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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 19:26

Bruce Cumings est professeur d'histoire à l'Université de Chicago. Spécialiste de l'histoire de la Corée moderne, il est l'auteur de plusieurs livres dont Korea’s Place in the Sun: A Modern History (1997) et North Korea: Another Country (2004).  Dans cet entretien paru le 26 novembre dans le journal sud-coréen Hankyoreh, le professeur Cumings analyse la question des manuels scolaires d'histoire qui agite en ce moment la Corée du Sud. Cette question fait débat depuis que le gouvernement sud-coréen, appuyé par les conservateurs de la nouvelle droite, a voulu remanier un manuel intitulé Une Histoire moderne et contemporaine de la Corée. Les auteurs du manuel s'opposent à ces révisions tandis que les enseignants et parents s'inquiètent d'informations selon lesquelles les autorités essaient de faire pression sur les chefs d'établissements scolaires afin qu'ils utilisent le manuel voulu par le gouvernement. Bruce Cumings fait partie des 676 spécialistes - dont 114 étrangers -  qui ont signé le 11 novembre un communiqué de l'Organisation des historiens coréens. Ce communiqué affirme que l'intervention de l'administration du président Lee Myung-bak dans le choix des manuels d'histoire par les écoles est politique et porte atteinte au droit à l'éducation des élèves.

 

Hankyoreh - Comment et pourquoi avez-vous participé à cette campagne? Avez-vous demandé à d'autres spécialistes américains de signer le communiqué?

 

Bruce Cumings - Je crois que la grande majorité des spécialistes des études coréennes aux Etats-Unis, en Corée et ailleurs pensent que les gouvernements n'ont pas à se mêler de ce qu'écrivent les historiens, ou de ce que les auteurs et éditeurs responsables choisissent de mettre dans leurs manuels. On se moquerait d'une administration présidentielle américaine qui en ferait autant.

 

 

H. - La manière qu'a le gouvernement de se mêler de la sélection des manuels d'histoire est sans précédent dans l'histoire de la Corée moderne. Depuis l'entrée en fonction de l'administration Lee, l'intervention du gouvernement sur cette question est devenue évidente. Qu'en pensez-vous?

 

B. C. - L'administration Lee vit dans le passé, se souvenant toujours de la manière d'agir de Park Chung-hee et Chun Doo-hwan. Il est très anachronique pour les politiciens de penser pouvoir contrôler l'histoire, ou les manuels d'histoire.

 

 

H. - D'après vous, pourquoi cette administration prend-elle l'initiative d'une offensive contre l'histoire moderne?

 

B. C. - Après dix années vraiment nouvelles et différentes dans l'histoire de la Corée d'après-guerre, l'administration Lee essaie de revenir en arrière, et de s'opposer aux progrès énormes accomplis depuis 1997 sous Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun, une meilleure compréhension de l'histoire d'après-guerre, la promotion de la réconciliation au sein du peuple du Sud et avec le Nord, et un changement spectaculaire d'attitude de toute la population de République de Corée [RdC, Corée du Sud] vis-à-vis du Nord. 

 

H. - Un mot-clé souvent avancé est "légitimité". Ils pensent que décrire des événements déplaisants dans les manuels d'histoire est susceptible d'entamer la légitimité du gouvernement. Quelle est votre opinion à ce sujet?  

 

B. C. - La légitimité n'est pas une chose conférée par les manuels dominants ou par la fabrication une ligne historique. Elle peut seulement venir du peuple quand il est amené à reconnaître la justesse et l'autorité d'un gouvernement. Plutôt que d'acquérir une légitimité, l'administration Lee agit comme une autruche, fourrant sa tête dans le sable quand retentissent les mauvaises nouvelles historiques. Pire, elle agit comme la droite japonaise, en essayant de dissimuler les questions délicates tout en déclarant préserver la "fierté nationale". La nouvelle histoire écrite ces vingt dernières années en RdC, en levant le voile sur plusieurs problèmes embarrassants et tragiques, est en réalité le meilleur chemin à suivre pour aboutir à la réconciliation entre personnes aux points de vue et expériences très différents au Sud, entre victimes et persécuteurs, et a aussi contribué à la réconciliation entre le Nord et le Sud.

