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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 11:21

Le samedi 15 août 2009, le ministère de la santé sud-coréen a annoncé le premier décès dû à la grippe A (H1N1) dans le pays, témoignant de la progression de la pandémie dans la partie sud de la péninsule, où 2.032 cas ont été recensés.

Trois mois et demi après le premier cas avéré de grippe A (H1N1) en Corée du Sud (ci-contre, image microscopique du virus), le ministère sud-coréen de la santé a annoncé, ce samedi 15 août 2009, le premier décès dû à la maladie : la victime est un homme de 56 ans, atteint d'une pneumonie aiguë et de septicémie, après avoir été infecté par le virus lors d'un voyage en Thaïlande.

Parmi les 2.032 cas de grippe A (H1N1) recensés en Corée du Sud, la plupart des patients ont guéri.

Le Japon vient également d'annoncer le premier décès lié à la maladie, dans la préfecture d'Okinawa, alors que 5.000 cas ont été confirmés dans l'archipel nippon.

Source principale :
AP.

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 10:25

Le ginseng (Panax ginseng C.A. Meyer), dont le plus réputé est cultivé en Corée, est une plante dont la racine est renommée pour ses qualités pharmaceutiques. L'Association d'amitié franco-coréenne a interrogé Benjamin Lointier, de la société ginseng-rouge, pour mieux en connaître les propriétés et son utilisation par l'homme.

Bonjour Mr Lointier. Vous êtes administrateur du site
www.ginseng-rouge.fr. Pouvez-vous d'abord nous dire quelques mots de cette plante d'Asie du Nord-Est, et surtout de sa racine, cultivée plus particulièrement en Corée ?

Depuis des temps immémoriaux, les Médecines  Traditionnelles Orientales préconisent une extraordinaire racine pour traiter de nombreuses affections et assurer de santé et  vitalité. Cette racine est celle d’une plante rare portant le nom de Ginseng.

Le ginseng est une plante herbacée et vivace de la famille des « araliacées ». On la trouve dans les vallées montagneuses  humides, aux confins de la Chine du Nord, de la Mandchourie et de la Corée.

C’est la racine du ginseng  qui est consommée, car elle concentre les principes actifs et bénéfiques de la plante. Ces principes actifs portent le nom de « ginsenosides ». Leur taux est d’autant plus important que la plante est âgée et proche de la variété sauvage.

En Europe, les bénéfices de Santé et Vitalité du ginseng ne furent connus que très tardivement à partir du XVIIIe siècle. Seul avant cette date, Marco Polo, dans son célèbre « Livre des Merveilles », fut  le premier à citer le ginseng utilisé en Chine à la cour de l’Empereur.

Ce fut seulement en 1843 qu’un savant botaniste allemand, Carl Anton Meyer donna au ginseng son nom latin dans la nomenclature de Linné : « Panax Ginseng C.A. Meyer ».

Pourquoi le ginseng rouge de Corée ? Car il existe aussi un ginseng blanc...

Il existe différentes qualités de Ginseng : des plus médiocres aux rarissimes ginseng sauvages. Le ginseng sauvage a pratiquement disparu de Chine et de Corée suite à une cueillette forcenée.

Les quelques et rares racines sauvages se négocient de gré à gré, tant en Chine qu’en Corée. Seuls des millionnaires peuvent acquérir le vénéré « san-man » coréen dont le prix peut monter jusqu’à 450 000 dollars la racine  !

Le meilleur compromis entre prix et efficacité est la variété « semi-sauvage ». Son mode de culture est biologique et totalement respectueux de l’environnement. Ainsi la variété semi-sauvage du ginseng préserve l’essentiel des qualités du ginseng sauvage contrairement à certains ginsengs cultivés à force d’engrais chimiques.

Le ginseng est disponible sous forme de ginseng blanc ou de ginseng rouge mais ce dernier rouge est plus apprécié que le premier. Il y a 3 raisons à cela alors que le ginseng rouge est un ginseng blanc ayant subi un traitement spécial de fumaison.

1) En effet, il faut savoir que le ginseng blanc, même séché, est sujet à l’attaque de  maladies parasitaires qui peuvent complètement le dénaturer.

2) Par contre, du fait de son passage obligé en étuve, avant la fumaison traditionnelle, le ginseng rouge est inaltérable !

3) En plus, pour ce traitement en Ginseng rouge, ce sont les plus belles et les plus anciennes racines de ginseng qui sont sélectionnées.

Il faut savoir que le mode de présentation traditionnel du ginseng rouge est :

- soit tranché en fines lamelles pour préparation d’infusions. Il faut savoir que sous cette forme le ginseng nécessite de longues heures de préparation.

- soit sous forme d’Extrait Concentré directement Bio-assimilable. Cette forme présente l’avantage d’être au moins 2 fois plus dosée en ginsenosides que le meilleur des ginsengs en infusion.

Parlez-nous des vertus thérapeutiques du ginseng. Pour notre part, au cours de son voyage en Corée de septembre 2008, la délégation de l'AAFC a eu la chance de visiter l'Académie de médecine koryote, à Pyongyang, qui utilise le ginseng dans le traitement des patients.
 

Le Panax ginseng est un exceptionnel  remède  préconisé pour aider à combattre  de nombreuses affections. Le mot panax en latin signifie remède universel. De là, le mot français « panacée » qui peut caractériser le ginseng.

Ainsi le ginseng est surtout réputé comme remède naturel pour aider à soigner les affections liées à l’âge : pertes de  mémoire et états séniles, baisse de la sexualité chez l’homme et la femme, troubles de la ménopause, virilité défaillante et troubles de l’érection chez l’homme âgé.

Depuis de nombreux scientifiques, japonais, américains, russes, chinois et coréens, ont cherché avec des moyens modernes à élucider les extraordinaires secrets de Santé, de Longévité et de Vitalité du ginseng.

Ils ont mené de nombreuses études cliniques sur le ginseng. Il a ainsi été démontré que le ginseng est un tonique général et un tonique du métabolisme.

