Dans le cadre des manoeuvres militaires américano - sud-coréennes en cours au large de la péninsule, la tension a brutalement monté d'un cran : après que la Corée du Sud a tiré des dizaines d'obus en territoire nord-coréen le 20 août 2015, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a convoqué d'urgence la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée (PTC): il a été donné l'ordre aux unités militaires stationnées à proximité de la frontière entre les deux Coréede se placer en état d'alerte à compter du vendredi 21 août à 17 heures (heure locale, 10h30 heure française). Selon l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), le Maréchal Kim Jong-un a demandé aux troupes nord-coréennes d'être « pleinement prêtes au combat et à lancer des opérations surprises ». L'armée sud-coréenne a également été placée en état d'alerte maximale. Enfin, la RPD de Corée a donné 48 heures - jusqu'au samedi 22 août à 17 heures (heure locale, 10h30 heure française) - pour que la Corée du Sud cesse sa propagande par hauts-parleurs le long de la DMZ - propagande qu'elle vient de reprendre après que des soldats sud-coréens eurent été blessés par des mines antipersonnel que Séoul a accusé Pyongyang d'avoir placées, ce que la RPDC a vigoureusement démenti.
Drapeau nord-coréen, derrière une barrière de fils barbelés entre les deux Corée
Il ne faut pas prendre à la légère les risques d'embrasement en un conflit généralisé que comporte la conduite des exercices de guerre américano - sud-coréens Ulji Freedom Guardian (UFG) : c'est pourquoi, fondamentalement attachée à la paix, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) avait demandé et demande toujours leur annulation, ou au moins leur report, dans un contexte de tensions accrues dans la péninsule coréenne.
Mais les faucons américains et sud-coréens n'ont cure de ces risques, persuadés de leur supériorité militaire, voire espérant secrètement que des provocations entraînent une réaction de l'Armée populaire de Corée qui pourrait justifier une nouvelle guerre de Corée.
Or, précisément, des tirs d'obus sud-coréens en territoire nord-coréen ont été lancés ce jeudi 20 août 2015, après de premiers tirs nord-coréens (selon la Corée du Sud - ce que réfute la RPDC). Cette escalade n'est pas la première : en novembre 2010 déjà, au large de l'île de Yeonpyeong, des obus avaient été tirés dans les eaux nord-coréennes, entraînant des ripostes mortelles de part et d'autre. L'AAFC avait alors déjà souligné que, plus jamais, des Coréens ne devaient tuer d'autres Coréens, en réaffirmant la nécessité qu'un traité de paix remplace l'accord d'armistice ayant mis fin aux affrontements de la guerre de Corée. Il est du devoir aujourd'hui de tous les progressistes sincèrement attachés à la paix de tout faire pour empêcher une escalade meurtrière, alors que les troupes nord-coréennes sont désormais prêtes à riposter en cas de nouvelle attaque.
S'agissant de la France, sa participation aux exercices militaires en cours apparaît comme une grave méconnaissance des risques de conflit que font peser ces manoeuvres. L'AAFC demande à la France de cesser immédiatement toute participation à ces exercices de guerre, alors que les tirs d'obus dans les eaux nord-coréennes ont dissipé l'illusion qu'ils auraient, comme le prétendent Washington et Séoul, un caractère "défensif".
L'escalade militaire se poursuit entre la Corée du Nord et son voisin du Sud. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a demandé à ses troupes stationnées à la frontière entre les deux pays de s...
Le 17 août 2015, comme tous les ans, les manoeuvres militaires américano - sud-coréennes de grande ampleur "Ulji Freedom Guardian" alimentent les tensions autour de la péninsule coréenne. Les autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont dénoncé ces exercices de guerre comme le prélude à un nouveau conflit meurtrier sur la péninsule coréenne, en insistant qu'elles défendraient la souveraineté du pays en cas d'attaque. Ces propos ont été réinterprétés par les autorités américaines et sud-coréennes comme le signe selon eux d'une belliquosité de la RPD de Corée, tout en leur permettant d'autojustifier leurs exercices de guerre. Pour sa part, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) déplore l'escalade des tensions. Elle regrette vivement que les Etats-Unis et leurs alliés (dont la France, mentionnée comme participante aux exercices militaires) n'aient pas tiré profit du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie pour créer un contexte favorable à la paix et à la détente en annulant, ou tout au moins en différant, les manoeuvres militaires "Ulji Freedom Guardian".
Les 7 000 manifestants anti-guerre réunis à Séoul pour le 70e anniversaire de la Libération de la Corée ont exigé l'arrêt des exercices de guerre Ulji Freedom Guardian.
Devant durer 12 jours à compter du 17 août 2015, les exercices de guerre "Ulji Freedom Guardian" (UFG) impliqueraient, selon Mark Banham de l'International Business Times, des "milliers de soldats des pays alliés des Etats-Unis, dont l'Australie, le Royaume-Uni, le Canada, le Colombie, le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande". Si cette information était confirmée, elle marquerait un changement d'échelle dans la participation d'autres pays que les Etats-Unis et la Corée du Sud aux manoeuvres militaires internationales conduites deux fois par an dans la péninsule coréenne.
Plus que le nombre de soldats qu'elles impliquent, les opérations "Ulji Freedom Guardian" utilisent des simulations par ordinateur, préparant les guerres américaines de demain fondées sur une intensification de l'usage des moyens électroniques.
Selon une rhétorique bien huilée, le commandement conjoint américano - sud-coréen a insisté sur le caractère selon lui purement défensif de ces exercices de guerre : il s'agirait de "protéger la région et de maintenir la stabilité dans la péninsule coréenne". Car il est bien connu qu'officiellement les Etats-Unis ne font plus la guerre, prétendant seulement mener des opérations de police pour faire régner l'ordre et la sécurité aux quatre coins de la planète.
A la veille du début des exercices militaires, 7 000 militants pacifistes sud-coréens se sont réunis au centre de Séoul. Ils ont dénoncé la résurgence du militarisme japonais, appelé à des excuses des autorités nippones pour les crimes commis à l'encontre des "femmes de réconfort" (anciennes esclaves sexuelles de l'armée japonaise) et ont demandé l'arrêt des exercices militaires conjoints américano - sud-coréens.
Cité par l'agence nord-coréenne KCNA, un porte-parole du Comité pour la réunification pacifique de la patrie de la RPD de Corée a dénoncé dans les exercices UFG une "répétition de guerre d’invasion nucléaire contre le Nord destinée à absorber la péninsule coréenne", en soulignant que la RPDC répliquerait à toute agression :
La RPDC est totalement prête à contrer toute méthode de guerre des impérialistes américains et a des muscles assez puissants pour contenir toute guerre nucléaire pouvant être provoquée par les Etats-Unis.
Dans un autre communiqué, le ministère des Affaires étrangères de la RPD de Corée a fait implicitement référence à la force de dissuasion nucléaire, appuyée sur des capacités balistiques accrues, dont s'est dotée la Corée du Nord :
Contrairement aux années 50, nous avons une force militaire puissante capable de faire face à tout type de guerre que voudraient les Etats-Unis.
Pour l'AAFC, il convient d'éloigner le risque que le déploiement exceptionnel de forces dans le cadre de UFG ne dégénère, intentionnellement ou accidentellement, en un conflit ouvert. Il existe aussi un besoin impérieux d'engager un processus de désarmement - nucléaire et conventionnel - en relançant le dialogue et la négociation entre toutes les parties concernées, ce qui plaide pour la restauration d'un climat de confiance exigeant préalablement d'arrêter les provocations militaires. Si les Etats-Unis et leurs alliés désirent sincèrement la paix, il est encore temps d'annuler, ou à tout le moins de suspendre, les exercices de guerre "Ulji Freedom Guardian".
CCTV.com 08-16-2015 10:48 BJT Thousands of South Koreans have gathered in central Seoul for an anti-war rally on the 70th anniversary of the end of World War Two. South Korean President Park ...
