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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 22:59

En août 2009, l'arrivée au pouvoir à Tokyo du Parti démocrate du Japon (PDJ, centriste) semblait ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre le Japon, d'une part, la Chine et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), d'autre part. L'archipel nippon n'avait-il pas recherché des solutions régionales coordonnées avec la Chine et la Corée du Sud pour résoudre la crise financière, et le nouveau Premier ministre n'avait-il pas plaidé pour améliorer les relations avec Pyongyang ? Las, les révélations du site WikiLeaks révèlent qu'il s'agissait d'une tactique de diversion pour, en secret, poursuivre la mise en place d'un service de renseignement dirigé essentiellement contre les deux ennemis principaux que sont la Chine et la RPDC.

 

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A la veille du succès de son parti aux élections générales d'août 2009 qui devait entraîner sa désignation comme Premier ministre, Yukio Hatoyama avait déclaré à l'agence Kyodo "Avec une administration dirigée par le Parti démocrate du Japon, nous avons besoin d'avoir un nouveau départ (dans les discussions bilatérales pour un nouvel accord) basé sur l'esprit de la Déclaration de Pyongyang", signée en 2002 lors de la visite en RPDC du Premier ministre  japonais  Jun'ichirō Koizumi, et qui prévoyait - déjà - la normalisation des relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

Le rapprochement militaire nippo - sud-coréen, allié à un soutien sans faille de Tokyo à Séoul lors de la montée des tensions intercoréennes en 2010, aurait pu faire croire que le contexte international était à l'origine du maintien à Tokyo d'une ligne diplomatique dure vis-à-vis de la RPDC. En fait, comme le révèlent les télégrammes diplomatiques américains rendus publics grâce à WikiLeaks, la Corée du Nord a servi de prétexte pour une remilitarisation du Japon, indépendamment du second essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009, suivant une ligne poursuivie et approfondie par l'administration démocrate japonaise.

 

C'est en effet dès 2008 que le gouvernement japonais a décidé de mettre en place un service de renseignement extérieur, inspiré du modèle des grands frères anglo-saxons, la CIA américaine et le MI6 britannique. Selon le quotidien australien Sydney Morning Herald, Hideshi Mitani, directeur général du Bureau de recherche et de renseignement du gouvernement (CIRO) aurait fait état de volonté de constituer une "capacité humaine de collecte de renseignements" lors d'un entretien avec Randall Fort,  alors chef du service de renseignement du département d'Etat américain. Selon le télégramme américain rendant compte de cette entrevue, "Il a été décidé d'avancer très lentement car les Japonais ont conscience qu'ils manquent de connaissances, d'expérience et d'agents (...) Un programme de formation pour le nouveau personnel commencera bientôt".

 

Les hommes d'affaires et les sociétés japonaises à l'étranger étaient cités comme leviers pour constituer cette capacité de renseignement humain, visant trois cibles nommément désignées : la Chine, la Corée du Nord et le "terrorisme", révélant toute l'ambiguïté du positionnement du gouvernement japonais, dirigé par les démocrates depuis plus d'un an et demi, dans leurs relations avec la République populaire de Chine et la République populaire démocratique de Corée.

 

Sources : AAFC ; "Le Japon veut se doter d'un service de renseignement extérieur selon WikiLeaks" in Le Monde, 21 février 2011

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Japon-Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)