointain avec les missiles balistiques à longue portée, auquel les Etats-Unis assimilent les lancements de fusée nord-coréens. Le coût d’une batterie complète THAAD - formée d’une tour de contrôle, d’un radar, de 6 lanceurs et de 48 missiles - est estimé à 1,12 milliard d’euros par le ministère sud-coréen de la Défense.
Lancement de missile, en octobre 2013, dans le cadre du programme THAAD

Lancement de missile, en octobre 2013, dans le cadre du programme THAAD

Enfin, il a été annoncé que les manoeuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes Key Resolve, régulièrement dénoncées par la RPD de Corée comme des exercices de guerre préalables à une invasion, seraient "de plus grande envergure cette année". Prévus du 7 mars au 30 avril 2016, les exercices Key Resolve impliqueraient "le USS John C. Stennis, porte-avion américain à propulsion nucléaire", selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap citant un responsable militaire de la Corée du Sud.

Les exercices militaires conjoints Etats-Unis-Corée du Sud Key Resolve et Foal Eagle, conduits deux fois par an, participent du pivot américain de redéploiement de l'armée américaine dans la région Asie-Pacifique, face à la montée en puissance de la Chine. Si Pékin a condamné l'essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier 2016, comme les précédents tests, son soutien à l'adoption, et surtout à la mise en oeuvre, de sanctions plus sévères contre Pyongyang se trouve ainsi loin d'être acquis au regard des décisions précipitées prises par Washington : depuis maintenant dix ans, l'escalade militaire n'a jamais été la réponse appropriée à la diminution des tensions et à l'éloignement des risques de conflit dans la péninsule coréenne.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée Sciences
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