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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 15:43

cheonan epave rtbfLe 13 septembre 2010, le groupe mixte d'enquêteurs civils et militaires sud-coréens, américains, britanniques, australiens et suédois a rendu son rapport final sur le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan, le 26 mars dernier en mer de l'Ouest (mer Jaune), un drame qui a tué 46 marins. Les conclusions figurant dans le rapport final sont les mêmes que celles figurant dans le rapport intermédiaire du 20 mai : le Cheonan aurait été torpillé par un sous-marin nord-coréen.  Depuis le début, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) nie être impliquée dans le naufrage du Cheonan, proposant même l'envoi de ses propres enquêteurs à Séoul, une proposition toujours refusée par les autorités sud-coréennes. Malgré les pressions, de nombreux citoyens de Corée du Sud continuent de s'interroger sur les véritables causes du naufrage et, en Corée du Sud comme à l'étranger, plusieurs scientifiques et spécialistes de renom  considèrent que les conclusions de l'enquête officielle s'appuient sur des preuves trop faibles et servent trop d'intérêts pour être crédibles. Particulièrement en Corée du Sud, les appels se multiplient pour une réouverture de l'enquête afin de connaître de manière certaine la vérité sur le naufrage du Cheonan, une question considérée, à juste titre, essentielle pour la sauvegarde de la paix dans la péninsule coréenne, en Asie du Nord-Est et dans le monde. Ceux qui appellent à la réouverture de l'enquête sur le Cheonan sont désormais aidés dans ce combat par un documentaire et une base documentaire créés par des Sud-Coréens et disponibles en anglais sur Internet. Pour que l'opinion publique mondiale ne puisse pas dire un jour « Nous ne savions pas » .

 

 Le 12 novembre 2010, Hani TV, département audiovisuel du quotidien sud-coréen Hankyoreh, a édité une version anglaise de son documentaire intitulé Beneath the Surface: the investigation into the sinking of the Cheonan (Sous la surface : l'enquête sur le naufrage du Cheonan). Ce documentaire est désormais disponible sur les sites YouTube (youtube.com/watch?v=SDITkTEDVNA) et HaniTV (hanitv.com/sisa/sub_index.php?depth1_idx=4).

 

Avec l'aide de députés de l'Assemblée nationale sud-coréenne, de spécialistes des opérations de sauvetage, de scientifiques et de membres d'organisations civiques, les journalistes de Hani TV ont analysé le rapport final du groupe mixte d'experts civils et militaires mandaté par le gouvernement sud-coréen pour enquêter sur le naufrage du Cheonan.

 

Ce documentaire de 26 minutes s'intéresse principalement aux aspects scientifiques de l'enquête officielle sur le drame du 26 mars, en soulignant les failles significatives des preuves avancées par les experts du groupe mixte qui imputent le naufrage à la Corée du Nord. Les auteurs du documentaires font notamment référence à l'autre enquête menée par les experts de la Marine russe, dont les conclusions – non rendues publiques à ce jour mais obtenues par le Hankyoreh - infirment la thèse officielle dite de la torpille nord-coréenne.

 

Le film présenté par Hani TV replace aussi le naufrage du Cheonan dans son contexte. Pour les auteurs du documentaire, la précipitation avec laquelle le groupe mixte a rendu ses premières conclusions incriminant la RPDC dès le 20 mai 2010 - après moins de deux mois d'enquête - s'explique par deux facteurs : les tensions entre les deux alliances que forment la Corée du Sud et les Etats-Unis d'un côté, la Corée du Nord et la Chine de l'autre ; les élections locales du 2 juin en Corée du Sud.

 

Cette idée est notamment défendue par Jong Se-hyun, ministre sud-coréen de la Réunification de 2001 à 2004.

 

Le documentaire de Hani TV ne prétend pas dire ce qui est arrivé le 26 mars 2010 en mer de l'Ouest. Plus modestement, il pointe les failles de l'enquête officielle et la manipulation de l'opinion publique qui en a résulté.

