Le 24 août 2011, en visite en Russie, le dirigeant Kim Jong-il de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a rencontré le président de la Fédération de Russie Dmitri Medvedev dans un complexe militaire à Oulan-Oude, en Sibérie. Cette première réunion au sommet entre les deux dirigeants a été très riche, confirmant le rôle essentiel de la Russie pour la reprise des pourparlers à six (les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon) sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Pyongyang a confirmé être prêt à revenir de manière inconditionnelle à la table des négociations et a proposé un moratoire de ses essais nucléaires et de sa production d'armes nucléaires. Des avancées importantes ont également été opérées dans le domaine économique : une commission spéciale sera mise en place pour la création d'un gazoduc entre la Russie, la RPDC et la Corée du Sud, qui pourrait être opérationnel dès cette année en transportant un volume de 10 milliards de mètres cubes. La question de la dette de la RPD de Corée vis-à-vis de l'ex-URSS a également été abordée, en vue d'un règlement de cet obstacle au développement des échanges économiques bilatéraux avec la Russie. Face à ces nouvelles manifestations de bonne volonté de Pyongyang pour diminuer les tensions dans la péninsule coréenne, avec l'appui explicite de Moscou, la balle est maintenant dans le camp de Washington et de Séoul, qui ont dans l'immédiat boudé la proposition nord-coréenne de moratoire des essais nucléaires. Mais cette position de déni des réalités géopolitiques est-elle longtemps tenable, face à la probable émergence d'un front uni Pyongyang-Pékin-Moscou ?
Lors de leur sommet à Oulan-Oude le 24 août 2011, le président Kim Jong-il de la Commission de la Défense nationale de la RPD de Corée et le président Dmitri Medvedev de la Fédération de la Russie ont convenu du plus important accord bilatéral conclu entre les deux pays depuis 2001, offrant ainsi de grands espoirs pour une diminution des tensions dans la péninsule coréenne afin que d'affirmer cette région du monde comme une zone de paix et de prospérité, dans l'intérêt de toutes les parties.
Lors du banquet qu'il a offert à ses invités coréens, le président Dmitri Medvedev a souligné la qualité des relations bilatérales entre la Russie et la RPD de Corée, en rappelant notamment les échanges conduits dans les domaines culturel et universitaire : en particulier, des troupes russes se sont produites régulièrement dans le cadre du Festival de Printemps à Pyongyang, un centre culturel russe a ouvert ses portes dans la capitale de la RPD de Corée il y a trois ans et des étudiants nord-coréens sont présents en Russie dans le cadre de programmes d'échanges.
Dans le discours qu'il a prononcé lors de ce même banquet, le dirigeant Kim Jong-il a souligné le rôle et les succès remportés par le peuple et le gouvernement russes dans la défense de la paix et de la sécurité mondiales, ainsi que dans l'édification d'une Russie puissante et prospère. Félicitant les habitants de Oulan-Oude pour la chaleur de leur accueil à l'occasion de sa troisième visite en Russie depuis 2000, il a observé que "les peuples de nos deux pays ont développé de manière continue l'histoire et la tradition d'amitié comme les flots calmes du fleuve Tumen".
Au plan stratégique, ainsi que l'a annoncé la secrétaire de presse de la présidence russe Natalia Timakova, la RPD de Corée a réaffirmé être prête à reprendre les négociations à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne et, à cette fin, le dirigeant Kim Jong-il s'est engagé à un moratoire de la RPDC sur les essais nucléaires et la production d'armes nucléaires.
Comme l'a observé Georgy Toloraya, directeur de recherches au Centre des études coréennes modernes de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales, les pourparlers à six pourraient reprendre "car il sera difficile d'ignorer un signal que Kim Jong-il donne à la communauté internationale avec l'aide de Dmitri Medvedev". La première réaction de Washington et de Séoul a toutefois été de considérer comme insuffisante la proposition nord-coréenne.
Ce nouveau geste d'engagement de Pyongyang pour diminuer les tensions dans la péninsule coréenne s'inscrit dans le cadre d'annonces majeures de développement de la coopération économique, dans la continuité du message de félicitations adressé par le président Dmitri Medvedev au dirigeant Kim Jong-il à l'occasion du 66ème anniversaire de la capitulation du Japon (15 août 1945).
