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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 10:39

Alors que les révélations suite au dramatique naufrage du ferry Sewol ont mis en évidence les liens entre certains milieux culturels français et l'évangéliste Yoo Byeong-eon, connu sous son nom de photographe Ahae, il existe d'authentiques artistes coréens contemporains, qui auraient mérité mille fois davantage d'être mis en lumière par les institutions publiques françaises. Portraits croisés d'un artiste reconnu, Lee Ufan, actuellement à l'honneur au château de Versailles, et d'un affairiste habile, Ahae, tombé en disgrâce, mais dont les soutiens intéressés n'ont pas quitté le devant le scène artistique parisienne.

Né en République de Corée (du Sud) en 1936, Lee Ufan a été en 1969 l'un des fondateurs, avec Nobuo Sekine, du mouvement artistique Mono-Ha - souvent traduit par "école des choses". L'accent porté sur la pureté des choses existantes à partir du matériau brut, dans une présence physique et sensible, n'est pas sans évoquer le minimalisme - contemporain de Mono-Ha. Mono-Ha a été représenté à la Biennale de Paris en 1971, et a été actif jusqu'au milieu des années 1970.

Peintre, Lee Ufan a ensuite mis en lumière la puissance évocatrice des monochromes. En tant que créateur d'installations, il choisit d'abord de s'imprégner du lieu pour - à la manière des architectes - créer un champ de perceptions nouvelles, par un travail approfondi sur le point et la ligne. Comme il l'a déclaré dans un entretien au quotidien Le Monde, "mon propos n'est pas d'installer des objets fabriqués par moi, mais d'inviter à regarder le lieu, le ciel, la nature". Dans les installations de Lee Ufan qui sont aujourd'hui à voir à Versailles (neuf dans le parc, une dans le château), du 17 juin au 2 novembre 2014, la tombe de Le Nôtre, à l'origine de l'aménagement du lieu et de la création du jardin à partir de 1662, ne se découvre qu'à proximité immédiate - en une grosse pierre noire, symbolisant et concentrant le temps. Mais l'oeuvre la plus spectaculaire et la plus emblématique est l'Arche qui, selon l'angle où se situe le spectateur, se fond ou non dans le ciel et absorbe la lumière. Car Lee Ufan n'est pas seulement artiste ou écrivain, comme philosophe, il donne à voir et à comprendre le monde.

Lee Ufan et l'arche installée dans le château de Versailles

Lee Ufan et l'arche installée dans le château de Versailles

Travailler sur la sensation et la perception, c'est aussi ce qu'a voulu faire Yoo Byeong-eon, dans une approche subliminale de Dieu (le pasteur Yoo vend beaucoup de livres) qui n'avait rien de très original, tant sur la forme que sur le principe. Au demeurant, les photos de Ahae ne sont pas le résultat d'une réflexion artistique : il s'agit plutôt des aimables clichés léchés d'un amateur, qui en a profité pour les vendre fort chers et développer des produits dérivés, à sa gloire et à celui de sa petite entreprise. Contre toutes les pratiques établies, Yoo Byeong-eon, malgré son absence de passé artistique, s'était vu catapulter dans des expositions au château de Versailles et au jardin des Tuileries (qui dépend du Louvre), entre autres expositions à New York et à Prague. Lors de la clôture de son exposition le 8 septembre 2013 à l'Orangerie, une fête somptueuse n'a-t-elle pas été l'occasion pour le compositeur Michael Nyman d'interpréter la Symphonie n° 6 "Ahae" ? Car l'homme a un épais carnet de chèques : n'a-t-il pas versé 1,1 million d'euros au Louvre ? Et n'est-il pas un des mécènes de Versailles ?

Après une demande d'asile politique en France, rejetée, Yoo Byeong-eon est traqué par la police sud-coréenne pour son implication dans le naufrage du ferry Sewol et des accusations de détournements de fonds : 50.000 policiers sont aux trousses de l'homme, introuvable, que l'on dit protégé par les membres de l'église qu'il dirige et qui compterait 20.000 adeptes. Sa fille, Yoo Somena, a été interpelée le 27 mai 2014 à Paris.

Au-delà de l'affaire Yoo Byeong-eon, des questions se posent sur le choix des artistes, d'une part, et le financement de la culture en France d'autre part : ne relève-t-il pas de la charte éthique du musée du Louvre de refuser les dons d'origine douteuse ? Si la Philharmonie de Paris a annulé les événements organisés autour de Ahae à l'occasion des années croisées France-Corée (2015-2016), le commissaire de l'année culturelle France-Corée est Henri Loyrette, ancien président du Louvre, qui a couvert de louanges Ahae, rejoint par Catherine Pégard, présidente de l'établissement public du château de Versailles. 

Il est temps de tirer toutes les conséquences de ce naufrage culturel et que les responsables impliqués rendent compte. C'est le sens de l'appel lancé par des Coréens en France dans une lettre ouverte à Mme Aurélie Filipetti, ministre de la culture, reproduite sur le site Louvre pour Tous - qui a été le premier à dénoncer, dans notre pays, l'imposture artistique qu'est Ahae.

