Relations Japon-Corée

Lundi 14 avril 2014 1 14 /04 /Avr /2014 23:59

Le 14 avril 2014, le Conseil coréen pour les femmes requises pour l'esclavage sexuel militaire du Japon a organisé un nouveau rassemblement place du Trocadéro, à Paris, pour continuer à faire signer la pétition internationale exigeant une reconnaissance par le gouvernement japonais des crimes de guerre commis contre les "femmes de réconfort". Plusieurs membres de l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) étaient présents à cette manifestation, avant la visite en Europe (France, Allemagne, République tchèque, Belgique), du 23 juin au 7 septembre 2014, d'une délégation du Conseil coréen pour les femmes de réconfort et de l'ONG "Rêves de papillons", dans le cadre de l'opération "Papillons de l'espoir" - pour que plus jamais les femmes ne soient les victimes sexuelles des conflits.

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Photos : Conseil coréen pour les femmes de réconfort

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Vendredi 31 janvier 2014 5 31 /01 /Jan /2014 21:57

Engagé dans une surenchère nationaliste, le gouvernement conservateur japonais s'est engouffré dans une vision révisionniste de l'histoire de l'archipel : après la visite en décembre du Premier ministre Shinzo Abe au sanctuaire de Yasukuni où sont honorés des criminels de guerre nippons, la première d'un chef d'Etat japonais en sept ans, le gouvernement vient de décider d'enseigner que les îles Dokdo font partie du territoire japonais. Face à ces démarches tendant à déformer l'histoire de l'Asie de l'Est, la Chine et les deux Corée font front commun pour dénoncer Tokyo comme le principal fauteur de troubles dans cette partie du monde en niant les crimes commis par l'impérialisme japonais.

Imagine-t-on la chancelière allemande rendre hommage aux dirigeants nazis ou affirmer que les Sudètes, jadis annexés par le Troisième Reich, sont partie intégrante du territoire allemand ? Evidemment non. Pourtant telle est, toutes choses égales par ailleurs, la position adoptée par le gouvernement conservateur japonais de Shinzo Abe, à l'origine de provocations révisionnistes qui ont soulevé un tollé de protestations dans toute l'Asie de l'Est, de Pékin à Séoul en passant par Pyongyang.

hakubun_shimomura-31-01-2014.jpgAprès la visite en décembre 2013 du chef du gouvernement nippon au sanctuaire de Yasukuni, qui honore la mémoire de 2,5 millions de Japonais morts pendant la Seconde guerre mondiale, parmi lesquels 14 criminels de guerre de classe A, la droite nippone a récidivé : le 28 janvier 2014, le ministère de l'Education a annoncé que les îles Dokdo seraient décrites comme des territoires japonais dans les manuels scolaires. Rajoutant une couche dans la provocation, Hakubun Shimomura (photo à gauche), ministre de l’Education japonais, a déclaré lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 31 janvier 2014 : « il est complètement normal pour une nation d’enseigner correctement [quels sont] ses propres territoires », gommant ainsi tout débat même sur l'appartenance des îles Dokdo (appelées Takeshima au Japon). Publiées de manière étonnament anticipée (en moyenne une fois par décennie, alors que les dernières modifications des manuels de premier et de deuxième cycles datent seulement de 2008 et 2009), les instructions ont pour but d'éduquer les plus jeunes générations dans un esprit propice à la renaissance du militarisme et à préparer une revanche sur des territoires aujourd'hui contrôlés par les garde-côte sud-coréens, après avoir été les premiers à être occupés lors de la colonisation japonaise de la Corée. Les revendications japonaises sur Dokdo avaient déjà été réaffirmées par Fumio Kishida, ministre japonais des Affaires étrangères, lors d'un débat au Parlement, et un site Internet gouvernemental a été spécialement créé pour appuyer ces prétentions territoriales japonaises.

Le révisionnisme japonais a de multiples facettes : il comporte plus largement une réécriture des manuels d'histoire dans un sens tendant à la réhabilitation des crimes de guerre commis par l'empire japonais pendant la Seconde guerre mondiale. Il nie notamment l'esclavage sexuel des "femmes de réconfort".

Le 29 janvier 2013, Pyongyang et Séoul ont affiché leur unité face au révisionnisme japonais à l'Organisation des Nations Unies. Lors d'un débat sur la guerre et la paix organisé au Conseil de sécurité, S.E. Oh Joon, représentant permanent de la République de Corée (du Sud) à l'ONU, a accusé le gouvernement japonais d'avoir "une vision faussée de ce qui s'est passé durant l'impérialisme" japonais, en ajoutant que "le Japon n'a pas été capable (...) de se détacher de son passé militariste". Selon l'ambassadeur Oh, "c'est la raison sous-jacente" aux conflits récurrents sur les questions historiques dans cette partie du monde. Pour sa part, S.E. Ri Tong-il, représentant permanent de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), a déclaré que le souvenir des crimes japonais était indélébile et il a exhorté les autorités japonaises à s'abstenir de toute visite au sanctuaire de Yasukuni.

Dans un commentaire publié le 28 janvier 2013, l'agence nord-coréenne KCNA a déploré que "les réactionnaires japonais instillent dans l'esprit des nouvelles générations la domination du Japon sur les îles Dokdo dans le but de les inciter au militarisme".

Face aux tentatives japonaises de réviser l'histoire, la Chine a également vivement protesté, témoignant ainsi que le révisionnisme japonais dépasse largement le conflit historique entre Japonais et Coréens. L'agence de presse chinoise Xinhua a observé que "cette [révision des manuels] est tenue responsable des relations tendues entre le Japon et ses pays voisins, du fait qu'elle réflète l'attitude du Japon face à son passé militariste".

Convaincue que seule la vérité historique peut permettre de dépasser les différends historiques et favoriser l'avènement d'un monde plus juste et plus fraternel, l'Association d'amitié franco-coréenne plaide pour que le Japon regarde son passé en face et permette ainsi de jeter les bases d'une réconciliation dans cette partie du monde. Dans les conflits territoriaux en Asie de l'Est, le Japon porte aujourd'hui une lourde part de responsabilités en multipliant les actions provocatrices sur son passé militariste. Il est à cet égard symptomatique que le Japon soit au coeur de multiples conflits territoriaux en Asie de l'Est, tant avec la Corée qu'avec la Chine et la Russie.

Sources : KCNA (dépêche du 28 janvier 2014), Xinhua (dépêche du 28 janvier 2014), Yonhap (dépêches des 2429 et 31 janvier 2014, dont photo).

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Dimanche 26 janvier 2014 7 26 /01 /Jan /2014 11:51

Le 25 janvier 2014, le Conseil coréen pour les femmes requises pour l'esclavage sexuel militaire du Japon a organisé un rassemblement public place du Trocadéro, à Paris, pour faire signer la pétition internationale exigeant une reconnaissance par le gouvernement japonais des crimes de guerre commis contre les "femmes de réconfort", à la veille de et pendant la Seconde guerre mondiale. Esclaves sexuelles de l'armée nippone, elles doivent aussi bénéficier d'une réparation à la hauteur des souffrances qui leur ont été infligées.