 

 

H. - Comment ce type d'interférence sur les manuels d'histoire affecte-t-il les étudiants?

 

B. C. - Les étudiants recherchent la vérité et, bien qu'ils souhaitent également être fiers de leur pays, ils méprisent profondément les autorités qui leur interdiraient d'accéder à la meilleure information et connaissance historique. Que quelqu'un tente de le faire, comme en RdC pendant des décennies, et les jeunes pensent que tout ce qu'ils entendent de la part des autorités est un paquet de mensonges - et là ils ne sont plus fiers de leurs dirigeants et de leur pays. En voici un exemple : mon ami Suh Dae-sook a démontré dans un ouvrage écrit en 1968 que Kim Il-sung fut un authentique combattant anti-japonais pendant les dix ans qui suivirent l'incident de Mandchourie [18 septembre 1931], traversant de multiples épreuves et difficultés - tous les spécialistes le savent, au moins depuis 1968. Pourtant, pendant des décennies, on a enseigné aux étudiants que Kim était un "imposteur" qui avait pris le nom d'un grand patriote. Et voila le résultat : vingt ans plus tard, quand le professeur Suh a donné à l'Université nationale de Séoul une conférence sur la vie de Kim, des acclamations bruyantes ont fusé dans toute la salle! Ainsi, on se trompe en essayant de cacher la vérité aux étudiants. Tôt ou tard, elle finit par éclater.  

 

 

H. - Cela fait presque neuf mois que l'administration Lee est en place. Depuis, ont eu lieu des événements spectaculaires tels que les manifestations aux chandelles. Je pense que vous avez suivi de près les événements survenus en Corée. Quel jugement portez-vous sur l'administration Lee dans son ensemble?

 

B. C. - L'administration a commis erreur sur erreur, et n'en a rien tiré. Elle a voulu être intime avec l'administration Bush, la plus impopulaire dans l'histoire américaine (et peut-être dans le monde), alors que Bush était devenu un canard boiteux. Elle s'est volontairement aliénée le Nord, juste au moment où Bush arrivait à s'engager vis-à-vis de Pyongyang - et, résultat, personne à Washington ou dans les pourparlers à six ne prête trop d'attention à l'avis de Séoul.  Elle essaie maintenant d'enterrer tous les nouveaux faits historiques que nous avons appris au sujet des périodes coloniale et de l'après-guerre, ce qui ne fait qu'encourager les jeunes à vouloir en apprendre davantage - ils veulent savoir exactement ce que l'administration tente de dissimuler. Toute une histoire nouvelle a été comme extraite du tube à dentifrice par de nombreux historiens courageux, et il n'y a aucun moyen de la remettre dans le tube. C'est aussi simple que ça : ça ne peut pas marcher.

 

 

 

Entretien avec Bruce Cumings sur le site Internet du Hankyoreh (en anglais)

Présentation de Bruce Cumings sur le site Internet de l'Université de Chicago (en anglais)

 

 

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 13:20

Dans un rapport remis au Parlement le 1er octobre 2008, le ministère de la santé de la République de Corée (Corée du Sud)  a attiré l'attention sur l'augmentation du nombre de cas de personnes séropositives, en hausse de plus de 20 % en cinq ans. La faible utilisation des préservatifs en Corée du Sud est un facteur d'exposition accrue à la maladie.

En 2007, le nombre de cas de personnes séropositives en Corée du Sud (744) a augmenté de plus de 20 % en cinq ans, portant le nombre de malades du virus du SIDA à plus de 5.000 dans le pays. Depuis 1985, date à laquelle un cas de SIDA a été diagnostiqué pour la première fois en Corée du Sud, 1.000 Coréens sont décédés du fait de la pandémie.

Selon le rapport remis le 1er octobre 2008 au Gukhoe (le Parlement sud-coréen) par le ministère de la santé, les personnes de plus de 50 ans ont constitué en 2007, pour la première fois, la tranche d'âge où ont été diagnostiqués le plus grand nombre de nouveaux cas (plus du quart). En effet, la progression de la maladie a été la plus forte parmi les personnes les plus âgées.

La situation réelle pourrait toutefois être plus grave : le conservatisme social en matière de moeurs sexuelles en Corée n'incite pas au dépistage de la maladie, ni au traitement médical des personnes malades.

A cet égard, la Corée du Sud est la lanterne rouge des pays industrialisés pour l'utilisation des préservatifs (25 %, contre 40 % à 60 % en Europe, en Amérique du Nord et au Japon).

