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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 16:39

Le 17 octobre 2015, le ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a publié une déclaration appelant les Etats-Unis à remplacer l'accord d'armistice ayant mis fin aux combats de la Guerre de Corée en 1953 par un véritable traité de paix. Le 1er octobre, à la tribune de la 70e Assemblée générale des Nations Unies, le ministre des Affaires étrangère de la RPDC, Ri Su-yong, avait déjà rappelé que la paix sur la péninsule coréenne est très fragile et que, si les Etats-Unis consentent à changer l'accord de trêve en traité de paix, la RDP de Corée est prête à avoir un dialogue constructif avec eux. Hélas, l'administration du président américain Barack Obama - prix Nobel de la paix 2009 - s'entête à refuser la conclusion d'un tel traité pourtant de nature à garantir une paix durable dans un des principaux foyers de tension du monde. La perspective d'une paix véritable en Corée n'est pourtant pas une vue de l'esprit, comme le prouve, par exemple, le projet rédigé en 2008 par des juristes sud-coréens, et relayé en France par l'Association d'amitié franco-coréenne. Encore faut-il que toutes les parties en présence veuillent la paix, ce qui, à l'évidence, n'est pas le cas des Etats-Unis.

Le ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée, Ri Su-yong, s'exprimant à la 70e Assemblée générale des Nations Unies le 1er octobre 2015

Le ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée, Ri Su-yong, s'exprimant à la 70e Assemblée générale des Nations Unies le 1er octobre 2015

Voici la traduction française de la déclaration du ministère des Affaire étrangères de la RPDC en date du 17 octobre 2015, à partir de la version anglaise diffusée par l'agence nord-coréenne KCNA :

Comme le monde le sait déjà, la RPDC a exposé clairement lors de la récente 70e Assemblée générale des Nations Unies sa position juste et honnête quant au remplacement de l'Accord d'armistice en Corée par un traité de paix.
Cela était rendu nécessaire par le besoin urgent de désamorcer les risques d'une guerre provoquée par les menaces potentielles dans la péninsule coréenne et de créer un climat pour une paix durable.
La situation qui a prévalu dans la péninsule en août dernier, quand un accident mineur a créé une situation délicate, a brusquement apporté la preuve définitive que l'actuel Accord d'armistice ne peut plus prévenir un conflit ni désamorcer les risques de guerre.
Un accord a été signé par le Nord et le Sud au prix de nombreux efforts grâce à l'attitude éprise de paix et à la patiente persévérance de la RPDC, mais il n'existe aucune garantie que l'accord sera maintenu et mis en application comme souhaité.
Cela est dû au fait que les autorités sud-coréennes, partie à l'accord, ne disposent d'aucune prérogative quant au commandement des forces armées en Corée du Sud et ne sont pas en position de refuser les exercices militaires conjoints imposés par les Etats-Unis.
Il est absolument clair que si un conflit éclate à nouveau dans la zone entourant la Ligne de démarcation militaire suite à l'escalade des tensions, il dégénérera en une incontrôlable guerre totale.
Le cours des négociations tenues jusqu'à présent pour régler la question de la péninsule coréenne a démontré qu'aucune question intéressant les pays impliqués, y compris les Etats-Unis, ne peut être réglée sans la conclusion préalable d'un traité de paix.
La RPDC a autrefois discuté de la question de la dénucléarisation dans le cadre des pourparlers à six, tenant compte de l'affirmation des pays concernés selon laquelle cette question devait être d'abord traitée, et elle a simultanément discuté des moyens d'assurer la paix. Mais toutes ces négociations ont été vaines et, même si un accord partiel a été atteint, il n'a pas été mis en application.
Cela a été principalement dû à la persistance de la politique hostile des Etats-Unis à l'égard de la RPDC et à leurs provocations militaires telles que les exercices militaires menés à grande échelle et l'introduction de moyens de frappes nucléaires en Corée du Sud, leur plus vive manifestation, qui ont périodiquement gelé l'atmosphère de toute négociation et accru les tensions dans la péninsule.
Afin de mettre un terme définitif au cycle néfaste de l'escalade de la confrontation et des tensions il est nécessaire, avant toute chose, de remplacer l'Accord d'armistice par un traité de paix. Telle est la conclusion qu'en tire la RPDC.
Il y a deux moyens d'assurer la paix dans la péninsule.
Le premier est le moyen issu de la Guerre froide, qui voit la RPDC être dans l'obligation de renforcer de toutes les façons sa capacité d'autodéfense avec sa force nucléaire comme pivot afin de faire face à la menace nucléaire et aux provocations guerrières croissantes des Etats-Unis.
C'est entièrement grâce à la force de dissuasion nucléaire de la RPDC qu'une guerre totale est évitée dans la péninsule en état de cessez-le-feu.
Le second moyen consiste pour les Etats-Unis à renoncer à leur politique hostile à l'égard de la RPDC et à répondre à l'appel visant à signer un traité de paix avec elle afin d'assurer un paix véritable et durable basée sur la confiance.
Le remplacement de l'Accord d'armistice par un traité de paix est une question pour laquelle les Etats-Unis doivent prendre une sage décision afin qu'un accord de principe puisse être conclu entre la RPDC et les Etats-Unis, pour commencer.
Les Nations Unies, de leur côté, devraient apporter leur soutien positif à la signature d'un traité de paix et ainsi assumer leur responsabilité pour mettre fin à une situation anormale qui voit un de leurs pays membres être techniquement en guerre avec le "Commandement des Nations Unies" dans la péninsule coréenne.
Si l'instauration de la confiance entre la RPDC et les Etats-Unis aide à éliminer la source d'une guerre imminente, il est possible de mettre un terme final à la course aux armements nucléaires et de renforcer la paix.
Les Etats-Unis devraient abandonner l'idée de fuir sans raison la signature d'un traité de paix et avoir la prudence de faire le bon choix.
Si les Etats-Unis évitent de signer un traité de paix ou posent des conditions à l'heure où la situation dans la péninsule est à la croisée des chemins, cette attitude montrera clairement au monde qu'ils n'ont pas l'intention de renoncer à leur politique hostile à l'égard de la RPDC.
Si les Etats-Unis persistent dans leur politique hostile, ils ne feront qu'assister au renforcement illimité de la force de dissuasion nucléaire de la RPDC et à l'augmentation de ses forces armées révolutionnaires capables d'affronter toute forme de guerre qu'ils auront provoquée. 

L'administration américaine a décliné cette offre de la RPDC. Interrogé le 20 octobre par la commission des relations internationales du Sénat, l'ambassadeur Sung Kim, émissaire spécial du département d'Etat pour la Corée du Nord - et ancien ambassadeur des Etats-Unis en Corée du Sud -, a déclaré que les Etats-Unis ne sont pas intéressés par des négociations sur un traité de paix et font du programme nucléaire nord-coréen la question prioritaire :

En ce qui concerne la proposition de la Corée du Nord d'entamer les pourparlers sur un traité de paix, nous ne sommes pas intéressés de nous engager dans de telles discussions. La question nucléaire est prioritaire pour nous. Je crains que les Nord-Coréens ne choisissent des priorités erronées en proposant de sauter plusieurs marches, plusieurs marches très importantes, et de commencer directement des négociations sur un traité de paix.

Tous les pays ayant participé, de 2003 à 2008, aux négociations à six (deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie et Japon) sur le programme nucléaire nord-coréen ne sont pourtant pas de cet avis.

