Relations intercoréennes

Samedi 22 février 2014 6 22 /02 /Fév /2014 17:47

Suite à l'accord conclu entre les deux gouvernements coréens, d'émouvantes rencontres entre des familles divisées de part et d'autre du 38ème parallèle se déroulent dans les légendaires monts Kumgang, situés au Nord de la péninsule, pour la première fois depuis 2010 - alors qu'aucun contact n'est ordinairement possible entre Sud et Nord-Coréens, que ce soit pas courrier, par téléphone ou par mél. Du jeudi 20 au samedi 22 février 2014, ce sont 140 Sud-Coréens qui ont rencontré 174 Nord-Coréens, avant que 88 Nord-Coréens retrouvent 357 membres de leurs familles vivant au Sud du 23 au 25 février. Quelque 22 000 Coréens appartenant à des familles séparées ont pu revoir leurs proches lors de rencontres organisées par les deux gouvernements. Dans un contexte d'apaisement des relations intercoréennes, les autorités du Sud a autorisé l'envoi au Nord de médicament et de lait en poudre pour une valeur de 1 million de dollars. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) rend compte, en images et en citations, des retrouvailles chargées d'émotion entre des membres de familles divisées par la partition du pays et la guerre, et qui risquent de ne jamais plus se revoir.

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"Grand-père m'a dit de courir, de courir et d'aller au Sud, loin de la guerre, car j'ai été l'aîné de ses petis-fils (...) Je suis désolé" (Lee, Sud, 67 ans, en pleurs, à son frère et à sa soeur qu'il a dû laisser derrière lui. Pendant la guerre de Corée, de nombreuses familles du Nord ont décidé de se séparer pour fuir le risque d'une attaque nucléaire par les Etats-Unis au Nord de la péninsule).

"La dernière volonté de notre père sur son lit de mort était que je te retrouve et veille sur toi" (Kim Myeong-bok, Sud, 66 ans, à sa soeur, Kim Myeong-ja, Nord, 68 ans, seule membre de sa famille restée au Nord).

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"Mon rêve s’est exaucé. Je n’ai plus de regret, même si je dois mourir demain" (Hwang Deok-young, enrôle dans l'armée du Nord pendant la guerre, 82 ans, ayant retrouvé ses deux soeurs cadettes. Leur père a été exécuté comme prisonnier politique au Sud).

"Même si je dois mourir, je mourrai dans les Monts de Diamant" (Kim Sum-kyong, Sud, 91 ans, hospitalisé la veille de sa rencontre au Nord avec son fils et sa fille).

"Père, ne mourez pas s’il vous plaît, et faites que l’on puisse se rencontrer à nouveau quand les deux Corées se réunifieront" (Kim Chun-soon, Nord, à son père, Kim Sum-kyong).

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Sources :
- AAFC ;
- Le Monde avec AFP, "Ephémère rencontre de familles coréennes séparées par la guerre", article en date du 21 février 2014 ;
- Hankyoreh, article en date du 21 février 2014 : photo ci-dessus de la rencontre entre Park Yang-soo, 55 ans, pêcheur ayant rejoint le Nord en 1972 (enlevé selon les autorités sud-coréennes, ayant choisi de s'établir au Nord selon les autorités nord-coréennes) et son frère cadet Park Yang-gon (Sud, 52 ans) ;
- The New York Times et The Star, "North and South Koreans meet in emotional family reunions", article en date du 22 février 2014 ;
- Yonhap, "Réunions de familles séparées : deuxième journée pleine d'émotions", dépêche en date du 21 février 2014.

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Vendredi 14 février 2014 5 14 /02 /Fév /2014 23:59

Les 12 et 14 février 2014, la République de Corée (du Sud) et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) ont organisé leur rencontre au plus haut niveau depuis 2007. Les deux parties sont parvenues à un accord en trois points, confirmant la tenue de réunions de familles séparées du 20 au 25 février prochains, prévoyant que le Nord et le Sud cessent les critiques et les diffamations contre l'autre partie et envisageant la tenue d'une autre rencontre de haut niveau à un moment approprié. Le Nord a fait des concessions, en ne demandant plus le report des exercices conjoints américano - sud-coréens à une date qui ne coïnciderait pas avec les réunions de familles séparées, alors que le Sud a reconnu que le Nord était à l'initiative de cette rencontre - dans la continuité des déclarations du Président Kim Jong-un le 1er janvier 2014, lorsqu'il avait affirmé que la RPD de Corée ferait des propositions pour relancer le dialogue intercoréen.

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Est-ce le signal d'un tournant dans les relations intercoréennes, mises à mal depuis l'alternance à Séoul et le retour au pouvoir des conservateurs en février 2008 ? Si de nombreux points restent à régler pour l'avenir, la volonté de dialogue et de relance des relations intercoréennes, exprimées par les dirigeants de chacun des deux Etats coréens en ce début d'année 2014, s'est concrétisée par la conclusion d'un accord Nord-Sud, le 14 février 2014, à l'issue de deux jours de discussion à Panmunjeom. Outre la confirmation d'un nouveau cycle de réunions de familles séparées du 20 au 25 février prochains - et qui seront les premières depuis 2010 - les deux parties ont convenu d'éviter les critiques réciproques et d'organiser une autre rencontre à haut niveau.

Car, outre le contenu de l'accord, le niveau des délégations - le plus élevé depuis 2007 - mérite d'être salué : la délégation du Sud était conduite par Kim Kyou-hyun, qui dirige le Conseil de sécurité national, et la délégation du Nord par Won Tong-yon, directeur adjoint du département du Front uni du Parti du travail de Corée.

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L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) se félicite de l'heureux dénouement des négociations, en exprimant le souhait qu'un climat de confiance puisse se créer entre les deux Corée afin d'approfondir les échanges Nord-Sud. D'ores et déjà, elle se réjouit que des familles divisées depuis trop longtemps puissent se retrouver, dès la fin de ce mois, lors de rencontres symboliques de la volonté de tous les Coréens de surmonter la partition de leur pays.

Sources : AAFC, Le Monde, Xinhua (dont photos).

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Mercredi 5 février 2014 3 05 /02 /Fév /2014 22:42

A l'issue d'une rencontre au village frontalier de Panmunjom ce 5 février 2014, les deux parties coréennes ont convenu d'une réunion de familles séparées de part et d'autre du 38e parallèle, du 20 au 25 février prochains, dans les monts Kumgang situés au Nord de la péninsule. Alors que la précédente réunion de familles prévue cet automne avait finalement été annulée dans un contexte de tensions intercoréennes, les espoirs sont grands d'une reprise des échanges entre le Nord et le Sud de la Corée.

Accord-coreen-sur-une-prochaine-reunion-de-familles-separee.jpgDans son discours de nouvel an, le dirigeant Kim Jong-un de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait mis l'accent sur la nécessité d'améliorer les relations intercoréennes, tendant ainsi la main au Sud. C'est dans ce contexte que les deux Etats coréens ont convenu d'une nouvelle réunion de familles séparées par la division du pays, qui se tiendra du 20 au 25 février 2014 - une première depuis 2010 (photo à gauche).

La division de la Corée en 1948, entérinée par la guerre (1950-1953), a laissé des millions de familles sans nouvelles de leurs proches restés de l'autre côté de la DMZ. A ce jour, aucun contact n'est possible entre Nord et Sud-Coréens sans autorisation : ni courriers, ni appels téléphoniques, ni mails... C'est pourquoi la question de la réunion des familles séparées revêt un contenu politique et une charge émotionnelle aussi forte, surtout pour des personnes âgées qui désespèrent de savoir jamais ce que les leurs sont devenus.

