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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 20:44

Dans nos précédentes éditions, nous soulignions les lacunes qui minent la crédibilité du rapport des Nations Unies sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - en particulier, un des principaux témoignages, celui de Shin Dong-hyuk, s'est révélé particulièrement douteux. Des journalistes occidentaux ont ainsi commencé à s'intéresser à la crédibilité d'autres témoins ou prétendus tels : dans un article publié le 10 décembre 2014 par The Diplomat, la journaliste australienne Mary Ann Jolley a ainsi mis en évidence les contradictions dans le témoignage d'une vedette des médias s'agissant des droits de l'homme en Corée du Nord, Park Yeon-mi, en pointant également les incohérences de son histoire avec les récits d'autres défecteurs nord-coréens davantage dignes de foi mais dont les témoignages sont beaucoup moins spectaculaires que ceux de la jeune Park Yeon-mi, et donc bien moins susceptibles de leur apporter argent, gloire et reconnaissance... Nous publions ci-après, traduit de l'anglais, l'article de Mary Ann Jolley intitulé "L'étrange histoire de Park Yeon-mi", avec ce sous-titre : "Une réfugiée nord-coréenne très en vue a des histoires poignantes à raconter. Mais sont-elles vraies ?" Le travail fait par Mary Ann Jolley est d'autant plus éclairant que la journaliste australienne a elle-même auparavant rencontré - et cru - Park Yeon-mi, en participant au tournage d'une émission sur elle, et qu'elle a toujours un point de vue très négatif sur la Corée du Nord. Les opinions qu'elles expriment dans l'article ci-dessous n'engagent qu'elle, et pas l'équipe rédactionnelle du blog de l'AAFC.

L'étrange histoire de Park Yeon-mi

Une réfugiée nord-coréenne très en vue a des histoires poignantes à raconter. Mais sont-elles vraies ?

par Mary Ann Jolley

The Diplomat

10 décembre 2014

Park Yeon-mi, au "One Young World Summit"

Park Yeon-mi, au "One Young World Summit"

Quand la jeune défecteur Nord-Coréenne de 21 ans Yeonmi Park a fait ses débuts sur la scène mondiale en octobre de cette année, avec les histoires poignantes de sa vie sous le régime oppressif de la Corée du Nord et sa fuite périlleuse vers la liberté, elle a fait pleurer les journalistes et les pointures dans le domaine de la défense des droits de l'homme qui constituaient son auditoire, certains d'entre eux étant littéralement en sanglots.

Vêtue d'une robe traditionnelle coréenne rose, ample et montant jusqu'au buste, Park se tenait devant l'auditoire du One Young World Summit à Dublin et marquait de longues pauses, en essuyant ses larmes et en portant sa main à sa bouche. Elle disait avoir subi un lavage de cerveau, avoir vu des exécutions et souffert de la famine ; elle parlait du rai de lumière dans l'obscurité quand elle regardait le film hollywoodien à grand succès Titanic, alors que son esprit s'ouvrait à un monde extérieur où l'amour était possible ; elle disait avoir vu sa mère être violée, avoir enterré son père elle-même alors qu'elle n'avait que 14 ans ; elle parlait aussi des menaces de se suicider plutôt que de laisser les soldats mongols la rapatrier en Corée du Nord. Elle disait avoir suivi les étoiles dans son chemin vers la liberté et terminait l'émission en signant cette phrase : "Quand je traversais le désert de Gobi, effrayée par la mort, je pensais que personne ne se souciait de moi, mais vous avez écouté mon histoire. Vous vous êtes soucié de moi."

Il aurait fallu être inhumain pour ne pas être touché. Mais - et vous allez entendre beaucoup de "mais" - est-ce que l'histoire de sa vie en Corée du Nord était exacte ? Plus je lis, plus je regarde et j'entends les entretiens et les interviews qu'elle a donnés, plus je me rends compte des graves incohérences qui montrent que son récit n'était pas exact. C'est au lecteur de décider, mais mon inquiétude est que si quelqu'un d'aussi en vue a déformé son récit pour répondre aux attentes sur les défecteurs nord-coréens, notre point de vue sur ce pays serait dangereusement biaisé. Nous avons besoin d'une vision exacte et réelle de la vie en Corée du Nord si nous voulons aider ceux qui vivent dans ce régime extrêmement cruel ou tentent de le fuir.

"Une défecteur célèbre"

J'ai rencontré Yeonmi Park il y a quelques mois, en passant deux semaines à filmer son histoire et celle de sa famille pour le média australien SBS. Nous avons appelé son histoire "Un défecteur célèbre".

