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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 14:10

Ancien Président de l'Assemblée populaire suprême (APS, la chambre des députés) de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), ayant exercé à ce titre les fonctions de chef de l'Etat, Kim Yong-nam est décédé le 3 novembre 2025, à l'âge de 97 ans. Un hommage solennel lui a été rendu en RPDC, où a été soulignée sa contribution éminente au socialisme et à la prospérité de la RPDC. Le 5 novembre il a été enterré au cimetière des martyrs patriotes de Sinmi-ri. Il était l'un des visages les plus connus de la RPDC, ayant servi pendant près de six décennies sous la direction de Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un. Il avait rencontré à de nombreuses reprises des délégations étrangères, y compris de l'AAFC, qui salue sa mémoire. 

Disparition de Kim Yong-nam, figure majeure de la politique nord-coréenne

Né le 4 février 1928 à Pyongyang, Kim Yong-nam fait partie de la génération de jeunes cadres promus après avoir combattu pendant la guerre de Corée. C'est dans la diplomatie qu'il a gravi un à un les échelons, avant de devenir ensuite Président de l'APS entre 1998 et 2019.

Directeur adjoint du département des affaires internationales du Comité central (CC) du Parti du travail de Corée (PTC) en 1960, il devient parallèlement vice-président du Comité des relations culturelles avec les pays étrangers (CRCPE), en charge des relations avec les associations d'amitié. Quand il recevra encore ses représentants près d'un demi-siècle plus tard, cette fois en tant que président de l'APS, il manifestera un vrai plaisir à recevoir certains d'entre eux devenus ses amis, comme Guy Dupré, ancien président de l'AAFC et secrétaire général du CILRECO de 1977 à 2024. Kim Yong-nam était invariablement affable et souriant. 

Vice-ministre des Affaires étrangères en 1962, il devient membre du CC du PTC en 1970 puis président du CRCPE en 1972. Il devient également député à l'APS. En 1975, il est secrétaire aux affaires internationales du CC du PTC. Ministre des Affaires étrangères de 1983 à 1998, il ne quitte ces fonctions que pour exercer celles de chef de l'Etat en tant que président de l'Assemblée nationale. C'est à lui qu'était revenu l'honneur insigne de proposer Kim Jong-il comme nouveau secrétaire général du PTC, en octobre 1997, après le deuil de trois ans ayant suivi la disparition de Kim Il-sung en juillet 1994.

Diplomate expérimenté, il savait être très dur en négociations pour défendre les intérêts de son pays, comme l'a souligné dans ses mémoires l'ancien ambassadeur soviétique à Pyongyang Alexandre Kapto : la reconnaissance de la République de Corée (Corée du Sud) par l'URSS en 1990 avait été vécue comme une trahison par Pyongyang, faute de concertation préalable avec la RPDC. Mis devant le fait accompli, Kim Yong-nam avait souligné que c'était une rupture des dispositions du traité d'amitié et de coopération entre l'URSS et la RPDC et des engagements pris par Mikhail Gorbatchev, et que la RPDC se réservait ainsi la possibilité de reconnaître les républiques soviétiques qui se déclaraient indépendantes... Edouard Chevarnadze, alors ministre des Affaires étrangères de l'Union soviétique, avait subi une humiliation sans précédent lors de sa visite à Pyongyang. Ce récit contredit la thèse véhiculée par certains médias occidentaux que Kim Yong-nam n'aurait été qu'une figure protocolaire : selon les spécialistes de la RPDC, il était une des personnalités les plus influentes sur la scène politique nord-coréenne, écoutée par le dirigeant suprême.

En tant que président de l'APS, Kim Yong-nam a parcouru le monde, étant sur tous les fronts : il effectue des tournées diplomatiques en tant que chef de l'Etat, représente son pays à Moscou pour le 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale ou en Tanzanie pour la célébration de l'indépendance du Tanganyika, ainsi que lors des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques à Sotchi en 2014 ou à Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018, à la même tribune que le vice-président américain Mike Pence. Les médias étrangers soulignent alors qu'il cède la place à Kim Yo-jong.

Lorsqu'il prend se retraite politique, il a 91 ans, ayant été pendant de longues années un grand serviteur de l'Etat et du Parti, mais il continue de participer aux cérémonies officielles - en juillet 2024, il avait ainsi assisté aux commémorations du 30e anniversaire de la disparition du Président Kim Il-sung.

Cérémonie funéraire : la famille du défunt et ses proches forment le premier carré (source : KCNA)

Cérémonie funéraire : la famille du défunt et ses proches forment le premier carré (source : KCNA)

Sa tombe au cimetière des martyrs patriotes (source : KCNA)

Sa tombe au cimetière des martyrs patriotes (source : KCNA)

Sources :

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