Mais c’est en même temps un sédatif hypoglycémiant agissant sur le péricarde, sans aucun effet secondaire, un reminéralisant et un produit à forte action sur le cervelet.

Plusieurs effets bénéfiques du ginseng ont été avérés :

- Son premier effet est de lutter efficacement contre le froid, et les environnements hostiles et agressifs générateurs de fatigue et de stress.

- Il agit aussi positivement sur la circulation sanguine en diminuant la tension et le taux de triglycérides et le cholestérol.

-  
Il influe sur l’anémie en favorisant la production des globules rouges.

-  
Il opère une action hypoglycémiante, protectrice du foie.

- Il stimule les hormones sexuelles chez les sujets âgés.

- C’est un régulateur des troubles de la ménopause.

-  
Il règle les problèmes d’érection de l’homme vieillissant.

- Il excite positivement le cortex cérébral et combat les troubles et les problèmes de mémoire survenant avec l’âge et le temps.

Comment en êtes vous arrivé à vous intéresser au ginseng ?

Les effets des  principes actifs du ginseng ont rendu cette racine célèbre dans le monde entier, ce qui a  évidemment entrainé une demande très importante.

Il en résulte aujourd’hui une production beaucoup plus importante avec les inconvénients que cela comporte notamment une culture intensive qui a pour conséquence de dénaturer les bénéfices naturels du de la racine de ginseng.

On trouve donc aujourd'hui des produits de qualité très insuffisante à bas prix à côté d'excellents produits qui sont minoritaires sur le marché.

Devant ce constat, nous voulons aider à la réflexion nécessaire, en apportant les connaissances indispensables pour être à même de reconnaître un produit  à base de racine de ginseng de qualité et réellement bénéfique pour la santé.

Vous revendez des extraits de ginseng en France. Pouvez-vous nous dire quelques mots de votre société ?

Notre souhait est de promouvoir les solutions de santé écologiques que nous ont léguées les Médecines Traditionnelles et Alternatives. C’est le cas du ginseng.

On sait que génération après génération les hommes  ont observé la nature pour bénéficier des remèdes que leur environnement immédiat leur procurait.

Or la nature, de par son évolution, a produit des millions de molécules différentes. Même si seule une faible proportion de ces millions de molécules naturelles a des effets bénéfiques de santé, cela représente quand même pour l’homme des centaines de traitements actifs différents.

Nous voulons aussi accentuer l’intérêt croissant pour les médecines douces et naturelles en mettant en valeur les traitements de santé traditionnels des peuples du monde entier.

C’est en même temps l’occasion de soutenir  équitablement ces peuples  en leur permettant la diffusion mondiale du produit de leurs cueillettes et de leurs cultures, respectueuses de l’environnement.

En résumé, notre action a pour but de sauvegarder et de promouvoir la biodiversité thérapeutique, plus particulièrement en matière de remèdes alternatifs et naturels, tout en offrant des perspectives d’avenir durable aux populations des régions les moins favorisées de notre planète.

Merci, Benjamin Lointier.

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 10:16

Les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sont l'un des sujets donnant lieu aux positions les plus tranchées sur la Corée du Nord. Pour l'immense majorité des médias occidentaux, la cause serait entendue : la situation des droits de l'homme en Corée du Nord serait l'une des pires au monde, comme en attesterait la présence de dizaines de milliers de Nord-Coréens en Chine. Pour leur part, les autorités nord-coréennes, nonobstant la garantie de droits sociaux (éducation et santé gratuites, taux d'alphabétisation de 99 %), soulignent l'instrumentalisation, selon elles, des droits de l'homme comme un instrument politique utilisé par ses advsersaires à des fins de déstabilisation. Sans prétendre épuiser l'ensemble des débats sur ce sujet, nous reproduisons ci-après quelques observations d'un universitaire néo-zélandais, Tim Beal, qui a effectué de nombreux voyages tant au Nord qu'au Sud de la péninsule.

Dans les relations internationales, la question des droits de l'homme n'est jamais soulevée de manière fortuite : comme le rappelle Tim Beal, "elle a été utilisée, après l'événement, pour justifier l'invasion de l'Irak quand la ligne des armes de destruction massive n'était plus soutenable, mais elle s'est avérée avoir été utilisée de manière frauduleuse. Par exemple, Tony Blair a dû admettre que sa déclaration que "400.000 corps avaient été retrouvés" n'était pas vraie, et que seulement 5.000 corps avaient été sortis de terre. (...) Saddam Hussein pouvait être responsable des 5.000 corps, mais Tony Blair était responsable du mensonge".

S'agissant de la Corée du Nord, Tim Beal souligne d'abord que les pressions économiques, politiques et militaires ont contribué aux privations subies par la RPDC - soumise au plus vieil embargo au monde, et toujours formellement en état de guerre depuis 1953 - pour observer que "les Etats-Unis plus qu'aucun autre acteur peuvent entraîner une amélioration de la situation. Néanmoins, il y a un danger sérieux que les vraies préoccupations de l'opinion sur les droits de l'homme, et plus particulièrement sur les réfugiés, soient utilisées par ceux au pouvoir à Washington pour faire pression pour un "changement de régime" et conduise à une dégradation de la situation, tant au Nord qu'au Sud, et peut-être à la dévastation de la péninsule".

Exemples précis à l'appui, le professeur Tim Beal montre que la situation des droits de l'homme en Corée du Nord est moins sûre et plus compliquée qu'on ne le pense généralement, en appelant à prendre en compte les motivations des pays étrangers lorsqu'ils dénoncent Pyongyang sur ce terrain, en examinant avec attention la fiabilité des sources utilisées.