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En septembre 2013, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) s'était jointe à l'ensemble des manifestations organisées en France à l'occasion de la visite en France de Mme Kim Bok-dong, ancienne esclave sexuelle ("femme de réconfort") de l'armée japonaise, pour que plus jamais les femmes ne soient utilisées comme des armes de guerre. C'est donc tout naturellement que l'AAFC a répondu présente à l'appel du Conseil coréen pour les "femmes de réconfort", lors de l'organisation à Paris, le 25 janvier 2014, d'un rassemblement public pour signer et faire signer la pétition internationale exigeant du Japon des excuses et une indemnisation des victimes. Les Coréens de France, mais également d'Allemagne, ont été le fer de lance de cette manifestation, couverte par les médias sud-coréens (chaîne de télévision et de radio KBS, agence de presse Yonhap). Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC en charge des actions de coopération, a répondu aux questions de KBS, insistant sur la nécessité pour Tokyo de reconnaître les crimes de guerre commis, et qui ont brisé à jamais la vie de 200 000 femmes asiatiques.

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Organisateur de manifestations chaque mercredi depuis le 8 janvier 1992, dispensant des services sociaux, notamment médicaux, aux survivantes, le Conseil coréen mène aussi des travaux de recherche à partir des témoignages des victimes et tient depuis 2001 des ateliers ayant permis l'inauguration du Musée de la guerre et des droits humains des femmes le 5 mai 2012, célébré comme le jour des enfants au Sud de la péninsule. Sensibilisant l'opinion internationale sur l'ensemble des violences faites aux femmes de par le monde, il a noué un réseau de contacts internationaux dans les pays dont sont originaires les anciennes esclaves sexuelles de l'armée japonaise - notamment la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), la République populaire de Chine, Taïwan, l'Indonésie et les Philippines. Du 7 au 12 décembre 2000, le Tribunal international sur les crimes de guerre commis à l'encontre des "femmes de réconfort" s'est tenu à Tokyo, en présence des représentants de dix pays.

La manifestation de la place du Trocadéro prenait place avant l'organisation, dans le cadre de la 41e édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême et sous l’impulsion du ministère de l’Egalité des genres et de la Famille de Corée, de l’exposition « Les fleurs qui ne se fanent pas », du 30 janvier au 2 février 2014. La ministre se déplacera officiellement en France à l'occasion de cette exposition, qui reviendra sur la tragédie vécue par les victimes de l'esclavage sexuel de l'armée japonaise, à partir d'une oeuvre composée de 100 planches réalisées à l’encre de Chine sur un papier coréen traditionnel, fruit de la collaboration entre le scénariste Jeong Ki-young et le dessinateur Kim Gwang-sung, et de la projection du film d’animation Une histoire pas encore finie et du court métrage Herstory de Kim Jun-ki.

L'AAFC appelle à poursuivre et à amplifier les actions menées, en France et dans le monde, pour faire connaître le drame des "femmes de réconfort", et obtenir des excuses et des réparations des autorités japonaises.

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Photos Alain Noguès 
Plus d'informations concernant l’exposition « Les fleurs qui ne se fanent pas »sur le site de la revue Muze.

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Dimanche 22 septembre 2013 7 22 /09 /Sep /2013 17:42

KimBokdong 20sept2013 1Du 14 au 21 septembre 2013, Mme Kim Bok-dong était à Paris et a témoigné dans les médias, français et sud-coréens. Ancienne victime de l'esclavage sexuel mis en place par l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, cette femme âgée de 87 ans se bat pour la reconnaissance du crime alors commis par le Japon contre des centaines de milliers de femmes coréennes, chinoises et d'autres pays d'Asie, et pour que, plus jamais, le viol ne soit utilisé comme une arme de guerre. La visite en France de Mme Kim Bok-dong était organisée par le Conseil coréen pour les femmes enrôlées de force comme esclaves sexuelles par le Japon, les "femmes de réconfort" selon l'euphémisme employé par l'armée nippone. La présidente du Conseil, Mme Yun Mi-hyang, est également venue dans notre pays. L'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) a été pleinement solidaire de cet événement, en participant à l'ensemble des manifestations qui ont été organisées et en aidant également à des rencontres avec des responsables français.

C'est d'une voix digne et claire que Mme Kim Bok-dong décrit son calvaire. Retirée à sa famille à l'âge de 14 ans, elle a été envoyée dans les bordels militaires japonais du Pacifique. Pendant huit ans, elle a connu les violences sexuelles, la torture et l'humiliation. Dans la société coréenne traditionnelle de l'après-guerre, la condamnation était telle qu'elle n'a jamais eu ni mari, ni enfants. Mais elle ne pouvait pas mentir plus longtemps, en essayant de faire croire qu'elle aurait été réquisitionnée comme ouvrière pour l'armée japonaise.

Comme elle, ce sont 200 000 à 400 000 femmes asiatiques dont la vie a été brisée. Beaucoup d'entre elles ont été torturées à mort. D'autres ont subi des grossesses et des avortements forcés.

Le 8 janvier 1992, la première manifestation du mercredi a eu lieu devant l'ambassade du Japon, en République de Corée (du Sud), à l'occasion de la visite du Premier ministre japonais. A l'époque, les anciennes victimes de l'esclavage sexuel n'osaient pas montrer leur visage. Puis, grâce au Conseil coréen pour les "femmes de réconfort", les langues se sont déliées et de plus en plus de voix se sont élevées pour réclamer justice et réparations au gouvernement japonais, lequel ose prétendre que les esclaves sexuelles étaient des prostituées "volontaires" et que l'armée nippone n'aurait pris aucune part à l'un des pires crimes de guerre commis par les militaristes japonais. Le révisionnisme japonais a fait de la négation de l'esclavage sexuel un de ses chevaux de bataille, relayé par des autorités aussi haut placées que l'actuel maire d'Osaka. La lutte pour faire éclater la vérité doit être menée par chacune et chacun d'entre nous.

Car les preuves se sont accumulées, accablantes, montrant l'implication évidente de l'armée et du gouvernement japonais. Du 7 au 12 décembre 2000, un tribunal international à Tokyo a dénoncé les crimes de guerre commis hier au Japon, et qui se perpétuent dans le monde. Car c'est toujours un combat d'actualité, le viol comme arme de guerre ayant été perpétré au Rwanda, au Kosovo et dans d'autres territoires en conflit.  Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a été saisi et la question des "femmes de réconfort" sera à nouveau à l'ordre du jour de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, fin septembre.  

Le mercredi 18 septembre 2013, de 14h à 16h, Mme Kim Bok-dong participait à la manifestation du mercredi non pas à Séoul, mais à Paris, place du Trocadéro, sur le Parvis des Droits de l'Homme. Une averse n'a pas découragé les militants qui avaient préparé des panneaux et sont restés, stoïques, sous la pluie battante, à l'image de celles et ceux qui, en Corée, ont manifesté plus de mille fois le mercredi, par tous les temps et quelles que soient les circonstances. Les médias sud-coréens en France, comme la chaîne de télévision KBSont couvert l'événement auquel participait l'AAFC. Benoît Quennedey, vice-président de l'AAFC chargé des actions de coopération, a pris la parole, aux côtés d'organisations féministes, de la présidente du comité pour l'Europe du Parti progressiste unifié de Corée du Sud et de l'Association internationale des juristes démocrates dont le représentant, Walid Okais, a lu une déclaration de soutien. Puis Mme Kim Bok-dong a livré son témoignage à l'Université de la Sorbonne, en présence du philosophe Jean Salem.

Des manifestations comportant la signature d'une pétition ont eu lieu le jeudi 19 septembre à 15h, fontaine Saint-Michel, et le samedi 21 septembre à 15h, devant le Musée Beaubourg.

Un des moments les plus émouvants a été la projection d'un film documentaire sur le combat des anciennes "femmes de réconfort", suivie du témoignage de Mme Kim Bok-dong, le vendredi 20 septembre à la Maison des associations (MDA) du 16ème arrondissement de Paris. Hébergée à la MDA, l'Association d'amitié franco-coréenne avait invité le Conseil coréen pour les "femmes de réconfort". Plusieurs représentants de l'AAFC sont intervenus, notamment Patrick Kuentzmann, secrétaire général, et Maurice Cukierman, membre du bureau, qui a dénoncé le négationnisme japonais - devant les caméras de la chaîne de télévision sud-coréenne KBS également présente.

