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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 13:11

La rencontre entre le nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak et le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, le jour même de l'investiture de Lee le 25 février 2008 à Séoul, ouvre la voie à un renforcement des relations bilatérales entre le Japon et la République de Corée (Corée du Sud), malgré les contentieux historiques, politiques et économiques entre les deux pays.

Dès son élection le 19 décembre 2007, le nouveau président sud-coréen Lee Myung-bak avait manifesté sa volonté de resserrer les liens entre la République de Corée et les Etats-Unis, d'une part, et le Japon, d'autre part.

L'accord avec le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, le 25 février 2008, seulement quelques heures après l'investiture du président Lee, conforte sa volonté de rapprochement avec le Japon :


- des rencontres régulières sont prévues entre les deux dirigeants de l'exécutif, conformément à un accord de 2004 qui était resté lettre morte: le président Lee doit se rendre au Japon en avril, tandis que Yasuo Fukuda visiterait la Corée du Sud au second semestre de l'année 2008;

- dans le domaine économique, la levée des barrières tarifaires entre les deux pays doit renforcer leurs échanges économiques, alors que les modalités d'ouverture des marchés agricoles avaient bloqué les négociations, fin 2004, en vue d'un accord de libre-échange;


- au plan stratégique, le Japon et la Corée du Sud partagent certes l'objectif d'un abandon par la Corée du Nord de son programme nucléaire militaire, mais ils ont jusqu'ici adopté des positions divergentes dans les discussions multilatérales à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie) pour résoudre cette question : parmi les cinq Etats négociant avec la Corée du Nord, le Japon a eu l'attitude la plus intransigeante vis-à-vis de Pyongyang.


undefinedEnfin, un important contentieux territorial demeure : situées en mer de l'Est, les îles Dokdo (nom international : rochers de Liancourt), inhabitées mais contrôlées de fait par les gardes-côtes sud-coréens, sont revendiquées par le Japon qui les appelle Takeshima.

Les différends entre Sud-Coréens et Japonais trouvent largement leur origine dans la colonisation japonaise de la Corée, entre 1910 et 1945 : la politique d'assimilation des Coréens par les Japonais (jusqu'à l'interdiction des noms coréens), et la prostitution des "femmes de réconfort" sud-coréennes par les soldats japonais pendant la Seconde guerre mondiale, ont conduit les Coréens à exiger des excuses du gouvernement japonais.

Après la capitulation japonaise en 1945, il faudra attendre vingt ans pour que le traité du 22 juin 1965 normalise les relations entre le Japon et la Corée du Sud, malgré les vives protestations de l'opinion publique coréenne... dont celle de Lee Myung-bak, alors étudiant, emprisonné plusieurs mois pour avoir manifesté contre l'accord de 1965.


Le traité de 1965 prévoyait le versement non pas de réparations de guerre, mais d’une assistance japonaise au développement de la Corée d'un montant de trois cents millions de dollars, auxquels s’ajoutaient cinq cents millions de dollars de prêts bancaires.

Rue commerçante à Pyongyang, pendant l'occupation japonaise de la Corée


L'accord du 25 février 2008 témoigne à nouveau de la priorité des dirigeants sud-coréens au développement des relations économiques avec le Japon, en mettant au second plan les sujets politiques. Lee Myung-bak a précisé qu'il se concentrerait sur l'avenir des relations nippo-sud-coréennes et ne demanderait pas de nouvelles excuses au Japon pour la colonisation de la Corée.

Symboliquement, cet accord est intervenu le jour de l'investiture du nouveau chef d'Etat sud-coréen. La levée des barrières douanières est par ailleurs conforme aux orientations économiques libérales du président Lee, malgré les vives protestations des paysans sud-coréens contre l'ouverture du marchés agricole à la concurrence internationale.  

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations Japon-Corée
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Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)