S'agissant de la peine de mort et des exécutions publiques, celle de Yu Tae-jun, un défecteur retourné en Corée du Nord chercher sa femme a fait l'objet d'articles de presse, notamment sur le site Asian Times online le 22 mars 2001, et à pas moins de dix reprises dans le journal conservateur sud-coréen Chosun Ilbo... avant que le mort ne ressuscite, en donnant des conférences de presse à la fois au Nord et au Sud de la péninsule - notamment au quotidien sud-coréen Korea Times le 15 février 2002. Revenu au Sud où il s'attendait à être traité en héros, Yu Tae-jun devait d'ailleurs être condamné par la justice sud-coréenne à six mois de prison pour avoir violé la loi de sécurité nationale en se rendant au Nord.

Sur la question des condamnations à mort, Tim Beal estime qu'il est probable que la Corée du Nord se situe dans le haut de ce classement macabre - à l'instar de pays comme Singapour (officiellement au premier rang mondial pour le nombre de condamnés à mort, compte tenu de sa population) et les Etats-Unis - mais appelle à la plus grande prudence sur les statistiques circulant ici ou là, la Corée du Nord ne publiant aucune donnée. Il note d'ailleurs que l'ONG Amnesty International ne s'aventure pas à donner un chiffre précis des condamnations à mort en Corée du Nord.

Une analyse sereine doit dépassionner la question des droits de l'homme en Corée du Nord, en partant d'analyses factuelles et de comparaisons internationales crédibles : à cet égard, les prisons nord-coréennes appelées camps en Occident sont des zones de relégation, pas seulement pour une personne mais pour toute sa famille, recouvrant toute une gamme de situations. Tim Beal observe que le chiffre couramment avancé de 150.000 à 200.000 personnes donne un taux d'emprisonnement, rapporté à la population, comparable à celui des Etats-Unis. S'agissant des camps les plus durs, il fait sienne l'observation de l'universitaire australien Gavan MacCormack, spécialiste de la Corée du Nord : alors qu'un prisonnier d'opinion au Sud, Suh Sung, a décrit les duretés de son emprisonnement dans Unbroken Spirits : Nineteen Years in South Korea's Gulag dans des termes très semblables à ceux utilisés par Kang Chol-hwan dans les Aquariums de Pyongyang pour décrire sa vie dans un camp au Nord, pourquoi ne pas avoir confronté ces deux témoignages ? Il est d'ailleurs intéressant de noter que les Aquariums de Pyongyang sont devenus un des best-sellers des livres sur la Corée du Nord en France, quand le témoignage de Suh Sung, pourtant contemporain de celui de Kang Chol-hwan, est largement ignoré dans notre pays.

Un deuxième exemple donné par Tim Beal concerne les expérimentations chimiques sur les prisonniers en Corée du Nord, qui a fait l'objet d'un reportage d'Olenka Frenkiel diffusé sur la BBC le 1er février 2004, intitulé Access to Evil. Ont été utilisés le témoignage de Kwon Hyok, ancien chef de sécurité d'un camp de prisonniers (le "camp 22") ayant fait défection en Chine, et une documentation (la "lettre de transfert") autorisant les expérimentations humaines, remise à un militant des droits de l'homme, Kim Sang-hun. Mais les services secrets sud-coréens reconnurent ce témoignage majeur comme un faux, tandis que Kwon Hyok avait pris du galon dans un article d'Anthony Barnett publié dans the Observer, en devenant un attaché militaire de la RPD de Corée à Pékin... C'est dans ce contexte que la Coalition des citoyens pour les droits de l'homme des enlevés et des réfugiés nord-coréens tint une conférence de presse, le 12 février 2004, pour donner une nouvelle provenance de la lettre de transfert : Kang Byong-sop, ingénieur d'une usine de vinalon suspectée par les Etats-Unis de fabriquer des armes chimiques. Pourtant, le même Kang Byong-sop donnait une conférence de presse à Pyongyang, le 31 mars 2004, où il révélait que son fils, Kang Song-hak, qui avait fait défection au Sud sept ans plus tôt, lui avait demandé de soutenir l'hypothèse d'expérimentations humaines dans le complexe de vinalon du 8 Février, où il travaillait, ces documents pouvant lui assurer une forte somme d'argent des organisations sud-coréennes de défense des droits de l'homme.

La situation des droits de l'homme en Corée du Nord est-elle un sujet pour lequel aucune étude sérieuse n'est possible ? Non, comme l'observe Tim Beal, mais à condition de procéder à un travail d'enquête minutieux qui doit également inclure les droits économiques et sociaux, reconnus comme des droits humains à part entière par les Nations-Unies. A cet égard, les difficultés alimentaires des Nord-Coréens constituent une priorité, donnant lieu à une analyse détaillée par le professeur Tim Beal non seulement de l'aide alimentaire, mais aussi de la production agricole et des programmes de coopération menés dans les domaines bilatéral et multilatéral.

Source : Tim Beal, "The Human Rights Record : Complexities, Causes, Solutions", in Tim Beal, North Korea. The Struggle against American Power, Pluto Press, Londres, 2005.

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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 15:41

Le 11 juillet est la Journée mondiale de la population organisée par le Fonds des Nations-Unies pour la Population, consacrée cette année à l'éducation des filles (cf. affiches ci-dessous). Dans ce cadre, l'Office national des statistiques de la République de Corée (du Sud) a remis aux organismes compétents des Nations-Unies ses prévisions démographiques à l'horizon 2050. En l'absence de redressement du taux de natalité, la Corée du Sud devrait voir sa population diminuer de plus de 6 millions de personnes d'ici 2050, tandis que l'âge médian de la population atteindrait 56,7 ans.

Les perspectives démographique de la Corée du Sud sont sombres : les effets conjugués d'un indice synthétique de fécondité parmi les plus bas au monde (1,19 enfant par femme, ne permettant pas le renouvellement des générations) et d'un allongement de l'espérance de vie confrontent le pays à la double perspective du vieillissement et de la dépopulation.