Sources :

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 08:21

Au risque de décevoir les tintinophiles, le Migouk (qui peut aussi être orthographié Miguk) n'a rien à voir avec le Yéti - ou Migou. "Migouk" est le nom sous lequel les Coréens désignent les Etats-Unis depuis le 19ème siècle.  Retour sur l'origine du mot.

A la fin du XVIIIème siècle, le catholicisme tente de s'introduire en Extrême-Orient. Les lettrés confucéens orthodoxes, qui dominaient alors culturellement le royaume de Corée (Choson), s'opposèrent à cette influence. Ils lui assimilèrent les expéditions conduites par les puissances impérialistes européennes et américaine pour forcer la Corée à s'ouvrir au commerce extérieur, voire coloniser la péninsule, tout en pillant au passage certains trésors du pays - et qu'ils tentaient de justifier notamment par la condamnation à mort de prêtres catholiques entrées illégalement et secrètement en Corée.

Les Etats-Unis ne furent pas inactifs sur ce terrain. En 1853, une canonnière américaine, l'USS South America, resta dix jours à Pusan. Un des incidents le plus connu est celui du General Sherman, en 1866, du nom d'un navire de la compagnie commerciale britannique Meadows and Co., et qui - contrairement à l'expédition de 1853 - se solda par la mort de l'équipage, tué par les habitants de Pyongyang - dont le grand-père paternel du Président Kim Il-sung, Kim Un-u, selon l'historiographie nord-coréenne. Ce dénouement servit de prétexte à l'expédition américaine en Corée en 1871, qui conduisit à la mort de 300 Coréens. En 1882, le royaume de Choson dut signer un traité commercial avec les Etats-Unis.

La Corée, qui avait choisi une politique diplomatique isolationniste, se tourna vers la puissance suzeraine chinoise pour savoir qui étaient les nouveaux venus en Extrême-Orient. Les Chinois désignèrent les Américains comme venant du pays nommé "America" qui, par transformations phonétiques successives et l'utilisation du mot "guk" (pays ou Etat en coréen), devint - et demeura - "Miguk".

Timbre édité en 1964 en RPD de Corée, commémorant l'attaque du "General Sherman" (1866)

Timbre édité en 1964 en RPD de Corée, commémorant l'attaque du "General Sherman" (1866)

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 22:51

Le 28 mai 2014, Ahn Dae-hee a présenté sa démission comme Premier ministre six jours seulement après avoir été choisi par la présidente sud-coréenne Mme Park Geun-hye, avant même son audition par le Parlement. Ce retrait est la conséquence de l'aveu implicite de l'impétrant qu'il avait perpétué la détestable tradition sud-coréenne du jeongwanyewu, un système de collusion des hauts magistrats auquel la Présidente Park avait promis de s'attaquer.

Le Premier ministre qui n'était resté que six jours en fonctions

Le jeongwanyewu est un terme coréen - qui peut être traduit par "traitement honorable des prédécesseurs" - désignant la corruption sous forme de collusion entre les anciens juges et leurs collègues toujours en fonctions : les premiers deviennent avocats et usent de leurs réseaux d'influence auprès des seconds.

Le Premier ministre Ah Dae-hee avait été choisi il y a six jours par la présidente sud-coréenne pour insuffler de nouvelles pratiques après ce qu'avait révélé comme dysfonctionnements le dramatique naufrage du ferry Sewol.

Mais avant même son audition par les parlementaires Ahn Dae-hee a remis sa démission, suite aux soupçons pesant sur cet ancien juge à la Cour suprême qu'il avait perpétué la pratique inacceptable du jeongwanyewu. Ahn Dae-hee n'a d'ailleurs pas démenti ces mises en cause, en déclarant qu'il était "désolé d'avoir déçu le peuple avec le jeongwaenyewu et d'autres suspicions".


Ahn Dae-hee aurait touché 1,6 milliard de won (soit 1,56 million d'euros) moins de six mois après avoir ouvert son cabinet d'avocats, en juillet 2013, en tirant notamment profité du jeongwanyewu - ce qui avait soulevé un tollé de protestations de l'Alliance de la nouvelle politique pour la démocratie (ANPD, principal parti d'opposition, centriste). Ahn Dae-hee avait tenté de désamorcer les critiques en annonçant qu'il ferait don de 1,1 milliard de won à des oeuvres caritatives. Après son retrait, l'ex-Premier ministre n'avait pas précisé s'il maintiendrait sa promesse.