North Korea, the rogue state run by leader Kim Jong-un, has threatened the US with attack if it does not cancel multinational military exercises set to commence tomorrow (17 August). North Korea's ...
La Corée du Nord a menacé ce jeudi de riposter avec des "averses de feu impitoyables" contre la Corée du Sud et les Etats-Unis qui projettent d'entamer leur exercice militaire conjoint Ulchi Fre...
Le 7 août 2015, à l'occasion du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie suite à la capitulation japonaise le 15 août 1945, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) et l'Alliance coréenne ont organisé une conférence à Paris intitulée "Agir pour la paix et la sécurité collective en Asie du Nord-Est, 70 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale". Lors des débats animés par Patrick Kuentzmann, secrétaire général de l'AAFC, les orateurs et les participants, originaires de cinq pays éprouvés par le conflit (Japon, Corée, Vietnam, France, Allemagne), et parmi lesquels des membres d'organisations pacifistes françaises et japonaises (dont le Mouvement de la paix), ont exprimé leur volonté commune d'agir pour la paix, le désarmement - tant conventionnel que nucléaire - et la mise en place de mécanismes de sécurité collective en Asie de l'Est. Par ailleurs, fondamentalement attachés à la défense des droits de l'homme et des libertés publiques, les participants ont relayé l'appel du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud appelant à la libération immédiate du directeur du Centre des droits de l'homme Park Rae-gun, arrêté à Séoul le 16 juillet 2015 en tant que membre de l'Alliance du 16 avril, groupe civique sud-coréen qui exige une véritable enquête sur les causes du dramatique naufrage du ferry "Sewol", qui a causé plus de 300 morts au large de la Corée - pour la plupart des lycéens en voyage scolaire - le 16 avril 2014.
Dans son intervention intitulée "D'un conflit à l'autre : de la Seconde Guerre mondiale à la guerre de Corée, les tensions en Asie du Nord-Est et la nécessité de mettre en place des dispositifs de paix, de désarmement et de sécurité collective", Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a montré que la Seconde guerre mondiale - qui, en Asie, a commencé en juillet 1937 avec la guerre sino-japonaise, et s'est terminée le 15 août 1945 - a créé la situation géopolitique (division de la Corée, occupations du Japon et de la Corée) à l'origine de la guerre de Corée (1950-1953), et comment les tensions actuelles en Asie de l'Est découlent de ces deux conflits. Se prolongeant par des conflits de représentations (ainsi, le 15 août est considéré comme la fin de la guerre au Japon, mais marque bien la capitulation et la défaite de l'empire nippon et est célébré comme le jour de la libération en Corée), ces tensions sont de différents ordres :
- diplomatique (absence de traité de paix à la fin de la guerre de Corée, non-établissement de relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée, absence d'excuses du Japon pour les crimes commis pendant la Seconde guerre mondiale, notamment lors de la normalisation des relations avec la République de Corée en 1965),
- territorial (entre la Russie et le Japon à propos des îles Kouriles, sur les îles Dok - appelées Takeshima par le Japon - entre la Corée et le Japon, sur les Diaoyu/Senkaku entre la Chine et le Japon).
Dans ce contexte, l'AAFC appelle à la signature d'un traité de paix en lieu et place de l'accord d'armistice ayant clos les combats de la guerre de Corée, à la reconnaissance par le Japon des crimes commis à l'encontre des "femmes de réconfort", anciennes esclaves sexuelles (principalement coréennes) de l'armée japonaise, au soutien aux efforts de démilitarisation et de dénucléarisation et au refus de tout révisionnisme historique (notamment, sur l'usage désormais avéré d'armes chimiques par les troupes américaines pendant la guerre de Corée).
Puis Camille Fonseca est intervenue sur "La question du militarisme japonais contemporain et de la Constitution pacifiste japonaise". Elle a souligné que, 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement japonais du Premier ministre Shinzo Abe est en proie à une tentation militariste teintée de révisionnisme historique. Depuis décembre 2012, le gouvernement Abe s'obstine à vouloir ressusciter le vieux rêve d'une partie de la droite et de l'extrême-droite japonaise : "en finir avec le régime d'après-guerre", c'est-à-dire avec la Constitution pacifiste dont l'article 9 n'autorise pas les soldats japonais à aller se battre à l'étranger. Si dès 1948 le contexte de la guerre froide a incité les Etats-Unis à encourager un réarmement limité du Japon, entraînant notamment la création en juillet 1954 des Forces japonaises d'autodéfense (jieitai), le Premier ministre de l'époque, Shigeru Yoshida, expliquant alors que l'article 9 de la Constitution n'interdisait pas l'autodéfense.
Avec le temps, les forces du jieitai se sont considérablement développées. A partir de 1991, le jieitai a même été envoyé à l'étranger, le Japon se dotant d'une nouvelle législation qui l'autorise à participer à des actions dans le cadre de la Force de maintien de la paix des Nations Unis (loi PKO de 1992) ou pour des actions humanitaires. Dans l'opinion publique, l'envoi de soldats du jieitai à l'étranger a suscité à chaque fois une vive opposition, en particulier en 2003 lors de la Guerre d'Irak. Les dirigeants au sein du gouvernement PLD ont toujours expliqué que le jieitai ne participerait jamais à des combats à l'étranger parce que l'article 9 ne permet pas au Japon d'exercer le droit de légitime défense collective.
Les efforts actuels du gouvernement Abe de revenir sur l'article 9 de la Constitution s'inscrivent dans une démarche de déni de la défaite, comme l'ont montré les travaux du jeune politologue japonais Satoshi Shirai : les dirigeants japonais n'ont jamais admis la capitulation de leur pays : c'est ainsi que le 15 août, date de cet événement, est appelé "jour anniversaire de la fin de la guerre". Ce déni de la défaite explique également le développement d'un très fort courant révisionniste à partir des années 1990, notamment en réaction aux demandes de reconnaissance officielle des "femmes de réconfort", principalement coréennes.
Lors de sa visite à Washington, fin avril 2015, le Premier ministre Shinzo Abe a prononcé un discours devant le Congrès et le Sénat américains réunis, promettant de faire adopter un "droit de légitime défense collective" avant l'été, revenant sur l'interprétation de l'article 9 de la Constitution. Mais la mobilisation de l'opinion publique a rendu ce projet impopulaire auprès d'une majorité de Japonais, hypothéquant ainsi son adoption, tout en entraînant un net recul de la cote de popularité du gouvernement.
Enfin, Stephen Cho (Alliance coréenne) a traité la question de "La Corée au coeur de la stratégie américaine du pivot asiatique" consistant en un recentrage des forces militaires américaines dans la région Asie-Pacifique. L'une des composantes du pivot asiatique est la remilitarisation du Japon. Il a également pour pendant le renforcement de l'alliance avec la Corée du Sud et la création d'un axe militaire Washington-Tokyo-Séoul, comportant la participation du Japon à des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud et la mise en place d'un accord tripartite en matière de renseignement. Le gouvernement sud-coréen de Mme Park Geun-hye tend toutefois à se rapprocher davantage de la Chine (devenue le premier partenaire économique de la République de Corée) que du Japon. Ce rééquilibrage vers l'Asie, accentué après le déclenchement de la crise économique mondiale en 2008, vise à faire pièce à la montée en puissance militaire de la Chine et de la Russie.
La politique américaine en Asie est teintée d'hypocrisie quand elle prétend favoriser la résolution de la question des femmes de réconfort, alors qu'elle est un obstacle à la remilitarisation du Japon à laquelle Washington est favorable. De même, sur la question nucléaire, les Etats-Unis occultent le fait qu'ils ont été la seule puissance à l'avoir utilisée lors des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, ayant fait par ailleurs de nombreuses victimes coréennes parmi les populations de ces deux villes japonaises, et que son usage a été à nouveau envisagé pendant la guerre de Corée.