Depuis 2000, les réunions de familles séparées ont permis de réunir 17 000 Coréens du Nord et du Sud.

L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) salue cet accord, en espérant qu'il ouvrira la voie à une coopération plus large, notamment dans le domaine économique - alors que le tourisme intercoréen des Monts Kumgang reste suspendu depuis la mort accidentelle d'une touriste sud-coréenne en 2008 - et sur les plans social et culturel. L'intensification des échanges Nord-Sud apparaît en effet comme la seule voie viable pour réduire les tensions entre les deux parties de la Corée, favoriser une meilleure compréhension mutuelle et paver le chemin vers la réunification.

Sources : AAFC, La Croix (dont photo), The Washington Times.

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Lundi 20 janvier 2014 1 20 /01 /Jan /2014 23:04

En réponse à la campagne lancée au Sud de la péninsule sous le mot d'ordre "Comment allez-vous ces jours-ci ?", le comité des étudiants de l'Université de technologie Kim Chaek, en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a adressé une lettre de soutien à leurs camarades du Sud qui veulent sensibiliser l'opinion sur les graves risques qui pèsent aujourd'hui sur la démocratie sud-coréenne. Cette action s'inscrit dans la tradition du soutien de Pyongyang aux militants pour la démocratie en République de Corée (du Sud), et dont l'une des expressions les plus fortes a été, historiquement, l'organisation de rencontres étudiantes intercoréennes au Nord, malgré les interdictions mises par les autorités sud-coréennes n'ayant ensuite pas hésité à emprisonner les militants ayant gagné le Nord de la péninsule sans autorisation.
   

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Lourde ingérence dans le processus électoral de services de renseignement aux pouvoirs exorbitants, frais de scolarité parmi les plus lourds au monde créant et reproduisant de graves inégalités sociales, atteintes de plus en plus patentes à la démocratie : les motifs évoqués par les étudiants de l'Université Kim Chaek de Pyongyang ne manquent pas pour justifier leur soutien à l'actuel mouvement de protestation étudiant en Corée du Sud.

A la question "Comment allez-vous ?", les étudiants sud-coréens répondent "Mal à cause de Park Geun-hye", "Mal en raison des mouvements pour restaurer la dictature Yusin" et "Bien seulement lorsque Park Geun-hye aura démissionné". Proclamée présidente en décembre 2012, Mme Park Geun-hye est la fille du général Park Chung-hee qui, sous le régime de la Constitution Yusin, a mis en place entre 1972 et 1979 le pouvoir le plus autoritaire qu'ait connu la Corée du Sud.

Rendant compte de la lettre adressée aux étudiants sud-coréens, l'agence KCNA de la RPD de Corée a exprimé le soutien du comité des étudiants de l'Université Kim Chaek à "la juste lutte menée par les étudiants au Sud [de la péninsule] pour l'indépendance, la démocratie et la réunification", en exprimant la certitude que ce combat entraînera l'avènement d'une nouvelle société en Corée du Sud.


Les étudiants ont été à plusieurs reprises à la pointe du combat pour la démocratie en Corée du Sud, notamment lors de la révolution de 1960 puis dans les manifestations ayant permis, en 1987, de restaurer le rétablissement de l'élection du Président de la République au suffrage universel direct, qui a été la garantie du retour à un système démocratique ouvert de désignation du chef de l'Etat.

Le mouvement rampant de privatisation des universités engagé dans les années 1990 - marquée par une part de plus en plus active des conglomérats dans le financement des activités d'enseignement supérieur, puis le recrutement des meilleurs étudiants - avait été encouragé par les autorités sud-coréennes pour briser les velléités contestatrices, la répression conduite à l'Université Yonsei, en 1996, ayant alors sonné le glas du mouvement étudiant comme force politique et sociale de premier plan au Sud de la Corée. S'appuyant sur le refus d'un alourdissement constant des frais de scolarité, l'actuel mouvement de protestation étudiant a opéré une jonction entre des luttes spécifiques aux étudiants et l'expression d'une contestation plus globale contre l'actuelle dérive autoritaire de la Corée du Sud.

Sources : AAFC, KCNA (dépêche du 11 janvier 2014). Photo Hankyoreh.
   

 

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Jeudi 2 janvier 2014 4 02 /01 /Jan /2014 11:34

DeuxCor-e.jpg Les relations intercoréennes sont un thème incontournable des voeux de nouvel an, tant au Nord qu'au Sud de la péninsule. Si le message télévisé prononcé le 1er janvier 2014 par le Maréchal Kim Jong-un, dirigeant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a plaidé pour l'amélioration des relations intercoréennes à pas moins de trois reprises, la Présidente Park Geun-hye de la République de Corée (du Sud) a également ouvert la perspective d'une amélioration des relations Nord-Sud. Va-t-elle ainsi répondre à la proposition du Nord ? Une initiative du Sud répondant à l'offre de dialogue du Nord serait de nature à lever  au moins partiellement les obstacles au rapprochement intercoréen, quelles que soient par ailleurs les divergences d'approches des deux parties sur la méthode et en termes d'objectifs. Mais le Nord pourrait également formuler en premier des propositions, auquel cas la réponse de Séoul dépendra de l'équilibre entre les partisans du dialogue et les néo-conservateurs aujourd'hui à la manoeuvre pour ressusciter le régime autoritaire en Corée du Sud. 

Quand Lee Myung-bak était président de la Corée du Sud (2008-2013), à plusieurs reprises les autorités de la République populaire démocratique de Corée avaient fait des propositions pour relancer le dialogue intercoréen. Mais il était apparu qu'en réalité le chef d'Etat sud-coréen ne souhaitait pas avancer en ce sens : derrière un discours plaidant en apparence pour un rapprochement pacifique, le chef d'Etat sud-coréen avait avancé le prétexte du prétendu "manque de sincérité" de Pyongyang pour dissimuler son refus du dialogue. Derrière les mots, la vieille politique de confrontation des conservateurs sud-coréens refaisait surface, dans l'attente d'un effondrement de la RPDC qu'ils s'efforçaient de provoquer en réduisant toutes les formes d'échanges (humains, économiques, culturels), malgré les dommages créés par cette politique pour les intérêts sud-coréens eux-mêmes.

Elue sur une ligne moins dure vis-à-vis de Pyongyang, la nouvelle présidente sud-coréenne Park Geun-hye reste attendue sur la nouvelle politique intercoréenne qu'elle mènera : au-delà des mots, souhaite-t-elle sincèrement développer les échanges intercoréens ? Les voeux de nouvel an du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, interprétés par la presse internationale comme une offre de dialogue, lui offrent l'occasion d'apporter des preuves de sa sincérité. Selon le quotidien de centre-gauche sud-coréen Hankyoreh, "la raison pour laquelle la Corée du Nord argumente avec autant de force pour des améliorations semble être que les relations restent très dégradées en dépit de ses efforts de l'an passé pour rétablir le dialogue".

Si l'on examine le contenu des voeux de la présidente sud-coréenne, l'amélioration des relations Nord-Sud est tout d'abord subordonnée à la création d'un climat de "confiance". Certes, mais la confiance est réciproque et elle ne pourra être gagnée que si des gestes sont également réalisés par le Sud. La zone économique intercoréenne de Kaesong, dont les activités avaient été suspendues en 2013, fonctionne aujourd'hui normalement et offre un exemple d'une coopération réussie. Elle constitue un précédent quant au chemin à suivre pour créer un tel climat de confiance.