Dans le domaine du transport du gaz entre la Russie et la Corée du Sud (où se trouve le plus grand nombre de consommateurs) via la RPD de Corée, la décision a été prise de créer une commission spéciale pour déterminer les paramètres concrets de coopération, comme le volume transporté et le montant des droits de transit qui seraient versés à la RPDC. Toujours selon le Kremlin, ce gazoduc, d'une longueur de 1.100 km, pourrait être opérationnel dès cette année en transportant un volume de 10 milliards de mètres cubes.
Alors que plusieurs délégations de la compagnie russe Gazprom se sont rendues récemment en RPD de Corée, Dmitri Medvedev a chargé personnellement Alexey Miller, le chef de Gazprom, de "négocier étroitement" avec ses homologues nord et sud-coréens. Une telle mesure, soutenue par Pyongyang, sera aussi de nature à restaurer des relations de confiance entre les deux Corée.
Enfin, les deux parties ont convenu de renégocier la dette due par la RPDC à l'ex-URSS, d'un montant de 11 milliards de dollars, actuel obstacle au développement des relations économiques bilatérales. Les discussions impliqueraient à la fois la reconnaissance de la Russie comme Etat successeur de l'URSS dans le paiement de cette dette, ainsi qu'une renégociation du montant basé sur le taux de change officiel de l'époque de 0,6 rouble pour un dollar.
Ces mesures participent de la diversification des échanges économiques de la RPD de Corée, dont la Chine est aujourd'hui le premier partenaire.
Sources : KCNA, RT, RIA Novosti
Photos : Présidence de la Fédération de Russie
| Discours prononcé par Dmitri Anatolievitch Medvedev, Président de la Fédération de Russie à Oulan-Oude , Fédération de Russie, le 24 août 2011
Votre Excellence, respecté Kim Jong-il, Respectés amis, La rencontre de travail que j'ai eue avec Votre Excellence Kim Jong-il, Président de la Commission de la Défense nationale de la République populaire démocratique de Corée, vient de s'achever. Permettez-moi de vous offrir mes remerciements pour cet échange efficace de vues sur les questions bilatérales et internationales urgentes et de souhaiter une nouvelle fois la bienvenue en Russie à tous les invités de RPDC. Les relations de bon voisinage entre nos deux pays reposent sur des bases solides. Elles ne sont pas seulement dues à une proximité géographique et à des relations bilatérales de longue date. La coopération entre la Russie et la RPDC présente un grand potentiel. Réaliser une coopération entre les deux pays apportera beaucoup d'avantages, pas seulement quelques bénéfices économiques, à nos deux peuples. Aujourd'hui, avec Votre Excellence Kim Jong-il, nous avons convenu d'approfondir le dialogue politique et de développer complètement la coopération de travail. Il existe, aussi, une grande possibilité de coopération entre nous dans les domaines de l'éducation et de la culture. Le Centre de Russie fonctionne depuis déjà trois ans à Pyongyang et des étudiants de RPDC suivent des études et des programmes de formation dans des universités de Russie. Des troupes artistiques de Russie se produisent sans cesse en RPDC et c'est devenu une tradition pour elles de participer au Festival artistique d'amitié Printemps d'Avril. Les contacts entre les régions des deux pays ont fleuri dans la période récente. Des documents sur l'établissement de jumelages entre diverses villes de Russie et de RPDC sont en train d'être préparés. La coopération entre la Russie, la RPDC et la République de Corée pour la réalisation de grands projets dans les domaines des infrastructures et de l'énergie offre une grande perspective. Je suis convaincu que mettre en œuvre cette coopération bénéficiera à nos trois pays et aura un impact positif sur l'installation d'un environnement favorable au dialogue et à l'établissement de la confiance entre la République populaire démocratique de Corée et la République de Corée. C'est notre tâche commune, je crois, de mettre un terme à la confrontation entre le Nord et le Sud, qui dure depuis plus d'un demi-siècle. Dans le futur, aussi, nous contribuerons à rechercher des solutions politiques et économiques pour faire de la péninsule coréenne et de l'Asie du Nord-Est des régions dans lesquelles la paix et la sécurité sont établies. Respectés amis, En espérant que vous aurez reçu de bonnes impressions au cours de votre séjour en Russie, je propose de porter un toast à la bonne santé de Votre Excellence Kim Jong-il, respecté Président de la Commission de la Défense nationale de la RPDC, et à la bonne santé de toutes les personnes présentes ici, ainsi qu'au bien-être et à la prospérité des peuples de la RPDC et de la Russie.