De retour en Corée du Sud où elle vit à présent, Park est l'une des vedettes d'un programme de télévision mettant en scène des femmes nord-coréennes, et qui s'appelle "Sur mon chemin, maintenant, à votre rencontre" et qui constitue une satire cinglante de la famille Kim. Les femmes livrent des anecdotes personnelles sur leur vie en Corée du Nord et leur voyage au Sud. Nombre d'entre elles nous ont été présentées comme des SDF et ayant souffert de la famine - et c'est la raison pour laquelle elles ont fui.

Dans les archives de l'émission il y a des photos de l'enfance de Park en Corée du Nord qui lui ont valu la réputation, dans l'émission, d'être considérée comme la Paris Hilton de Corée du Nord. Elles forment un contraste saisissant avec les récits qu'elle donne à présent à une audience internationale.

Dans un épisode, début 2013, elle apparaît avec sa mère. Les photos de famille apparaissent à l'écran et Park plaisante : "C'est ma maman ici. Elle est jolie, n'est-ce pas ? Franchement, ce n'est pas moi Paris Hilton. Ma mère est la vraie Paris Hilton."

Park montre lors les tops et les pantalons à carreaux que porte sa mère, "tous importés du Japon", et ajoute que sa "mère avait même un sac Chanel en Corée du Nord", ce à quoi l'invité répond de manière incrédule "Y a-t-il des sacs Chanel en Corée du Nord ?". Park lui dit qu'il y en a et demande à une femme si elle considère la famille de Park comme "riche". La femme répond "Oui, c'est exact".

Park nous a dit dans son interview que son père était membre du Parti du travail, comme tous les hommes de sa famille, et qu'il était attendu d'elle qu'elle fasse des études de médecine et se marie avec un homme d'un rang égal ou supérieur au sien. Elle nous décrit son père comme "un homme très libre" qui critiquait le régime. Elle nous a dit que lorsque les activités quotidiennes de Kim Jong-il étaient rapportées à la télévision et que le présentateur déclarait que "grâce à lui nous vivons une vie heureuse", son père disait parfois "Oh tais-toi, éteins la télévision". Park disait que sa mère blâmait son père pour dire de telles choses devant elle et sa soeur et qu'elle a appris très tôt qu'il était dangereux de critiquer le régime et de parler à d'autres de la déloyauté de son père.

La mère de Park a déclaré que son père, un jour, aurait pointé du doigt les portraits de Kim Il-sung et Kim Jong-il accrochés au mur et dit "C'est à cause d'eux que nous luttons". Elle aurait été terrorisée à l'idée qu'il puisse s'exprimer ainsi en dehors de leur maison, en disant qu'elle connaissait peu de gens partageant les opinions de son mari. D'autres défecteurs Nord-Coréens de Hyesan, une ville au Nord du pays, à la frontière avec la Chine, d'où Park et sa famille sont originaires, m'ont aussi dit qu'après la grande famine du milieu des années 1990, il y avait un mécontentement grandissant, bien que silencieux et exprimé seulement au sein de la famille proche.

Née en 1993, Park était un bébé au plus fort de la famine. En juillet de cette année, lors d'un évènement organisé à Séoul par Liberty North Korea, une ONG qui aide les réfugiés, elle a déclaré à son auditoire qu'elle n'avait pas d'intérêt pour apprendre la vie des Kim à l'école, et a ajouté : "pour moi ce n'était pas un problème car je m'amusais tellement avec mes amis, à faire de la randonnée, à aller au bord du fleuve, à nager..."

Quand Park avait 9 ans, soit autour de l'année 2002, elle a déclaré avoir vu l'exécution de la mère de son meilleur ami dans un stade à Hyesan. Mais selon plusieurs Nord-Coréens qui n'ont pas voulu être identifiés par peur de représailles, les exécutions publiques n'avaient lieu que dans les faubourgs de la ville, principalement à l'aéroport, jamais dans le stade ou dans les rues, et il n'y en a plus eu après 2000 - la dernière dont ils se souviennent étant l'exécution collective de dix ou onze personnes en 1999.

Le compte rendu par Park des crimes de la mère change sans cesse, en fonction semble-t-il de son auditoire. Récemment en Europe elle a déclaré qu'elle avait été condamnée à mort pour avoir regardé un film de James Bond et d'autres fois, de manière moins précise, un film produit à Hollywood. Mais il y a quelques mois, à Hong Kong, elle a déclaré publiquement que la femme avait été attrapée alors qu'elle regardait des DVD sud-coréens. Journaliste au Irish Independent, Nicola Anderson, dans une récente interview vidéo avec Park, lui a demandé, perplexe, s'il s'agit d'un film sud-coréen, mais la réponse de Park a été qu'il s'agissait d'un film d'Hollywood, de James Bond.