Les perspectives à l'horizon 2050, publiées le 10 juillet 2009 par l'Office national sud-coréen des statistiques à la veille de la Journée de la population mondiale, donnent un état des lieux précis des risques auxquels est confrontée la Corée du Sud, en l'absence de changement dans les comportements démographiques et sociaux :

- la population totale du pays commencerait à diminuer à partir de 2018, pour atteindre en 2050 42,34 millions d'habitants, soit une baisse de 6,41 millions de personnes par rapport au 1er juillet 2009 ; la part de la Corée du Sud dans la population mondiale tomberait de 0,71 % à 0,46 % ;

- la part des personnes âgées de plus de 65 ans (soit 10 % actuellement) s'élèverait à 40 % en 2050, tandis que la proportion des personnes de plus de 80 ans augmenterait de 1,9 % à 14,5 % ;

- l'âge médian de la population atteindrait 56,7 ans en 2050 : en d'autres termes, plus de la moitié des Sud-Coréens seraient âgés de plus de 56,7 ans à cette date.

La baisse envisagée de la population entre 2009 et 2050 (- 13,2 %) serait la quatrième plus importante parmi les pays industrialisés de l'OCDE, après le Japon (- 20,1 %), la Pologne (- 15,9 %) et l'Allemagne (-14,2 %).

Une économie comportant une part aussi importante de personnes âgées est difficilement soutenable, sauf à sacrifier encore davantage un système de retraites déjà parmi les moins généreux de ceux des Etats membres de l'OCDE.

L'exemple de la France (aujourd'hui un des pays les plus dynamiques démographiquement de l'Union européenne, après avoir été l'un de ceux om la natalité était la plus faible) montre toutefois qu'il n'est pas de situation irréversible, à condition que le gouvernement sud-coréen s'engage dans une politique nataliste de soutien aux familles, tout en réformant un des systèmes éducatifs les plus coûteux et les plus inégalitaires au monde. Un autre levier consisterait à lever le tabou de l'intégration des étrangers, en leur garantissant de nouveaux droits sociaux et politiques. Enfin, la réunification de la Corée apporterait également une réponse au problème démographique, alors que la population coréenne au Nord de la péninsule est plus jeune et plus dynamique :

- en
Corée du Nord, en 2009, l'indice synthétique de fécondité (ISF) s'élèverait à 1,96 enfant par femme ; l'âge médian de la population est de 33,5 ans ; la part des moins de 15 ans s'élève à 21,3 % de la population totale (plus de 65 ans : 9,4 %) ; le taux de croissance annuel de la population est estimé à 0,42 % ;

- en
Corée du Sud, en 2009, l'ISF est estimé à 1,21 enfant par femme ; l'âge médian de la population est de 37,3 ans ; la part des moins de 15 ans s'élève à 16,8 % de la population totale (plus de 65 ans : 10,8 %) ; le taux de croissance démographique annuel est estimé à 0,27 %.

Sources : AAFC,
Dong-a Ilbo, CIA - The World Fact Book

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 23:42

La consommation de kimchi, plat traditionnel coréen à base de piments et de légumes fermentés (le plus souvent du chou chinois), prémunirait-elle contre la grippe aviaire ? Si les preuves scientifiques sont loin d'être établies, des chercheurs de l'Université Nationale de Séoul ont obtenu des résultats favorables sur un échantillon de poulets atteints de la maladie...

Le kimchi, symbole par excellence de la cuisine coréenne, était déjà réputé pour, dit-on, prévenir l'apparition du cancer du côlon... puis l'épidémie de grippe aviaire a relancé le débat sur ses vertus thérapeutiques supposées. Il y a six ans, sa consommation avait déjà augmenté, non seulement en Corée mais aussi dans d'autres pays d'Asie, pour se prémunir de la maladie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), contre laquelle prémunirait le kimchi. 

Si les preuves scientifiques d'une corrélation entre la consommation de kimchi et la prévention de la grippe aviaire restent à établir, des chercheurs de l'Université Nationale de Séoul ont observé que 11 poulets (sur un échantillon de 13 oiseaux), nourris par un extrait à base de kimchi, avaient commencé à guérir de la maladie à l'issue d'un délai d'une semaine... sans toutefois pouvoir établir de manière claire le lien entre ce mode d'alimentation et l'amélioration de l'état de santé des poulets.

Selon le professeur Kang Sa-ouk, "nous avons découvert que les poulets guérissaient de la grippe aviaire, de la maladie de Newcastle et de la bronchite. Le taux de mortalité des oiseaux avait diminué, ils étaient plus vifs et leur selle devenait normale".

Bien que les qualités médicales du kimchi semblent plus relever d'une croyance populaire que du domaine scientifique, ces heureux résultats ne peuvent que contribuer à développer davantage le marché du kimchi, et à faire encore mieux connaître ce mets traditionnel du pays du Matin calme.

Source : David Chazan, BBCNews.

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 10:14

Le premier cas avéré de grippe nord-américaine (dite "grippe porcine") en Corée du Sud a été confirmé le samedi 2 mai 2009, indiquant que le continent asiatique est touché à son tour.

Un homme de 51 ans de retour du Mexique, hospitalisé depuis le 30 avril, est le premier cas avéré de la grippe nord-américaine (dite "grippe porcine") en Corée du Sud. L'information a été donnée samedi 2 mai 2009 par le Centre coréen de prévention et de contrôle des maladies. Les autorités gouvernementales ont réagi en annulant des vols vers le Mexique et en imposant des restrictions de visa à destination de ce pays.

Dans la nuit du 1er au 2 mai, un autre cas avait été relevé à Hong Kong, sur un Mexicain de 25 ans en voyage dans la ville chinoise, indiquant que le continent asiatique est touché à son tour par l'épidémie. Une réunion des pays membres de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (acronyme anglais : ASEAN) est prévue la semaine prochaine pour coordonner les interventions des pouvoirs publics dans cette partie du monde.

Alors que les premières réactions du gouvernement sud-coréen ont indiqué que le pays n'était pas prêt à faire face à une épidémie à grande échelle, l'annonce de l'achat de médicaments Tamiflu à l'étranger ignore le fait que la demande internationale dépasse largement l'offre disponible. S'il a été avancé les chiffres alarmistes de 20 % à 40 % de la population sud-coréenne potentiellement affectée, à la date présente, l'épidémie n'avait toutefois pas atteint, à l'échelle internationale, un seuil d'alerte qui confirmerait une telle catastrophe.