Ce dernier épisode reflétant la corruption au sein de l'élite administrative et politique sud-coréenne est un nouveau coup dur pour la Présidente Mme Park Geun-hye, à la veille d'élections locales - le 4 juin prochain - qui se présentent sous un jour défavorable après qu'elle eut été mise en cause pour la gestion catastrophique du naufrage du Sewol : en effet, le scandale Ahn Dae-hee - alors que le Premier ministre avait une réputation d'intégrité - éclaire à nouveau l'oubli à ce jour des promesses de campagne de la candidate, qu'il s'agissait de la sécurité des personnes - en l'espèce, pour le transport de voyageurs - ou de la lutte contre la corruption.

Le même jour, la faiblesse du réseau de services publics a été révélée par un incendie à l'hôpital Hyosarang, dans le comté de Jangseong, qui a causé la mort d'au moins 21 personnes. N'est-il pas temps pour la Corée du Sud de tourner enfin le dos à une déréglementation libérale qui n'a tué que trop de victimes innocentes ? N'est-il pas temps d'insuffler des principes de justice et d'équité dans une société gangrénée par la corruption et le clientélisme, qui ont partie liée avec l'insuffisance des services publics, comme en a témoigné le naufrage du Sewol ?

Sources :

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:55

Le 20 mai 2014, un message de condoléances a été adressé par les autorités de la République de Corée (du Sud) à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) après le dramatique effondrement d'un immeuble en construction dans le quartier de Pyongchon, à Pyongyang. Il est d'usage que les autorités coréennes compatissent sur les catastrophes survenues dans l'autre partie de la péninsule - comme ce fut dernièrement le cas après le catastrophique naufrage du ferry sud-coréen Sewol - voire apportent des secours - comme en 1984 après les inondations en Corée du Sud qui avaient conduit la Corée du Nord à envoyer une aide d'urgence aux populations sud-coréennes, ou plus récemment par la Corée du Sud, à plusieurs reprises, après les inondations et sécheresses à répétition qui ont touché la RPD de Corée depuis les années 1990.

Rassemblement à Pyongyang : excuses publiques des officiels nord-coréens après l'effondrement d'un immeuble dans le quartier de Pyongchon

Rassemblement à Pyongyang : excuses publiques des officiels nord-coréens après l'effondrement d'un immeuble dans le quartier de Pyongchon

Le message de condoléances des autorités sud-coréennes est passé, suivant l'usage entre les deux Corée pour les questions humanitaires, par le canal des Croix-Rouges. Le ministère de la Réunification, à Séoul, a exprimé ses "profondes condoléances", dans un contexte qui a été marqué par l'escalade des tensions verbales entre les deux Corée - à l'issue d'un drame qui a laissé des centaines de Coréens privés de leurs familles et de leurs proches dans un profond désarroi que l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) partage pleinement, suite à un drame qui n'aurait jamais dû se produire : des défauts dans la construction et la sécurité du site ont été lourdement mis en cause.

Des responsables nord-coréens ont présenté publiquement leurs excuses pour cette faute "impardonnable", suivant une dépêche de l'agence nord-coréenne KCNA qui faisait la une des médias nationaux le 18 mai 2014.

Le ministre de la sécurité populaire, Choe Pu-il, a déclaré endosser la responsabilité de la catastrophe, lors d'une rencontre avec les familles des victimes. Sonu Hyong-chol, officier général des Forces de sécurité intérieure de la Corée populaire, Cha Hui-rim, président du Comité populaire de la ville de Pyongyang, et Ri Yong-sik, secrétaire en chef du Comité de Pyongchon du Parti du travail de Corée (PTC), ont également apporté des excuses publiques, dont le contenu a aussi été détaillé par l'agence KCNA. 

Sources :

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 08:35

Le 18 mai 2014, l'agence KCNA de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a rendu compte de l'effondrement d'un immeuble en construction à Pyongyang, dans le district de Pyongchon, entraînant un nombre à ce jour inconnu de victimes. Alors que les opérations de secours ont d'ores et déjà pris fin et que les autorités nord-coréennes ont présenté publiquement leurs excuses, l'Association d'amitié franco-coréenne (AAFC) présente ses condoléances aux familles des victimes. Elle appelle également à ce que toute la lumière soit faite sur les causes et les responsabilités de cet accident.

Catastrophique effondrement d'un immeuble en Corée du Nord

"La construction de l'immeuble a été incorrecte et les autorités de supervision et de contrôle ont agi de manière irresponsable" : le message de l'agence de presse nord-coréenne KCNA a rendu compte sans ambiguïté de l'origine de l'effondrement catastrophique d'un immeuble dans le district de Pyongchon, à Pyongyang. 

Selon des informations provenant également de sources occidentales (comme l'agence AP, qui a un bureau à Pyongyang), les habitants avaient déjà emmenagé dans l'immeuble de 23 étages, qui n'était pas encore totalement terminé. Le nombre de victimes pourrait donc être élevé parmi les quelque 92 familles (à raison de 4 familles par étage), soit environ 360 personnes (en comptant 4 personnes par famille), qui devaient habiter le nouvel immeuble.