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Pour que le Japon présente ses excuses et apporte une réparation, et que plus jamais des femmes ne soient victimes de tels crimes de guerre, la mobilisation doit continuer. Plusieurs grands médias français, notamment Radio France Internationale et Le Journal du dimanche, ont interviewé Mme Kim Bok-dong. La délégation coréenne composée de Mme Kim Bok-dong et de Mme Yun Mi-hyang, présidente du Conseil coréen pour les "femmes de réconfort", a rencontré la sénatrice Michèle André, ancienne ministre des Droits des femmes, et un représentant du ministère français des Affaires étrangères. L'adoption d'une résolution parlementaire représenterait un pas décisif pour la justice et les droits des femmes. L'Association d'amitié franco-coréenne prendra toute sa place dans ce combat.

 

Photos : Alain Noguès

 

Site du Conseil coréen pour les femmes enrôlées de force comme esclaves sexuelles par le Japon (en coréen et anglais)

 

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Dimanche 12 août 2012 7 12 /08 /Août /2012 12:06

La brutalité de la colonisation japonaise de la péninsule coréenne, entre 1910 et 1945, détermine encore largement aujourd'hui les relations entre la Corée et le Japon. Alors que les relations avec la République de Corée (du Sud) ont été normalisées en 1965, sans toutefois que Tokyo ne présente d'excuses pour la colonisation de la péninsule coréenne, le Japon restant l'un des derniers Etats à ne pas avoir établi de relations diplomatiques complètes avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Dans ce contexte, les récentes initiatives prises dans le domaine des relations nippo-coréennes méritent d'être analysées en détail.

 

Reprise du dialogue humanitaire entre les Croix-Rouge du Japon et de la RPD de Corée pour la première fois depuis dix ans

 

Les 9 et 10 août 2012, des discussions ont eu lieu à Pékin entre les Croix-Rouge japonaise et de la République populaire démocratique de Corée, ainsi que l'a indiqué l'agence nord-coréenne KCNA dans un communiqué publié le 10 août, à l'issue de la rencontre. Toujours selon KCNA, "les deux parties ont eu une discussion approfondie sur la question des restes des Japonais se trouvant sur le territoire de la RPDC, soulevée par la partie japonaise, et ont approfondi leur compréhension mutuelle d'un point de vue humanitaire". Les Croix-Rouge des deux Etats ont convenu de poursuivre les discussions, après en avoir référé à leurs gouvernements respectifs.

 

Cialo_Polaka_wrocilo_3286142_rapatriement_soldats.jpgSi les discussions bilatérales ont un objet strictement humanitaire, elles marquent cependant la première rencontre bilatérale entre les Croix-Rouge du Japon et de la RPD de Corée depuis 2002, et elles ne peuvent être disjointes du contexte général des relations bilatérales. Ainsi, en début d'année les Etats-Unis avaient relancé le dialogue engagé depuis 1996 avec leurs homologues nord-coréens sur la question du rapatriement des restes des soldats américains, morts pendant la guerre de Corée et se trouvant au Nord de la péninsule (et ayant conduit au rapatriement de centaines de corps, photo à gauche) - avant que les échanges ne soient interrompus le 21 mars, à l'initiative du Pentagone, dans un contexte de dégradation des relations bilatérales plusieurs jours après l'annonce par la RPDC du lancement d'un satellite artificiel.

 

Dans le cas d'espèce, l'initiative du dialogue entre le Japon et la RPD de Corée provient de la partie japonaise, selon KCNA. Elle tend à densifier des échanges maintenus dans quelques domaines d'intérêt mutuel, ne relevant pas directement du champ politique, comme en médecine où sont conduits des travaux conjoints sur l'étude des conséquences des bombardements nucléaires d'Hiroshima et de Nagasaki. Par ailleurs, sur le plan diplomatique, alors que l'arrivée au pouvoir des démocrates à Tokyo en août 2009 avait pu laisser entrevoir une amélioration des relations entre le Japon et la RPD de Corée - qui n'ont toujours pas établi de relations diplomatiques - les révélations par le site WikiLeaks de la tentative par le Japon de mettre en place un service de renseignements dirigé contre Pékin et Pyongyang a montré que le Parti du démocrate du Japon était partisan d'une ligne ultranationaliste, excluant tout dialogue sincère avec la RPD de Corée. Le Japon s'est ainsi retrouvé marginalisé vis-à-vis de la RPDC et aurait intérêt à renouer des canaux de dialogue directs avec Pyongyang, qui pourraient utiliser les réseaux humanitaires.

 

La visite du Président sud-coréen Lee Myung-bak à Dokdo : un froid dans les relations entre Séoul et Tokyo

 

Peuplées seulement par un couple âgé, les îles Dokdo, contrôlées par les garde-côte sud-coréens, sont l'objet d'un contentieux territorial ancien entre la Corée du Sud et le Japon, à propos duquel la Corée du Nord a par ailleurs toujours fermement rejeté les prétentions japonaises.

 

Une autre pomme de discorde dans les relations nippo-coréennes concernent la toponymie, décidée à une période où le Japon avait pu imposer ses vues à la communauté internationale sans que la Corée n'ait voix au chapitre. Ainsi, lors de la 10ème Conférence des Nations unies sur la normalisation des noms géographiques qui s'est tenue en juillet-août 2012, les deux gouvernements coréens ont à nouveau plaidé pour l'utilisation du nom "mer de l'Est", au moins conjointement avec celui de "mer du Japon". Une utilisation conjointe a été jugée souhaitable par la France lors de la récente conférence des Nations unies, mais sans qu'une décision n'ait été formellement prise - le sujet n'étant pas inscrit à l'ordre du jour.

  

Lee_myung_bak_dokdo_10_aout_2012.jpgEn étant, le 10 août 2012, le premier chef d'Etat sud-coréen à se rendre dans les îles Dokdo, le Président Lee Myung-bak savait qu'il toucherait une corde sensible du sentiment national coréen. Il faisait aussi coup double, en essayant de faire oublier les conséquences désastreuses pour sa propre image dans l'opinion publique de la négociation secrète d'un accord de coopération militaire entre le Japon et la Corée du Sud, fondé notamment sur la coopération entre les services de renseignement sud-coréens et japonais sur la Corée du Nord. Woo Won-shik, porte-parole du Parti démocrate unifié (PDU, centre-gauche, principale formation d'opposition), a déclaré que si le Président Lee Myung-bak était réellement attaché à la souveraineté des îles Dokdo, il devrait appeler le Japon à se conformer à sa Constitution pacifiste en abrogeant le traité militaire nippo - sud-coréen.

 

La parution du nouveau Livre blanc japonais sur la défense est prévue dans une semaine : elle devrait réaffirmer les prétentions japonaises sur les îles Dokdo, appelées Takeshima par le Japon.

 

La réaction japonaise a été vive : dès l'annonce de la visite du Président Lee Myung-bak, le Japon a convoqué l'ambassadeur sud-coréen à Tokyo et a rappelé l'ambassadeur japonais à Séoul. Le ministre des Affaires étrangères japonais Koichiro Gemba a déclaré que le déplacement aurait "un grand impact sur les relations" bilatérales, et que le Japon réagirait "fermement".