En conclusion, Stephen Cho a expliqué que les progressistes sud-coréens étaient favorables à la transformation de l'accord d'armistice du 27 juillet 1953 en un traité de paix et qu'ils s'opposaient à la modification de l'article 9 de la Constitution japonaise. Par ailleurs, la démilitarisation de la Corée et de l'Asie implique un refus de toutes les armes de destruction massive, et devrait prendre place dans le cadre d'un système de sécurité collective, sur la base de l'expérience des conférences sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE). Si les CSCE ne peuvent pas être considérées comme un modèle, d'autres régions du monde que l'Europe montrent la possibilité de relations de coopération équilibrées (comme l'ALBA en Amérique latine), fondées sur la solidarité entre les peuples.
La Conférence populaire des Coréens américains (KoreanAmerican Grassroots Conference) s’est réunie pour la deuxième année consécutive : elle s’est tenue à Washington DC les 21 et 22 juillet 2015, avec l’objectif affiché que les enjeux intéressant la communauté coréenne aux Etats-Unis soient encore mieux pris en compte par les décideurs publics américains, à un an des échéances électorales nationales de 2016.
Mme So Jung-lim, présidente de l’Association des Coréens américains de l’aire métropolitaine de Washington, s'exprime à la Conférence populaire des Coréens américains
Financée par l’Association des Coréens américains de l’aire métropolitaine de Washington, que préside So Jung-lim, et organisée par l’Emancipation civique des Coréens américains (association basée à New York et dans le New Jersey), la Conférence populaire des Coréens américains a réuni 300 participants originaires de 18 Etats américains, en hausse par rapport à 2014 (250 participants de 14 Etats). Par ailleurs, cette année des rencontres préparatoires avaient eu lieu dans 15 Etats.
Forte de 2 millions de membres, la communauté coréenne aux Etats-Unis a un poids électoral réel, toutefois inférieur à son potentiel du fait d’une inscription encore trop faible sur les listes électorales (40 %). La Conférence a ainsi décidé de conduire une campagne intitulée « 8080 », visant à porter à 80 % le taux d’inscription sur les listes électorales, et également à 80 % le taux de participation parmi les électeurs inscrits.
Signe d’une prise de conscience du poids électoral de la communauté coréenne américaine, 13 parlementaires américains, siégeant au Sénat ou à la Chambre des représentants, ont participé au dîner organisé le 22 juillet dans un hôtel près du Capitole. Ed Royce, président de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Bob Menendez, ancien président de la Commission des affaires étrangères du Sénat, et les députés Mike Honda et Charles Rangel ont pris la parole lors du dîner, en évoquant différents sujets auxquels sont attachés l’ensemble des Coréens, du Nord, du Sud et de la diaspora : les « femmes de réconfort » qui ont été les esclaves sexuelles de l’armée japonaise avant et pendant la Seconde guerre mondiale ; la souveraineté des îles Dokdo ; l’utilisation du nom « Mer de l’Est » (et non « Mer du Japon ») sur les cartes ; les réformes de la législation sur l’immigration ; les réunions de familles coréennes séparées entre le Nord et le Sud de la péninsule.
Plus tôt dans la journée, des rencontres avec des parlementaires avaient eu lieu au Sénat et à la Chambre des représentants. Une demande a porté sur l’augmentation du nombre de visas de travail.
Alors que les Coréens de l’étranger peuvent désormais voter aux élections nationales en République de Corée (Corée du Sud), plusieurs parlementaires sud-coréens étaient également présents, dont Na Kyung-won, Président de la Commission des affaires étrangères et de la réunification, Shim Yoon-joe (parti Saenuri, conservateur), Baek Duk-kwang (Saenuri) et Oh Jae-se (Alliance de la nouvelle politique pour la démocratie, démocrate).
Koreans-Americans mobilizing ahead of next year's presidential elections, working for higher turnout at the ballot box The second annual Korean American Grassroots Conference was held successfully ...
En décidant d'ouvrir à Séoul un bureau sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les Nations Unies ont créé un précédent juridique lourd de conséquences au regard des principes du droit international public, et validant de surcroît une procédure d'évaluation des droits de l'homme menée en méconnaissance flagrante des standards juridiques internationaux, comme l'ont montrée plusieurs juristes français et belge, dans une lettre ouverte que l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) reproduit ci-après, et intitulée : "De quoi l'ouverture à Séoul d'un bureau sur les droits de l'homme en Corée du Nord est-elle le nom ?"
Le 23 juin 2015, à l’occasion de la visite en République de Corée (Corée du Sud) de Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a été inauguré à Séoul un bureau sur les droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette décision résulte d’une décision du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, suite à la publication, en février 2014, d’un rapport de la commission d’enquête des Nations Unies sur les droits de l’homme en RPDC.
La mise en place d’un tel bureau résulte, selon le Centre d’information des Nations Unies (UN News Centre), dans un compte rendu de la conférence de presse donnée par le Haut Commissaire à l’issue de sa visite en Corée du Sud, le 25 juin 2015, de la volonté de "créer un bureau sur le terrain pour renforcer la surveillance et la documentation de la situation des droits de l’homme en RPDC".
Une telle décision, à notre connaissance sans précédent en droit international, nous interpelle comme citoyens et comme juristes à de multiples titres.
Tout d’abord, le rapport de février 2014 dont elle procède souffre de graves insuffisances : auditions collectives de témoins exclusivement à charge, dont plusieurs se sont révélé être sinon des imposteurs, du moins des affabulateurs ; absence de tout débat contradictoire non seulement avec les autorités nord-coréennes, mais aussi avec les ONG présentes dans le pays ou des spécialistes de la question nord-coréenne n’appartenant pas au cercle étroit des milieux néo-conservateurs qui, inlassablement, plaident pour un étranglement économique et politique de la RPD de Corée en vue de produire, comme dans d’autres régions du monde, un changement de régime.
Mettre en place un organisme dédié aux droits de l’homme dans un pays spécifique, en dehors de tout cadre juridique international (comme celui des tribunaux pénaux internationaux), permet de s’affranchir des règles de droit qui président ou devraient présider à la création de telles juridictions d’exception. Le bureau nouvellement créé à Séoul est un OVNI juridique, aux mission mal définies et aux moyens inconnus : faut-il rappeler que, jusqu’à présent, le financement des seules initiatives sur le terrain des droits de l’homme en Corée du Nord provient d’Etats, et singulièrement de leurs services de renseignement (CIA américaine, NIS sud-coréen) ? S’agit-il de constituer un faux-nez de la CIA ou du NIS, même dissimulé sous l’étendard des croisés de l’extrême-droite anticommuniste, sous les couleurs des Nations Unies ? Alors que la guerre de Corée a été la première menée, par un camp, au nom des Nations Unies, la Corée est décidément l’objet de bien curieuses instrumentalisations du droit international pour répondre aux intérêts de certains Etats.
La fonction principale de l’ONU est le maintien de la paix (notamment par la non-ingérence et le respect de l’égale souveraineté des Etats). Or, par le jeu de fictions juridiques, l’ONU a endossé l’intervention militaire des Etats-Unis durant la guerre de 1950-1953. Pendant de nombreuses décennies, elle n’a pas réagi aux violations des droits de l’homme par la dictature militaire sud-coréenne. L’ONU n’a pas non plus, malgré la continuité de sa présence sur le territoire coréen, pris d’initiatives en faveur d’un rapprochement des deux Etats coréens ni en faveur d’un traité de paix clôturant définitivement le conflit de 1950-1953, y compris durant la période favorable de la “Sunshine Policy” sous la présidence de Kim Dae-jung au Sud.
Sous le couvert des droits de l’homme, dont les progrès dans la péninsule dépendent de la détente entre les parties, l’ONU accroît délibérément la tension, en contradiction avec sa raison d’être, mais conformément aux souhaits de Séoul et de Washington.
Choisir la Corée du Sud, qui tente d’imposer unilatéralement sa vision de tout ce qui a trait à la Corée du Nord et est toujours techniquement en état de guerre avec le Nord, comme siège de ce bureau relève, au mieux, de la naïveté, au pire, de la provocation – surtout lorsque l’on connaît les atteintes de plus en plus ouvertes aux droits de l’homme en Corée du Sud.