Face aux risques de développement de la pandémie de SIDA en République de Corée, l'AAFC plaide pour une prévention accrue, notamment par l'utilisation de préservatifs, et un meilleur accès des malades aux soins : la protection sociale de la Corée du Sud, la plus faible des Etats de l'OCDE, est un facteur accru d'inégalités dans le traitement des personnes touchées. (Sources : Yonhap, AAFC)

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 04:00

Comme naguère en Allemagne, la législation coréenne sur le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) diffère au Nord et au Sud de la péninsule. En la matière, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) est plus libérale que la République de Corée (du Sud).

Alors que la Cour constitutionnelle sud-coréenne vient de
lever l'interdiction de révéler le sexe des bébés à naître - en estimant que les risques d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) sélectives au détriment des filles ne se justifiaient plus, au regard des évolutions sociales - du chemin reste à parcourir pour l'égalité des droits entre les femmes coréennes, de part et d'autre du trente-huitième parallèle.

Ayant promulgué dès 1946 une loi sur l'égalité entre les hommes et les femmes, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a un des régimes les plus libéraux au monde : l'IVG est possible sur simple demande de l'épouse, sans condition de délai. 

En revanche, en République de Corée (du Sud), l'IVG n'est possible que selon des critères médicaux basés sur la santé physique et psychique, interprétés cependant de manière large. De surcroît, le consentement  du mari est requis.

Naguère, la réunification allemande avait conduit à un alignement de la législation de l'ex-République démocratique allemande (RDA) sur celle de la République fédérale d'Allemagne (RFA), moins favorable. L'AAFC espère que la réunification de la Corée ne s'opèrera pas au détriment des droits des femmes à l'IVG. (Sources :
Union suisse pour décriminaliser l'avortement, pour la carte : Le Monde diplomatique)

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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 19:14

Fin juillet 2008, la Cour constitutionnelle de Corée du Sud a levé l'interdiction de révéler le sexe des bébés à naître, en estimant que cette mesure - qui tendait à être contournée en pratique - ne se justifiait plus au regard des risques d'interruption volontaire de grossesse au détriment des filles.

Jusqu'en juillet 2008, la législation sud-coréenne punissait sévèrement les médecins qui révélaient le sexe des bébés à naître : outre une amende, les peines encourues consistaient en un emprisonnement jusqu'à trois années. Cette mesure avait été prise à une période où les autorités sud-coréennes craignaient des interruptions volontaires de grossesse (IVG) sélectives au détriment des filles.

Mais le
rééquilibrage du sex ratio en Corée du Sud a conduit la Cour constitutionnelle à juger, le 31 juillet 2008, que cette interdiction de révéler le sexe des bébés n'avait plus lieu d'être, la Corée du Sud étant désormais dans une situation différente de pays comme la Chine et l'Inde où subsiste une préférence pour les garçons.

La Cour constitutionnelle de Corée a ainsi appelé le Parlement à amender la loi pour permettre aux parents de connaître le sexe de l'enfant à naître pendant la seconde moitié de la grossesse.

De fait, l'interdiction actuelle tendait à être contournée par diverses indications que donnaient les médecins aux parents, selon lesquelles le bébé serait "mignon" ou "énergique"  ou par la couleur des jouets, roses ou bleus. Ce qui, en l'occurrence, renforçait certains préjugés sexistes sur les différences entre les hommes et les femmes... (Source : AP, sur le site
LifeNews.com

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 18:03

Le président sud-coréen Lee Myung-bak avait promis d'être le "président de l’économie" et il semble prêt à utiliser tous les moyens pour tenir cette promesse. Le président Lee a ainsi décidé de gracier un certain nombre de chefs d’entreprises, dans le but, a expliqué la présidence sud-coréenne, de revitaliser l’économie nationale. Mais, loin de ces justifications, l'amnistie du 15 août est aussi l'occasion pour la nouvelle administration conservatrice en place en Corée du Sud de renforcer son emprise sur les médias du pays.

 

Le 12 août, Kim Kyung-han, ministre sud-coréen de la Justice, a rendu publique la liste des bénéficiaires de la traditionnelle grâce spéciale du 15 août qui marque cette année le 63eme anniversaire de la fin de la colonisation japonaise en Corée et le 60eme anniversaire de la fondation de la République de Corée (Corée du Sud). Parmi les 341.846 personnes qui seront ainsi remises en liberté ou réhabilitées, on trouve surtout des fonctionnaires sanctionnés avant l'entrée en fonction de l'administration actuelle, mais aussi des hommes politiques, des hauts fonctionnaires, des chefs d'exécutifs régionaux ou des personnalités du monde économique.