 

Le gouvernement démocrate du Japon est engagé dans une surenchère nationaliste pour retrouver un plus grand crédit dans l'électorat japonais : ainsi, deux ministres ont annoncé le 10 août qu'ils se rendraient "à titre privé", la semaine prochaine, au sanctuaire de Yasukuni, où figurent les noms de quatorze criminels de guerre japonais condamnés par les Alliés en 1945. Ce serait une première pour des membres du gouvernement japonais depuis l'arrivée au pouvoir des démocrates en 2009.

 

Le 11 août, Koichiro Gemba a déclaré que le gouvernement japonais examinerait les "mesures visant à résoudre pacifiquement les différends sur la base du droit international, dont le recours à la Cour internationale de justice (CIJ)". La perspective d'internationaliser le différend territorial a été rejetée par un responsable sud-coréen sous couvert d'anonymat, observant qu'il n'était pas acceptable de remettre en cause la souveraineté coréenne sur les îles - qui de surcroît sont contrôlées par les gardes-côtes sud-coréens.

 

La date de la visite du Président Lee Myung-bak aux îles Dokdo coïncidait par ailleurs opportunément avec un match de football entre le Japon et la Corée du Sud, pour la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Londres.

 

La médaille de bronze en football des guerriers Taeguk aux JO de Londres : une rencontre sportive à forte symbolique politique

 

En l'emportant (2-0) sur leurs rivaux japonais le 10 août 2012 à Londres, les footballeurs sud-coréens ont remporté une victoire historique en décrochant leur première médaille olympique - en bronze - en football.

 

L'accession des guerriers Taeguk à la troisième marche du podium signe la fin d'un parcours parfaitement maîtrisé. Dans le groupe B, après un match nul (0-0) contre les futurs vainqueurs mexicains, deux buts de Park Chu-young (57e) et Kim Bo-kyung (64e, ci-dessous félicité par Park Chu-young après son but) eurent raison de la Suisse (2-1), revenue au score à la score à la 60ème minute sur un but d'Emeghara. Le résultat conduisit à un message raciste d'un joueur suisse sur son compte Twitter, Michel Morganella, ayant entraîné son exclusion de la compétition. Enfin, le match nul contre le Gabon (0-0), lors de la dernière rencontre du groupe B, porta la Corée du Sud à la deuxième place du groupe, assurant sa qualification aux phases ultérieures de la compétition.

 

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En quarts de finale, si un but de Ji Dong-won ouvrit le score pour les guerriers Taeguk à la 29ème minute, les Britanniques revinrent au score (1-1) sept minutes plus tard grâce à un but sur pénalty de Ramsey. La séance de tirs au but tourna à l'avantage des Coréens (5-4).

 

En demi-finale, si les guerriers Taeguk résistèrent efficacement aux Brésiliens pendant la première demi-heure de jeu, ratant même de peu l'ouverture du score, ils durent s'incliner (3-0) face à la redoutable sélection brésilienne (un but de Romulo à la 38e, deux buts de Damiao à la 57e et à la 64e).

 

Face au Japon, le match pour la 3ème place fut âprement disputé : une fois encore, Park Chu-young ouvrit le score à la 38ème minute, avant que Koo Ja-cheol ne double la mise à la 57ème minute. La médaille de bronze est aussi synonyme d'exemption du service militaire pour les joueurs. Kim Bo-kyung, qui joue à Cardiff, a déclaré que l'exemption du service militaire "lui fait autant plaisir que gagner la médaille de bronze", en observant que l'obligation de service militaire constitue un important handicap dans la carrière des joueurs sud-coréens.

 

Mais dans le contexte historique des relations entre la Corée et le Japon, les considérations politiques étaient fortement présentes, alors que l'équipe nippone avait déjà dû essuyer une défaite face au Cheollima nord-coréen en novembre 2011 lors des matchs de qualification de la Coupe du monde 2014. Le milieu de terrain Park Jong-woo est apparu déployant une banderole où il a proclamé la souveraineté coréenne sur les îles Dokdo (photo ci-dessous). Lors de la cérémonie de remise des médailles, il a été privé de podium et son nom n'a pas été annoncé, les organisateurs des Jeux estimant qu'un message politique était contraire à l'esprit de l'olympisme, tandis qu'une procédure a été ouverte par la FIFA.

 

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Il convient de rappeler que le Comité international olympique  (CIO) n'a guère de leçons à donner en matière de neutralité politique, au regard notamment de sa compromission avec le nazisme : le président du CIO lors des Jeux de 1936, Henri Baillet-Latour, admirateur de l'Allemagne nazie, était obsédé par le "péril" juif et communiste, et sera encore honoré par le président du CIO Jacques Rogge en 2010, avant que le CIO ne placer à sa tête pendant trois décennies un franquiste, le marquis de Samaranch. A présent, il importe que le cas de Park Jong-woo ne donne pas lieu à une nouvelle et détestable illustration de la règle du "deux poids deux mesures".

 

Principales sources :

- AAFC ;

- Chris Brummitt, "South Korean footballers to skip military service", article publié le 11 août 2012 sur le site néo-zélandais 3.news (dont photo) ;

- KBS, "Séoul obtient le plus large soutien international pour la nomination de la mer de l'Est", dépêche publiée le 7 août 2012 ;

- KBS, "La classe politique divisée sur la visite de Lee Myung-bak sur les îlots Dokdo", dépêche du 10 août 2012 ;

- KBS, "Visite historique de Lee Myung-bak à Dokdo", dépêche du 10 août 2012 (dont photo);

- KCNA, "Talks between Japan and DPRK Red Cross societies held in Beijing", dépêche du 10 août 2012 ;

- "Tensions nippo-coréennes autour des îles Dokdo-Takeshima", article publié par Le Monde le 10 août 2012 ;

- Reuters, "Controversy ! S.Korean told to miss medal ceremony", article publié sur le site India Times le 12 août 2012 ;

- Daniel Salvatore Schiffer, "JO - La sombre histoire du CIO : fascisme, nazisme et antisémitisme", article publié dans Le Point le 5 août 2012;

- "Pentagon suspends effort to recover remains of troops in North Korea", article publié par The Washington Post le 21 mars 2012 ;

- Wikipédia, "Football at the 2012 Summer's Olympics - Men's Tournament", article consulté le 12 août 2012.

- Xinhua, "Séoul rejette la démarche de Tokyo d'internationaliser la question des îles disputées", dépêche publiée le 12 août 2012.

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Lundi 2 juillet 2012 1 02 /07 /Juil /2012 01:27

Japonophile, le président sud-coréen Lee Myung-bak (Parti Saenuri, droite) avait inauguré son mandat, le jour même de son investiture le 25 février 2008, par un accord avec le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda. Poursuivant dans cette voie, un accord de défense était en préparation entre les deux pays, malgré le lourd contentieux historique qui les oppose, après la colonisation de la Corée par le Japon militariste de 1910 à 1945. Ce projet militaire, sans précédent entre l'ancien colonisateur nippon et une nation qu'il a colonisée, a cependant été reporté sous la pression de l'opinion publique et de l'opposition. Rien n'indique à ce stade que le Président Lee Myung-bak parvienne à achever son mandat en obtenant l'approbation d'un accord négocié dans la plus grande discrétion.

 

En 1965, la normalisation des relations entre la Corée du Sud et le Japon soulevait une tempête de protestations dans la péninsule coréenne, la population étant choquée de la conclusion d'un accord au terme duquel l'ancien colonisateur ne s'excusait pas pour la brutalité avec laquelle il avait occupé la Corée. Parmi les manifestants, un étudiant, Lee Myung-bak, était emprisonné. Le même, devenu Président de la République en 2008, s'est-il souvenu du risque déjà encouru en 1965 par son prédécesseur, le général Park Chung-hee, dont la fille, Park Geun-hye, s'apprête aujourd'hui à briguer la présidence de la République, au nom de son parti, en décembre prochain ?