En réitérant qu'elle ne s'opposerait pas à la poursuite des échanges à caractère humanitaire, Mme Park lève un premier obstacle. Quand elle a formulé cette position l'an dernier, sans doute attendait-elle en retour la reprise des réunions de familles séparées par la division, considérée par le Nord comme une question humanitaire. Mais au moment où elle formulait cette proposition les autorités sud-coréennes s'engageaient dans une politique de répression des opposants dénoncés comme des "suivistes pro-Nord", entraînant la rupture des échanges intercoréens. Le message du Maréchal Kim Jong-un est à cet égard sans ambiguïté : le Nord est prêt à passer l'éponge sur le passé mais demande que cesse la répression contre les organisations progressistes - alors qu'aujourd'hui une procédure d'interdiction est en cours contre le Parti progressiste unifié et que le principal syndicat enseignant a été interdit. De même que, après l'engagement du dialogue Nord-Sud en 1972, la proclamation de la Constitution Yusin au Sud puis l'enlèvement de l'opposant Kim Dae-jung avaient mis fin aux échanges intercoréens, la RPDC ne peut pas accepter que les échanges Nord-Sud servent de paravent à un autoritarisme du pouvoir sud-coréen dont feraient d'abord les frais ceux qui prônent la réconciliation Nord-Sud.

Il reste à savoir si Mme Park Geun-hye est prête à désavouer les "faucons" sud-coréens - agence de renseignement (NIS) en tête, impliquée dans une vaste opération de manipulation de la dernière élection présidentielle - partisans d'une ligne d'affrontement tant avec l'opposition radicale qu'avec Pyongyang. Les faucons, nostalgiques du régime autoritaire de l'ère Park Chung-hee, ont besoin d'agiter le chiffon rouge de l'anticommunisme pour justifier la sauvegarde de leurs positions et de leurs intérêts dans l'appareil d'Etat (police, armée, justice, services de renseignement). Nul doute qu'ils vont tenter de faire souffler le "vent du Nord" pour couper court à toute possibilité de dialogue intercoréen. Leurs relais dans la presse ultra-conservatrice sud-coréenne et certains médias occidentaux devraient donc bientôt publier des articles sur les droits de l'homme au Nord. Le NIS devrait aussi lancer de nouvelles manoeuvres de diversion, auxquelles la plus grande publicité sera donnée par les journalistes et les organisations qui leur sont liés, à l'instar du site DailyNK qui n'a pas hésité à publier dernièrement un plaidoyer pro domo sur la réforme du NIS.

Sur le fond, d'autres lignes de divergences apparaissent  entre les discours de nouvel an prononcés à Séoul et à Pyongyang : les autorités sud-coréennes plaident pour une approche multilatérale de la question coréenne et mettent l'accent sur les questions de sécurité, y compris les programmes balistique et nucléaire nord-coréen. Sans doute espèrent-elles ainsi rassembler des alliés autour d'elles, alors que la Corée du Sud reste militairement subordonnée aux Etats-Unis. Or, de façon constante, Pyongyang considère que l'arme nucléaire assure sa sécurité vis-à-vis des Etats-Unis, et qu'il ne s'agit donc pas d'un sujet à traiter dans le cadre des relations intercoréennes. Néanmoins, Séoul pourrait contribuer au dialogue Nord-Sud en faisant preuve d'une plus grande indépendance vis-à-vis de Washington : au moment où les Etats-Unis mettent l'accent sur le multilatéralisme, la Corée du Sud pourrait utilement plaider pour une baisse de régime des prochains exercices conjoints américano-sud-coréens, voire pour leur suspension, comme ce fut le cas entre 1994 et 1996, au moment des discussions sur le nucléaire nord-coréen. Pyongyang attend également Séoul sur ce point, après avoir vivement critiqué les manoeuvres militaires du printemps 2013, y compris à nouveau dans le discours de nouvel an. 

Alors, l'année 2014 pourrait-elle marquer une nouvelle étape dans les relations intercoréennes ? En 2013, le discours de nouvel an du dirigeant Kim Jong-un n'avait fait qu'une référence implicite au dialogue, en soulignant que pour "mettre fin à la division du pays et parvenir à sa réunification, il est important de cesser la confrontation entre le Nord et le Sud" et que "l'histoire des relations intercoréennes montre que la confrontation entre compatriotes ne mène à rien sinon à la guerre". Cette année, trois références explicites plaident pour améliorer les relations Nord-Sud, en annonçant que le Nord agira activement en ce sens. Comme l'observe le professeur sud-coréen Yang Moo-jin, "il existe la possibilité que le Nord sorte à tout moment une offre de dialogue entre les autorités". Les autorités sud-coréennes doivent certainement s'y préparer. Espérons que les ultra-conservateurs ne ruineront alors pas toute chance de dialogue.


Sources : AAFC, Hankyoreh

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Dimanche 1 décembre 2013 7 01 /12 /Déc /2013 00:04

Le 26 novembre 2013, en Corée du Sud, une association conservatrice a déposé une plainte contre l'avocat Jang Kyung-uk en raison des contacts que ce dernier a eus avec des responsables nord-coréens en violation de la loi de sécurité nationale qui proscrit tout contact entre Coréens du Nord et du Sud sans autorisation préalable du gouvernement sud-coréenLes contacts en question ont eu lieu lors d'une conférence internationale sur la paix et la réunification de la Corée, organisée à Potsdam, en Allemagne, du 11 au 14 novembre. A cette conférence participaient des Coréens et des non-Coréens venus de plusieurs pays, dont des membres de l'Association d'amitié franco-coréenne.

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Agé de 45 ans, Jang Kyung-uk (1er en partant de la gauche) est un des défenseurs du Parti progressiste unifié (PPU) de Corée du Sud, contre lequel le gouvernement sud-coréen a lancé une procédure d'interdiction après qu'un député du PPU, Lee Seok-ki, a été accusé, sans preuves, d'avoir voulu renverser l'Etat sud-coréen avec l'appui de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). De telles accusations apparaissent comme une nouvelle tentative de détourner l'attention des citoyens de Corée du Sud des multiples scandales impliquant le gouvernement de la présidente Park Geun-hye, notamment l'utilisation des services secrets à des fins de manipulation de l'opinion publique.

Le 26 novembre 2013, le très conservateur quotidien Chosun Ilbo, relais médiatique habituel des services secrets sud-coréens, a fait une « révélation » supplémentaire dans l'affaire Lee Seok-ki : le 12 novembre, Jang Kyung-uk est entré en contact avec des Nord-Coréens lors d'une conférence sur la Corée organisée à Potsdam, en Allemagne, en violation de la loi sud-coréenne de sécurité nationale instaurée en 1948 et qui interdit tout contact entre Coréens du Nord et du Sud sans autorisation préalable du gouvernement sud-coréen.

Suite à cette rencontre, une plainte a été déposée par l'association conservatrice Hwalbindan le 26 novembre contre Jang, pour demander « une enquête sur l'objectif et la démarche de la participation [de Jang Kyung-uk] à cette conférence, les contacts qu'il a eus avec des personnalités nord-coréennes et les informations qu'il leur a transmises ». La plainte contre Jang Kyung-uk fait aussi état des propos tenus par Jang lors de la conférence : « Dans cette conférence, l'avocat Jang a déclaré que l'insécurité de la péninsule coréenne est de la faute des Etats-Unis et de la Corée du Sud et qu'il faut redéfinir la ligne de démarcation maritime. Nous demandons un enquête exhaustive pour savoir si ses paroles sont favorables à l'ennemi en vertu de la Loi de sécurité nationale. »

Par ailleurs, toujours selon le Chosun Ilbo, le ministère sud-coréen de la Réunification mène une enquête sur Jang Kyung-uk car il n'a pas averti de sa rencontre avec des Nord-Coréens. Et l'article de préciser que la non-déclaration d'une rencontre avec des Nord-Coréens dans un pays tiers est passible d'une amende de 3 000 000 wons (environ 2 000 euros).