Plusieurs patrons de chaebols, les conglomérats familiaux sud-coréens, sont concernés. Il s’agit notamment de Chung Mong-koo, PDG du premier constructeur automobile sud-coréen Hyundai Motor (ici le 28 avril 2006, sortant du bureau du procureur), de Choi Tae-won, chef du groupe SK, et de Kim Seung-youn, patron du groupe Hanhwa.

 
Le président Lee Myung-bak, lui-même ancien PDG de la branche construction du géant Hyundai, s’est expliqué sur sa décision d’amnistier les patrons de chaebols. Il a affirmé avoir pris cette décision en tenant compte des difficultés que ces chefs d’entreprises rencontrent dans leurs activités à l’étranger. Il a ajouté que cette amnistie permettrait aux grands groupes de multiplier désormais leurs investissements et de faire preuve de transparence dans leur gestion. Selon Lee Myung-bak, les fonctionnaires et les hommes d’affaires impliqués dans des cas de corruption et d'autres irrégularités depuis son arrivée au pouvoir ne pourront pas bénéficier de cette grâce.

 

La Chambre de commerce et d’industrie de Corée du Sud s’est félicitée de ce geste tout en précisant que cette mesure allait permettre d’augmenter la transparence et l’éthique du management des entreprises. L’opposition et de nombreux groupements civiques dénoncent quant à eux une amnistie qui ne fera que renforcer le sentiment d’impunité des patrons.

 

Le fait est que la justice sud-coréenne se montre déjà très clémente vis-à-vis des crimes ou délits des dirigeants des chaebols, les juges invoquant souvent la nécessité de ne pas perturber l’économie. Par exemple, le patron de Hyundai Motor a notamment été accusé d’avoir détourné 90 millions de dollars mais n'a été condamné, en appel, qu'à 300 heures de travaux d'intérêt général. Le dirigeant de Hanwha, lui, avait employé des hommes de main pour passer à tabac des employés d’un bar qui avaient eu des démêlés avec son fils…

 

Kim Sang-jo, professeur à l'Université Hansung et directeur du groupement civique Solidarité pour la réforme économique, déclare que la grâce accordée par le président Lee est la négation même de la loi et des principes qu'il a pourtant promis de respecter strictement afin d'atteindre une croissance économique de 7%. Cette amnistie met ainsi le gouvernement en contradiction avec lui-même et affaiblit finalement le potentiel de croissance.

 

Parmi les amnistiés du 15 août, figurent également les dirigeants des trois principaux quotidiens conservateurs de Corée du Sud, Bang Sang-hoo, directeur du Chosun Ilbo, Kim Byung-kun, ancien vice-directeur du Donga Ilbo et Song Pil-ho, directeur du Joongang Ilbo, tous condamnés en 2001 pour évasion fiscale. Pour les critiques d'une telle mesure, si la grâce accordée à des hommes d'affaires est destinée à "sauver l'économie", l'amnistie de ces patrons de presse conservateurs ne trouve aucune justification autre qu'idéologique, ceux-ci ne s'étant pas excusés pour les délits commis et affichant même du mépris pour leurs juges.

 

Plusieurs experts qualifient ces mesures de grâce de "cour agressive" faite aux médias conservateurs par une administration désireuse de rester en bons termes avec eux en les récompensant pour leur couverture favorable de l'action du gouvernement et du Grand Parti national au pouvoir, notamment pendant les manifestations contre la reprise des importations de boeuf américain. 


Manifestation contre les importations de boeuf américain, le 8 juin 2008 à Séoul (photo : Hankyoreh)

 

Kim Seo-joong, professeur à l'université Sungkonghoe, décrit l'amnistie accordée à ces dirigeants de la presse conservatrice comme "une mesure symbolique destinée à renforcer les relations étroites entre gouvernement et médias." Le professeur Kim souligne que "les propriétaires de médias ont une grande influence sur la société et devraient respecter des normes sociales plus strictes. Leurs peines ne devraient donc pas être levées." Il est rejoint par Hwang Yong-seok, professeur à l'Université Konkuk, qui affirme que "rien ne justifie l'amnistie de propriétaires de journaux qui doivent avoir une plus grande responsabilité sociale et suivre une éthique bien plus stricte que dans les entreprises."

