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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 19:16

Alors que les tensions en Corée ont encore monté d'un cran avec le déploiement effectif en Corée du Sud du dispositif américain de missiles antimissile THAAD (dont la Chine a demandé la suspension "immédiate"), le Président américain Donald Trump a créé la surprise en déclarant, lors d'un entretien le 1er mai 2017 avec Bloomberg dans le bureau Ovale, qu'il était prêt à rencontrer son homologue nord-coréen Kim Jong-un. Mais un tel sommet est-il possible, à quelle échéance et sous quelles conditions ? Décryptage.

Donald Trump, lors de son entretien avec Bloomberg le 1er mai 2017

Donald Trump, lors de son entretien avec Bloomberg le 1er mai 2017

Pour apprécier à leur juste mesure les déclarations de Donald Trump, commençons déjà par les citer exactement :

S'il était approprié pour moi de rencontrer [Kim Jong-un], je le ferais tout à fait, je serais honoré de le faire (...) La plupart des hommes politiques ne le diraient jamais, mais je vous dis que dans les circonstances appropriées, je le rencontrerais. Nous avons un scoop.

Si ce n'est pas la première fois que Donald Trump évoque un possible sommet avec le Maréchal Kim Jong-un, il ne s'était jamais exprimé aussi clairement depuis son investiture - alors que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a procédé à une série récente de tirs de missiles balistiques. Ce changement de ligne a d'ailleurs été salué par la Chine (pour le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, "nous avons pris note des déclarations de la partie américaine et des signaux positifs qu’elles transmettent") - alors que Pékin déploie d'importants efforts diplomatiques en appelant toutes les parties à la retenue, pour prévenir les risques réels d'escalade militaire dans la péninsule. Par ailleurs, Donald Trump et Vladimir Poutine - lui aussi favorable au retour au dialogue - ont eu un échange téléphonique dans lequel ils ont évoqué, entre autres, les situations en Syrie et en Corée.

Les revirements rapides de position de l'administration Trump incitent à la prudence : conformément à ses déclarations de campagne, le chef d'Etat américain a annoncé que Séoul devrait payer le prix du déploiement de THAAD. Face à la levée de boucliers qu'une telle annonce a suscité en Corée du Sud, Washington a opéré un repli - qui n'est peut-être que tactique, dans l'attente de négociations sur les conditions financières de la présence américaine en Corée du Sud. Les Sud-Coréens devront s'habituer à une administration présidentielle américaine plus imprévisible.

Par ailleurs, des conditions à une rencontre au sommet sont posées par la partie américaine : Donald Trump est prêt à un tel sommet "dans les circonstances appropriées" - lesquelles ne sont manifestement pas réunies aujourd'hui. Alors que les attentes de Pyongyang sont bien connues (dans un premier temps, suspendre ses activités nucléaires et balistiques en contrepartie d'un allègement des sanctions ou que soient stoppés les exercices de guerre américano-sud-coréens, engager de vraies négociations pour un traité de paix avec des garanties de non-agression...), Washington n'a fait aucun geste : pis, elle conduit les plus grandes manoeuvres militaires au monde et accélère le déploiement de THAAD dans le but manifeste de mettre le (la) futur(e) président(e) sud-coréen(ne), qui sera élu(e) le 9 mai, devant le fait accompli. Si Donald Trump ne donne pas des signes concrets d'ouverture, ses espoirs d'un sommet bilatéral risquent de n'avoir guère plus de consistance que ceux qu'entretenait naguère le président conservateur sud-coréen Lee Myung-bak (2008-2012) qui, après avoir mis fin à la quais-totalité des échanges intercoréens, a tenté (en vain) d'organiser un sommet intercoréen. Il est ainsi temps que, au sein de l'administration Trump, émergent des intermédiaires crédibles d'un dialogue avec Pyongyang, qui seraient à même de gagner la confiance des autorités nord-coréennes. Assurément, un tel processus prendra du temps, en semaines ou plus probablement en mois - indépendamment de la façon de négocier de Donald Trump, très commercial (comme l'a relevé le Kremlin), privilégiant les relations interpersonnelles et n'hésitant pas à manier une plus grosse carotte et à agiter un plus gros bâton que ne le faisaient ses prédécesseurs à la Maison Blanche.

Sources :

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Etats-Unis-Corée
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)