Les analyses d'Andrei Lankov, professeur à l'Université Kookmin de Séoul, font mondialement autorité. Né en Union soviétique, il était étudiant en Corée du Nord dans un programme d'échanges au cours des années 1980, et a interrogé des centaines de défecteurs dans le cadre de ses travaux de recherche. Il a déclaré : "Je suis vraiment très sceptique sur le fait que regarder un film occidental puisse conduire à une exécution. Une arrestation est certes possible, et encore peu probable."

Il nous a déclaré que les crimes pouvant conduire à une exécution publique sont "le meurtre, le vol à grande échelle (notamment de biens publics), quelquefois l'implication dans des actions de contrebande à grande échelle, y compris le trafic de personnes".

Une femme de 59 ans de Hyesan, qui a fui en 2009, a ri quand on lui a demandé si elle avait déjà entendu parler d'une exécution de quelqu'un parce qu'il aurait regardé un film américain. Elle nous a déclaré au télephone, depuis la Corée du Sud : "Comment pouvez-vous être exécuté pour avoir regardé un film américain ? Même évoquer cette idée est ridicule. Ce n'est jamais arrivé. Je fréquente une église avec environ 350 défecteurs et si vous posez cette question à n'importe lequel d'entre eux, ils vous répondront exactement la même chose." D'autres défecteurs nous l'ont confirmé. La femme de Hyesan a continué en disant que les personnes attrapées alors qu'elles regardent des téléfilms sud-coréens ne sont pas exécutées, mais condamnées à des peines de 3 à 7 ans dans des centres de rééducation où les conditions sont terribles, ajoutant que "vous ne savez pas quand vous mourrez".

En 2003, à l'âge de 10 ans, Park nous a raconté la manière dont son monde s'est effondré après que son père eut été arrêté à Pyongyang pour des activités commerciales illicites. Selon la mère de Park il aurait commencé à faire du commerce illégal entre la Chine et la Corée du Nord en 1999, quand Kim Jong-il aurait arrêté de fournir des rations alimentaires et mis fin à la surveillance des activités commerciales. Son arrestation aurait entraîné la culpabilité par association des autres membres de sa famille et leur position sociale se serait effondrée. "Notre sort était clair. J'allais devenir agricultrice. Je ne pourrais en aucun cas aller à l'université", nous a déclaré Park.

Park dit que son père a été condamné à 17 ou 18 ans. Sa mère a dit qu'il avait été initialement condamné à une année, mais que la peine avait ensuite été alourdie à 10 ans. Il y a de grandes différences dans les durées d'emprisonnement. L'histoire de la famille devient trouble et changeante à partir de ce moment.

La mère de Park aurait été interrogée par les procureurs encore et encore pendant environ un an - parfois chez elle à Hyesan, d'autres fois ailleurs - car elle aurait été impliquée dans les trafics de son mari. Mais dans une récente interview radio pour la BBC, Park a prétendu que sa mère avait été emprisonnée pendant six mois parce qu'elle voulait revenir dans sa ville natale après l'emprisonnement de son mari et "parce qu'en Corée du Nord il n'y a pas de liberté de mouvement, pas de liberté d'expression... Se déplacer était donc illégal et c'est pourquoi elle a été en prison pendant six mois".

Quand elle nous a parlé, Park a souligné qu'elle et sa soeur, qui n'avaient que 9 et 11 ans, ont été abandonnées à leur sort après l'emprisonnement de leurs parents. Elle a déclaré : "Nous ne pouvions plus aller à l'école... nous allions seulement au bord du fleuve, prendre une douche et laver nos habits, et ensuite nous allions dans les montagnes pour trouver de l'herbe à manger." Mais dans l'interview à la BBC Park a prétendu qu'elle et sa soeur ont été vivre dans la maison de leur oncle, à la campagne, pendant trois ans. Elle nous a raconté qu'elle mangeait alors de la nourriture comme "de l'herbe et parfois des libellules... c'était tout ce que nous pouvions alors manger". Mais seulement deux jours plus tard, elle a déclaré au Irish Independent, comme à nous-mêmes, qu'elle et sa soeur avaient survécu en trouvant de la nourriture à manger et qu'elles avaient appris à cuisiner elles-mêmes. Quand le journaliste leur a demandé s'il n'y avait pas des adultes qui savaient qu'elles étaient seules, Park a répondu : "Non, les gens mouraient ici, ils s'en fichaient. J'ai vu beaucoup de corps dans la rue et personne ne pouvait s'occuper de qui que ce soit."