 

Certains observateurs remarquent que le Chosun Ilbo, le Donga Ilbo et le Joongang Ilbo sont susceptibles de créer des chaînes câblées ou des chaînes d'information en continu si le gouvernement les y autorise. Les dirigeants de ces journaux pourraient donc avoir été grâciés afin de rester à leur poste, voire d'occuper des positions plus élevées une fois qu'ils possèderont des chaînes de radio et de télévision.

 

En particulier, on s'attend à ce que Bang Sang-hoo retrouve son poste d'éditeur du Chosun Ilbo suite à l'amnistie du 15 août. La loi sur la presse interdit en effet à une personne d'occuper la fonction d'éditeur si elle est condamnée à une peine d'emprisonnement avec sursis.

 

Kim Young-ho, de la Coalition du peuple pour la réforme des médias, déclare que, "à la différence des entreprises ordinaires, la loi sur la presse est restrictive quant aux qualifications pour être éditeur parce qu'une fonction exercée dans une entreprise de médias l'est dans l'intérêt du public. On peut considérer que la décision d'amnistier les dirigeants de ces journaux ouvre la voie à une entrée de leurs entreprises dans le secteur de la radiotélédiffusion."

 

La justification "idéologique" de l'amnistie des patrons du Chosun Ilbo, du Donga Ilbo et du Joongang Ilbo est encore plus évidente quand on établit un parallèle entre cette amnistie et l'arrestation de l'ex-président de la KBS, la radiotélévision publique sud-coréenne.

 

Le 8 août 2008, suite à une demande de la Cour des comptes de Corée du Sud rendant responsable Jung Yun-joo, alors président de la KBS, de pertes s’élevant à 150 millions de dollars, le conseil d’administration de la chaîne a voté son licenciement. Le 11 août, ce licenciement a été signé par le président Lee Myung-bak et dès le 12 août, le jour même de l'annonce de l'amnistie, Jung Yun-joo a été arrêté à son domicile à la demande du Parquet. Cette arrestation faisait suite à son refus répété de se présenter devant le procureur dans l’enquête concernant sa mauvaise gestion de la KBS.



Ce licenciement puis cette arrestation ont provoqué l’émoi d’une partie de l’opinion publique inquiète de l’emprise grandissante des partisans du président Lee Myung-bak sur les médias publics. Les patrons de plusieurs diffuseurs qui avaient été critiques à l’égard de la politique de Lee ont été remplacés et des proches de la nouvelle présidence ont pris la tête de la chaîne d’information YTN, de la chaîne internationale sud-coréenne Arirang TV ou encore de l’opérateur satellite Skylife.


Dans ce contexte, les organisations civiques et l’opposition critiquent le licenciement de Jung Yun-joo, qu’elles considèrent comme une prise de contrôle des médias par le pouvoir. Les conservateurs justifient, au contraire, cette décision en accusant l’ex-patron de la KBS "d’incompétence" et de "gauchisme".

On n'a décidément pas fini de mesurer l'impact sur la société et la politique sud-coréennes des manifestations aux chandelles qui ont lieu
depuis avril, et de leur couverture par les médias de tous bords. (sources : Hankyoreh, KBS)

Le président sud-coréen Lee Myung-bak en Batman un peu particulier :

il libère les patrons de presse conservateurs et les dirigeants de chaebols coupables de corruption

et arrête les innocents, en l'occurrence Jung Yun-joo, président de la KBS

(caricature parue le 13 août 2008 dans le quotidien Hankyoreh)

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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 19:10
L'actualité très lourde qui entoure parfois la Corée du Nord ne doit pas faire oublier que les (Nord-)Coréens sont un peuple intéressé par le monde qui les entoure, curieux des cultures étrangères et, comme tous les autres peuples, aspirant à une vie paisible et normale. Ainsi, une jeune Coréenne est devenue gérante d'une pizzeria à Pyongyang... Un drôle de parcours sur lequel revient le Choson Sinbo, quotidien des Coréens du Japon, dans son édition du 28 juin 2008, loin des habituels clichés sur un "pays ermite". En attendant une pizza au kimchi?