L'AAFC est profondément meurtrie par cette terrible nouvelle, et forme le voeu que des vies pourront encore être sauvées, alors qu'il n'a pas encore été fourni de bilan - après la fin hier des opérations de secours, qui auraient duré plusieurs jours - parmi les personnes blessées.

Ce n'est malheureusement pas la première fois que de tels accidents surviennent, tant dans le Nord que dans le Sud de la Corée (en juin 1995, l'effondrement du grand magasin Sampoong, au Sud, avait causé 502 morts), suite à des vices de construction et à un laxisme des autorités de contrôle, et traduit l'un des effets les plus néfastes de la culture du "palli, palli" (vite, vite, en coréen) : il est inacceptable de mettre en danger des vies humaines sous les prétextes de l'efficacité économique et de l'urgence sociale.

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 08:27

Services_secrets.JPGLa République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est le pays des plus folles rumeurs, souvent alimentées par les services secrets de la République de Corée (Corée du Sud), le NIS (National intelligence service). Ces "intox", servilement relayées par des médias occidentaux en quête de sensationnel et peu scrupuleux de vérifier leurs sources, ont pris une ampleur particulière depuis un an, compte tenu du tournant autoritaire que connaît aujourd'hui la Corée du Sud et de la place éminente qu'y prend le NIS, soucieux de fabriquer des scandales impliquant la Corée du Nord pour faire oublier ses propres turpitudes. Les soi-disant exécutions de membres de l'orchestre nord-coréen Unhasu, dont nous avions démontré l'absence de fiabilité dans un article paru sur ce blog le 31 août 2013, viennent de recevoir un démenti final : une des chanteuses du groupe, prétendument exécutée, vient de réapparaître en public. Un nouveau coup dur pour le NIS qui, comme à son habitude, va certainement tenter de préparer une nouvelle opération d'intoxication ciblant les médias occidentaux.

La prétendue nouvelle était croustillante : un orchestre dissous parce que ses membres auraient tourné des vidéos osées (mais qui aurait été les acheter en Corée du Nord ? et pourquoi les membres de l'orchestre auraient-ils encouru un tel risque s'ils étaient pris, alors qu'ils sont à l'abri du besoin ?), naturellement des joueurs exécutés et, pour pimenter le tout, parmi les victimes, une ancienne relation supposée (et sans le moindre début d'une preuve) avec le dirigeant nord-coréen...

La ficelle des services secrets sud-coréens (NIS) était tellement grosse que des médias occidentaux pris au piège avaient ensuite dénoncé la main maladroite du NIS, après la publication d'une analyse sur le site Internet de l'AAFC, reprise dans une mise à jour de l'édition en ligne du quotidien Le Monde. Mais le coup était lancé, et des millions d'Occidentaux crédules avaient déjà gobé la mise en scène du NIS, quand des dizaines d'autres journalistes ne jugeaient même pas utile de se rectifier... car ils avaient commis une erreur professionnelle en ne vérifiant pas leurs sources, et qu'ils n'avaient aucun intérêt à le mettre en lumière.

Piqué au vif par la tournure inattendue des événements (il n'est pas banal que les désinformations sur la Corée du Nord soient démenties par les médias, même par une partie seulement d'entre eux), le NIS, s'est alors évertué à diffuser auprès de journalistes qui lui sont acquis une vidéo montrant des chanteuses de l'orchestre avec une jupe fendue (!). Difficile pourtant de parler de sextape, dans cette vidéo dont la provenance est invérifiable... Inventer des scandales sexuels est décidément une marque de fabrique des espions, comme l'avait montré chez nous, en France, l'affaire Markovic concoctée avec l'aide d'anciens des services secrets français tenter de briser (en vain) la carrière de Georges Pompidou.

Comme les doutes persistaient, le directeur du NIS, Nam Jae-joon, a martelé dans les médias qu'il y aurait eu des exécutions parmi les anciens musiciens du groupe Unhasu. Il a même témoigné en ce sens devant les députés sud-coréens, en avançant le chiffre de dix exécutions, selon la fuite - évidemment organisée - de son audition parlementaire à huis-clos... Précisons que des parlementaires sud-coréens demandent la démission de Nam Jae-joon, après une lourde ingérence du NIS dans l'élection présidentielle de décembre 2012 et la tentative de suicide d'un de leurs informateurs, ayant mis en cause le NIS et impliqué dans une affaire de falsification de documents officiels chinois pour créer de toutes pièces un faux espion nord-coréen. Par sa position hiérarchique, Nam Jae-joon, dont le prédécesseur a été démis de ses fonctions face à l'ampleur des scandales touchant le NIS, est lui aussi impliqué et mis en cause dans la production des fausses pièces à conviction du pseudo espion nord-coréen.

Le dernier acte de la pièce qu'a voulu écrire le NIS vient d'être joué : la chanteuse de l'orchestre Unhasu
Hyon Song-wol, que le NIS avait tenté de présenter comme intimement liée au dirigeant nord-coréen et que les services sud-coréens avaient donnée pour morte, est réapparue vendredi dernier à la télévision nord-coréenne, en tant qu'oratrice dans un rassemblement. Le mensonge du NIS est maintenant prouvé.