 

Est-il possible de réouvrir l'enquête sur le Cheonan en soulignant ses insuffisances criantes? Le combat pour la vérité, ou contre le mensonge et la manipulation, vaut-il la peine d'être mené? Oui, répondent les auteurs du documentaire,  en rappelant le précédent d'un autre drame naval, celui de l'USS Iowa.

 

USS_Iowa_BB61_Iowa_Explosion_1989.jpgLe 19 avril 1989, au large de Porto Rico, l'explosion d'une tourelle de tir sur le cuirassé américain USS Iowa fit 47 victimes parmi les membres d'équipage. La première enquête de la Marine américaine concluait que l'explosion avait été délibérément provoquée, à l'aide d'un détonateur, par un marin affecté au canon de la tourelle. Les familles des victimes, les médias et le Congrès des Etats-Unis critiquant les conclusions de la Marine, le comité des forces armées du Sénat et le comité des forces armées de la Chambre des représentants se penchèrent sur cette enquête avant d'en contester les résultats. Le Government Accountability Office (GAO), organisme d'audit, d'évaluation et d'investigation du Congrès américain, réexamina donc l'enquête de la Marine, aidé par des scientifiques qui démontrèrent qu'une surcharge des sacs de poudre dans la culasse du canon aurait pu provoquer l'explosion sur l'USS Iowa. La Marine mena alors de nouveaux tests confirmant la probabilité de ce scénario et dut réouvrir l'enquête. Finalement, en 1991, la Marine américaine conclut que la cause de l'explosion du 19 avril 1989 ne pouvait être déterminée et exprima ses regrets à la famille du marin qui avait été accusé...

 

Le documentaire produit par Hani TV sera utilement complété du site Internet   www.truthcheonan.info.

 

Ce site en anglais et en coréen a été créé par quatre universitaires d'origine coréenne travaillant dans des disciplines différentes : Jaejung Suh de l'Ecole des études internationales avancées de l'Université Johns Hopkins (sciences politiques), Seunghun Lee de l'Université de Virginie (physique), Sunwon Park de la Brookings Institution (sciences politiques) et Panseok Yang de l'Université du Manitoba (géologie). Dès le mois de juillet, Suh et Lee avaient souligné les insuffisances et incohérences graves de l'enquête offficielle sur le naufrage du Cheonan

 

Grâce à ce site Internet, véritable base documentaire, les universitaires veulent « contribuer à découvrir pourquoi et comment la corvette Cheonan de la Marine de la République de Corée a coulé le 26 mars 2010 en mer de l'Ouest, rassembler les rapports du gouvernement, les analyses indépendantes et les articles de presse relatifs à l'incident du Cheonan, et partager ces éléments avec tous ceux qui recherchent la vérité. »

 

La pression de scientifiques indépendants poussera-t-elle à réouvrir l'enquête sur le Cheonan? Déjà, à l'issue du G20 des 11 et 12 novembre 2010, le gouvernement sud-coréen a fait savoir que des « excuses » de la part de la RPDC pour le naufrage du Cheonan ne constituent plus une condition pour une reprise des pourparlers à six pays sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. En annonçant, le 24 mai 2010, des mesures de rétorsion à l'encontre de la Corée du Nord, le président sud-coréen Lee Myung-bak avait pourtant fait de telles excuses un préalable. En y renonçant, Lee Myung-bak satisfait les exigences de la République populaire de Chine et de la Fédération de Russie, parties aux pourparlers à six et soucieuses de la stabilité de la péninsule coréenne. Implicitement, il reconnait aussi les failles de l'enquête officielle et sa propre responsabilité dans l'aggravation des tensions en Corée depuis plusieurs mois.

 

 

 

Sous la surface : l'enquête sur le naufrage du Cheonan

Corée du Sud - novembre 2010 - 26 mn

(en anglais)

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Naufrage du "Cheonan"
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