Que dirait-on de l’ouverture d’un bureau sur les violations des droits de l’homme en Syrie qui aurait son siège en Israël, ou d’un tel bureau à Damas sur les violations des droits de l’homme par Tsahal ? Que dirait-on d’un bureau à La Havane sur les violations des droits de l’homme dans la base américaine de Guantanamo ? Tous crieraient au parti pris et à la violation de la souveraineté des Etats, base du droit international. Pourquoi une telle règle connaîtrait-elle une exception s’agissant de la RPDC ? Le droit international n’est pas à géométrie variable, au gré des intérêts des Etats et des parties en présence. L’ouverture à Séoul d’un bureau sur les droits de l’homme en RPDC est l’expression d’une violation manifeste et sans équivoque du droit international.
Profondément attachés aux libertés publique et au respect du droit international, nous réaffirmons notre conviction que la question des droits de l’homme en RPD de Corée doit s’inscrire dans un cadre de la légalité internationale, et non dans la prise en otage de principes sacrés qui ont fondé la règle du vivre ensemble des nations depuis un siècle.
Robert Charvin, professeur émérite de droit à l'Université de Nice Sophia-Antipolis, doyen honoraire de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Nice
Paulette Pierson Mathy, professeur honoraire, Université libre de Bruxelles (ULB)
Benoît Quennedey, ancien élève de l’Ecole nationale d’administration, juriste.
Le scandale du bacille actif de la maladie du charbon envoyé par un laboratoire de l'armée américaine dans divers endroits du monde s'étend puisque ce sont désormais quatre pays étrangers (l'Australie, le Canada, la Corée du Sud et la Grande-Bretagne), et non trois comme annoncé initialement, et 19 Etats américains, et non 17, qui ont reçu « par erreur » des échantillons de cet agent pathogène extrêmement dangereux au cours du mois de mai 2015. Le 5 juin, le représentant permanent de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) auprès de l'Organisation des Nations Unies a adressé une lettre au secrétaire général des Nations Unies et au président de son Conseil de sécurité, demandant que ce dernier se saisisse de cette affaire. La requête nord-coréenne s'inscrit dans le cadre du point 103 de l'ordre du jour de la 69e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, portant sur la Convention sur l'interdiction de la mise au point de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxine et sur leur destruction. L'Association d'amitié franco-coréenne présente ci-après la traduction française officielle de cette lettre, telle qu'elle figure sur le site des Nations Unies.
Conseil de sécurité des Nations Unies, 29 mai 2015 (photo : ONU)
Voici le texte des lettres, datées du 4 juin 2015, adressées en des termes identiques au secrétaire général et au président du Conseil du sécurité des Nations Unies par le Représentant permanent de la RPD de Corée auprès des Nations Unies :
J’ai l’honneur de vous faire tenir ci-joint une déclaration faite le 3 juin 2015 par un porte-parole de la Commission de défense nationale de la République populaire démocratique de Corée au sujet du péril que représentent les projets de guerre biologique contre le pays échafaudés par les États-Unis d’Amérique (voir annexe).
Il a été révélé récemment que des bacilles mortels actifs de la maladie du charbon avaient été expédiés clandestinement depuis une installation militaire située à Dugway (Utah), placée sous le contrôle du Département de la défense des États-Unis, aux bases militaires américaines situées en Corée du Sud et dans d’autres pays.
Cela montre clairement que non seulement les États-Unis possèdent des armes de destruction massive meurtrières qui sont formellement interdites en vertu de la Convention sur les armes biologiques, mais également qu’ils tentent de les utiliser à des fins guerrières contre la République populaire démocratique de Corée sur le territoire de la péninsule coréenne.
La République populaire démocratique de Corée condamne dans les termes les plus énergiques les États-Unis pour leurs actes génocidaires contre l’humanité, et prie instamment le Conseil de sécurité de se pencher sur la question de l’envoi de bacilles du charbon, en vue de mener une enquête approfondie sur les projets de guerre biologique des États-Unis.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer au plus vite le texte de la présente lettre et de son annexe comme document de l’Assemblée générale, au titre du point 103 de l’ordre du jour, et du Conseil de sécurité.
L’Ambassadeur,
Représentant permanent
(Signé) Ja Song Nam
En annexe des lettres adressées au secrétaire général et au président du Conseil du sécurité des Nations Unies par le Représentant permanent de la RPD de Corée auprès des Nations Unies, figure une déclaration faite le 3 juin 2015 par un porte parole de la Commission de la défense nationale de la RPDC, telle que rapportée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA :
Pyongyang, le 3 juin – Un porte-parole de la Commission de défense nationale de la République populaire démocratique de Corée a publié aujourd’hui une déclaration dévoilant au grand jour le sinistre dessein des impérialistes américains, qui cherchent à plonger la nation coréenne dans une terrible guerre biologique.
Dans cette déclaration, il est indiqué que la récente révélation de l’introduction de bacilles du charbon en Corée du Sud par les États-Unis prouve que ces derniers ne sont qu’une bande d’escrocs menaçant l’existence de l’humanité, des barbares qui s’abaissent à toutes les infamies pour faire de la Corée du Sud un enfer et un terrain d’essais pour armes biochimiques, et de cruels meurtriers qui défient jusqu’au droit international.
Compte tenu de la situation actuelle, cette déclaration est venue préciser la position de principe de la République populaire démocratique de Corée, qui est la suivante :
1. Les États-Unis doivent avouer le crime trois fois maudit qu’ils ont commis à l’encontre de la nation coréenne et du monde, et se retirer sans délai de la Corée du Sud, en emportant avec eux tout l’arsenal nucléaire et biologique qu’ils y ont dissimulé, y compris dans leur base aérienne située à Osan.
La moitié sud de la Corée n’est pas une terre où les assassins américains peuvent régner en maîtres, en ourdissant leur complot visant à déclencher une horrible guerre nucléaire et biologique ayant pour but d’exterminer la nation coréenne par tous les moyens.
2. Les Sud-Coréens de toutes les sphères de la société devraient s’allier à l’échelle nationale pour déjouer les plans de guerre nucléaire et biologique des impérialistes américains.
Ils devraient défendre leur terre et leur avenir en menant des efforts concertés au sein de la nation coréenne en vue de lutter contre les sophismes dont usent les États-Unis, ce démon meurtrier sans égal contre lequel la nation doit mener un combat acharné, et en s’attaquant sans merci à Park Geun–Hye, qui s’aplatit devant lui.
3. Le monde devrait reconnaître le projet des États-Unis, qui refusent même d’admettre qu’ils préparent une guerre biologique, pourtant strictement interdite au niveau international, pour ce qu’il est, à savoir la plus grande menace qui soit pour la paix et un crime odieux au caractère génocidaire, et le punir sans pitié.
La Cour pénale internationale doit traduire en justice le Président des États-Unis, son Secrétaire d’État à la défense et le chef des forces de l’agresseur impérialiste présentes en Corée du Sud, qui sont les instigateurs de ce crime, ainsi que les autorités fantoches de la Corée du Sud et leurs complices, afin que tous soient sévèrement punis aux yeux du monde entier.
Il était souligné dans la déclaration que le sinistre dessein de l’empire des démons de faire de la péninsule coréenne une terre désolée et le théâtre d’une guerre biologique, en plus de l’exposer aux dangers de la radioactivité, ne devait jamais devenir réalité.
Il y a néanmoins peu de chance que le Conseil de sécurité condamne, même timidement, les pratiques d'un de ses membres permanents en matière de manipulation d'armes de destruction massive hors de ses frontières. En effet, le département d'Etat américain a jugé que les demandes nord-coréennes sont « ridicules » et « ne méritent pas de réponses ». Compte tenu du passif des Etats-Unis en Corée, on n'espérait pas davantage de la part de l'administration américaine.