Le restaurant Byolmuri ("le troupeau d'étoiles"), situé dans l'avenue Changgwang du quartier Ryonhwa de Pyongyang, capitale de la République populaire démocratique de Corée, est spécialisé dans la cuisine italienne.


Sa décoration "à l'occidentale" tranche avec les autres restaurants de la capitale nord-coréenne. Mais la réputation de cet établissement tient aussi aux efforts de Hwang Kum-hui, sa gérante depuis trois ans.


A sa sortie de l’Université de commerce Chang–Cholgu (du nom d'une cuisinière, héroïne de la résistance anti-japonaise avant 1945), Hwang Kum-hui n’avait pas d’expérience de la cuisine occidentale. Elle a donc fait son apprentissage auprès de cuisiniers italiens et suisses présents en Corée.

 

La réussite de ce restaurant est aussi due à son service de haut niveau. L'ensemble du personnel, de la gérante aux serveurs en passant par les cuisiniers, est toujours prêt à rendre un "service attentif" aux clients.

 

Parlant aussi bien l'anglais que l'allemand, Mme Hwang donne aimablement des explications aux clients étrangers sur ses méthodes pour arriver à faire de la cuisine occidentale. Et ces clients sont toujours impressionnés de sa parfaite maîtrise des langues.

Avec ce sens du service qui la caractérise, Hwang Kum-hui se met maintenant à apprendre le chinois.
Les cuisiniers et les serveurs du Byolmuri font preuve du même accueil et de la même gentillesse que leur patronne, sens de l'accueil et gentillesse qui sont, d’après eux, les premiers éléments d'un bon service. (source : Choson Sinbo)

Restaurant Byolmuri

Ryonhwa Dong

Arrondissement Central

Avenue Changgwang

Pyongyang
République populaire démocratique de Corée



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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 10:12

Au salon du timbre de Paris "Planète timbre", du 14 au 22 juin 2008, le stand de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a connu un vif succès en attirant de nombreux visiteurs. Une occasion unique de découvrir, en France, la philatélie de la République populaire démocratique de Corée.

Comme l'AAFC l'avait annoncé, avant d'être relayée sur francezone (le site des Coréens en France), la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a fait son retour au salon du timbre "Planète timbre", qui s'est tenu à Paris du 14 au 22 juin 2008. La direction de l'AAFC a rencontré M. Ho Yong, directeur de la Korea Stamp Corporation, M. Jo Nam-jin, collectionneur, en charge des relations avec les philatélistes à la Korea Stamp Corporation, et M. Ri Kwang-ho, conseiller commercial de la délégation générale de la RPDC en France, qui tenaient le stand de la RPDC.

Pendant neuf jours, les milliers de visiteurs du salon ont pu découvrir et acheter les timbres nord-coréens. Car la RPDC est l'un des pays asiatiques les plus en pointe dans le domaine de la philatélie. Après la libération de l'occupation japonaise, les premiers timbres ont été émis le 12 mars 1946. Il s'agit du 20 jon "Rose de Sharon", disponible en rouge, vert et vert brillant, et du 50 jon "Rochers de Samson" (trois variétés principales : vert, violet et rouge). Le troisième type (50 jon rouge et variété - hors cote - rouge-brun), qui représente le président Kim Il-sung, a été émis le 15 août 1946, à l'occasion du premier anniversaire de la Libération.

Au total, 5.000 types de timbres ont été émis depuis 1946 en RPDC, ce qui place la Corée du Nord devant la France... qui n'a émis "que" 3.000 timbres depuis 1849 ! L'histoire et la culture, mais aussi la géographie, la faune et la flore, occupent une place importante dans les thématiques de la philatélie nord-coréenne. On notera en particulier des émissions régulières concernant la mycologie, les costumes traditionnels coréens ou encore les moyens de transport.

Pendant la période de la guerre de Corée, suite à un décret du ministère des postes et télécommunications de janvier 1951, les timbres sud-coréens ont été acceptés dans les zones contrôlées par l'Armée populaire de Corée, mais à condition d'être surchargés des mots "timbre de la RPDC". 

En 1956, trois timbres ont été émis pour commémorer le dixième anniversaire de la promulgation de trois lois fondatrices du régime économique et social de la RPDC : la loi sur le travail, la loi sur l'égalité des sexes et la loi sur la nationalisation des principales industries.