Sources : German Press Agency, sur le site
www.monsterandcritics.com, Chosun Ilbo.

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 17:43

Dans un contexte de diffusion internationale de l'épidémie de grippe porcine, la Corée du Sud n'est pas épargnée : alors que les premiers cas suspects ont été recensés parmi des personnes de retour du Mexique et des Etats-Unis, des mesures de suspension des importations de porcs vivants d'Amérique du Nord ont été prises pour éviter la propagation de la maladie, bien que l'origine porcine soit plus que douteuse.

Douze cas suspects : tel était, à la date du 29 avril 2009, un premier bilan de l'épidémie de grippe (influenza) porcine en Corée du Sud, selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies, tous les cas ayant été recensés parmi des Coréens de retour des Etats-Unis et du Mexique. Un cas a été déclaré "probable". Des mesures ont été prises pour examiner 125 personnes rentrées à bord du même avion que le cas suspect probable.

Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation a décidé la suspension temporaire des importations de porcs vivants en provenance d'Amérique du Nord, alors qu'environ 1.500 porcs, destinés à la reproduction, ont été importés d'Amérique du Nord en 2008. La dénomination "grippe porcine" du virus de type A/H1N1 est toutefois impropre, comme l'a rappelé Bernard Vallat, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), en discussion avec l''Organisation mondiale de la santé sur ce point, selon qui la maladie correspondrait à un "cocktail qui a été créé par des réassortiments de différents virus d'origine porcine, aviaire et humaine". La consommation de porc serait tout à fait sûre. Une dénomination plus exacte serait "grippe nord-américaine", par référence à l'origine géographique de la maladie, comme pour les précédents de la grippe espagnole (1918-1919) et de la grippe asiatique (1957-1958).

En cas d'épidémie, La Corée du Sud ne dispose que de 2,5 millions de doses de Tamiflu et de Relenza (soit 5 % de la population sud-coréenne) : le mardi 28 avril, le ministère de la Santé a détaillé devant les députés du Grand parti national (GPN, majoritaire) que le pays disposait de capacités de production de 6,5 millions de doses de médicaments dans un délai de six mois.

Des mesures ont également été prises pour protéger la communauté sud-coréenne du Mexique (13.000 personnes), où aucun cas n'a toutefois encore été signalé.

Source principale (y compris photo) : 
KBS World 

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 21:41

Avec le plus faible indice de fécondité au monde, la Corée du Sud a connu une chute de la natalité spectaculaire en trente ans, laquelle constitue aujourd'hui un des plus graves défis auxquels est confronté le pays dans un futur proche. La faiblesse de la protection sociale et un manque de confiance en l'avenir sont quelques-unes des explications de cette situation, à laquelle le gouvernement entend remédier.

D'après l'Etat de la population mondiale 2008, publiée par le Fonds des Nations-Unies pour la population (acronyme anglais : UNFPA), la Corée du Sud a le plus faible indice de fécondité au monde. Sous l'effet des politiques antinatalistes menées pendant le régime militaire (1961-1987), qui voyait dans un taux élevé de natalité une menace pour le développement économique, l'indice de fécondité a chuté de manière spectaculaire entre 1970 (en moyenne 4,53 enfants par femme) et 2008 (1,08 enfant par femme). Dans les années 1970 et 1980, il n'était d'ailleurs pas rare que des familles (ou des femmes seules) choisissent de placer en orphelinat des enfants dont elles estimaient ne pas pouvoir prendre en charge l'éducation, nombre d'entre eux ayant été adoptés par des couples occidentaux. L'année 2008 a marqué une rechute du taux de fécondité(1,19 enfant par femme, correspondant à 466.000 naissances), après l'amélioration des années 2006 (1,12) et 2007 (1,25), réputées favorables selon l'astrologie chinoise.

Selon le professeur d'Oxford David Coleman, si cette tendance se poursuivant, la Corée du Sud serait le premier pays au monde à disparaître de la planète, faute d'habitants : le maintien d'un taux de fécondité à 1,1 conduirait à ce que le pays ne compte plus que 50.000 habitants en 2305 !

En Corée du Sud, l'investissement dans l'éducation est très élevé afin d'assurer le meilleur avenir possible pour ses enfants  : alors que le système public d'éducation marque le pas face aux écoles privées, faute de moyens suffisants, le soutien scolaire est une pratique généralisée, pour peu que les familles disposant des ressources nécessaires, conduisant de nombreux enfants à des rythmes de travail sans équivalent dans les autres pays industrialisés. Les dépenses d'éducation ont atteint 7,5 % du budget des ménages sud-coréens en 2008. Le manque de protection sociale - elle  est la moins développée parmi les pays de l'OCDE - est également un frein puissant à la natalité, de nombreuses familles invoquant les frais de garde et d'éducation comme la première cause les décourageant à avoir plus d'enfants. Beaucoup de couples optent ainsi pour la politique de l'enfant unique. Les naissances sont également de plus en plus tardives, une certaine libéralisation des moeurs conduisant les Sud-Coréennes à retarder le choix d'un partenaire pour le mariage, qui reste ici encore largement corrélé à la fondation d'une famille.

Le vieillissement démographique, et la diminution de la population active, sont des conséquences directes de la dénatalité. Ils pourraient impliquer une politique plus favorable à l'accueil des étrangers, alors que la Corée du Sud ne reconnaît pas aujourd'hui la bi-nationalité.

Face à une situation aussi préoccupante, Mme Jeon Jae-lee, ministre de la santé, du bien-être et des affaires familiales s'intéresse aux politique familiales mises en place en France, notamment les allocations familiales. De fait, avec un indice de fécondité de 1,94, la France est devenu l'un des pays d'Europe où la natalité est la plus dynamique.  