Mais revenons aux archives de l'émission de télévision "Sur mon chemin, maintenant, à votre rencontre" dont Park est l'une des vedettes : dans le même épisode dont nous avons déjà parlé, l'invité de l'émission demande à la mère de Park : "Quand nous entendons des histoires où des gens mangeraient de l'herbe ou lutteraient pour trouver à manger, Yeju (pseudonyme de Park) dit 'Oh, ce n'est jamais arrivé...' Qu'est-ce à dire ? Est-ce que Yeju n'a jamais vécu cela ?" La mère de Park répond : "Nous n'en étions pas là. Nous n'avons jamais été dans une situation de famine." La partie suivante de leur conversation est tout aussi éclairante. La mère de Park poursuit : "C'est pourquoi quand Yeju a commencé à travailler pour cette émission, je pense qu'elle est devenue plus consciente de la situation en Corée du Nord." L'invité répond : "Il semble que Yeju a appris une tonne de choses par ce programme." Puis la mère de Park a précisé : "Elle m'appelle avant et après les enregistrements, me demandant 'Suis-je vraiment nord-coréenne ?' Elle dit n'avoir aucune idée de ce dont parlent les autres jeunes filles dans l'émission. Elle dit que, selon elle, ce sont toutes des menteuses."

Park apparaît aussi dans un podcast sur la Corée du Nord pour une organisation libertaire à but lucratif basée à Séoul, qui s'appelle la Freedom Factory. Dans l'émission du 18 août, Casey Lartigue, le co-invité américain, demande à Park de parler des souffrances qu'elle a endurées pendant son enfance en Corée du Nord. Dans sa réponse, elle ne dit plus avoir mangé de l'herbe ni des libellules, mais déclare simplement qu'elle ne pouvait avoir que deux repas par jour et que, comparé aux autres qui vivaient dans la rue et "mangeaient n'importe quoi", ses difficultés n'étaient "rien" - "cela me fendait le coeur de les voir".

Lorsqu'elle parle de sa fuite de Corée du Nord, Park dit souvent qu'elle a traversé de nuit trois ou quatre montagnes pour atteindre la frontière et elle décrit les peines qu'elle a endurées parce que ses chaussures avaient des trous. Pourtant, Hyesan, là où vivait Park, était au bord du fleuve qui sépare la Corée et la Chine et il n'y a aucune montagne à franchir. Park nous a déclaré, ainsi qu'à une radio libertaire basée à San Francisco plus tôt cette année, que quatre jours après la fuite du pays de sa soeur aînée, sa mère, son père et elle ont franchi ensemble la frontière pour aller en Chine tous ensemble. Plus exactement, ses mots sont les suivants : "J'ai fui avec ma maman et mon père - tous les trois." Dans l'interview qu'elle nous a donnée où elle rappelle ce qu'elle a vécu alors qu'elle traversait le fleuve, elle nous a dit : "Il fallait que je survive. Je devrais vivre, vraiment. Et c'est avec cette idée que j'ai couru, tout simplement, et ma mère était derrière moi et mon père était là aussi et nous avons tous fui. Et il y avait des voitures pour nous récupérer en raison des contacts [les contacts commerciaux de son père] avec des Chinois et nous sommes allés directement en Chine."

Mais au Young One World Summit à Dublin, Park a raconté l'histoire terrifiante d'elle et de sa mère qui ont fui seules et dit qu'elle a vu sa mère être violée par un passeur chinois afin de la protéger de subir le même sort.

Il y a aussi les faits entourant l'enterrement de son père en Chine. Park nous a déclaré que, alors qu'elle n'avait que 14 ans, et tout en craignant d'être attrapée par les autorités chinoises, elle était avec le corps de son père au milieu de la nuit. "Il fallait que nous transportions son corps, tout le monde dormait et quand je l'ai enterré, il était comme minuit pour moi, j'étais assise là, il faisait froid et il n'y avait personne", nous a-t-elle expliqué en pleurant. Sa mère a apporté les détails suivants : "Nous avons payé deux hommes pour emmener son corps sur la montagne. Yeonmi est partie avec eux. Il y avait tellement de vent ce jour-là que nous avions très peur que quelqu'un puisse nous voir."