Concernant la France, on relèvera l'émission d'une série pour l'exposition PHILEXFRANCE 1982 et, en 1984, un bloc (80 jon) et un timbre (10 jon) pour le cinquantième anniversaire de la mort de Marie Curie. Un timbre de 1987, d'une valeur de 20 jon, représente l'aviateur Roland Garros.

Une série originale de 1996 (quatre timbres de 50 jon et 1 timbre de 1 won) figure les différentes étapes de l'histoire de la Terre.

Trois timbres en or d'une valeur de 10 won, représentant Mao Zedong, Deng Xiaoping et Jiang Zemin, ont été émis en 1998, pour célébrer le premier anniversaire du retour de Hong-Kong à la Chine.

Un timbre de 2 won, représentant le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président sud-coréen Kim Dae-jung, a été émis le 23 octobre 2000, à l'occasion du sommet historique intercoréen qui s'est tenu à Pyongyang du 13 au 15 juin 2000.

Le premier catalogue des timbres de la RPD de Corée, disponible en anglais et en coréen, a été publié en 2002 : il décrit l'ensemble des émissions. La dernière version mise à jour de ce catalogue date de 2007.

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 21:50

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a un stand, cette année, au salon du timbre de Paris, du 14 au 22 juin 2008. L'AAFC invite tous les philatélistes à découvrir la diversité des timbres nord-coréens au Parc Floral de Paris, à l'occasion de la plus grande manifestation philatélique internationale en France.

"Planète timbre" (le salon du timbre et de l'écrit) est la plus grande manifestation philatélique internationale en France, organisée par la Poste : pour l'édition 2008, du 14 au 22 juin, plus de 100.000 visiteurs sont attendus pour découvrir les stands de près d'une centaine de professionnels venus de tous les pays du monde, sur une surface d'exposition, de vente et d'animationde 22.000 m2.

Tout en présentant l'histoire et les techniques d'impression du timbre-poste, avec des animations assurées par l’Imprimerie de Périgueux ou encore un atelier d’initiation à la reliure, le salon du timbre abrite à la fois des espaces d'exposition et de vente, sur les thèmes les plus variés : "Les grandes découvertes", "Les dieux du stade", "Planète verte"...

Julien Lepers animera un spécial "Questions pour un champion"... philatélique, tandis que l'opération "MONTIMBRAMOI" permettra à chacun d'imprimer des timbres à son image.

Cette année, l'AAFC invite plus particulièrement toutes et tous, philatélistes comme simples curieux, à découvrir le stand de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) : les exposants coréens vous y présenteront les émissions philatéliques de la RPDC, qui rendent compte tant de l'histoire de la Corée que d'une faune et d'une flore remarquables à plus d'un titre.

Illustration : Jeux olympiques de 1980, bloc de timbres "Les vainqueurs". Graveur : Kim Tong-han.

Renseignements pratiques : "Planète timbre 2008", au Parc Floral de Paris, hall de la Pinède (
esplanade du château de Vincennes, 12ème arrondissement, métro château de Vincennes), du 14 au 22 juin 2008, de 10 h à 18h (nocturne le vendredi 20 juin jusqu'à 20 heures). Entrée 1 euro (gratuit pour les enfants de moins de 7 ans et les groupes).
La RPDC occupe le stand 97 (entrée porte V ou Z). Attention : contrairement à ce qui avait été annoncé initialement, le stand de la RPDC restera ouvert jusqu'à la clôture du salon.
Plus d'informations sur le site du salon.

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 18:29

Le 1er mai 2008, la municipalité de Séoul a annoncé l'ouverture, en 2011, d'un centre de services pour les résidents étrangers dans la capitale sud-coréenne. Une initiative qui doit répondre aux demandes non satisfaites, notamment dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

En janvier 2008, le Centre Mondial de Séoul ("Seoul Global Center") a été inauguré au Centre de Presse de Séoul pour aider les résidents et les visiteurs étrangers, dont le nombre a quadruplé en dix ans, à résoudre leurs problèmes administratifs ou commerciaux. Par ailleurs, un numéro d'appel (1339) pour les urgences médicales est opérationnel depuis le 1er mai 2008, en anglais, en japonais et en chinois.

Toutefois, après la dernière rencontre organisée le 30 avril 2008 avec les résidents étrangers, la ville de Séoul a annoncé la création en 2011 d'un centre de services pour les étrangers.