La « Conférence internationale sur la paix et la réunification de la péninsule coréenne » avait lieu du 11 au 14 novembre 2013 à Potsdam. Elle avait pour objectif principal de mettre en évidence la responsabilité des Nations Unies dans une médiation visant à mettre fin au régime d'armistice et à œuvrer à l'établissement de la paix entre la République populaire démocratique de Corée et les Etats-Unis d'Amérique. Participaient à cette conférence des Coréens du Nord, du Sud et d'outre-mer, ainsi que des personnes intéressées par la question coréenne venues d'Allemagne, de France, des Etats-Unis, de Russie, de Norvège et du Vietnam. Des membres de l'Association d'amitié franco-coréenne participaient à la conférence.

Si les autorités judiciaires et politiques sud-coréennes veulent en savoir plus sur la conférence de Potsdam, et accessoirement sur l'intervention de M. Jang, elles pourront utilement se plonger dans la lecture des divers comptes rendus de ladite conférence publiés dès le 16 novembre sur le site chinois The 4th Media et sur le site du Conseil de coordination nationale coréen-américain (KANCC, dont des responsables étaient aussi présents à Potsdam), entre autres.

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Le 12 novembre, invité à s'exprimer sur le thème « nécessité d'un accord de paix et perspectives », Jang Kyung-uk a notamment déclaré : « L'Accord d'armistice a défini une ligne de démarcation terrestre sans équivoque, mais ce n'est pas le cas de la ligne de démarcation maritime. En particulier, dans la mer de l'Ouest autour des cinq îles sous le contrôle de la partie Sud, il est très difficile de fixer les limites des eaux territoriales en raison de la distribution compliquée des juridictions sur les îles environnantes entre le Nord et le Sud. Dans l'état de trêve, toutefois, il est essentiel de fixer la ligne maritime de démarcation militaire entre le Nord et le Sud. Le Sud insiste sur la Ligne de limite nord, tandis que le Nord tient à la ligne maritime de démarcation militaire en mer de l'Ouest, laquelle diffère de la première. Dans cette situation, si le Nord et le Sud maintiennent les hostilités sans fixer de ligne maritime de démarcation militaire à travers le dialogue et la négociation, il arrivera inévitablement des affrontements militaires fréquents entre le Nord et le Sud en mer de l'Ouest. »

Outre sa présence à la même tribune que des chercheurs de l'Institut central pour la réunification de RPDC, ce sont donc ces paroles pleines de bon sens sur les risques d'affrontements en mer de l'Ouest (mer Jaune) qui semblent aujourd'hui reprochées à Jang Kyung-uk. Mais personne ne doit être dupe : c'est bien l'action de Jang Kyung-uk en tant qu'avocat dénonçant la diversion grossière qu'est la procédure d'interdiction du PPU qui lui vaut d'être inquiété.

A l'issue de la conférence de Potsdam, le 14 novembre 2013, les participants ont décidé la création d'un «  Comité international en faveur d'une résolution des Nations Unies pour la paix et la réunification de la Corée » (voir déclaration ci-dessous). L'Association d'amitié franco-coréenne soutient cette initiative, comme elle apporte son soutien à M. Jang Kyung-uk dans son combat pour la paix et la justice en Corée.


Photos : Ohmynews

 

 

Création d'un Comité international en faveur d'une résolution

des Nations Unies pour la paix et la réunification de la Corée

 

Le 14 novembre 1947 pourrait rester dans les mémoires comme un des jours les plus honteux de l'histoire des Nations Unies. Il y a 66 ans, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté un texte rédigé par les Etats-Unis, recommandant la tenue d'élections afin de choisir des représentants et constituer une Assemblée nationale, lesquelles aboutiraient à la création d'un gouvernement national en Corée. Le nombre de représentants de chaque zone de vote devait être proportionnel à la taille de la population, et les élections devaient se tenir sous la supervision de la Commission temporaire des Nations Unies pour la Corée. Le texte fut adopté malgré l'opposition de l'Union soviétique. Ce texte en apparence équitable violait la souveraineté coréenne et allait à l'encontre de l'accord conclu à la Conférence de Moscou par les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de l'Union soviétique et du Royaume-Uni en décembre 1945. Après cette résolution injuste et illégale, des élections eurent lieu et un gouvernement fut instauré en Corée du Sud, avec pour résultat final la division de la péninsule coréenne.

Cette résolution anéantissait tous les projets et efforts entrepris par beaucoup de Coréens qui avaient essayé d'établir un seul gouvernement unifié dans la péninsule coréenne. Les fruits de l'historique Conférence conjointe des représentants des partis politiques et organisations sociales du Nord et du Sud qui eut lieu à Pyongyang le 18 avril 1948 furent également ignorés. Finalement, le 15 août 1948, le gouvernement de la « République de Corée » du Sud fut instauré après l'élection du 10 mai 1948. Comme une conséquence inévitable, la « République populaire démocratique de Corée » fut proclamée au Nord le 9 septembre. De cette façon, la formation de deux gouvernements dans la péninsule coréenne était devenue une réalité, ce qui, comme on pouvait s'y attendre, entraîna la guerre de Corée.

Les Nations Unies ont été fondées en tirant la leçon historique de la Seconde Guerre mondiale, dans le but de bâtir la paix et la sécurité du monde. Mais, dans les faits, elles ont pris la décision d'apporter au pays la division que suivit la guerre de Corée. Cette décision fut, sans exception, le jugement le plus erroné des Nations Unies. Très clairement, les Nations Unies doivent reconnaître le problème que pose leur décision et produire une nouvelle résolution pour la paix et la réunification de la péninsule coréenne. C'est le seul moyen de garantir que les Nations Unies ne répéteront pas de telles erreurs.

Depuis 1945, la division de la Corée perdure. De plus, l'Accord d'armistice signé en 1953 par la Corée du Nord et les Etats-Unis n'a jamais été suivi d'un traité de paix. Il est de la plus haute évidence que la prochaine guerre dans la péninsule sera d'ampleur mondiale en s'étendant au-delà des limites de l'Extrême-Orient, la Troisième Guerre mondiale ; les Nations Unies ont donc l'obligation de prendre des mesures pour l'éviter.

Nous nous réunissons donc aujourd'hui, en cette soixante-sixième année de la résolution tragique des Nations Unies, afin d'organiser un « Comité international en faveur d'une résolution des Nations Unies pour la paix et la réunification de la péninsule coréenne »,

Le Comité travaillera continuellement pour bâtir une paix stable dans la péninsule et accomplir une réunification indépendante et pacifique du pays. Il se développera aussi en tant qu'organisation internationale réunissant plusieurs personnalités du monde, travaillant sincèrement ensemble pour la paix et la réunification de la Corée.

En conclusion, la création de ce comité international fournira la nouvelle résolution des Nations Unies et permettra d'avancer vers l'objectif final de la réunification pacifique de la péninsule coréenne.


Potsdam, 14 novembre 2013

 les participants à la Conférence internationale sur la paix et la réunification de la péninsule coréenne

 

 

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Dimanche 17 novembre 2013 7 17 /11 /Nov /2013 00:09

Le 15 novembre 2013, le département politique de la Commission de la défense nationale (CDN) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a publié un communiqué dans lequel il a mis en garde la présidente sud-coréenne Park Geun-hye "et son groupe" contre "ses sophismes". De fait, les déclarations faites tant au Nord qu'au Sud de la péninsule indiquent que les relations intercoréennes sont aujourd'hui dans l'impasse.

