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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 17:54

Toujours plus nombreux : alors qu'ils étaient 1 million en Corée du Sud à manifester les 12 et 19 novembre 2016 pour exiger le départ de la Présidente Park Geun-hye, dont l'inaptitude à gouverner a été révélée par l'affaire Choi Soon-sil, leur nombre a atteint 2 millions le 26 novembre (selon les organisateurs, se répartissant entre 1,3 million à Séoul et plus d'un demi-million dans les villes de province). Face à une Présidente qui a basé son système de pouvoir sur un règne de la terreur et le refus systématique d'écouter la population, voire ses propres conseillers, leur préférant sa gourou Choi Soon-sil, les parlementaires et les juges constitutionnels doivent dégager du pouvoir une Présidente qui est devenue le symbole d'un système politique et économique autoritaire et corrompu, afin d'engager la République de Corée sur la voie d'un régime réellement démocratique.

2 millions de manifestants pour le départ immédiat de Park Geun-hye

Jour après jour les révélations se multiplient, au rythme du feuilleton judiciaire des mises en examen et des perquisitions qui ciblent les grands groupes et les conseillers de la Présidente Park, qu'ils soient encore en fonctions ou aient dû quitter leurs fonctions, que leur rôle soit officiel ou occulte. Parfois, la chronique de l'actualité tourne au vaudeville, quand la Maison bleue (siège de la présidence de la République) prétend que ses importantes commandes de Viagra étaient destinées à permettre aux conseillers présidentiels de lutter contre les effets de l'altitude lors de voyages à l'étranger... alors qu'il existe des médicaments qui visent explicitement ce type de maux.

En tout état de cause la justice se rapproche de la chef de l'Etat, qui selon le ministère de la Justice est complice d'activités définies comme criminelles. Mais plus le couperet judiciaire se rapproche de la Présidente Park Geun-hye, plus cette dernière s'arc-boute sur ses prérogatives : dans une volte-face elle a déclaré qu'elle ne serait finalement plus prête à être entendue par les juges. En effet, tant qu'elle est en fonctions, elle échappe à la justice de droit commun.

Dans ce contexte, les manifestations n'ont jamais été aussi gigantesques en Corée depuis la lutte contre le régime militaire (institué par un coup d'Etat perpétré par le propre père de Mme Park Geun-hye), et les mots d'ordre se radicalisent : ce n'est plus seulement le départ de Park Geun-hye qui est demandé, mais aussi qu'elle soit jetée en prison. Après être revenue d'Allemagne où elle avait tenté de fuir, sa conseillère occulte, Choi Soon-sil, n'avait-elle pas déclaré avoir commis un "péché" qui mérite la mort ? Le même terme de "péché" a été utilisé par les membres de la secte (liée au parti au pouvoir) qui possédait le ferry Sewol, où ont péri plus de 300 Coréens, en majorité des lycéens en voyage scolaire - suite à l'incurie de Mme Park Gueun-hye, injoignable pendant 7 heures au moment du naufrage. Visiblement, Mme Park et ses semblables se considèrent au-dessus de la justice des hommes.

La mobilisation croissante du peuple coréen a entraîné derrière lui tous les partis d'opposition, ainsi qu'une fraction des députés du parti au pouvoir, qui ont rejoint les manifestants dans la rue. Dans le monde, des rassemblements ont aussi eu lieu dans près de 60 villes, notamment à Paris, à Lyon et à Strasbourg. Les rassemblements organisés par les Coréens de Paris ont atteint un nombre inégalé en France s'agissant de manifestations de la communauté coréenne.

Le seuil de deux tiers des voix au Parlement pour la destitution de Mme Park apparaît ainsi en mesure d'être atteint, suivant une procédure qui pourrait être engagée dès la semaine prochaine. Mais si la Cour constitutionnelle, dont six des neuf membres, s'opposaient ensuite à la destitution, il faudrait en tirer les conséquences : les "juges" constitutionnels auraient à rendre des comptes comme complices et partie prenante d'un système autoritaire qui ne souffre aucune justification.

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)