Ainsi, pour l'ambassadeur de la Fédération de Russie en Corée du Sud, Alexander Timonin, interrogé le 22 octobre par l'agence sud-coréenne Yonhap, le fait que la Corée du Nord a demandé à nouveau un traité de paix avec les Etats-Unis est à prendre en considération :

A mon avis, cela est certainement à noter, car la proposition vise à renforcer la paix sur la péninsule coréenne. La situation de cessez-le-feu ralentit la coopération entre le Sud et le Nord. Je pense que la reprise des pourparlers à six ne doit pas être liée à des conditions préalables. C'est la raison pour laquelle je pense que la proposition de Pyongyang est à noter. Je pense que cette proposition peut contribuer à créer un environnement pour la confiance sur la péninsule coréenne.

Compte tenu de la disproportion des forces en présence dans une péninsule coréenne techniquement en état de guerre et où les Etats-Unis stationnent toujours 28 000 soldats, en plus de moyens aéronavals déployés dans toute la région Asie-Pacifique, l'arme nucléaire apparaît pour la Corée du Nord comme un moyen de dissuasion rationnel. Cette doctrine de dissuasion, « du faible au fort », n'est d'ailleurs pas sans évoquer celle voulue pour la France en son temps par le général de Gaulle.

La question d'une paix véritable et durable en Corée est donc bien la question prioritaire, le programme nucléaire militaire nord-coréen étant une des conséquences de l'absence de paix. En feignant de l'ignorer, l'administration du prix Nobel de la paix 2009 Barack Obama ne fait qu'entretenir un foyer de tension en Asie du Nord-Est. Mais tel est peut-être le but recherché par les Etats-Unis, tant cette région est désormais un enjeu stratégique majeur pour eux.

 

Sources :

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 21:00

Alors qu'une délégation de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), conduite par son secrétaire général est actuellement présente en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), une grande parade militaire a été le point d'orgue des cérémonies commémorant, le 10 octobre 2015, le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée. Avec à ses côtés Liu Yunshan, membre du comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois, le Maréchal Kim Jong-un a prononcé à la tribune un discours de trente minutes dans lequel il a réaffirmé la capacité de la RPD de Corée à "faire face à toute guerre provoquée par les Etats-Unis" - une fermeté qui est le pendant de l'appel lancé par Pyongyang à Washington, quelques semaines plus tôt, en faveur d'un traité de paix dans la péninsule coréenne suivant une dialectique traditionnelle de la RPD de Corée (selon laquelle l'alternative est entre la guerre et la paix). L'AAFC se rallie pleinement à la proposition d'un traité de paix, qu'elle soutient de longue date, afin de mettre un terme à la guerre de Corée (1950-1953) et réduire les tensions diplomatiques et militaires qui, trop souvent, ont conduit à des affrontements meurtriers entre Coréens dans la péninsule.

Les médias étrangers avaient été largement invités pour couvrir les cérémonies fastueuses marquant le soixante-dixième anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée : côté français, Alain Barluet du Figaro et Philippe Pons du Monde étaient notamment présents s'agissant des deux plus grands quotidiens nationaux français, de même qu'une équipe de TF1.

De fait, le spectacle a été à la hauteur de l'événément : défilé des civils brandissant des panneaux reproduisant les symboles du Parti du travail de Corée (la faucille et le marteau traditionnels des partis communistes, auxquels s'ajoute le pinceau de l'intellectuel), grande parade militaire - d'une heure et demie - témoignant de la puissance de l'Armée populaire de Corée, et enfin vivats acclamant le dirigeant nord-coréen, le Maréchal Kim Jong-un.

Guerre ou paix - la RPDC célèbre le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail
Guerre ou paix - la RPDC célèbre le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail
Guerre ou paix - la RPDC célèbre le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail
Guerre ou paix - la RPDC célèbre le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail

Un des moments les plus attendus était le discours du Maréchal Kim Jong-un, le second en public depuis les cérémonies ayant marqué le centenaire de la naissance du Président Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée, le 15 avril 2012.

Tout en proclamant hautement l'unité du peuple, du parti et de l'armée, le Maréchal Kim Jong-un a mis en exergue que la RPD de Corée saurait s'unir pour faire face à toute provocation américaine tendant à une nouvelle guerre dans la péninsule :

Aujourd'hui, notre parti proclame avec détermination que nos forces armées révolutionnaires sont capables de faire face à toute guerre provoquée par les Etats-Unis, et nous sommes prêts à protéger notre peuple et le ciel bleu de notre patrie.

Guerre ou paix - la RPDC célèbre le 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail

Ce discours doit s'interpréter comme une réaffirmation de la volonté de la RPD de Corée de résoudre par la voie pacifique les contentieux en suspens dans la péninsule, tout en se disant prête à toute éventualité - à savoir répondre militairement à une guerre provoquée par ses ennemis.

Quelques semaines plus tôt, les autorités nord-coréennes ont en effet à nouveau invité les Etats-Unis à des pourparlers bilatéraux directs - par conséquent distincts du cadre des pourparlers à six - les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon - sur la question nucléaire, que privilégie Washington, bien que les négociations suivant ce format soient bloquées depuis plus de six ans.

Comme l'avait rappelé Ri Su-yong, ministre des Affaires étrangères de la RPD de Corée cette année devant l'assemblée générale des Nations Unies, ces discussions auraient comme finalité la conclusion d'un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice ayant clos les combats de la guerre de Corée, le 27 juillet 1953, afin de créer les conditions d'une paix durable et d'une sécurité collective en Asie du Nord-Est :

Si les Etats-Unis procèdent à des changements politiques courageux, une amélioration spectaculaire de l'environnement de sécurité de la péninsule coréenne se produira et elle répondra en fin de compte aux inquiétudes américaines sur la sécurité.

Cette proposition d'un traité de paix avait ensuite été réaffirmée dans une déclaration du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, citée par l'agence KCNA de la RPD de Corée, suivant une interpellation directe des Etats-Unis :

Nous espérons que les Etats-Unis finiront par renoncer à la politique anachronique en faveur du maintien de cet accord fragile, étudieront attentivement notre offre et y réagiront positivement

L'AAFC espère que ces appels à la paix seront entendus, et soutenue par les gouvernements européens, convaincue qu'il s'agit de la meilleure garantie pour apporter aux peuples d'Asie du Nord-Est la sécurité, la liberté et la prospérité auxquelles ils aspirent.

Sources (dont photos) :

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 22:07

A l'occasion des cérémonies marquant le 70e anniversaire de la victoire en Asie lors de la Seconde guerre mondiale, la République populaire de Chine accueille (RPC) quelque trente chefs d'Etat et de gouvernement étrangers - dont le Russe Vladimir Poutine et la Sud-Coréenne Park Geun-hye. Cette dernière, présente à Pékin du 2 au 4 septembre 2015, se démarque des pays occidentaux, qui n'ont pas souhaité être représentés au plus haut niveau, notamment lors de la parade militaire dans la capitale chinoise le 3 septembre, tandis que le Japon est absent. Si l'actuelle diplomatie sud-coréenne entend ne pas choisir entre les Etats-Unis, principal allié politique et militaire, et la Chine, premier partenaire économique, ce choix  de Mme Park Geun-hye d'aller à Pékin traduit une marque d'indépendance vis-à-vis de Washington, qui tranche avec l'alignement systématique de son prédécesseur Lee Myung-bak. Cette évolution favorise un approfondissement des échanges intercoréens, alors que Pékin se pose en médiateur, encourageant le dialogue entre la République de Corée (Corée du Sud) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

Rencontre au sommet entre Park Geun-hye et Xi Jinping

A l'occasion de leur sixième rencontre au sommet depuis 2013, la présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye et le président chinois M. Xi Jinping ont convenu, le 2 septembre 2015, d'approfondir leur coopération bilatérale, traditionnellement forte dans le domaine économique. En particulier, le Président Xi Jinping a rappelé la mise en place officielle de l'accord de libre échange et les progrès réalisés au sein de la Banque asiatique d'investissement et de développement des infrastructures (BAII).