 

Mais les rumeurs continueront aussi longtemps que les journalistes occidentaux accepteront d'être manipulés par le NIS. Plus récemment, il avait été affirmé dans nombre de médias occidentaux que la coupe de cheveux du dirigeant nord-coréen était obligatoire pour tous les jeunes Nord-Coréens (ou les seuls étudiants, on ne sait plus trop...). Naturellement, il aurait suffi de regarder les images qui nous proviennent des médias nord-coréens pour se rendre compte que la rumeur était fausse et qu'il s'agissait d'une nouvelle "intox" fabriquée par le NIS. Car, en 2012, une jeune fille qui s'est ensuite révélée être une informatrice du NIS en France avait déjà essayé de nous convaincre, à l'AAFC, que cette coupe de cheveux faisait fureur dans la communauté nord-coréenne en France - ne suscitant de notre part que des haussements d'épaules et de l'indifférence. Comme nous l'avons compris ensuite à la lecture des articles de presse occidentaux quand l'opération de désinformation a été officiellement lancée, le NIS testait alors sa nouvelle rumeur auprès d'un public intéressé par les questions nord-coréennes, en France et certainement également dans d'autres pays. Ensuite ciblés par le NIS, des journalistes occidentaux n'ont, eux, pas haussé les épaules mais ont mordu à l'hameçon. Dommage.

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 07:46

Selon la dernière version (rendue publique le 13 avril 2014) du catalogue de langues Ethnologue (nom complet anglais Ethnologue, Languages of the World), le coréen serait la 13ème langue la plus parlée dans le monde, avec près de 77,2 millions de locuteurs, se classant juste derrière l'allemand et devant le français. Si les données d'Ethnologue sont en partie anciennes ou discutables, elles confirment que le coréen, qui a un statut de langue nationale et est parlé par d'importantes minorités coréennes dans le monde, constitue bien l'une des principales langues parlées sur la planète.

Carte des langues d'Asie de l'Est, selon le catalogue de langues "Ethnologue"

Carte des langues d'Asie de l'Est, selon le catalogue de langues "Ethnologue"

Le 14 mai 2014, l'Institut national de la langue coréenne, basé au Sud de la péninsule, a annoncé que le coréen était la 13ème langue la plus parlée dans le monde selon le catalogue de langue Ethnologue, en progression de cinq places par rapport à la précédente version d'Ethnologue de 2013, suite notamment à l'actualisation, sur la proposition de l'Institut coréen, des données démographiques pour la République de Corée (du Sud) - 48,4 millions de locuteurs du coréen en 2010 - et la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) - 23,35 millions de locuteurs du coréen en 2008. Auparavant, les données démographiques de la Corée dataient de 1986.

Le coréen compterait ainsi, de par le monde, 77.166.230 locuteurs dont il est la langue maternelle. D'importantes minorités linguistiques coréennes sont également recensées par Ethnologue en Chine (2,71 millions de personnes), aux Etats-Unis (1.048.000 coréanophones), au Japon (905.000 personnes), en Ouzbékistan (174.000), au Canada (143.000), au Kazakhstan (107.000), en Arabie Saoudite (66.000), en Russie (42.400)...

Les langues les plus parlées dans le monde seraient le chinois (1,2 milliard de locuteurs) suivi de l'espagnol (414 millions de personnes), de l'anglais (335 millions), de l'hindi (260 millions) et de l'arabe (237 millions).

Constituant un des principaux recensements publics des langues dans le monde, le catalogue Ethnologue - aujourd'hui largement accessible en ligne - est publié par l'organisation missionnaire évangélique SIL International, qui vise aussi - sinon d'abord - à indiquer le nombre de langues dans laquelle la Bible a été traduite. Il offre également l'intérêt d'apporter les informations nécessaires et utiles pour connaître et préserver les langues menacées de disparition. D'abord basées sur les informations officielles fournies par les Etats, les données du catalogue ont été critiquées pour le manque de mise à jour (l'exemple des données démograhiques pour la Corée, qui jusqu'à récemment dataient de 1986, est très parlant) et, parfois, de fiabilité. On peut ainsi discuter le choix de ne recenser que les langues maternelles et pas les langues d'usage, ce qui entraîne par exemple une minoration du nombre de locuteurs réels du français (sur cette base, on compte 75 millions de francophones seulement dans la dernière édition du catalogue).