Plusieurs déclarations publiées dernièrement en RPDC font clairement état de signes de mécontentement, qui pourraient devenir des marques de défiance, des autorités nord-coréennes vis-à-vis de la nouvelle présidente sud-coréenne, élue en décembre 2012 : si les termes employés restent encore un cran en-dessous de ceux utilisés à l'égard de son prédécesseur Lee Myung-bak (qui, moins de quatre mois après son élection, était qualifié de "traître" et de "sycophante"), ils témoignent d'une nette dégradation des relations Nord-Sud, après l'embellie qu'avait semblé marquer la réouverture de la zone économique intercoréenne de Kaesong, il y a deux mois.

Dans une déclaration publiée le 15 novembre 2013, le département politique de la Commission de la défense nationale de la RPDC a condamné la mise en cause par Séoul de la ligne politique de la RPDC, consistant à poursuivre simultanément son programme nucléaire d'autodéfense et la construction d'une puissance économique, tout en observant qu'un vrai climat de confiance impliquait que Mme Park Geun-hye respecte les accords Nord-Sud, signés le 15 juin 2000 et le 4 octobre 2007. De fait, une exigence analogue avait été faite à l'égard de son prédécesseur Lee Myung-bak qui, sans dénoncer formellement des accords engageant les deux Etats coréens (et pas seulement leurs gouvernements), les avait vidés de leur contenu. Par ailleurs, les appels réitérés de Mme Park à des changements au Nord de la péninsule sont considérés, par les autorités de la RPDC, comme des ingérences inacceptables dans leur politique intérieure.

park geun hye park chung heeLe même jour, l'agence nord-coréenne KCNA a publié trois autres dépêches citant le porte-parole du département politique de la CDN de la RPDC. La présidente sud-coréenne a été accusée d'avoir fait du "démantèlement" des armes nucléaires nord-coréennes l'un des objectifs majeurs lors de ses échanges à l'occasion de son récent voyage en Europe, alors qu'elle-même accueille, au Sud de la péninsule, des armes américaines et a placé son pays sous le "parapluie nucléaire" des Etats-Unis. Son insistance sur la question des droits de l'homme au Nord a également été mise en cause, au moment où les atteintes croissantes à la démocratie sud-coréenne font craindre le retour à la Constitution Yusin (la plus autoritaire qu'ait connue la Corée du Sud), mise en place par son père, le général Park Chung-hee, alors qu'elle-même officiait comme première dame après la mort de sa mère (photo à gauche).

Ce dernier point semble fondamental. Après les premiers échanges intercoréens (en 1972-1973), les discussions Nord-Sud avaient été rompues par le Nord lorsque les autorités de la RPDC avaient observé que le thème - populaire - du rapprochement intercoréen servait à masquer un durcissement du régime sud-coréen, marqué par la promulgation de la Constitution Yusin et l'enlèvement de l'opposant Kim Dae-jung (qui, lui-même, devait ensuite être élu président en 1997). Il n'y a guère de doute que, tant que la Corée du Sud évoluera dans un sens autoritaire, la RPDC ne voudra pas non plus donner une forme de légitimité à de telles évolutions au Sud de la péninsule en favorisant le dialogue intercoréen. Telle était déjà le sens de la suspension, il y a deux mois, de la réunion de familles séparées. Par ailleurs, il faut relever le récent regain d'activisme des services de renseignement sud-coréens à diffuser dans les médias - et d'abord occidentaux, leur première cible - les légendes les plus noires sur la RPDC, dans lesquelles les exécutions pour des motifs futiles sont monnaie courante. Ce choix, délibéré, ne peut que jeter un peu plus d'huile sur le feu, quels que soient les discours de Mme Park Geun-hye selon lesquels elle est prête, à tout moment, à un dialogue intercoréen. Car pour dialoguer, il faut être deux, mais tant ses déclarations sentencieuses à l'égard du Nord que la répression des opposants éloignent toute réelle perspective de discussion. 

Source : AAFC, KCNA (notamment, dépêche du 15 novembre 2013).

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Samedi 26 octobre 2013 6 26 /10 /Oct /2013 12:41

Le 25 octobre 2013, six Sud-Coréens ont été rapatriés par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) au village de Panmunjom, ce qui a été interprété comme un geste de bonne volonté. Cette décision est intervenue alors que la reprise des échanges intercoréens - pratiquement tous suspendus au cours de la présidence Lee Myung-bak, au Sud de la péninsule (2008-2013) - se heurte encore à des obstacles, faute de la restauration d'un climat de confiance entre les deux gouvernements coréens.

Les six Sud-Coréens ont franchi la DMZ, qui sépare les deux Corée, au village de Panmunjom, le 25 octobre 2013, à 4h50 de l'après-midi. Si les identités des personnes concernées n'ont pas été rendues publiques, la Croix-Rouge nord-coréenne a précisé qu'il s'agit d'hommes âgés de 27 à 67 ans. Il a été avancé l'hypothèse que ce serait des missionnaires entrés illégalement en RPD de Corée. Cette possibilité est renforcée par le communiqué nord-coréen évoquant un "pardon" pour leurs "crimes", ce qui correspond à la qualification pénale, selon la législation nord-coréenne, des actions de prosélytisme mettant en cause les institutions de la RPD de Corée. Un Coréen Américain, Kenneth Bae, est toujours détenu au Nord de la péninsule depuis près d'un an pour prosélytisme. Au début du mois d'octobre, sa mère avait été autorisée par la RPDC à lui rendre visite, dans ce qui avait également été interprété comme un geste de bonne volonté de Pyongyang pour renouer les fils du dialogue diplomatique.

Les autorités nord-coréens ont invoqué des motifs humanitaires, afin d'autoriser les six hommes à rejoindre leurs familles.

Kim Soo-am, chercheur à l'Institut (sud-)coréen pour la réunification nationale, a déclaré à l'agence Bloomberg que "cela apparaît comme un geste humanitaire avec le message que la Corée du Sud devrait aussi faire des gestes de bonne volonté sur d'autres questions".

Dans un context de montée des tensions dans la péninsule coréenne au printemps dernier, la zone intercoréenne de Kaesong avait été suspendue. Ses activités ont repris en septembre, mais de nouvelles réunions de familles séparées - ainsi qu'une rencontre sur une possible reprise du tourisme intercoréen des monts Kumgang - ont ensuite été ajournées sine die par le Nord, qui a dénoncé une politique hostile de la Corée du Sud ayant diffamé son dirigeant et engagé des poursuites pour "complot contre l'Etat" - avec l'appui du Nord - à l'encontre d'un député de gauche, Lee Seok-gi.

Sources : AAFC, Bloomberg, KCNA.
 

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Lundi 30 septembre 2013 1 30 /09 /Sep /2013 00:01

Alors que l’idéologie dominante occidentale tend à souvent confondre le libéralisme comme idéologie et la démocratie parlementaire comme système de gouvernement, les observateurs d’Europe ou des Etats-Unis présentent généralement la péninsule coréenne selon le paradigme suivant : au Nord, la République populaire et démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pays communiste ergo dictature oppressive ; au Sud, la République de Corée (Corée du Sud), régime très libéral et donc démocratique. Alors que l’Association d'amitié franco-coréenne a toujours cherché à réviser une telle vision faite de clichés et idéologiquement marquée de la péninsule, un fait divers de l’actualité récente - le meurtre par les militaires sud-coréens et américains d’un citoyen sud-coréen voulant s’établir au Nord - montre bien que ces paradigmes dominants doivent être remis en cause, dans l’intérêt de tous les habitants de la péninsule.