S'agissant de la péninsule coréenne, si l'agence officielle sud-coréenne Yonhap a joué son rôle d'organisme pro-gouvernemental en titrant sur une prétendue "mise en garde" vis-à-vis de la RPDC "contre toute provocation", le texte précis émanant de la Maison Bleue sud-coréenne (et confirmé par le communiqué de l'agence officielle chinoise Xinhua) indique simplement que "les deux parties se sont opposées à tout acte pouvant attiser les tensions". Il s'agit de la reprise très exactement de la position chinoise, hostile tant aux essais nucléaires nord-coréens qu'aux manoeuvres militaires américano - sud-coréennes au large de la péninsule. Mais la formulation elliptique permet à Séoul d'en donner une interprétation conforme à sa position traditionnelle.

L'élément le plus significatif est en fait que les deux chefs d'Etat "s’accordent à penser que les pourparlers à six doivent reprendre rapidement", suite notamment au récent accord sur le nucléaire iranien. Ces pourparlers, visant à la dénucléarisation de toute la péninsule coréenne, impliquent les deux Corée, la Chine, les Etats-Unis, la Russie et le Japon et sont interrompus depuis 2008. Si la Chine est favorable à leur reprise sans conditions préalables, de telles conditions sont régulièrement rappelées par Washington et Séoul. Le fait que le communiqué ne mentionne plus ces préconditions peut être interprété comme un pas de Séoul en faveur de la reprise du dialogue multilatéral, même si cette position doit encore être exprimée plus explicitement par la République de Corée.

Par ailleurs, dans un contexte de tensions toujours vives entre Séoul et Tokyo à propos du révisionnisme historique japonais, il est significatif d'observer la représentation de la République de Corée à Pékin au plus haut niveau, à l'occasion de cérémonies qui, selon l'agence chinoise Xinhua, célèbrent la "victoire de la Guerre de résistance du Peuple chinois contre l'agression japonaise et de la Seconde Guerre mondiale". Les deux chefs d'Etat ont rappelé qu'ils avaient lutté ensemble contre le Japon. Ils n'en ont pas moins convenu d'organiser un sommet trilatéral avec le Japon, fin octobre ou début novembre, pour relancer le dialogue trilatéral, bloqué par les contentieux territoriaux et historiques, la dernière réunion datant de 2012, Mme Park Geun-hye remerciant par ailleurs Pékin pour son rôle joué dans l'apaisement des tensions régionales.

Sources :

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 11:07

Les négociations marathon qui se déroulent depuis trois jours entre les deux Corée dans le village frontalier de Panmunjom ont ostensiblement pour origine un malheureux incident : le 4 août 2015, deux soldats sud-coréens ont sauté sur des mines dans la DMZ et ont été gravement estropiés. Après plusieurs jours de flottement, les autorités sud-coréennes avaient ensuite dénoncé une "attaque" nord-coréenne - ce qu'avait démenti Pyongyang - et, à titre de représailles, relancé la propagande anti-Nord diffusée par les hauts parleurs situés le long de la DMZ. Un des points d'achoppement des discussions en cours est que le Nord exige la fin de la propagande par haut-parleur, quand le Sud réclame des excuses du Nord. Si les négociateurs tentent apparemment de sortir par le haut de l'impasse en élargissant le champ des discussions, il est utile de revenir sur l'incident des mines, qui, à bien des égards, rappelle le dramatique naufrage du Cheonan, au printemps 2010 dans lequel 46 marins sud-coréens ont trouvé la mort, entraînant la rupture des échanges intercoréens (à l'exception notable de ceux de la zone économique spéciale de Kaesong) après la mise en place, par Séoul, des mesures dites du 24 mai (2010). En effet, en 2010 déjà l'opinion publique sud-coréenne avait été fortement émue suite à un accident attribué tardivement au Nord, comme récemment pour l'affaire des mines, avec le même démenti vigoureux de Pyongyang, et les mêmes doutes de nombreux experts sur la fiabilité de la thèse officielle sud-coréenne et américaine - laquelle permet opportunément, en 2015 comme en 2010, de ressouder les Sud-Coréens contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), autour d'un exécutif conservateur sud-coréen à la cote de popularité en baisse et dont une part importante de la base électorale est viscéralement hostile à la RPDC. Nous traduisons ci-après de l'anglais un article paru en exclusivité le 21 août 2015 dans New Eastern Outlook, qui avait déjà été mis en lien sur notre page Facebook : l'expert russe Konstantin Asmolov, chercheur à l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de Russie, y analyse de manière approfondie "l'affaire des mines", sous le titre "A propos des explosions récentes dans la zone démilitarisée et de la dégradation des tensions intercoréennes". 

L'analyse du chercheur russe Konstantin Asmolov, à propos de l'affaire des mines à l'origine de l'actuel bras-de-fer intercoréen

Le 4 août 2015 un incident est intervenu au Sud de la zone démilitarisée (DMZ), qui sépare la République populaire démocratique de Corée et la Corée du Sud le long du 38e parallèle.

Selon l'agence de presse Yonhap, deux soldats sud-coréens ont été gravement blessés à la jambe pendant une patrouille de routine, en raison d'une explosion survenue à 7h40 du matin heure locale (1h40 heure de Moscou) dans le district d'Incheon, de la province de Gyeonggi, près de la ville de Paju. Un représentant local du commandement militaire a déclaré à l'agence qu'"une implication de la République populaire démocratique de Corée dans cet incident était improbable". Il a ajouté qu'une mine antipersonnelle était la cause la plus probable de l'explosion.

Kim Min-seok, porte-parole du ministère de la Défense nationale, a exprimé ses regrets à propos de l'incident et observé que la vie des victimes n'était plus en danger grâce à une réaction rapide. En outre, le compte rendu de Yonhap avait aussitôt relevé que l'endroit où l'incident était survenu était "jonché" de mines, pour la plupart enfouies au moment de la guerre de Corée (1950-1953). Les cartes des champs de mines n'aident pas vraiment à les localiser précisément, car la plupart ont été déplacées par la pluie, le vent et l'érosion des sols.

Il ne semblait s'agir que d'un incident banal. Pourtant, dès le 7 août, un militaire de haut rang du commandement sud-coréen, Jung Ho-sub, plaçait ses unités en alerte pour pouvoir répondre à de futures provocations nord-coréennes et bientôt la question des provocations nord-coréennes devint le principal sujet de discussions dans la ville.

Pendant ce temps, les blessures subies par le personnel militaire pendant l'incident se sont révélées bien plus graves qu'initialement envisagé. Les deux garde-frontières ont perdu leurs jambes, ce qui signifie qu'ils sont officiellement handicapés et éligibles à une pension à vie.  

Finalement, l'implication nord-coréenne a été officiellement annoncée le 10 août. Selon le général de brigade Ahn Young-ho, qui a conduit la commission d'enquête sur l'incident, "il est apparu qu'il s'agissait d'une mine antipersonnel (pour être précis, trois mines), enfermées dans une des boîtes en bois habituellement utilisées par l'armée nord-coréenne (...) L'ennemi a délibérément planté des mines pour infliger des dommages aux forces armées de la République de Corée", ainsi que pour faire obstacle aux prochains exercices militaires conjoints de la République de Corée et des Etats-Unis (Ulchi Freedom Guardian).

Selon les officiers militaires, les éléments trouvés sur place (des fragments de la boîte en bois qui aurait contenu les mines, trois ressorts et des traces d'une substance explosive, le trotyl) prouvent l'implication de la République populaire démocratique de Corée dans l'explosion. Et dès lors qu'il n'y avait pas de corrosion ou de rouille sur les fragments de mine il en a été conclu que la mine avait été installée récemment, sans doute fin juillet, dans la région de l'incident qui avait connu de fortes pluies et un épais brouillard. 