S'agissant du coréen, on trouve des données pour l'Allemagne (14.000 personnes), mais pas pour la France, faute manifestement de sources officielles, alors que réside pourtant en France une communauté qui a été estimée, selon des décomptes officieux, jusqu'à 17.000 personnes (mais dont les effectifs auraient pu chuter récemment en-deçà de 15.000). Si le catalogue offre l'intérêt d'apporter des données complémentaires au seul nombre de locuteurs de chaque langue, notamment sur son statut dans les pays où elle est parlée, une partie des données disponibles sont effectivement sujettes à caution. Par exemple, le taux d'alphabétisation indiqué pour la Corée du Sud date manifestement : il est indiqué qu'il s'élèverait à 98 %, alors que la réalité est de l'ordre de 100 % depuis les années 2000 selon les standards internationaux habituellement utilisés. Pour mémoire, le taux d'alphabétisation est estimé à 97 % pour les Coréens de Chine, au-dessus de la moyenne nationale, et à 100 % pour la Corée du Nord, selon les données du recensement le plus récent conduit en 2008, et dont les résultats ont été publiés en 2009 - mais qui n'ont malheureusement pas été repris comme source primaire par Ethnologue, qui donne par exemple une population de la RPDC inférieure de 700.000 personnes à celle de ce recensement, sans que l'on puisse justifier cet écart significatif par la taille des minorités non-coréennes au Nord de la péninsule (leurs effectifs sont évalués en dizaines de milliers de personnes).

Sous ces réserves, les informations d'Ethnologue ont le mérite d'offrir une base consolidée facilement accessible, permettant des comparaisons internationales, pour plus de 7.000 langues dans le monde. S'agissant de la distribution de la diaspora coréenne dans le monde, il peut être intéressant de croiser ces données avec celles des effectifs des Coréens d'outre-mer publiés par le ministère sud-coréen des Affaires étrangères et du commerce extérieur, pour avoir une évaluation - certes grossière, les deux séries de données n'étant pas homogènes - de la proportion de populations coréennes ou d'origine coréenne ayant le coréen comme langue maternelle : très élevée dans le cas de la Chine, qui a mis en place un statut particulier pour les Coréens qui assure entre autres un enseignement en coréen, ou au Japon du fait notamment des écoles coréennes pour l'essentiel gérées par la Chongryon, elle est inférieure à 50 % aux Etats-Unis ou encore, semble-t-il, en Allemagne (14.000 locuteurs du coréen selon le catalogue de langues, 32.000 Coréens en 2005 selon le gouvernement sud-coréen) - où le coréen n'est manifestement plus parlé en général comme langue maternelle par la deuxième génération, née en Europe après 1970. 

Sources :

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 22:57

Le 2 mai 2014, une spectaculaire collision entre deux rames du métro de Séoul, survenue à 15h30 à la station Sangwangsimni sur la ligne 2, a constitué un accident exceptionnel - qui a entraîné des blessures pour 230 personnes, mais heureusement aucun mort. Alors que les témoignages ont montré qu'il n'y avait pas eu d'annonce demandant aux passagers d'évacuer, ce sont ces derniers qui ont forcé les portes pour pouvoir s'échapper. Deux semaines après le dramatique naufrage du ferry "Sewol", ce nouveau dysfonctionnement des dispositifs publics de sécurité sud-coréens a entraîné des perquisitions dans les locaux de la compagnie des métros séoulites.

Collision entre deux rames, sur la ligne 2 du métro de Séoul (source Yonhap)

Collision entre deux rames, sur la ligne 2 du métro de Séoul (source Yonhap)

Selon l'opérateur de métro de Séoul, c'était la première fois qu'une telle collision se produisait entre deux rames sur une ligne de la capitale sud-coréenne - en l'occurrence, la ligne 2, la plus fréquentée du métro séoulite (752 millions de passagers en 2012). Dès l'accident, un défaut du système de contrôle automatique de la distance (ATS) avait été signalé par les autorités de la ville de Séoul comme ayant pu être à l'origine de la collision, qui a causé 230 blessés légers. En effet, le système ATS doit s'enclencher quand deux trains sont distincts de moins de 200 mètres.

 

Dans le cadre de l'enquête sur les causes de l'accident, des perquisitions ont été immédiatement effectuées le 2 mai - puis à nouveau le 6 mai, au siège de la société Seoul Metro, dans une annexe au centre de la capitale, à la salle des machines située dans la station Euljiro sur la ligne 2, ainsi que dans les locaux d’une entreprise privée chargée d’enregistrer des données brutes. L'hypothèse d'un dysfonctionnement du système ATS s'est confirmée après un premier incident le mardi précédent, lorsque Seoul Metro avait procédé à une mise à jour du système de signalisation sur la ligne 2. Un signal d'erreur a été détecté par un employé 14 heures avant l'incident survenu le 2 mai. Dans les deux cas, aucune mesure correctrice n'avait pas été prise - ce qui aurait sans doute permis d'éviter l'accident, dont les conséquences ont heureusement été limitées par le freinage brusque du conducteur d'une des rames, ainsi que par la présence d'esprit des passagers qui se sont dégagés eux-mêmes après l'absence d'annonce, et a fortiori de consigne, de la compagnie.

