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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 22:00

Il y a plusieurs lectures possibles du sommet du G20 qui se tient à Séoul les 11 et 12 novembre prochains : la fierté - légitime - pour la République de Corée (du Sud) d'accueillir un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des dix-neuf économies les plus puissantes de la planète, auxquels s'ajoutent les représentants de l'Union européenne, la Corée du Sud comptant aujourd'hui parmi les économies industrialisées les plus fortes au monde, alors que son niveau de vie par habitant était équivalent à celui du Cameroun en 1970, devenant aussi le premier pays non membre du G8 à accueillir un sommet du G20 ; les mesures de coordination attendues pour encourager une reprise économique forte et durable (le thème du sommet étant le rôle du G20 dans le monde d'après-crise), alors que les déséquilibres commerciaux et des balances des paiements courants ont nourri un débat sur la sous-évaluation du yuan chinois, même si les précédents sommets du G20 - depuis le premier qui s'est tenu au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement à Washington, le 15 novembre 2008 - invitent à relativiser l'efficacité attendue d'une hypothétique coordination des politiques économiques entre un nombre aussi important d'Etats ; les questions bilatérales traitées dans le cadre ou en marge du sommet, comme l'appel du président russe Dimitri Medvedev à résoudre par la discussion la question nucléaire dans la péninsule coréenne, faisant ainsi écho aux déclarations chinoises et nord-coréennes à reprendre les pourparlers à six. Pour sa part, l'AAFC a choisi de mettre en lumière un aspect moins médiatisé du sommet de Séoul : les mesures de sécurité déployées, dans la mesure où elles sont révélatrices du respect de la liberté de manifester dans une société démocratique.

 

NOV 7Rally SPARK STOP G20

Manifestation à Séoul le 7 novembre 2010 contre le sommet du G20

(source : Solidarity for Peace and Reunification of Korea)

 

Ils sont plusieurs dizaines de milliers de manifestants, attendus des quatre coins de la planète, qui protesteront contre les mesures économiques néo-libérales prises dans le cadre du sommet G20. Un résultat déconcertant pour l'hôte de l'événement, le président sud-coréen Lee Myung-bak, qui a exhorté les associations et les syndicats à ne pas manifester lors du sommet de Séoul - fort de cet argument que les politiques prônées par le G20 encourageraient, selon lui, la croissance économique et l'emploi, conformément aux intérêts des associations et des syndicats. Ces déclarations, faites lors d'une conférence de presse le 3 novembre dernier, révèlent une nostalgie de la société corporatiste de la Corée du Sud des généraux, où le seul syndicat autorisé - la Fédération coréenne des syndicats, toujours majoritaire en Corée du Sud - était la courroie de transmission des mots d'ordre gouvernementaux et des chefs d'entreprise, dans une société certes en pleine croissance économique, mais où se creusaient les inégalités.

 

En dépit de et malgré cet appel à ne pas manifester, il est pourtant peu probable que l'un des chefs d'Etat et de gouvernement invités croise les manifestants - ceux-ci ayant été confinés dans un lointain périmètre. En effet, pendant toute la durée du sommet, les manifestations seront interdites dans un rayon de 2 kilomètres autour du centre d'exposition, le Coex, situé au Sud de Séoul, où se rencontreront les chefs d'Etat et de gouvernement. Par ailleurs, comme l'a précisé la radio télévision publique sud-coréenne KBS, "trois cercles concentriques de protection seront installés autour de ce centre d’exposition. Ils seront constitués de barrières et de murs hauts de 2,2 mètres. L’accès du public à ce lieu de rassemblement sera interdit à partir du 10 novembre, et jusqu’à la fin du sommet."

 

La liberté de la presse est née d'une idée fondamentale : c'est dans la libre confrontation des idées et des opinions que naît la possibilité, pour chaque citoyen, de se forger ses propres convictions, et non dans l'interdiction de manifester certaines opinions. Il en va de même pour la liberté de manifester : c'est aux citoyens eux-mêmes de juger qui, des manifestants ou des chefs d'Etat et de gouvernement, formule des propositions les plus à même de résoudre les problèmes économiques et sociaux. Telle n'est malheureusement pas la voie empruntée par le gouvernement Lee Myung-bak. L'AAFC formulant cependant le voeu que les manifestations puissent malgré tout  s'effectuer dans un cadre respectueux de l'intégrité physique des participants, et que leurs arguments ne seront pas privés d'antenne, à défaut qu'ils se fassent voir et entendre des chefs d'Etat et de gouvernement.

 

Sources : AAFC, Le Monde, KBS

 

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Relations internationales de la Corée
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)