En tout cas il a été en même temps "découvert" qu'il n'y avait auparavant pas de mines dans la région où l'incident s'est produit, ce qui signifie qu'il ne s'agissait pas de vieilles mines plantées il y a longtemps, mais de mines récentes, enfouies par des agents provocateurs nord-coréens. Il est apparu que le brouillard était si dense en juillet que des agents de renseignement nord-coréens auraient pu pénétrer sur le territoire de la République de Corée et planté ces mines à 440 mètres de la frontière. Ahn Young-ho a souligné que des incidents similaires étaient survenus dans les années 1960.  

A ce stade une question se pose : qu'en est-il du système de garde-frontière sud-coréen assisté par ordinateur tant vanté ? Il faudrait alors admettre qu'il est possible de pénétrer dans la zone démilitarisée. Au moins deux incidents ont eu lieu récemment, quand des soldats nord-coréens ayant fait défection ont franchi avec succès tous les obstacles posés à la frontière. Dans un des cas, le soldat n'a été remarqué qu'après avoir frappé à la porte d'un point de contrôle sud-coréen. C'est pourquoi il est difficile de dire si les commandos nord-coréens sont si habiles, ou si les garde-frontières sud-coréens ont échoué à accomplir leur mission. En outre, tout en formulant ses excuses, le ministère de la Défense nationale (MDN) a admis que les garde-frontières n'avaient pas de détecteur de mines, ce qui doit être considéré comme une grave négligence. 

Il semble à l'auteur de cet article que les deux déclarations se contredisent de manière à soulever un doute. D'un côté, les représentants du commandement local ont confirmé la non-implication de la République populaire démocratique de Corée dans cet incident. Dans ce cas, il est raisonnable d'affirmer que cette conclusion se fondait sur les éléments matériels de l'enquête menée initialement sur le lieu de l'incident. Or près d'une semaine plus tard de nouvelles preuves sont apparues qui, pour une raison ou une autre, n'avaient pas été découvertes immédiatement. Mais si des restes de l'enveloppe extérieure de la mine et d'autres parties avaient été découvertes d'emblée, il apparaît alors quelque peu étrange que cette version n'ait pas été diffusée tout de suite, surtout si les mines des deux pays sont si différentes. 

Il est aussi important de relever que le lieu de l'incident a attiré l'attention à plusieurs reprises. Si l'on revient en 2010, après les incidents de l'île Yeonpyeong, au paroxysme de la flambée de tensions entre les deux Corée, un canon s'est "accidentellement" embrasé de lui-même. Son obus n'a pas atteint le territoire nord-coréen et il n'y a donc pas eu d'échanges de tirs. Et des incidents difficiles à expliquer dans lesquels chaque partie reproche à l'autre d'avoir "bombardé son territoire" sont survenus à plusieurs reprises ces jours-ci. En outre, les "défenseurs sud-coréens des droits de l'homme" ont envoyé leurs ballons chargés de tracts de propagande depuis cette zone.

Néanmoins, une enquête menée par le commandement des troupes des Nations Unies (la commission d'enquête comprenait des représentants des Etats-Unis, de la République de Corée, de la Nouvelle-Zélande et de la Colombie) est arrivée aux mêmes conclusions que leurs homologues en Corée du Sud, ce qui a été qualifié de signal pour "aller de l'avant". Les commandants en chef du comité conjoint des forces armées de la République de Corée ont qualifié l'enfouissement de mines par la Corée du Nord dans la DMZ de rupture ouverte du cessez-le-feu et des accords de réconciliation. Le Sud a exigé que le Nord reconnaisse sa responsabilité dans l'incident et présente ses excuses. Le commandement des Nations Unies a dénigré les actions supposées du Nord et ordonné une rencontre de toutes les parties concernées au niveau des généraux. Selon la déclaration du commandement des Nations Unies, "en ayant planté des mines antipersonnel enfermées dans des boîtes en bois le long de la route où patrouillent les soldats sud-coréens dans la partie Sud de la DMZ, l'armée nord-coréenne a violé les paragrahes 6, 7 et 8 de l'accord de cessez-le-feu".

Tant le parti au pouvoir que l'opposition sud-coréenne ont dénoncé les actions supposées de la République populaire démocratique de Corée. Le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon a appelé le Nord à cesser immédiatement ses provocations et à engager un dialogue. Le secrétaire d'Etat britannique pour les Affaires étrangères et le Commonwealth Phillip Hammondalso a vilipendé les actions présumées de la République populaire démocratique de Corée. En ce qui concerne la Présidente de la République de Corée (qui n'a jamais clairement mis en doute les résultats de l'enquête), elle a pris une position rigide, mais sans essayer de "brûler les ponts" comme Lee Myung-bak l'avait fait avant elle.  "Notre gouvernement continuera d'exercer une pression sur la Corée du Nord selon une logique de stricte dissuasion, et poursuivra parallèlement ses efforts pour reprendre le dialogue intercoréen". 

Le 10 août, il a été pris la décision de reprendre les émissions de propagande anti-Corée du Nord en utilisant les hauts parleurs installés le long de la frontière et de placer en état d'alerte les troupes de la République de Corée stationnées dans la zone démilitarisée. Le ministre de la Défense de la République de Corée Han Min-koo a déclaré que ce n'était qu'un début et que d'autres mesures de rétorsion étaient envisagées. Quand il a été interrogé s'il existait des plans pour attaquer les postes frontières nord-coréens situés de l'autre côté de la zone démilitarisée, il a répondu que la décision n'avait pas encore été prise. Selon certaines sources, la République de Corée aurait même souhaité mener une contre-attaque, mais les Etats-Unis l'aurait désapprouvée.

S'agissant des grands médias sud-coréens, ils ont déjà identifié le Nord-Coréen qui aurait manigancé l'incident. Ils ont pointé du doigt le Général Kim Yong-chol, récemment promu. En fait, il a été promu avant l'incident, mais c'est le général Kim qui avait déjà été accusé d'être derrière l'incident de l'île Yeonpyeong et le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan. Les Sudistes croient qu'il est en charge du renseignement militaire et qu'il a sur la conscience toutes les provocations de ce genre.

Pour conclure, les lecteurs doivent avoir conscience de deux autres aspects de la situation, qui ont trait à la politique étrangère. D'abord, l'incident est survenu juste avant les exercices militaires conjoints prévus entre les armées américaine et sud-coréenne. Chaque année la Corée du Nord déclare que ces exercices sont menés en préparation d'une invasion, et elle reçoit la même réponse du Sud que ce sont leurs affaires et strictement leur droit souverain. L'incident récent a "démoli les allégations nord-coréennes" : maintenant tout un chacun peut voir qui est le vrai provocateur.

Et plus largement il doit être noté que, ayant repoussé une attaque menée par Park Geun-hye dans le cadre de sa politique de "lutte contre la corruption", les forces conservatrices de la République de Corée tentent de se venger. Ce qui inclut la nomination d'un nouveau Premier ministre, une tentative pour limiter le pouvoir du Président, que nous avons analysée dans un de nos récents articles, et tout une série de décisions controversées rendues par la Cour constitutionnelle.

En tout cas, pour l'auteur de cet article tant les provocations du Nord que celles du Sud représentent en quelque sorte "beaucoup de bruit pour rien", car il se passe quelque chose de beaucoup plus important. Qu'on en juge : au moment même où était rendue publique la nouvelle de l'implication supposée de la Corée du Nord, les deux victimes de l'accident devenaient handicapées et éligibles à une pension à vie. Dans ce contexte, indépendamment de ce qui est effectivement arrivé, les Sud-Coréens épouseraient plus facilement la version officielle de la provocation de la Corée du Nord  comme étant socialement plus acceptable que la méconnaissance des règles de sécurité (les soldats n'avaient pas de détecteur de mines).

