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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 20:24

"Que faire avec la Corée du Nord ?" Alors que cette question revient de manière lancinante parmi les journalistes et les commentateurs au lendemain de l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009, la coopération éducative entre la France et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - bien que modeste - montre les résultats obtenus dans le cadre d'une politique d'engagement, fondée sur le dialogue, alors que la France est l'un des deux pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la RPDC. L'AAFC plaide pour le développement des relations bilatérales dans le domaine de l'éducation et de la formation, dans l'intérêt mutuel de la France et de la Corée.

Un ensemble d'actions de coopération qui restent cependant modestes

Bien que modestes (le budget annuel de coopération de la France avec la Corée du Nord s'élève à 60.000 euros), les actions de coopération franco-nord-coréennes en matière d'éducation et de formation se sont développées dans plusieurs domaines, après la
déclaration du 15 juin 2000 et l'engagement, par les présidents sud-coréens démocrates Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, d'une politique nouvelle d'ouverture au Nord. Si la formation d'architectes n'est pas propre à la France (des actions similaires ont été menées en Allemagne, en Autriche et en Italie), l'accueil régulier de diplomates à l'Institut d'études politiques de Paris est plus spécifique à notre pays. En effet, ces formations courtes ont peu d'équivalent en Europe, à l'exception notable de la Suisse.

D'autres formations, ciblées, ont été retenues par l'Allemagne et l'Italie, qui a accueilli des étudiants en musique. Des professeur allemands participent au projet d'Université de sciences et de technologie de Pyongyang (Pyongyang University of Science and Technology, PUST), qui doit ouvrir prochainement, avec le soutien de groupes et de personnalités étrangères (notamment chinoises et américaines). Des programmes longs - pluriannuels - dans les domaines scientifique et technologique, aujourd'hui également privilégiés par la France dans ses actions de coopération éducative, correspondent à un choix cohérent de formation de techniciens pour la RPDC. En effet, la Corée du Nord a également formé des étudiants en informatique à New Delhi, en Inde, et a lancé un autre programme de formation d'informaticiens avec Singapour, alors que la Chine reste - de très loin - la première destination d'accueil des étudiants nord-coréens à l'étranger, au nombre de plusieurs milliers dans ce pays. Réciproquement, des étudiants chinois - notamment de la minorité coréenne chinoise - ont été formés dans les principales universités nord-coréennes, comme l'Université Kim Il-sung et l'Université Kimchaek.

D'autres programmes courts de formation sont conduits à l'initiative des universités (par exemple, des professeurs de français, en novembre-décembre 2008, au
Centre universitaire d'études françaises de Grenoble).

Un lecteur de français est en poste à Pyongyang, à l'Université des langues étrangères et à l'Université Kim Il-sung, depuis plus de trois ans, avec une vacance de poste de près d'un an. Il dispose d'une petite dotation en matériel pédagogique, affectée en 2008 à du matériel informatique, sur la demande des Nord-Coréens.

Par ailleurs, le Secours populaire français a formé des médecins nord-coréens.

Un vecteur d'influence pour la France

La France est, avec l'Estonie, l'un des deux pays de l'Union européenne à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée, et notre action humanitaire reste des plus modestes (une aide aux victimes des inondations de l'automne 2007 n'a été versée qu'en 2008, et son montant a été très inférieur à celui de la plupart des autres pays occidentaux).

Dans ce contexte, la coopération en matière d'éducation et de formation est l'un des rares vecteurs de l'influence française en Corée du Nord où l'apprentissage du français a fortement reculé après avoir été, naguère, l'une des principales langues étrangères enseignées. La faiblesse des échanges commerciaux - par comparaison avec nos principaux partenaires européennes, comme l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni - tend également à un effacement de la présence française en Extrême-Orient, l'une des régions les plus dynamiques au monde.

La coopération éducative et de formation participe d'une meilleure compréhension réciproque entre Français et Nord-Coréens. Elle a été encouragée par les autres grandes puissances mondiales afin d'encourager la pleine insertion de la RPDC sur la scène internationale, à la faveur du rapprochement intercoréen auguré par le président sud-coréen Kim Dae-jung. Elle permet aussi de former les futures élites nord-coréennes, choisies parmi les meilleurs étudiants dans l'ensemble de la population nord-coréenne. Le programme "Personnalités d'avenir" du ministère des Affaires étrangères et européennes correspond, de manière similaire, à une action ciblée de la France en direction des futures élites des pays étrangers.

Il serait logique - et souhaitable - que la France poursuive et approfondisse sa coopération en ce domaine, y compris en envisageant la création sinon d'une Alliance française (celle-ci prenant nécessairement la forme d'une association de droit local, complexe à créer en Corée du Nord), du moins d'un Institut français à Pyongyang.

Le soutien de l'AAFC à ces actions de coopération

La coopération éducative constitue l'un des axes majeurs d'action de l'AAFC, qu'il s'agisse du
parrainage de l'école n° 1 de Moranbong ou d'actions plus ponctuelles de fourniture de matériel scolaire, menées en coopération avec le lecteur français à Pyongyang.

Si les moyens publics apparaissent des plus limités, dans un contexte de diminution drastique des crédits gouvernementaux de coopération culturelle, le secteur privé pourrait prendre le relai :


- par le financement d'étudiants nord-coréens, notamment dans les domaines économique et scientifique, à l'initiative des entreprises, lesquelles établiraient ainsi des contacts avec de futurs homologues nord-coréens, en vue d'investissements à moyen terme ;
- par la fourniture de matériel pédagogique ;
- par l'accueil de formateurs français en Corée du Nord.

L'AAFC est naturellement disposée à être partenaire de tels projets de coopération, y compris au plan financier, et à faciliter les démarches administratives auprès des autorités françaises et nord-coréennes, en étant consciente que plusieurs projets récents de coopération n'ont pas abouti faute d'accord entre les deux pays. Dans de telles situations, l'AAFC a pleinement vocation à jouer un rôle d'intermédiaire, en particulier par ses contacts avec les établissements d'enseignement supérieur et les ministères français.

Source : AAFC.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations France-Corée
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* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)