Mais il restera encore à convaincre les familles coréennes, qui estiment qu'une aide de l'Etat ne sera pas suffisante face aux coûts que représentent l'éducation et la garde d'un enfant, alors que les sombres perspectives économiques pour 2009 (l'économie sud-coréenne pourrait se contracter de 2 % à 4 %) mettent en évidence un facteur autant structurel que conjoncturel : une plus grande confiance en l'avenir est un atout déterminant pour assurer une natalité élevée si, comme l'assurait Voltaire, la richesse d'un pays se mesure d'abord pour son nombre d'habitants et son dynamisme démographique.

Sources : Sim Son-hye, "Corée du Sud cherche enfants désespérement", paru dans Courrier international, n° 962 (9-15 avril 2009), p. 27, The Korea Times, AAFC

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 00:00

En Corée du Sud, le 8 janvier 2009, un homme a été arrêté pour avoir diffusé de fausses informations économiques sur le réseau Internet sous le pseudonyme de Minerve (la déesse romaine de la sagesse). Celui qui est soupçonné d’être Minerve n'a ni vécu, ni étudié à l'étranger, et ne peut se prévaloir d'un grand cursus universitaire en économie. C'est donc un parfait autodidacte dans ce domaine qui, par ses analyses et prévisions – souvent justes - a fait trembler les dirigeants économiques et politiques sud-coréens pendant des mois dans le but, selon lui, d’aider les gens ignorés par le gouvernement, petits entrepreneurs et travailleurs durement frappés par la crise. Avec l’arrestation de Minerve, l'administration du président conservateur Lee Myung-bak, déjà accusée d'autoritarisme, porte un nouveau coup à la liberté d'expression.

 

L'identité réelle de l'internaute connu sous le pseudonyme de Minerve était l'objet d'intenses spéculations en Corée du Sud depuis plusieurs mois. Pour l'exactitude de ses prévisions sur la faillite de la banque Lehman Brothers - à l'origine de la crise financière actuelle - sur la dépréciation de la monnaie sud-coréenne face au dollar américain ou sur l'effondrement de la bourse de Séoul, Minerve a été surnommé « le président de l'économie d'Internet ». Certains pensaient qu'il s'agissait d'un homme ou d'une femme travaillant, ou ayant travaillé, à l'étranger dans une société de bourse. Pour d'autres, Minerve était un retraité.

 

Les messages postés sur Internet par le « président de l'économie » ont été lus par des dizaines de milliers de personnes, ont été repris par d'innombrables sites et autres blogs, et ont constitué une référence essentielle dans le débat entre internautes sur l'économie. Il est même sorti une compilation des articles de Minerve...


Minerve ou Cassandre ?

Pour la justice sud-coréenne, Minerve s'appelle en fait Park Dae-sung. Il est sans emploi, est âgé d’une trentaine d’années et a seulement fait deux ans d’études supérieures, sans rapport avec l’économie. Park a été arrêté le 8 janvier 2009 pour avoir, selon la justice, répandu de fausses rumeurs sur Internet « dans le but de porter atteinte au bien public ». La centaine d'articles publiés par Minerve sur les forums du site Daum.net, un portail Internet populaire en Corée du Sud, auraient eu une influence négative sur le marché des changes et sur la notation financière du pays. S'il est reconnu coupable d'avoir violé la loi sur les communications, Park Dae-sung risque cinq ans de prison.


Kim Ki-won, professeur d'économie à l'Université nationale d'études à distance de Corée (Korea National Open University, KNOU) qualifie d'« absurde » l'attitude de la justice pour laquelle Minerve a porté atteinte au bien public « alors que le 'phénomène Minerve' est dû au manque de confiance des gens dans la politique du gouvernement. » Pour le professeur Kim, l'arrestation de Minerve a pour seul objectif d'étouffer toute voix critique pour la politique du gouvernement.


La justice s'intéresse particulièrement à deux articles publiés les 30 juillet et 29 décembre 2008. Le 30 juillet, Minerve exposait le projet du gouvernement de suspendre les échanges de devises à partir du 1er août, alimentant les craintes sur le niveau des réserves sud-coréennes de change. Des « informations totalement fausses » selon le procureur. Le 29 décembre, Minerve écrivait que le gouvernement avait donné instruction à de grandes institutions financières locales d’arrêter d’acheter des dollars américains pour freiner la dépréciation du won coréen face au billet vert.


Le ministère sud-coréen des Finances a pourtant reconnu que les transactions sur les devises avait été partiellement suspendues en août avant d’être totalement interrompues le mois suivant. Sohn Byung-doo, directeur de la division en charge des marchés de change au ministère des Finances, déclare ainsi ne pas comprendre « pourquoi l’article du 30 juillet fait l’objet de poursuites, puisque l’information sur les transactions de devises étrangères était bel et bien exacte », ajoutant que cette suspension n'avait pas été décidée en raison d'un déclin des réserves de change, mais pour éviter que les banques locales subissent des pertes.


Concernant l'article du 29 décembre, un député du Parti démocratique (opposition sud-coréenne), Lee Seok-hyun, a dit savoir de plusieurs sources que le gouvernement avait réuni les dirigeants des principales banques le 26 décembre pour leur demander de restreindre leurs achats de dollars.


De fait, la monnaie sud-coréenne a perdu 28% de sa valeur en 2008 tandis que le principal indice boursier du pays, le Kospi (Korea Composite Stock Price Index), chutait de 40%
.


En pleine crise économique, Minerve a été au centre de toutes les critiques adressées au gouvernement par l'opinion publique sud-coréenne. Voilà pourquoi certains voient dans son arrestation une tentative gouvernementale de freiner la diffusion au niveau national d'une anxiété face à la crise, se traduisant par une nouvelle série de manifestations aux chandelles.


Allergies gouvernementales

Un mandat d'arrêt a été émis contre le principal suspect sans qu'il soit clairement établi que ce dernier soit effectivement Minerve, que les articles aient été écrits dans le but de nuire à l'intérêt public ou qu'il soit même seulement possible de poursuivre quelqu'un pour de tels textes. « Requérir un mandat alors qu'il s'agit d'une question juridique très controversée ne fait que révéler l'intention du procureur de produire un 'effet d'intimidation' », affirme le professeur Ha Tae-hoon, de l'Université de Corée.