Et effectivement il y a des ressemblances avec l'escalade des tensions engendrée par le naufrage de la corvette Cheonan il y a cinq ans, quand il a été décidé que cet événement dramatique pourrait être utilisé à des fins politiques. Alors qu'initialement, après les faits, la Corée du Nord ne figurait pas parmi les suspects, des preuves hautement douteuses (une torpille rouillée de manière surprenante) ont ensuite été "découvertes".  

Konstantin Asmolov, docteur en histoire, chercheur confirmé de l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de Russie. Article publié en exclusivisité par le magazine en ligne New Eastern Outlook.

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 11:44

Le 22 août 2015, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC), à l'instar d'autres associations d'amitié avec la Corée, a reçu par courrier électronique un message du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), revenant sur les récents événements entre les deux Corée ayant gravement accru les tensions militaires. Le Comité des relations culturelles avec les pays étrangers regroupe les associations coréennes d'amitié avec les pays étrangers, dont l'Association d'amitié Corée-France, homologue de l'AAFC. Un tel communiqué est rare de la part du Comité des relations culturelles, soulignant la gravité de la situation et le besoin, selon les autorités nord-coréennes, d'élargir les canaux de communication et d'action. Nous traduisons ci-après en français ce communiqué rédigé en anglais. Pour sa part, l'AAFC appelle à la reprise du dialogue pour diminuer durablement les tensions dans la péninsule coréenne, chaque partie devant s'abstenir de toute action de nature à aggraver les risques de confrontation : la création d'un climat de paix et de sécurité dans la péninsule coréenne passe par la suspension des exercices militaires conjoints Ulji Freedom Guardian, l'arrêt de toute propagande contre l'autre partie dans la DMZ et la mise en oeuvre par les autorités sud-coréennes des moyens dont elles disposent pour empêcher de nouveaux envois de ballons de propagande au Nord, afin de ne pas jeter d'huile sur le feu d'une situation devenue explosive.

Réunion d'urgence de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée le 20 août 2015

Réunion d'urgence de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée le 20 août 2015

Chers amis,

Nous vous adressons nos chaleureuses salutations de Pyongyang.

Nous vous écrivons cette lettre à propos des tensions actuelles dans la péninsule coréenne, qui est au bord de la guerre.

Le 20 août dernier les militaires gangsters des forces fantoches sud-coréennes ont créé une histoire d'obus tiré par le Nord, et sous ce prétexte ont tiré de manière irresponsable 36 obus sur les postes de l'Armée populaire de Corée. Le groupe fantoche sud-coréen a prétendu à cor et à cri avoir répliqué à un obus ou une balle tiré par le Nord, malgé une absence totale de preuves. Le 20 août nous n'avons tiré aucun obus ou aucune balle contre le Sud, et il n'y a même pas eu de tir accidentel. Le tir unilatéral des gangsters fantoches sud-coréens n'était ni imprévu ni accidentel ; il s'agissait bien d'une provocation ourdie et calculée.

Ils ont d'abord créé une histoire d'explosion de mine antipersonnelle, et sous ce prétexte ils ont repris leur guerre psychologique par les hauts parleurs situés tout le long de la ligne de front. Ils ont frénétiquement accru les opérations d'envoi de tracts contre la RPDC en mobilisant les organisations les plus réactionnaires.

Ils ont effectué à présent une nouvelle provocation militaire en tirant 36 obus contre la RPDC. La reprise de leur guerre de propagande et de leurs actions militaires contre la RPDC intervient au moment où se déroule en Corée du Sud Ulji Freedom Guardian, c'est-à-dire les vastes exercices conjoints de préparation d'une guerre nucléaire conduits par les Etats-Unis, lancés le 17 août. Cela montre clairement que le groupe fantoche sud-coréen coopère étroitement avec les Etats-Unis pour plonger toute la nation coréenne dans les désastres de la guerre, en imputant à la RPDC la responsabilité des tensions actuelles entre le Nord et le Sud et en créant de bonnes raisons, tel que l'envoi de tracts, pour justifier des confrontations entre compatriotes.

Dans la grave situation actuelle, une réunion élargie de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée s'est tenue d'urgence dans la nuit du 20 août. Lors de cette réunion, le Commandement suprême de l'Armée populaire de Corée a ordonné que les unités les plus avancées sur la ligne de front soient en état d'alerte afin d'être entièrement prêtes à lancer des opérations surprise et que la région autour du front soit dans un état de semi-guerre à compter du 21 août 17 heures.

La situation dans la péninsule coréenne est au bord du gouffre d'une nouvelle guerre en raison des provocations répétées des Etats-Unis et des forces fantoches sud-coréennes. La situation actuelle montre une nouvelle fois clairement que ce sont bien les Etats-Unis et le régime fantoche sud-coréen à ses ordres qui aggravent les tensions dans la péninsule coréenne et menacent la paix et la stabilité dans la région.

Nous sommes fermement convaincus que les personnes et les organisations internationales sincèrement attachées à la justice et à la paix mondiale comprendront parfaitement le danger de la situation actuelle dans péninsule coréenne et sa nature, et soutiendront pleinement le peuple coréen dans son combat pour sauvegarder sa souveraineté nationale en organisant des activités de solidarité, telles que des réunions, des déclarations, des interviews et des manifestations de protestation pour briser les provocations et les agressions militaires anti-RPDC des Etats-Unis et des autorités fantoches sud-coréennes.

En vous priant d'agréer nos salutations les meilleures,

Le Comité des relations culturelles avec les pays étrangers de RPDC

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 12:51

Dans le cadre des manoeuvres militaires américano - sud-coréennes en cours au large de la péninsule, la tension a brutalement monté d'un cran : après que la Corée du Sud a tiré des dizaines d'obus en territoire nord-coréen le 20 août 2015, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a convoqué d'urgence la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée (PTC) : il a été donné l'ordre aux unités militaires stationnées à proximité de la frontière entre les deux Corée de se placer en état d'alerte à compter du vendredi 21 août à 17 heures (heure locale, 10h30 heure française). Selon l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le Maréchal Kim Jong-un a demandé aux troupes nord-coréennes d'être « pleinement prêtes au combat et à lancer des opérations surprises ». L'armée sud-coréenne a également été placée en état d'alerte maximale. Enfin, la RPD de Corée a donné 48 heures - jusqu'au samedi 22 août à 17 heures (heure locale, 10h30 heure française) - pour que la Corée du Sud cesse sa propagande par hauts-parleurs le long de la DMZ - propagande qu'elle vient de reprendre après que des soldats sud-coréens eurent été blessés par des mines antipersonnel que Séoul a accusé Pyongyang d'avoir placées, ce que la RPDC a vigoureusement démenti.

Drapeau nord-coréen, derrière une barrière de fils barbelés entre les deux Corée

Drapeau nord-coréen, derrière une barrière de fils barbelés entre les deux Corée

Il ne faut pas prendre à la légère les risques d'embrasement en un conflit généralisé que comporte la conduite des exercices de guerre américano - sud-coréens Ulji Freedom Guardian (UFG) : c'est pourquoi, fondamentalement attachée à la paix, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) avait demandé et demande toujours leur annulation, ou au moins leur report, dans un contexte de tensions accrues dans la péninsule coréenne.

Mais les faucons américains et sud-coréens n'ont cure de ces risques, persuadés de leur supériorité militaire, voire espérant secrètement que des provocations entraînent une réaction de l'Armée populaire de Corée qui pourrait justifier une nouvelle guerre de Corée.