Suite à l'envoi « par erreur » de bacilles actifs de la maladie du charbon par le département de la Défense des Etats-Unis à plus de 50 laboratoires situés dans 17 Etats américains et trois pays étrangers - l'Australie, le Canada et la Corée du Sud -, le personnel de l'armée américaine stationné en Corée du Sud a été exposé entre le 21 et le 27 mai 2015 à cet agent pathogène extrêmement dangereux. Cet incident, qui aurait pu tourner à la catastrophe pour les soldats américains et, surtout, pour la population coréenne, relance le débat sur l'Accord sur le statut des forces accordant aux forces américaines stationnées en Corée du Sud des privilèges exorbitants au mépris de la souveraineté de la Corée du Sud et de la sécurité de sa population.
Bacille du charbon (bacillus anthracis)
D'après un rapport du commandement des Forces américaines en Corée du Sud (United States Forces Korea, USFK), rendu public le 28 mai 2015, un échantillon de bacille du charbon utilisé pour un test sur la base aérienne d’Osan (35 km au sud de Séoul), s'est avéré être actif, provoquant l'intervention du personnel d'urgence et la destruction de l'échantillon incriminé le 27 mai.
Le bacille du charbon (bacillus anthracis) est une bactérie à l'origine d'une maladie infectieuse aiguë appelée maladie du charbon (en anglais : anthrax), fatale dans 95 % des cas. Le bacille du charbon est utilisable comme arme bactériologique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la dispersion de 100 kg de cet agent pathogène à basse altitude au-dessus d'une grande ville pourrait tuer de un à trois millions de personnes.
Le commandement de l'USFK a déclaré que l'examen des 22 personnes ayant participé au test n'a révélé aucun signe d'infection, que le public n'a été exposé à aucune menace et que le gouvernement sud-coréen a été informé dès le 27 mai du caractère actif de l'échantillon de bacille du charbon manipulé sur la base d'Osan. Mais l'USFK n'a pas précisé si les autorités sud-coréennes avaient été informées au préalable de cette expérience bactériologique et de l'entrée d'un échantillon de bacille du charbon sur le territoire sud-coréen.
A la suite de la révélation de l'incident de la base d'Osan, la presse et la société civile sud-coréennes s'interrogent sur les conséquences de possibles accidents provoqués par la manipulation d'armes biologiques ou chimiques par l'armée américaine sur le territoire sud-coréen. Les Etats-Unis stationnent toujours 28 500 soldats en Corée du Sud et conservent le contrôle opérationnel (OPCON) de l'armée sud-coréenne en temps de guerre.
Dès l'incident du 27 mai connu, l'organisation civique sud-coréenne Solidarité populaire pour une démocratie participative (fondée en 1994), déjà mobilisée en 2008 contre les importations de viande bovine des Etats-Unis présentant une menace pour la santé publique en Corée du Sud, a interpelé le gouvernement :
Il s'agit d'une question ayant un impact direct sur la vie des gens et le gouvernement sud-coréen doit dire publiquement s'il était informé de l'entrée de bacille du charbon dans le pays, si de telles armes de destruction massive biologiques et chimiques ont été introduites dans le passé, et si les mesures gouvernementales de quarantaine et de contrôle ont été suffisantes au cours du processus d'importation.
Au cours d'une réunion sur la sécurité en Asie tenue à Singapour le 30 mai, soit deux jours après l'annonce de l'incident du 27 mai, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a présenté au ministre sud-coréen de la Défense Han min-koo des excuses pour l'introduction en Corée du Sud de bacille du charbon actif par l'armée américaine et a promis de prendre les mesures pour empêcher qu'un tel incident se reproduise.
A l'origine, les Etats-Unis n'avaient pas prévu d'aborder l'affaire du bacille du charbon au cours de la réunion de Singapour. Ce n'est qu'après que la partie sud-coréenne a fait part de la colère du public suite à l'annonce de l'incident du 27 mai que la partie américaine a décidé d'ajouter cette question à l'ordre du jour et d'exprimer ses regrets. En fait, l'administration américaine paraît surtout s'inquiéter que cet incident provoque un conflit avec l'allié sud-coréen et que se réveille en Corée du Sud un sentiment anti-américain latent, comme en 2002 lorsque deux écolières sud-coréennes furent écrasées par un blindé de l'armée américaine au cours de manœuvres.
L'administration américaine n'a pas expliqué pourquoi et comment l'incident du 27 mai a pu arriver, ce qui, outre leurs excuses tardives, peut faire douter de la sincérité des autorités américaines et de leur volonté de donner davantage d'informations, comme l'a relevé lequotidien sud-coréen Hankyoreh. Des citoyens et organisations sud-coréens exigent que les Etats-Unis exposent tous les détails du processus qui a permis à du matériel biologique dangereux d'être expédié jusqu'en Corée du Sud.
Il est d'autant plus urgent d'évaluer le niveau des renseignements partagés entre les gouvernements américain et sud-coréen au sujet des armes biologiques et chimiques détenues par les forces des Etats-Unis stationnées en Corée du Sud que, selon le quotidien Hankyoreh, un responsable du gouvernement sud-coréen a déclaré le 31 mai que les armées américaine et sud-coréenne ne s'informent pas de leurs exercices militaires respectifs, suggérant que les forces des Etats-Unis en Corée du Sud n'ont pas prévenu les autorités sud-coréennes de leurs expériences sur le bacille du charbon.
Pour empêcher la répétition d'un tel incident, il apparaît nécessaire de réviser l'Accord sur le statut des forces (Status of Forces Agreement, SOFA) signé par la Corée du Sud et les Etats-Unis. En effet, un bon moyen d'empêcher l'armée américaine d'introduire du matériel dangereux en Corée du Sud et d'y développer des armes biologiques serait que les douanes sud-coréennes puissent inspecter les chargements destinés aux forces américaines stationnées dans le pays, ce qu'interdit l'article 9 du SOFA.
Sur les trois pays comptant le plus de soldats américains sur leur territoire – la Corée du Sud, le Japon et l'Allemagne -, la Corée du Sud est même le seul pays où les Etats-Unis n'ont pas à informer ou discuter avec les autorités locales d'un changement dans leurs systèmes d'armes ou dans le niveau de leurs troupes ou de l'importation d'armes dangereuses.
Une autre question est de savoir si les Etats-Unis ont violé la loi internationale en expédiant dans un autre pays du matériel biologique dangereux utilisable à des fins militaires. Selon Jeong Uk-sik, président de l'organisation sud-coréenne Peace Network, cité par le Hankyoreh : « Il est possible que le seul fait que les Etats-Unis ont déplacé du bacille du charbon, lequel est utilisé comme arme biologique, vers un autre pays puisse enfreindre la Convention sur les armes biologiques. »
Manifestation d'organisations civiques sud-coréennes devant l'ambassade américaine à Séoul le 29 mai 2015
Face à l'inquiétude de la population et aux questions restées sans réponse (Quelle quantité de bacille du charbon est en cause dans l'incident de mai 2015? Le bacille du charbon a-t-il déjà introduit en Corée du Sud et, si oui, combien de fois?), l'USFK a tenté de restaurer le calme en déclarant le 29 mai qu'une telle expérience impliquant des agents biologiques ou chimiques avait eu lieu « pour la première fois » en mai 2015. Mais apparaissent aussi des preuves que les forces américaines en Corée du Sud y ont installé un laboratoire pour l'étude du bacille du charbon depuis au moins 1998, ce qui fait légitiment craindre que des incidents comparables soient déjà arrivés.
D'après le ministère sud-coréen de la Santé et du Bien-être, qui a publié le 29 mai les résultats de son enquête sur l'incident, l'échantillon de bacille du charbon a été livré à la base aérienne d'Osan quatre semaines plus tôt, soit dès début mai, par la société FedEx. L'échantillon comprenait des spores contenus dans 1 ml de liquide congelé et protégé par une triple paroi. Il a été décongelé le 21 mai en vue d'être utilisé dans de nouveaux équipements destinés à l'analyse de l'ADN par réaction en chaîne par polymérase dans le cadre d'un « programme intégré d'évaluation des menaces » mené par l'armée américaine en Corée du Sud.
