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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 16:01

Le 12 novembre 2016 a eu lieu la plus importante manifestation jamais organisée en République de Corée (Corée du Sud) depuis le soulèvement démocratique de juin 1987 : il étaient au moins un million selon les organisateurs, 270 000 selon la police (six fois plus nombreux qu'une semaine plus tôt) à exiger la démission de la Présidente Park Geun-hye, dont le pouvoir fait l'objet d'un rejet massif depuis les révélations de l'affaire Choi Soon-sil - du nom de sa conseillère occulte qui exerçait sur la chef de l'Etat une influence sectaire, conduisant à des prises de décision irrationnelles au sommet de l'Etat sud-coréen. Les Coréens ont manifesté partout dans le monde : ils étaient 1 000 à Toronto et 800 à Paris, soit une affluence sans précédent dans la capitale française pour cette manifestation qui avait reçu le soutien du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud (CILD), dont font partie de nombreux militants de l'AAFC aux côtés d'autres citoyens engagés, en France et dans le monde, pour les libertés en Corée du Sud.

La manifestation à Séoul a rassemblé plus d'un million de participants, un record depuis 1987.

La manifestation à Séoul a rassemblé plus d'un million de participants, un record depuis 1987.

Un même mot d'ordre, une même attente parmi le million de Coréens (parmi lesquels beaucoup de jeunes et des familles) qui ont manifesté à Séoul le 12 novembre 2016 : plus jamais cela ! Au-delà du départ de Mme Park Geun-hye, ce qu'ils veulent est une société plus juste et réellement démocratique, offrant un avenir pour eux et leurs enfants et pas seulement à la clique qui se partage le pouvoir politique et économique depuis l'époque de la colonisation japonaise, et qui a survécu à tous les changements politiques, y compris la chute du régime militaire dirigé d'une poigne de fer pendant 18 ans, de 1961 à 1979, par le général Park Chung-hee, père de l'actuelle Présidente Park Geun-hye, qui a engagé son pays sur une voie autoritaire sans précédent en multipliant les arrestations d'opposants politiques et syndicaux et en interdisant le principal parti de gauche, le Parti progressiste unifié, à l'issue d'un procès truqué.

Comme l'a déclaré un couple venu de Jeonju, à 200 kilomètres au Sud de Séoul, "c’était notre anniversaire de mariage hier, mais nous avons annulé notre voyage d’anniversaire et sommes venus à Séoul parce que nous pensons que c’est plus important pour notre fille".

Des attentes identiques étaient exprimées le même jour par 800 personnes réunies à Paris, place du Trocadéro, et dans la cinquantaine de villes de par le monde où des rassemblements analogues ont eu lieu à l'initiative des communautés coréennes expatriées.

 

Images de la manifestation à Paris.Images de la manifestation à Paris.

Images de la manifestation à Paris.

Face à l'accélération des événements et à la colère de l'opinion publique, le mot d'ordre de la majorité de l'opposition démocrate et du parti Saenuri (conservateur, au pouvoir) à la veille du 12 novembre, appelant à la formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale et disposant de l'essentiel du pouvoir exécutif, apparaît désormais dépassé : comment attendre l'échéance normale du mandat de Mme Park Geun-hye en février 2018, après l'élection présidentielle normalement prévue en décembre 2017, alors qu'elle a fait la démonstration de son inaptitude à exercer ses fonctions ? Peut-on lui laisser entre les mains la définition de la politique étrangère et la conduite des forces armées (comme elle le souhaite), alors qu'elle a rompu les relations avec la Corée du Nord sur la base d'une prédiction de sa gourou Choi Soon-sil, qui avait eu la vision d'une disparition de la République populaire démocratique de Corée en 2017 ?

Si Mme Park refuse de partir, elle devra être destituée. Et, ensuite, il faudra qu'enfin se tourne la page autoritaire des années Lee Myung-bak et Park Geun-hye, qui ont enterré l'une après l'autre les libertés démocratiques en Corée du Sud. Telle est l'exigence du peuple coréen. 

Source :

Voir aussi les photos de la manifestation de Paris sur Francezone :

Reportage de YTN sur la manifestation de Paris (intervention de Benoît Quennedey, au nom du Comité international pour les libertés démocratiques en Corée du Sud, à 1 minute).

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Publié par Association d'amitié franco-coréenne - dans Politique sud-coréenne
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Nouvelles de la "liste noire"

Temps restant avant que le secrétaire général de l'AAFC soit (peut-être) autorisé à revenir en Corée du Sud*

 

 

* Le ministre de la Justice peut interdire l'entrée en République de Corée (du Sud) d'un étranger qui a quitté le pays suivant un ordre de déportation il y a moins de cinq ans (sixième alinéa du premier paragraphe de l'article 11 de la loi sud-coréenne sur l'immigration)