 

Quels que soient les motifs du recul du chef de l'Etat, le 29 juin 2012 le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a annoncé le report de la signature de l'accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA) qui était prévue à Tokyo le même jour, moins d'une heure plus tard. Il aurait constitué le premier pacte militaire entre les deux pays depuis la fin de la colonisation japonaise de la Corée en 1945. 

 

Le secret dans lequel le gouvernement sud-coréen avait engagé les négociations en vue de l'accord avait soulevé un tollé de protestations dès que la nouvelle avait été rendue publique. En effet, le Japon ne s'est toujours pas excusé pour l'occupation de la Corée. Il n'a pas mis une sourdine à ses revendications sur les îles Dokdo (contrôlées par les garde-côtes japonais), ni même assoupli ses positions révisionnistes sur les manuels scolaires.

 

L'opposition a été à l'avant-garde de la demande d'information du Parlement préalablement à la ratification de tout l'accord. Le GSOMIA était censé procéder à des échanges d'informations militaires et de renseignement sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Ce motif officiel suscite toutefois des interrogations, puisque l'armée et les services secrets sud-coréens n'ont guère d'informations à recevoir en la matière du Japon, qui doit compter sur les Etats-Unis qui partagent eux-mêmes avec la Corée du Sud les données dont ils disposent. La Corée du Nord apparaît ainsi plus comme un prétexte au rapprochement militaire nippo - sud-coréen, alors que la droite au pouvoir à Séoul regroupe historiquement les partisans d'une alliance avec le Japon.

 

Lee Hae-chan, président du Parti démocrate unifié (PDU, principale formation d'opposition, centre-gauche), a déclaré, lors d’une réunion à l’Assemblée nationale avec le chef du cabinet présidentiel Ha Kum-loul (photo ci-dessous) : "Il s’agit d’un sujet pour lequel le Premier ministre devrait assumer ses responsabilités, et si le président ne le démet pas de ses fonctions, le Parlement n’a pas d’autre choix que de demander un vote de non-confiance", ajoutant qu'il y avait selon lui un problème de principe à "reconnaître les Forces d’autodéfense japonaises en tant qu'armée et conclure un traité (avec elles) qui leur permet d'avoir accès aux (renseignements militaires)". C'est le Parti Saenuri au pouvoir qui est intervenu pour demander un examen préalable par le Parlement.

 

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Le Premier ministre a présenté ses excuses à l'opinion publique. Tout en reconnaissant un non-respect des procédures, Ha Kum-loul a fait état de contacts pris préalablement avec les groupes parlementaires, sans en préciser la portée, pour réfuter la critique selon laquelle les négociations auraient été conduites en secret. De fait, alors que le Parti Saenuri dispose d'une majorité parlementaire étroite depuis les élections législatives d'avril, il n'est pas certain que la ratification de l'accord militaire avec le Japon eût recueilli le soutien d'une majorité de députés. La proximité de l'élection présidentielle de décembre incite également à la prudence sur un sujet extrêmement sensible, de nature à faire perdre ce scrutin à la droite de Mme Park Geun-hye.

 

Sources : Radio Chine Internationale, Yonhap (dont photo).

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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 00:28

L'exemple français a manifestement fait école : le 14 avril 2011, un premier lot de 75 manuscrits (sur un total de 297), pillés par la France en 1866, arrivaient en Corée du Sud, dans le cadre d'un accord de restitution sous forme d'un prêt renouvelable de cinq ans. En effet, le 6 décembre 2011, 1 205 livres royaux anciens, pillés par le Japon pendant la colonisation de la Corée par l'empire nippon (1910-1945), sont arrivés par avion à l'aéroport de Séoul-Incheon. Ce résultat est le fruit, notamment, de la mobilisation depuis 2006 des bouddhistes de toute la péninsule coréenne.

 

Les 1 205 ouvrages sont arrivés ce mardi 6 décembre 2011 par deux vols Korean Air (KE 702 et KE 704), avant d'être transportés ensuite vers un des musées de Séoul : la restitution de ces précieux livres royaux de la Corée de la dynastie Choseon (1392-1910) s'inscrit dans une démarche de Tokyo pour améliorer ses relations avec la Corée du Sud, mises à mal par la résurgence, notamment, de la question du révisionnisme historique dans les manuels scolaires nippons.

 

restitution japon 1200 ouvrages coreens Choseon

 

Une cérémonie a été organisée lors du retour sur le sol coréen, en présence du premier vice-ministre des Affaires étrangères Park Suk-hwa et de l'ambassadeur du Japon à Séoul, Masatoshi Muto.

 

Ces textes, dont des protocoles royaux Uigwe qui décrivent les rites et les cérémonies à la cour royale coréenne de la dynastie Choseon (1392-1910), étaient jusqu'alors conservés par l'Agence de la famille impériale japonaise. Ils ont été restitués suite à un accord intervenu entre Tokyo et Séoul en novembre 2010.

 

Si l'AAFC se félicite de cette restitution, elle ne résout pas pour autant l'ensemble des contentieux historiques entre Japonais et Coréens suite à la brutale colonisation japonaise de la Corée, comme en témoignent notamment les revendications de Tokyo sur les îles Dokdo ou l'absence de toute indemnisation, à ce jour, de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour les lourds dommages causés pendant l'occupation et la guerre.

 

Le 8 décembre 2011, le Comité central de la Fédération bouddhiste de Corée (du Nord, FBC), l'Association nationale des fidèles de la FBC, le Mouvement (sud-)coréen pour la restitution des trésors nationaux et le Conseil de l'Ordre Jogye de Corée du Sud ont publié une déclaration conjointe Nord-Sud des bouddhistes coréens. Ils se sont félicités que les efforts conjoints menés, depuis 2006, par les bouddhistes de toute la péninsule coréenne aient conduit à la restitution des ouvrages pillés il y a 80 ans. Ils ont annoncé travailler à la tenue d'un séminaire intercoréen sur le retour de ces livres royaux.

 

Sources principales : agences KCNA (dépêche du 8 décembre 2011) et Yonhap (dont photo).

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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 21:37

Le 31 octobre 2001, des médias locaux sud-coréens ont annoncé que Séoul chercherait à organiser, en novembre, une rencontre tripartite avec Pékin et Tokyo sur le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). La rencontre pourrait se tenir au niveau des ministres des Affaires étrangères, en marge d'une réunion internationale - par exemple dans le cadre de la prochaine réunion du forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) en Russie, ou à l'occasion du sommet de l'ASEAN en Indonésie. Mais Tokyo n'en reste pas moins le grand absent des Etats parties aux pourparlers à six, à l'heure où se multiplient les rencontres bilatérales entre les Six.

 

Discussions bilatérales entre Washington et Pyongyang d'une part, Pyongyang et Séoul d'autre part ; visite du vice-Premier ministre chinois Li Keqiang dans les deux capitales coréennes ; avancées dans la coopération ferroviaire entre la Russie et la RPD de Corée à l'occasion d'un voyage d'essai entre Rajin et Khasan, tandis que Moscou se repositionne sur la scène diplomatique en Asie du Nord-Est après le sommet à Oulan-Oude en août entre le président russe Dmitri Medvedev et le dirigeant de la RPD de Corée Kim Jong-il... Une intense activité diplomatique se déploie autour de la péninsule coréenne dans l'éventuelle perspective d'une reprise des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, que Pyongyang appelle de ses voeux. Seul le Japon reste largement à l'écart de ces négociations bilatérales ou trilatérales.