La déréglementation libérale, opérée par la Corée du Sud sous le mandat du président conservateur Lee Myung-bak (2008-2013) et poursuivie par l'actuelle chef de l'Etat, semble avoir une fois encore entraîné des déficiences réelles en matière de sécurité des transports de voyageurs, quelque deux semaines après le terrible naufrage du ferry "Sewol" - dont la gestion calamiteuse a entraîné une brusque chute de popularité de la présidente Park Geun-hye (retombée en-dessous du seuil de 50 %).

 

Il est désormais urgent d'agir, pour que la Corée du Sud mette fin à une déréglementation aux conséquences meurtrières. Dans tous les pays industrialisés, des contrôles de sécurité visent à prévenir de tels dysfonctionnements, établissent une procédure suite aux signalements d'incidents et organisent les opérations d'urgence en cas de catastrophe. Telles pourraient être les grandes lignes d'un programme de sécurité et de contrôle public des services de transports, que les citoyens et usagers sud-coréens sont en droit d'exiger.

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 09:03

Le 1er mai 2014 les principales confédérations syndicales de l'ensemble de la Corée ont signé une déclaration commune : la Fédération générale des syndicats de Corée (du Nord), la Fédération des syndicats coréens (du Sud, plus connue sous son acronyme anglais : Federation of Korean Trade Unions, KFTU), de sensibilité modérée, opposée à la lutte des classes, et la Confédération coréenne des syndicats (du Sud, acronyme anglais : Korean Confederation of Trade Unions, KCTU), qui a une tradition de luttes. Par ses signataires mêmes, l'initiative est exceptionnelle : elle marque une volonté commune de l'ensemble des organisations syndicales coréennes - du Nord comme du Sud - de parler d'une seule voix sur la réunification, montrant ainsi la vitalité des contacts et des échanges en dehors des canaux intergouvernementaux - à un moment où, précisément, le dialogue entre les gouvernements du Nord et du Sud est à un point bas. Par ailleurs, la KFTU et la KCTU ne prennent des initiatives communes que des sujets jugés de première importance - ce qui incite à examiner de plus près le contenu même de la déclaration commune avec la confédération syndicale du Nord de la péninsule.

Manifestation du 1er mai, à Séoul, en 2009

Manifestation du 1er mai, à Séoul, en 2009

Se situant dans le cadre du dialogue et de la réconciliation fondés sur la déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000, les signataires expriment tout d'abord leurs condoléances pour les victimes du naufrage du ferry Sewol.

Le premier point de la déclaration reprend les principes d'une réunification indépendante de la Corée - réalisée par les seuls Coréens eux-mêmes - en vue de la paix dans la péninsule, en soulignant que les échanges entre les travailleurs du Nord et du Sud s'inscrivent dans cette logique de coopération.

 

Le second point souligne la nécessité de mettre fin aux campagnes mettant en cause l'autre partie. Il se termine par un message pacifiste appelant à cesser les exercices militaires menés conjointement avec des forces étrangères (ce qui vise, sans les nommer toutefois explicitement, les exercices américano - sud-coréens), et à refuser la course aux armements.

 

Le troisième point souligne l'engagement plus général à mettre en oeuvre les déclarations conjointes du 15 juin 2000 et du 4 octobre 2007, en ouvrant ainsi la voie à la paix et à la réunification de la Corée.

 

La tonalité globale de la déclaration conjointe renoue avec la politique "du rayon des soleil", mise en oeuvre par les administrations démocrates au pouvoir en Corée du Sud entre 1998 et 2008. Elle doit ainsi être considérée comme un appel à l'administration de la présidente conservatrice Mme Park Geun-hye à tourner le dos aux politiques intercoréennes conduites par son prédécesseur, et a minima pour accepter les échanges intercoréens entre travailleurs et organisations syndicales du Nord et du Sud (dont il faut rappeler qu'ils sont soumis à une autorisation préalable du Gouvernement sud-coréen).

 

Enfin, la référence à la paix et à la démocratie s'inscrit dans le combat de solidarité internationale du mouvement ouvrier - en première ligne des manifestations contre la guerre et, en Corée du Sud, très impliqué dans le mouvement de démocratisation des années 1980 et 1990 - alors que la KCTU n'était pas encore légalisée.

 

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 13:18

Suite au dramatique naufrage du ferry Sewol (302 morts et disparus, et des chances désormais très faibles de retrouver vivants les disparus), les dirigeants administratifs et politiques sud-coréens - au premier rang desquels la présidente Park Geun-hye - ont fui leurs responsabilités en chargeant l'équipage du navire, effectivement coupable de graves erreurs, mais sans s'interroger sur les conséquences des choix politiques opérés : la dérégulation mise en œuvre par les administrations Lee Myung-bak et Park Geun-hye a non seulement permis à des compagnies douteuses, comme l'entreprise Chonghaejin qui était propriétaire du ferry, de sacrifier la sécurité des passagers sur l'autel des profits des actionnaires, mais a aussi conduit à une désorganisation des services de secours au nom d'une croyance toute libérale dans la supériorité du modèle des agences. Alors que le Premier ministre Chung Hong-won a présenté sa démission le 27 avril 2014 pour, selon ses mots, "avoir mal géré un tas de problèmes, des mesures préventives avant l'accident jusqu'aux réponses initiales et mesures de suivi du Gouvernement après l'accident", l'heure est à revoir la gestion des crises, ce qui relève de la responsabilité directe de la chef de l'Etat - qui a déclaré qu'elle accepterait la démission du Premier ministre quand les opérations de sauvetage auront été achevées et qu'auront été "gérées" (sic) les "conséquences de l'accident". Mais c'était Mme Park Geun-hye qui s'était faite élire sur la promesse de faire de la sécurité de ses concitoyens l'une de ses priorités, et pas le Premier ministre Chung Hon-won.