Or, précisément, des tirs d'obus sud-coréens en territoire nord-coréen ont été lancés ce jeudi 20 août 2015, après de premiers tirs nord-coréens (selon la Corée du Sud - ce que réfute la RPDC). Cette escalade n'est pas la première : en novembre 2010 déjà, au large de l'île de Yeonpyeong, des obus avaient été tirés dans les eaux nord-coréennes, entraînant des ripostes mortelles de part et d'autre. L'AAFC avait alors déjà souligné que, plus jamais, des Coréens ne devaient tuer d'autres Coréens, en réaffirmant la nécessité qu'un traité de paix remplace l'accord d'armistice ayant mis fin aux affrontements de la guerre de Corée. Il est du devoir aujourd'hui de tous les progressistes sincèrement attachés à la paix de tout faire pour empêcher une escalade meurtrière, alors que les troupes nord-coréennes sont désormais prêtes à riposter en cas de nouvelle attaque.

S'agissant de la France, sa participation aux exercices militaires en cours apparaît comme une grave méconnaissance des risques de conflit que font peser ces manoeuvres. L'AAFC demande à la France de cesser immédiatement toute participation à ces exercices de guerre, alors que les tirs d'obus dans les eaux nord-coréennes ont dissipé l'illusion qu'ils auraient, comme le prétendent Washington et Séoul, un caractère "défensif".

Source (y compris photo) :

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 11:19

Le 17 août 2015, comme tous les ans, les manoeuvres militaires américano - sud-coréennes de grande ampleur "Ulji Freedom Guardian" alimentent les tensions autour de la péninsule coréenne. Les autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont dénoncé ces exercices de guerre comme le prélude à un nouveau conflit meurtrier sur la péninsule coréenne, en insistant qu'elles défendraient la souveraineté du pays en cas d'attaque. Ces propos ont été réinterprétés par les autorités américaines et sud-coréennes comme le signe selon eux d'une belliquosité de la RPD de Corée, tout en leur permettant d'autojustifier leurs exercices de guerre. Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) déplore l'escalade des tensions. Elle regrette vivement que les Etats-Unis et leurs alliés (dont la France, mentionnée comme participante aux exercices militaires) n'aient pas tiré profit du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie pour créer un contexte favorable à la paix et à la détente en annulant, ou tout au moins en différant, les manoeuvres militaires "Ulji Freedom Guardian".

Les 7 000 manifestants anti-guerre réunis à Séoul pour le 70e anniversaire de la Libération de la Corée ont exigé l'arrêt des exercices de guerre Ulji Freedom Guardian.

Devant durer 12 jours à compter du 17 août 2015, les exercices de guerre "Ulji Freedom Guardian" (UFG) impliqueraient, selon Mark Banham de l'International Business Times, des "milliers de soldats des pays alliés des Etats-Unis, dont l'Australie, le Royaume-Uni, le Canada, le Colombie, le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande". Si cette information était confirmée, elle marquerait un changement d'échelle dans la participation d'autres pays que les Etats-Unis et la Corée du Sud aux manoeuvres militaires internationales conduites deux fois par an dans la péninsule coréenne.

Plus que le nombre de soldats qu'elles impliquent, les opérations "Ulji Freedom Guardian" utilisent des simulations par ordinateur, préparant les guerres américaines de demain fondées sur une intensification de l'usage des moyens électroniques.

Selon une rhétorique bien huilée, le commandement conjoint américano - sud-coréen a insisté sur le caractère selon lui purement défensif de ces exercices de guerre : il s'agirait de "protéger la région et de maintenir la stabilité dans la péninsule coréenne". Car il est bien connu qu'officiellement les Etats-Unis ne font plus la guerre, prétendant seulement mener des opérations de police pour faire régner l'ordre et la sécurité aux quatre coins de la planète.

A la veille du début des exercices militaires, 7 000 militants pacifistes sud-coréens se sont réunis au centre de Séoul. Ils ont dénoncé la résurgence du militarisme japonais, appelé à des excuses des autorités nippones pour les crimes commis à l'encontre des "femmes de réconfort" (anciennes esclaves sexuelles de l'armée japonaise) et ont demandé l'arrêt des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens.

Cité par l'agence nord-coréenne KCNA, un porte-parole du Comité pour la réunification pacifique de la patrie de la RPD de Corée a dénoncé dans les exercices UFG une "répétition de guerre d’invasion nucléaire contre le Nord destinée à absorber la péninsule coréenne", en soulignant que la RPDC répliquerait à toute agression :

La RPDC est totalement prête à contrer toute méthode de guerre des impérialistes américains et a des muscles assez puissants pour contenir toute guerre nucléaire pouvant être provoquée par les Etats-Unis.

Dans un autre communiqué, le ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a fait implicitement référence à la force de dissuasion nucléaire, appuyée sur des capacités balistiques accrues, dont s'est dotée la Corée du Nord :

Contrairement aux années 50, nous avons une force militaire puissante capable de faire face à tout type de guerre que voudraient les Etats-Unis.

Pour l'AAFC, il convient d'éloigner le risque que le déploiement exceptionnel de forces dans le cadre de UFG ne dégénère, intentionnellement ou accidentellement, en un conflit ouvert. Il existe aussi un besoin impérieux d'engager un processus de désarmement - nucléaire et conventionnel - en relançant le dialogue et la négociation entre toutes les parties concernées, ce qui plaide pour la restauration d'un climat de confiance exigeant préalablement d'arrêter les provocations militaires. Si les Etats-Unis et leurs alliés désirent sincèrement la paix, il est encore temps d'annuler, ou à tout le moins de suspendre, les exercices de guerre "Ulji Freedom Guardian".

Sources :

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 21:33

Le 7 août 2015, à l'occasion du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie suite à la capitulation japonaise le 15 août 1945, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et l'Alliance coréenne ont organisé une conférence à Paris intitulée "Agir pour la paix et la sécurité collective en Asie du Nord-Est, 70 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale". Lors des débats animés par Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, les orateurs et les participants, originaires de cinq pays  éprouvés par le conflit (Japon, Corée, Vietnam, France, Allemagne), et parmi lesquels des membres d'organisations pacifistes françaises et japonaises (dont le Mouvement de la paix), ont exprimé leur volonté commune d'agir pour la paix, le désarmement - tant conventionnel que nucléaire - et la mise en place de mécanismes de sécurité collective en Asie de l'Est. Par ailleurs, fondamentalement attachés à la défense des droits de l'homme et des libertés publiques, les participants ont relayé l'appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud appelant à la libération immédiate du directeur du Centre des droits de l'homme Park Rae-gun, arrêté à Séoul le 16 juillet 2015 en tant que membre de l'Alliance du 16 avril, groupe civique sud-coréen qui exige une véritable enquête sur les causes du dramatique naufrage du ferry "Sewol", qui a causé plus de 300 morts au large de la Corée - pour la plupart des lycéens en voyage scolaire - le 16 avril 2014.