 

Yukio_Hatoyama_-VOA_Photo-.jpgPourtant, après l'alternance politique d'août 2009 qui a porté au pouvoir l'opposition démocrate, le changement semblait augurer d'une volonté du Japon de revenir sur la scène diplomatique. Ce dernier aurait pu reconnaître plus ouvertement les erreurs de l'impérialisme nippon - lequel reste le principal obstacle à une pleine insertion de Tokyo sur la scène internationale. Mais l'instabilité politique accrue après la démission du Premier ministre Yukio Hatoyama, qui n'a pas tenu ses promesses, n'a pas créé les conditions nécessaires à une approche moins frileuse de la diplomatie japonaise. Dans ce contexte, l'anticoréanisme viscéral de nombreux Japonais, qui se focalise aujourd'hui sur la RPD de Corée, est agité par des gouvernements faibles pour tenter de se refaire une virginité auprès de l'électorat d'extrême-droite.

 

Mais pour exister sur la scène diplomatique en Asie du Nord-Est, Tokyo doit prendre des initiatives : à cet égard, renouer le dialogue avec Pyongyang est probablement la meilleure carte que puisse jouer le Japon, pour ne pas être pris de court dans une accélération de l'histoire qui verrait, demain, une réconciliation entre les Etats-Unis et leurs ennemis d'aujourd'hui. Les diplomates nippons ne doivent pas oublier le "choc Nixon" : lorsque, au début des années 1970, Washington s'était spectaculairement rapproché de Pékin sous l'impulsion du président américain, Tokyo n'avait pas eu d'autre choix que de s'engager à son tour, et à marche forcée, dans des négociations bilatérales avec la République populaire de Chine, au risque sinon d'être enfermé dans un face-à-face avec Taïwan. Le Japon s'était alors vu imposer son calendrier diplomatique, et le même phénomène pourrait se reproduire demain avec Pyongyang.

 

Location-of-Liancourt-rocks-en-copie-1.pngCertes, le Japon est encore meurtri, frappé par les conséquences du terrible séisme et du tsunami qui ont touché l'archipel en mars de cette année. Mais alors que Tokyo aurait pu tendre la main à Pyongyang, qui a offert des secours d'urgence, tout comme Séoul, le gouvernement japonais s'est replié dans un isolationnisme dont il fait aujourd'hui les frais. Faute de règlement par le Japon de ses contentieux territoriaux avec la Russie sur les îles Kouriles, Moscou se tourne vers la péninsule coréenne pour établir un partenariat économique eurasiatique privilégié. Quand les Chinois cherchent à relancer les pourparlers à six, ils discutent d'abord avec les Etats-Unis et les deux Corée. Enfin, les Etats-Unis tendent de plus en plus à considérer Séoul comme leur allié privilégié en Asie de l'Est, non seulement dans le règlement de la question nucléaire mais aussi sur le plan économique, avec la douloureuse négociation de l'accord de libre-échange entre les deux pays. Enfin, l'intransigeance de Tokyo sur la souveraineté des îles Dokdo a même conduit à un rapprochement entre Séoul et Pyongyang sur la question de ces îlots coréens.

 

Si le Japon reste à l'écart des négociations avec la RPD de Corée, il ne sera jamais en mesure de régler les contentieux qui lui tiennent à coeur - comme le dossier de ses citoyens portés disparus au Nord de la Corée. Mais il faudra que Tokyo accepte aussi de revoir les droits et libertés des citoyens nord-coréens qui résident en permanence dans l'archipel depuis la colonisation japonaise de la Corée. Il faudra que le Japon reconsidère des questions historiques lourdes comme celle des "femmes de réconfort" coréennes, obligées de se prostituer pour les soldats nippons. Il faudra enfin que Tokyo accepte de verser une indemnisation à Pyongyang pour les dommages liés à la colonisation et à la guerre, comme il l'a fait vis-à-vis de la Corée du Sud en 1965 lors de la normalisation des relations entre les deux pays.

 

Toutefois, des canaux de dialogue sont préservés entre Pyongyang et Tokyo. Il s'agit notamment d'actions de coopération, comme à l'occasion de la récente visite en RPD de Corée d'une équipe de médecins japonais pour examiner les victimes nord-coréennes de Hiroshima et Nagasaki. Des échanges se maintiennent aussi au niveau parlementaire. Toutefois, des avancées réelles exigent une plus grande vision politique des gouvernants japonais au plus haut niveau, comme l'avait notamment montré le Premier ministre (conservateur) japonais Junichiro Koizumi. Ce dernier, lors de son premier sommet avec le président Kim Jong-il en RPD de Corée, avait signé le 17 septembre 2002 la déclaration de Pyongyang, pierre angulaire d'une possible réconciliation entre les deux pays.

 

junichiro_koizumi_kim_jong_il.jpg

 

Sources : AAFC, Xinhua.

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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 00:07

Le 11 octobre 2011, une équipe de médecins japonais est arrivée en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) pour examiner les victimes des bombardements nucléaires américains de Hiroshima et Nagasaki. Il s'agit d'une coopération médicale exceptionnelle entre le Japon et la Corée du Nord, alors que les relations entre les deux pays restent très dégradées, même après l'accession au pouvoir à Tokyo d'une nouvelle majorité formée autour du Parti démocrate (centriste).

 

800px-Atomic_bombing_of_Japan.jpgLe Japon reste, à ce jour, le seul pays victime d'une attaque nucléaire, ayant été frappé par les bombardements américains de Hiroshima (à gauche) et Nagasaki (à droite) en 1945. Mais les bombes A n'ont pas seulement causé des victimes parmi les populations japonaises : de nombreuses victimes sont aussi des Coréens qui vivaient alors dans l'archipel nippon, pendant l'occupation japonaise de la Corée (1910-1945).

 

Du 11 au 15 octobre 2011, une équipe de médecins japonais est en visite en RPD de Corée pour examiner les victimes coréennes des bombardements nucléaires en 1945, et qui vivaient alors au Japon. L'arrivée des médecins a été couverte par le bureau à Pyongyang de l'agence américaine Associated Press, première agence occidentale à avoir établi un bureau d'information permanent en Corée du Nord.

 

Sumiteru_Taniguchi_back.jpgCette coopération dans le domaine médicale répond à une demande ancienne des associations de victimes de la RPD de Corée, qui estiment que plus de 40.000 Coréens ont péri dans les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, tandis que 30.000 autres Coréens ont souffert des radiations nucléaires, étant notamment brûlés (à droite, photo du dos d'une victime japonaise, Sumiteru Taniguchi, en janvier 1946). Parmi eux, 2.000 ont été rapatriés en RPD de Corée, essentiellement après 1959, et 380 étaient vivants en 2008.

 

En 2002, les autorités nippones avaient accepté d'aider les victimes des attaques nucléaires vivant en RPD de Corée, mais à condition qu'elles présentent des certificats qui ne sont délivrés qu'au Japon. Le refroidissement des relations entre le Japon et la RPD de Corée a depuis pratiquement interrompu les échanges de personnes entre les deux pays.

 

La visite des médecins japonais représente une avancée pour la reconnaissance des droits des victimes de Hiroshima et Nagasaki en RPD de Corée, dont les associations demandent des excuses et une compensation par le gouvernement japonais.

 

Se félicitant de la visite des médecins japonais en RPD de Corée, l'AAFC estime que les victimes des bombes A en 1945  interpellent  chacune et chacun d'entre nous pour faire disparaître les armes nucléaires de la surface de la planète. Tel est le sens de notre engagement pour un traité de paix dans une péninsule coréenne sans armes nucléaires et sans troupes étrangères.