Ce n'est que le 27 mai que l'USFK a été informé par le département de la Défense des Etats-Unis de la possibilité que l'échantillon de bacille du charbon livré soit actif. C'est à ce moment qu'une équipe d'intervention d'urgence est entrée en action et que l'échantillon a été détruit.
Or, selon la chaîne de télévision américaine ABC, le laboratoire sur les armes biologiques et chimiques de Dugway, dans l'Utah, à l'origine de l'envoi de l'échantillon de bacille du charbon à la base d'Osan, a expédié un autre échantillon à un laboratoire privé américain situé le Maryland, lequel a découvert dès le 22 mai que le bacille du charbon contenu dans cet échantillon était actif et a immédiatement averti le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies des Etats-Unis.
Les organisations civiques sud-coréennes posent donc la question : Pourquoi le département de la Défense des Etats-Unis n'a pas immédiatement averti les forces américaines stationnées en Corée du Sud du caractère éminemment dangereux de l'échantillon reçu début mai et a attendu cinq jours pour le faire ?
Elles accusent également le gouvernement sud-coréen et le parti au pouvoir de faiblesse dans une affaire qui a mis en péril la vie des citoyens sud-coréens.
Le 1er juin 2015, le gouvernement sud-coréen et le Parti Saenuri au pouvoir ont déclaré vouloir tenir en juillet une réunion conjointe du comité sur l'Accord sur le statut des forces avec les Etats-Unis. Cette annonce a eu lieu après une réunion tenue à l'Assemblée nationale sud-coréenne, consacrée aux contre-mesures à prendre face au syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Middle East Respiratory Syndrome, MERS) qui a déjà fait plusieurs victimes en Corée du Sud.
Après la réunion, le vice-ministre de la Défense Baek Seung-joo a livré un rapport sur l'incident du bacille du charbon aux députés du principal parti d'opposition, la Nouvelle alliance politique pour la démocratie (NAPD). Au cours de la réunion, le dirigeant de la NAPD Moon Jae-in a appelé à une action rapide de la part de l'administration :
Ils doivent prendre des mesures tout de suite en créant une commission conjointe conformément au SOFA et en permettant à une équipe conjointe entre la Corée du Sud et les Etats-Unis de commencer une enquête. Nous devons aussi envisager une révision des termes du SOFA afin que notre administration dispose d'assez d'informations à l'avance.
Ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis introduisent ou utilisent des armes de destruction massive sur le territoire coréen.
Les Etats-Unis sont soupçonnés d'avoir utilisé des armes biologiques contre des populations civiles pendant la Guerre de Corée (1950-1953), grâce notamment au « recyclage » de criminels de guerre japonais.
Toujours pendant la Guerre de Corée, la supériorité technologique des Etats-Unis, combinée à la peur de basculer dans une guerre mondiale où seraient intervenus les Soviétiques et les Chinois, a failli avoir comme conséquence l'utilisation par les Américains de l'arme atomique, après les bombardements de Hiroshima et Nagasaki en 1945.
Des documents américains déclassifiés indiquent que, de 1958 à 1991, les Etats-Unis ont déployé des centaines de têtes nucléaires dans le sud de la péninsule coréenne - un maximum ayant été atteint en 1967, date à laquelle on comptait 950 têtes nucléaires. Si, depuis 1991, l'armée américaine affirme avoir retiré toutes ses armes nucléaires du sol coréen, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) exige toujours une réciprocité américaine, vérifiable, dans le cadre des accords de dénucléarisation de la péninsule coréenne - alors que les inspections de l'Agence internationales de l'énergie atomique visent le seul programme nord-coréen qui porte sur un nombre d'armes très inférieur à celui des armes déployées par l'armée américaine pendant plus de trois décennies.
En 1997, il fut aussi révélé que les troupes américaines stationnées en Corée du Sud étaient équipées de munitions à l'uranium appauvri, des armes qui avaient provoqué une contamination à la radioactivité en Irak où elles avaient été utilisées pendant la guerre du Golfe. A l'époque, l'USFK avait commencé par nier être en possession de telles munitions avant d'admettre en disposer mais sans les avoir jamais utilisées en Corée.
Les militaires américains en Corée du Sud, grands possesseurs - voire utilisateurs - d'armes de destruction massive, au mépris de la souveraineté du pays qui les accueille et de la sécurité de ses citoyens ? Certainement. Mais le plus inquiétant dans cette affaire réside peut-être dans l'apparente inaction des autorités sud-coréennes actuelles.
Actualités Le Pentagone a envoyé par erreur des bacilles actifs de la maladie du charbon à plus de 50 laboratoires situés dans 17 Etats américains et trois pays étrangers. Des militaires amé...
Opposition calling for an investigation into delivery of live anthrax sample, and revision of agreement with US military The administration and ruling Saenuri Party (NFP) said they plan to wait ...
Civic groups raising questions over how often dangerous biological materials are brought into the country Twenty-two Osan Air Base staffers were exposed to anthrax after a US military institute ...
Calls are now coming for more communication from the US on what kinds of materials it brings onto S. Korean bases US Defense Secretary Ashton Carter made an official apology for the delivery of live
Under current regulations, US can bring hazardous materials into S. Korea without notifying Seoul government Under current regulations, US can bring hazardous materials into S. Korea without ...
USFK claiming that anthrax test was the first, but anthrax testing in S. Korea has been going on for 17 years US Forces Korea (USFK) tried to restore calm by claiming that the anthrax experiment ...
Le 9 mai 2015, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé que la RPDC avait procédé au succès au lancement d'un nouveau missile mer-sol balistique stratégique (MSBS, acronyme anglais SLBM) baptisé Polaris (Etoile polaire), sur l'initiative personnelle du Maréchal Kim Jong-un, commandant suprême de l'Armée populaire de Corée (APC), qui a assisté à l'opération. Cité par KCNA, le dirigeant suprême nord-coréen a souligné que la RPDC disposait désormais d' "une arme stratégique de niveau mondial capable de frapper et d'annihiler dans toutes les eaux les forces hostiles empiétant sur la souveraineté et la dignité (de la RPDC) ainsi que de mener des opérations sous-marines". Comme le souligne un article de The Diplomat (intitulé : "Première : la Corée du Nord a testé un MSBS Polaris 1", chapeau : "Pour la première fois, la Corée du Nord a testé ses MSBS, soulevant des inquiétudes régionales"), que nous avons traduit de l'anglais ci-après, et dont les analyses n'engagent que The Diplomat. Selon l'auteur de l'article, Ankit Panda, la RPD de Corée progresserait vers la constitution d'une composante navale de sa force de dissuasion nucléaire, et confirme son avance sur la République de Corée (Corée du Sud) dans le domaine balistique. Si les néo-conservateurs ont dénoncé une violation des sanctions des Nations Unies prohibant les activités nucléaires militaires et balistiques de la RPDC, les Etats-Unis ont réagi avec prudence, au moins dans un premier temps, appelant Pyongyang à s'abstenir d'initiatives de nature à entraîner une aggravation des sanctions. Plutôt que d'enclencher un nouveau cycle de sanctions qui ont prouvé leur inefficacité pour enrayer les progrès militaires de la RPDC, Washington pourrait reconsidérer son approche de la question coréenne, alors que les médias américains ont évoqué le fait, après le lancement du missile Polaris, que les Etats-Unis auraient envisagé une reprise du dialogue.