Cette annonce vise à répondre aux demandes non satisfaites, notamment les demandes d'informations dans le domaine de la santé et de la protection sociale, ainsi qu'en ce qui concerne les écoles étrangères : par exemple, le lycée français de Séoul accueille près de 350 élèves, de la petite section de maternelle à la terminale, mais ses capacités ne répondent pas à toutes les demandes.


Le centre de services pour étrangers qui doit voir le jour en 2011 abriterait à Jongno, dans un bâtiment de 14 étages, les actuels services du Centre Mondial de Séoul, ainsi que des salles de réunion, des espaces d'exposition, un théâtre, une bibliothèque, une infirmerie de jour et un centre médical, des restaurants, des banques et des salles de gymnastique. (source : The Korea Times)

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 18:52

Les stéréotypes véhiculés dans les émissions, les articles et les livres à charge commis par certains "experts" es Corée du Nord, notamment en France, n'empêchent pas une amélioration de l'image de ce pays au niveau mondial. C'est un des enseignements de l’enquête annuelle effectuée pour la BBC sur la perception de l’influence de plusieurs pays. Avec infiniment moins de relais médiatiques et de moyens, la Corée du Nord se permet même de talonner les Etats-Unis.


Les habitants de 34 pays avaient à dire comment ils perçoivent l’influence des 14 Etats suivants : Etats-Unis, Iran, Israël, Pakistan, Japon, Allemagne, Russie, Grande-Bretagne, Chine, Corée du Nord, Inde, Union européenne, France et Brésil.


L’influence de la Corée du Nord dans le monde est désormais perçue positivement par 23% des personnes (en hausse de 4 points par rapport à l’enquête précédente de 2007) et négativement par 44% (en baisse de 4 points).


En termes d’avis positifs, la Corée du Nord se situe entre l’Iran (20% d’avis positifs) et les Etats-Unis (35%). Elle fait mieux que le Pakistan (18%) et Israël (19%).


Quand on en vient aux avis négatifs, la Corée du Nord arrive juste après la Russie (34% d’avis négatifs) mais avant les Etats-Unis (47%), le Pakistan (50%), Israël (52%) et l’Iran (54%).


Parmi les personnes interrogées, celles qui portent le meilleur jugement sur l’influence de la Corée du Nord dans le monde habitent en Chine (47% d’avis positifs), en Indonésie (41%), au Nigéria (40%) et aux  Philippines (39%).


A l’inverse l’influence de la Corée du Nord est d’abord perçue négativement au Japon (90% des interrogés), aux Etats-Unis (77%), en Corée du Sud (72%) et au Canada (67%).


Il est à noter que, depuis l’enquête de 2007, le rapport entre avis négatifs et positifs s’est inversé en faveur de la Corée du Nord dans trois pays : aux Philippines (21% d’avis positifs et 41% d’avis négatifs en 2007, contre respectivement 39% et 30% aujourd’hui), en Chine (34% de positifs et 39% de négatifs en 2007, contre 47% et 32% aujourd’hui) et en Russie (20% de positifs et 37% de négatifs en 2007, contre 28% et 21% aujourd’hui).


L’image de la Corée du Nord s’améliore aussi sensiblement en Australie où la proportion d’avis positifs passe de 7% à 16%, et en Italie où elle passe de 9% à 16%.


Dans un seul des pays où l'enquête a été menée, l’Inde, le rapport s’inverse pour devenir défavorable à la Corée du Nord : l’influence de la Corée du Nord, jugée positive par 26% des Indiens en 2007 (contre 18% d’avis négatifs), recueille désormais 11% d’avis positifs et 14% d’avis négatifs. Il convient néanmoins d’observer que la part des personnes sans opinion s’accroît de 10 points et atteint maintenant 41% en Inde.


En France, par rapport à l’enquête de 2007, la proportion de gens qui portent un jugement positif sur l’influence de la Corée du Nord dans le monde reste stable à 12%. En revanche, les avis négatifs diminuent pour représenter 63% des interrogés, contre 75% un an plus tôt.

 


L’enquête 2008 a été menée du 31 octobre 2007 au 25 janvier 2008 dans 34 pays auprès de 17 457 personnes interrogées par téléphone ou à domicile par la société GlobeScan et le Program on International Policy Attitudes (PIPA) de l’université du Maryland.


Consulter les résultats de l’enquête 2008.

 

Consulter les résultats de l’enquête 2007.

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