 

Sources : Official wire / AP. Images wikipédia.

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Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 12:24

Alors que trois députés japonais du Parti libéral-démocrate ont été interdits d'entrée en Corée du Sud pour un voyage visant à réaffirmer les revendications territoriales nippones sur les îles Dok (Dokdo), la protestation a été unamime dans toute la péninsule coréenne. Les Nord-Coréens ont vivement dénoncé la provocation des parlementaires japonais, appelant à former un front uni et faisant ainsi passer l'intérêt national au-dessus des divergences idéologiques et politiques. 

 

Location-of-Liancourt-rocks-en-copie-1.pngInhabitées, les îles Dok (Dokdo ; en japonais, Takeshima ; nom international, rochers de Liancourt), dont la superficie est de 0,18 km2, représentent un enjeu important dans les relations coréano - japonaises. Au plan économique, pour la délimitation des zones économiques exclusives et les droits sur la pêche en mer, les Dokdo sont ainsi placées depuis 1954 sous le contrôle des garde-côtes sud-coréens. Mais elles constituent plus encore un enjeu politique : ce n'est qu'en 1905 que Tokyo prend le contrôle des îles, qui ont ainsi été le premier territoire coréen à être annexé par le Japon à l'aube de la brutale colonisation du Pays du matin calme (1910-1945), et les Coréens rappellent que tant la déclaration de Potsdam du 26 juin 1945 que les directives du Commandement Suprême Allié du 29 janvier 1946 ont explicitement exclu les Dokdo du territoire japonais. Mais Tokyo se fonde sur leur absence de mention dans le traité de paix de 1951 pour appuyer sa revendication territoriale.

 

Au printemps 2008, les instructions gouvernementales japonaises pour les manuels scolaires présentant les Dokdo comme faisant partie du territoire nippon avaient déjà généré une crise entre Séoul et Tokyo, entraînant le rappel de l'ambassadeur sud-coréen en poste à Tokyo. L'arrivée au pouvoir d'une majorité démocrate à Tokyo n'a pas calmé les ardeurs nationalistes : au printemps 2011, le gouvernement japonais a donné son feu vert à l'édition de manuels scolaires soutenant les revendications territoriales japonaises sur les Dokdo et le rapport diplomatique annuel pour 2011 a également appuyé une telle position, ce qui n'était plus arrivé depuis 2007. Ce tournant droitier des démocrates se nourrit de la pression de l'extrême-droite japonaise, qui a réclamé l'instauration d'une journée dédiée aux îlots contestés et exprimé des positions aussi radicales que le refus de l'aide coréenne aux victimes du récent séisme.

 

Le 16 juin 2011, un A380 de la Korean Air a survolé les Dokdo, entraînant des réactions de protestation au Japon et des appels au boycott de la compagnie sud-coréenne.

 

Dans ce contexte, le déplacement de trois députés nationalistes japonais du Parti libéral-démocrate apparaît comme l'ultime provocation ayant soulevé une levée de boucliers en Corée, majorité et opposition confondues. Le 1er août 2011, une interdiction d'entrée sur le territoire sud-coréen a été opposée à Yoshitaka Shindo, Tomomi Inada et Masahisa Sato, tous membres du Parti libéral-démocrate (droite, opposition), à leur arrivée à l'aéroport international de Gimpo. Leur objectif était de gagner Ulleung, située à environ 90 kilomètres à l’ouest des Dokdo, dans la mer de l’Est, pour réaffirmer la souveraineté japonaise sur les Dokdo. Le gouvernement coréen a invoqué des dispositions de la législation sur l'immigration, permettant d'interdire l'entrée de personnes susceptibles de nuire aux intérêts du pays ou à la sécurité publique.

 

Non seulement la classe politique sud-coréenne, mais aussi le gouvernement nord-coréen ont vivement dénoncé les revendications japonaises sur les Dokdo, suivant une position constante de Pyongyang.

 

En février 2011, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée avait rappelé l'ancienneté des mentions des Dokdo par les historiens coréens comme d'une partie du territoire national, en accusant également Tokyo de vouloir utiliser ses revendications sur les Dokdo en tant que base arrière pour agresser la RPDC.

 

Réagissant au projet des députés nationalistes japonais, dans un article publié le 20 juillet dernier, le site nord-coréen Uriminzokkiri a désigné ces derniers comme un "groupe sans scrupule" et appelé tous les Coréens à former une force unie contre les revendications territoriales japonaises. Dénonçant une provocation des députés nippons, Uriminzokkiri a rappelé que les Dokdo étaient un trésor du peuple coréen transmis de génération en génération, en déclarant : "Nous sommes déterminés à venger 1.000 fois notre peuple pour les gestes réactionnaires du Japon qui, loin de s'excuser pour et compenser les malheurs incommensurables et les peines infligées à notre peuple, n'a comme objectif que de nous prendre notre terre".

 

Toujours selon le site nord-coréen, "le peuple entier doit s'unir pour détruire résolument le projet de capturer les Dokdo, afin que les réactionnaires japonais ne mettent jamais la main sur notre terre. C'est l'exigence de notre génération et l'appel du peuple". 

 

Face aux revendications japonaises sur les Dokdo, cette position commune des deux Corée en tant que nation, transcendant les clivages politiques, a été réaffirmée au même moment lors du 18ème forum régional de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN), qui s'est tenu à Bali en Indonésie - où a eu lieu par ailleurs une rencontre entre les négociateurs des deux Corée sur la dénucléarisation de la péninsule, en marge du forum.

 

Sources : Korea Times, Uriminzokkiri, Xinhua, Les Yeux du Monde, Yonhap (dépêches du 20 juillet et du 1er août 2011).

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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 23:01

Le 24 mars 2011, l'agence officielle KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a annoncé une aide totale de 600 000 dollars aux victimes du séisme et du tsunami au Japon : d'une part, le dirigeant Kim Jong-il a envoyé une aide de 500.000 dollars aux résidents coréens dans l'archipel nippon, qui abrite une communauté de 700 000 Coréens dont un tiers ont la nationalité nord-coréenne ; d'une part, le comité central de la Croix-Rouge de RPDC a annoncé une aide de 100.000 dollars.

 

chongryon.jpgAprès le très grave séisme puis le tsunami qui ont endeuillé le Japon le 11 mars dernier, tous les Coréens ont exprimé leur solidarité avec les victimes, la Corée du Sud décidant de l'envoi d'une équipe de secours de 102 personnes.

 

Les autorités nord-coréennes ont également décidé de l'envoi d'une aide, dont une part importante est destinée aux résidents coréens au Japon : quelque 200.000 habitants du Japon ont la nationalité nord-coréenne, et même si aucun bilan n'a été établi concernant la communauté coréenne qui réside en permanence dans l'archipel nippon, celle-ci a sans doute aussi à déplorer des victimes. Il existe une longue tradition de soutien mutuel entre la RPD de Corée et l'Association générale des Coréens résidant au Japon (Chongryon).

 

Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, l'aide aux Coréens du Japon - d'un montant de 500.000 dollars - a été envoyée par le dirigeant Kim Jong-il, secrétaire général du Parti du travail de Corée, président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC - témoignant d'une attention personnelle pour ses compatriotes vivant au Japon.

 

Par ailleurs, le comité central de la Croix-Rouge de RPDC a envoyé 100.000 dollars à la Croix-Rouge japonaise, en renouvelant son message de sympathie pour les victimes du séisme et leurs familles. L'aide totale de la RPDC atteint ainsi 600.000 dollars.