Kim Jong-un ne pouvait pas se rendre à Moscou pour célébrer le Jour de la Victoire de la Russie dans la Seconde guerre mondiale et il a fait ce qu'il pouvait faire sinon de mieux (NdT : la Russie espérait la visite du Maréchal Kim Jong-un pour les célébrations, le 9 mai, de la fin de la Seconde guerre mondiale, mais le ministère des Affaires étrangères de la RPDC a finalement indiqué que le Premier secrétaire du Parti du travail de Corée était retenu en Corée pour des motifs internes au pays ; c'est le Président du Praesidium de l'Assemblée populaire suprême, Kim Yong-nam, qui a représenté la RPDC aux cérémonies) : superviser le premier essai d'un missile mer-sol balistique stratégique (MSBS). La voix officielle du régime, l'Agence centrale de presse coréenne (Korean Central News Agency, KCNA), a observé que Kim Jong-un avait regardé le MSBS nord-coréen Bukkeukseong-1 (“Polaris-1”) "s'élancer vers le ciel".
Comme le montrent les quelques images précises publiées par KCNA, l'apparence du missile rappelle les MSBS russe R-27 et serbe SS-N-6, et il serait constitué d'un seul étage, pour permettre le stockage du combustible liquide. En première analyse, les images de KCNA apparaissent authentiques et n'avoir été trafiquées d'aucune manière.
Ni KCNA, ni les sources secondaires n'ont vérifié la localisation de la base de lancement du missile. KCNA a souligné que le lancement avait été effectué loin des terres. Dans les images diffusées par l'agence, Kim Jong-un apparaît suivre le lancement depuis le pont d'un bateau. L'agence de presse sud-coréenne Yonhap émet l'hypothèse que le lancement aurait eu lieu vendredi (NdT : 8 mai) au large des chantiers navales situés au Sud du port nord-coréen de Sinpo, installés sur la côte Est du pays (d'après l'analyse des images satellitaires, Sinpo est largement considérée comme le site de recherche et de développement des MSBS de la Corée du Nord).
La tir marque une étape décisive dans le programme engagé par la Corée du Nord pour moderniser et développer ses capacités offensives, en apportant la preuve des nets progrès réalisés par le régime vers la mise en place d'une capacité de frappe navale difficile à détecter. Selon Yonhap, si la Corée du Nord peut rendre opérationnels ses MSBS en termes de fiabilité et de précision, elle sera "en avance d'au moins une décennie sur le Sud". La marine sud-coréenne prévoit de déployer des MSBS d'ici 2030, sur six sous-marins de 3 000 tonnes.
Fondamentalement, si la Corée du Nord parvient à combiner ses MSBS avec des engins nucléaires, elle pourrait former une composante navale de sa force de dissuasion nucléaire. D'après ce que l'on sait du programme d'armes nucléaires de la Corée du Nord, Pyongyang a miniaturisé avec succès des armes nucléaires.
Pour l'instant, les officiels sud-coréens regardent l'essai de vendredi comme concentré d'abord sur l'expulsion d'un MSBS. Un tel essai signifierait que l'efficacité du missile en termes de portée et de précision n'était pas son objectif premier. Les militaires nord-coréens étaient probablement plus intéressés par la capacité du Polaris-1 à franchir la surface de l'eau avec une poussée appropriée. Les officiels sud-coréens estiment que le missile a volé sur environ seulement 100 mètres au-dessus de la surface de l'eau.
Le Bukkeukseong-1 confirme les rapports antérieurs d'officiels américains, notamment de l'Amiral Cecil D. Haney qui dirige le commandement stratégique américain, que la RPDC a effectué des progrès concrets vers son premier MSBS. En fin d'année dernière, le Général Curtis Scaparrotti, commandant des forces américaines en Corée, a dit être convaincu que la Corée du Nord disposait de "la technologie nécessaire pour pouvoir effectivement affirmer qu'ils ont ce qu'ils disent avoir". L'essai de vendredi ajoute foi à l'un et l'autre de ces affirmations.
Kim Jong-un couldn't head to Moscow to celebrate Russia's Second World War Victory Day so he settled for the next best thing: overseeing the first-ever test-firing of a North Korean ...
Le 2 mai 2015, les médias de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont rendu compte de l'arrestation d'un étudiant sud-coréen de 21 ans, ayant le statut de résident permanent aux Etats-Unis (où sa famille s'est installée en 2001), Joo Won-moon (ou Won-moon Joo, si l'on suit l'usage américain de placer le nom de famille coréen, monosyllabique, après le prénom). Joo Won-moon est entré illégalement en RPD de Corée le 22 avril. Le 5 mai, Will Ripley, un journaliste américain de CNN, a interviewé Joo dans une vidéo filmée : l'étudiant a déclaré, par son geste, avoir voulu contribuer à l'amélioration des relations intercoréennes. Mais comment et pourquoi ?
Si des Sud-Coréens ou des Coréens américains ont déjà été arrêtés en RPD de Corée, c'est en général pour des motifs considérés comme portant atteinte à la sécurité publique - espionnage ou prosélytisme religieux. Une équipe de CNN actuellement en Corée du Nord a d'ailleurs rencontré deux autres Coréens arrêtés par les autorités nord-coréennes et accusés d'espionnage, Kim Kuk-gi et Choe Chun-gil. Les journalistes de CNN ont aussi demandé un entretien avec Jon Won-moon, que Will Ripley a pu interviewer à l'hôtel Koryo, à Pyongyang, en décrivant un jeune homme détendu et souriant. Ses conditions d'entrée et d'arrestation en RPDC apparaissent plus singulières.
Etudiant en commerce à l'Université de New York, Joo Won-moon est entré illégalement en RPDC le 22 avril en traversant à la nage le fleuve Yalu qui sépare la Chine et la Corée, après avoir franchi deux rangées de fil barbelé. Il a poursuivi son chemin à travers champs avant d'être arrêté par des soldats nord-coréens. Contrairement à d'autres Coréens ayant pénétré sans autorisation sur le territoire nord-coréen, il ne semble pas avoir cherché à se cacher ni à rencontrer d'autres Nord-Coréens. Il a d'ailleurs déclaré à CNN qu'il était prêt à se faire arrêter, conscient d'avoir gravement enfreint non seulement la loi nord-coréenne, mais plus généralement les règles de droit international.
Quand le journaliste Will Ripley lui a demandé les raisons pour lesquelles il était entré en Corée du Nord, Joo Won-moon a déclaré qu'il était conscient d'avoir commis un délit, mais qu'il espérait que cet incident créerait les conditions d'une amélioration des relations intercoréennes :
J'espérais que mon entrée, illégalement je le reconnais, pourrait entraîner quelque grand événement, avec l'espoir que cela aurait un effet positif sur les relations entre le Nord et le Sud [de la Corée] [...] Evidemment, je n'en suis pas encore totalement sûr, mais j'espère que je pourrai dire au monde comment un simple étudiant d'université a pu entrer illégalement en RPDC [...] et rentrer chez lui en sécurité grâce au traitement généreux de la RPDC.
Plusieurs éléments doivent être pris en considération pour apprécier cette réponse en évitant un jugement européo-centré : tout d'abord, l'impossibilité pour un Sud-Coréen d'avoir le moindre contact avec les Nord-Coréens en application de la loi de sécurité nationale. Dès lors, la curiosité qui a animé Joo Won-moon est celle de bien des Sud-Coréens, et sa volonté de voir puis de témoigner (alors qu'il n'est qu'un "simple étudiant") est compréhensible... dès lors qu'il sera libéré, ce dont il exprime ouvertement le souhait, ce qui ne fait d'ailleurs guère de doutes au regard des précédents et du caractère relativement limité de l'infraction commise par rapport à d'autres actes qualifiés de crimes dans le droit nord-coréen.
Mais plus fondamentale est l'idée, avancée par Joo Won-hoon, de créer un incident et d'amener ainsi à des discussions intercoréennes (à noter qu'à aucun moment ne sont évoquées les relations entre la RPDC et les Etats-Unis, bien que Joo ait le statut de résident permanent aux Etats-Unis). Le raisonnement est loin d'être absurde : à plusieurs reprises, les Etats-Unis ont dépêché à Pyongyang des émissaires de haut niveau - comme l'ancien Président Bill Clinton - pour obtenir la libération de leurs ressortissants, souvent coréens, arrêtés en RPDC (dans le cas de Bill Clinton, les journalistes Laura Ling et Euna Lee, elles aussi entrées illégalement en Corée du Nord). Et de fait, un canal de dialogue s'était ainsi instauré. Que cet exemple ait pu marquer Joo Won-hoon, qui vit aux Etats-Unis depuis quatorze ans, est probable, le jeune homme exprimant par ailleurs des marques de respect pour la République populaire démocratique de Corée (qu'il désigne toujours de son nom officiel).