Le fait que Sud et Nord-Coréens ne puissent que très difficilement communiquer ou même simplement se rencontrer a beaucoup nourri les colonnes de l’AAFC, qui n’a eu de cesse de dénoncer l’absurde situation de partition de la péninsule, faite au détriment des peuples et dans l’intérêt des seules grandes puissances de la guerre froide. Cette situation tragi-comique a souvent mené à des aberrations politiques que l’on ne peut que considérer comme d’un autre âge, notamment la loi de sécurité nationale de Corée du Sud (qui peut, rappelons-le, prévoir jusqu'à la peine de mort pour les individus convaincus de « collusion avec l’ennemi ») qui conduit à environ 400 arrestations de citoyens sud-coréens par an.   


0013729e4abe0d6567f009Cependant, alors que l’on pensait que la séparation et la mise à distance forcée des deux parties de la Corée héritées de la partition constituait le sommet de l’absurde, les tabous qu’une démocratie est censée s’imposer ont été une fois de plus bravés par les franges les plus militaristes du pouvoir sud-coréen. En effet, le 16 septembre 2013, le citoyen sud-coréen Nam Young-ho, âgé de 47 ans, a été abattu de plusieurs dizaines de balles (à gauche, soldats sud-coréens en exercice) alors qu’il traversait à la nage la rivière Imjin, qui matérialise à certains endroits la « frontière intercoréenne ». Alors que ce genre de transfert restait fréquent jusque dans les années 1970, le flot de transfuges sud-coréens s’est tari avec l’apparition des difficultés économiques en Corée du Nord. Situation somme toute plus que paradoxale car alors que la Corée du Sud libérale connaît une qualité de vie matérielle supérieure à celle du Nord, les autorités sud-coréennes (les « Coréens démocrates » fantasmés par l’occident) préfèrent ôter la vie à l’un de leurs ressortissants plutôt que de lui laisser faire ses propres choix individuels. Il semble en effet que Nam Young-ho avait  auparavant cherché, sans succès, à rejoindre d'autres pays, avant de faire le choix de partir en République populaire démocratique de Corée - détruisant par là-même l'invraisemblable fable qu'il aurait été un "espion nord-coréen", comme a voulu le faire croire l'appareil d'Etat sud-coréen.

S’il est indéniable que sur les vingt-cinq dernières années les principaux flux de défecteurs soient en provenance du Nord vers le Sud, essentiellement pour des raisons économiques (la Corée du Sud, à la différence du Nord, ayant notamment l’avantage de ne pas souffrir du plus vieil embargo au monde), l’amélioration de la situation économique de la RPDC a largement tari les mouvements de transfuges nord-coréens et même fait apparaître un phénomène qui commence à prendre de l’importance : les « double defectors », ces Nord-Coréens ayant souvent quitté la RPDC durant la « dure marche » des années 1990 et qui cherchent à revenir en Corée du Nord, incapables de s’insérer dans une société sud-coréenne où ils ne bénéficient d'aucuns réseaux et où les discriminations à l'encontre des Nord-Coréens sont nombreuses. Les cas les plus récents de ces double défecteurs sont notamment ceux de Mme Pak Jong-suk et de M. Kim Kwang-hyok. La recrudescence de ces doubles défections est certainement à l’origine du retour de pratiques meurtrières que l’on croyait  abolies depuis la fin du régime militaire de Park Chung-hee (père de l’actuelle présidente Park Geun-hye). Une chose est sûre, c’est que l’assassinat de Nam Young-ho par les garde-frontières sud-coréens donnera sans doute à réfléchir à Son Jong-un, activiste pro-réunification nord-coréen vivant au Sud et qui cherche depuis plusieurs années, en vain, à retourner en RPD de Corée par des voies légales.

Une fois de plus, l’AAFC appelle à la fin des violences et au dialogue intercoréen, le tragique destin de Nam Young-ho témoignant que la situation de partition est mortifère pour tout le peuple coréen, et au-delà l’Asie du Nord-Est.  

Sources : AAFC, CNN, KCNA. 
 

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Dimanche 22 septembre 2013 7 22 /09 /Sep /2013 09:24

Le 21 septembre 2013, le Comité pour la réunification pacifique de la Corée (CRPC) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé le report sine die des réunions de familles coréennes séparées de part et d'autre du 38ème parallèle, prévues à compter du 25 septembre 2013, ainsi que d'une réunion Nord-Sud préparatoire à une possible reprise du tourisme intercoréen dans les monts Kumgang, qui devait se tenir le 2 octobre prochain.  Quelques jours plus tôt, la reprise des activités dans la zone de Kaesong augurait pourtant d'une amélioration des relations intercoréennes. Dans un bulletin d'information publié le 22 septembre 2013, le CRPC blâme l'attitude de confrontation des autorités sud-coréennes. L'AAFC décrypte cet événement.

Les relations Nord-Sud n'ont jamais été un long fleuve tranquille, et par le passé des événements de dernière minute ont souvent conduit au report de rencontres préparées bien en amont. S'agissant des réunions de familles séparées - des événements toujours attendus avec émotion par les personnes concernées, sans nouvelles de leurs proches depuis deux générations - l'annonce du report de celles prévues du 25 au 30 septembre prochains, le 21 septembre seulement, sur l'initiative du Nord, a témoigné que le ciel des relations intercoréennes restait orageux, et qu'un long chemin devait encore être parcouru avant que ne soient rétablies des relations de confiance.

La partie Nord a blâmé le Sud, dans une longue explication où une déclaration du ministère de la Réunification sud-coréen a été sévèrement mise en cause. Cette déclaration, parlant de "contre-mesures" et de "sanctions" contre les actes "inhumains" du Nord, a mis le feu aux poudres de l'autre côté du 38ème parallèle, en réutilisant une rhétorique propre à l'ère Lee Myung-bak alors que les présidences démocrates, en Corée du Sud, avaient évité de jeter de l'huile sur le feu lorsque les relations intercoréennes connaissaient des points bas. De même, les déclarations de la presse conservatrice sud-coréenne, dont les liens étroits avec le parti au pouvoir sont avérés, parlant de succès de la ligne de politique intercoréenne de la présidente Park Geun-hye tout en continuant à adopter un ton très critique vis-à-vis de la RPDC, ont été interprétées comme des provocations côté Nord, qui estime que ses efforts pour renouer le dialogue Nord-Sud ne sont pas payés de retour.

La RPD de Corée dénonce également avec fermeté les mesures prises contre les partisans de la réunification, au Sud de la péninsule. Il y a une semaine, les garde-frontières sud-coréens ont abattu un citoyen du Sud qui tentait de passer au Nord à la nage. L'arrestation du député progressiste Lee Seok-ki, accusé de complot contre l'Etat avec la complicité du gouvernement nord-coréen, est une manoeuvre de diversion des services secrets sud-coréens, dont l'AAFC a souligné qu'ils restent une des forces les plus hostiles au dialogue Nord-Sud. Dans un climat où ces derniers se refusent à un contrôle démocratique, le gouvernement nord-coréen a le souvenir du précédent de 1972-1973 : à l'époque, l'amélioration des relations Nord-Sud avait coïncidé avec un raidissement du régime autoritaire du général Park Chung-hee, père de l'actuel présidente sud-coréenne, et l'arrestation de l'opposant Kim Dae-jung (le futur président sud-coréen) avait sonné le glas du premier dialogue Nord-Sud. Aujourd'hui comme hier, la politique intérieure sud-coréenne est un déterminant de l'évolution des relations intercoréennes.

Sources : AAFC, KCNA.