Source : KCNA (traduction : AAFC) |
| Discours prononcé par Kim Jong-il, Président de la Commission de la Défense nationale de la République populaire démocratique de Corée, à Oulan-Oude , Fédération de Russie, le 24 août 2011
Votre Excellence, respecté Président Dmitri Anatolievitch Medvedev, Proches amis de Russie, Cela me procure un grand plaisir de visiter à nouveau la Sibérie et la région de l'Extrême-Orient de la Russie, une amicale voisine, après une décennie et de vous rencontrer. Permettez-moi de vous exprimer, en premier lieu, mes profonds remerciements pour avoir parcouru des milliers de kilomètres afin de venir de la capitale Moscou à Oulan-Oude, pour nous accueillir chaleureusement et nous accorder une place si significative aujourd'hui. Cela nous donne un plaisir particulier de visiter votre pays pour la troisième fois en ce nouveau siècle et de voir par nous-mêmes les réussites de votre peuple dans la construction d'une Russie puissante et moderne. Sous votre direction, le gouvernement et le peuple russes remportent de nombreux succès dans l'œuvre visant à renforcer les capacités de défense du pays et à parvenir à la modernisation de l'économie et à la stabilité sociale et politique, et ils travaillent avec acharnement pour instaurer un ordre international juste s'opposant aux pratiques autoritaires et arbitraires. C'est notre espoir sincère que les efforts accomplis par les amicaux gouvernement et peuple russes pour défendre la paix et la sécurité dans le monde et construire une Russie riche et puissante porteront de beaux fruits. Les peuples de nos deux pays ont développé de manière continue l'histoire et la tradition d'amitié comme les flots calmes du fleuve Tumen. Nous sommes heureux de constater que les relations d'amitié et de coopération entre les deux pays ont récemment connu un développement favorable dans divers domaines. Développer régulièrement et profondément l'histoire et la tradition d'amitié entre la Russie et la RPDC est totalement conforme aux intérêts des deux peuples et est d'une grande importance pour la défense de la paix et de la stabilité en Asie du Nord-Est. Nous sommes convaincus que la rencontre au sommet de ce jour constituera indubitablement une date importante dans le renforcement des relations entre la RPDC et la Russie, en ligne avec l'aspiration et le souhait des deux peuples, et dans la transformation de l'Asie du Nord-Est en une région de paix et de coopération. Nous ferons dans le futur, aussi, tous les efforts afin de renforcer les traditionnelles relations d'amitié et de coopération entre la RPDC et la Russie. Pour terminer, je voudrais saisir cette occasion débordant de sentiments d'amitié pour porter un toast à la consolidation et au développement des traditionnelles relations d'amitié et de coopération entre nos deux pays, à la bonne santé de Votre Excellence, respecté Président Dmitri Anatolievitch Medvedev, et à la bonne santé des chers amis de Russie et de toutes les personnes présentes ici.
Source : KCNA (traduction : AAFC) |
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Dans son message au président russe Dmitri Medvedev, Kim Jong-il, président de la Commission de la défense nationale de la RPD de Corée, a déclaré : "A l'occasion du 66ème anniversaire de la Libération de la Corée, je vous renouvelle mes félicitations à vous, et à travers vous, au peuple russe. Je vous souhaite plein succès dans vos travaux, convaincu que les relations entre la RPDC et la Fédération de Russie se développeront conformément aux intérêts communs et aux désirs des peuples de nos deux pays".

Le 12 avril 2011, lors d'une réception à l'ambassade de la RPDC à Moscou pour le 99ème anniversaire de la naissance du pésident Kim Il-sung, Alexei Borodavkin, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a annoncé une aide à la RPDC d'un montant total de 5 millions de dollars, dans le cadre du Programme alimentaire mondial et de projets bilatéraux. Cette annonce, couplée à un appel à la reprise des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, faisait suite à une visite en RPDC d'Alexei Borodavkin en mars dernier. De fait, la Russie manifeste un intérêt renouvelé pour la Corée, et spécialement la Corée du Nord, rééquilibrant ses relations entre les deux parties de la péninsule.