Mais ce qui a valu pour les relations américano-nord-coréennes peut-il être transposé aux relations intercoréennes ? Il est permis d'en douter, tant les suspicions sont fortes de part et d'autre. Le gouvernement sud-coréen, en appelant à la libération immédiate de Joo Won-hoon, a dénoncé selon lui une pratique de Pyongyang contraire aux droits de l'homme, en n'ayant pas informé immédiatement de l'arrestation de Joo Won-hoon. Cette critique apparaît pourtant déplacée si l'on considère que les soldats sud-coréens, eux, n'ont pas hésité encore récemment à tuer certains de leurs compatriotes qui tentaient de gagner le Nord en fuyant le Sud.
Le New York Post a vu dans le geste de Joo un plaidoyer pour la paix ; certainement, mais plus basiquement l'étudiant a manifestement souhaité voir les deux gouvernements coréens discuter directement, le désir de réunification de leur pays animant les Coréens.
Interrogé enfin par Will Ripley sur ce le message qu'il souhaitait faire passer, Joo Won-hoon a eu un mot pour ses parents et ses proches, en soulignant qu'il était bien nourri, qu'il avait bien dormi et qu'il voulait s'excuser pour l'inquiétude qu'il leur donnait. Les autres étrangers arrêtés en Corée du Nord sont, de fait, bien traités. Ce qui nous semble toutefois le plus intéressant dans cette réponse est son caractère profondément coréen, dans le respect des aînés et des parents. Si l'on veut comprendre Joo Won-hoon, il faut le considérer d'un point de vue coréen, et formuler avec lui le voeu que son geste, qui apparaît teinté d'idéalisme, puisse effectivement avoir un effet bénéfique sur les relations Nord-Sud.
Our North Korean government minders informed us Monday night that we'd be interviewing Joo, a request we made on Saturday, just hours after arriving in the country. CNN was given exclusive access to
"I wanted to be arrested," NYU student Won-moon Joo said. "I thought that my entrance to the DPRK [North Korea], illegally I acknowledge, I thought that some great event could happen and hopefully ...
The Tenafly college student jailed for allegedly illegally entering North Korea said in an interview broadcast on Tuesday that he wanted to be arrested and was ready to accept his punishment ...
New Jersey's Won Man Joo wanted to be the straw that stirred Korea's political commentary so he snuck into North Korea with the intent of getting caught. He accomplished his goal.
Séoul a exprimé ce matin ses regrets et a demandé la libération immédiate du ressortissant sud-coréen détenu en Corée du Nord. Avant-hier, Pyongyang a dit qu'un étudiant coréen de l'unive...
Le 29 avril 2015, le Premier ministre japonais Shinzo Abe s'est exprimé devant les deux chambres du Congrès américain. S'il a exprimé ses "condoléances" aux familles des soldats américains morts pendant la Seconde guerre mondiale, il ne s'est pas départi du nationalisme japonais le plus conservateur en évitant soigneusement toute expression d'excuses envers les victimes coréennes de la politique menée par l'impérialisme nippon - une position d'autant plus choquante qu'avait pris place, dans la tribune, Mme Lee Yong-soo, ancienne "femme de réconfort" - c'est-à-dire esclave sexuelle de l'armée japonaise. Alors que le Président américain Barack Obama a offert un dîner d'Etat à Shinzo Abe, ces égards protocolaires témoignent de l'attention privilégiée qu'accordent les Etats-Unis au Japon dans la région Asie-Pacifique. Ils ont aussi infligé un camouflet aux conservateurs sud-coréens qui prônent une alliance toujours plus étroite avec "l'allié" américain en faisant croire qu'ils pourraient ainsi obtenir un appui de Washington pour la reconnaissance des souffrances subies par le peuple coréen : les rapports américano - sud-coréens relèvent bien d'une relation de subordination , et non d'une alliance d'égal à égal.
Si les nationalistes japonais tendent à respecter l'adversaire américain qui les a vaincus lors de la Seconde guerre mondiale, ils n'ont pas les mêmes attentions à l'égard des pays qu'ils ont envahis et colonisés pendant le conflit, à commencer par la Corée, soumise au jour japonais dès 1905. Dans son discours devant le Congrès, Shinzo Abe s'est contenté de formules très générales ; pis, en réaffirmant qu'il s'en tenait aux positions traditionnelles du Gouvernement japonais, il a exprimé de la manière la plus claire possible qu'il n'entendait pas apporter le moindre infléchissement à une position fondée sur le déni, notamment en ce qui concerne le drame subi par les "femmes de réconfort", coréennes, chinoises et d'autres pays :
Après la guerre, nous nous sommes engagés sur un chemin, forts de sentiments de profonds remords à l’égard de la guerre. Nos actes ont fait souffrir les peuples des pays asiatiques (...) Je maintiendrai les positions exprimées par les anciens Premiers ministres à cet égard.
Ces propos ont suscité une levée de boucliers, notamment en Chine et en Corée.
Le ministère des Affaires étrangères de la République de Corée (Corée du Sud) a jugé ce discours "très regrettable", en soulignant qu'il contredisait les déclarations de principe du Japon sur la paix mondiale et le besoin d'établir des relations de confiance et d'harmonie entre les nations, comme l'a précisé le porte-parole du ministère Noh Kwang-il :
Le Gouvernement considère très regrettable le discours d'Abe au Congrès américain, qui aurait pu être un tournant pour la réconciliation et la coopération véritables avec les pays voisins avec une vision correcte de l'histoire et qui n’a pas manifesté une telle conscience ou présenté d’excuses sincères (...) Le Japon a déclaré dans le discours, afin de contribuer à la paix mondiale, qu’il faut établir des relations de confiance et d'harmonie avec la communauté internationale à travers la reconnaissance et la réflexion sincères sur l'histoire, mais son comportement va dans le sens contraire (...) Le Japon doit faire face à des faits liés à l'histoire de la colonisation et de l'invasion, à la violation cruelle des droits humains des victimes de l'esclavage sexuel, en ayant une vision historique correcte, et doit prendre le chemin de la réconciliation et de la coopération avec les pays voisins.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a tenu des propos encore plus acerbes, en estimant que l'absence d'excuses était une insulte faite aux victimes de l'esclavage sexuel de l'armée japonaise, et inscrivant cette prise de position dans l'alliance des autorités nippones avec les groupes révisionnistes japonais :
Ce ne peut être que l'œuvre de hooligans dépourvus de moralité et de conscience humaine, et de psychopathes dénués du sens commun le plus élémentaire.
Alors que des négociations avaient repris en 2014 entre le Japon et la RPD de Corée pour améliorer les relations bilatérales, les propos du Premier ministre Shinzo Abe enterrent toute perspective de progrès à court et moyen termes. Enfin, elles affectent négativement les relations nippo - sud-coréennes, que Washington cherche par ailleurs à renforcer pour étendre son influence et sa présence dans la région Asie-Pacifique.
Le Monde | * Mis à jour le | Par Gilles Paris (Washington, correspondant) L'histoire avait rendez-vous au Congrès des Etats-Unis, à Washington, mercredi 29 avril. Un premier ministre du Japon ...
Le gouvernement sud-coréen a exprimé son grand regret concernant le discours du Premier ministre japonais Shinzo Abe devant le Congrès américain, a déclaré ce jeudi le ministère des Affaires...
Seoul: In a rare display of political unity, South and North Korea today both condemned Japanese Prime Minister Shinzo Abe for failing to apologise during a US visit for the wartime use of sexual ...