Tandis que les spécialistes du droit s’interrogent sur les fondements juridiques de l’arrestation de Minerve, le Grand Parti national au pouvoir entend durcir la législation sanctionnant la diffamation sur Internet. Un nouveau texte obligerait les intervenants sur Internet à dévoiler leur identité, sous peine d'amende ou de prison ferme. Les journaux conservateurs décrivent déjà Minerve comme un « charlatan » et réclament de plus en plus bruyamment l'introduction d'une loi pour bloquer la propagation de fausses informations par des individus non qualifiés.« L’affaire Minerve démontre que l’Etat de droit n’est pas encore profondément enraciné dans notre société », déplore Ji Seong-woo, professeur de droit à l’université Dankook de la ville de Cheonan, au sud de Séoul.

Les articles de presse décrivant Park Dae-sung comme une personne tranquille sans grand bagage intellectuel ne pourraient être qu'une tentative de discréditer le principal suspect dans une société accordant une grande importance à l’éducation et portant aux nues les employés d’entreprises prestigieuses comme les firmes de courtage. Mais pour le professeur Ji, « si Park doit être puni, c'est pour sa conduite, pas parce que c'est un chômeur d'une trentaine d'année qui n'a étudié que deux ans dans une université technique. »


Depuis son entrée en fonctions, en février 2008, l'administration conservatrice du président Lee Myung-bak est accusée de chercher à intimider l'opposition. L'arrestation de Minerve ne serait donc qu'un nouveau signe flagrant d'une tentative de prise de contrôle de l'opinion publique sur Internet.

En effet, le gouvernement sud-coréen actuel semble allergique à Internet, comme l'ont montré les enquêtes sur les individus diffusant des « histoires sur la maladie de la vache folle » ou sur les internautes participant à la campagne pour le boycott des trois grands quotidiens conservateurs, Chosun Ilbo, Joong Ang Ilbo et Dong A Ilbo  (« ChoJoongDong ») par les annonceurs, en raison de la couverture par ces journaux des manifestations contre la reprise des importations de boeuf américain en Corée du Sud.

Un second exemple récent nous projette plus de dix ans en arrière, avant l'accession au pouvoir de Kim Dae-jung en 1998, quand le pouvoir sud-coréen muselait l'opposition étudiante en arrêtant et en emprisonnant ses dirigeants pour le seul motif de contester la politique gouvernementale, et prouve que l'affaire Minerve n'est pas un cas isolé : Suh Nam-pyo, président de l'Institut des sciences et technologies avancées de Corée (Korea Advanced Institute of Science & Technology, KAIST), vient d'engager des poursuites contre un étudiant nommé Lee, accusé d'avoir diffamé l'institut et son président sur son blog en critiquant les conditions d'élection à la présidence de M. Suh, ainsi que les conditions d'étude et les frais de scolarité

« Le fait que la justice enquête sur des textes publiés sur Internet intimide sévèrement les internautes », déclare Oh Byung-il, membre de l'organisation
Jinbonet qui œuvre depuis 1998 pour la liberté d’expression sur Internet en Corée du Sud. Oh Byung-il s'inquiète que l'arrestation de Minerve ait un « effet d'apprentissage » faisant taire les critiques à l'encontre du gouvernement et portant un coup grave à la liberté d'expression en Corée du Sud.

Pour le professeur Cho Hyeon-yeon, de l'université Sungkonghoe de Séoul, « l'arrestation de Minerve est un incident symbolique de la 'politique de non-communication' de l'administration Lee Myung-bak, laquelle refuse d'entendre toute opinion discordante ou critique. Au lieu de mener la politique appropriée, elle en revient à l'ancienne politique du 'bouc émissaire', en rendant responsables les observateurs critiques de sa politique. »

Un analyste d'une société de bourse pointe l'irresponsabilité du président et de son gouvernement qui, « incapables de s'attaquer correctement aux causes de la crise économique, ont passé sous silence les mauvaises nouvelles et manqué de franchise. C'est voir le gouvernement ainsi qui a mené à la propagation du syndrôme Minerve. » Des groupes nommés Action citoyenne d'urgence pour la protection de la démocratie ou Empêchons la répression des manifestations aux chandelles appellent même à l'arrestation immédiate du président Lee Myung-bak pour « diffusion de fausses informations sur l'indice boursier atteignant les 3.000 points... »

Pour le bien du peuple... et pour le malheur d'Internet 

A la sortie du tribunal où il était entendu le 10 janvier, Park Dae-sung a répété, comme devant le procureur, ne chercher à retirer « aucun bénéfice économique de ces textes » et « ne reconnaître avoir commis aucun crime ». Il a déclaré écrire « pour les défavorisés », n’avoir que « des intentions pures » et être « désolé d’avoir causé le désordre. » Il affirme avoir tout écrit lui-même. Interrogé par des journalistes voulant savoir s’il était fier du crédit accordé à ses articles, Park Dae-sung a répondu « J'ai seulement écrit en fonction de ce que je ressentais. » Pense-t-il être accusé injustement? Il répond ne rien avoir à dire à ce sujet pour l'instant... L'avocat Park Chan-jong déclare néanmoins que Park paraissait abattu lors de l'audience, disant seulement « je ne sais pas ce que j'ai fait de si mal pour en arriver là. »

Maintenant, la communauté sud-coréenne des internautes est sous le choc. Suite à l'arrestation de Minerve, des blogueurs et écrivains renommés s'exprimant via le réseau mondial ont même décidé d'entrer dans une forme de clandestinité.


Le réseau Internet est supposé être un espace garantissant la libre participation de chacun. A la différence du monde réel où seuls les experts sont admis à donner leur avis, Internet offre aux gens ordinaires l'occasion de s'exprimer et de créer leur propre contenu. Et force est de constater que le contenu proposé par Minerve a rencontré un certain succès.


