Du 14 au 21 septembre 2013, Mme Kim Bok-dong était à Paris et a témoigné dans les médias, français et sud-coréens. Ancienne victime de l'esclavage sexuel mis en place par l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, cette femme âgée de 87 ans se bat pour la reconnaissance du crime alors commis par le Japon contre des centaines de milliers de femmes coréennes, chinoises et d'autres pays d'Asie, et pour que, plus jamais, le viol ne soit utilisé comme une arme de guerre. La visite en France de Mme Kim Bok-dong était organisée par le Conseil coréen pour les femmes enrôlées de force comme esclaves sexuelles par le Japon, les "femmes de réconfort" selon l'euphémisme employé par l'armée nippone. La présidente du Conseil, Mme Yun Mi-hyang, est également venue dans notre pays. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a été pleinement solidaire de cet événement, en participant à l'ensemble des manifestations qui ont été organisées et en aidant également à des rencontres avec des responsables français.
C'est d'une voix digne et claire que Mme Kim Bok-dong décrit son calvaire. Retirée à sa famille à l'âge de 14 ans, elle a été envoyée dans les bordels militaires japonais du Pacifique. Pendant huit ans, elle a connu les violences sexuelles, la torture et l'humiliation. Dans la société coréenne traditionnelle de l'après-guerre, la condamnation était telle qu'elle n'a jamais eu ni mari, ni enfants. Mais elle ne pouvait pas mentir plus longtemps, en essayant de faire croire qu'elle aurait été réquisitionnée comme ouvrière pour l'armée japonaise.
Comme elle, ce sont 200 000 à 400 000 femmes asiatiques dont la vie a été brisée. Beaucoup d'entre elles ont été torturées à mort. D'autres ont subi des grossesses et des avortements forcés.
Le 8 janvier 1992, la première manifestation du mercredi a eu lieu devant l'ambassade du Japon, en République de Corée (du Sud), à l'occasion de la visite du Premier ministre japonais. A l'époque, les anciennes victimes de l'esclavage sexuel n'osaient pas montrer leur visage. Puis, grâce au Conseil coréen pour les "femmes de réconfort", les langues se sont déliées et de plus en plus de voix se sont élevées pour réclamer justice et réparations au gouvernement japonais, lequel ose prétendre que les esclaves sexuelles étaient des prostituées "volontaires" et que l'armée nippone n'aurait pris aucune part à l'un des pires crimes de guerre commis par les militaristes japonais. Le révisionnisme japonais a fait de la négation de l'esclavage sexuel un de ses chevaux de bataille, relayé par des autorités aussi haut placées que l'actuel maire d'Osaka. La lutte pour faire éclater la vérité doit être menée par chacune et chacun d'entre nous.
Car les preuves se sont accumulées, accablantes, montrant l'implication évidente de l'armée et du gouvernement japonais. Du 7 au 12 décembre 2000, un tribunal international à Tokyo a dénoncé les crimes de guerre commis hier au Japon, et qui se perpétuent dans le monde. Car c'est toujours un combat d'actualité, le viol comme arme de guerre ayant été perpétré au Rwanda, au Kosovo et dans d'autres territoires en conflit. Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a été saisi et la question des "femmes de réconfort" sera à nouveau à l'ordre du jour de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, fin septembre.
Le mercredi 18 septembre 2013, de 14h à 16h, Mme Kim Bok-dong participait à la manifestation du mercredi non pas à Séoul, mais à Paris, place du Trocadéro, sur le Parvis des Droits de l'Homme. Une averse n'a pas découragé les militants qui avaient préparé des panneaux et sont restés, stoïques, sous la pluie battante, à l'image de celles et ceux qui, en Corée, ont manifesté plus de mille fois le mercredi, par tous les temps et quelles que soient les circonstances. Les médias sud-coréens en France, comme la chaîne de télévision KBS, ont couvert l'événement auquel participait l'AAFC. Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a pris la parole, aux côtés d'organisations féministes, de la présidente du comité pour l'Europe du Parti progressiste unifié de Corée du Sud et de l'Association internationale des juristes démocrates dont le représentant, Walid Okais, a lu une déclaration de soutien. Puis Mme Kim Bok-dong a livré son témoignage à l'Université de la Sorbonne, en présence du philosophe Jean Salem.
Des manifestations comportant la signature d'une pétition ont eu lieu le jeudi 19 septembre à 15h, fontaine Saint-Michel, et le samedi 21 septembre à 15h, devant le Musée Beaubourg.
Un des moments les plus émouvants a été la projection d'un film documentaire sur le combat des anciennes "femmes de réconfort", suivie du témoignage de Mme Kim Bok-dong, le vendredi 20 septembre à la Maison des associations (MDA) du 16ème arrondissement de Paris. Hébergée à la MDA, l'Association d'amitié franco-coréenne avait invité le Conseil coréen pour les "femmes de réconfort". Plusieurs représentants de l'AAFC sont intervenus, notamment Patrick Kuentzmann, secrétaire général, et Maurice Cukierman, membre du bureau, qui a dénoncé le négationnisme japonais - devant les caméras de la chaîne de télévision sud-coréenne KBS également présente.
Pour que le Japon présente ses excuses et apporte une réparation, et que plus jamais des femmes ne soient victimes de tels crimes de guerre, la mobilisation doit continuer. Plusieurs grands médias français, notamment Radio France Internationale et Le Journal du dimanche, ont interviewé Mme Kim Bok-dong. La délégation coréenne composée de Mme Kim Bok-dong et de Mme Yun Mi-hyang, présidente du Conseil coréen pour les "femmes de réconfort", a rencontré la sénatrice Michèle André, ancienne ministre des Droits des femmes, et un représentant du ministère français des Affaires étrangères. L'adoption d'une résolution parlementaire représenterait un pas décisif pour la justice et les droits des femmes. L'Association d'amitié franco-coréenne prendra toute sa place dans ce combat.
Photos : Alain Noguès
Site du Conseil coréen pour les femmes enrôlées de force comme esclaves sexuelles par le Japon (en coréen et anglais)
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Après le très grave séisme puis le tsunami qui ont endeuillé le Japon le 11 mars dernier,
Le Japon n'en finit pas de pleurer ses morts et de panser ses plaies, après le séisme d'une magnitude de 9,0 survenu le 11 mars 2011 au large des côtes nord-est de l'île de Honshu, suivi de nombreuses répliques et ayant aussi provoqué un tsunami . Il s'agit du plus important séisme jamais enregistré dans l'histoire du pays, qui a également entraîné des accidents dans plusieurs centrales nucléaires, faisant peser le risque d'une catastrophe nucléaire. Selon un bilan provisoire établi le 13 mars, alors que les recherches des personnes disparues se poursuivent, le séisme pourrait causer au final au moins 10 000 morts .


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