Français, Coréens et Japonais plaident pour la paix et le désarmement en Asie de l'Est

Dans son intervention intitulée "D'un conflit à l'autre : de la Seconde Guerre mondiale à la guerre de Corée, les tensions en Asie du Nord-Est et la nécessité de mettre en place des dispositifs de paix, de désarmement et de sécurité collective", Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a montré que la Seconde guerre mondiale - qui, en Asie, a commencé en juillet 1937 avec la guerre sino-japonaise, et s'est terminée le 15 août 1945 - a créé la situation géopolitique (division de la Corée, occupations du Japon et de la Corée) à l'origine de la guerre de Corée (1950-1953), et comment les tensions actuelles en Asie de l'Est découlent de ces deux conflits. Se prolongeant par des conflits de représentations (ainsi, le 15 août est considéré comme la fin de la guerre au Japon, mais marque bien la capitulation et la défaite de l'empire nippon et est célébré comme le jour de la libération en Corée), ces tensions sont de différents ordres :

- militaire (course aux armements, notamment nucléaires ; exercices militaires bisannuels américano - sud-coréens de grande ampleur au large de la Corée apparaissant comme les préparatifs d'un nouveau conflit),

- diplomatique (absence de traité de paix à la fin de la guerre de Corée, non-établissement de relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée, absence d'excuses du Japon pour les crimes commis pendant la Seconde guerre mondiale, notamment lors de la normalisation des relations avec la République de Corée en 1965), 

- territorial (entre la Russie et le Japon à propos des îles Kouriles, sur les îles Dok - appelées Takeshima par le Japon - entre la Corée et le Japon, sur les Diaoyu/Senkaku entre la Chine et le Japon).

Dans ce contexte, l'AAFC appelle à la signature d'un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice ayant clos les combats de la guerre de Corée, à la reconnaissance par le Japon des crimes commis à l'encontre des "femmes de réconfort", anciennes esclaves sexuelles (principalement coréennes) de l'armée japonaise, au soutien aux efforts de démilitarisation et de dénucléarisation et au refus de tout révisionnisme historique (notamment, sur l'usage désormais avéré d'armes chimiques par les troupes américaines pendant la guerre de Corée).

Puis Camille Fonseca est intervenue sur "La question du militarisme japonais contemporain et de la Constitution pacifiste japonaise". Elle a souligné que, 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement japonais du Premier ministre Shinzo Abe est en proie à une tentation militariste teintée de révisionnisme historique. Depuis décembre 2012, le gouvernement Abe s'obstine à vouloir ressusciter le vieux rêve d'une partie de la droite et de l'extrême-droite japonaise : "en finir avec le régime d'après-guerre", c'est-à-dire avec la Constitution pacifiste dont l'article 9 n'autorise pas les soldats japonais à aller se battre à l'étranger. Si dès 1948 le contexte de la guerre froide a incité les Etats-Unis à encourager un réarmement limité du Japon, entraînant notamment la création en juillet 1954 des Forces japonaises d'autodéfense (jieitai), le Premier ministre de l'époque, Shigeru Yoshida, expliquant alors que l'article 9 de la Constitution n'interdisait pas l'autodéfense.

Avec le temps, les forces du jieitai se sont considérablement développées. A partir de 1991, le jieitai a même été envoyé à l'étranger, le Japon se dotant d'une nouvelle législation qui l'autorise à participer à des actions dans le cadre de la Force de maintien de la paix des Nations Unis (loi PKO de 1992) ou pour des actions humanitaires. Dans l'opinion publique, l'envoi de soldats du jieitai à l'étranger a suscité à chaque fois une vive opposition, en particulier en 2003 lors de la Guerre d'Irak. Les dirigeants au sein du gouvernement PLD ont toujours expliqué que le jieitai ne participerait jamais à des combats à l'étranger parce que l'article 9 ne permet pas au Japon d'exercer le droit de légitime défense collective.

Les efforts actuels du gouvernement Abe de revenir sur l'article 9 de la Constitution s'inscrivent dans une démarche de déni de la défaite, comme l'ont montré les travaux du jeune politologue japonais Satoshi Shirai : les dirigeants japonais n'ont jamais admis la capitulation de leur pays : c'est ainsi que le 15 août, date de cet événement, est appelé "jour anniversaire de la fin de la guerre". Ce déni de la défaite explique également le développement d'un très fort courant révisionniste à partir des années 1990, notamment en réaction aux demandes de reconnaissance officielle des "femmes de réconfort", principalement coréennes. 

Lors de sa visite à Washington, fin avril 2015, le Premier ministre Shinzo Abe a prononcé un discours devant le Congrès et le Sénat américains réunis, promettant de faire adopter un "droit de légitime défense collective" avant l'été, revenant sur l'interprétation de l'article 9 de la Constitution. Mais la mobilisation de l'opinion publique a rendu ce projet impopulaire auprès d'une majorité de Japonais, hypothéquant ainsi son adoption, tout en entraînant un net recul de la cote de popularité du gouvernement.

Enfin, Stephen Cho (Alliance coréenne) a traité la question de "La Corée au coeur de la stratégie américaine du pivot asiatique" consistant en un recentrage des forces militaires américaines dans la région Asie-Pacifique. L'une des composantes du pivot asiatique est la remilitarisation du Japon. Il a également pour pendant le renforcement de l'alliance avec la Corée du Sud et la création d'un axe militaire Washington-Tokyo-Séoul, comportant la participation du Japon à des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud et la mise en place d'un accord tripartite en matière de renseignement. Le gouvernement sud-coréen de Mme Park Geun-hye tend toutefois à se rapprocher davantage de la Chine (devenue le premier partenaire économique de la République de Corée) que du Japon. Ce rééquilibrage vers l'Asie, accentué après le déclenchement de la crise économique mondiale en 2008, vise à faire pièce à la montée en puissance militaire de la Chine et de la Russie.

La politique américaine en Asie est teintée d'hypocrisie quand elle prétend favoriser la résolution de la question des femmes de réconfort, alors qu'elle est un obstacle à la remilitarisation du Japon à laquelle Washington est favorable. De même, sur la question nucléaire, les Etats-Unis occultent le fait qu'ils ont été la seule puissance à l'avoir utilisée lors des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, ayant fait par ailleurs de nombreuses victimes coréennes parmi les populations de ces deux villes japonaises, et que son usage a été à nouveau envisagé pendant la guerre de Corée.

En conclusion, Stephen Cho a expliqué que les progressistes sud-coréens étaient favorables à la transformation de l'accord d'armistice du 27 juillet 1953 en un traité de paix et qu'ils s'opposaient à la modification de l'article 9 de la Constitution japonaise. Par ailleurs, la démilitarisation de la Corée et de l'Asie implique un refus de toutes les armes de destruction massive, et devrait prendre place dans le cadre d'un système de sécurité collective, sur la base de l'expérience des conférences sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE). Si les CSCE ne peuvent pas être considérées comme un modèle, d'autres régions du monde que l'Europe montrent la possibilité de relations de coopération équilibrées (comme l'ALBA en Amérique latine), fondées sur la solidarité entre les peuples.

Français, Coréens et Japonais plaident pour la paix et le désarmement en Asie de l'Est
Français, Coréens et Japonais plaident pour la paix et le désarmement en Asie de l'Est
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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 17:09

La Conférence populaire des Coréens américains (Korean American Grassroots Conference) s’est réunie pour la deuxième année consécutive : elle s’est tenue à Washington DC les 21 et 22 juillet 2015, avec l’objectif affiché que les enjeux intéressant la communauté coréenne aux Etats-Unis soient encore mieux pris en compte par les décideurs publics américains, à un an des échéances électorales nationales de 2016.

Mme So Jung-lim, présidente de l’Association des Coréens américains de l’aire métropolitaine de Washington, s'exprime à la Conférence populaire des Coréens américains

Mme So Jung-lim, présidente de l’Association des Coréens américains de l’aire métropolitaine de Washington, s'exprime à la Conférence populaire des Coréens américains

Financée par l’Association des Coréens américains de l’aire métropolitaine de Washington, que préside So Jung-lim, et organisée par l’Emancipation civique des Coréens américains (association basée à New York et dans le New Jersey), la Conférence populaire des Coréens américains a réuni 300 participants originaires de 18 Etats américains, en hausse par rapport à 2014 (250 participants de 14 Etats). Par ailleurs, cette année des rencontres préparatoires avaient eu lieu dans 15 Etats.