Chung Hong-won

Chung Hong-won

"La société coréenne s'est uniquement focalisée sur le développement rapide, considérant les règles de sécurité comme des entraves". Ce constat lacunaire et sans appel, au lendemain de la gestion catastrophique du drame du ferry Sewol, n'est pas celui d'une officine d'opposition, mais du très conservateur quotidien sud-coréen Chosun Ilbo. De fait, les observateurs sont unanimes : ayant fait le choix de la déréglementation libérale, la Corée du Sud est devenue incapable de gérer de façon optimale des catastrophes majeures, et "le pays est aujourd'hui en tête du classement des pays de l'OCDE en termes de décès par accident", comme l'a observé le journaliste du Monde Philippe Mesmer.

 

S'il existe bien en Corée du Sud des règles de sécurité maritime, les manquements ne sont pas sanctionnés, ce qui équivaut à une absence de règles pour les entreprises. Sous ce régime réglementaire ultralibéral, le ferry Sewol est un cas d'école : surcharge du navire, absence d'exercices de sécurité, statut précaire du capitaine du navire (68 ans) et d'une dizaine de membres d'équipage - qui ont donné des consignes de sécurité contraires à celles qu'aurait commandé la bonne gestion de l'accident... Tous les membres d'équipage ont, depuis la catastrophe, été mis en examen.

 

Alors que dans tous les pays du monde, l'Etat au plus haut niveau est le premier sollicité en cas de catastrophe majeure touchant à la sécurité des citoyens, le chef de la sécurité nationale de la présidence sud-coréenne, Kim Jang-soo, et son porte-parole, Min Kyung-wook, ont répondu que leur service "n'était pas une tour de contrôle pour les réponses aux désastres". Comme l'a observé le quotidien d'opposition Hankyoreh, ils n'ont même pas reconnu le problème que posait en soi l'absence de "tour de contrôle" - en étant d'abord soucieux de "sauver leur peau" (et accessoirement, celle de la Présidente) en cherchant à évacuer la question de leur responsabilité.

 

Le drame du Sewol vient de loin. Car il existait, sous l'administration Roh Moo-hyun (2003-2008), un Conseil de sécurité nationale chargé des réponses en cas de crise. Le Président Lee Myung-bak avait choisi, suivi en cela par l'actuelle chef de l'Etat Mme Park Geun-hye, de confier ces missions à un ensemble d'agences qui se sont ensuite renvoyées la responsabilité d'une mauvaise gestion de la récente catastrophe - tout en obéissant scrupuleusement aux consignes du Gouvernement, qui a cherché à accréditer l'idée (par médias conservateurs et/ou à capitaux publics interposés) que tout était mis en oeuvre pour sauver les victimes. Pour sa part, ne s'impliquant pas directement elle-même, la Présidente Mme Park semblait ailleurs qu'à suivre, heure par heure, l'une des pires tragédies maritimes de l'histoire récente de la Corée, cherchant à blâmer les responsables de la compagnie propriétaire du ferry, certes eux-mêmes impliqués dans des affaires douteuses. Mais l'existence même de telles sociétés, bénéficiant de protections au plus haut niveau de l'Etat, n'est-elle pas le symbolisme de la faillite du modèle capitaliste sud-coréen - marqué par des catastrophes en série, depuis le naufrage - déjà - d'un ferry (le Seohae) le 10 octobre 1993 (292 morts), l'effondrement du grand magasin Sampoong le 29 juin 1995 (502 morts), suite au non-respect des normes de construction, et l'incendie du métro de Daegu le 18 février 2003 (198 morts) ? 

 

Face aux défaillances des pouvoirs publics, ce sont des plongeurs volontaires - et pas les gardes-côtes ou des marins professionnels - qui ont récupéré les premiers corps. L'armée, qui dispose de moyens qui lui sont propres, n'a pas engagé le Tongyeong, son principal navire de sauvetage en mer, livré en 2012 et qui aura coûté la bagatelle de 110 millions d'euros. Ce sont ces erreurs multiples qui ont conduit le Premier ministre à la démission, mais n'est-il pas temps de remettre en place un authentique service public de secours et une réglementation de la sécurité maritime digne de ce nom ?

 

Sources :

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