S'agissant de la Corée du Sud, la rencontre au sommet entre Mikhaïl Gorbatchev et le président sud-coréen Roh Tae-woo à San Francisco, le 5 juin 1990, a rapidement ouvert la voie à l'établissement de relations diplomatiques complètes, le 30 septembre 1990. En quelques années, la nouvelle direction soviétique avait accepté la présence militaire américaine en Corée (comme elle l'avait accepté en Europe), tout en montrant un intérêt accru pour le dynamisme économique de la Corée du Sud, engagée depuis 1987 sur un processus de démocratisation. Pour sa part, Roh Tae-woo avait annoncé, dès son discours d'investiture en 1988, sa volonté de poursuivre la politique de normalisation des relations diplomatiques avec les démocraties populaires, tout en proposant une conférence pour la paix réunissant, outre les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, l'URSS et le Japon. En avril 1991, Mikhaïl Gorbatchev rencontre Roh Tae-woo en Corée du Sud, et en novembre 1992 Boris Elstine se rend à son tour à Séoul.
L'accession au pouvoir de Vladimir Poutine a permis une amélioration des relations russo - nord-coréennes, permettant la signature, en février 2000, d'un traité d'amitié, de relations de bon voisinage et de coopération. En juillet 2000, la rencontre à Pyongyang entre le nouveau président russe et Kim Jong-il conduit à la signature d'une déclaration conjointe. En août 2001, le dirigeant Kim Jong-il était à son tour reçu à Moscou. Parallèlement à l'amélioration des relations diplomatiques, les échanges économiques bilatéraux ont connu un regain, ayant dépassé 200 millions de dollars par an entre 2004 et 2006. Outre le dossier de la dette publique nord-coréenne à l'égard de la Russie (estimée à 8 milliards de dollars, dont l'annulation partielle est régulièrement évoquée), un enjeu économique majeur serait le rétablissement des liaisons ferroviaires (en avril 2008, un
L'envoi de ces experts a été décidé le 26 mai par le président russe Dmitri Medvedev. Un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères avait auparavant confirmé que la Russie ne souhaitait pas discuter de l'affaire devant le Conseil de sécurité des Nations Unies avant de posséder « des preuves garanties à 100 % que la République populaire démocratique de Corée est impliquée de quelque manière que ce soit dans le naufrage de ce navire. »
Un an plus tard, l'implication de la Corée du Nord dans la destruction du Cheonan suscite des doutes parmi les responsables russes. Ainsi, Konstantin Poulikovski, conseiller du président du Conseil de la Fédération (sénat russe) ne croit pas que la Corée du Nord a torpillé le Cheonan. « Pourquoi l'aurait-elle fait? A quelle fin? Cette démarche manque totalement de logique », a-t-il déclaré à l'agence de presse RIA Novosti.
Les six pays (deux Corée, Etats-Unis, Chine, Russie, Japon) participant aux négociations sur le programme nucléaire nord-coréen se sont à nouveau réunis à Pékin. Cette septième session de pourparlers à six s'est achevée sur un désaccord au sujet de la méthode de vérification et du calendrier du démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes. Au delà de cet échec prévisible - en raison des positions opposées des Etats-Unis et de la Corée du Nord et de l'attente de l'entrée en fonctions de l'administration Obama - cette nouvelle session de pourparlers a aussi permis de révéler l'importance d'un pays jusqu'ici plutôt en retrait, la Russie. Cette dernière pourrait bientôt jouer un rôle crucial pour la réussite des pourparlers et, plus généralement, pour la paix en Asie du Nord-Est.
Kim Sook et C
Le vice-ministre des Affaires étrangères, chef de la délégation russe aux pourparlers, Alexei Borodavkine, a fait part de sa surprise suite à une déclaration américaine selon laquelle le Japon, la Russie, les Etats-Unis et la Corée du Sud avaient convenu d'un arrêt des livraisons d'énergie à la Corée du Nord jusqu'à ce que des progrès soient accomplis sur la vérification des activités nucléaires de Pyongyang. "Il n'y aura plus de livraison de fioul en l'absence d'un régime de vérification," a ainsi déclaré le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack. 


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