 

Forte de 2 millions de membres, la communauté coréenne aux Etats-Unis a un poids électoral réel, toutefois inférieur à son potentiel du fait d’une inscription encore trop faible sur les listes électorales (40 %). La Conférence a ainsi décidé de conduire une campagne intitulée « 8080 », visant à porter à 80 % le taux d’inscription sur les listes électorales, et également à 80 % le taux de participation parmi les électeurs inscrits.

 

Signe d’une prise de conscience du poids électoral de la communauté coréenne américaine, 13 parlementaires américains, siégeant au Sénat ou à la Chambre des représentants, ont participé au dîner organisé le 22 juillet dans un hôtel près du Capitole. Ed Royce, président de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Bob Menendez, ancien président de la Commission des affaires étrangères du Sénat, et les députés Mike Honda et Charles Rangel ont pris la parole lors du dîner, en évoquant différents sujets auxquels sont attachés l’ensemble des Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora : les « femmes de réconfort » qui ont été les esclaves sexuelles de l’armée japonaise avant et pendant la Seconde guerre mondiale ; la souveraineté des îles Dokdo ; l’utilisation du nom « Mer de l’Est » (et non « Mer du Japon ») sur les cartes ; les réformes de la législation sur l’immigration ; les réunions de familles coréennes séparées entre le Nord et le Sud de la péninsule.

 

Plus tôt dans la journée, des rencontres avec des parlementaires avaient eu lieu au Sénat et à la Chambre des représentants. Une demande a porté sur l’augmentation du nombre de visas de travail.

 

Alors que les Coréens de l’étranger peuvent désormais voter aux élections nationales en République de Corée (Corée du Sud), plusieurs parlementaires sud-coréens étaient également présents, dont Na Kyung-won, Président de la Commission des affaires étrangères et de la réunification, Shim Yoon-joe (parti Saenuri, conservateur), Baek Duk-kwang (Saenuri) et Oh Jae-se (Alliance de la nouvelle politique pour la démocratie, démocrate).

 

Source :

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 17:47

En décidant d'ouvrir à Séoul un bureau sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les Nations Unies ont créé un précédent juridique lourd de conséquences au regard des principes du droit international public, et validant de surcroît une procédure d'évaluation des droits de l'homme menée en méconnaissance flagrante des standards juridiques internationaux, comme l'ont montrée plusieurs juristes français et belge, dans une lettre ouverte que l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) reproduit ci-après, et intitulée : "De quoi l'ouverture à Séoul d'un bureau sur les droits de l'homme en Corée du Nord est-elle le nom ?"

Le 23 juin 2015, à l’occasion de la visite en République de Corée (Corée du Sud) de Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a été inauguré à Séoul un bureau sur les droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette décision résulte d’une décision du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, suite à la publication, en février 2014, d’un rapport de la commission d’enquête des Nations Unies sur les droits de l’homme en RPDC.
La mise en place d’un tel bureau résulte, selon le Centre d’information des Nations Unies (UN News Centre), dans un compte rendu de la conférence de presse donnée par le Haut Commissaire à l’issue de sa visite en Corée du Sud, le 25 juin 2015, de la volonté de "créer un bureau sur le terrain pour renforcer la surveillance et la documentation de la situation des droits de l’homme en RPDC".
Une telle décision, à notre connaissance sans précédent en droit international, nous interpelle comme citoyens et comme juristes à de multiples titres.
Tout d’abord, le rapport de février 2014 dont elle procède souffre de graves insuffisances : auditions collectives de témoins exclusivement à charge, dont plusieurs se sont révélé être sinon des imposteurs, du moins des affabulateurs ; absence de tout débat contradictoire non seulement avec les autorités nord-coréennes, mais aussi avec les ONG présentes dans le pays ou des spécialistes de la question nord-coréenne n’appartenant pas au cercle étroit des milieux néo-conservateurs qui, inlassablement, plaident pour un étranglement économique et politique de la RPD de Corée en vue de produire, comme dans d’autres régions du monde, un changement de régime.
Mettre en place un organisme dédié aux droits de l’homme dans un pays spécifique, en dehors de tout cadre juridique international (comme celui des tribunaux pénaux internationaux), permet de s’affranchir des règles de droit qui président ou devraient présider à la création de telles juridictions d’exception. Le bureau nouvellement créé à Séoul est un OVNI juridique, aux mission mal définies et aux moyens inconnus : faut-il rappeler que, jusqu’à présent, le financement des seules initiatives sur le terrain des droits de l’homme en Corée du Nord provient d’Etats, et singulièrement de leurs services de renseignement (CIA américaine, NIS sud-coréen) ? S’agit-il de constituer un faux-nez de la CIA ou du NIS, même dissimulé sous l’étendard des croisés de l’extrême-droite anticommuniste, sous les couleurs des Nations Unies ? Alors que la guerre de Corée a été la première menée, par un camp, au nom des Nations Unies, la Corée est décidément l’objet de bien curieuses instrumentalisations du droit international pour répondre aux intérêts de certains Etats.
La fonction principale de l’ONU est le maintien de la paix (notamment par la non-ingérence et le respect de l’égale souveraineté des Etats). Or, par le jeu de fictions juridiques, l’ONU a endossé l’intervention militaire des Etats-Unis durant la guerre de 1950-1953. Pendant de nombreuses décennies, elle n’a pas réagi aux violations des droits de l’homme par la dictature militaire sud-coréenne. L’ONU n’a pas non plus, malgré la continuité de sa présence sur le territoire coréen, pris d’initiatives en faveur d’un rapprochement des deux Etats coréens ni en faveur d’un traité de paix clôturant définitivement le conflit de 1950-1953, y compris durant la période favorable de la “Sunshine Policy” sous la présidence de Kim Dae-jung au Sud.
Sous le couvert des droits de l’homme, dont les progrès dans la péninsule dépendent de la détente entre les parties, l’ONU accroît délibérément la tension, en contradiction avec sa raison d’être, mais conformément aux souhaits de Séoul et de Washington.
Choisir la Corée du Sud, qui tente d’imposer unilatéralement sa vision de tout ce qui a trait à la Corée du Nord et est toujours techniquement en état de guerre avec le Nord, comme siège de ce bureau relève, au mieux, de la naïveté, au pire, de la provocation – surtout lorsque l’on connaît les atteintes de plus en plus ouvertes aux droits de l’homme en Corée du Sud.
Que dirait-on de l’ouverture d’un bureau sur les violations des droits de l’homme en Syrie qui aurait son siège en Israël, ou d’un tel bureau à Damas sur les violations des droits de l’homme par Tsahal ? Que dirait-on d’un bureau à La Havane sur les violations des droits de l’homme dans la base américaine de Guantanamo ? Tous crieraient au parti pris et à la violation de la souveraineté des Etats, base du droit international. Pourquoi une telle règle connaîtrait-elle une exception s’agissant de la RPDC ? Le droit international n’est pas à géométrie variable, au gré des intérêts des Etats et des parties en présence. L’ouverture à Séoul d’un bureau sur les droits de l’homme en RPDC est l’expression d’une violation manifeste et sans équivoque du droit international.
Profondément attachés aux libertés publique et au respect du droit international, nous réaffirmons notre conviction que la question des droits de l’homme en RPD de Corée doit s’inscrire dans un cadre de la légalité internationale, et non dans la prise en otage de principes sacrés qui ont fondé la règle du vivre ensemble des nations depuis un siècle.

Robert Charvin, professeur émérite de droit à l'Université de Nice Sophia-Antipolis, doyen honoraire de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Nice

Paulette Pierson Mathy, professeur honoraire, Université libre de Bruxelles (ULB)

Benoît Quennedey, ancien élève de l’Ecole nationale d’administration, juriste.

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