Mais Park a déclaré à d'autres journalistes que le corps de son père avait été incinéré et qu'elle a dû s'occuper des cendres elle-même. Et il y a aussi la version suivante : d'après des sources de la communauté nord-coréenne, il y a quelques années Park leur aurait dit qu'elle n'était pas en mesure d'emmener le corps de son père dans un crématorium et que des membres de sa famille (son père avait de la famille en Chine) l'ont aidée à incinérer le corps et qu'ils sont tous allés dans une montagne pour l'enterrer.

Enfin, dans un article du Daily Beast Park prétend qu'elle et sa mère ont été retenues dans un centre de détention en Mongolie qu'elle a été obligée quotidiennement d'enlever tous ses habits, pendant des mois. "J'étais une petite fille et j'avais tellement honte. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser 'Pourquoi ces personnes ont le droit de disposer de moi ainsi ? Je suis aussi un être humain, mais on ne me traite pas comme un être humain'", a-t-elle dit, en racontant ce qu'elle a vécu à l'âge de 15 ans.

Elle n'a pas mentionné ce point dans l'interview qu'elle nous a donnée, et selon des sources qui la connaissent bien, elle a passé un mois et demi dans un centre de détention en Mongolie et s'est plainte d'avoir dû travailler dans les champs et nettoyer le centre, mais elle n'a pas mentionné avoir été l'objet de déshabillages quotidiens. La professeur Shi-eun Yu, qui a travaillé comme conseillère dans un centre Hanawon pour les réfugiés nord-coréens pendant deux ans au début des années 2000, et le professeur Kim Hyun-ah qui a travaillé là-bas pendant cinq ans au milieu des années 2000, nous ont dit l'une et l'autre n'avoir jamais entendu parler de quelqu'un forcé de se déshabilller dans un centre en Mongolie. D'après Yu, "par le passé le gouvernement sud-coréen a envoyé des conseillers en Mongolie pour aider les défecteurs nord-coréens en détention. Comment dans des conditions certains auraient-ils pu être déshabillés chaque jour ? Cela leur aurait causé encore plus de souffrance psychologique. Ce n'est pas possible." Selon Kim, comparé à d'autres pays comme la Thaïlande et la Russie, la Mongolie soutient fortement les défecteurs nord-coréens et il est hautement improbable que les défecteurs puissent avoir été soumis à des déshabillages forcés pendant des mois.

Que conclure de tout cela? Les incohérences dans le récit de Park sont-elles dues à des pertes de mémoire, des problèmes de traduction ou y a-t-il quelque chose d'autre à prendre en compte ?

Yeonmi Park est soutenue par une organisation américaine libertarienne à but non lucratif, la Fondation Atlas. Elle est l'une des Jeunes Voix de la fondation et a créé récemment sa propre fondation à New York – des donations sont possibles par PayPal, mais l'utilisation exacte des fonds n'est pas claire. Ce qui est clair en revanche est que "Yeonmi voyage et parle en 2014" et "est disponible pour des conférences internationales".

On peut lire sur le site de la fondation : "Je veux que le monde connaisse mon histoire et alors ils sauront et connaîtront l'histoire de la Corée du Nord."

Mais le monde peut-il avoir confiance dans les souvenirs d'une jeune femme de 21 ans qui a quitté la Corée du Nord quand elle avait 13 ans ? Et quelles sont les conséquences si sa mémoire lui fait défaut et si l'image qu'elle donne de sa vie en Corée du Nord et de sa fuite ne sont pas exactes ?

Mary Ann Jolley est une journaliste australienne qui a travaillé pour le programme de questions internationales de l'Australian Broadcasting Corporation, en tant que correspondant étranger et pour son programme d'investigation Four Corners, et plus récemment pour que le programme de questions internationales du service spécial de diffusion Dateline. Des enquêtes complémentaires et un appui ont été apportés par Susan Cheong, un des producteurs de l'émission de SBS "Une défecteur célèbre".

Source : traduction de l'anglais (AAFC - SB) de l'article

 

L'étrange histoire de Park Yeon-mi : le salaire d'une affabulatrice

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Corée et médias Relations internationales de la Corée
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commentaires

Fiacre 09/12/2016 18:18

Tout se qui et dit et vraiment bizzard car quand on lis le livre toute les incoreence son dite mais pas o meme moment elle manger de lherbe mais apres son oncle la pri jpance que c deja dure de vivre ne dire se genre de chose brefff

Ksven 13/05/2016 10:56

dans le même esprit l'article du Figaro International du 11 mai 2016 mérite une large diffusion:
http://www.lefigaro.fr/international/2016/05/11/01003-20160511ARTFIG00145-coree-du-nord-le-general-ri-yong-gil-vient-de-ressusciter.php

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