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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 13:10

Après le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan qui a causé 46 morts, le 26 mars dernier, une enquête internationale composée notamment d'experts américains et sud-coréens a imputé ce drame à la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), qui a vigoureusement démenti et aussitôt proposé d'envoyer sur place sa propre équipe d'experts - ce qu'a refusé la Corée du Sud. Alors que l'enquête officielle a suscité de nombreuses interrogations, notamment d'un ancien membre de l'équipe d'enquête choisi par l'opposition sud-coréenne et de membres de la Marine russe pourtant invités par la Corée du Sud à examiner les "preuves" prétendument recueillies, le Conseil de sécurité des Nations Unies a pris une position équilibrée évitant toute sanction. Mais les Etats-Unis, la Corée du Sud ou d'autres Etats occidentaux, comme le Canada, ont choisi d'adopter unilatéralement de nouvelles sanctions qui touchent les populations nord-coréennes, en tirant argument de la responsabilité nullement démontrée de Pyongyang pour refuser, jusqu'à ce jour, une reprise des discussions bilatérales et multilatérales, malgré les gestes de dialogue et d'apaisement répétés de la RPD de Corée. Dans ce contexte de blocage, Pyongyang a apporté ses propres éléments de réfutation, point par point, aux résultats de l'enquête officielle américano - sud-coréenne.

 

Cheonan questionDans le bras-de-fer qui se joue entre Washington et Séoul, d'une part, et Pyongyang, d'autre part, les premiers exigeant de la seconde des "excuses" pour le naufrage du Cheonan dans lequel la RPD de Corée nie toute implication, des éléments nouveaux ont été apportés par la partie nord-coréenne.

 

Dans un communiqué publié le 2 novembre 2010, la Commission de la défense nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) dénonce une "pure fabrication" et une "farce", en soulignant quelques-unes des failles de l'enquête officielle conduite par une équipe civilo-miltaire, formée notamment d'experts américains et sud-coréens :

 

- alors que la pièce à conviction des enquêteurs sud-coréens et américains est un fragment de torpille en aluminium, la Corée du Nord a indiqué que ses torpilles, dont elle fournirait des échantillons, étaient composées d'acier, et non d'aluminium ;

 

- l'inscription "n° 1" en coréen, sur ce même fragment, n'utilise pas la graphie utilisée au Nord de la péninsule, et la chaleur de l'explosition aurait dû l'effacer ;

 

- selon Pyongyang, aucun sous-marin ne serait basé dans le port de la côte occidentale, d'où serait parti selon Washington et Séoul - deux ou trois jours avant le naufrage - le sous-marin lanceur de torpilles incriminé.

 

Les Américains et leurs alliés sud-coréens ont déclaré qu'il n'y avait "rien de nouveau" dans ces déclarations, faites quelques jours après l'échec de nouvelles négociations entre la Corée du Nord et le commandement des Nations Unies, à direction américaine, stationné en Corée du Sud. Mais les réponses formulées, laconiques, sont loin d'apporter les preuves irréfutables exigées par Pyongyang :

 

 - des photos satellites montrant des sous-marins nord-coréens à proximité du port d'attache supposé par les Etats-Unis et la Corée du Sud (alors même que le principe d'un sous-marin est d'être mobile...),

 

- des témoignages de Nord-Coréens ayant fait défection - et dont l'objectivité peut être mise en doute - tendant à attester que la graphie coréenne de l'inscription sur la torpille serait aussi utilisée au Nord, alors que des linguistes ont observé qu'une telle graphie est peu utilisée au Nord, et non qu'elle ne l'est jamais.

 

Enfin, les scientifiques sud-coréens et américains observent un silence gêné sur des éléments encore plus confondants, comme le fait que l'inscription n'ait pas été effacée par la chaleur de l'explosion - alors même que ces interrogations ont été soulevées non seulement par les Nord-Coréens, mais aussi par les experts indépendants sud-coréens et russes. Ces derniers, qui ont avancé la thèse d'un échouement accidentel du Cheonan, ont d'ailleurs observé que le fragment de torpille, retrouvé après de longues semaines de recherche par l'équipe américano - sud-coréenne, avait été immergé pendant au mois six mois, et ne pouvait donc pas être à l'origine d'un naufrage survenu deux mois plus tôt...

 

Sources : AAFC, Associated Press

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Naufrage du "Cheonan"
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)