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Lundi 16 septembre 2013 1 16 /09 /Sep /2013 14:25

Economie, sport, réunions de familles séparées : dans différents domaines et concomitamment, les échanges intercoréens repartent de l'avant, après avoir gravement reculé pendant la présidence Lee Myung-bak (février 2008-février 2013), qui pourrait ainsi rétrospectivement ne plus apparaître que comme une parenthèse dans la tendance, sur le moyen et le long termes, au rapprochement de la République de Corée (du Sud) et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Cette situation nouvelle ouvre l'espoir d'une ère durable de coopérations Nord-Sud.

es-hommes-et-femmes-d-affaires-franchissent-un-point-de-con.jpgLe lundi 16 septembre 2013, quelque 820 Sud-Coréens ont franchi le 38ème parallèle pour revenir travailler dans la zone industrielle intercoréenne de Kaesong, au Nord de la péninsule (photo à gauche), dont les activités avaient été suspendues au printemps dernier dans un contexte de graves tensions. Après l'accord intervenu entre les gouvernements des deux Corée, le dernier obstacle à la reprise des échanges interrompus pendant cinq mois - une demande de compensation des entreprises sud-coréennes - semble avoir été levé par un gel en 2013 des impôts dus. Par ailleurs, l'internationalisation de la zone ouvre la voie à la possible implantation d'investisseurs étrangers autres que coréens.

Au même moment, les deux gouvernements coréens échangeaient une liste de noms - 96 côté Sud et 100 côté Nord - pour de nouvelles réunions de familles séparées par la division du pays, à compter du 25 septembre prochain.

Enfin, un dernier événement a été salué même par la presse conservatrice sud-coréenne, habituellement hostile au dialogue Nord-Sud engagé pendant les présidences démocrates de Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun (1998-2008) : pour la première fois, l'hymne sud-coréen a été joué au Nord et le drapeau de la République de Corée déployé à l'occasion d'une compétition sportive. La RPD de Corée est l'hôte, du 11 au 17 septembre, des championnats d'haltérophilie de la coupe d'Asie et interclubs. A cette occasion, 22 athlètes sud-coréens - accompagnés de 19 autres personnes - ont été invités au Nord - une première depuis une participation sud-coréenne à des rencontres intercoréennes en basketball et en football en 2003. L'hymne sud-coréen a retenti notamment à l'occasion de la remise des médailles d'or et d'argent remportées par Kim Woo-sik et Lee Young-gyun, applaudis debout par leurs compatriotes du Nord, dans la catégorie juniors hommes des moins de 85 kg (compétition interclubs). Lors de la cérémonie d'ouverture, les symboles sud-coréens étaient apparus une première fois. Par ailleurs, alors que les haltérophiles nord-coréens s'étaient déjà distingués lors des derniers Jeux olympiques, Om Yun-chol a établi un nouveau record du monde lors de la compétition actuellement en cours à Pyongyang.

Doit-on voir dans ces coopérations multiples le signe d'un changement de cap dans les relations intercoréennes, mises à mal par la présidence Lee Myung-bak ? En tout cas, elles manifestent une volonté d'ouverture du Nord - qui a proposé la participation des athlètes sud-coréens - et un accord du Sud - qui a accepté ces échanges. Par le passé, la variable des relations intercoréennes a été l'attitude du Sud : le Nord répondant au dialogue par le dialogue et à une politique de fermeture - voire d'hostilité - du Sud par des gestes réciproques de fermeture. Si aujourd'hui la politique intercoréenne de la nouvelle présidente Park Geun-hye, élue en décembre à Séoul, se cherche encore une ligne, le Sud a choisi à présent de serrer la main que lui tendait le Nord, laissant augurer de certains espoirs dans l'amélioration des relations intercoréennes. Mais les forces conservatrices qui avaient tenté de saborder la "politique du rayon de soleil" de la période 1998-2008 tenteront certainement, à nouveau, une offensive, comme les tentatives de diversion de services de renseignement aujourd'hui sur la sellette en ont apporté une illustration récente.


Sources : AAFC, AFP-RTL (dont photo), Reuters  

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Vendredi 30 août 2013 5 30 /08 /Août /2013 16:52

Lee-seok-ki.jpgDepuis des mois, l'agence de renseignement sud-coréenne (National Intelligence Service, NIS) est dans la tourmente : alors que des preuves ont été apportées de sa collusion avec les conservateurs dans l'élection présidentielle de décembre 2012, remportée par la principale candidate de droite, Mme Park Geun-hye, ses responsables refusent de se soumettre au contrôle démocratique du Parlement dans le cadre d'une commissions d'enquête et bloquent toute réforme interne qui feraient entrer les services de renseignement, héritiers du régime militaire, dans le droit commun des démocraties parlementaires. Pour détourner l'indignation de l'opinion publique, nationale et internationale, le NIS fait ce que pratique tout service de renseignement dans la tourmente : ils grossissent la supposée menace extérieure (en l'espèce, venant de la République populaire démocratique de Corée, RPDC, Corée du Nord) en montant d'autres affaires pour faire diversion. La première tentative – rendre publique des échanges intercoréens en amont du sommet Nord-Sud de 2007 – a tourné court : d'une part, divulguer sans autorisation gouvernementale des documents confidentiels est une faute lourde ; d'autre part, faire croire que le Président démocrate Roh Moo-hyun, aujourd'hui décédé, aurait remis en cause la ligne de démarcation Nord (Northern Limitary Line, NLL) dans ses échanges avec la RPDC est apparu comme une manœuvre grossière visant, encore et toujours, à salir la réputation du Parti démocrate, principal parti d'opposition. Mais si la transparence était la préoccupation majeure du NIS, comme il l'a prétexté pour couvrir ses propres turpitudes, qu'il dise la vérité sur le dramatique naufrage du Cheonan ! Pris de court, paniqués, les dirigeants du NIS – avec la complicité et l'appui certainement d'une partie de l'appareil d'Etat aux mains des conservateurs – ont allumé deux autres contre-feux : une campagne de dénigrement de la RPD de Corée ciblant le dirigeant Kim Jong-un, et une attaque en règle contre des membres du Parti progressiste unifié (PPU), dont le député Lee Seok-ki (photo en haut à droite), accusés sans preuves de complot contre l'Etat.  

 

La première manœuvre de diversion du NIS est, à ce jour, la seule à avoir retenu l'attention des médias occidentaux, sans doute en partie grâce aux relais dans la presse des agents du NIS agissant sous couverture diplomatique et aux vieilles amitiés entretenues par la CIA, parrain et allié inconditionnel du NIS.


Les ingrédients traditionnels ont été réunis. Tout d'abord, le quotidien pour répandre la désinformation, le
Chosun Ilbo, est non seulement le plus conservateur de tous les journaux nationaux sud-coréens, il est aussi le relais habituel du NIS : quand ses directeurs veulent s'exprimer publiquement, c'est d'abord le Chosun Ilbo qu'ils choisissent, comme encore récemment à l'occasion du scandale créé par la divulgation des entretiens intercoréens de 2007 pour tenter de discréditer le Président Roh Moo-hyun.