 

Sources :

- AAFC

- "Kim Jong Il Sends Relief Fund to Koreans in Japan", KCNA, 24 mars 2011

- "Relief Fund to Quake-hit Japan from DPRK", KCNA, 24 mars 2011

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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 23:18

Alors que le séisme au Japon apparaît comme la plus grave épreuve à laquelle est confronté l'archipel nippon depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Coréens - qu'ils soient du Nord, du Sud ou de la diaspora - ont exprimé leur solidarité avec leurs voisins japonais, quels que puissent être les différends historiques entre les peuples japonais et coréen. L'Association d'amitié franco-coréenne adresse également ses condoléances aux familles des victimes, en souhaitant que tout soit mis en oeuvre pour retrouver au plus vite les personnes disparues, et en exprimant sa confiance dans la capacité du peuple japonais à reconstruire son pays.

 

Seisme-Japon.jpgLe Japon n'en finit pas de pleurer ses morts et de panser ses plaies, après le séisme d'une magnitude de 9,0 survenu le 11 mars 2011 au large des côtes nord-est de l'île de Honshu, suivi de nombreuses répliques et ayant aussi provoqué un tsunami . Il s'agit du plus important séisme jamais enregistré dans l'histoire du pays, qui a également entraîné des accidents dans plusieurs centrales nucléaires, faisant peser le risque d'une catastrophe nucléaire. Selon un bilan provisoire établi le 13 mars, alors que les recherches des personnes disparues se poursuivent, le séisme pourrait causer au final au moins 10 000 morts .

 

Les messages de solidarité et de sympathie ont afflué du monde entier, et notamment de la péninsule coréenne voisine qui n'apparaissait pas menacée, du moins dans l'immédiat, par le séisme et ses répliques, ni par la propagation des radiations des centrales où ont eu lieu les accidents nucléaires. Par ailleurs, près de 700 000 Coréens, résidents permanents dans l'archipel nippon, ont été directement exposés au tremblement de terre. Economiquement, la Corée du Sud - un des principaux partenaires du Japon - est directement affectée, alors que les effets seront très limités pour la Corée du Nord, dont les échanges avec le Japon ont été sévèrement restreints par le gouvernement nippon depuis 2006.

 

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Vue d'hélicoptère du port de Sendai


En République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), les médias ont immédiatement montré en images l'ampleur de la catastrophe, tout en rendant compte des estimations des  pertes humaines et matérielles ainsi que des accidents nucléaires. Le 14 mars, Jang Jae-on, président de la Croix-Rouge nord-coréenne, a envoyé un message de solidarité à son homologue japonais Konoe Tadateru : "Apprenant la triste nouvelle que le nord-est de votre pays avait été frappé par un tremblement de terre et un tsunami sans précédent qui a entraîné des pertes gigantesques et des dégâts matériels, je vous exprime ma profonde sympathie et mes condoléances et, à travers vous, aux victimes et à leurs familles de la part de la Société de la Croix-Rouge de RPDC. J'espère que la vie quotidienne des victimes reviendra à la normale dès que possible grâce aux efforts positifs de votre société."  

 

secouristes_sud_coreens_seisme_japon.jpg

En Corée du Sud, une équipe de secours de 102 personnes (dont 100 sapeurs-pompiers) est partie le 14 mars pour la région de Sendai, plaçant la Corée du Sud au premier rang des pays ayant réagi le plus vite et avec les moyens les plus importants. L'Assemblée nationale a réuni trois de ses commissions le lundi 14 mars pour discuter des mesures à prendre, tandis que la présidence de la République a également organisé une réunion d'urgence sur la sûreté nucléaire. Suite au tremblement de terre, la mort d'un résident sud-coréen a été confirmée dans la préfecture d'Ibaraki le 14 mars, tandis que 50 résidents sud-coréens à Fukushima étaient portés disparus.

 

L'Association d'amitié franco-coréenne exprime sa solidarité avec le peuple japonais, en présentant ses condoléances aux familles des victimes, confiante dans la capacité du Japon à faire face à ce défi sans précédent depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. 

 

Sources :

- AAFC

- "Damage by Quake and Tsunami Expands in Japan", KCNA, 14 mars 2011

- "Message of Sympathy to President of Japan Red Cross Society", KCNA, 14 mars 2011

- "Séisme au Japon : Séoul dépêche une équipe de secours vers Yamagata", Yonhap, 14 mars 2011

 

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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 22:59

En août 2009, l'arrivée au pouvoir à Tokyo du Parti démocrate du Japon (PDJ, centriste) semblait ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre le Japon, d'une part, la Chine et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), d'autre part. L'archipel nippon n'avait-il pas recherché des solutions régionales coordonnées avec la Chine et la Corée du Sud pour résoudre la crise financière, et le nouveau Premier ministre n'avait-il pas plaidé pour améliorer les relations avec Pyongyang ? Las, les révélations du site WikiLeaks révèlent qu'il s'agissait d'une tactique de diversion pour, en secret, poursuivre la mise en place d'un service de renseignement dirigé essentiellement contre les deux ennemis principaux que sont la Chine et la RPDC.

 

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A la veille du succès de son parti aux élections générales d'août 2009 qui devait entraîner sa désignation comme Premier ministre, Yukio Hatoyama avait déclaré à l'agence Kyodo "Avec une administration dirigée par le Parti démocrate du Japon, nous avons besoin d'avoir un nouveau départ (dans les discussions bilatérales pour un nouvel accord) basé sur l'esprit de la Déclaration de Pyongyang", signée en 2002 lors de la visite en RPDC du Premier ministre  japonais  Jun'ichirō Koizumi, et qui prévoyait - déjà - la normalisation des relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord).

 

Le rapprochement militaire nippo - sud-coréen, allié à un soutien sans faille de Tokyo à Séoul lors de la montée des tensions intercoréennes en 2010, aurait pu faire croire que le contexte international était à l'origine du maintien à Tokyo d'une ligne diplomatique dure vis-à-vis de la RPDC. En fait, comme le révèlent les télégrammes diplomatiques américains rendus publics grâce à WikiLeaks, la Corée du Nord a servi de prétexte pour une remilitarisation du Japon, indépendamment du second essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009, suivant une ligne poursuivie et approfondie par l'administration démocrate japonaise.

 

C'est en effet dès 2008 que le gouvernement japonais a décidé de mettre en place un service de renseignement extérieur, inspiré du modèle des grands frères anglo-saxons, la CIA américaine et le MI6 britannique. Selon le quotidien australien Sydney Morning Herald, Hideshi Mitani, directeur général du Bureau de recherche et de renseignement du gouvernement (CIRO) aurait fait état de volonté de constituer une "capacité humaine de collecte de renseignements" lors d'un entretien avec Randall Fort,  alors chef du service de renseignement du département d'Etat américain. Selon le télégramme américain rendant compte de cette entrevue, "Il a été décidé d'avancer très lentement car les Japonais ont conscience qu'ils manquent de connaissances, d'expérience et d'agents (...) Un programme de formation pour le nouveau personnel commencera bientôt".

 

Les hommes d'affaires et les sociétés japonaises à l'étranger étaient cités comme leviers pour constituer cette capacité de renseignement humain, visant trois cibles nommément désignées : la Chine, la Corée du Nord et le "terrorisme", révélant toute l'ambiguïté du positionnement du gouvernement japonais, dirigé par les démocrates depuis plus d'un an et demi, dans leurs relations avec la République populaire de Chine et la République populaire démocratique de Corée.

 

Sources : AAFC ; "Le Japon veut se doter d'un service de renseignement extérieur selon WikiLeaks" in Le Monde, 21 février 2011

Par Association d'amitié franco-coréenne - Publié dans : Relations Japon-Corée
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