Alors que, en Corée du Sud, tous les grands organes de presse (à l’exception du Hankyoreh, dont le tirage reste toutefois nettement inférieur à celui de ses principaux concurrents) sont acquis aux conservateurs, Internet a servi de vecteur au pluralisme de l’opinion dans le pays où le plus grand nombre d’habitants sont connectés à Internet. Le réseau Internet a servi de relais aux grandes manifestations anti-gouvernementales. Les succès des démocrates à l’élection présidentielle de 2002 et aux élections législatives de 2004 s’expliquaient largement par la mobilisation de leurs partisans sur Internet. Enfin, la Corée constitue le plus ancien exemple de réussite d’un journalisme citoyen, où chacun peut proposer des articles, avec, par exemple, OhmyNews, précurseur du site français AgoraVox. Dans ce contexte, la réaction des médias conservateurs à l’affaire Minerve est symptomatique de leur parti pris en faveur du Grand Parti national, où se recrutent les héritiers du régime militaire, ainsi que de leur volonté de recouvrer leur monopole perdu de l’information.  

« Techniquement parlant, il n'y a aucune différence entre des petites pages personnelles et les débats des forums du portail Daum. Si un citoyen ordinaire est puni seulement pour avoir publié dans le cyber-espace des choses inexactes, cela menacera tout l'écosystème d'Internet », déclare le professeur Kang Jang-mook, de l'université Sejong de Séoul. « A l'heure où nous devons travailler dur pour développer Internet avec de meilleurs logiciels et contenus, l'arrestation de Minerve pourrait vider le cyber-espace. »


Un avocat spécialisé dans le droit d'Internet partage cet avis : « Si des poursuites sont engagées en application de la loi nationale sur les télécommunications pour arrêter quelqu'un répandant de fausses informations, alors les auteurs dont les livres ou les articles contiennent la moindre trace d'information erronée pourraient être punis quand leurs textes se retrouveront sur Internet. Dans cette affaire [l'arrestation de Minerve], engager des poursuites en vertu d'une loi presque jamais appliquée depuis son adoption en 1983, quand Internet n'existait pas, constitue une aberration. »


Un employé d'une société du secteur de l'Internet ajoute que « Internet étant basé sur le contenu créé par l'utilisateur, un sérieux coup risque d'être porté à ce secteur d'activité si les gens se sentent moins libres de s'exprimer. »


Le portail Daum.net est sous le feu des critiques pour avoir transmis à la justice les informations personnelles de Minerve. Les représentants de Daum.net répètent qu'il ne peuvent faire aucun commentaire, tandis qu'un nombre croissant d'internautes ne veulent plus participer aux forums du portail.


Un autre avocat, Lee Eun-woo, déclare qu'« on introduit inévitablement un biais dans l'opinion si on réduit l'opposition au silence et si on rejette le débat. La démocratie repose sur la libre expression des opinions du public. En s'opposant à ce cadre, le gouvernement, par sa tentative de prendre le contrôle d'Internet, a un impact négatif énorme sur le développement politique de notre pays. »

Minerve, par son influence sur la société sud-coréenne, n'est pas sans rappeler l'internaute connu sous le pseudonyme de Angma qui, en 2002, avait appelé à la mobilisation des citoyens après l'acquittement de deux militaires américains accusés d'avoir tué par négligence deux collégiennes coréennes. Les immenses manifestations qui suivirent l'appel de Angma, comme la veillée aux chandelles du 14 décembre 2002 à Séoul (100.000 personnes), aboutirent à une révision de l'Accord sur le statut des forces américaines stationnées en Corée du Sud. L'Association d'amitié franco-coréenne apporte son soutien à Minerve, victime d'un appareil judiciaire aux mains d'un exécutif de plus en plus autoritaire, et pose la question : Minerve a-t-il pour seul tort d'avoir eu raison? Comme la chouette qui accompagne la déesse romaine de la sagesse, a-t-il vu ce que les autres ne voient pas dans la nuit? (sources : HankyorehLe Monde, Reuters, The Korea Times) 

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 21:06

 

Le 1er décembre 2008, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) s'est mobilisée à l'occasion de la Journée internationale contre le SIDA, célébrée depuis 1988 à l'initiative de l'Organisation mondiale de la santé afin de sensibiliser contre la pandémie de SIDA.

 

 

Créée en 1988 à l'initiative de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Journée internationale contre le SIDA (en anglais, World AIDS Day) est consacrée à la sensibilisation de la pandémie du SIDA. Organisée chaque 1er décembre, elle a comme principal thème, depuis 2005 jusqu'en 2010, "Tenir la promesse" : il s'agit en effet de mettre l'accent sur la prévention, le traitement et les soins, alors que l'épidémie, à l'origine de plus de 25 millions de morts, a été l'une des plus meurtrières dans l'histoire de l'humanité (ci-contre, le ruban rouge, symbole de la lutte contre la maladie) .

 

 

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a participé aux manifestations internationales organisées à l'occasion de la Journée 2008. Une cérémonie a notamment eu lieu au Palais de la Culture du Peuple, à Pyongyang, en présence de Ri Pong-hun, vice-ministre de la santé publique, Umesh Gupta, réprésentant de l'OMS en RPDC, et Ewa Eriksson Fortier, chef de la délégation de la Fédération Internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en RPDC.


 

Après avoir souligné les enjeux de la lutte contre la pandémie à l'échelle internationale, le gouvernement nord-coréen a rappelé les résultats obtenus, en coopération étroite avec les organisations internationales - notamment l'OMS et l'Organisation des Nations-Unies contre le SIDA - pour prévenir la prévention de la maladie en RPDC, où elle reste pratiquement inexistante, alors qu'un rapport remis au Parlement sud-coréen, le 1er octobre, a souligné a contrario l'augmentation du nombre de cas en Corée du Sud.

 

 

A l'occasion de cette manifestation, une conférence a été donnée et une démonstration effectuée par une équipe de prévention. (source : KCNA)

 

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