 

Les affaires de mœurs au cœur du processus de désinformation mené par le NIS ne méritent pas qu'elles soient détaillées, ayant vocation à finir dans les poubelles de l'actualité. Ce qui importe surtout pour le NIS est qu'elles visent à compromettre le maréchal Kim Jong-un, au moment opportun d'un nouveau rapprochement intercoréen qui suscite, comme toujours en pareilles occasions, un raidissement du NIS soucieux d'entraver le dialogue intercoréen. Comme le premier coup d'essai du NIS, voulant faire croire à une prostitution à grande échelle en RPDC, a plutôt figuré dans la rubrique « insolite » ou « faits divers » des médias occidentaux, le NIS a répliqué en sortant la grosse artillerie : des pelotons d'exécution et des morts, dont prétendument une ancienne conquête du dirigeant... Pour la crédibilité du NIS, espérons que cette fois-ci les morts annoncés ne vont pas ressusciter, comme cela arrive malheureusement trop souvent pour eux. Kim Kye-gwan, un des principaux négociateurs avec les Etats-Unis, n'avait-il pas été donné en 2009 comme exécuté par le NIS et ses journaux aux ordres, avant de réapparaître pour accueillir l'ancien Président Carter à l'été 2009 ? Cette fois, toujours selon le NIS – pardon, le Chosun Ilbo – l'Orchestre Unhasu – celui-là même qui joue dans les grandes cérémonies et s'est produit en France en mars 2012, au cœur du scandale supposé, aurait été dispersé. Mais cette fois-ci, l'emploi du conditionnel permet de parer à toute éventualité, si quelque journaliste un peu attentif faisait observer, à l'avenir, que l'Orchestre Unhasu joue toujours et que ses musiciens vedettes sont encore en têtes d'affiche...

 

Ce qui est troublant, dans ces deux « affaires », est qu'elles touchent à des sujets tabous dans toute la Corée, Nord comme Sud : la prostitution et la pornographie, dont les visiteurs de la Corée du Nord peuvent pourtant attester qu'il est difficile d'en trouver la trace... comme s'il fallait que les services sud-coréens, obsédés (on peut le dire) par tout ce qui touche à la vie privée des dirigeants nord-coréens et aux questions de mœurs, avaient ressenti le besoin de signer leur œuvre de désinformation. Les services secrets occidentaux ont, eux, abandonné le montage d'opérations aussi grossières (pour mémoire, la pseudo affaire Markovic qui cherchait à compromettre Georges Pompidou et son épouse figure dans les annales de ce qu'il ne faut pas faire pour une agence de renseignement). Mais quelques journalistes crédules, peu avares de scoops sensationnels sur la Corée du Nord, ont été considérés par le NIS, à juste titre, comme suffisamment manipulables, la couverture du Chosun Ilbo servant à couvrir l'entreprise.

 

La deuxième manœuvre de diversion est encore plus inquiétante, dans la mesure où elle met en cause les fondements de la liberté d'expression en renvoyant aux heures les plus sombres du régime autoritaire quand il accablait – jusqu'à assassiner– ses opposants sur la base de complots imaginaires de collusion avec la RPDC. Le motif d'accusation - complot et tentative d'insurrection - était en effet tombé en désuétude depuis des décennies.

 

Le 28 août 2013, une descente de police a été opérée dans les locaux du député Lee Seok-ki (Parti progressiste unifié, PPU, gauche). Lee Seok-ki et 9 autres dirigeants du PPU sont suspectés de conspiration pour le renversement du gouvernement, notamment par des moyens armés et la destruction d'infrastructures de communication ! Une réunion de 130 membres dans un bâtiment religieux de Séoul (bien sûr non identifié), fin mai, au cours de laquelle auraient été entendus des chants révolutionnaires nord-coréens, servant de base à l'intervention musclée du NIS...

 

Comme l'a observé le quotidien de centre-gauche Hankyoreh, considéré à juste titre par l'opinion publique comme un des rares médias indépendants et le quotidien le plus fiable, ces accusations anachroniques tombent à pic pour le NIS. Le NIS est actuellement mis en cause pour son interférence dans la dernière élection présidentielle et reste prompt à faire souffler « le vent du Nord » pour empêcher une réforme qui conduirait à un contrôle démocratique des services sud-coréens. Par ailleurs, le PPU est un « plus petit poisson » que le Parti démocrate, qui contrôle près de la moitié des sièges du Parlement, après que la récente tentative du NIS de mettre en cause l'ancien Président Roh Moo-hyun lors du sommet intercoréen de 2007 se fut retournée contre ses auteurs.

 

Une source proche du NIS a déclaré au Hankyoreh que Lee Seok-ki était une « cible facile » pour une enquête anticommuniste des services sud-coréens, et que « l'enquête pouvait apparaître comme une tentative du NIS pour justifier son existence. Elle pourrait avoir comme objectif de bloquer les efforts visant à encadrer, voire éliminer, les branches interne et d'investigation du NIS, qui en constituent le coeur ». Deux jours avant la descente de police contre le PPU, la Présidente sud-coréenne Park Geun-hye avait assuré que le NIS serait réformé. Faut-il y voir une tentative désespérée du NIS de défendre un régime exorbitant du droit commun, en pesant sur les arbitrages internes au Gouvernement ? Il est apparu qu'une surveillance renforcée du député Lee Seok-ki avait commencé il y a trois ans... pourquoi cette soudaine précipitation, si les faits avérés étaient aussi graves ? Comme l'a montré une enquête du Hankyoreh, des sources proches de l'enquête s'interrogent en tout cas, sous couvert d'anonymat, sur la capacité réelle d'un petit groupe d'opposants à fomenter l'insurrection dont ils sont accusés, aujourd'hui sans preuves.

 

Sources : AAFC, Hankyoreh (notamment, articles des 29 et 30 août 2013, dont photo)

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Vendredi 23 août 2013 5 23 /08 /Août /2013 17:13

Parmi les drames engendrés par la division de la Corée, les familles séparées de part et d'autre du 38ème parallèle représentent un enjeu humain extrêmement fort, trop de Coréens âgés disparaissant sans avoir pu revoir leurs proches. C'est pourquoi les réunions de familles divisées constituent l'un des enjeux majeurs du dialogue intercoréen. Le 23 août 2013, une rencontre organisée au niveau des Croix-Rouge du Nord et du Sud s'est conclue par un accord pour de nouvelles réunions de familles divisées, à compter du 25 septembre prochain, peu après la fête traditionnelle de Chuseok (cette année, le 19 septembre) pour laquelle, de chaque côté de la péninsule, les Coréens honorent leurs ancêtres.

   

20101031_453240_01.jpgDu 25 au 30 septembre prochains, 100 Coréens du Sud et 100 Coréens du Nord retrouveront leurs proches restés de l'autre côté. Les listes de participants seront échangées le 16 septembre, afin de s'assurer que les membres des familles séparées sont toujours vivants.

Comme lors des dernières réunions qui ont eu lieu en 2010, la rencontre aura lieu dans le complexe touristique des Monts Kumgang, au Nord de la péninsule, visité par près de 2 millions de Sud-Coréens dans le cadre d'un projet touristique intercoréen ayant commencé en 1998 et suspendu après la mort accidentelle d'une touriste le 11 juillet 2008. La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) avait proposé de discuter également de la reprise des circuits touristiques dans les monts Kumgang lors de la réunion qui s'est tenue ce 23 août de 10h à 21h au village de Panmunjom (côté Sud), mais la République de Corée (RDC, Corée du Sud) a souhaité disjoindre les deux sujets.

Alors que beaucoup de membres des familles séparées ne sont plus en mesure de se déplacer, des rencontres sont également organisées par visioconférence. Le 23 août, les deux parties ont donc aussi convenu d'une réunion par visioconférence entre 40 familles séparées. Par ailleurs, de nouvelles rencontres ont été prévues à partir de novembre, selon des modalités à déterminer ultérieurement, après les retrouvailles qui auront lieu, pendant six jours, du 25 au 30 septembre.

Un des enjeux des discussions à venir sera également la mise en place d'un processus régulier d'échanges, y compris par courrier, alors que, du seul côté Sud, 72.000 personnes attendent de pouvoir un jour retrouver leurs proches dont elles n'ont plus de nouvelles depuis plus de soixante ans.


Source : Bernama.

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations intercoréennes
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